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Avis à chaud


Fiche technique
Réalisateur : Sylvester Stallone
Avec : Sylvester Stallone, Jason Statham, Jet Li, Dolph Lundgren
The Expendables
Action, U.S.A. (2010), 93 minutes
Sortie le 18/08/2010

Synopsis
Ce ne sont ni des mercenaires, ni des agents secrets. Ils choisissent eux-mêmes leurs missions et n'obéissent à aucun gouvernement. Ils ne le font ni pour l'argent, ni pour la gloire, mais parce qu'ils aident les cas désespérés.
Depuis dix ans, Izzy Hands, de la CIA, est sur les traces du chef de ces hommes, Barney Ross. Parce qu'ils ne sont aux ordres de personne, il devient urgent de les empêcher d'agir. Eliminer un général sud-américain n'est pas le genre de job que Barney Ross accepte, mais lorsqu'il découvre les atrocités commises sur des enfants, il ne peut refuser. Avec son équipe d'experts, Ross débarque sur l'île paradisiaque où sévit le tyran. Lorsque l'embuscade se referme sur eux, il comprend que dans son équipe, il y a un traître.
Après avoir échappé de justesse à la mort, ils reviennent aux Etats-Unis, où chaque membre de l'équipe est attendu. Il faudra que chacun atteigne les sommets de son art pour en sortir et démasquer celui qui a trahi...


Introduction :
Avant que « Rocky Balboa » ne pointe le bout de sa pelloche dans les salles obscures, personne ne donnait une seule chance à Sylvester Stallone de remonter la pente. Affrontant la pitié des fans et les moqueries incessantes du public, ce dernier choisit pourtant de revenir avec l'icône qui lui ouvrit les portes d'Hollywood en 1976. "Rocky Balboa" fût l'un des plus grands paris de l'année 2007 que l'acteur/réalisateur oscarisé remporta haut la main.
A la fois blessé et usé par les échecs et la vieillesse, Stallone renaît pourtant une première fois avec son personnage mythique Rocky Balboa. Puis une seconde fois en 2008, par les armes, en faisant de John Rambo un « god of war ». Deux coups de poker, deux retours réussis pour Sly, que Mr Hollywood avait déjà rangé dans une malle pleine de poussière au fond de son grenier. Mais comme le dit si bien l'icône de Philadelphie : « Il faut savoir encaisser sans jamais jamais flancher... ».
Jamais la carrière d'un acteur de cinéma n'aura aussi bien reflétée l'histoire des personnages qu'il incarne !

« The Expendables », dernier projet cinématographique de Sly/Balboa, fût sans conteste l'un des plus attendus par les nostalgiques des années 80/90. Il le sait et décide alors de mener à bien cette nouvelle franchise, encore une fois en tant qu'auteur, réalisateur et acteur.

« Just like home » :
Véritable icône, et peut-être dernier grand représentant d'un cinéma d'action aujourd'hui désuet, Sylvester Stallone nous prouve encore une fois qu'il est bien loin de tirer sa révérence.
Magistral, Cutltissime, Orgasmique, le pied intégral... Les superlatifs manquent pour décrire « The Expendables », quand il s'agit de nous offrir ce pour quoi nous sommes venus. Des séquences d'action complètement folles, un duel Li/Lundgren improbable et un Sly/Austin titanesque...voilà entre autre les beaux cadeaux que nous offre Stallone à travers ce foutoir pas possible. Sly et ses potes ne sont pas dupes et ne se prennent jamais une seule fois au sérieux, à l'instar de Yin Yang interprété par Jet Li. Car malgré ce que l'on a pu entendre sur la « mauvaise » interprétation de l'acteur chinois, il s'agit peut-être de celui qui représente le mieux cette proximité avec le public. Constamment nonchalant et à fond dans l'autodérision, certaines de ses répliques sont déjà cultes : « j'ai besoin d'argent, j'ai une famille à nourrir » (quand il demande à Barney/Stallone de l'augmenter pour sa prochaine mission).
Jet Li surprend et avoue à voix haute la déchéance de sa carrière internationale, restée complètement en stand by depuis plusieurs années. Tout simplement hilarant !

Des clins d'oeil « The Expendables » n'en manquent pas (les retrouvailles avec Schwarzy sont mémorables) et les acteurs jouent pratiquement constamment de la situation quand ils le peuvent, laissant place à des répliques qui nous font avoir le sourire jusqu'aux oreilles !
Il est aussi intéressant de voir que l'acteur/réalisateur se met en retrait, pour laisser plus d'espace et de liberté à ses personnages. La passation de pouvoir entre Statham et Stallone est d'ailleurs assez flagrante tout au long du métrage. En effet, au-delà de l'hommage que Sly décide de rendre aux films qui ont bercé notre tendre enfance, il n'oublie jamais de le faire avec humilité. Oui, Stallone est fatigué (63ans ce n'est pas rien) et le voir détaler comme un fou avec ses gros pétards, n'arrive jamais sans que l'on ait au passage, un petit pincement au coeur.
En ce qui concerne les petits nouveaux Austin, Crews et Couture, ils s'en sortent tous très bien. Montrant tout l'étendu de leurs talents d'athlète, le duel entre Austin et Stallone fait vraiment mal tant le mano à mano entre les deux hommes s'avère être assez réaliste. Terry Crews s'offre quand à lui une séquence complètement barré et surréaliste que nous ne vous dévoilerons pas sous peine de vous gâcher le plaisir. Bref, en homme généreux Sly donne à chacun sa part de séquence d'anthologie à travers un scénario bidon qui ne sert ici que de prétexte.

Réalisation :
Dans sa réalisation « The Expendables » ressemble assez à John Rambo. En effet Sly n'a pas hésité à dévaliser la boucherie du coin pour nous offrir des mises à morts sanglantes versant parfois complètement dans le gore outrancier (mention spécial au fusil de Terry Crews). Certaines personnes lui reprochaient d'avoir un peu trop recours à un montage ultra-cut notamment pendant le combat de Li et Lundgren. Mais globalement cela ne nous a pas gênés plus que cela dans la lisibilité des séquences d'actions.

Conclusion :
Il est certain que « The Expendables » soit (certes, sciemment) son long métrage qui contient le plus de défauts notamment à cause de ses propres bonnes intentions, déjà quelques peu présents dans "John Rambo" et "Rocky balboa". C'est aussi ce qui fait le charme de ses oeuvres car Sly n'oubli jamais de (re)transmettre cette nostalgie. Cette manière simple de faire du Cinéma en suivant à la lettre un scénario en « carton » linéaire au possible respectant parfaitement bien l'esprit des années 90.
Et oui, on regrette qu'un acteur comme Jet Li soit sacrifié au rang de personnages secondaires. Oui, on aurait aimé que Willis et Schwarzy soient plus présents à l'écran. Et oui, on aurait aimé qu'il y ait plus « d'icônes » comme Steven Seagal, Chuck Norris, Kurt Russel ou encore JCVD. Mais il faut reconnaître qu'avant toute chose, cette entreprise a eu la chance de voir le jour et que, très honnêtement, ce n'était pas gagné d'avance.

Malgré le faite que « The Expendables » soit son plus gros projet en termes de budget (82 millions de dollars), Sly continue de réaliser ses films exactement de la même manière qu'à l'époque. On arrive toujours à ressentir le côté artisanal, « fait maison » du cinéaste, ce qui lui donne d'ailleurs un charme indéniable. De plus, il n'est pas impossible d'imaginer que les studios et producteurs, Mu Films et Millenium Films, placent de nouveau leur confiance en « l'étalon italien », après 3 succès au box office. Cela permettra enfin à Stallone d'avoir le champ libre et toutes les cartes en main pour véritablement construire l'univers des « Expendables » (détail qui manque cruellement au film), et par la suite nous ramener encore plus de tronches autour de la table.

Si pour « The Expendables 2 » Sly parle déjà de Bruce Willis comment étant le prochain bad guy, on peut espérer qu'il réussisse à convaincre JCVD de revenir sur sa décision, ainsi que la plupart des acteurs pressentis au départ, comme Forest Whitaker.
En tout cas, rien que d'imaginer John McClane courser John Rambo nous éclate déjà !

Rendez-vous pris pour le prochain BORDEL !

Par N.Van du groupe Madealone
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Fiche technique
Réalisateur : Christopher Nolan
Avec : Michael Caine, Cillian Murphy, Ellen Page, Leonardo Dicaprio, Marion Cotillard, Ken Watanabe, Joseph Gordon-levitt, Tom Hardy
Inception
Thriller, U.s.a (2010), 144 minutes
Sortie le 21/07/2010

Synopsis
Dom Cobb est un voleur expérimenté - le meilleur qui soit dans l'art périlleux de l'extraction : sa spécialité consiste à s'approprier les secrets les plus précieux d'un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu'il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l'univers trouble de l'espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d'avant - à condition qu'il puisse accomplir l'impossible : l'inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l'inverse : implanter une idée dans l'esprit d'un individu. S'ils y parviennent, il pourrait s'agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n'aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d'avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l'existence.


Notre avis ne contient aucun spoiler sur le scénario d'Inception.

Introduction :
"J'étais alors fasciné par les rêves et par la relation entre notre vie diurne et notre vie nocturne. Le fait que les éléments d'un rêve - qu'ils soient angoissants, réjouissants ou surnaturels - soient produits par notre propre esprit m'a toujours semblé être un paradoxe intéressant : ce que cela révèle sur le potentiel de l'imaginaire est tout à fait extraordinaire. Je me suis mis à réfléchir à la manière dont on pourrait utiliser cela dans un film d'action spectaculaire dont la dimension humaine serait très présente".


Il a quand même fallu dix ans pour que Christopher Nolan réussisse à réaliser son rêve (sic). Après avoir revisité le mythe du super héros avec « The Dark knight » qui a tout de même rapporté plus d'un milliard de dollars, Christopher Nolan reçoit carte blanche de la part de la Warner pour réaliser SON oeuvre et peut-être l'oeuvre majeur de sa filmographie. « Inception » marquera sans doute longtemps l'histoire du cinéma du 21ème siècle au même titre que « Matrix » rien que ça.


Living the dream :
C'est donc l'histoire de Dom Cobb (DiCaprio toujours excellent), un homme activement recherché par son propre gouvernement suite à un crime qu'il n'a pas commis et dont la spécialisation est l'extraction d'idées dans le subconscient d'une personne en train de rêver. Grâce à Saito (Ken Watanabe) un homme d'affaire industriel très influent, Cobb va pouvoir avoir une chance de revenir chez lui seulement si il accepte de mener à bien une mission.

Voilà pour le postula de départ. Au début du métrage on se dit que «Inception » part sur des bases qu'on aurait cru plus complexes et plus recherchées quand on pense à tout le "patacaisse" qu'il a suscité auprès de certaines presses mais il n'en est rien ou presque. En effet, Nolan préfère nous placer en terrain connu reprenant les principes du film de braquage traditionnel ou du film d'espionnage. Il va même récupérer par ci par là quelques idées que les Wachowski ont quasi-inventés ou remis au goût du jour avec « Matrix » comme par exemple les allées et venues dans les différents mondes (en même temps et encore aujourd'hui quel réal ne le fait pas ?).

Dom Cobb part donc réunir sa « dream team » pour cette fameuse mission toute particulière, car pour lui il ne s'agira pas ici de voler une information mais d'y créer une Inception. En d'autres termes l'équipe de Cobb doit implémenter une idée au coeur même de sa cible en faisant croire que cette idée vient délibérément d'elle-même et non des « braqueurs de l'esprit ». Dès la première demi-heure on pourrait reprocher à Nolan d'avoir recours à des raccourcis un peu trop facile car le réalisateur de « The Dark knight » plonge complètement le spectateur dans le vif du sujet dès les premières secondes. Aucune réelle explication sur la véritable origine de ce procédé ni même des personnages secondaires accompagnant DiCaprio. Même si il est difficile de faire des reproches à « Inception », le faite de ne pas savoir grand-chose sur les personnages qui entourent Cobb est un peu frustrant d'autant plus qu'ils jouissent tous d'une interprétation remarquable notamment Joseph Gordon-Levitt. Tout en mêlant charisme pur, classe et sobriété, l'acteur de « Mysterious Skin » reste vraiment pour nous l'un des coups de coeur du film. En réalité c'est aussi parce que c'est un parti-prit que justifie le scénario d'« Inception », celui de ne « connaitre » les choses que par le biais de Dom Cobb mais afin de ne pas vous spoiler le scénario du film, nous ne dévoilerons rien de plus ! Nolan choisi donc la solution la plus radicale, celle de placer le spectateur dans un contexte déjà existant, de ce faite, la mise en place de l'univers d'« Inception » risque de ne pas être évident pour la plupart des spectateurs au moins pour sa première demi-heure.

Thèmes récurrents et références :
Il est intéressant de voir l'évolution de Christopher Nolan et sa façon de mettre en scène ses histoires. Dans « The Prestige » Nolan racontait un duel entre deux magiciens, il choisit donc naturellement de nous placer nous, spectateurs, dans le monde de la magie. Seulement là ou Nolan arrive à se différencier de n'importe quel autre réalisateur c'est justement parce qu'il arrive parfaitement à mêler et à faire participer de manière active le spectateur à sa mise en scène et à son scénario ! Par exemple, la narration de « The prestige » était de la première à la dernière seconde un somptueux tour de magie. Le twist final étant le fameux Prestige introduit et expliqué dès le début aux spectateurs par la voix-off de Michael Caine. Dans « Memento » Guy Pearce perd sa mémoire immédiate, de part ce faite Nolan met en scène son histoire à l'envers ce qui met les spectateurs exactement dans la même position que Leonnard ne sachant jamais ce qu'il a fait quelques heures avant.

Le plaisir et le sentiment d'avoir vu un film unique et inégalable que nous procure « Inception » relève également de la profondeur des thématiques du film (thématiques récurrentes chez Nolan) ici auteur-réalisateur. Inconscient, rédemption, culpabilité, quête de soi, deuil, autant de termes empruntés on vous l'accorde à la psychothérapie. La rédemption puis l'acceptation est l'ultime quête de Cobb dans l'espoir de (re)trouver l'apaisement dans ce qui le ronge au plus profond de lui tout comme le personnage de Leonnard dans Memento, d'Al Pacino dans Insomnia...
On pourra peut-être aussi reprocher à Nolan d'avoir cette espèce de froideur métallique à travers ses personnages de même que pour son premier « ultra-degrés » qu'il donne toujours à ses oeuvres mais qu'importe ! Une fois rentré dans l'univers il est particulièrement difficile d'en ressortir, d'en échapper. Après peut-être que pour les autres le terme « feu de paille » peut aussi être un argument recevable pour peu que l'on ne se prenne pas aux univers que nous impose Nolan ce qui a notamment été le problème de « The Dark knight » pour une certaine partie du public.

Réalisation :
Le réalisateur sait s'accaparer des codes du genre fantastique comme celles du thriller ici, situé dans le milieu de l'espionnage industriel. Plus le métrage avance et plus on comprend assez bien « l'idée » que Nolan essaie lui-même d'implanter au coeur de notre esprit comme le magicien qu'il était dans « The Prestige » et c'est en cela qu'il reste un réalisateur hors-pair. Tout simplement parce qu'il est aussi capable d'innover avec un concept originale tout en réussissant à garder une narration cohérente et ultra-précise. Si durant les 45 premières minutes d'« Inception » on peut effectivement se dire « d'accord, tout ça pour ça ? » il suffit de voir la deuxième partie du film pour apercevoir la véritable puissance qui ce dégage de la mise en scène car à partir du moment où le « braquage » commence, Nolan rend encore plus complexe « son idée » et nous plonge pendant près d'une heure au coeur d'une séquence qui au finale en compte quatre DANS le même temps. Les secondes, Les minutes, les heures, la pluie, l'apesanteur, les enjeux scénaristiques...toutes ces choses se superposent les unes sur les autres pour ne former qu'un seul et même instant. Après avoir vécu cette expérience hallucinante qui n'est pas loin de durer une bonne heure, nous pouvons vous assurer que Christopher Nolan a réussi à pousser et penser encore plus loin une nouvelle façon de construire une mise en scène, tout comme les personnages du film s'amusant à créer des mondes oniriques gigantesques pour leurs victimes.

Conclusion :
En empruntant une trame scénaristique déjà archi éculé, Nolan réinvente pourtant une manière de raconter une histoire, une manière de (re)créer une mise en scène d'une fluidité exemplaire et novatrice. Comme les personnages, on peine nous spectateurs à revenir à la réalité une fois la dernière bobine du film entamé et le générique de fin lancé. Au même titre que les frère Wachowski avec "Matrix", Christopher Nolan nous offre « le Matrix » de 2010. A savoir un diamant brut de cinoche tout simplement révolutionnaire dans sa mise en scène, original pour son concept qui reste en même temps simple (au final) dans sa compréhension.
C'est vrai que l'on ne cesse d'imaginer ce que serait devenu « Inception » et même le cinéma grand spectacle en général si les frères Wachowski n'avaient pas mis leurs grain de sel juste 11 ans avant car beaucoup de choses chez « Matrix » premier du nom ont inspiré la conception et la réalisation du film. Nous ne retirons absolument pas le mérite du réalisateur comprenons-nous bien, Nolan lui-même se dit s'être inspiré de certaines références tout comme les frères Wachowski à l'époque. Mais c'est justement avec ces deux oeuvres cruciales pour le cinéma moderne que l'on comprend vraiment qu'une narration peut encore évoluer, aller plus loin dans sa forme et dans son « idée ». Il est quasi-certain que le dernier film de Nolan restera longtemps gravé dans les mémoires comme l'a été Matrix en 1999, chapeau l'artiste !

N.Van / Nouchi

Par l'équipe Madealone
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Fiche technique
Réalisateur : Antoine Fuqua
Avec : Ethan Hawke, Richard Gere, Don Cheadle
Brooklyn's Finest
Policier, U.S.A. (2008), 127 minutes
Sortie le 05/05/2010

Synopsis
En proie à leurs propres démons, Eddie, Sal et Tango, trois flics, officient dans le 65e district, l'un des plus dangereux du nord de Brooklyn.
Dans une semaine, Eddie, la cinquantaine, sera à la retraite. Déprimé et désabusé, il tente de retrouver du réconfort dans l'alcool et auprès d'une jeune prostituée, Chantel.
Sal travaille à la brigade des stups et a du mal à joindre les deux bouts. Sa femme enceinte a des problèmes de santé et leur maison est trop petite. Ils attendent des jumeaux et leur famille va passer de cinq à sept personnes.
Tango voudrait désespérément revenir en arrière. Depuis plusieurs années, il travaille sous couverture et se fait passer pour un trafiquant de drogue, ce qui lui a valu une année de prison, et sa femme a demandé le divorce.
Ces trois flics n'auraient jamais dû se croiser, jusqu'à cette nuit où l'enfer s'est déchaîné à Brooklyn...


Intro :
Après avoir immortalisé les rues les plus chaudes de South Central avec « Training Day » en 2001 qui a valu l'oscar du meilleur acteur pour Denzel Washington, Antoine Fuqua revient à un genre qu'il affectionne particulièrement, le polar. Il faut dire qu'entre temps nous avions un peu peur après l'excellent « Training Day » que le réalisateur de « Un tueur pour cible » (oui oui c'était bien lui) ne se perde dans les commandes de Mr Hollywood (Les larmes du soleil, Le roi Arthur, Shooter...). Peur, car depuis « Shooter » chaque nouveau film d'Antoine Fuqua pose une nouvelle interrogation sur le réel savoir faire du jeune réalisateur. Non pas que chacun de ses films soit mauvais mais le fait est que Fuqua, au même titre qu'un Alex Proyas est plus à l'aise avec de petites productions qu'avec des blockbusters et autres films à gros budgets. Mais après « L'élite de Brooklyn » Fuqua pourrait bien réussir à prouver qu'il est peut-être le nouveau William Friedkin rien que ça.

Une histoire d'hommes :
Du premier coup de feu qui vient ouvrir le générique, on sent à chaque instant, à chaque moment que le monde dans lequel évolue Eddie, Sal et Tango est plus que tangible. Fuqua nous montre la réelle difficultée de ce métier à travers trois tranches de vie. Sal (Ethan Hawke) à peur de ne pas être à la hauteur en tant que père d'une famille qui compte déjà trois enfants. Sa femme enceinte attend des jumeaux et contracte au passage des difficultés respiratoires à causes des murs de leur maison qui nuit grandement à sa grossesse. Sal, torturé par sa foi se voit alors contraint d'utiliser n'importe quels moyens pour ramasser autant d'argent que possible afin qu'il puisse offrir à sa famille un nouveau logement. Tango (Don Cheadle) est un flic infiltré depuis plus de 8ans dans le milieu des trafiquants de drogue de Brooklyn. Il espère avoir sa promotion après l'arrestation de Caz (Wesley Snipes excellent) ancien gros trafiquants de drogue sortie fraichement de prison et reprendre sa vie le plus rapidement possible. Sans aucune aide psychologique, ne sachant plus qui il est réellement et s'étant pris d'affection pour le trafiquant qui lui a sauvé la vie au cours de son arrestation, Tango devra choisir dans quel camp il est. Et enfin Eddie (Richard Gere) en fin de carrière à qui il ne reste plus que 7 jours avant qu'il ne prenne sa retraite. Marqué par la vie, noyant sa peine et son chagrin dans l'alcool, il retrouve néanmoins une once d'espoir à travers une prostituée.

Tous usés autant physiquement que psychologiquement, le spectateur n'a de cesse de penser, d'espérer, de savoir ou de se tromper sur qui pourra bien réussir à rester en vie ? Quel personnage prendra la bonne décision au bon moment ? Auront-ils la force de combattre leurs propres démons ou est-ce déjà trop tard ? Car l'environnement et les événements dans lesquels le réalisateur s'amuse à placer ces hommes sont tellement hostile et imprévisible que le spectateur lui-même se retrouve à devenir « acteur » ne sachant pas toujours sur le moment comment lui aussi il réagirait s'il était à leurs places ce qui est l'une des forces majeurs du film.

L'âme d'un flic :
Il serait quand même intéressant de faire un parallèle avec les personnages de « L'élite de Brooklyn » et celui d'Alonzo dans Training Day car c'est justement sur ce point que l'on retrouve la touche personnelle du réalisateur. En réalité, Fuqua avait « confronté » à l'époque le policier Hoyt jeune et naïf interprété par Ethan Hawke face à l'inspecteur Alonzo Harris joué par Denzel Washington. Training Day racontait comment un bon flic intègre avait été littéralement bouffé par toutes les saloperies de la rue. Délaissant tout sens du devoir, de moral et d'éthique, Alonzo était devenu un flic déchu mais malgré tout, certaines scènes dans le film laissaient penser au spectateur qu'à l'époque, Alonzo était un bon flic tout comme les personnages de L'élite de Brooklyn. En partant de cette base scénaristique, Antoine Fuqua décide donc de se concentrer sur « l'avant », de réorienter son récit pour confronter les personnages de « L'élite de Brooklyn » aux mêmes événements qu'avait du traverser l'inspecteur Harris dans Training Day avant qu'il ne devienne pourri de l'intérieur. Le réalisateur nous pose ainsi cette question « Jusqu'a quel point un flic peut-il franchir la limite ? » et « Quelle va être la limite pour ces hommes ? ». De ce postula de départ née la véritable intensité du film, ainsi on anticipe, chaque coins de rues, chaque couloir, chaque descente jusqu'à un apothéose finale dramatique mais inéluctable.
Fuqua en profite aussi pour souligner la réalité et la difficulté de ce métier sans trop tomber dans une morale à 3 francs. En étant juste et en ce plaçant seulement comme témoins de ces hommes qui comme le dit le personnage de Ethan Hawke valent plus chère mort que vivant, Fuqua tire un constat dramatique et malheureusement tout ce qu'il y a de plus réel dans ce monde. Viens aussi le personnage de Richard Gère qui au moment de rendre son insigne, ce retrouve devant un fonctionnaire complètement désintéressé et sans aucune considération pour l'homme qui a risqué sa vie chaque jour pendant plus de 20ans.

Réalisation :
Préférant éviter les ficèles classique du film à choral, Fuqua décide de ne pas (trop) faire interagir ses personnages se limitant seulement à de simples échanges de regards ou seulement deux lignes de dialogues. La réalisation est alors un exemple d'efficacité dans la sobriété tant le réalisateur réussi à ne pas sombrer dans l'écueil habituel du genre. La caméra filme ces portraits de vies de façon très intimiste au plus proche des personnages. Le réalisateur prend aussi le risque de filmer vers East Brooklyn au coeur même des cités. En grande partie tourné en décors naturels (une seule scène a été filmée en studio), le film offre au spectateur une vision authentique de l'un des coins les plus durs de l'état de New York. Pourtant épaulé par une toute nouvelle équipe, Mauro Fiore qui était le directeur de la photo sur Training Day laisse place à Patrick Murguia dont c'est le premier film au cinéma. Conseiller par Oliver Stone lui-même, le nouveau directeur photo d'Antoine Fuqua offre des panoramas somptueux et réaliste. Il présente ainsi les coins chauds de la ville de la manière la plus directe qui soit sans artifices, mention spécial aux séquences de nuits superbement bien éclairés faisant directement références aux oeuvres de Friedkin, Lumet etc.

Conclusion :
Définitivement son meilleur film, « L'élite de Brooklyn » s'inscrit dans la lignée des meilleurs polars surtout grâce à l'interprétation de tous les comédiens. D'une maitrise totale au niveau de sa direction d'acteur jusqu'au plus petit rôle, on sent Fuqua particulièrement intransigeant. Réussissant à tirer le maximum de leurs jeux, à pousser ses acteurs jusque dans leur dernier retranchement à tel point que l'on oubli sans problème le charisme habituel d'un Richard Gere ici complètement égratigné et anéanti par le vécu de son personnage. L'acteur livre peut-être sa meilleure interprétation depuis bien longtemps. Sans oublier Don Cheadle au bout du rouleau perdant peu à peu son identité d'homme de loi et enfin Ethan Hawke tiraillé par ses croyances catholique et sa foi. Dépassé et fatigué par le poids de sa famille l'acteur joui d'une interprétation mémorable.

Après « Training Day » première oeuvre majeur de sa filmographie, il est maintenant parfaitement clair qu'Antoine Fuqua n'est pas qu'un vulgaire « yes man ». Non c'est un vrai réalisateur et « L'élite de Brooklyn » vient effectivement prouver que le bonhomme sait raconter une histoire et diriger une galerie de personnages vraiment riche dans un contexte brutal et violent. Qu'il sait filmer et immortaliser une ville comme Brooklyn de la meilleur des manières et sans fioritures dans un contexte qu'il affectionne particulièrement et qu'il sait parfaitement bien mettre en scène. Pour la deuxième fois, à travers l'un des métiers les plus difficiles au monde, Fuqua prouve qu'il sait aussi sonder l'âme humaine jusque dans ses profondeurs les plus obscurs ne laissant aucune chance (ou presque) aux personnages comme au spectateur de ressortir indemne de cet opéra tragique.
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Fiche technique
Réalisateur : James Cameron
Avec : Sigourney Weaver, Sam Worthington, Zoe Saldana, Stephen Lang, Michelle Rodriguez
Avatar
Science Fiction, U.S.A. (2009), 161 minutes
Sortie le 16/12/2009

Synopsis
Malgré sa paralysie, Jake Sully, un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora.
Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake...



Introduction :
Afin de nous faire pardonner notre absence, quoi de mieux que de commencer cette nouvelle année 2010 avec le nouveau film de James Cameron. Douze ans après Titanic voilà que notre metteur en scène de folie à qui l'on doit les indéniables Aliens, Terminators, True lies, Abyss...se décide enfin à revenir derrière la caméra pour nous présenter un projet du nom de Avatar. Projet qui durera en tout et pour tout 3 ans et qui pèse pas moins de 330 millions de dollars !

L'univers et l'immersion visuelle :
On connait tous James Cameron pour ce qui est des grands rendez-vous en matière de films à grand spectacle. Il est étonnant ici de voir à quel point Cameron n'a pas changé en douze ans d'absence tant au niveau de la création et de l'inauguration des derniers SFX du moment que de son amour pour le cinéma des années 90. Avatar, en dehors de ses effets spéciaux est tout ce qu'il y a de plus banal ce qui est un comble pour un projet d'une telle envergure que l'on comparait déjà à l'univers de George Lucas pour sa richesse mais nous y reviendrons.

Annoncé depuis sa mise en chantier comme étant la prochaine étape vers le cinéma de demain, Avatar parvient à tenir ses promesses tant l'impression d'inédit en matière d'effets spéciaux est présente tout aux long du film. Peut on parler pour autant de Révolution ? (terme ô combien galvaudé par les distributeurs depuis plus d'une décennie). Disons plutôt que Cameron est parvenu à perfectionner le travail entreprit par Zemeckis ces dernières années. Il choisit intelligemment de ne pas livrer un film entièrement en images de synthèses mais de garder les performances d'acteurs lorsque le rôle le permet. Il évite ainsi la froideur et le côté factice des marionnettes numérique (voir Beowulf). La performance capture y est ici remarquable, ne trahissant pas le jeu des acteurs et laissant transparaître ce petit surplus d'humanité qui faisait défaut jusqu'alors à la discipline. Il est désormais possible depuis Avatar de souligner la juste interprétation d'un comédien alors même qu'il n'apparaît dans le film que sous la forme de son double numérique. Comme Zoe Saldana (Neytiri) inscrivant sont personnage dans la continuité des Sarah Connor ou Ripley si chère a Cameron, Sigourney Weaver (qui devient définitivement un mythe pour tous les amoureux de SF) y apparaît elle sous ces deux formes (humaine et son avatar) sans que jamais son jeu ne soit trahi et enfin Sam Worthington qui confirme après Terminator Renaissance qu'il faudra compter sur lui à l'avenir.

Même si de légers défauts viennent ici et la nous rappeler que Pandora n'existe pas (problèmes d'incrustes, des Na'Vi parfois un peu raide dans leurs déplacements...), il n'est pas rare de se prendre à espérer un jour pouvoir poser le pied sur cette planète. Cameron réussi à nous faire croire à l'incroyable univers d'Avatar (les montagnes flottantes, la végétation luxuriante, l'interaction entre les êtres...) Ajoutez à cela un bestiaire impressionnant et vous obtenez LA claque technique de cette fin de décennie. Si Avatar possède effectivement une qualité visuelle hors du commun, il n'en est pas de même pour son scénario.

Un air de « déjà vu »
L'un des soucis majeur de James Cameron dans Avatar réside dans le fait qu'il peine à donner une réelle dimension psychologique à ses personnages. Beaucoup trop enfermé dans une sorte de carcan cinématographique que l'on ne connaît décidément que trop par coeur dans le cinéma, Cameron nous « inflige » malheureusement pendant près de 2h une histoire et une thématique qui auraient méritées d'avoir plus de relief et d'ambigüité compte tenu des événements qu'elles racontent et surtout du contexte dans lequel il les met en scène. Dans Avatar la race humaine est purement et simplement irrécupérable, les Marines sont tous des salauds de première catégorie qui ne pensent qu'à buter ces pauvres Na'Vi qui sont en fin de compte beaucoup plus humains que nos crânes rasés sans cervelle comme les surnomme le héros. Démonter les arbres de Pandora c'est mal et pas très écolo parce-que la planète abrite les anciens esprits...bref, Cameron ne nous épargne absolument rien, prenant le choix de tout nous expédier en pleine figure sans aucune retenue et encore moins de finesse. La preuve que le cinéaste malgré les années conserve encore cette candeur qu'il a toujours plus ou moins laissé transparaitre à travers ses films mais pour un tel projet, le réalisateur de Terminator aurait pu et aurait du prendre un minimum de risque et allez plus loin !

Manquant de profondeur pour un projet d'une tel envergure est juste frustrant, et ce même pour une oeuvre qui s'inscrit dans la plus pure tradition des films classiques du cinéma des années 90. A l'image du général incarné par Stephen Lang, grand guignolesque au possible, jouant dans la caricature la plus extrême du méchant, Cameron ne prend absolument aucun risque. Il aurait été préférable qu'il confie la base de son bébé directement à d'autres scénaristes. Imaginez ce qu'aurait apporté Alex Garland (Sunshine) ou même les Nolan brothers (The Dark knight, Memento) à Avatar en plus de la démonstration technique, organique et visuel du film qui sont ici quasi-irréprochables.

La bande son, la composition :
Il est clair qu'au niveau de l'aspect sonore du film, Avatar met vraiment nos sens en éveil. De la plante la plus insignifiante jusqu'à la grosse bébête qu'abrite la forêt de Pandora, tout parait authentique et vraiment proche de « l'organique ». De notre siège on arriverait presque à respirer l'air de Pandora, à sentir la terre sous nos pieds tant le travail s'avère être colossal mais il n'en est pas de même pour la bande originale.

On sait pertinemment que dans chaque nouveau projet de James Cameron la composition du film est importante et joue vraiment un rôle primordial. Or, il se trouve que le talent de James Horner a du être aux abonnés absents durant le projet. Aliens, Braveheart, Titanic...chaque notes de Horner seront à jamais imprégnées dans les mémoires des cinéphiles mais bizarrement sur Avatar nous ne retiendrons aucun thème bien précis tant l'instru « générique » ne fait seulement qu'accompagner les séquences. Pourtant, Horner avait trouvé une voie différente et très agréable dans « Le Nouveau monde » de Terrence Malick et « Apocalypto » de Mel gibson mais ici aucune originalité. Pas une once de raffinement ni même de charme, aucun thème qui ne ressorte vraiment des autres, on croirait parfois réentendre la bande originale du Roi lion !
Manquant cruellement d'inspiration et apparemment de temps (il est resté sans un montage de travail pendant près de 18 mois), Horner n'hésite pas à réutiliser ses thèmes déjà composé dans l'urgence pour « Troie » de Wolfgang Petersen. Voyez les similitudes flagrantes de « The destruction of hometree. » d'Avatar et « Achilles Leads The Myrmidons » de la bande originale de Troie pour les plus aguerris !

Conclusion :
Il est certain qu'Avatar marque clairement de son empreinte une évolution technique évidente en matière de réalisation et que (peut-être) le cinéma de demain se retrouvera derrière James Cameron et le désignera comme étant le précurseur de cette technologie. Le plus dommageable en réalité c'est que cette prouesse technique ainsi que l'univers du film soient utilisés sur une base scénaristique limitée, pompée sur différents films comme « Pocahontas » ou « Danse avec les loups » et on ne parle même plus d'inspiration mais carrément de copie conforme. Nous en voulons tellement à Cameron d'avoir été aussi « soft » avec Avatar car il avait tellement matière à aller encore plus loin dans la psychologie de ses personnages, à rendre son film encore plus fort, plus mature et moins lisse à l'image de la séquence où Jack maigri à vu d'oeil ! Mal rasé, crasseux oubliant de nourrir et de prendre soin de son véritable corps, il y avait ici matière à donner au film une vraie dimension dramatique et une répercussion psychologique sur le personnage. Toutes les parties ou Jack sort de son caisson, subissant ses allées et venues perpétuelles sont beaucoup plus intéressantes hélas, ce genre de point parmi tant d'autres ne sont qu'esquissés ou masqués par la beauté de Pandora et la candeur du cinéaste.

Obligé d'amputer son film pour répondre aux attentes du studio, une version longue non-censurée de l'oeuvre est prévu pour la sortie du Bluray/DVD. Et il est vrai que le début d'Avatar ressemble à une espèce de grosse bande-annonce tant les coupes s'avère flagrantes. On sent le cinéaste partagé préférant vite aller à l'essentiel n'hésitant pas à sacrifier quelques personnages en cours de route comme la pauvre Michelle Rodriguez.
Pour finir, sachez enfin que les auteurs de ces lignes ne sont pas juste « blasés » voulant absolument échapper à la conscience collective ultra positive qui règne autour d'Avatar. C'est juste ce sentiment de déception qui vient du fait que l'on aurait tout simplement aimé vivre et assister à un vrai film de SF « réellement » innovant. Derrière Avatar et ses effets spéciaux ce cache un film au scénario (trop) banal qui pourrait sans problèmes s'inscrire dans la droite ligné des oeuvres de « Walt Disney ».
Après douze ans d'absence, le dernier film de James Cameron n'est certainement pas son chef d'oeuvre et encore moins LE film de la fin de l'année 2009. A titre de comparaison nous lui préférons le « District 9 » de Neil Blomkamp (véritable prouesse technique et cinématographique pour 300 millions de dollars en moins). Mais Avatar reste néanmoins une oeuvre sympathique dûe (seulement ?) en grande partie à ses SFX de hautes volées et l'univers unique et sensoriel créer par James Cameron.

Par N.Van / Olivereau
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Fiche technique
Réalisateur : Albert, Allen Hughes
Avec : Denzel Washington, Gary Oldman, Mila Kunis
The Book Of Eli
Aventure, U.S.A. (2009), 109 minutes
Sortie le 20/01/2010

Synopsis
Dans un futur proche, l'Amérique n'est plus qu'une terre désolée dont les villes sont des ruines et les routes autant de pièges infestés de bandes criminelles. Depuis des années, Eli voyage seul, se protégeant des attaques et se battant pour trouver de quoi survivre. Lorsqu'il arrive dans ce qui fut autrefois la Californie, Eli se heurte au redoutable Carnegie, un homme qui ne recule devant rien pour imposer sa volonté à la petite communauté qu'il contrôle. Eli fait aussi la connaissance de la très belle Solara et découvre que Carnegie compte bien étendre sa sombre domination à toute la région. Eli parvient à échapper de Carnegie, mais Solara l'a suivi... Même s'il est décidé à poursuivre sa route en solitaire, Eli comprend qu'il ne peut abandonner la jeune femme. Pour elle, il va prendre des risques qu'il n'a jamais pris pour lui-même. Mais Carnegie est sur leurs traces et alors que se profile l'inéluctable affrontement, Eli va prendre conscience qu'il a le pouvoir de faire bien plus que sauver une femme et sa propre vie : son destin est de redonner l'espoir, de sauver le futur en soufflant sur les braises d'une humanité qui n'attend que l'étincelle...


Intro
Cela fait maintenant 8ans que les frères Hughes ont délaissé le cinéma. Depuis « From Hell » l'adaptation du roman graphique d'Alan Moore sur Jack l'éventreur en 2002, les frangins avaient pour ainsi dire complètement déserté. Seul Allen ce tourna vers le petit écran en réalisant quelques épisodes de la série « Les forces du mal » ainsi qu'un petit court pour le projet « New York I love you ». Mais le duo revient en force cette année avec leurs cinquièmes longs métrages, « Le livre d'Eli » et il faut croire qu'en 8ans les frères Hughes ont pris de la bouteille !

« Il était une fois »

Car même si « From Hell » était un film assez bancal il n'en restait pas moins très intéressant et laissait entrevoir un duo de réalisateurs sur lequel il fallait compter à l'avenir. Et on ne s'était donc pas trompé tant leur dernière oeuvre surfant sur les films post-apocalyptiques / fin du monde du moment tels que 2012 ou « La route » apparaît comme étant un somptueux conte pour adulte à la fois un temps soit peu déroutant dans son fond et magistral dans sa forme.
L'histoire place le personnage d'Eli (Denzel Washington) dans un monde complètement ravagé par une guerre à l'origine inconnu où la civilisation se retrouve plongé dans le chaos. L'être humain ayant perdu toute croyance, tout sens moral se retrouve à n'être réduit qu'à une seule chose, survivre. Eli dit être chargé d'une quête, celle de voyager vers l'Ouest pour ramener un mystérieux livre, seulement, un autre homme du nom de Carnegie (Gary Oldman) convoite ce même livre pour l'utiliser à ses fins personnelles.
Soyons clair d'emblée même si « Le livre d'Eli » marche sur les mêmes traces que Viggo Mortensen et Kodi McPhee dans le magnifique mais très difficile film « La route » de John Hillcoat il reste malgré tout un produit plus « gentil », calibré et commercial. Avec Joel Silver à la production (Les Matrix, Esther, Speed Racer et prochainement Wonder Woman) l'anticipation n'est pas vraiment la bienvenue et dans « Le livre d'Eli » on se retrouve donc avec nos deux héros portant des Ray-ban sur le pif (parce-que n'empêche sa fait classe) une bimbo (Mila Kunis toute propre) ainsi que son lots de séquences d'action obligatoire très esthétique.

Réalisation :
En parlant de séquences d'action il faut avouer que les frères Hughes ce sont amusés comme des petits fou. Piquant ici et là leurs références chez « Blade » où encore « Les fils de l'homme », les frérots nous gratifie de quelques scènes d'action assez sympa et franchement percutante sans vraiment tombé dans la surenchère. Le rythme du film est suffisamment bien rendu sans pour autant que l'on ne se perde dans des scènes d'actions inutile que Joel Silver a parfois l'habitude de céder. En réalité c'est ici que « Le livre d'Eli » tire son épingle du jeu dû en grande partie à nos deux réalisateurs qui ont su garder un côté sobre et en même temps très stylisé sorti tout droit des meilleurs films de Western. La caméra des frères Hughes ce retrouve pratiquement constamment en mouvement perpétuel, invitant le spectateur à visiter ce qu'il reste d'un monde monochrome plongé dans le néant. Côté technique il est clair que le film est au carré, les frères Hughes soigne parfaitement leurs cadres et Don Burgess (chef op sur les films de Robert Zemeckis) aide toute cette petite entreprise à dépeindre des plans somptueux grâce à une photographie saisissante !
Concernant les comédiens Gary Oldman « fait » du Gary Oldman, d'ailleurs sans vraiment innover dans son jeu il nous rappel assez bien Zorg, le personnage qu'il interprète dans « Le Cinquième élément ». Mila Kunis et Jennifer Beals tiennent les deux seules grand rôles féminin du film, sans valeurs ajoutée elles ce montrent néanmoins convaincantes et enfin l'une des véritables forces du film est bien sûr le personnage d'Eli joué par un Denzel Washington qui n'a jamais été aussi iconique depuis le « Man on fire » de Tony Scott.

Conclusion (attention petit spoiler) :
Il est certains que « Le livre d'Eli » départagera radicalement son public tant le fond de l'histoire peut effectivement gêner limite choquer les plus athéistes. Car oui le film parle de religions et pas seulement d'UNE religion comme apparemment certaines personnes ou critiques l'auraient mal interprété et oui il peut néanmoins facilement tomber dans le gag « catholico-ringard » au puritanisme primaire. Mais en réalité le « Livre d'Eli » parle de la reconstruction d'un monde anéanti et amène justement les spectateurs à ce poser la question : Quelles choses peuvent contribuer à reconstruire l'humanité ? » Une reconstruction qui passe forcément par la connaissance et le savoir que le personnage interprété par Denzel Washington pense détenir dans le fameux livre qu'il protège au péril de sa vie.
C'est probablement ici que les frères Hughes risque de perdre une partie de leurs public mais on ne peut s'empêcher de trouver auprès de cette oeuvre une sorte de fascination déjà par rapport à l'univers et la réalisation des frères Hughes très graphique se rapprochant indéniablement de l'univers de la BD. Chaque plan, chaque traveling est finement étudié afin de servir l'histoire, aucune image du film n'est de trop ce qui aurait pu être un piège facile dans lequel les frangins auraient pu tomber. Pour finir, « Le livre d'Eli » est un film qui fonctionne vraiment en double tranchant car le dénouement pourra obligatoirement en agacer plus d'un, pour d'autres ce sera une bonne occasion d'échanger quelques idées. A partir du moment où certains aprioris sont forcément mis de côté, la dernière oeuvre des frères Hughes reste un bon petit road-movie entre SF et films de Western superbement réalisé avec un Denzel Washington vraiment parfait. Sur le fond en revanche, il est clair que le « Livre d'Eli » ne laissera personne indifférent et c'est peut-être la véritable force du film en fin de compte.

par Vincent N.Van
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Fiche technique
Réalisateur : Neill Blomkamp
Avec : Sharlto Copley
District 9
Science Fiction, Nouvelle zélande (2009), 115 minutes
Sortie le 16/09/2009

Synopsis
Des extraterrestres venus se réfugier sur la planète Terre, il y a près de 30 ans, vivent depuis malmenés et sous haute surveillance dans le District 9. La tension est à son paroxysme et le mécontentement de la population est devenu incontrôlable.


La genèse de « District 9 » dans la douleur
Le réalisateur Neill Blomkamp à qui l'on doit la fameuse pub « Citroën Transformers » et plusieurs courts-métrages commercial dédié à la série des jeux-vidéo « Halo » sur Xbox se voit épaulé par Mr Peter Jackson (s'il vous plait) afin de réaliser son premier long-métrage, « District 9 » tiré de son premier court « Alive in Joburg ».
La gestation de « District 9 » ne s'est pas faite sans difficulté, en effet Neill Blomkamp devait à la base réalisé l'adaptation cinématographie de « Halo » le FPS à succès de Bungie/Microsoft au côté de Peter Jackson hélas, après quelques problèmes interne entre les deux studios puis une demande de budget jugé plus que faramineuse du point de vue de la FOX et Universal (145M$ tout de même). Les deux comparses décide alors de se tirer de ce merdier et ce malgré des story-boards et un scénario pratiquement achevé pour réaliser « District 9 » un projet qui a d'abord vu le jour sous un format de court-métrage « Alive in Joburg » réalisé par Neill lui-même avec le même personnage principal jouer par l'acteur/producteur Sharlto Copley et ce, pour notre plus grand plaisir, du moins pour le mien.
Car oui « District 9 » est une tuerie à tous les sens du terme, une oeuvre d'un déjanté qui ne cache absolument pas ses références comme « La mouche », « Cloverfield », « REC » où « Transformers » pour ne citée qu'eux mais qui les utilisent dans un format cinématographique différent, celle du film de SF intimiste avec ses tout petits 30M$ de budgets. En faite, Blomkamp et P.Jackson réussissent là ou Matt Reeves et JJ Abrams ce sont arrêter avec « Cloverfield » reprenant l'excellente idée du faux-documentaire, caméra à l'épaule le tout filmés ou presque en DV numérique pour ainsi accentué un effet de réalisme saisissant afin que le spectateur se sente encore plus proche des personnages et du monde dans lesquels ils évoluent.

« District 9 » post apartheid
L'histoire de « District 9 » se situe en Afrique du Sud, plus précisément dans la ville de Johannesburg. Pays et ville natale du cinéaste, Neill Blomkamp choisit de placer l'histoire de son film dans un contexte oppressant et particulièrement difficile, reprenant de véritables documentaires et image d'archives où les intervenants mettent leurs peurs et leurs doutes face caméra envers les réfugiés immigrants venu s'installer dans leurs pays déjà en crise et surpeuplé.
Et bien imaginé ces immigrants remplacé par une race inconnue venue d'une autre planète ! Ce choix permet à Blomkamp de poser l'histoire dans un contexte proche de la réalité avec une vraie réflexion à travers des images d'une véritable intensité notamment grâce à l'appui des SFX de « District 9 ».

Une technique parfaitement maîtrisé
« Le projet Blair Witch » fût à peu de choses prêt l'une des premières oeuvres cinématographique à avoir choisi de filmé en vue subjective au format DV, il est quand même assez intéressant d'un point de vue technique de voir ce « procédé » innover au fil du temps. « Cloverfield » avait clairement pausé les bases en incrustant avec brio des effets spéciaux remarquable sous un format DV HD en reprenant les bases du « films de monstres », Neill Blonkamp choisit d'emprunter ce même procédé pour « District 9 » mais ce qui différencie grandement « District 9 » des « Cloverfield », « REC » etc. c'est le fait que ce procédé sert parfaitement bien l'histoire et le contexte dans lesquels les protagonistes évolues. Ce n'est plus simplement « de le technique » au sens péjoratif du terme, ce que certain pouvait aisément reprocher à « Cloverfield » par exemple ou même « REC ».
Dans « District 9 » en plus du fait que les SFX soient parfaitement bien intégrés dans les prises de vues réels (jamais un extraterrestre aura été aussi palpable) Blomkamp arrive à nous faire oublier qu'il s'agit la d'un choix technique et ce n'était foutrement pas gagné d'avance, BRAVO !

Une évolution cinématographie majeur
Neill Blomkamp réussit tout simplement l'exploit de faire de « District 9 », sa première réalisation un grand film de science fiction, avec un budget plus que modeste au même titre que son petit frère « Cloverfield », Blomkamp transforme son première essai « Alive in Joburg » en long-métrage d'une façon prodigieuse notamment grâce à la performance de l'acteur principal Sharlto Copley. Petite révélation, l'acteur/producteur qui incarne le personnage de Wickus dans un rôle d'anti-héros vraiment détestable au départ exploite un panel d'émotions vraiment complet presque sans failles, victime de ce qui lui arrive et de son état s'aggravant jour après jour, le personnage de Wickus rappel sans aucun doute celui de Seth Brundle incarné par Jeff Goldblum dans le cultisime « La mouche » de Cronenberg.
Au fil des minutes, on se rend vite compte à quel point « District 9 » n'est qu'en réalité qu'un excellent pot-pourri. Si Blomkamp n'invente peut-être rien dans la forme de prime à bord, il le compense fortement dans le fond car, pour une fois comme cité plus haut la technique sert vraiment le métrage par ailleurs, il faut quand même reconnaitre l'excellente maîtrise de certaines séquences comme celle ou Wickus dirige un mecha faisant indéniablement penser au manga « Evangelion » où encore toute la partie au Wickus et Christopher font corps ensemble pour récupérer un objet d'une grande importance dans un labo scientifique, efficace, violente faisant sans aucun doute références à certains FPS !

Conclusion
En nous montrant avec une facilité presque déconcertante que l'on peut faire du sensationnel, du grand spectacle en s'inspirant des tendances techniques du moment et de certains cinéastes avec en plus de cela une vraie réflexion sur la tolérance, la capacité d'intégration...à travers si peu de moyens à l'heure ou les blockbusters craches de plus en plus de millions de dollars chaque année, Neil Blomkamp futur grand prouve définitivement qu'il peut émerger de grands moments de cinéma sincère et vraiment honnête, tout simplement MERCI.

Rédigé par Vincent N.Van
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Synopsis
Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d'une salle de cinéma.
Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. "Les bâtards", nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l'actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d'éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l'entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle...


Fiche technique
Réalisateur : Quentin Tarantino
Avec : Brad Pitt, Diane Kruger, M?nie Laurent, Eli Roth, Michael Fassbender, Til Schweigger, Christophe Waltz, Mike Meyers, Daniel Bruhl
Inglourious Basterds
Guerre, Usa/allemagne/france (2009), 149 minutes
Sortie le 19/08/2009

Introduction
Le voilà le nouveau Tarantino, après avoir oeuvré sur sa dernière franchise « Kill bill » véritable transposition du manga en live sur grand écran et du sympathique « Boulevard de la mort » le réalisateur de Pulp Fiction rend hommage au western spaghetti et à la seconde guerre mondiale en revisitent l'histoire à sa manière. N'allez donc surtout pas voir Inglorious Basterds en pensant allez voir une oeuvre historique authentique et fidèle de la seconde guerre, Tarantino prend en effet le parti pris de changer l'histoire pour nous offrir SA propre version ce qui lui permet par la même occasion une certaine liberté pour orchestré son oeuvre de la manière la plus « Tarantinesque » qui soit. C'est exactement pour ce style parfois toujours imité mais jamais égalé qu'un film de Quentin Tarantino reste un événement. Pour sa galerie de personnages charismatiques, ses dialogues taillés au couteau, ses séquences d'action (surtout) depuis Kill bill et l'amour d'un vrai passionné de cinéma qui aime revisiter les genres et les styles du 7ème art.

Déception
Malheureusement Inglorious Basterds ce révèle être pour ma part une déception car même si la dernière oeuvre de Tarantino est à n'en point douté une véritable preuve d'amour pour le cinéma, il reste le film le moins abouti au niveau du rythme, des dialogues et de la maitrise des personnages.
Pourtant, le film commence à la perfection, avec une séquence d'introduction absolument magistral ou Tarantino réussi à rendre palpable une tension insoutenable. La dite séquence met en scène LE personnage du film, le colonel Hans Landa « chasseur de juifs » habité par un Christoph Waltz à la limite du comique et du mal absolue jouant avec une gestuelle impressionnantes, il habite son personnage, il EST le colonel Hans Landa et face à lui l'acteur français Denis Menochet pour un interrogatoire des plus « glaçant ». Afin d'éviter tout spoiler je n'irais pas plus loin mais pour ma part, cette séquence reste la partie la mieux maîtrisé du métrage (gestion de l'espace, du cadrage, du rythme des dialogues...) et pourtant ce n'est pas une des très peu nombreuses séquences d'action d'Inglorious Basterds. Oui car c'est malheureusement l'un des problèmes majeurs du film, ceux qui étaient venus pour s'éclater à voir du cassage de nazi au même titre que ceux qui étaient allé voir Uma Thurman découpé des types au sabre seront déçus. Inglorious Basterds n'est pas aussi rythmé et effréné que Kill bill à l'image de sa bande annonce, c'est avant tout un film basé sur le dialogue ou Tarantino filme la majeur parti du temps ses personnages dans des pièces, autour de tables, dans un café, en face d'un cinéma...en réalité le dernier film de Tarantino fait plus le lien entre cinéma et théâtre au bout du compte.

Problème de rythme et d'équilibre
Cela n'aurait pas été un problème si « QT » avait gardé la même tension et la même maîtrise qu'il avait parfaitement réussi à instauré durant la séquence d'introduction, car en effet un rythme lourd vient s'installer entre le troisième et le quatrième chapitre. Les « bâtards » ne sont finalement que très peu mise en avant pourtant le début du film laisse clairement présager le contraire avec une mise en exposition classique mais maîtrisé pour l'un des « bâtards » de la bande jouer par Til Schweiger hélas, le soufflet retombe aussitôt après une petite séance de tabassage « gentil » à la batte et quelque scalpes, pour le reste finit, attendez et subissez environ 1h40 de dialogues. Subir en effet, car Inglorious Basterds nous sert une avalanche de dialogues qui n'en finissent pas et qui auraient très bien pu être raccourcit sans pour autant enlever la tension que veut absolument conserver « QT », seul Christoph Waltz, le colonel nazi tire son épingle du jeu. Pour être clair il efface littéralement tous les personnages présent à côté de lui, Mélanie Laurent en l'occurrence est beaucoup trop juste dans son jeu et ne fait pas le contrepoids face à l'intensité du jeu de Waltz. Le plus frustrant c'est tout simplement le faite que Tarantino a créer ici un personnage très bon, trop bon même mais dans son film le moins réussi car à la fin la seule chose que l'on retient réellement au-delà du message et de l'hommage que rend Tarantino au Cinéma, pour le Cinéma c'est la performance absolument ahurissante de cet acteur. Au finale, si vous allez voir Inglorious Basterds, c'est avant tout pour lui.
C'est d'autant plus triste de voir « QT » délaissé ses « bâtards » car bon sang il s'agit bien du titre du film non ? La confrontation entre le personnage de Brad Pitt (Aldo Raine) et Christoph Waltz (Landa) aurait pu être encore plus jouissive et « décapante » si Tarantino avait pris le soin d'équilibrer le rythme de son film (dialogues/personnages). Avec l'énorme soin apporté au personnage de Hans Landa tout au long du métrage, « QT » ce tire (délibérément ?) une balle dans le pied sur la fin en l'expédiant avec une facilité déconcertante que l'on ne lui connait pas. On est foutrement bien loin de l'intensité de la confrontation entre Marsellus Wallas et Butch Coolidge de Pulp Fiction.

Conclusion
Même si Inglorious Basterds reste ponctué de certaines séquences magnifiques notamment grâce à Christoph Waltz et de quelque dialogue « Tarantinesque » réussi (la séquence en italien), c'est finalement trop peu surtout sur 2h34 !
Le message du réalisateur est pourtant clair comme de l'eau de roche et parfaitement louable (la puissance du cinéma et son pouvoir) mais il est malheureusement plombé par un rythme mal dosé, des « bâtards » trop peu exploités, des dialogues qui ne cessent de tourner en rond qu'il n'arrive décidément plus à maitriser à la perfection cela ce ressentais déjà sur le deuxième volet de « Kill bill » et « Boulevard de la mort » ou « QT » ne retrouvait plus ce qui faisait la force et en même temps l'extrême simplicité des dialogues de Pulp fiction, son oeuvre décidément majeur de sa filmographie.
Inglorious Basterds dans le fond, reste son film le moins culotté, le moins tranchant et surtout le moins abouti. Un bout de pelloche beaucoup trop gentil et moins « badass » qu'il aurait dû être et ce malgré tout l'amour d'un cinéaste pour le 7ème art mais peut-être que la raison se trouve ici, « QT » mûrit et son cinéma évolue mais personnellement j'aimerais retrouver ce gars qui passe toute une séquence à parler du « quarter pounder » et du système métrique foireux, du gars qui ose prendre un malin plaisir à mettre ses personnages dans des situations plus qu'inconfortable (cf. Marsellus Wallas) où encore du mec qui s'éclate à filmé pendant une bonne dizaines de minutes des super méchants ce faisant découpé au sabre par une Uma Thurman en furie parce que franchement, c'était plus bandant.
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N.VAN (pour les passionnés de cinéma, avis à chaud, critiques, dossiers...)

Par Madealone Blog créé le 08/02/11 Mis à jour le 17/04/14 à 21h29

A travers notre blog vous découvrirez nos "avis à chaud" sur les sorties cinés ainsi que différents dossiers toujours plus complets et rédigés avec passion.

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