There's a chimichanga in my spider !

There's a chimichanga in my spider !

Par Maitsuya Blog créé le 16/10/12 Mis à jour le 27/02/13 à 22h12

Jeux vidéos, mangas, séries, films mais surtout comics. Yiss.

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Comics VF

Où on voit quand même que je suis fan de Marvel, que j'étudie la littérature jeunesse et que j'ai passé mes dernières années à faire de l'analyse littéraire.

En France, on nomme comics cette forme de bande dessinée qui nous vient directement des États-Unis et qui prend de plus en plus d'ampleur dans le paysage littéraire jeunesse. Non pas qu'il s'agisse là d'une découverte, évidemment les enfants aiment Spider-man, mais avec les nombreux films et dessins animés à la télévision qu'on sert à nos innocents bambins, rien d'étonnants à ce que l'essor continue de plus bel. En anglais, « comics » désigne toute la création de bande dessinée, Tintin est pour les anglophones un comics au même titre que Swamp Thing. Nous allons ici traiter plus précisément des comic books et particulièrement ceux de supers-héros, souvent les plus décriés et présentés comme artistiquement limités. On s'est scandalisé de la violence, du vocabulaire outrancier, des méchants trop méchants mais a-t-on pris le temps de voir ce qui était tout l'inverse ? Les valeurs positives, l'intérêt pour la lecture, les modèles héroïques ? Car ces aspects sont essentiels dans cet univers et ce sont eux qui sont le plus mis en avant dans les comic books conseillés aux jeunes lecteurs. N'oublions pas en effet que certains comic books sont réservés aux adultes, cela étant précisé sur la couverture. Tentons donc aujourd'hui de voir à travers trois articles trop longs la belle face des comic books de super-héros et voyons si son impact est aussi négligeable qu'il semble l'être aux yeux des détracteurs du genre.

Commençons par là : Des sujets vastes, vastes, vastes !

Continuité, coloriages et dessins animés.

Le premier aspect essentiel est le caractère extrêmement vaste de la littérature comic books. Le terme de littérature vous semble encore surfait ? Ne vous inquiétez pas, je compte bien arranger ça. Ainsi donc les comic books développent leurs sujets sous toutes les formes possibles. Du bon vieux manichéisme à la folie la plus vicieuse, et pas toujours arborée par le méchant justement, tout y passe. Certain sujets extrêmement sombres sont précisément les poids faisant pencher la balance de la limite d'age conseillée. Dès lors ces sujets difficiles ne sont plus à mettre dans les mains d'enfants et sont signalés comme tels pour aiguiller les parents pas vraiment tentés par une lecture de vérification préalable, lecture qui me semble malgré tout être le meilleur moyen de savoir ce qu'il y a entre les mains d'un enfant mais peu importe. Les sujets susceptibles de plaire aux plus jeunes existent et sont tout aussi nombreux, certains comics cherchant même à introduire quelques aspects réfléchis et sérieux ne pouvant que pousser le jeune lecteur à se triturer joyeusement les méninges. Pour les plus jeunes, les aventures de leurs héros préférés alternent avec jeux, coloriages et autres activités. Les séries comme Ultimate Spider-man diffusée par la chaîne jeunesse Disney XD amènent les plus jeunes à la lecture des adaptations papiers ou comic books dématérialisés disponibles sur le site réservé Marvel Kids. Régulièrement, des Season One, Point One, Year One et autres titres en One se proposent de raconter les origines de tel ou tel héros pour les rendre à nouveau accessibles à de nouveaux lecteurs. Il s'agit d'une préoccupation de chaque instant pour les DC Comics, Marvel et autres Images que d'ouvrir des portes aux lecteurs non initiés. Les comic books de super-héros existent depuis de très, très nombreuses années et les écarts de cohérence sont terriblement nombreux. Les héros qui meurent et reviennent à la vie sont légion, Spider-man, Robin, Captain America ou encore Flash ne sont que quelques exemples. C'est ce manque de cohérence dans la continuité des scénarios qui est en grande partie responsable des critiques acerbes que les comic books de super-héros ont à essuyer. Les auteurs doivent donc faire preuve de toujours plus d'ingéniosité pour garder le tout en un seul morceau, créant moult univers parallèles et retours dans le temps. Grâce à ces astuces scénaristiques simples, les sujets abordés par les comic books peuvent effectivement appartenir à l'intégralité de l'éventail réel et imaginaire.

Ill. 1: Sélection de comic books pour enfants, site Marvel Kids.
Pas de doute, Black Cat et Spider-man sur la même couv sans allusion sexuelle, on ne peut être que dans une sélection jeunesse.

Vivre le rêve américain

L'origine américaine des comic books pèse énormément sur les choix de sujets de leurs auteurs. Ainsi le motif du héros parti de rien, du rêve américain, est-il tout à fait récurrent. Une morsure d'araignée, un accident radioactif plus tard et voici nos monsieur et madame tout-le-monde hissés au rang de futurs super-héros, leurs potentiels sublimés, le génie de Peter Parker au service de sa nouvelle personnalité, l'intégrité de Steve Rogers faisant de lui un Captain America parfait. C'est en se battant pour ce qui est bien, pour les autres, que le héros est le plus parfait. Iron Man plutôt égoïste est par exemple de ces héros certes bons mais jamais totalement dépourvus d'ambiguïté de par cette fâcheuse tendance à faire passer sa personne avant les autres. A l'inverse, Spider-man sacrifiant sa vie privée et à peu près tout ce qui lui tient à coeur pour se mettre au service des autres est l'exemple du super-héros parfait. N'importe qui peut devenir héros en s'en donnant les moyens, d'une façon ou d'une autre. Il existe également un grand nombre de personnages positifs n'ayant pas de supers pouvoirs, Iron Man et Batman  sont  l'illustration même  de la compensation

des pouvoirs par l'argent et l'intellect (car les personnages riches et mauvais, voire stupides sont là pour montrer que le résultat dépend énormément de la façon dont on utilise ses capacités). Hawkeye ou Batwoman sont de ceux qui s'entrainent à devenir les meilleurs de leurs catégories et usent de leurs capacités hors normes à nouveau pour le bien. Tous les champs de compétences sont potentiellement de nouveaux pouvoirs : musique, imaginaire, dessin, sport, exceller en un domaine fait d'une personne un héros dans celui-ci. La possibilité de faire quelque chose de bien de ces capacités n'étant soumise qu'aux limites de l'imagination de l'individu.

SUPERIOR ? [Spoiler US]

Pour cette raison, il me semble que ce tournant pris par Dan Slott dans Superior Spider-man est non seulement très risqué mais surtout peu viable. Tout comme Captain America ne peut-être au final qu'un personnage sans tâche comme l'est Steve Rogers, Spider-man ne peut s'être rendu coupable de quoi que ce soit. Et si je ne m'abuse, ce petit nouveau est coupable de bien des bêtises.



Ill. 2: Hawkeye #2, Fraction, Aja.2012.


Minorités, communication, potentiel.

Autre aspect très présent et également issu de la culture américaine, ce que nous nommons ici discrimination positive se retrouve à travers de nombreux personnages et les éditeurs ont tendance à faire de ces choix précis des évènements à l'intérieur de leurs titres. Marvel particulièrement mets chaque fois ostensiblement en avant le personnage issu d'une « minorité ». Le cas a été vu lors du choix du héros de la seconde partie des comics Ultimate comics : Spider-man puisque c'est Miles Morales, héros afro-américain, qui reprend le rôle de l'homme araignée. On sait à peu près tout sur les sources d'inspiration de ceux qui ont pris la décisions de faire de Miles ce qu'il est, non pas parce que les auteurs aiment particulièrement parler de leurs choix, mais parce que ce choix en particulier a été l'occasion d'une vaste campagne de communication chez Marvel, boostant les ventes du comic book en question. Même chose pour les X-men qui voient deux de leurs membres se marier sous le feu des projecteurs, couverture spéciale pour l'occasion et articles jusque dans ce bon vieux  Figaro. Là encore, Marvel  joue  sur  l'actualité  pour ce qui semble surtout être un

coup marketing des plus malin. Chez DC Comics, bien qu'un peu plus discret, même réflexe de communication quand on réfléchit à faire d'un des Green Lantern un personnage homosexuel ou que Batwoman nous revient dotée de girlfriends. Lorsqu'il s'agit de penser un Batman français, c'est un français d'origine algérienne qui est choisi. Là encore aucun hasard, Bilal Asselah doit faire parler de la licence Batmen en France et, évidemment, ça marche drôlement bien. A nouveau les journaux en parlent et Nightrunner, pourtant personnage terriblement secondaire, a droit à des articles entièrement consacrés à sa création. Discrimination positive, tout le monde peut devenir héros, ces mouvements de mise en avant de ces choix sont cependant très discutés : pure communication ou tout de même volonté de mettre toutes sortes de personnages en avant ? Et pourquoi ? S'agit-il de représenter tous les profils pour brasser tous les lecteurs potentiels ? De coller davantage à la réalité moderne ? Les critiques pleuvent et la majorité conclue qu'il s'agit sans doute d'un mélange de tous ces facteurs.

Ill. 3 : Bilal Asselah, Nightrunner.       

Les sujets traités dans les comics offrent donc un très vaste éventail de possibilités à leurs lecteurs. Sujets pour tout âges, modèles des plus motivants offerts à tous les types de personnages, tout est possible dans l'univers des super-héros. C'est là un aspect clef de cette riche littérature. Elle est ouverte à tous, sans exception. S'il faut tout de même prendre en compte la part parfois agaçante de clichés, de Luke Cage vivant dans le Bronx à Iron - Bruce Lee - Fist, le fait est qu'un enfant trouvera nécessairement un héros auquel s'identifier, qu'un adulte découvrira des intrigues qui correspondent à ses goût et que n'importe qui pourra trouver son compte dans un titre ou un autre car il est tout à fait possible d'aimer un comic book et de ne jamais accrocher à d'autres, voire aucun autres, jamais. D'autres se sont intéressés à l'aspect littéraire des comic books et ce pour de multiples raisons. Souvent pour pousser les jeunes à lire, ces réflexions et mouvements sur l'intérêt des comic books ont amenés à mettre de côté certains lecteurs, les filles en l'occurrence, mais également à mettre en place un système de prévention et de notation des oeuvres selon l'âge minimum conseillé des lecteurs.

Mais tout ça sera abordé très bientôt, dans la suite de ce flot de pensées vaguement ordonnées que je vous ai offert aujourd'hui. C'est d'ailleurs peut-être l'occasion de vous préciser que tout cela tient davantage pour moi de réflexion préparatoire sur un futur sujet de mémoire qui verra sans aucun doute bientôt le jour. De fait, n'hésitez pas à pointer du doigt erreurs ou (im)précisions, ce serait fort délicieux de votre part.

 

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Commentaires

Maitsuya
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Maitsuya
J'espère avoir très bientôt le temps de finir l'article suivant, peut-être lors de la semaine de vacances à venir, qui sait ! Difficile de prendre deux ou trois jours entiers pour se concentrer sur le sujet en gérant les cours à côté. Merci de ce retour en tout cas, c'est vraiment agréable de voir que je ne suis pas la seule à me monter la tête dans des réflexions comme celles là !
Megapiotr
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Megapiotr
Trés bon article qui fait écho aux nombreuses questions que le lecteur de comics un tant soit peu réfléchi a dû se poser au moins une fois dans son existence.Je vois ici l'ébauche d'un travail trés intéressant, afin de décortiquer cet univers ô combien contrasté et souvent caricaturé, même si les critiques formulées à son égard sont parfois justifiées.
Je pense qu'il reste beaucoup de pistes à défricher, notamment le discrédit artistique, voire le mépris vis-a-vis des artistes de comics (surtout venant de notre (trop?) fière nation d'érudits (disparus??)), ou encore l'aspect mythologique mais non-religieux et ce que cela nous raconte sur le 20ème/21ème siècle...et tellement encore, car comme vous le dites au début de l'article, tout cela est tellement vaste qu'un travail de synthèse ne saurait être exhaustif.

Bref, j'ai hâte de lire la suite.

Édito

Fan de jeux vidéos depuis ma plus tendre enfance, j'ai additionné à cette merveilleuse connaissance le pouvoir fabuleux du mangas et de la bande dessinée. Le drame est survenu en l'an de grâce 2012, lors de la sortie d'Avengers au cinéma. Nous pensions, mon entourage et moi, voir et kiffer ce film puis passer à autre chose, retourner à nos occupations d'avant (autrement dit, regarder Sherlock pour la 17ème fois au bas mot).

A la place, nous voici perdus, nous voici pris au piège ! L'enchainement est trop rapide et nous ne parvenons pas à nous débattre. Marvel est partout, les reboots Panini sont efficaces, Amazing Spider-man surprend par sa non-navéitude, Dark Knight Rises déçoit par son cottillarisme. Je suis foutue.

Attendez-vous à de nombreux néologismes, à des réflexions profondes sur des sujets bancaux, à des brouillons de recherche pour mes dossiers de cours, master littérature de jeunesse oblige, à des reviews de milliards de trucs, à du désespoir pécunier, bref, à la vie.

 

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