ERROR 404 BLOG NOT FOUND

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Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 23/08/17 à 19h02

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Kingdom Hearts III.

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Catégorie : Le Joueur aux Mains Carrées - Présentation


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Le Joueur aux Mains Carrées - Présentation

 

 

 

Bon ben nous y voilà.

J'aurais eu beau traîner les pieds et jouer tantôt la carte du papy, tantôt la carte de la résistance, les deux semaines de sursis que je m'étais très généreusement octroyées (quand on s'aime, on ne compte pas) arrivent à terme, et il est temps pour moi d'en revenir aux... choses sérieuses. Si. Faut pas croire. C'est le genre de trucs qui arrivent même aux meilleurs.

Non que ce soit de gaieté de coeur, cependant. Mais hé, la vie est un choix, trace ta voie, n'écoute que toi, voyage léger, ne passe pas à côté des choses simples, juste fais-le et autres maximes de pub démagogiques destinées à nous faire croire qu'il suffit de s'asperger avec de l'eau sucrée à 70 euros les 30 millilitres pour se la rejouer Fureur de Vivre.

 

Las ! Après presque deux ans de bloging forcené (qui vous en auront paru quarante, avouez-le), émaillés de hauts, de bas, de gauches, de droites et parfois-même de l'équivalent scriptural du quart de rotation Shoryuken-style, l'heure est venue de placer ce blog sous stase et de l'envoyer voir du côté de Pluton si j'y suis (et, accessoirement, si j'y ai du temps libre). Car le temps libre, c'est précisément ce qui va me faire défaut, dans les mois à venir : nouveau job, nouvelle vie, nouvel équilibre à trouver, nouveaux automatismes à acquérir... et pas de connexion sur mon lieu de travail, juste une cafetière vintage sans mode d'emploi. La définition du cyber-exil, ou peu s'en faut. La définition de l'ennui, ça, c'est certain.

 

L'occasion pour moi de me fendre d'un ultime ( ?) pavé, et de laisser le Gamer aux Mains Carrées de côté pour livrer ici un petit bilan personnel, jeté d'un trait, d'une traite, sur le papier, sans construction ni relectures. A la bonne franquette. Rien que vous et moi. J'aurais bien fait brûler quelques saucisses pour l'occasion, mais doué comme je suis, j'aurais pu cramer tout Gameblog avec. Ça n'aurait pas été la première fois. Parce que deux ans, plus on vieillit et plus c'est court, oui, mais ça s'inscrit quand même dans la durée (sans les macarons, cependant, ce qui est bien dommage). Aussi, parce qu'en m'inscrivant sur Gameblog, le 4 novembre de l'an de grâce 2011, j'étais bien loin de me douter de ce que j'y trouverais, des rencontres que j'allais y faire, des boîtes de Pandore que j'allais y ouvrir, des passions que j'allais y déchaîner, voire des sourires que j'allais laborieusement y arracher à des inconnus qui, petit à petit, sans que je m'en rende compte, ont cessé d'en être à mes yeux.

 

Flashback avec bruit de woush-woush et fondu au noir comme dans Lost : nous sommes donc en novembre 2011, je tourne en rond sur blogger, j'ai claqué violemment la porte du forum de (grosses ?) légumes où j'étais modérateur, mon grand-père vient de décéder, j'ai besoin de fuir en avant et de meubler les heures creuses au bureau avec du prêt-à-monter Ikéa. Un ami fraîchement retrouvé (Mr Patate, pour ne pas le nommer. Des fois que vous chercheriez un coupable) annonce sur Facebook qu'il passe de Gamekult à Gameblog, pour voir si l'herbe qui s'y fume est plus verte. Intrigué, je m'y autorise un petit tour et y vois l'occasion d'explorer des contrées méconnues, tant point de vue thématique que point de vue écriture. Familier avec le concept de blog, mais étranger à celui de communauté, joueur occasionnel sans plus de passion dévorante que ça, je m'invente un personnage, définis un cadre éditorial et me lance bille en tête, sans ménager ma peine, stupéfait et ravi sitôt que je suis lu par plus de cinq personnes. C'est nouveau, je découvre, j'expérimente, je tâtonne, au point qu'il me faut trois semaines pour découvrir l'onglet communauté et la fonction statut. La machine est lancée, et elle a un fantôme dans sa carapace. Voire plusieurs. Qui sont, tous, des esprits frappeurs. Ou frappés, pour le moins.

 

C'est ainsi que jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, je découvre tant les qualités réelles que les travers parfois désespérants de ce type d'environnements en vase clôt, tantôt tout en candeur, tantôt tout en indignation, toujours prompt à jouer avec ce qui me plaît comme avec ce qui me déplaît - fut-il de la même espèce de bipède que moi. De quoi respirer, ni plus, ni moins, afin d'éviter que mon style ne se sclérose à force de se prendre au sérieux et de ne s'autoriser ni tours, ni détours, comme une récréation indispensable pour ne pas m'enterrer vivant dans les fondations de mes hautes espérances.

 

Parce qu'on s'en sera douté, bien sûr, dans le civil, je ne suis pas un petit marrant. C'est même tout le contraire : déprimant, torturé, égotiste, schizoïde et psychorigide ne sont que quelques-uns des qualificatifs les plus flatteurs susceptibles de me correspondre, à l'exact opposé du Gamer que vous avez appris à apprécier (ou pas) - et que je suis aussi, mais sur un autre plan (car nous ne sommes pas d'une seule pièce, ni vous, ni moi, n'est-ce pas ?). Aussi, malgré les petites victoires et les bourgeons de popularité, mon unique objectif est-il toujours resté ce fichu bouquin de SF dont je rature les marges depuis facilement quatorze ans maintenant.

Eh oui.

Quatorze ans.

 

 

Plus d'années que certains d'entre vous n'en ont vécues du point A au point B. Autant dire que je commence à trouver ça long, et qu'il me fallait  une échappatoire - ou, au moins, de quoi ponctuellement me ressourcer (voire de conserver un semblant de santé mentale). Tout à la fois : béquille, planche de salut, porte de derrière, thérapie, soutien moral, fuite en avant, encore, comme au moment du décès brutal de ma mère, il y a trois mois de ça. Ce leitmotiv : « devoir être drôle », contre vents, bides, rages et marées, pour que le spectacle continue.  Et puis vous tous, aussi. Et puis l'ambiance. Et puis belles rencontres, online ou IRL. Et ça, ce n'est pas rien.

 

Pas étonnant, alors, que je fasse mon Charles Aznavour, que je rechigne à apposer le mot « fin » au bas de ma page et à la tourner pour en entamer une autre. Je m'amuse bien, moi, ici. Je respire bien. Et respirer, c'est important. Plus simple, aussi, quand c'est en si bonne compagnie.

 

La fin du blog, alors ?

Oui et non.

Ça aussi, vous l'aviez deviné.

Oui, parce que même si l'envie subsistera, je n'aurais plus le temps d'écrire ces pavés qui me sont si chers et qui sont devenus indissociables du personnage.

Non, parce que j'ai pas mal de vieux trucs à recycler dans mes cartons. Assez, en tout cas, pour alimenter cet espace de manière hebdomadaire pendant quelques années, même si ça ne traite pas de vidéoludies et que ce n'est pas nécessairement drôle non plus. Il faudra en prendre votre parti et vous en satisfaire, comme d'un voyage dans le passé.

Non, parce que j'ai bien l'intention d'essayer (j'écris bien « essayer » !) de proposer une vidéo de BlackLaboule à chaque vacances scolaires.

Non, parce qu'il me reste trois articles inédits à terminer, et que ça me prendra des mois, dans le meilleur des cas.

Non, parce que (soyons lucides) je ne pourrai sans doute pas m'empêcher de poster à l'envie quelques trolls et autres montages Paint dans le ton de ces derniers jours. Sans compter qu'il faut encore que je vous présente monsieur Zizi (ce n'est pas sale).

Et non, encore, enfin, parce que vous êtes libres de reprendre ce blog depuis ses tout débuts, et d'y lire ce que vous y avez manqué. Pour le pire et, parfois, j'espère, le meilleur.

 

Autant dire qu'il y a de quoi faire et que ce n'est qu'un au-revoir, mes frères.

 

Pour ma part, je vais m'atteler à reprendre mon chemin de croix, point par point, et à conclure mes journées de labeur par plus de labeur et de crispations encore. Youpi. Allant jusqu'à perdre une heure entière pour bidouiller UNE phrase. Le bonheur. Mais bon, je ne peux pas me plaindre, je suis à la fois mon Sisyphe et mon dieu de l'Olympe, sur ce coup-là. Sans compter qu'étant parvenu à mi-parcours, ce serait Square-Enixéen de renoncer, pour ne pas dire contre-nature.

 

Et comme je refuse de vous laisser (sur) une bonne impression, je ne conçois pas de manière plus logique de conclure ce post que de vous proposer maintenant, en exclusivité, mon chapitre de prologue.

En entier. 

Et en version quasi-définitive.

Oui, oui, je n'ai aucune pitié, ça aussi vous le saviez déjà.

Bon, il doit bien rester une petite dizaine d'aspérités à élimer, essentiellement de pesantes périphrases censées éviter de toutes aussi pesantes répétitions, et qui ne me demanderont pas trop de cheveux arrachés (je croise les doigts). Mais dans l'ensemble, je devrais ne pas trop y retoucher (ne serait-ce parce que j'ai fort à faire ailleurs). 

Je pourrais enchaîner sur un énième pavé pour tout vous dire des intentions, des objectifs, des contraintes formelles, des angles d'approche, des niveaux de lecture, des choix stylistiques qui structurent cette fable à la croisée des imaginaires. Mais j'ai déjà bien assez abusé de votre patience. Aussi me contenterais-je de revendiquer les clichés, les pédanteries et la pompe d'un lyrisme aussi daté que caricatural Car tant qu'à écrire quelque chose, autant faire en sorte que ce quelque chose nous ressemble, et tant pis si le reflet renvoyé n'est guère flatteur, il y a plus dramatique que de se retrouver dans la peau de sir Dorian Gray. Tout au plus attirerai-je votre attention sur le fait que pour rapprocher cette prose de la poésie que j'affectionne, la quasi-totalité des phrases comptent un nombre de syllabes paire, ce qui représente un sacré challenge quand le procédé s'étend sur plus de 750 pages. J'insisterai aussi sur le fait que la dernière partie est une réécriture volontaire de Ray Bradbury.  Et j'ajouterai enfin que l'ensemble se veut élitiste, tout en s'appliquant à rester à la portée de tous. Tout ça, dans les grandes lignes, pour peindre l'impression d'un ciel étoilé. Ou d'un lever de soleil. A la manière, j'espère, d'un The Fountain, d'un The Fall ou d'un Upside Down.  Et tant pis si ça ne plait pas à tout le monde. Je suis d'une génération old school où l'on se met au service d'une vision, plutôt que de se saisir de celle-ci pour ne servir que soi.

 

Merci de m'avoir suivi, aimé ou détesté.

Et à très vite, sous une forme ou une autre.

 

 

  

De la terre à la lune

 

 

 

 

Le néant.

Le froid, l'obscurité.

Les ténèbres sans fin.

 

Le silence.

 

 

Tout commence ainsi.

 

 

Pas un souffle. Pas un battement de coeur.

 

 

                Une douleur diffuse. L'engourdissement, l'oubli.

 

 

 

                            La conscience, à peine.

 

 

                Flotter, à la dérive, bercé par le mouvement d'ombres informes, indistinctes. Plus lumineuses que sombres. Immenses et minuscules. L'épuisement. L'abandon. Tout est si pâle, si triste. La pureté livide de la brume, le matin, au-dessus des rivières. Le blanc du linceul sur la peau d'une morte.

 

Où suis-je ?

 

 

                A cent lieues à la ronde, de hautes tours émergent du brouillard, dressées avec orgueil pour régner sur cette illusion de monde et s'élever telles des pierres tombales, d'inaltérables bannières.

 

            Des murs infranchissables...

 

 

Que je franchis, pourtant.

 

 

                Un peu inquiet, je me suis approché et j'ai posé mes doigts sur leurs surfaces luisantes. Les noms, les murmures, les visages, je ne reconnais rien. Dans ce royaume désert, c'est tout juste si je rêve mon existence.

 

 

Qui suis-je ?

 

 

Je n'arrive pas... Malgré tous mes efforts, je n'arrive pas à me rappeler.

 

 

Suis-je mort ?

 

 

                Non, je le sais, j'en ai la certitude. Je rêve, simplement. Je rêve, je vais me réveiller. On se réveille toujours.

 

C'est obligé.

    

               Il y a quelqu'un debout à quelques mètres de moi, quelqu'un qui me fait face. Quelqu'un vient d'apparaître sur les colonnes d'acier. Un fantôme. Un mirage, guère plus tangible que le monde alentour. Une silhouette, fragile, que captent les miroirs pour en conserver l'image et peupler de reflets cet univers gelé.

 

Qui est-ce ?

 

                Peut-être... Tout est si flou. Peut-être une petite fille. A cause de la distance, je n'arrive pas à distinguer ses traits, cependant il y a quelque chose, quelque chose qui m'est familier. Un sentiment, une intuition. Je le devine : elle ressemble à Eléanore.                                

 

                            Seulement...

 

                                                        

Qui est Eléanore ?

 

                J'ai beau me concentrer, chercher, chercher encore, je ne peux pas rassembler assez de souvenirs, pas assez de moi-même. Je voudrais tant... Je voudrais tant pouvoir. C'est tellement difficile : devoir se battre, se démener, ne plus savoir, ne plus rien sentir d'autre, au fond de soi, que le vide ou l'absence. Sentir la perte, mais ignorer ce que l'on a perdu, ce qui comptait pour nous. Déliquescence de la psyché. Fragmentation de l'être.

 

                                                                                             Supplice abominable.

 

                Elle, elle m'a reconnu car elle me sourit tout à coup, avec candeur et innocence, chaleur et compassion, de ce sourire charmeur qu'elle avait autrefois quand elle était en vie : l'éclat de son regard s'intensifie, heurte les piliers, les envahit, dévore les stèles au point qu'il n'y a plus qu'elle, moi, son regard - d'une clarté fascinante, d'un éclat passionné... Un regard pour lequel j'aurais pu mourir un millier de fois et de mille façons différentes, et qui m'attire, et qui m'invite à retourner près d'elle pour qu'enfin, à jamais, nous soyons réunis.

 

Eléanore.

 

 

Je voudrais m'avancer, vraiment, hélas c'est impossible, ça l'a toujours été.

 

 

                Comme j'hésite, elle secoue la tête. Le blond de ses cheveux s'attarde sur ses pommettes en étincelles dorées.

    

-          Viens, semble-t-elle supplier. Viens, mon amour. 

      

                        Il y a de l'impatience, du désespoir dans sa prière.

 

                Je le voudrais, Eléanore. Je le voudrais, qui que tu sois et qui que je puisse être. S'il y a une chose qu'au fond de moi, je n'ai pas oubliée, c'est que je n'ai jamais rien voulu d'autre. Que tu me manques au-delà des mots, au-delà des pleurs, de la peine qui me ronge...

 

 

                                    Te rejoindre ?

 

 

               Bien sûr, oui, je le voudrais. De tout mon coeur, de toute mon âme, malgré l'abîme qui nous sépare. Bien que je ne sache pas qui tu es...

 

 

                                                                                  C'est mon voeu le plus cher.

 

 

-          Tu peux le faire, dessine le rosé de ses lèvres. Tu n'as que trop tardé. Rejoins-moi, à présent.

 

                Et son regard... le bleu de ciel de son regard, il m'implore en silence :

 

-          J'ai suffisamment attendu, Philip.

 

 

J'ai suffisamment attendu.

 

 

                Comment ne pas comprendre ? Comment rester de marbre, alors qu'elle m'appelle par mon nom, de cette voix si troublante qui a enchanté mon quotidien pendant tant d'années ? J'aurais voulu courir vers elle, la serrer dans mes bras, l'accompagner où qu'elle aille, où qu'elle désire m'entrainer, mais je ne le peux pas, je suis sincèrement désolé. Tu es morte, Eléanore. Il n'y aura pas de place pour moi à tes côtés, il n'y en aura jamais. Je ne veux pas te retrouver si c'est dans le sépulcre. Je suis vivant, tu m'entends ? 

 

                                                                                                 Je rêve encore, je suis vivant ! 

 

 

-          Tu mens, Philip. Toi aussi, tu es mort, ne réalises-tu pas ? Il n'y a plus rien pour nous, ici. Il n'y a jamais rien eu pour nous.

 

                Fuyant cette vérité, les échos de cette vérité, les échos de ces mêmes échos, je me détourne - et tandis que je me détourne, son sourire disparaît, ses sourcils se chargent de reproches : déçus, tristes, affligés... Les larmes trempent ses yeux d'une accusation muette. Je sais - elle sait - que je ne viendrai pas. Quelques paillettes, un tressaillement : sans hâte, la voilà qui s'éloigne, qui se fond au brouillard en gouttelettes arc-en-ciel, emportant avec elle ce qui me fait défaut.

 

                                   Un mot, rien qu'un.

 

                Une occasion unique vient de s'évanouir. Le pardon que j'attends, je n'ai pas su le demander. Dorénavant, je serai seul, laissé à ma peine et à mes remords : pour les années passées, pour les années qui viennent, je devrai vivre avec, comme je n'ai que bien trop vécu. Vivre du regret, de la rancoeur pendant des siècles, des millénaires.

 

                Sauf que...

 

 

                               La brise se lève, je la sens sur ma peau.

 

                L'espace d'un instant, elle fredonne un air que je ne retiens pas, puis c'est le temps lui-même qui semble se figer dans sa course : au ralenti, les colonnes de cristal se fissurent et se brisent, s'écrasent au sol dans un bruit de tonnerre, y crépitent une minute avant de s'effacer. La brume et la clarté refluent vers les ténèbres et tout s'anéantit. Il n'y a plus rien. Ni temps, ni brise, ni sol. Il ne reste plus que moi et je ne sais...

 

 

Qui suis-je ?

 

 

Je suis

 

 

 

                             Chut.

 

                Il y a des voix. Des voix qui grondent, marmonnent, bourdonnent avec fureur. Des bribes de phrases qui se mêlent, s'emmêlent et s'entremêlent pour former le canevas de ce qui tient lieu de décor. Au firmament : ni astres, ni lune, pas une seule torche pour me guider dans cette nuit sans limites et cependant, j'ai franchi la frontière. Ce n'est plus qu'un songe fait de hurlements, d'injures, de soupirs infamants, qui essaient de m'atteindre pour m'emmener avec eux, loin d'ici, loin de ce corps qui ne m'appartient plus.

 

Où ça ? Vers quel rivage ? Quels territoires funestes ?

 

                Je résiste. Or, plus je résiste, plus l'étau se resserre, plus les voix m'engloutissent. Je ne veux pas, non. Je ne veux pas céder. Je ne veux pas entendre...

 

 

-          Comment rétablir l'équilibre ? Comment faire marche arrière ? Cette fois, nous sommes allés trop loin : cette voie est notre voie, désormais. Il nous faudra la suivre jusqu'à son achèvement.

 

-          Quel prix devra-t-on payer cette folie ?

 

-          Je ne veux pas mourir, mon Dieu, je ne veux pas mourir.

 

-          Mourir, c'est comme... glisser dans le courant. Doucement, s'abandonner à un nouvel ailleurs. Libéré des angoisses, du chagrin, de la solitude, trouver cette paix que nous avons cherchée des décennies durant. Dormir, sachant que le sommeil ne sera troublé d'aucun rêve. Mourir, c'est retourner d'où nous venons. Pourquoi faudrait-il avoir peur ?

 

-          Dis, maman, est-ce que c'est Dieu qui a voulu la guerre ?

 

-          Qui a voulu la guerre ?

 

-          Qui a voulu cette guerre ? Et les autres avant elle ? Il semble que l'épitaphe était écrite depuis le commencement. Ils disent : « la guerre est nécessaire », mais qu'en savent-ils au juste ? Et que savent-ils des conséquences ? Que savent-ils de la mort, de la douleur ? Pour eux, tout se déroule derrière des murs d'indifférence, et la souffrance n'est qu'un mal nécessaire.

 

-          S'il vous plait... nous ne voulons pas mourir.

 

-          Mais qu'est-ce que vous croyez ? ! Personne ne veut mourir ! La mort, pourtant, est un principe inévitable : c'est le lot de chacun.

 

-          Pas ainsi... Nous ne voulons pas mourir ainsi !

 

-          Ils disent qu'à l'heure qu'il est, plusieurs vagues de missiles convergent au nord-est de la capitale. Ils disent qu'il n'y a pas à s'en faire, qu'elles seront interceptées avant de toucher leur cible.

 

-          Je crois que nous allons mourir...

 

-          Nous n'allons pas mourir.

 

-          Maman, c'est quoi, cette lumière qui brille tout là-haut ?

 

-          C'est un ange, mon chéri. Allons, va dans ta chambre. Tu ne dois pas le regarder en face, c'est interdit. Si tu le fixes, il t'emportera sur ses ailes d'argent, de l'autre côté du ciel.

 

-          Le Seigneur...

 

-          Le Seigneur est mon berger.

 

-          Il faut partir. Tirer notre révérence. Le vent, le feu, le grondement des machines de mort... Quoi qu'il advienne, ne lâche jamais ma main. Nous partirons ensemble.

 

-          Nous partirons ensemble.

 

-          Qu'est-ce que vous racontez ? Rien n'est perdu ! Nous pouvons être sauvés ! Il suffit d'accepter...

 

-          D'accepter quoi ? Reprenez-vous ! Il n'y a pas de salut dans le choix que vous faites ! Vous ne survivrez pas !

 

-          Pas plus que vous ne survivrez vous-mêmes.

 

-          Vous ne mesurez pas la gravité de vos paroles. Vous êtes des fous, des imbéciles. Vous désirez mourir.

 

-          Peut-être.

 

-          Oui. Peut-être bien.

 

-          Hélas, pourquoi faut-il toujours rejouer la même scène ? Pourquoi sommes-nous si peu pressés d'apprendre ?!

 

-          Arrêtez de vous lamenter ! Il n'y aura pas de morts, il n'y aura pas de guerre ! Ces rumeurs sont lancées par nos ennemis dans le but de nous affaiblir.

                                                                                                                               

-          Sauf qu'il n'y a pas d'ennemi...

 

-          Pas d'ennemi.

 

-          Il n'y aura pas de guerre.

 

             « ...tombé sur Chicago. D'après l'institut Deucalion de Nouvelle-Angleterre, les pertes humaines peuvent être estimées à deux cent cinquante millions, dont un tiers sur notre territoire. Au vu d'un bilan aussi lourd, il sera impossible de déterminer l'identité des victimes avant l'institution d'une trêve. Toutefois, le gouvernement assure aux familles qu'il est de tout coeur avec elles dans cette terrible... »

 

-          Mes enfants ! Où sont mes enfants ? ! 

 

-          Il faut partir. Il faut passer la Porte.

 

-          Nous n'avons plus le temps.

 

-          Nous n'avons plus le temps ! Viens avec moi, Eléanore ! C'est notre seule chance ! 

 

 

                Autour de moi, tout est fracas, clameurs vibrantes, éraillées, lancinantes... Clameurs que je peux reconnaître : parmi elles se détache, plus distincte, la voix d'Eléanore. Parmi elles se détache, plus sourde, ma propre voix. Tous ensemble, nous crions et nos cris se fondent au néant. Petit à petit, l'espace se déchire.

 

 

-          Alors, c'est ça ? Cette lueur qui grandit, qui approche avec une prudence suspecte...Un reflet, un présage. Une étoile en plein jour, mais qui n'apporterait que la mort pour unique promesse : une mort rapide, instantanée. Trop douce, en somme. Du moins est-ce le voeu que je fais.

 

-          Alors, c'est ça ? Voilà de quoi est capable l'être humain quand on le laisse libre d'agir à sa guise ? ! Malédiction ! Sans doute aurait-il été préférable que jamais il ne taille la pierre, que jamais il ne dompte les flammes et que jamais il ne brandisse le poing pour défier l'univers ! Aujourd'hui, c'est la fin, notre fin, celle de tout ce que nous avons représenté, aussi est-ce pour nous que j'écris ces dernières lignes : pour les enfants, pour l'insouciance, pour les cauchemars, les trahisons... Tous, tous, soyons maudits ! 

 

-          Allez grand-père, raconte-nous une histoire. Avec un prince, une belle princesse, de la magie et une méchante sorcière. Un palais de cristal, un lac, un cheval blanc, des cygnes, des fées, des lutins, des enfants... Raconte-nous une histoire où tout se termine bien, par un mariage, des rires et des chansons.

 

-          « Il était une fois, un prince et une belle princesse... »

 

-          Tout se termine ici, je suis navré.

 

-          Tout se termine ici.

 

 

                Ainsi parlent les fragments d'anciennes lamentations. Ainsi brûlent les tisons de mémoires oubliées. Et tous, ils ont raison. C'est là que notre histoire s'achève, là que les rires se taisent et que meurent les chansons. Il n'y a plus de palais, plus de cygnes, plus de lacs, plus de fées, plus d'enfants. Ma poitrine est comme transpercée d'une lance, mes paumes comme couvertes d'un sang qui n'est pas le mien. Ces voix... Si seulement elles pouvaient se taire, me laisser dormir, cesser de faire mal.

 

M'exaucer, simplement.

 

                Mais non ! Ce voeu n'est qu'un mensonge - un mensonge de plus pour l'homme que j'étais -, car en vérité, je voudrais passer mon existence à écouter leurs plaintes, partager leur calvaire, souffrir comme j'aurais dû souffrir si je n'avais pas été lâche. Est-il trop tard ? Sans doute. Tout ça n'est plus qu'un rêve, de vagues réminiscences, un châtiment - mérité, cela va sans dire.

               

 

     Je vous demande pardon.

 

 

                A peine ai-je chuchoté ces mots que le vacarme se tait : seule cette phrase flotte toujours, répercutée sous les arches d'une voûte invisible.

 

 

Je vous demande pardon. Je vous demande pardon.

 

            Je vous demande pardon. Je vous demande 

 

 

                                                                                                                           Pardon.

 

 

                                      Jeu de paupières.

                                                                                                     

                Marées d'étoiles sur un rivage nocturne, les flots de cendres se dispersent au lointain, le voile de l'éternité se soulève, les planètes rajeunissent, les comètes mortes renaissent, ce qui était poussière surgit de la poussière, ce qui n'était que ruines est à nouveau sur pied. Le temps s'est mis à couler à l'envers et, coulé dans ses pas, un royaume inhumé revient à la surface. Tout est à nouveau comme avant, au jour où rien n'avait eu lieu : je n'ai fait que rêver - rêver les yeux ouverts -, et le rêve a pris fin.

 

                Il fait beau, je suis en ville. C'est une chaude matinée d'automne, de ces moments où les heures s'alanguissent, où le soleil se plait à imposer sa majesté pour mieux anticiper les saisons à venir. L'absence de vent a laissé s'installer la canicule, l'atmosphère en est devenue pesante, dense, étouffante. Répondant à la lumière par plus de lumière encore, les parois des immeubles lancent d'impérieux appels, en miroirs de fer et de feu.

 

                                                                 Où suis-je ?

 

                Une grande cité : New York, Boston, qu'importe. Je sais d'avance ce qui va arriver. L'asphalte des trottoirs colle, le bitume fond dans les braises de l'après-midi. Chape de plomb, tout est calme, comme si la planète retenait son souffle, son ultime bouffée d'oxygène...

 

                Appliqué à ne rien troubler de la quiétude ambiante, je flâne, discret, au hasard des ruelles, avant de dénicher un coin tranquille sous un escalier de service et de m'y asseoir avec nonchalance. Au-dessus de moi, les niveaux s'enlacent en formes étranges, irrégulières... Un matin comme tant d'autres.

 

                Un ciel si clair.

 

               D'une robe unie, limpide, éblouissante,scrutée avec patience, fouillé en quête - pourquoi pas ? - d'un éclair fugitif, inhabituel, qui grossirait de minute en minute : une traînée floue, à peine tracée. Un signe, peut-être. Mais il n'y a rien. Rien que du bleu, quelques nuages. Malgré sa moiteur, l'air a quelque chose de suave, de soyeux. Il fait beau, tout est calme. Après tout, c'est un matin comme les autres. Il fait beau, tout est calme. Il ne se passera rien.

 

                Soudain, me détrompant, les sirènes retentissent. Je ne sursaute même pas.

 

 

                               Eh bien, eh bien...

 

Ni délais, ni retard.

 

 

La Mort s'accroche à sa réputation.

 

                      

                L'alerte code gris vrille la cité entière, sans égards pour l'harmonie de façade dans laquelle elle s'était complu : d'un même élan, les bâtiments de pierre, de verre et de métal lancent le même gargouillis d'effroi tandis que les gens surgissent par milliers dans un sursaut de fièvre aussi pathétique qu'inutile. En foules agglutinées, ils courent, hésitent, ne savent pas quelle décision prendre, trépignent puis reviennent en arrière. Masse anonyme, dépersonnalisée, ils s'effondrent, se piétinent, se mettent à sangloter, cernés par le torrent de véhicules noirâtres qui encombrent les allées piétonnes, se barrent la route, emboutissent les rampes de sécurité... Leurs conducteurs ne savent ni où ils vont, ni ce qu'ils sont en train de faire. Tout ce qu'ils ont en tête, c'est qu'ils vont disparaître.

 

                                La panique. L'impuissance.

 

                La peur triomphe alors qu'ils grimacent, vocifèrent, se tordent dans un mélange de fureur et d'indignation qu'ils ne peuvent contenir. Ils n'échapperont pas à leur sort : il n'y a plus de refuge, ici, là-bas, nulle part... Les portes de leurs domaines se sont refermées derrière eux, si bien qu'ils en sont réduits à s'étendre sur le goudron, à se recroqueviller, à tenter de se résigner, hagards. Mais voilà qu'une seconde plus tard, ils se redressent, se précipitent : ils ne peuvent rien faire d'autre, ne peuvent pas renoncer, ne peuvent se résoudre à abandonner... Même si leur avenir est joué d'avance, ils veulent, ils doivent se débattre jusqu'au bout, aussi se barricadent-ils dans leurs cathédrales en ruine pour réclamer l'absolution,  priant comme jamais ils n'ont prié de leur vie, demandant à mourir sans s'en apercevoir, sans souffrir et surtout, surtout, sans regretter. Tout, oui, plutôt que cette appréhension, ce haut-le-coeur, cette certitude d'une fin à laquelle nul ne pourra se soustraire. Tout plutôt que l'attente, plutôt que le trépas.

 

      Un flash.

 

                Avec le silence, le cadre a changé, les gens se sont enfuis, seule la cité vient encore remplir le vide de la scène... Une autre cité : moins vaste, moins labyrinthique que la précédente, mais pas plus humaine pour autant, coupée en deux par une rivière dont l'eau charriedes monceaux de débris sans formes et sans valeur. Au fond de moi, une sensation inexplicable : celle d'un même jour, d'un même moment mais d'un lieu différent, un lieu où la neige tombe sans bruit, sans heurts, par touches mélancoliques. Quelques accords flânent en coulisse - un mi, un do, un ré, une ancienne mélodie qui vibre en notes aigües, sèches, paresseuses. Plus haut, à deux niveaux de là, la voie orange surplombe le fleuve, et j'y distingue une silhouette, en bord de passerelle, debout sur la rambarde... Celle d'un jeune homme, les cheveux en bataille, le regard tourné vers les nues, les épaules courbées par le poids de la fatalité, seule âme qui vive dans la cité-fantôme. Je ne sais ni ce qu'il fait là, ni qui il est. Pourtant, je sens qu'il n'est pas comme les autres, et il me semble même avoir déjà croisé son chemin, un soir, il y a très, très longtemps : un autre endroit, d'autres flammes dans ses prunelles. Quelque chose en lui me rappelle...

 

                Sur son visage : une expression farouche, déterminée. L'expression de quelqu'un qui sait ce qu'il doit faire.

 

 

Soupir.

 

 

Frisson d'angoisse.

 

 

Tout se termine dans un battement de coeur.

 

 

                Il sourit, retient sa respiration, fait un pas en avant, bascule dans les abysses, tombe parmi les flocons, parmi les notes, les mi, les do, les ré, plus bas, plus bas, plus bas, stoïque... mais jamais il ne franchit la frontière liquide. Tout s'arrête là. Il n'y a plus de nuages, plus de neige, plus de ciel, plus d'été, plus d'hiver, plus d'au-delà où s'évader, seulement de la lumière, de la chaleur, intenses, sauvages, impitoyables : un éclat, mille éclats, brusque avènement d'un nouvel univers. Une exclamation horrifiée jaillit de mille gorges à la même seconde et puis...

 

                Plus rien. La musique ne joue plus. Le froid reprend son règne. Les ténèbres s'imposent en pelletées de terre sur le bois d'un cercueil.

 

 

                      Plus un mouvement. Plus un  murmure.

 

 

 

 

Je me réveille enfin.

 

 

 

*

 

 

                   Un nouveau jour va poindre sur la planète endolorie. Mi-paillettes mi-rosée, elle laisse le soleil naissant l'effleurer, étirer l'horizon jusqu'en ses confins les plus reculés, propager l'incendie jusqu'à la voûte céleste. La clarté resurgit alors, superbe, incandescente, tout à la fois : violente et sage. Arrogante.

 

                                       Souveraine.

 

 

 Avec elle : la vie, les parfums, les couleurs. De nouveaux frémissements, de nouveaux paysages.

 

 Avec elle, le matin : pétales, bourgeons, corolles. Robes de primevères et colliers de lilas.

 

 Avec elle, un oiseau au pépiement curieux : trop régulier, trop harmonieux, qui a tôt fait de s'éteindre dans l'air raréfié.

 

 

                         Pas de nuages, d'orages en toile de fond.

 

 

                Les rayons s'échouent dans la mer et la mer, impassible, pousse ses flots vers une plage où chaque minuscule grain de sable fait comme une pierre précieuse. Tout est calme. Alangui.

 

                               Tout dort malgré le jour.

 

 

                A quelques kilomètres de là, il y a une grande cité : un bijou d'élégance, modèle d'orfèvrerie au seuil duquel le soleil s'arrête un instant avant d'entrer, de prendre ses aises, de gagner ses recoins les plus inaccessibles afin d'en ranimer les fastes, la splendeur d'origine...

 

 

                                                                  Sans grand succès.

 

 

                Avec une obstination aristocratique, la cité reste figée dans un mutisme dont rien ne saurait la tirer, et ce recueillement qu'elle affecte la pare de dignité. Toujours, ses bâtiments se dressent avec la même fierté. Toujours, ses routes s'enlacent avec la même inspiration. Toujours, ses boulevards se prolongent avec le même aplomb, et cependant... les ronds-points restent à l'abandon, aucun glisseur n'en emprunte plus les rails. Au fil des mois, les pistes se sont craquelées, l'herbe a poussé au creux de leurs rainures : une herbe sèche, courte, malade, dont la teinte ocre jure avec l'excessive blancheur des lieux.

 

Mais après tout, qu'elle jure ! Qui cela dérange-t-il ?

 

                Personne n'arpente plus ces trottoirs usés - sinon, parfois, l'ombre de quelque animal perdu. Avec le temps, la nature retrouve son domaine : des plantes grimpantes colonisent les remparts, la rouille dévore les lampadaires, des buissons rachitiques s'élèvent à chaque intersection tandis qu'inexorablement, les environs retrouvent leur authenticité. L'immense cité n'est plus, elle n'a plus de fonction, de raison d'être. Ses systèmes informatisés, ses bornes de connexion, ses centrales d'éclairage ont fini par suspendre leurs rondes automatiques, pareils à des jouets cassés, des répliques soignées dans leurs plus petits détails.

 

Des répliques obsolètes.

 

                Quant à ceux qui l'avaient construite et qui étaient censés y vivre... Où étaient-ils passés, tous autant qu'ils étaient ? ! Nulle part, on n'en devine les traces : pas de carcasses, pas de signes de dégradation, aucun dégât notable, rien pour suggérer le moindre mouvement de panique. Quant à la guerre...

 

                             Quelle guerre ?

 

                En y regardant de plus près, ce ne sont pas des vestiges - du moins, pas vraiment - : la cité gît, sans connaissance, en attente d'un réveil prochain, fidèle à ce qu'elle était en une époque prestigieuse qu'elle commémore à sa  manière. Une reine, vêtue de ses plus beaux atours, prête à remonter sur son trône, à les accueillir lorsqu'ils reviendraient. Toujours blanche, lisse et blême. Grande et belle.

 

                               Comme avant.

 

                Insensible à tant de prestance, l'aurore reprend son pèlerinage et, sans plus de cérémonie, va s'égarer ailleurs. Bientôt, ses doigts se heurtent à la lisière d'une forêt dont l'obscurité résonne d'un constant brouhaha de poursuites et de branches cassées. Plus d'un trésor sont dissimulés sous ses feuilles, sur lesquels elle veille avec attention. Ainsi, par-delà son rideau champêtre, derrière les troncs et les guirlandes d'épines : un hameau au charme éthéré, quelques poutres, quelques murs, quelques tas de pierres effondrés au milieu d'une clairière... Et malgré tout, les visiteurs pourraient sans peine partager son secret car à n'en pas douter, le hameau est un nouveau monde : tel bosquet de fougères s'est accaparé l'ossature d'un antique véhicule, tel entrelacs de ronces est venu transformer un portail de transport en sculpture végétale. Quelque part sur la droite : des rangées de chaumières où le roc prédomine, d'étroits sentiers au tracé indistinct. Plus loin : un clocher recouvert de mousse. Tous ces objets, tous ces fragments d'objets ont trouvé un rôle d'importance. Complices involontaires, ils aident la forêt à renaître, à reconquérir les terres de sa gloire d'antan. Des gens y sont morts, cela ne fait aucun doute - des gens sont morts, on les a oubliés - mais l'endroit n'en est pas moins animé, pas moins vivant...

 

                Ici, un petit chat s'apprête à escalader la barrière dressée sur son chemin. Là, deux enfants se lancent un gros ballon gonflable et s'esclaffent à chaque passe manquée. Au pied de la maison voisine, un homme somnole dans un hamac de sa fabrication. Une jeune femme s'approche, coiffée d'un chapeau de paille. Assis sur un banc vermoulu, deux amoureux discutent avec une tendresse de première rencontre, et l'employé des Postes qui les toise au passage fait mine de ne pas les envier. Un peu plus bas, il croisera une mère de famille, landau à bout de bras, une petite fille en pleurs cramponnée aux pans de sa jupe. Dans le village, tout est serein, et cette sérénité a un goût de mystère. En dépit de l'agitation qui règne, nulle voix, nul bruissement ne se fait entendre. La vie n'a pas cessé, et cependant...

                               

                Jamais le petit chat n'escalade la barrière. Il se tient à l'affût, cambré, prêt à bondir, mais il ne s'élance pas, il ne peut s'élancer et de toute façon, à quoi bon ? La barrière n'existe plus depuis des décennies - des siècles, peut-être. Poings levés, bouche ouverte, les deux enfants restent debout, immobiles, à guetter un ballon qui ne retombera plus. Rien ne semble pouvoir perturber l'homme au hamac : peut-être dort-il profondément ? Quant à la jeune femme au chapeau... Elle fixe un point précis du ciel, comme si elle saisissait un reflet singulier au vert de ses iris. Reflet dont elle ne se détourne pas.

 

           Un reflet dont elle ne peut pas se détourner.

 

                Tous ne sont plus que des ombres, désormais : des ombres dépourvues de matière, délaissées, solitaires. Figées, elles aussi, sur des morceaux de briques, piégées dans les tréfonds d'un sanctuaire d'arbres et de vent, condamnées à hanter sans fin ces lieux imputrescibles, ne s'estompant que parce que la nature leur édifie un caveau en plein air. En leur mémoire, les plantes poussent et grandissent. En leur mémoire, des bouquets de fleurs blanches s'épanouissent sur leurs tombes alignées pour en masquer la honte, l'insignifiance.

 

-          M'aimeras-tu à jamais ?, susurre l'ombre de l'amant à l'oreille de sa bien-aimée.

 

                Celle-ci voudrait pouvoir répondre mais les bombes l'ont fait à sa place. Oh oui, ça, elle t'aimera ! Jamais sa douce main ne lâchera la tienne. Vous vous sourirez pour l'éternité, peints sur les décombres d'une grange dévastée. Vos contours maladroits ne s'effaceront jamais, jamais... tout comme jamais tu ne la serreras sur ton coeur, tout comme jamais tu ne toucheras ses lèvres. C'est là le prix qu'il faut payer un amour immuable. L'ardoise qu'il faut régler pour une couronne d'étoiles.

        

                Blafard, le crépuscule recouvre le dôme de ce royaume sans roi qui ronronne d'une frontière à l'autre. Dans une minute, la lune va apparaître, drapée de soie légère et d'une traîne de satin.

 

 

                                        La lune.

 

 

                La princesse des soupirs, la perle du firmament. Celle qui pleure pour les morts, pour ceux qui ont souffert. Celle qui, de ses sanglots, apaise et réconforte. Qui fait de sa pâleur un baume miraculeux. Oui elle viendra, avec la candeur d'une ballerine, la pointe de ses pieds sertis de diamants. Gracieuse, elle s'élèvera.

 

 

                                         Et alors,

 

 

                             Ce sera

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                           Une nouvelle fois :

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                           Une nouvelle nuit.                       

 

 

 *

 

 Bonus 1 :

 

 

 

 Une page de réécriture dans la bonne moyenne.

 

Bonus 2 :

 

Le Synopsis :

 

Teasing - Ce Qui Etait Poussière

 


L'Humanité n'est plus. Elle a été anéantie dans un grand tourbillon de feu et beaucoup de temps a passé ensuite. Depuis, la Terre panse ses blessures. Rien ne semble plus pouvoir en troubler la quiétude. Il n'y a eu aucun survivant. Il ne pouvait pas y en avoir. Pourtant... 
 
Dans une étrange maison perchée au sommet d'une étrange colline, quelque part sur une lune couverte de champs et de forêts, un non moins étrange jeune homme - nostalgique et désoeuvré - parait attendre, attendre, attendre encore... mais quoi ? Le sait-il seulement ?

 

Lui seul en a réchappé, lui seul se souvient, et chaque nuit, les fantômes de son passé attisent des remords et des peines dont il ne parvient pas à se défaire. Inlassablement, les jours se répètent, suspendus au fil d'une éternité truquée entre musique, livres, discussions avec une voix désincarnée qu'il imagine peut-être et qui n'est peut-être que sa propre voix... Jusqu'à ce qu'« on » sonne à la porte. 
 
Et voilà qu'apparaît une petite fille d'à peine douze ans, qui prétend avoir été guidée par des fées et qui, en plus d'avoir les mêmes yeux que sa défunte femme, porte le même prénom qu'elle. Une fillette aux paroles énigmatiques, qu'il a déjà croisée en rêve et qui, amnésique, le supplie de l'aider à retrouver ses parents.
 
En conséquence de quoi devra-t-il se résigner à faire face à ce qu'il voulait éviter : retourner sur la Terre et affronter ce qui le terrorise. La vérité. Sur lui, sur elle, sur la guerre, sur la mort de sa femme et sur la race humaine. Peut-être, par ce voyage, comprendra-t-il ce qui est vraiment arrivé. Peut-être verra-t-il comment les choses ont tourné. Peut-être réglera-t-il ses comptes avec un passé qui le marque comme une cicatrice au fer rouge. 
 
Au-delà de cette quête initiatique, la véritable aventure sera « intérieure » : il s'agira pour deux êtres égarés, autistes, meurtris, d'avoir une seconde chance au travers l'un de l'autre. De réapprendre à vivre, à aimer, à sourire. De se guérir l'un l'autre et même, de s'élever, de devenir meilleur, de réapprendre à « être humain » pour pouvoir «devenir plus ». L'un la saisira, l'autre pas. Ils se donneront la main. Ils se tourneront autour dans une valse insensée de sous-entendus et de faux-semblants. Peut-être s'aimeront-ils, d'ailleurs...  
Qu'importe. 
 
Leur histoire n'est qu'un leurre. Tout a commencé bien avant, dans une toute autre époque et dans un autre lieu. Cette rencontre n'est qu'un dernier acte avant que ne se referme le livre de l'humanité. Un dernier acte où se croisent William Shakespeare, Novalis, la reine Mab, les trois Parques, des intelligences artificielles aux prénoms d'archanges, un chat au nom de magicien, des fées, des monstres, des rêves, des souvenirs, des anciens mythes, le tout sur fond de blues et de philosophie... 
 
L'histoire n'est qu'un prétexte. L'auteur lui-même est un menteur. La vraie question est : « qu'y a-t-il vraiment dans le coeur de l'homme » ? « L'homme peut-il s'élever » ? « S'élèverait-il, s'il le pouvait » ? « Le voudrait-il seulement» ? 
 
Et quant à la réponse... 

 

« Bientôt » dans vos libraires préférées.

LOL.

 

 

Et en bonus casserole encore plus exclusif, un compte-rendu de comité de lecture qui aurait pu me faire bien mal au coeur...

 

...s'il n'allait pas, sans le savoir, exactement dans le sens où je désirais aller.

Et puis il y a pire dans la vie que d'être comparé, même de très loin, à Monsieur Goethe.

 

Voilà voilà, braves gens. On ferme.

Allez cuver ailleurs.

Sur ce blog, vous n'aurez jamais que la cuite, et pas la gueule de bois.

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Hum, hum. Par où commencer ?

 

C'est que quitter la Communauté Gameblog, ça a beau être la grande mode du moment, c'est pas évident pour autant.

 

Déjà, parce que comme c'est la mode, hé ben c'est devenu mainstream, et qu'être mainstream c'est mal, mais qu'être anti-mainstream, c'est mainstream aussi et que, du coup, ça devient un peu coton de s'y retrouver ou de savoir dans quel camp on se trouve. Ensuite, parce que quitte à partir, autant le faire de manière convenable (hé quoi ! ? On n'est pas des animaux, m*rde à la fin !). Non parce que les gens du commun, ils s'imaginent qu'ils peuvent quitter Gameblog comme ça, sur un claquement de doigt, en moins de jours qu'il n'en faut pour désactiver un compte Facebook, d'un simple statut rageur ou d'un nettoyage de printemps (quand ils ne lavent pas leur linge en famille...). Ha ça, on en a vu passer, des novices et autodidactes, persuadés de n'avoir qu'à beurrer un peu leurs tartines d'amertume ou recouvrir leur fiel d'une couche de Nutella pour réussir un départ digne de cette appelation (d'origine contrôlée).

De l'amateurisme, moi je dis.

 

Car  force est de constater que si le Départ-Gameblog est une discipline qui attire les plus grands athlètes du blogging, celle-ci reste relativement peu cadrée, peu pratiquée en club et sur des bases souvent mal maîtrisées. Ainsi en sera-t-il tant que le Comité Olympique de Départ-Gameblog ne fournira pas des textes officiels pour baliser sa mise en oeuvre.

Constat qui aurait dû me refroidir aussi sûrement qu'un séjour prolongé dans le bac à glaçons dans mon congélateur (best caisson cryogénique EVER, au passage), seulement...

 

Seulement, comme tant d'autres avant moi, je ne peux pas résister plus longtemps à l'appel de la tragédie classique version 2.0. Non, parce que la popularité à grands coups de concours ou de brosse à reluire, c'est sympa cinq secondes, mais ça coûte de l'argent et/ou de la salive. Le chantage affectif et le psychodrame estival, c'est quand même plus stylé, en plus d'être totalement gratuit. Sans compter que l'effet est garanti : si vous saviez d'ailleurs comme il me tarde de lire vos commentaires éplorés, suicidaires, désespérés ou dysorthographiques... Peut-être même me rappellerez-vous, qui sait ? A genoux, pourquoi pas ? Peut-être élèverez-vous une statue à mon effigie ? Peut-être la rédac' m'accordera-t-elle ma propre rubrique (la minute Square Enix) ? 

 

L'ego a ses raisons que la raison ignore, d'où le présent billet.

 

Mais plutôt que d'emboîter le pas à mes estimés (ou pas) modèles, et de vous dérouler par le menu les causes profondes d'un départ aussi théâtral (pas les likes, hein. Les AUTRES causes), je préfère vous laisser vous demander si oui ou non, directement ou indirectement, vous n'auriez pas votre part de responsabilités dans l'affaire, et attendre que vous vous battiez la coulpe avec des orties fraîches - ou des plantes carnivores de l'univers Mario (envoyez-moi vos photos par mp. Sous pli discret, merci).

 

En lieu et place, je tenais ici à vous parler cinoche - atchitcha, comme ils disent sur Canal (disaient ? C'est qu'il ne rigole pas, le bac à glaçons de mon congélo, en matière de cryogénie). Plus particulièrement, d'un film anglais que j'aime tout plein tout beaucoup. J'ai nommé : 

 

 

 

Pour les fils de Krypton fraîchement débarqués de leur charter intersidéral (eux mis à part, tout le monde l'a vu, ce film. C'est d'ailleurs un très bon moyen de les identifier, les fils de Krypton fraîchement débarqués - en plus de leur goût douteux pour les couleurs vives et les cabines téléphoniques), Hot Fuzz, c'est une comédie grinçante signée Edgar Wright avec, en vedette, l'irrésistible duo Simon Pegg/Nick Frost, qui excellait déjà dans le non moins brillant Shaun of the Dead (une histoire de zombies dont j'aurais pu parler ici, aussi, au bout du compte). Drôle, décalé, un peu glaçant, mais hé ! Pas d'inquiétudes à avoir, ce n'est qu'une fiction, une satire. Ça ne se passe jamais comme ça dans la vraie vie. Allons, allons...

 

Mais avant d'en dévoiler plus, autant vous prévenir, mes souvenirs du film sont assez lointains : par conséquent, il est possible que mon récit comporte de petits accrocs à la réalité filmique de l'oeuvre - puissent les puristes me pardonner (pour les déclarations d'amort, ce sera par messages privés aussi, amis puristes). Notez aussi qu'avec ou sans second degré, cet article spoile un max, alors poursuivez votre lecture en votre âme et conscience. Si vous ignoriez jusqu'ici qu'Aerith meurt en cours de jeu ou que le Père Noël était une invention des Illuminatis, je vous déconseille de lire plus avant.

 


Vous étiez prévenus.

 

Hot Fuzz, donc, ça narre les mésaventures d'un représentant des forces de l'ordre psychorigide et misanthrope - c'est vous dire s'il excelle dans son domaine de compétence... Il excelle tant, d'ailleurs, que ça agace vite ses collègues, dont l'incompétence notoire souffre de la comparaison (leur donnerait-on un forum à modérer qu'ils n'en seraient pas capables... alors nettoyer les rues, vous pensez !), et qui l'invitent très poliment à changer de crèmerie : ce n'est certes pas le coup de pied au derrière, mais ça suffit à vous meurtrir un postérieur quand même. Drapé dans unedignité en loose, il se trouve contraint de prendre ses clics et ses clacs (mais surtout ses clics) et d'aller s'installer dans un petit patelin autoproclamé « coin le plus paisible de l'univers » (ou un truc dans le genre). Et ça, pour être paisible, c'est paisible, y'a pas à discuter. Plus paisible que ça, c'est dans l'océan, par 6000 mètres de fond... et encore, on n'y est jamais allé, on n'en a pas la preuve. On lui aurait rapporté que ça existait, ce genre de bleds, à notre expert en criminologie, qu'il aurait cru à un délit d'ivresse publique et aurait pris les mesures répressives qui s'imposaient. Avec un ou deux coups de boule « pédagogiques » en sus.

 

Mais dès la première poignée de main échangée (une poignée de main simple, sans poing américain au bout ni flingue calé dans l'estomac), notre super flic comprend qu'il va devoir ranger sa matraque et ses revolvers. C'est qu'un accueil si chaleureux, ça a de quoi désarçonner tout pistolero solitaire : peu importe qui il est, peu importe d'où il vient, peu importe qu'on n'ait pas besoin d'un superflic ici, tout les riverains lui ouvrent les bras en grand et l'ensevelissent sous une avalanche de sourires colgate - un peu comme s'il y avait des soldes au supermarché de la bonne humeur avant liquidation totale. Prémonitoire ? L'instinct du professionnel étant ce qu'il est, notre bonhomme se méfie. Le village s'en amuse. « Il faut laisser le temps au temps », se dit-on dans son dos. Lui se dit la même chose, mais pour d'autres raisons.

 

Et tous les jours, c'est rebelote : toujours le même cinéma en dolby surround, le même déballage de bon sentiments en 3D stéréoscopique - criant de vérité, mais un peu Bollywood quand même, question finesse de jeu.

 

Ça se salue avec une courtoisie qui sent l'actor's studio, ça se bisouille sans fin (et que je te smacke, et que tu me smackes - sans jamais chopper la moindre maladie, c'est la 4ème dimension !), ça s'entraide sans rien attendre en retour, ça se serre les-coudes-et-seulement-les-coudes, ça vous complimente à l'hyperlatif, et ça sourit, et ça sourit, et ça sourit encore du matin jusqu'au soir. Pas une journée ne passe (ou pas loin) sans qu'un villageois bien intentionné (pléonasme, ici) n'organise sa propre kermesse, avec slogan de type « tout le monde peut gagner ! » et gros lots à la clé. Tu m'aimes, je te fais un cadeau, je te fais un cadeau, tu m'aimes... Le meilleur des mondes, il est là : même Orwell n'y avait pas pensé.

 

Pas de squelettes dans les placards ? Pas de sombres plu... secrets, en guise d'engrais à tomates ? Personne n'aurait donc le moindre travers ? Notre accro à l'adrénaline est au chômage technique. De temps en temps, il y a bien une oie égarée (au sens propre) à remettre dans le droit chemin, un mec bourré qui parle un peu trop fort dans une langue pas toujours cmoprhéensilbe, ou même un apprenti jongleur qui « trouble l'ordre public », cependant ça n'y coupe jamais : le lendemain, avec ou sans intervention, tout est rentré dans l'ordre. Le calme plat. Avant la tempête du siècle, façon Stephen King ?

 

 Coïncidence ? Un cygne du destin, plutôt.

 

Bon, Ok, ne crachons pas dans la soupe : le calme, ça a ses avantages, même s'il faut un temps d'acclimatation. Les vacances à la campagne, il paraît que ça fait du bien, c'est dit dans les bouquins. Alors soit.

 

Mais un instinct de flic, c'est un peu comme un doberman : ça ne lâche pas l'affaire/la proie/la jambe, sous prétexte qu'il n'y aurait plus rien à bouffer là-dessus. Ça ne s'amadoue pas avec du petit Coraya. Et même si ça s'endort, parfois, ça garde toujours une paupière entrouverte, au cas où une poussette ou un car scolaire viendrait à passer.

 

 Modérateur, c'est un métier. Engage-toi sur armée-de-modération.com

 

Pareil pour notre retraité-malgré-lui, d'ailleurs : certaines disparitions inexpliquées ou départs sans retours ne manquent pas d'attirer son attention, et lui mettent la puce à l'oreille (or les puces, ça les rend vraiment teigneux, les dobermans)... mais comme cela n'affole personne, il se laisse convaincre - temporairement - qu'il souffre de lucidite aigüe (tendance pathologique à voir le mal partout - ne serait-ce que parce qu'il est partout, le mal, bon sang !).

 

Ce n'est qu'après avoir été témoin d'un début d'hécatombe et de quelques têtes fortuitement écrabouillées par des pétunias tombés de nulle part (« Oh non. Encore ! ») qu'il voit ses doutes se justifier : son instinct ne le trompait pas, il y a quelque chose de pourri au royaume de Gam... Sandford. Quelque chose... ou quelqu'un.

 

Mais ce qu'il découvre au terme de ses investigations ne va pas arranger les affaires de son futur psy, sur le plan du fil à retordre, car pour pouvoir se prévaloir du titre de « coin le plus paisible » de l'intern... du monde, les membres du Conseil du Village se débarrassent purement et simplement de tout ce qui pourrait nuire à la paix de la Communauté - elle-même prompte à fermer les yeux sur de tels agissements. « For the Greater Good », tel est leur leitmotiv.

 


Sic.

 

Macabre scène de crime : des catacombes si fournies en cadavres qu'on croirait les étagères d'un Micromania, des os entassés les uns sur les autres comme dans un vulgaire bac à jeux d'occase... Ici, un ado au bagou parfois envahissant et coiffé de cornes de renne en plastique (mais ça ne nous regarde pas), là, un autre déguisé en jeune fille et étouffé avec son rouge à lèvres. Un peu plus loin : le corps d'un apprenti-détective indiscret, puis celui d'un vandale notoire spécialisé dans la destruction de jeux vidéo. Tous logés à la même enseigne. Et pour cause : ce qui est convenable, ce qui est tolérable, ce qui est pertinent, ce qui est drôle, ce qui est condamnable, c'est la Communauté qui le décide. Pas de private jokes ou de gifs de coréennes sans son aval, c'est la règle. For the Greater Good.

 

Le sang de l'ex-superflic ne fait qu'un tour, puis termine à l'extrémité d'un gourdin de belle taille, abattu tout de go sur sa caboche rebelle. Salement amoché, il est laissé pour mort sur le bord du chemin, mais le doberman en lui n'est pas rassasié. Oh non. Il reprendrait bien un peu de grand-mère, ça craque fort sous la dent. Après une courte période de convalescence, il sort son vieil uniforme des cartons, scie ses canons, les scie encore (parce qu'on ne sait jamais) et sort l'artillerie lourde, bien déterminé à renverser la vapeur, ou quelque chose comme ça.

 

Je viens de remarquer... Le premier rôle, on dirait Brad Pitt, un peu, non ? !

 

Son grand retour en mode "révolutionnnn" tourne au massacre décomplexé, comme en témoigne l'extrait suivant - et les réactions outrées qui suivront (peut-être) :

 

C'est monstrueux, je sais.

Mais tous les bénéfices récoltés par cette vidéo iront à l'association "un Rire, un Tidus".

On attend vos chèques... ; )

 

Après ça, c'est un peu confus dans ma tête. Le super-flic repart vers d'autres aventures avec de nouveaux compagnons de route, je crois, et le final cut se fait quelque part à hauteur de soleil couchant.

 

*

 

Voilà.

Cette longue parenthèse ciné refermée, j'en reviens au sujet de ce billet pour préciser (à l'intention des quelques rares intéressés qui ne sont pas en train de chercher à déverrouiller les coms pour pouvoir crier au scandale) que je quitte la Communauté, oui, mais pas Gameblog pour autant - parce que faire preuve d'originalité, c'est quand même plus original, et que j'ai des personnes et/ou des blogs à suivre et à encourager.

 

Le soap opera de ces dernières semaines m'a permis de me rappeler une chose fondamentale : je ne suis pas fait pour appartenir à une communauté. Je l'ai déjà écrit, par le passé : moi, je suis Vegeta. « For the Greater Good », j'ai fermé les yeux sur pas mal de choses qui, en temps normal, auraient écopées de ma part d'un menu Big Bang Attack XL : les lynchages à répétition de Martinman (et autres cibles faciles), les posts à like, les bisbilles, l'intolérance, les images et/ou vidéos piquées au fil du net histoire de faire du chiffre à peu de frais... je m'y suis tenu autant que je le pouvais, mais le coup d'éclat d'Anabelle,  les réactions houleuses au post de Sombre Plume ou le tollé (disproportionné) qui a suivi la destruction d'un FFXIII sur le blog de KrystalWarrior ont fini par me réveiller, me tirer de ma léthargie. Enfin.

 

Vous me direz que je prends ces choses trop au sérieuxet c'est sans doute vrai, mais ce n'est pas moi qui ait commencé. Au contraire. C'est parce que la Communauté se prend souvent trop au sérieux que je n'ai plus l'impression d'y avoir ma place. Une news racoleuse en home de Gameblog, et puis après ? Un internaute qui demande des comptes au sujet d'un Fake dévoilé, où est l'affaire d'état ? Un autre pulvérise un bout de plastoc défectueux, quel problème ? « Quel VRAI problème ? », je veux dire. Pour rebondir sur ce dernier exemple, bien sûr, ce n'est pas ce qui se fait de plus fin, en termes d'humour, mais la mise en scène des photos était très réussie (ce que personne n'a relevé), et drôle jusque dans l'expressivité des visages. Et puis quand c'est un Michaël Youn ou une bande du Groland qui joue les trublions, ça dérange beaucoup moins. Sans compter qu'acheter des jeux par bennes pour les empiler dans un coin n'est pas plus profitable aux jeunes nécessiteux que d'en démolir un. Mais c'est un autre débat, je comprends qu'on puisse être choqué.

 

Revenons aux fondamentaux.

 

 

La  Communauté déchire, c'est vrai, j'en conviens tout à fait. Mais pas seulement.

 

Comme dans tout groupe social, réel ou virtuel, on y trouve aussi de la rancoeur, de la jalousie, de la prétention, de la mesquinerie, de l'intimidation et de l'hypocrisie (merci, Captain Obvious !). Ceux qui ne savent pas écrire vous y donnent des leçons d'écriture. Ceux qui ne sont pas drôles prétendent vous enseigner l'humour. Ceux qui n'ont pas de morale la font à ceux qui ont des principes. Ceux qui ne savent pas argumenter ergotent jusqu'à ce que lassitude s'ensuive...

 

La liberté des membres, lit-on, s'arrête là où commence celle des autres, cependant c'est à sens unique, hélas : certains sont invités à se censurer au nom du respect du groupe auquel ils appartiennent, et s'exécutent sans voir qu'en les sollicitant ainsi, c'est le groupe auquel ils appartiennent qui ne les respecte pas.

 

La Communauté, il lui arrive fréquemment de se prendre pour l'institution qu'elle n'est pas. Elle bombe le torse, elle se donne de grands airs, elle minaude... Trop vite, elle oublie ce qu'elle est, ou la nature profonde de ce qui la cimente (le JEU), pour se parer des attributs d'une religion en germe. En cela, elle peut parfois se montrer injuste, cruelle, fermée, obtuse, vindicative.

 

Comme moi, sans doute.

 

Mais si je dois l'être, alors je souhaite que ce soit à ma manière, avec ma voix, en mon nom propre, pas pour suivre un mouvement ou faire partie d'un tout.

 

Si je dois être odieux, je veux que ce soit selon mes humeurs, mes convictions, mes idéaux, et pas pour plaire à autrui ou conserver son estime. Je ne veux pas être représentatif d'un ensemble, quel qu'il soit, même à petite échelle. Encore moins d'un ensemble dans lequel je peine parfois à me reconna^tre.

 

Je ne généralise pas mon propos, bien sûr. Vous êtes nombreux à valoir le détour.

En conséquence de quoi ai-je apprécié chaque rencontre, chaque échange, chaque compliment et chaque marque d'intérêt, de soutien ou de connivence... mais je ne veux pas y être enchaîné.

 

Je veux pouvoir être drôle, je veux pouvoir être dur.

Je veux pouvoir être compréhensif, je veux pouvoir être intransigeant.

Je veux pouvoir être diplomate. Je veux pouvoir être un salaud.

 

Je veux avoir le choix. 

 

Je reprends donc ma liberté ici, en vous rendant ma carte de membre. Dorénavant, je ne suis plus responsable que de moi. Et vu le bestiau, c'est déjà pas mal.

 

GG à tous. Longue vie à la Communauté. Vie plus longue encore à la Confrérie. Et un immense merci à Krystal Warrior, Locutus, P.Y.T., Sombre Plume et Zalla pour leur courageuse participation à cette vidéo « de la honte » (mais fière de l'être).

 

A une prochaine (ou pas).

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Cher Freezer.

J'étais comme toi, avant.

 

Bon, peut-être pas aussi blanc (sur juillet-août, au moins), peut-être pas aussi proportionné-comme-un-télétubbie-féru-de-lutte-gréco-romaine, peut-être pas aussi porté sur le rouge à lèvre n°112 couleur pourpre intense de chez Gemey Maybelline (ou alors seulement en privé), et je n'étais peut-être pas (j'écris bien « peut-être » !) pourvu d'une aussi grosse queu... personnalité que toi, mais j'étais méchant, j'étais teigneux, j'étais pas super-bien dessiné mais j'étais mieux que Perfect Cell ou Krilin avec des cheveux (c'était déjà pas mal).

 La preuve en image.

 

Et quand il s'agissait de faire péter la boule de feu et la planète en prime, j'étais pas le dernier. D'ailleurs la BOUM, c'était mon film préféré, et pendant quinze ans j'ai attendu un remake par Michaël Bay.

C'est que je savais déconner, à l'époque. J'ai toujours été à mourir de rire.

Ou en tout cas, les gens mourraient, et ça me faisait rire, j'en ai donc tiré les conclusions qui s'imposent.

Fier, taciturne, méprisant, individualiste (j'admets, j'avais quelques défauts aussi, mais personne n'est parfait), à moitié chauve et foutrement charismatique à 100 mètres dans le noir quand le brouillard se levait sur les marécages, je volais de web-planète en web-planète dans ma capsule Kinder customisée, me posant au hasard de leurs forums avec la finesse d'un missile sol-air pour tout anéantir sur mon passage façon « soldes de printemps » : tout-doit-dis-pa-raître. Et ça, sans jamais que jamais personne ne me lance un « merci ! », un « viva ! », un « T Tro 2 la Bal », une petite culotte ou un « prends-moi nue à l'arrière de la safrane, grand fou, j'y ai passé l'aspiro et normalement, y'a plus d'poils de Brutus. Sinon, on f'ra ça dans la boîte à gant ». Personne. Alors que je débarrassais BENEVOLEMENT le monde de ses Chaoz, de ses Yamcha et de ses Tenshin Han - ce qui aurait dû me valoir le prix Nobel du Bon Goût et de la Bonne Humeur (pour service rendu à l'évolution Darwinienne, notamment), des places-gratuites-pour-le-Macumba-Night-si-je-viens-accompagné-d'un-gros-moustachu-viril...

Tout est dans le regard <3

...et quelques bons de réduction pour les buckets du KFC (Kentucky Fried Chaoz, une destinée à la hauteur du personnage).

 Deux secondes sous Paint. C'est plus qu'il n'en mérite.

 

 En ces temps-là, les gens, pour moi, c'était de la chair à high-score, du casual gaming, avec des bonus multiplicateurs de point pour les bébés en poussette et les vieilles en fauteuil roulant ! La vie, la vraie, quoi !

 

Bon, bien sûr, j'étais un rebelle et comme tous les rebelles, c'était juste un genre que je me donnais : le fait de mépriser cordialement mon prochain, de rêver de le voir sous cellofrais au rayon promo de la boucherie d'à côté ou de ne pas me payer sa tête parce que même gratuitement, j'en aurais pas voulu, ça ne m'empêchait pas d'entendre ses appels au secours et ses « pitié, je suis une larve, je ne saurais pas me défendre tout seul, au secours, au secours, que je suis pitoyable ! ».

Au-delà, ça ne m'empêchait pas d'y répondre, par un ou deux  « la ferme, y'en a qui essaient de pioncer », d'abord, puis en enfilant mon armure et en contre-attaquant sans passer par la case préliminaires, au nom d'un principe unique et fort simple : « je méprise les gentils, oui, mais je méprise encore plus les méchants et comme la vie est une question de priorité, pour tout le reste il y a Eurocard Mastercard ». Parce qu'être gentil, c'est mainstream, mais qu'être méchant, c'est pire. Etre méchant, c'est pour les faibles, ça demande ni courage, ni intelligence, ni style, ni coolitude (regardez Sephiroth...). Etre méchant tout en ayant l'air gentil, c'est la solution de facilité, tout le monde fait ça contre de l'argent ou de la considération. Mais être gentil tout en ayant l'air méchant, ça, c'était badass. Un peu convenu, depuis l'avènement du manga, mais badass quand même - et bien pratique aussi puisque ça vous évite moults épanchements embarrassants comme la gratitude, l'hommage en public, les récompenses, toutes ces petites choses qui vous font mépriser plus encore vos heureux protégés...

Du coup, je débarquais de nulle part avec morgue genre « ton-ennemi-est-mon-ennemi-donc-tu-es-mon-ami-mais-ne-va-pas-te-faire-de-fausses-idées-quand-même-tu-pourrais-être-le-prochain-sur-ma-liste », je balançais deux ou trois Big Bang Attack, un ou deux Final Flash bien sentis (par l'adversaire, essentiellement, mais c'est l'idée), je terminais sur un Meteor Smash lorsque j'étais d'humeur badine et je tournais le dos avec un reniflement de dédain, en prenant garde à ne témoigner aucune considération à mes « amis » du moment. « Quoi ? Je vous ai sauvé la mise ? Ha bah, désolé, j'ai pas fait attention, c'était pas intentionnel. Pardon, je le referais plus ». Ce genre de cinéma.

Et c'était BIEN.

 

Et j'étais COOL.

 

Et tout se passait pour le MIEUX dans le MEILLEUR DES MONDES POSSIBLES (celui avec les castors qui jouent du banjo).

 

Les gentils me trouvaient méchant, les méchants me trouvaient gentil, c'était la configuration parfaite.

Et puis un jour, je ne sais pas pourquoi, la donne a changé, cette belle machine s'est enrayée et tout s'est mis à aller de travers. J'avais beau être mesquin, odieux, impitoyable, les gens me remerciaient quand même, ils me donnaient raison, ils prenaient ma défense, ils m'envoyaient mêmes des DVDs et des fraises Tagadas.

Peut-être lisaient-ils des mangas, eux aussi, et avaient-ils compris le principe, à force de répétition shonenesque ?

Peut-être étais-je resté trop longtemps au même endroit ?

Toujours est-il que j'ai cru devenir fou. Aussi, j'ai voulu fuir, j'ai détruit leur planète, je les ai libéré du fardeau de la conscience-mais-pas-trop et c'est comme ça que j'ai atterri sur Gameblog, en catastrophe. Sans me douter que les choses seraient pire ici, sans avoir le temps de me préparer, d'élaborer un plan d'attaque : en deux temps trois mouvements, sans que je m'en aperçoive, on m'enlevait mon armure de combat, on m'habillait en Gothic Lolita et on me glissait des noeuds roses dans ce qui me restait de cheveux.

Et que je t'embarque ni vu ni connu dans le Noël de Miss V, que je t'amène à faire un cadeau à un inconnu, et que je te rembarque dans le Noël pour Miss V, et que je like tes posts, et que je te complimente, et que je rie sans mourir pour autant, et que je t'ajoute à ma liste d'ami au lieu d'avoir peur de toi... et voilà comment la communauté Gameblog m'a souillé ! Sali ! Emasculé !  Elle m'a bisounoursé, roulé dans un arc-en-ciel de Blondine et schtroumpfé jusqu'à l'os !

Et voilà que je participe à des IRL et que je m'y sens bien, même sans brûler les resto ou pulvériser les bars !

Et voilà que j'ai envie de faire des cadeaux sans rien demander en retour ! MOI !

Et voilà que j'ai envie de dépenser mon précieux argent pour AUTRUI ! AU-TRUI ! Rendez-vous compte ! De l'argent que je pourrais dépenser POUR MOI ! MOI ! MOI ! Et voilà que je reçois un cadeau à mon tour, et que j'en suis heureux, et que j'en suis touché, et que j'écris un post de re-mer-cie-ments.

Et que j'en fais des tonnes pour garder ma superbe, au point d'être plus pathétique qu'autre chose.

Je crois que je vais être malade. Quand je pense qu'il y a encore un an de cela, « merci » était un mot tabou, une erreur de vocabulaire, une farce ou une défaite, plus cuisante que si j'avais perdu face à toi, Freezer, dans ta troisième transfo toute moche qui sert à rien. Quelle infamie ! Quelle déchéance ! Me voilà contraint par les évènements d'apprendre la gentillesse sur le pouce, en autodidacte, alors que j'étais né pour conquérir la galaxie et y faire régner la terreur - bon, et si je maîtrise bien la théorie de la gentillesse, je peine un peu sur les travaux pratiques.

 Alors voilà.

 Mer... hum.

Mer... humhum.

 Merc... bon sang, je n'y arriverais pas.

MERCBIG BAAAAANG ATTAAAACK ! Mince, j'y étais presque...

Allez, un p'tit effort.  

 

Merci Monsieur KARAS.

Merci d'avoir le coeur sur la main, de ne jamais manquer une moindre occasion de faire plaisir ! Merci pour cette surprise qui n'a pas volé son nom, et ce sublimissime artbook de Yoshitaka Amano Sama (double hit combo de pléonasme, c'est la maison qui régale).

 

Un beau dessin vaut mieux qu'un long discours. Surtout quand il est d'Amano. 

 

Quelque chose d'étrange et de mouillé coule le long de mon visage et pour une fois, ce n'est pas le sang d'une victime, non, mais c'est ce qu'on appelle l'émotion, j'en ai bien l'impression.

ET TU PAIERAS POUR CA !!!!

OUI, TU PAIERAS !

INFLIGER UN TEL AFFRONT A UN PRINCE-GUERRIER DE L'ESPACE !

CA NE RESTERA PAS IMPUNI !

Mais en attendant... recevoir du Amano, comme ça, sans s'y attendre, c'est juste magique. Parce qu'Amano est, pour moi, un des rares grands artistes de sa génération, et qu'il culmine au panthéon de mes illustrateurs favoris, avec (mais loin devant) Mamoru Nagano et Ayami Kojima.

 

 Juste la classe.

Par conséquent, je me permets de partager quelques clichés ici, mais juste de quoi mettre l'eau à la bouche et aux yeux, parce qu'au fond de moi je reste ce rebelle égoïste et méprisant qui vous anéantira tous et qui ne vous épargnera pas, le moment venu, vous m'entendez ! Arrêtez de rire ! Je vous jure que je le ferais ! Un jour ! Un jour, je remettrais mon armure de combat et je vous bigbangerai la tête bien comme il faut ! 

 Tout est beau, dans l'cochau. Comme on dit.

Tenez-vous le pour dit, ceux qui ont aimé Theatrythm partiront les premiers !

 

En attendant ce jour... nous nous battrons côte-à-côte, en frères d'arme, contre les forces du mal du tyran Skoueer-haineX et de son sinistre lieutenant EvilNomuros.

 

 Y'a même un poster central, comme dans mes revues favorites.

Nous ferons front ensemble face aux vagues d'invasions de Déhelsé Kap'khom.

 Ce peintre est un Dieu.

 

Nous nous trouverons dans le même camp aussi longtemps qu'il y aura pire que vous à affronter. Mais ne baissez pas votre garde pour autant. Au fond de moi, je suis toujours le Végéta que j'ai toujours été. Un jour, un jour, je le sais, je le sens dans mon coeur, nous nous combattrons, c'est écrit. 

Enfin, je crois.

 

 

RENDEZ-MOI MA VIRILITE, BON SANG !!!!

 

 Il va donc rejoindre le reste de ma collection, peu fournie, mais faisant ma fierté quand même. 

 

 

Ceci dit... une virilité contre un artbook d'Amano, c'est plutôt un bon plan.

En plus, dans le artbook, il y a des femmes nues.

Donc tout n'est pas perdu.

 

 

Encore que... quand on regarde la vidéo de l'unboxing, on est en droit de poser la question.

 

 

 

Et comme si ça ne suffisait pas, Zig me fait l'honneur de prêter son trait à un de mes strips !

Et P.Y.T. rend un bel hommage (émouvant) à mes légendaires talents de joueur.

 

Bref, quelque chose me dit que le prochain Final Flash, il est pas pour tout de suite

*soupir*

 

 

Oh, et Monsieur Karas, vous n'êtes pas bon prince, vous êtes un roi ! ;)

 

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Oyez, oyez, peuples du Pixel !


Le Saint Livret du Boitier de l'Univers raconte qu'un jour merveilleux entre tous les jours, "here comeserait un new challenger", un Sauveur (version 2.héros), un Joueur aux Mains Carrées qui apparaîtrait en des temps troublés (à un ou deux lag près) pour guider son peuple meurtri vers la lumière du bouton ON.

Ces glorieux récits l'annoncent haut et fort et en six langues, parce qu'ils ont bénéficié d'une bonne localisation : IL arrive. Ou, en version originelle : NOW LOADING.

 

Se riant de la tyrannie des standarts et des progrès technologiques telles que la roue ou la machine à vapeur, il se dressera en un long scrolling différentiel pour prôner la Grande Nullitude,  la Glorieuse Sous-Performance et l'Incompétence Elevée au Rang d'Art !

D'un grand élan de déni purificateur, il effacera les consoles Next Gen de la surface du monde et distrib... vendra des Nes d'occase comme des petits pains ; et ses Apôtres auront même droit au robot Gyromite en prime - parce que le Joueur aux Mains Carrés sera Beau et Bon (pour l'époque et en huit couleurs).

 

Ô Peuples du Pixel, entendez son appel, levez-vous avec lui (c'est-à-dire vers midi), rejetez vos cultes idôlatres et vos "Veaux d'Or Online", et unissez-vous pour faire régner la Justice et la Paix au nom de l'Amitié (tm). Ne vous laissez pas séduire par le démon Troidé, ou vous serez livrés aux flammes purificatrices du grand Paperboy sur Nes. Ce qu'on ne souhaite bien évidemment à personne.

 

Ouvrez vos coeurs et vos âmes, alors, frères, et si vous n'en avez pas, achetez-en sur PriceMinister, ils en vendent au rayon charcuterie.

Le temps est venu.

Ou presque.

 

Car là est, en vérité, le seul défaut de l'Age d'Or du Trentedeubit : les temps de chargement.

 

NOW LOADING...

NOW LOADING...

NOWLOADING...

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Édito

 

pour : "Le Gamer aux Mains Carrées, l'homme qui murmurait à l'oreille du manque de race"

(Du coup je ne sais pas trop comment je dois prendre cette distinction)

 

Gameblog Community Award de l'article de l'année 2016 pour un post sans texte, c'est sûr, ça fait toujours plaisir, mais c'est quand même assez surprenant.

Ce qui l'est beaucoup moins, par contre, c'est que ce post traite ENCORE de Final Fantasy.

 

Bref, pour de vrais "articles de l'année" passionnants, passionnés, pertinents et bien écrits, allez plutôt lire :

- Migaru

- Noiraude

- Snake_in_a_box

 

 ET QUE CA SAUTE, COMME TIDUS DANS L'INTRO DE FFX !

 

*

 

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

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