ERROR 404 BLOG NOT FOUND

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Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 23/08/17 à 19h02

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Kingdom Hearts III.

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Catégorie : Carré Plongeant - le Pire du Pire

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Si le sieur Snake_in_a_Box connaît actuellement un plébiscite mérité grâce à sa rubrique "tests du test",  où il décortique (intelligemment) le travail des rédacteurs du site, il me semblait important de rendre à Shezalu ce qui appartient à Shezalu et de rappeler que, si talentueux soit-il, le bonhomme n'a rien inventé.

Au risque d'en surprendre quelques-uns, rappelons que les tests de test sont nés il y a plusieurs années de ça, sous césarienne et dans la douleur, des entrailles frémissantes d'une communauté Otaku qui fait la fierté de ce site (de par son objectivité, son ouverture d'esprit et son sens de la nuance).

L'occasion pour moi de vous inviter à voyager dans le temps et à redécouvrir le prototype de cette "formule qui marche", dans une version redactor's cut synthétique et corrigée, éditée spécialement pour cette occasion.

Comme on dit au Japon : "Oni-Chan, Yamete !" ("c'est parti !" NDT).

 

 

OPPAI MISETE !

 

Alors déjà, ça commence mal.

On pourra toujours vérifier ou revérifier (je l'ai fait trois fois), à aucun moment, M Suplex (Tigalu Supurexu San, NDT) ne daigne utiliser les mots "génial", "incontournable" ou "sugoi desu ne" ni dans le titre de son "article", ni dans sa ligne d'introduction : impossible de ne pas sentir, déjà, le parti-pris négatif du xénophobe nombriliste à la culture égo-centrée, qui juge tout en fonction de ses a-priori d'occidental moralisateur, comme quoi parce que c'est interdit en France ça devrait être interdit aussi dans les autres pays (Fasciste ! Honoreeeeee ! Kisamaaaaaa !). En cela, il n'a pas peur de manquer de respect à des diz... cent... milliers de millions de fans éclairés, juste pour amuser ses petits copains en bottes de cuir et chemises brunes (et après, on nous rabat les oreilles avec l'indépendance 5/5 des testeurs de jeu vidéo ? Alors qu'on ne met que 1,5/5 à Neptunia ? Il n'y a pas comme un problème d'équivalence, là ? Non mais moshi-moshi, quoi !).

C'est quand même "curieux" (ici, j'ai inséré des rires préenregistrés comme dans les sitcom mais ça ne rend pas trop bien à l'écrit) que quand il s'agit d'acheter les critiques, on parle toujours de Doritos (Dolitosu, NDT), pur produit de l'impérialiste Américain violent et sexuel de The Witcher-GTA-God of War (Da Wisha-jitie-godu ovu waro, NDT), et pas de Nems ou d'Udon aux crevettes. Si ce n'est pas le signe objectif du racisme rampant dont M Suplex se fait le suppôt, en choisissant VOLONTAIREMENT un ton goguenard pour commettre son Neptunicide, je ne m'y connais pas !

Or ceux qui me connaissent le savent, eux : il n'est pas dans mes habitudes d'en faire une affaire personnelle (cela n'avance à rien) ou de m'en prendre nommément aux personnes plutôt qu'à leurs idées... Seulement voilà, M Suplex n'ayant de toute évidence pas d'idées, il me contraint à l'attaquer directement. En effet, M Suplex fait visiblement partie de ces gens étroits d'esprits et réducteurs qui ne peuvent pas concevoir qu'une histoire d'amour entre frère et soeur, ou entre un humain et un animal (fut-il sous forme humaine !) puisse se révéler aussi belle et aussi touchante que n'importe quelle autre, du moment qu'ils s'aiment et qu'il y a consentement mutuel (un"bêêêêêêêê" compte pour un "oui", NDT). Quant à se moquer de l'invention des posters lavables... on voit bien que ces gougnafiers n'ont jamais eu à décorer leurs salles de bain.

 

ONI-SAMA, KAKKOI !

 



Ensuite, M Suplex évoque brièvement un phénomène sociologique japonais dont il ne sait visiblement rien puisqu'il invite à consulter Wikipédia, qui n'en sait guère plus que lui puisque pour pouvoir parler de ce phénomène, il faut d'abord l'avoir vécu de l'intérieur (c'est le cas de le dire). Comme s'il y avait quelque chose de honteux ou de pathologique à vivre reclus chez soi 24H/24, à assembler des maquettes de robots et à sortir avec des filles virtuelles par jeux cochons interposés. Si M Suplex avait daigné s'enfermer chez lui pendant un mois ou deux avant de parler, peut-être aurait-il réalisé que les filles virtuelles des jeux cochons (ou, à plus forte raison, les traversins imprimés à leur effigie) sont des femmes comme les autres, et qu'il n'y a rien de sale ou de déviant à les courtiser du moment qu'on s'aime. D'ailleurs cela se termine parfois par un vrai mariage, preuve que les sentiments sont sincères de part et d'autre, et que ces relations sont aussi saines que n'importe quelle autre impliquant copulation entre mammifères (So old ! So 20ème siècle !).

 

OH, PROFESSEUR-SEMPAI, NON, IL NE FAUT PAS...

 



Suite à cela, M Suplex s'acharne en s'appliquant à caricaturer le scénario du jeu et à le réduire à une simple pochade, alors que le sous-texte est d'une puissance rare (plus de 9000 unités de combat sur mon détecteur de sous-texte), et la parabole qu'il propose est d'une complexité vertigineuse, à mi-chemin entre Card Captor Sakura et Xenogears : bien sûr, il est facile de s'arrêter aux apparences ou aux trente premières heures de jeu, et de n'y voir qu'une histoire de gamines en justaucorps serrés, alors qu'elles sont toutes majeures et qu'en plus, ce ne sont pas des vraies filles mais des consoles de jeu (cas-sés, les haters ! Uruseiiiii ! Bakemonome !). Sans compter que, de toute façon, ce n'est pas important du moment qu'elles s'aiment.  Rarement au cours de l'histoire des jeux vidéo, on aura opté pour un parti-pris aussi profond et aussi audacieux : il n'y a qu'à comparer avec les scénarios de Pong (Pangu, NDT), de Frogger (Fuloga, NDT) ou même du premier Super Mario (Supa Malio Bulosu - NDT - pourtant considéré comme une référence !) afin de s'en convaincre : Neptunia est une révolution. Et parce que M Suplex n'est que le chienchien de M Chièze (Mista Chiezo - NDT - lui-même à la solde des pouvoirs en place, qu'il incarne à la perfection : beau - terriblement désirable, même. "Oh non, Julien-Sempai, il ne faut pas !" -, jeune, blanc, habillé et à l'extérieur de sa maison), M Suplex aboie quand on lui COMMANDE d'aboyer et éclabousse notre écran de son urine pour mieux marquer son territoire. A l'instar de M Chièze, M Suplex a PEUR de cette révolution, et il fait tout pour la discréditer, quitte à la caricaturer. M Suplex joue sur les craintes du public (celle d'être jugé, celle d'être arrêté par la police, etc...) pour le détourner de cette oeuvre à part entière, effrayé qu'il est sans doute par l'inventivité des productions Compile Hearts (ainsi que celle, cela va sans dire, des exclusivités Sony en général). M Suplex préfère sans doute le ronron lénifiant des productions de l'impérialiste Nintendo, plus rassurantes pour quelqu'un qui ne voit le jeu vidéo que par le petit bout de sa lorgnette, un de ces idiots passéistes qui le réduisent encore à un banal divertissement (genre parce qu'on joue, on se divertit forcément. Ils sont beaux, les raccourcis, ils sont beaux !) et qui refusent de le considérer comme un Art à part entière.

On se demandera avec raison quelles accointances politiques et quels engagement idéologiques douteux ont pu pousser Gameblog (Gaimublogo, NDT) à confier ce test à un individu aussi ouvertement hostile à la culture de "l'autre", au lieu de m... laisser s'en charger quelqu'un qui apprécierait le jeu ou, à défaut, qui pourrait l'apprécier ! Voilà comment on fausse tout, moi je vous le dis !

Pire encore : alors que la plupart des autres jeux ont droit à trois ou quatre pages de considérations techniques, M Suplex préfère éluder la question, n'ayant sans doute rien trouvé de mal à dire de la finesse des graphismes HD, de la somptuosité des décors, de l'absence totale d'aliasing et de la diversité des couleurs, choisies de manière à être facilement identifiables. Si M Suplex avait vraiment joué au jeu, ainsi qu'il le prétend, il aurait pourtant pu relever (je n'hésite pas à le faire, preuve de mon objectivité, sur laquelle il serait inspiré de prendre exemple) un très très léger effet de clipping au moment où [SPOILERS] Nep-Nep reproche à S-Sha d'avoir utilisé sa brosse à dents (mais rien de dramatique, je vous rassure). Rien n'est dit non plus (ou si peu) sur les mécaniques du jeu: plutôt que de s'acquitter de sa tâche avec sérieux, M Suplex préfère "faire de l'humour", aligner les "bons mots", jouer les "journalistes provocateurs", bien peu soucieux des lecteurs angoissés qui liraient son texte en toute bonne foi et souhaiteraient y trouver des réponses à leurs questionnements pubertaires ("je crois que j'aime les filles, mais de là à y consacrer 60 euros... ?"). En faisant preuve d'une désinvolture lapidaire, non seulement M Suplex insulte son lectorat (et tout particulièrement le lobb... la communauté Otaku de Gameblog), mais il trahit par-là même les serments qu'il a prêtés en accédant à la glorieuse fonction de rédacteur ; en conséquence de quoi devrait-il être pourvu en cassation et radié du registre de l'Ordre pour faute professionnelle grave avec circonstances aggravantes.

 

DAME ! O NEGAI ! DAME !

 



M Suplex conclut son "test" par une note scandaleuse, comme s'il ignorait la profonde fatuité de ces évaluations d'un autre âge, auxquelles il faudrait renoncer de toute urgence (ce que confirme l'Education Nationale elle-même en parlant de les supprimer, et de les remplacer par des pastilles de couleur). Les notes n'ayant aucune importance factuelle, une évaluation si basse n'en est que plus INADMISSIBLE, et elle devrait être supprimée dès que possible, avec un mot d'excuse de la part du rédacteur en chef et une copie de l'inscription de M Suplex auprès des services de la Mission Locale pour l'Emploi (Mishion Rocaru poulu Lanpuroa, NDT), car le caractère tout à fait superflu de cette note dont il ne faut pas faire cas pourrait induire le lecteur en erreur, alors qu'elle n'est qu'anecdotique et sans valeur mathématiques. Compte-tenu de son caractère superfétatoire et mensonger, elle ne mérite pas plus d'attention de ma part, les lecteurs sauront quoi en penser, à savoir : qu'elle est inadmissible et qu'il faudrait la supprimer, mais qu'elle n'a aucune importance factuelle et qu'il ne sert à rien de s'attarder sur le sujet. Raison pour laquelle j'accorde une note d'une demi-étoile au test de M Suplex, qui signe un texte partial et dénué de recul.

 

INVER NO B-B-B-B-BAKA !

 



Pas de surprise : sur sa photo en bas, M Suplex ne porte pas de serre-tête avec des oreilles de chat.

Au risque de me répéter, était-il judicieux de lui confier un travail pour lequel il n'était visiblement pas qualifié ?

 

*

 

Et pour la version jouable de ce test du test, c'est par ici que ça se passe !

Voir aussi

Jeux : 
Hyperdimension Neptunia V
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Carré Plongeant - le Pire du Pire
UN DRAGON QUI PETE LE FEU (PLUS HAUT QUE LA PARTIE CHARNUE DE SON POSTERIEUR)  
 
 
 
[Avertissement : du fait de la matière première "discutable" de cet article, son contenu est susceptible de choquer les personnes les plus sensibles... ainsi que les fans du jeu en question. Et je ne veux me facher avec personne. Vous lisez donc à vos risques et périls]
 
 
On a tous dans notre entourage un ami, un cousin, un parent un peu pète-sec qui écoute Benjamin Biolay, qui se la joue grand philosophe et qui est toujours prêt à vous pourrir une discussion sympa à coup de théories fumeuses, comme quoi « si vous jouez aux jeux vidéos, c'est que vous êtes créditeur à la banque des pulsions morbides de la Thanatos Company  », ou « si vous aimez les manettes avec plein de boutons, c'est parce que ça vous rappelle votre adolescence » (quand il n'ambitionne pas de vous expliquer que si vous aimez Rondoudou, ce n'est pas parce qu'« il est rond et doux », comme vous l'imaginez, mais parce qu'il « endort les consciences et libère du fardeau de la morale, en créant une réalité parallèle symbolique dysfonctionnelle par le truchement d'un processus d'hypnose visant à un endormissement volontaire de l'esprit critique »).
 
Soit, plus précisément : un de ces nombreux philosophes diplômés de l'ADDLTE (l'Académie-De-Dans-Leur-Tête-à-Eux - mention spéciale « j'ai tout compris au scénario de Xenogears et Dieu est un robot géant »), avec qui on ne peut pas avoir raison, même quand ils ont tort, parce qu'ils ont raison d'avoir tort et vous, tort d'avoir raison. De ceux, donc, qui n'en démordront pas (oui parce qu'ils mordent, en plus. Ça fait partie de leur « charme », il paraît), même si vous objectez que « oui, mais enfin, il est rond et doux quand même, Rondoudou, à la fin ! », et qui retomberont toujours sur VOS pattes en vous renvoyant alors à l'« image conceptuelle idéalisée de la poitrine maternelle » et à un « complexe d'OEdipe mal intériorisé » (ce qui clôt généralement le débat par K.O. et vous contraint à ne plus prendre que  Peach dans les tournois de Super Smash Brawl Melee - non sans maints regards noirs lancés autour de vous, et qui signifieront : « Oui ! Oui, j'ai pris la blonde, je sais, ça veut dire que j'ai envie de sexe, ET ALORS ? ! C'est quoi, le problème, si j'ai envie de sexe ? ! Du moment que ce n'est pas avec ma MERE, bande de gros dégueulasses ! »).
 
Je parle en connaissance de cause puisque pour mes amis, ce gars-là, c'est moi (et parce que, du coup, je n'écris « amis » au pluriel que pour satisfaire aux exigences minimales d'une « hypertrophie égotique de mes membres inférieurs », ou « syndrome des chevilles qui enflent » en langage profane).
 
Hé ben voilà, le décor est planté.
 
 Drakengard, pour Square Enix, c'est du pareil au même. Sur le papier, il vous propose de vivre une époustouflante épopée d'Heroic Fantasy, pour s'évertuer - en pratique - à en plomber toute la fantasy et tout l'héroïsme, histoire d'être sûr qu'il ne restera rien de la magie du genre une fois celui-ci passé au mixer de la Psychologie Freudienne pour les Nuls.
 
 
 Les Bronzés font de l'Heroic Fantasy
 
Ça commence dès le pitch, d'ailleurs, qu'on peut synthétiser en : mort, mort, carnage-sang-souffrance-mort (virgule, carnage, carnage, tiret, meurtre, point). Le reste, comme on dit, « n'est que littérature ». Qu'on n'espère pas s'émerveiller d'un monde à découvrir avec de l'herbe verte et des champs de pâquerettes (même carnivores et garnies de dents taillées en pointe), s'enthousiasmer de jolies princesses à sauver et/ou à épouser en justes noces (même barbares), ou rêver d'une cinématique au clair de la lune avec de la pop japonaise en fond sonore (même barbare pour les oreilles aussi. Mâche bien les tympans avec tes dents taillées en pointe, la pop japonaise, ça devrait faire moins mal ensuite).... Dans Drakengard, rien de tout ça.
 
A en juger par le contenu des dialogues, l'intrigue se passe quelques années après la fin de Batman : Arkham Asylum, dont elle se veut le prolongement direct : dans la chaos créé par l'intervention musclée du chevalier noir, plusieurs criminels fous furieux sont parvenus à prendre la poudre d'escampette (oui, la poudre toute blanche qui rend plus aimable, vous connaissez la chanson) et ont réussi à ouvrir un portail spatio-temporel dans leur tête, afin de trouver asile (ça valait bien la peine de s'échapper, tiens) dans un moyen-âge alternatif fantasmé peuplé d'émanations de leurs cerveaux malades (la couverture parfaite pour se faire oublier des justiciers masqués, même si dans les faits, ça se résume à baver, prostré sous un pont ou connecté toute la journée sur le forum de Mensa France). Ce sont précisément ces fous furieux que le jeu vous propose d'incarner, avec une finesse et une profondeur digne d'un Steven Seagal.
 
 
 
Entre l'inextinguible soif de sang du personnage principal (muet comme la tombe qu'il réserve à ses ennemis, à ses amis, à sa famille et au facteur  - dommage collatéral), l'amour incestueux que sa jeune soeur nourrit à son égard (quand on est destinée à être sacrifiée par les « gentils » pour maintenir l'équilibre du monde, on n'est pas à une perversion près. Alors on lit Angel Sanctuary),  le rival du « héros » qui est lui-même épris de la jeune soeur mais n'a aucun lien de parenté avec elle (et n'a donc aucune chance de conquérir celle-ci - sans compter que sa tignasse rousse le condamne tôt ou tard à basculer dans le côté obscur du côté obscur, CQFD), ou encore la mère de famille vertueuse qui sait conjuguer « bain de sang » à tous les temps (alors que ce n'est pas un verbe, c'est dire si elle assure) et qui surmonte bon gré mal gré la mort tragique de sa progéniture en tuant les enfants qu'elle croise (et en mangeant les plus dodus d'entre eux. Normal), le soldat-malgré-lui, hypersensible, aveugle et suicidaire (et pédophile, aussi, mais au point où on en est, n'est-ce pas qu'un détail ?), en symbiose avec une mignonne petite fée (manipulatrice et avide de massacres , elle aussi), et enfin le vrai-faux petit-garçon-innocent condamné à ne plus vieillir pour n'avoir pas su empêcher sa jumelle de perdre la raison (ce qui, au moins, l'aura dispensé de vouloir coucher avec elle, c'est déjà ça de pris - enfin... j'espère), le tout coaché par un prêtre nihiliste prénommé Verdelet et sexy comme une version gothique de Mr Propre, on ne peut pas dire qu'il y en ait un pour rattraper l'autre. Pour lui planter un glaive en traître ou lui broyer le cabochon à coups de morning star, à la rigueur. Mais rattraper... quel intérêt ?
 
 
 
C'est qu'objectivement, ça fait une belle concentration de cinglés au mètre carré de pixel, si bien que pour un peu, on se croirait sur internet - pour ne pas dire sur le blog du Joueur aux Mains Carrées...C'est justement comme ça qu'on forge les adversaires charismatiques, me direz-vous. Je vous l'accorde. Seulement il y a méprise : il ne s'agit pas d'adversaires, ici, mais de ceux qui auront la lourde tâche de sauver l'univers (c'est dire s'ils partent avec un handicap). Bref, un vrai casting de drame psychologique français, comme on en diffuse sur Arte qu'en troisième partie de soirée pour concurrencer « Chasse et Pèche ».
 
 Parce que le scénariste de Drakengard a bien appris sa leçon, ça, c'est sûr : un protagoniste intéressant a des failles, des traumas. Porté par un excès de zèle, il a ouvert le DSM-IV et essayé de faire entrer la totalité des névroses humaines dans la tête de ses créations, vraisemblablement convaincu que ça augmenterait leur charisme. Epic Fail. Les traumas héroïques, c'est comme le sucre glace : bien dosé, c'est festif mais si on en met trop, écoeurement garanti. Ben là, c'est un peu comme tenter de garnir une crêpe à la pelleteuse : certes, ça part d'une bonne intention mais quand c'est terminé, on se demande où est la crêpe.
 
L'idée de marcher dans les traces de Vagrant Story et de produire un jeu plus sombre que la moyenne était louable en soi, mais dans le domaine des jeux vidéo autant qu'ailleurs, il n'y a pas que l'intention qui compte, loin s'en faut. Car dans l'exécution, ça coince (et pourtant, l'exécution, les personnages sont des spécialistes, ils la pratiquent en club depuis leur plus jeune âge). Ainsi, à force de surenchère, les dialogues deviennent risibles, pour ne pas dire consternants (et encore, pour l'aspect « sternant », ça peut se discuter), au point de faire regretter les borborygmes guerriers du cimérien de banlieue ou la dimension narrative de Zelda 1 sur Nes - comme quoi trop de personnalité tue la personnalité (et tout le reste avec, puisqu'on l'aura compris : « mort, mort, carnage, sang, souffrance, mort »).
 
 Avant de répliquer "mais non, c'est classe", n'oubliez pas :
les persos parlent TOUS comme ça TOUT LE TEMPS !
 
 
Résultat des courses : on en vient vite à douter de la propre santé mentale du scénariste qui, s'il tenait un vidéoclub, classerait sans doute la série des Saw au rayon des comédies sentimentales. Impossible de s'attacher à des combattants qui mériteraient de l'être, attachés (avec des sangles), et qui seraient bien inspirés d'arrêter les M&Ms et de se mettre aux calmants pour chevaux.
 
 
 
Fort de ces considérations, on passe notre temps à redouter l'instant funeste où les protagonistes vont régresser au stade anal et vouloir offrir leur caca. Après tout, les concepteurs, eux, ne se sont pas gêné pour nous le vendre 60 euros (autres temps, autres moeurs, comme on dit).
 
Non parce que c'est bien joli, les crises de démence en série, mais à la quatrième consécutive en trois minutes, on a envie de secouer les personnages très fort  et de leur crier (très fort aussi) : « non mais rendez-vous service ! Allez voir un docteur ! Ça devient gênant, là ! Mort, mort, carnage sang souffrance mort, oui, oui, c'est ça, on a compris, on pourrait pas passer à autre chose ? »
 
Ben non.
 
 
Et pour cause ! Drakengard est un de ces innombrables produits de divertissement qui se revendiquent « adultes » pour les raisons qui font qu'il ne l'est pas : marketing oblige, il n'y a bien qu'un ado pour croire que parce qu'on met du sang (ou du sexe) dans un jeu ou un film, ces derniers y gagnent en maturité. A l'opposé, ce qui n'est censément accessible qu'aux adultes n'est pas destiné à ceux-ci puisqu'une fois l'acné derrière soi, en théorie, on se lasse vite de ces « oeuvres » qui n'ont souvent rien de plus à proposer (comme c'est le cas ici).
 
 
 
Quel plaisir, en effet, que de pourfendre vagues d'adversaire après vagues adversaire après vague d'adversaire après vague d'adversaire après vagues adversaire après vagues adversaire après vagues adversaire après vagues adversaire (je n'ai pas mis de « s » à adversaire volontairement, vu que c'est tout le temps le même copié-collé), dans un décor moche et simpliste peint à la bouche (vomi serait un terme plus adéquat, vu qu'il reste des grumeaux -  et notez bien que j'ai écrit décor au singulier, pour les mêmes raisons que précédemment).
 
 
 
Si quelqu'un veut se faire un jeu des sept erreurs...
 
 
Aussi beau que palpitant du tout, le jeu est varié comme le contenu d'une salade de fruits sans fruits et sans salade. Le résultat se révèle aussi inconsistant qu'insipide, alors pour relever, ni vu ni connu, on arrose avec de la sauce. Rouge. Tout ça pour faire oublier que ça se traîne, que c'est sans arrêt la même chose, que les niveaux ne durent que parce que l'ennemi maîtrise le multiclonage et que l'action est tellement primitive qu'on finit par avoir le pouce qui saigne (ce qui ajoute un peu de couleur au tableau).
 
 
 
 La possibilité de se faire remplacer par la tueuse d'enfants, le pédophile ou l'éternel petit garçon (jamais les trois en même temps, par contre, on comprend aisément pourquoi) n'apporte rien de plus - si ce n'est qu'au vu de leur pedigree, on se demande lequel est le plus sympa à jouer.
 
 
Heureusement, pendant que les protagonistes font du sur-place névrotique, les armes évoluent au fil des combats - et des armes, vous en aurez un arsenal entier : des grandes, des petites, des lourdes, des très lourdes, des jamais-aussi-lourdes-que-les-personnages-principaux, des mort-mort-carnage-sang-souffrance-mort... Ça, on peut faire confiance aux concepteurs, la psychologie des armes, rien à redire, ils l'ont soignée, comme en témoigne la façon dont elles font (réalistement et adultement) gicler le sang (ce qui, dans ce jeu, revient au même - car plus c'est rouge, plus c'est adulte, CQFD aussi). Comble de l'innovation, comme dans les neuf dixièmes des jeux de ce genre, un système de combos basé sur le rythme des coups donnés vient dynamiser tout ça et essayer de le rendre moins ennuyeux qu'il n'en a l'air. Et il y parvient.
Trois minutes, montre en main.
 
Hé quoi ! ? C'est adulte, on n'est pas là pour s'amuser !
 
 
L'originalité du jeu (oui, parce qu'il y en a une, quand même), c'est qu'ayant conclu un pacte avec un dragon égocentrique et revanchard (pourquoi les humains auraient-ils le monopole de la mentalité de merde ?), à tout moment, votre « héros » peut faire appel à lui et survoler le green fraichement tondu qui tient lieu de champ de bataille pour canarder ses ennemis à grands coups de boules de feu... enfin, quand j'écris « grands », j'exagère un peu. Quand j'écris « boules » aussi, d'ailleurs. Dans la pratique, ça ressemble plus à de petites ballounettes enflammées, que si les ennemis ils avaient des clubs assortis, ils pourraient se faire tous ensemble un mini-golf  magique. Sans compter que le père dragon, il tire avec la précision d'une taupe sous Lexomil.
 
« C'est réaliste », me direz-vous.
A quoi je répondrai (rappelez-vous mon introduction) : « Quoi, c'est réaliste ? ! Je joue un malade mental qui vole sur le dos d'un poulet préhistorique qui, si j'en crois les apparences, lui bouffe ses cachetons en cachette ! En quoi ça a besoin d'être réaliste ? ! ».
 
Fort de ces considérations, on fait un tour, puis deux, puis trois, comme à la parade, avant de se dire que quitte à se faire suer, on était aussi bien au sol à martyriser la manette, et que si c'est pour se  taper une simulation de tondeuse sans lame, autant sortir s'occuper du jardin.
 
 
 Je sais : pour de la PS1, c'est pas si moche que ça... sauf que c'est de la PS2.
 
Même OZ/Sword of Etheria (dans lequel on butte les ennemis à coups de reprises de volley, quand même), il est plus sympathique à jouer, plus agréable à l'oeil et plus intéressant à suivre (ce qui ne veut pas dire qu'il l'est dans l'absolu, entendons-nous bien).
 
Mais comme chez Square Enix, on sait soigner le client (à défaut de savoir se soigner soi-même), la fête sans alcool ne s'arrête pas là (parce que sans alcool, la fête est plus folle et que la folie, vous l'aurez compris, ici, elle atteint des sommets) : en effet, certains niveaux se feront entièrement à dos de dragon, à mi-chemin entre shoot narcoleptique et simulation d'escarmouches en bimoteurs  (j'ai écrit « simulation », hein, pas « stimulation », parce qu'on en est carrément loin, là), avec toujours un seul tir pourri au compteur, pas de power up à glaner, et juste une mégabombe aussi impressionnante qu'un lancé de pétard mammouth sur boîte aux lettres.
 
 
 
 Là encore, le réalisme ne va pas sans faire des victimes : on se ferait un raid à dos de Chocobo qu'on serait à peu près aussi impressionnants et aussi efficace (sans compter qu'en plus, on aurait de la bonne musique en fond sonore).
 
 
Par chance, grotesques, les ennemis le sont tout autant. Sauf qu'ils sont plus nombreux. Parce que quand on est seul à être grotesque, on est juste ridicule. Mais quand on est quarante, on devient dangereux, c'est mathématique. Fort de ces considérations, alors qu'on aurait pu s'attendre à une sensation de puissance, de supériorité guerrière, on vit les aventures de Jean-Paul le combattant sous Tranxène et de Pilou-Pilou son poulet fermier géant élevé au bon grain des landes. Le tout entrecoupé de réflexions sur la vie, la mort, la mort et la mort. Passionnant.
 
 
Drakengard voulait rendre une impression de carnage.
Sur ce plan, il s'en sort avec les honneurs.
 
 
Breaking News de dernière minute : j'ai été de mauvaise foi, je l'avoue. Ce sont bien les méchants, qui veulent sacrifier la soeur du « héros ».
 
Les gentils, eux, veulent juste l'enfermer à vie dans une tour loin de tout contact avec l'extérieur. C'est sûr, c'est pas pareil...
 

Voir aussi

Jeux : 
Drakengard
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Carré Plongeant - le Pire du Pire

 

Une madeleine de Proust en plein dans la gueule !

(Prix Arkham Asylum du titre le plus inspiré 2011)

 

 

 

 J'ai un aveu à vous faire.

C'est moi. Oui, c'est moi, et personne d'autre, qui ait acheté Fist of the Northstar sur Gameboy. Et quand j'écris personne d'autre, je n'exagère pas (j'espère) : je suis le seul et unique acheteur de ce jeu, ou bien c'est que notre monde a perdu la raison et qu'il ne prend plus son traitement depuis bientôt vingt ans. Car oui, je savais déjà lire, quand la presse spécialisée l'a testé et non, je n'étais pas assez mauvais en maths pour ignorer ce que signifiait 2/20 de moyenne générale (ne serait-ce que parce que j'avais la même en classe et qu'au moment de la réception du bulletin, c'était Ken le Survivant pour mes fesses).Et non, personne ne m'a forcé la main, je n'ai aucune excuse. J'ai pris mon argent de poche durement gagné par deux mille sept cent heures de travaux ménagers pour mes Thénardier de parents (oui, de mon temps, l'argent, ça se gagnait. Ça fait bizarre, je sais), je l'ai fébrilement glissé dans une de ces petites enveloppes blanches comme on en voit dans les musées, je l'ai envoyé à l'unique magasin Micromania de l'hexagone et j'ai attendu.

Oui, attendu !

Pire ! J'étais impatient de le recevoir ! Rendez-vous compte !

Im-pa-tient !

Fallait-il déjà être marqué du sceau de la dépravation, comme tendait à le confirmer mon goût pervers pour les dessins animés nippons (si bien qu'à chaque visite à la maison, on m'enchaînait dans les catacombes. « Et votre fils ? » « Dans les oubliettes. Il a acheté Fist of the Northstar sur Gameboy, alors il a fallu sévir » « Fist of the Northstar ? Mon dieu, comme je vous plains. Dire que ça aurait pu nous arriver à nous... ») !

Mais enfin quoi ! ? Je ne suis quand même pas le seul à avoir claqué deux cent cinquante balles dans un jeu dont la nullité était avérée, non ? Si ? Ha, pardon, à mon oreillette, on me chuchote que si, au temps pour moi. A ma décharge (et à celle qui a servi de dernière demeure au jeu susmentionné), il faut replacer la situation dans son contexte. Les années 90 battaient leur plein : on était jeunes, on était fous, on pensait encore devenir pâtissiers-magiciens ou pilotes de Gundam (par intérim) - et à cette époque là, « les temps comme les oeufs étaient durs », quand on était accro à l'animation japonaise.

Parce que tenez-vous le pour dit, même si on n'en était plus à devoir échapper aux raptors dès qu'on sortait acheter du pain (ça, c'était nos parents), on n'avait ni connexion internet, ni VOD, ni coffrets collector 4 épisodes pour le prix de 60 avec strap de portable « offert » (puisque pas de portables non plus), ni rayons manga à la Fnac (ni Fnac tout court, d'ailleurs)... Du coup, il fallait se contenter d'acheter sous le manteau des versions papier en langue originale, qu'on feuilletait à l'envers tellement on n'y comprenait rien, ou récupérer des copies pirates de copies pirates de copies pirates de K7 Vidéo pal enregistrées en mésécam sur un magnétoscope en fin de vie, et prendre tout ce qui nous passait sous la main sans faire la fine bouche (mot d'ordre : « c'est japonais, donc c'est génial ». Aucune exception tolérée. Même Masami Kurumada, on trouvait qu'il dessinait bien ! Alors que maintenant, on a même du mal à trouver qu'il dessine, c'est vous dire le fossé). A côté de ça, on était traqués comme des bêtes par les « journalistes » des cinq chaines concurrentes, avec les rôlistes, les gamers et tous ceux qui, comme nous, avaient l'esprit corrompu par le mal, le sexe et l'ultraviolence qui font vendre (qui faisaient vendre, en tout cas, les reportages bidons à ce sujet). Alors quand une adaptation interactive était accessible en Europe, forcément, on était obligé de se ruer dessus sans poser de questions, c'était un acte de dissidence active... ou presque. C'est important, ici, le « presque » : ceux qui ont investi huit cent des francs de l'époque dans le premier Dragon Ball Z ou dans Bastard sur Super Famicom l'ont appris à leurs dépends.

Mais trêve de digressions et d'excuses farfelues : pourquoi renier l'achat ? Après tout, la boite est plutôt jolie, dans son genre. Et la page de présentation est bien gironde aussi.

 

Vous venez de voir le seul truc potable du jeu. ça fera 250 balles. Merci.

 

Non, et puis soyons de bonne foi deux secondes, le jeu lui-même n'est pas complètement dénué d'intérêt non pl... non mais si, pardon, on me dit dans mon oreillette qu'il l'est de bout en bout. Aux temps pour moi.

 

C'est que s'il y a un domaine dans lequel les programmeurs de ce Fist of the Northstar s'y connaissent, c'est celui des défis à relever, parce qu'il faut vraiment en avoir dans le caleçon pour oser chercher à concurrencer Street Fighter 2 avec un jeu à deux boutons (un pour frapper, un pour sauter) dans lequel sauter n'a aucune espèce d'utilité et frapper, bennnnn... à peine plus, en fait. 

 

 Rendez-moi mes sous !

 

Doté de graphismes qui feraient passer Miss Pac Man pour Aishwarya Rai en monokini léopard (encore qu'après quelques verres, Miss Pacman devient très désirable, les soirs de solitude. Alors que Fist of the Northstar, non), la cartouche propose aux fans de Ken le Kiné-de-la-Mort de se dégoûter de leur série culte en se glissant dans la peau d'un personnage au nom familier, mais ressemblant à s'y méprendre à une raquette de Pong (ou une pièce de Tetris qui aurait mal tourné).

Car que l'on n'essaie pas de reconnaître l'heureux élu : à l'écran, il pourrait aussi bien s'agir du preux Kenshiro, du vil Souther, de la douce Julia, d'un chevalier du zodiaque mal orienté par le pôle emploi, d'un bug de la console ou de votre voisin Jean-Michel (celui qui a un pied bot) que ce serait pareil. A part le traditionnel punk en surpoids de service, seul à se distinguer par sa magnifique excroissance pectorale, tout ce petit (si petit) monde est interchangeable, dans l'absence de fond comme de forme.

Non mais n'essayez pas, hein. Je n'ai pas les réponses, moi.

(Je dirais quand même : le Chevalier d'Or du Taureau en 2, et Hitomi de Signé Cat's Eyes en 3 ?!)

 

S'ensuivent donc « ten big brawls for the king of universe », comme l'ont écrit sur la jaquette les gars du service com' de Nintendo qui, avec une vanne pareille, auraient pu avoir une émission rien qu'à eux sur l'antenne de Rires et Chansons, si seulement ils étaient nés du bon côté de l'océan (entre l'humour et le désespoir, ils ont de toute évidence fait leur choix). En d'autres termes : dix combats poussifs et laborieux, dans lesquels l'absence de possibilités, de variété et de logique vous laissera plus vite sur le carreau que l'acharnement de vos rivaux pour le titre de champion ès-couillons. Et pourtant, dieu sait qu'ils vont vite en besogne. Ils vous mettraient même volontiers la tête au carré si les graphistes ne s'en était pas chargés à leur place (et quand j'écris LES graphistes, c'est pour ne pas être blessant, vous l'aurez compris. Ce jeu ne peut avoir été programmé qu'en solitaire, le soir, dans un garage, avec pour unique référence artistique un dépliant sur les peintures de la grotte Chauvet).

Il faut dire que la première chose qui frappe (la seule chose qui frappe, en réalité, les combattants donnant juste l'impression d'avoir de douloureuses crampes aux muscles), c'est que de toute évidence, ce jeu-là date d'avant l'invention de la collision de sprite, si bien qu'il est impossible de savoir qui frappe qui, et pourquoi on touche ou ne touche pas notre cible. Non parce que même si on a autant d'humour que les gars de chez Nintendo, quand on frappe l'adversaire et que c'est notre personnage qui perd de l'énergie, ça fait marrer moyen, surtout quand on pense à feu nos deux cent cinquante balles. De quoi donner envie de se remettre à Pong puisqu'au moins, ses raquettes renvoient la balle quand elles la touchent. Du point de vue technique, même constat atterré : l'intégralité du budget semble être passé dans la page de présentation puisqu'une fois le bouton Start enfoncé, c'est du combat de playmobiles sur fond de ce qui a peut-être un jour été l'ancêtre de la musique, dans des décors Légo d'une pauvreté à faire rire jusqu'aux gamers grecs - ou jusqu'aux  adeptes du test de Rorschach (« Bon. Dites-moi. Vous voyez quoi, là ? » « Là ? Le docteur Zoidberg de Futurama, dans sa version Jésus, pourquoi ? » « Houlà ! ! Je sais pas ce que vous prenez, mais on va doubler la dose, juste par précaution »).

 

Quant aux combinaisons des coups spéciaux, elles sont d'autant plus simples à exécuter qu'il n'y en a pas, et que votre champion ne possède qu'un coup à sa palette (sauf les « heureux veinards » qui possèdent une barre de pouvoirs psychiques et qui lanceront, qu'ils le veuillent ou non,  des petits moucherons d'énergie tant qu'elle ne sera pas vidée. Moucherons d'énergie qui iront chatouiller votre rival sous les aisselles, mais pas plus). Impossible, donc, de jouer la partie. Pour qui aurait l'envie saugrenue de remporter la victoire, les combats reviennent tous à s'accroupir dans un coin de l'écran et à donner des coups de pieds chassés en mode autofire, en priant très fort pour faire plus de mal à l'ennemi qu'à soi-même (ou pour, peut-être, lustrer le sol de manière à le rendre glissant et causer une chute incapacitante) (je plaisante : ce jeu date aussi d'avant l'invention de la pesanteur). Car oui, au bout du compte, la prière est l'unique stratégie à peu près fiable pour passer au combat contre le playmobile suivant et gagner ainsi des niveaux.

En effet, First of the Northstar propose de prolonger l'aventure grâce à un système de points d'expérience et de progression par l'absurde que n'aurait pas renié le père Ubu : on peut y monter son chouchou jusqu'au niveau 99 (en théorie), sans que les adversaire en face ne progressent d'un iota, passant vite du statut de monstres immunisés contre les plaies et les bosses à celui de proies sans défense. Du coup, seuls les plus valeureux et les plus masochistes iront au-delà du niveau 7, ce qui en fait 92 de gâchés... m'enfin, on n'est plus à ça près.

Point positif, par contre : la progression se sauvegarde aisément grâce à un système de codes intuitif et fonctionnel, chacun d'eux étant composé de deux séquences de trois chiffres et de deux séquences de quatre chiffres (oui, j'ironisais, en fait. Ça vous étonne ?), qui permettent de souffler un peu le temps qu'il faut pour les entrer sans commettre d'erreur. Parce que ces minutes-là, au moins, on ne les passe pas à jouer, et c'est un vrai soulagement pour le corps (les pouces, surtout) comme pour l'esprit. Des codes qui, contre toute attente, s'avèrent être la partie la plus intéressante du soft (ce qui ne veut pas pour autant  dire qu'elle est intéressante,  hein, entendons-nous bien), car en mélangeant les séquences à trois chiffres d'un code avec celles à quatre chiffres d'un autre, le joueur désoeuvré porté sur l'alchimie ou la cuisine de Maïté (c'est du pareil au même) peut en créer de nouveaux, et s'amuser ensuite à tester les résultats. Voilà comment on peut fabriquer un combattant de niveau 75 à partir de deux niveaux 2, et rigoler trois minutes montre en main en affrontant des pygmées battus en trois coups,  incapable de vous enlever ne serait-ce qu'un seul pixel d'énergie. Une belle revanche sur la difficulté grotesque du jeu « à la régulière », et de quoi prendre son pied en mode versus via le câble vidéolink... ceci, en théorie, encore, parce qu'en pratique, on ne pouvait s'essayer au mode versus qu'à condition d'avoir la chance de compter un autre gogo dans notre entourage (c'est-à-dire, plus explicitement : quelqu'un qui aurait été tenté par l'achat malgré les tests ET qui n'aurait pas voulu attendre de l'essayer d'abord à votre crochet). Autant dire que c'était grillé d'office : en termes de probabilité, on avait plus de chances de se faire bouffer par un lion sur les Champs Elysées (mais il suffit d'une fois™, paraît-il). Seule solution, dans ces conditions : en acheter un deuxième soi-même. Mais bon, devant des chiffres de vente si encourageants, les programmeurs auraient pu croire qu'il y avait un marché à exploiter, et se mettre à plancher sur une suite plus révolutionnaire encore (du genre : on ne peut plus ni sauter, ni frapper, et les personnages prennent des dégâts quand ils marchent... ou bien une version avec des raquettes à la place, et une balle à renvoyer. L'avenir, quoi).

Le spin-off était déjà tout trouvé.

 

Alors que là, tous les ans, ils m'écrivent personnellement pour me remercier de les avoir soutenus dans cette passe difficile, ce qui est autrement plus sympathique...

D'autant plus sympathique, en fait, que Ken le Survivant, quand j'y pense, j'ai jamais été fan, moi. Au contraire, je ne la supportais pas, cette fichue série, elle me filait de l'urticaire. Seulement voilà : j'étais jeune, j'étais fou. C'était les années 90, quoi. Il n'y a rien d'autre à dire. A part, peut-être, que si c'était à refaire, j'achèterais plutôt une fraise de dentiste et je jouerais à me faire sauter les plombages sans anesthésie.

 

Au moins, je saurais pourquoi j'ai si mal.

 

*

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Édito

 

pour : "Le Gamer aux Mains Carrées, l'homme qui murmurait à l'oreille du manque de race"

(Du coup je ne sais pas trop comment je dois prendre cette distinction)

 

Gameblog Community Award de l'article de l'année 2016 pour un post sans texte, c'est sûr, ça fait toujours plaisir, mais c'est quand même assez surprenant.

Ce qui l'est beaucoup moins, par contre, c'est que ce post traite ENCORE de Final Fantasy.

 

Bref, pour de vrais "articles de l'année" passionnants, passionnés, pertinents et bien écrits, allez plutôt lire :

- Migaru

- Noiraude

- Snake_in_a_box

 

 ET QUE CA SAUTE, COMME TIDUS DANS L'INTRO DE FFX !

 

*

 

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

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