ERROR 404 BLOG NOT FOUND

ERROR 404 BLOG NOT FOUND

Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 23/08/17 à 19h02

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Kingdom Hearts III.

Ajouter aux favoris
Signaler
Le Joueur aux Mains Carrées - Présentation

 

 

 

Bon ben nous y voilà.

J'aurais eu beau traîner les pieds et jouer tantôt la carte du papy, tantôt la carte de la résistance, les deux semaines de sursis que je m'étais très généreusement octroyées (quand on s'aime, on ne compte pas) arrivent à terme, et il est temps pour moi d'en revenir aux... choses sérieuses. Si. Faut pas croire. C'est le genre de trucs qui arrivent même aux meilleurs.

Non que ce soit de gaieté de coeur, cependant. Mais hé, la vie est un choix, trace ta voie, n'écoute que toi, voyage léger, ne passe pas à côté des choses simples, juste fais-le et autres maximes de pub démagogiques destinées à nous faire croire qu'il suffit de s'asperger avec de l'eau sucrée à 70 euros les 30 millilitres pour se la rejouer Fureur de Vivre.

 

Las ! Après presque deux ans de bloging forcené (qui vous en auront paru quarante, avouez-le), émaillés de hauts, de bas, de gauches, de droites et parfois-même de l'équivalent scriptural du quart de rotation Shoryuken-style, l'heure est venue de placer ce blog sous stase et de l'envoyer voir du côté de Pluton si j'y suis (et, accessoirement, si j'y ai du temps libre). Car le temps libre, c'est précisément ce qui va me faire défaut, dans les mois à venir : nouveau job, nouvelle vie, nouvel équilibre à trouver, nouveaux automatismes à acquérir... et pas de connexion sur mon lieu de travail, juste une cafetière vintage sans mode d'emploi. La définition du cyber-exil, ou peu s'en faut. La définition de l'ennui, ça, c'est certain.

 

L'occasion pour moi de me fendre d'un ultime ( ?) pavé, et de laisser le Gamer aux Mains Carrées de côté pour livrer ici un petit bilan personnel, jeté d'un trait, d'une traite, sur le papier, sans construction ni relectures. A la bonne franquette. Rien que vous et moi. J'aurais bien fait brûler quelques saucisses pour l'occasion, mais doué comme je suis, j'aurais pu cramer tout Gameblog avec. Ça n'aurait pas été la première fois. Parce que deux ans, plus on vieillit et plus c'est court, oui, mais ça s'inscrit quand même dans la durée (sans les macarons, cependant, ce qui est bien dommage). Aussi, parce qu'en m'inscrivant sur Gameblog, le 4 novembre de l'an de grâce 2011, j'étais bien loin de me douter de ce que j'y trouverais, des rencontres que j'allais y faire, des boîtes de Pandore que j'allais y ouvrir, des passions que j'allais y déchaîner, voire des sourires que j'allais laborieusement y arracher à des inconnus qui, petit à petit, sans que je m'en rende compte, ont cessé d'en être à mes yeux.

 

Flashback avec bruit de woush-woush et fondu au noir comme dans Lost : nous sommes donc en novembre 2011, je tourne en rond sur blogger, j'ai claqué violemment la porte du forum de (grosses ?) légumes où j'étais modérateur, mon grand-père vient de décéder, j'ai besoin de fuir en avant et de meubler les heures creuses au bureau avec du prêt-à-monter Ikéa. Un ami fraîchement retrouvé (Mr Patate, pour ne pas le nommer. Des fois que vous chercheriez un coupable) annonce sur Facebook qu'il passe de Gamekult à Gameblog, pour voir si l'herbe qui s'y fume est plus verte. Intrigué, je m'y autorise un petit tour et y vois l'occasion d'explorer des contrées méconnues, tant point de vue thématique que point de vue écriture. Familier avec le concept de blog, mais étranger à celui de communauté, joueur occasionnel sans plus de passion dévorante que ça, je m'invente un personnage, définis un cadre éditorial et me lance bille en tête, sans ménager ma peine, stupéfait et ravi sitôt que je suis lu par plus de cinq personnes. C'est nouveau, je découvre, j'expérimente, je tâtonne, au point qu'il me faut trois semaines pour découvrir l'onglet communauté et la fonction statut. La machine est lancée, et elle a un fantôme dans sa carapace. Voire plusieurs. Qui sont, tous, des esprits frappeurs. Ou frappés, pour le moins.

 

C'est ainsi que jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, je découvre tant les qualités réelles que les travers parfois désespérants de ce type d'environnements en vase clôt, tantôt tout en candeur, tantôt tout en indignation, toujours prompt à jouer avec ce qui me plaît comme avec ce qui me déplaît - fut-il de la même espèce de bipède que moi. De quoi respirer, ni plus, ni moins, afin d'éviter que mon style ne se sclérose à force de se prendre au sérieux et de ne s'autoriser ni tours, ni détours, comme une récréation indispensable pour ne pas m'enterrer vivant dans les fondations de mes hautes espérances.

 

Parce qu'on s'en sera douté, bien sûr, dans le civil, je ne suis pas un petit marrant. C'est même tout le contraire : déprimant, torturé, égotiste, schizoïde et psychorigide ne sont que quelques-uns des qualificatifs les plus flatteurs susceptibles de me correspondre, à l'exact opposé du Gamer que vous avez appris à apprécier (ou pas) - et que je suis aussi, mais sur un autre plan (car nous ne sommes pas d'une seule pièce, ni vous, ni moi, n'est-ce pas ?). Aussi, malgré les petites victoires et les bourgeons de popularité, mon unique objectif est-il toujours resté ce fichu bouquin de SF dont je rature les marges depuis facilement quatorze ans maintenant.

Eh oui.

Quatorze ans.

 

 

Plus d'années que certains d'entre vous n'en ont vécues du point A au point B. Autant dire que je commence à trouver ça long, et qu'il me fallait  une échappatoire - ou, au moins, de quoi ponctuellement me ressourcer (voire de conserver un semblant de santé mentale). Tout à la fois : béquille, planche de salut, porte de derrière, thérapie, soutien moral, fuite en avant, encore, comme au moment du décès brutal de ma mère, il y a trois mois de ça. Ce leitmotiv : « devoir être drôle », contre vents, bides, rages et marées, pour que le spectacle continue.  Et puis vous tous, aussi. Et puis l'ambiance. Et puis belles rencontres, online ou IRL. Et ça, ce n'est pas rien.

 

Pas étonnant, alors, que je fasse mon Charles Aznavour, que je rechigne à apposer le mot « fin » au bas de ma page et à la tourner pour en entamer une autre. Je m'amuse bien, moi, ici. Je respire bien. Et respirer, c'est important. Plus simple, aussi, quand c'est en si bonne compagnie.

 

La fin du blog, alors ?

Oui et non.

Ça aussi, vous l'aviez deviné.

Oui, parce que même si l'envie subsistera, je n'aurais plus le temps d'écrire ces pavés qui me sont si chers et qui sont devenus indissociables du personnage.

Non, parce que j'ai pas mal de vieux trucs à recycler dans mes cartons. Assez, en tout cas, pour alimenter cet espace de manière hebdomadaire pendant quelques années, même si ça ne traite pas de vidéoludies et que ce n'est pas nécessairement drôle non plus. Il faudra en prendre votre parti et vous en satisfaire, comme d'un voyage dans le passé.

Non, parce que j'ai bien l'intention d'essayer (j'écris bien « essayer » !) de proposer une vidéo de BlackLaboule à chaque vacances scolaires.

Non, parce qu'il me reste trois articles inédits à terminer, et que ça me prendra des mois, dans le meilleur des cas.

Non, parce que (soyons lucides) je ne pourrai sans doute pas m'empêcher de poster à l'envie quelques trolls et autres montages Paint dans le ton de ces derniers jours. Sans compter qu'il faut encore que je vous présente monsieur Zizi (ce n'est pas sale).

Et non, encore, enfin, parce que vous êtes libres de reprendre ce blog depuis ses tout débuts, et d'y lire ce que vous y avez manqué. Pour le pire et, parfois, j'espère, le meilleur.

 

Autant dire qu'il y a de quoi faire et que ce n'est qu'un au-revoir, mes frères.

 

Pour ma part, je vais m'atteler à reprendre mon chemin de croix, point par point, et à conclure mes journées de labeur par plus de labeur et de crispations encore. Youpi. Allant jusqu'à perdre une heure entière pour bidouiller UNE phrase. Le bonheur. Mais bon, je ne peux pas me plaindre, je suis à la fois mon Sisyphe et mon dieu de l'Olympe, sur ce coup-là. Sans compter qu'étant parvenu à mi-parcours, ce serait Square-Enixéen de renoncer, pour ne pas dire contre-nature.

 

Et comme je refuse de vous laisser (sur) une bonne impression, je ne conçois pas de manière plus logique de conclure ce post que de vous proposer maintenant, en exclusivité, mon chapitre de prologue.

En entier. 

Et en version quasi-définitive.

Oui, oui, je n'ai aucune pitié, ça aussi vous le saviez déjà.

Bon, il doit bien rester une petite dizaine d'aspérités à élimer, essentiellement de pesantes périphrases censées éviter de toutes aussi pesantes répétitions, et qui ne me demanderont pas trop de cheveux arrachés (je croise les doigts). Mais dans l'ensemble, je devrais ne pas trop y retoucher (ne serait-ce parce que j'ai fort à faire ailleurs). 

Je pourrais enchaîner sur un énième pavé pour tout vous dire des intentions, des objectifs, des contraintes formelles, des angles d'approche, des niveaux de lecture, des choix stylistiques qui structurent cette fable à la croisée des imaginaires. Mais j'ai déjà bien assez abusé de votre patience. Aussi me contenterais-je de revendiquer les clichés, les pédanteries et la pompe d'un lyrisme aussi daté que caricatural Car tant qu'à écrire quelque chose, autant faire en sorte que ce quelque chose nous ressemble, et tant pis si le reflet renvoyé n'est guère flatteur, il y a plus dramatique que de se retrouver dans la peau de sir Dorian Gray. Tout au plus attirerai-je votre attention sur le fait que pour rapprocher cette prose de la poésie que j'affectionne, la quasi-totalité des phrases comptent un nombre de syllabes paire, ce qui représente un sacré challenge quand le procédé s'étend sur plus de 750 pages. J'insisterai aussi sur le fait que la dernière partie est une réécriture volontaire de Ray Bradbury.  Et j'ajouterai enfin que l'ensemble se veut élitiste, tout en s'appliquant à rester à la portée de tous. Tout ça, dans les grandes lignes, pour peindre l'impression d'un ciel étoilé. Ou d'un lever de soleil. A la manière, j'espère, d'un The Fountain, d'un The Fall ou d'un Upside Down.  Et tant pis si ça ne plait pas à tout le monde. Je suis d'une génération old school où l'on se met au service d'une vision, plutôt que de se saisir de celle-ci pour ne servir que soi.

 

Merci de m'avoir suivi, aimé ou détesté.

Et à très vite, sous une forme ou une autre.

 

 

  

De la terre à la lune

 

 

 

 

Le néant.

Le froid, l'obscurité.

Les ténèbres sans fin.

 

Le silence.

 

 

Tout commence ainsi.

 

 

Pas un souffle. Pas un battement de coeur.

 

 

                Une douleur diffuse. L'engourdissement, l'oubli.

 

 

 

                            La conscience, à peine.

 

 

                Flotter, à la dérive, bercé par le mouvement d'ombres informes, indistinctes. Plus lumineuses que sombres. Immenses et minuscules. L'épuisement. L'abandon. Tout est si pâle, si triste. La pureté livide de la brume, le matin, au-dessus des rivières. Le blanc du linceul sur la peau d'une morte.

 

Où suis-je ?

 

 

                A cent lieues à la ronde, de hautes tours émergent du brouillard, dressées avec orgueil pour régner sur cette illusion de monde et s'élever telles des pierres tombales, d'inaltérables bannières.

 

            Des murs infranchissables...

 

 

Que je franchis, pourtant.

 

 

                Un peu inquiet, je me suis approché et j'ai posé mes doigts sur leurs surfaces luisantes. Les noms, les murmures, les visages, je ne reconnais rien. Dans ce royaume désert, c'est tout juste si je rêve mon existence.

 

 

Qui suis-je ?

 

 

Je n'arrive pas... Malgré tous mes efforts, je n'arrive pas à me rappeler.

 

 

Suis-je mort ?

 

 

                Non, je le sais, j'en ai la certitude. Je rêve, simplement. Je rêve, je vais me réveiller. On se réveille toujours.

 

C'est obligé.

    

               Il y a quelqu'un debout à quelques mètres de moi, quelqu'un qui me fait face. Quelqu'un vient d'apparaître sur les colonnes d'acier. Un fantôme. Un mirage, guère plus tangible que le monde alentour. Une silhouette, fragile, que captent les miroirs pour en conserver l'image et peupler de reflets cet univers gelé.

 

Qui est-ce ?

 

                Peut-être... Tout est si flou. Peut-être une petite fille. A cause de la distance, je n'arrive pas à distinguer ses traits, cependant il y a quelque chose, quelque chose qui m'est familier. Un sentiment, une intuition. Je le devine : elle ressemble à Eléanore.                                

 

                            Seulement...

 

                                                        

Qui est Eléanore ?

 

                J'ai beau me concentrer, chercher, chercher encore, je ne peux pas rassembler assez de souvenirs, pas assez de moi-même. Je voudrais tant... Je voudrais tant pouvoir. C'est tellement difficile : devoir se battre, se démener, ne plus savoir, ne plus rien sentir d'autre, au fond de soi, que le vide ou l'absence. Sentir la perte, mais ignorer ce que l'on a perdu, ce qui comptait pour nous. Déliquescence de la psyché. Fragmentation de l'être.

 

                                                                                             Supplice abominable.

 

                Elle, elle m'a reconnu car elle me sourit tout à coup, avec candeur et innocence, chaleur et compassion, de ce sourire charmeur qu'elle avait autrefois quand elle était en vie : l'éclat de son regard s'intensifie, heurte les piliers, les envahit, dévore les stèles au point qu'il n'y a plus qu'elle, moi, son regard - d'une clarté fascinante, d'un éclat passionné... Un regard pour lequel j'aurais pu mourir un millier de fois et de mille façons différentes, et qui m'attire, et qui m'invite à retourner près d'elle pour qu'enfin, à jamais, nous soyons réunis.

 

Eléanore.

 

 

Je voudrais m'avancer, vraiment, hélas c'est impossible, ça l'a toujours été.

 

 

                Comme j'hésite, elle secoue la tête. Le blond de ses cheveux s'attarde sur ses pommettes en étincelles dorées.

    

-          Viens, semble-t-elle supplier. Viens, mon amour. 

      

                        Il y a de l'impatience, du désespoir dans sa prière.

 

                Je le voudrais, Eléanore. Je le voudrais, qui que tu sois et qui que je puisse être. S'il y a une chose qu'au fond de moi, je n'ai pas oubliée, c'est que je n'ai jamais rien voulu d'autre. Que tu me manques au-delà des mots, au-delà des pleurs, de la peine qui me ronge...

 

 

                                    Te rejoindre ?

 

 

               Bien sûr, oui, je le voudrais. De tout mon coeur, de toute mon âme, malgré l'abîme qui nous sépare. Bien que je ne sache pas qui tu es...

 

 

                                                                                  C'est mon voeu le plus cher.

 

 

-          Tu peux le faire, dessine le rosé de ses lèvres. Tu n'as que trop tardé. Rejoins-moi, à présent.

 

                Et son regard... le bleu de ciel de son regard, il m'implore en silence :

 

-          J'ai suffisamment attendu, Philip.

 

 

J'ai suffisamment attendu.

 

 

                Comment ne pas comprendre ? Comment rester de marbre, alors qu'elle m'appelle par mon nom, de cette voix si troublante qui a enchanté mon quotidien pendant tant d'années ? J'aurais voulu courir vers elle, la serrer dans mes bras, l'accompagner où qu'elle aille, où qu'elle désire m'entrainer, mais je ne le peux pas, je suis sincèrement désolé. Tu es morte, Eléanore. Il n'y aura pas de place pour moi à tes côtés, il n'y en aura jamais. Je ne veux pas te retrouver si c'est dans le sépulcre. Je suis vivant, tu m'entends ? 

 

                                                                                                 Je rêve encore, je suis vivant ! 

 

 

-          Tu mens, Philip. Toi aussi, tu es mort, ne réalises-tu pas ? Il n'y a plus rien pour nous, ici. Il n'y a jamais rien eu pour nous.

 

                Fuyant cette vérité, les échos de cette vérité, les échos de ces mêmes échos, je me détourne - et tandis que je me détourne, son sourire disparaît, ses sourcils se chargent de reproches : déçus, tristes, affligés... Les larmes trempent ses yeux d'une accusation muette. Je sais - elle sait - que je ne viendrai pas. Quelques paillettes, un tressaillement : sans hâte, la voilà qui s'éloigne, qui se fond au brouillard en gouttelettes arc-en-ciel, emportant avec elle ce qui me fait défaut.

 

                                   Un mot, rien qu'un.

 

                Une occasion unique vient de s'évanouir. Le pardon que j'attends, je n'ai pas su le demander. Dorénavant, je serai seul, laissé à ma peine et à mes remords : pour les années passées, pour les années qui viennent, je devrai vivre avec, comme je n'ai que bien trop vécu. Vivre du regret, de la rancoeur pendant des siècles, des millénaires.

 

                Sauf que...

 

 

                               La brise se lève, je la sens sur ma peau.

 

                L'espace d'un instant, elle fredonne un air que je ne retiens pas, puis c'est le temps lui-même qui semble se figer dans sa course : au ralenti, les colonnes de cristal se fissurent et se brisent, s'écrasent au sol dans un bruit de tonnerre, y crépitent une minute avant de s'effacer. La brume et la clarté refluent vers les ténèbres et tout s'anéantit. Il n'y a plus rien. Ni temps, ni brise, ni sol. Il ne reste plus que moi et je ne sais...

 

 

Qui suis-je ?

 

 

Je suis

 

 

 

                             Chut.

 

                Il y a des voix. Des voix qui grondent, marmonnent, bourdonnent avec fureur. Des bribes de phrases qui se mêlent, s'emmêlent et s'entremêlent pour former le canevas de ce qui tient lieu de décor. Au firmament : ni astres, ni lune, pas une seule torche pour me guider dans cette nuit sans limites et cependant, j'ai franchi la frontière. Ce n'est plus qu'un songe fait de hurlements, d'injures, de soupirs infamants, qui essaient de m'atteindre pour m'emmener avec eux, loin d'ici, loin de ce corps qui ne m'appartient plus.

 

Où ça ? Vers quel rivage ? Quels territoires funestes ?

 

                Je résiste. Or, plus je résiste, plus l'étau se resserre, plus les voix m'engloutissent. Je ne veux pas, non. Je ne veux pas céder. Je ne veux pas entendre...

 

 

-          Comment rétablir l'équilibre ? Comment faire marche arrière ? Cette fois, nous sommes allés trop loin : cette voie est notre voie, désormais. Il nous faudra la suivre jusqu'à son achèvement.

 

-          Quel prix devra-t-on payer cette folie ?

 

-          Je ne veux pas mourir, mon Dieu, je ne veux pas mourir.

 

-          Mourir, c'est comme... glisser dans le courant. Doucement, s'abandonner à un nouvel ailleurs. Libéré des angoisses, du chagrin, de la solitude, trouver cette paix que nous avons cherchée des décennies durant. Dormir, sachant que le sommeil ne sera troublé d'aucun rêve. Mourir, c'est retourner d'où nous venons. Pourquoi faudrait-il avoir peur ?

 

-          Dis, maman, est-ce que c'est Dieu qui a voulu la guerre ?

 

-          Qui a voulu la guerre ?

 

-          Qui a voulu cette guerre ? Et les autres avant elle ? Il semble que l'épitaphe était écrite depuis le commencement. Ils disent : « la guerre est nécessaire », mais qu'en savent-ils au juste ? Et que savent-ils des conséquences ? Que savent-ils de la mort, de la douleur ? Pour eux, tout se déroule derrière des murs d'indifférence, et la souffrance n'est qu'un mal nécessaire.

 

-          S'il vous plait... nous ne voulons pas mourir.

 

-          Mais qu'est-ce que vous croyez ? ! Personne ne veut mourir ! La mort, pourtant, est un principe inévitable : c'est le lot de chacun.

 

-          Pas ainsi... Nous ne voulons pas mourir ainsi !

 

-          Ils disent qu'à l'heure qu'il est, plusieurs vagues de missiles convergent au nord-est de la capitale. Ils disent qu'il n'y a pas à s'en faire, qu'elles seront interceptées avant de toucher leur cible.

 

-          Je crois que nous allons mourir...

 

-          Nous n'allons pas mourir.

 

-          Maman, c'est quoi, cette lumière qui brille tout là-haut ?

 

-          C'est un ange, mon chéri. Allons, va dans ta chambre. Tu ne dois pas le regarder en face, c'est interdit. Si tu le fixes, il t'emportera sur ses ailes d'argent, de l'autre côté du ciel.

 

-          Le Seigneur...

 

-          Le Seigneur est mon berger.

 

-          Il faut partir. Tirer notre révérence. Le vent, le feu, le grondement des machines de mort... Quoi qu'il advienne, ne lâche jamais ma main. Nous partirons ensemble.

 

-          Nous partirons ensemble.

 

-          Qu'est-ce que vous racontez ? Rien n'est perdu ! Nous pouvons être sauvés ! Il suffit d'accepter...

 

-          D'accepter quoi ? Reprenez-vous ! Il n'y a pas de salut dans le choix que vous faites ! Vous ne survivrez pas !

 

-          Pas plus que vous ne survivrez vous-mêmes.

 

-          Vous ne mesurez pas la gravité de vos paroles. Vous êtes des fous, des imbéciles. Vous désirez mourir.

 

-          Peut-être.

 

-          Oui. Peut-être bien.

 

-          Hélas, pourquoi faut-il toujours rejouer la même scène ? Pourquoi sommes-nous si peu pressés d'apprendre ?!

 

-          Arrêtez de vous lamenter ! Il n'y aura pas de morts, il n'y aura pas de guerre ! Ces rumeurs sont lancées par nos ennemis dans le but de nous affaiblir.

                                                                                                                               

-          Sauf qu'il n'y a pas d'ennemi...

 

-          Pas d'ennemi.

 

-          Il n'y aura pas de guerre.

 

             « ...tombé sur Chicago. D'après l'institut Deucalion de Nouvelle-Angleterre, les pertes humaines peuvent être estimées à deux cent cinquante millions, dont un tiers sur notre territoire. Au vu d'un bilan aussi lourd, il sera impossible de déterminer l'identité des victimes avant l'institution d'une trêve. Toutefois, le gouvernement assure aux familles qu'il est de tout coeur avec elles dans cette terrible... »

 

-          Mes enfants ! Où sont mes enfants ? ! 

 

-          Il faut partir. Il faut passer la Porte.

 

-          Nous n'avons plus le temps.

 

-          Nous n'avons plus le temps ! Viens avec moi, Eléanore ! C'est notre seule chance ! 

 

 

                Autour de moi, tout est fracas, clameurs vibrantes, éraillées, lancinantes... Clameurs que je peux reconnaître : parmi elles se détache, plus distincte, la voix d'Eléanore. Parmi elles se détache, plus sourde, ma propre voix. Tous ensemble, nous crions et nos cris se fondent au néant. Petit à petit, l'espace se déchire.

 

 

-          Alors, c'est ça ? Cette lueur qui grandit, qui approche avec une prudence suspecte...Un reflet, un présage. Une étoile en plein jour, mais qui n'apporterait que la mort pour unique promesse : une mort rapide, instantanée. Trop douce, en somme. Du moins est-ce le voeu que je fais.

 

-          Alors, c'est ça ? Voilà de quoi est capable l'être humain quand on le laisse libre d'agir à sa guise ? ! Malédiction ! Sans doute aurait-il été préférable que jamais il ne taille la pierre, que jamais il ne dompte les flammes et que jamais il ne brandisse le poing pour défier l'univers ! Aujourd'hui, c'est la fin, notre fin, celle de tout ce que nous avons représenté, aussi est-ce pour nous que j'écris ces dernières lignes : pour les enfants, pour l'insouciance, pour les cauchemars, les trahisons... Tous, tous, soyons maudits ! 

 

-          Allez grand-père, raconte-nous une histoire. Avec un prince, une belle princesse, de la magie et une méchante sorcière. Un palais de cristal, un lac, un cheval blanc, des cygnes, des fées, des lutins, des enfants... Raconte-nous une histoire où tout se termine bien, par un mariage, des rires et des chansons.

 

-          « Il était une fois, un prince et une belle princesse... »

 

-          Tout se termine ici, je suis navré.

 

-          Tout se termine ici.

 

 

                Ainsi parlent les fragments d'anciennes lamentations. Ainsi brûlent les tisons de mémoires oubliées. Et tous, ils ont raison. C'est là que notre histoire s'achève, là que les rires se taisent et que meurent les chansons. Il n'y a plus de palais, plus de cygnes, plus de lacs, plus de fées, plus d'enfants. Ma poitrine est comme transpercée d'une lance, mes paumes comme couvertes d'un sang qui n'est pas le mien. Ces voix... Si seulement elles pouvaient se taire, me laisser dormir, cesser de faire mal.

 

M'exaucer, simplement.

 

                Mais non ! Ce voeu n'est qu'un mensonge - un mensonge de plus pour l'homme que j'étais -, car en vérité, je voudrais passer mon existence à écouter leurs plaintes, partager leur calvaire, souffrir comme j'aurais dû souffrir si je n'avais pas été lâche. Est-il trop tard ? Sans doute. Tout ça n'est plus qu'un rêve, de vagues réminiscences, un châtiment - mérité, cela va sans dire.

               

 

     Je vous demande pardon.

 

 

                A peine ai-je chuchoté ces mots que le vacarme se tait : seule cette phrase flotte toujours, répercutée sous les arches d'une voûte invisible.

 

 

Je vous demande pardon. Je vous demande pardon.

 

            Je vous demande pardon. Je vous demande 

 

 

                                                                                                                           Pardon.

 

 

                                      Jeu de paupières.

                                                                                                     

                Marées d'étoiles sur un rivage nocturne, les flots de cendres se dispersent au lointain, le voile de l'éternité se soulève, les planètes rajeunissent, les comètes mortes renaissent, ce qui était poussière surgit de la poussière, ce qui n'était que ruines est à nouveau sur pied. Le temps s'est mis à couler à l'envers et, coulé dans ses pas, un royaume inhumé revient à la surface. Tout est à nouveau comme avant, au jour où rien n'avait eu lieu : je n'ai fait que rêver - rêver les yeux ouverts -, et le rêve a pris fin.

 

                Il fait beau, je suis en ville. C'est une chaude matinée d'automne, de ces moments où les heures s'alanguissent, où le soleil se plait à imposer sa majesté pour mieux anticiper les saisons à venir. L'absence de vent a laissé s'installer la canicule, l'atmosphère en est devenue pesante, dense, étouffante. Répondant à la lumière par plus de lumière encore, les parois des immeubles lancent d'impérieux appels, en miroirs de fer et de feu.

 

                                                                 Où suis-je ?

 

                Une grande cité : New York, Boston, qu'importe. Je sais d'avance ce qui va arriver. L'asphalte des trottoirs colle, le bitume fond dans les braises de l'après-midi. Chape de plomb, tout est calme, comme si la planète retenait son souffle, son ultime bouffée d'oxygène...

 

                Appliqué à ne rien troubler de la quiétude ambiante, je flâne, discret, au hasard des ruelles, avant de dénicher un coin tranquille sous un escalier de service et de m'y asseoir avec nonchalance. Au-dessus de moi, les niveaux s'enlacent en formes étranges, irrégulières... Un matin comme tant d'autres.

 

                Un ciel si clair.

 

               D'une robe unie, limpide, éblouissante,scrutée avec patience, fouillé en quête - pourquoi pas ? - d'un éclair fugitif, inhabituel, qui grossirait de minute en minute : une traînée floue, à peine tracée. Un signe, peut-être. Mais il n'y a rien. Rien que du bleu, quelques nuages. Malgré sa moiteur, l'air a quelque chose de suave, de soyeux. Il fait beau, tout est calme. Après tout, c'est un matin comme les autres. Il fait beau, tout est calme. Il ne se passera rien.

 

                Soudain, me détrompant, les sirènes retentissent. Je ne sursaute même pas.

 

 

                               Eh bien, eh bien...

 

Ni délais, ni retard.

 

 

La Mort s'accroche à sa réputation.

 

                      

                L'alerte code gris vrille la cité entière, sans égards pour l'harmonie de façade dans laquelle elle s'était complu : d'un même élan, les bâtiments de pierre, de verre et de métal lancent le même gargouillis d'effroi tandis que les gens surgissent par milliers dans un sursaut de fièvre aussi pathétique qu'inutile. En foules agglutinées, ils courent, hésitent, ne savent pas quelle décision prendre, trépignent puis reviennent en arrière. Masse anonyme, dépersonnalisée, ils s'effondrent, se piétinent, se mettent à sangloter, cernés par le torrent de véhicules noirâtres qui encombrent les allées piétonnes, se barrent la route, emboutissent les rampes de sécurité... Leurs conducteurs ne savent ni où ils vont, ni ce qu'ils sont en train de faire. Tout ce qu'ils ont en tête, c'est qu'ils vont disparaître.

 

                                La panique. L'impuissance.

 

                La peur triomphe alors qu'ils grimacent, vocifèrent, se tordent dans un mélange de fureur et d'indignation qu'ils ne peuvent contenir. Ils n'échapperont pas à leur sort : il n'y a plus de refuge, ici, là-bas, nulle part... Les portes de leurs domaines se sont refermées derrière eux, si bien qu'ils en sont réduits à s'étendre sur le goudron, à se recroqueviller, à tenter de se résigner, hagards. Mais voilà qu'une seconde plus tard, ils se redressent, se précipitent : ils ne peuvent rien faire d'autre, ne peuvent pas renoncer, ne peuvent se résoudre à abandonner... Même si leur avenir est joué d'avance, ils veulent, ils doivent se débattre jusqu'au bout, aussi se barricadent-ils dans leurs cathédrales en ruine pour réclamer l'absolution,  priant comme jamais ils n'ont prié de leur vie, demandant à mourir sans s'en apercevoir, sans souffrir et surtout, surtout, sans regretter. Tout, oui, plutôt que cette appréhension, ce haut-le-coeur, cette certitude d'une fin à laquelle nul ne pourra se soustraire. Tout plutôt que l'attente, plutôt que le trépas.

 

      Un flash.

 

                Avec le silence, le cadre a changé, les gens se sont enfuis, seule la cité vient encore remplir le vide de la scène... Une autre cité : moins vaste, moins labyrinthique que la précédente, mais pas plus humaine pour autant, coupée en deux par une rivière dont l'eau charriedes monceaux de débris sans formes et sans valeur. Au fond de moi, une sensation inexplicable : celle d'un même jour, d'un même moment mais d'un lieu différent, un lieu où la neige tombe sans bruit, sans heurts, par touches mélancoliques. Quelques accords flânent en coulisse - un mi, un do, un ré, une ancienne mélodie qui vibre en notes aigües, sèches, paresseuses. Plus haut, à deux niveaux de là, la voie orange surplombe le fleuve, et j'y distingue une silhouette, en bord de passerelle, debout sur la rambarde... Celle d'un jeune homme, les cheveux en bataille, le regard tourné vers les nues, les épaules courbées par le poids de la fatalité, seule âme qui vive dans la cité-fantôme. Je ne sais ni ce qu'il fait là, ni qui il est. Pourtant, je sens qu'il n'est pas comme les autres, et il me semble même avoir déjà croisé son chemin, un soir, il y a très, très longtemps : un autre endroit, d'autres flammes dans ses prunelles. Quelque chose en lui me rappelle...

 

                Sur son visage : une expression farouche, déterminée. L'expression de quelqu'un qui sait ce qu'il doit faire.

 

 

Soupir.

 

 

Frisson d'angoisse.

 

 

Tout se termine dans un battement de coeur.

 

 

                Il sourit, retient sa respiration, fait un pas en avant, bascule dans les abysses, tombe parmi les flocons, parmi les notes, les mi, les do, les ré, plus bas, plus bas, plus bas, stoïque... mais jamais il ne franchit la frontière liquide. Tout s'arrête là. Il n'y a plus de nuages, plus de neige, plus de ciel, plus d'été, plus d'hiver, plus d'au-delà où s'évader, seulement de la lumière, de la chaleur, intenses, sauvages, impitoyables : un éclat, mille éclats, brusque avènement d'un nouvel univers. Une exclamation horrifiée jaillit de mille gorges à la même seconde et puis...

 

                Plus rien. La musique ne joue plus. Le froid reprend son règne. Les ténèbres s'imposent en pelletées de terre sur le bois d'un cercueil.

 

 

                      Plus un mouvement. Plus un  murmure.

 

 

 

 

Je me réveille enfin.

 

 

 

*

 

 

                   Un nouveau jour va poindre sur la planète endolorie. Mi-paillettes mi-rosée, elle laisse le soleil naissant l'effleurer, étirer l'horizon jusqu'en ses confins les plus reculés, propager l'incendie jusqu'à la voûte céleste. La clarté resurgit alors, superbe, incandescente, tout à la fois : violente et sage. Arrogante.

 

                                       Souveraine.

 

 

 Avec elle : la vie, les parfums, les couleurs. De nouveaux frémissements, de nouveaux paysages.

 

 Avec elle, le matin : pétales, bourgeons, corolles. Robes de primevères et colliers de lilas.

 

 Avec elle, un oiseau au pépiement curieux : trop régulier, trop harmonieux, qui a tôt fait de s'éteindre dans l'air raréfié.

 

 

                         Pas de nuages, d'orages en toile de fond.

 

 

                Les rayons s'échouent dans la mer et la mer, impassible, pousse ses flots vers une plage où chaque minuscule grain de sable fait comme une pierre précieuse. Tout est calme. Alangui.

 

                               Tout dort malgré le jour.

 

 

                A quelques kilomètres de là, il y a une grande cité : un bijou d'élégance, modèle d'orfèvrerie au seuil duquel le soleil s'arrête un instant avant d'entrer, de prendre ses aises, de gagner ses recoins les plus inaccessibles afin d'en ranimer les fastes, la splendeur d'origine...

 

 

                                                                  Sans grand succès.

 

 

                Avec une obstination aristocratique, la cité reste figée dans un mutisme dont rien ne saurait la tirer, et ce recueillement qu'elle affecte la pare de dignité. Toujours, ses bâtiments se dressent avec la même fierté. Toujours, ses routes s'enlacent avec la même inspiration. Toujours, ses boulevards se prolongent avec le même aplomb, et cependant... les ronds-points restent à l'abandon, aucun glisseur n'en emprunte plus les rails. Au fil des mois, les pistes se sont craquelées, l'herbe a poussé au creux de leurs rainures : une herbe sèche, courte, malade, dont la teinte ocre jure avec l'excessive blancheur des lieux.

 

Mais après tout, qu'elle jure ! Qui cela dérange-t-il ?

 

                Personne n'arpente plus ces trottoirs usés - sinon, parfois, l'ombre de quelque animal perdu. Avec le temps, la nature retrouve son domaine : des plantes grimpantes colonisent les remparts, la rouille dévore les lampadaires, des buissons rachitiques s'élèvent à chaque intersection tandis qu'inexorablement, les environs retrouvent leur authenticité. L'immense cité n'est plus, elle n'a plus de fonction, de raison d'être. Ses systèmes informatisés, ses bornes de connexion, ses centrales d'éclairage ont fini par suspendre leurs rondes automatiques, pareils à des jouets cassés, des répliques soignées dans leurs plus petits détails.

 

Des répliques obsolètes.

 

                Quant à ceux qui l'avaient construite et qui étaient censés y vivre... Où étaient-ils passés, tous autant qu'ils étaient ? ! Nulle part, on n'en devine les traces : pas de carcasses, pas de signes de dégradation, aucun dégât notable, rien pour suggérer le moindre mouvement de panique. Quant à la guerre...

 

                             Quelle guerre ?

 

                En y regardant de plus près, ce ne sont pas des vestiges - du moins, pas vraiment - : la cité gît, sans connaissance, en attente d'un réveil prochain, fidèle à ce qu'elle était en une époque prestigieuse qu'elle commémore à sa  manière. Une reine, vêtue de ses plus beaux atours, prête à remonter sur son trône, à les accueillir lorsqu'ils reviendraient. Toujours blanche, lisse et blême. Grande et belle.

 

                               Comme avant.

 

                Insensible à tant de prestance, l'aurore reprend son pèlerinage et, sans plus de cérémonie, va s'égarer ailleurs. Bientôt, ses doigts se heurtent à la lisière d'une forêt dont l'obscurité résonne d'un constant brouhaha de poursuites et de branches cassées. Plus d'un trésor sont dissimulés sous ses feuilles, sur lesquels elle veille avec attention. Ainsi, par-delà son rideau champêtre, derrière les troncs et les guirlandes d'épines : un hameau au charme éthéré, quelques poutres, quelques murs, quelques tas de pierres effondrés au milieu d'une clairière... Et malgré tout, les visiteurs pourraient sans peine partager son secret car à n'en pas douter, le hameau est un nouveau monde : tel bosquet de fougères s'est accaparé l'ossature d'un antique véhicule, tel entrelacs de ronces est venu transformer un portail de transport en sculpture végétale. Quelque part sur la droite : des rangées de chaumières où le roc prédomine, d'étroits sentiers au tracé indistinct. Plus loin : un clocher recouvert de mousse. Tous ces objets, tous ces fragments d'objets ont trouvé un rôle d'importance. Complices involontaires, ils aident la forêt à renaître, à reconquérir les terres de sa gloire d'antan. Des gens y sont morts, cela ne fait aucun doute - des gens sont morts, on les a oubliés - mais l'endroit n'en est pas moins animé, pas moins vivant...

 

                Ici, un petit chat s'apprête à escalader la barrière dressée sur son chemin. Là, deux enfants se lancent un gros ballon gonflable et s'esclaffent à chaque passe manquée. Au pied de la maison voisine, un homme somnole dans un hamac de sa fabrication. Une jeune femme s'approche, coiffée d'un chapeau de paille. Assis sur un banc vermoulu, deux amoureux discutent avec une tendresse de première rencontre, et l'employé des Postes qui les toise au passage fait mine de ne pas les envier. Un peu plus bas, il croisera une mère de famille, landau à bout de bras, une petite fille en pleurs cramponnée aux pans de sa jupe. Dans le village, tout est serein, et cette sérénité a un goût de mystère. En dépit de l'agitation qui règne, nulle voix, nul bruissement ne se fait entendre. La vie n'a pas cessé, et cependant...

                               

                Jamais le petit chat n'escalade la barrière. Il se tient à l'affût, cambré, prêt à bondir, mais il ne s'élance pas, il ne peut s'élancer et de toute façon, à quoi bon ? La barrière n'existe plus depuis des décennies - des siècles, peut-être. Poings levés, bouche ouverte, les deux enfants restent debout, immobiles, à guetter un ballon qui ne retombera plus. Rien ne semble pouvoir perturber l'homme au hamac : peut-être dort-il profondément ? Quant à la jeune femme au chapeau... Elle fixe un point précis du ciel, comme si elle saisissait un reflet singulier au vert de ses iris. Reflet dont elle ne se détourne pas.

 

           Un reflet dont elle ne peut pas se détourner.

 

                Tous ne sont plus que des ombres, désormais : des ombres dépourvues de matière, délaissées, solitaires. Figées, elles aussi, sur des morceaux de briques, piégées dans les tréfonds d'un sanctuaire d'arbres et de vent, condamnées à hanter sans fin ces lieux imputrescibles, ne s'estompant que parce que la nature leur édifie un caveau en plein air. En leur mémoire, les plantes poussent et grandissent. En leur mémoire, des bouquets de fleurs blanches s'épanouissent sur leurs tombes alignées pour en masquer la honte, l'insignifiance.

 

-          M'aimeras-tu à jamais ?, susurre l'ombre de l'amant à l'oreille de sa bien-aimée.

 

                Celle-ci voudrait pouvoir répondre mais les bombes l'ont fait à sa place. Oh oui, ça, elle t'aimera ! Jamais sa douce main ne lâchera la tienne. Vous vous sourirez pour l'éternité, peints sur les décombres d'une grange dévastée. Vos contours maladroits ne s'effaceront jamais, jamais... tout comme jamais tu ne la serreras sur ton coeur, tout comme jamais tu ne toucheras ses lèvres. C'est là le prix qu'il faut payer un amour immuable. L'ardoise qu'il faut régler pour une couronne d'étoiles.

        

                Blafard, le crépuscule recouvre le dôme de ce royaume sans roi qui ronronne d'une frontière à l'autre. Dans une minute, la lune va apparaître, drapée de soie légère et d'une traîne de satin.

 

 

                                        La lune.

 

 

                La princesse des soupirs, la perle du firmament. Celle qui pleure pour les morts, pour ceux qui ont souffert. Celle qui, de ses sanglots, apaise et réconforte. Qui fait de sa pâleur un baume miraculeux. Oui elle viendra, avec la candeur d'une ballerine, la pointe de ses pieds sertis de diamants. Gracieuse, elle s'élèvera.

 

 

                                         Et alors,

 

 

                             Ce sera

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                           Une nouvelle fois :

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                           Une nouvelle nuit.                       

 

 

 *

 

 Bonus 1 :

 

 

 

 Une page de réécriture dans la bonne moyenne.

 

Bonus 2 :

 

Le Synopsis :

 

Teasing - Ce Qui Etait Poussière

 


L'Humanité n'est plus. Elle a été anéantie dans un grand tourbillon de feu et beaucoup de temps a passé ensuite. Depuis, la Terre panse ses blessures. Rien ne semble plus pouvoir en troubler la quiétude. Il n'y a eu aucun survivant. Il ne pouvait pas y en avoir. Pourtant... 
 
Dans une étrange maison perchée au sommet d'une étrange colline, quelque part sur une lune couverte de champs et de forêts, un non moins étrange jeune homme - nostalgique et désoeuvré - parait attendre, attendre, attendre encore... mais quoi ? Le sait-il seulement ?

 

Lui seul en a réchappé, lui seul se souvient, et chaque nuit, les fantômes de son passé attisent des remords et des peines dont il ne parvient pas à se défaire. Inlassablement, les jours se répètent, suspendus au fil d'une éternité truquée entre musique, livres, discussions avec une voix désincarnée qu'il imagine peut-être et qui n'est peut-être que sa propre voix... Jusqu'à ce qu'« on » sonne à la porte. 
 
Et voilà qu'apparaît une petite fille d'à peine douze ans, qui prétend avoir été guidée par des fées et qui, en plus d'avoir les mêmes yeux que sa défunte femme, porte le même prénom qu'elle. Une fillette aux paroles énigmatiques, qu'il a déjà croisée en rêve et qui, amnésique, le supplie de l'aider à retrouver ses parents.
 
En conséquence de quoi devra-t-il se résigner à faire face à ce qu'il voulait éviter : retourner sur la Terre et affronter ce qui le terrorise. La vérité. Sur lui, sur elle, sur la guerre, sur la mort de sa femme et sur la race humaine. Peut-être, par ce voyage, comprendra-t-il ce qui est vraiment arrivé. Peut-être verra-t-il comment les choses ont tourné. Peut-être réglera-t-il ses comptes avec un passé qui le marque comme une cicatrice au fer rouge. 
 
Au-delà de cette quête initiatique, la véritable aventure sera « intérieure » : il s'agira pour deux êtres égarés, autistes, meurtris, d'avoir une seconde chance au travers l'un de l'autre. De réapprendre à vivre, à aimer, à sourire. De se guérir l'un l'autre et même, de s'élever, de devenir meilleur, de réapprendre à « être humain » pour pouvoir «devenir plus ». L'un la saisira, l'autre pas. Ils se donneront la main. Ils se tourneront autour dans une valse insensée de sous-entendus et de faux-semblants. Peut-être s'aimeront-ils, d'ailleurs...  
Qu'importe. 
 
Leur histoire n'est qu'un leurre. Tout a commencé bien avant, dans une toute autre époque et dans un autre lieu. Cette rencontre n'est qu'un dernier acte avant que ne se referme le livre de l'humanité. Un dernier acte où se croisent William Shakespeare, Novalis, la reine Mab, les trois Parques, des intelligences artificielles aux prénoms d'archanges, un chat au nom de magicien, des fées, des monstres, des rêves, des souvenirs, des anciens mythes, le tout sur fond de blues et de philosophie... 
 
L'histoire n'est qu'un prétexte. L'auteur lui-même est un menteur. La vraie question est : « qu'y a-t-il vraiment dans le coeur de l'homme » ? « L'homme peut-il s'élever » ? « S'élèverait-il, s'il le pouvait » ? « Le voudrait-il seulement» ? 
 
Et quant à la réponse... 

 

« Bientôt » dans vos libraires préférées.

LOL.

 

 

Et en bonus casserole encore plus exclusif, un compte-rendu de comité de lecture qui aurait pu me faire bien mal au coeur...

 

...s'il n'allait pas, sans le savoir, exactement dans le sens où je désirais aller.

Et puis il y a pire dans la vie que d'être comparé, même de très loin, à Monsieur Goethe.

 

Voilà voilà, braves gens. On ferme.

Allez cuver ailleurs.

Sur ce blog, vous n'aurez jamais que la cuite, et pas la gueule de bois.

Ajouter à mes favoris Commenter (28)

Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
Signaler
Le Gamer aux Mains Carrees
O___________O
Non mais les mecs, vous abusez. C’est déjà pénible de devoir clôturer un blog alors que bloguer, ben on adore ça, alors si en plus vous y allez de messages aussi classieux, amicaux et émouvant, ça va pas le faire du tout, non mais ho. Ça va pas bien, un peu, oui ? Même Mr Furieux s’y met, avec un lyrisme inattendu mais stylé (moi je m’attendais bêtement à une bifle), comme s’il était tout à coup possédé par l’esprit de Grobisou, seigneur Bisounours de la huitième strate infernale… c’est pas rien.

J’aimerais, oui, vraiment, pouvoir vous répondre à tous un par un, mais ce serait me faire mentir : je n’ai pas plus de temps libre aujourd’hui que la semaine dernière, hélas. Mais voilà, vous êtes tous dans mon cœur, j’y ai aménagé une salle de tortures exprès pour vous (et pour vous préparer psychologiquement au prochain MGS, ne suis-je pas exquis ?).

Je suis donc contraint de me contenter de répondre laconiquement aux questions posées, et un peu plus longuement (mais pas assez à mon goût) à ceux qui m’ont laissé des commentaires critiques sur mon début de biduletruc. Notamment à Celim qui attend mon « botté en touche » avec une impatience non dissimulée.

@Fouals :

Evidemment que je reste dans le coin. J’ai encore de quoi troller la section Gameblag pendant loooongteeeemps et sans efforts. Pour le résultat que l’on sait. Et maintenant que tu as un blog, je pourrais aller t’embêter jusque chez toi. ;)

@Donald :

Je me suis mal exprimé : j’ai bien le net au bureau, mais je n’ai plus la possibilité temporelle et physique de m’en servir à des fins personnelles. Et ça suffit malheureusement à faire la différence.


@Celim :



J’ai bien eu raison de te surnommer le Grim Reaper du texte littéraire, toi. Et j’avoue que ton com’ était celui que je redoutais le plus. J’avais bien raison, de toute évidence, même si je m’attendais à pire (en espérant secrètement mieux, évidemment). Ceci étant, je te rassure, j’ai bien noté qu’il y a avait du positif, voire du très positif, dans ton compte-rendu de lecture. Mais tu sais comment on est, nouzautres : on se focalise plutôt sur ce qui ne va pas.
Pour autant, je suis ravi que « l’ambiance » fonctionne, vu que je décris moins des décors, des personnages ou des moments, que je ne m’applique à les donner à ressentir, à les caractériser par l’impression qu’ils procurent plutôt que par des traits bien définis à la Zola.

Au sujet de la « lourdeur », je suis conscient de ce problème potentiel : avec un style d’écriture façon « romantisme allemand », c’est le fil de l’équilibriste en permanence, on passe son temps à hésiter entre le « trop » et le « trop peu », et à chercher un équilibre parfait. Equilibre parfait qui, on s’en rend vite compte, ne peut qu’être très subjectif et donc, ne peut que varier d’une personne à l’autre. Bref, cause perdue et arrachage de cheveux (heureusement qu’il ne m’en reste plus tant que ça).

Concernant le ternaire et les surdescriptions, j’essaie d’y remédier : je coupe beaucoup, en ce moment (visiblement, pas assez :lol: ). Je perds de une à trois pages par chapitre, preuve que je ne chôme pas non plus, en la matière. Mais je conçois que ça puisse ne pas être suffisant. Sans doute couperais-je encore un peu en bout de course. Mais je tiens cependant à conserver l’esprit dans lequel le manuscrit a été écrit il y a quatorze ans de ça. Là encore, c’est une histoire d’équilibre impossible à trouver, dans la mesure où je ne veux pas seulement narrer une histoire au mieux de mes capacités, mais où je veux aussi produire un objet écrit qui vaudrait en tant que tel. Non par orgueil ou prétention, mais parce que ce bouquin, c’est aussi, voire d’abord, une somme, un hommage à tout ce qui m’a forgé, en tant qu’être humain comme en tant qu’imaginateur. Le sens de mes mots, à force de remettre l’ouvrage sur le métier, je l’ai perdu de vue depuis trop longtemps. Mes obsessions ne sont plus que rythmiques, cassures, fluidité, effets de style. Je veux une prose qui soit le plus proche de la poésie possible. Ou vice versa. Ce qui peut, j’en conviens, empiéter sur l’histoire à raconter. Mais ma foi, n’en est-il pas de même dans la plupart des grandes œuvres de la dite grande littérature ? (sans que j’établisse de parallèle ou de lien de causalité, attention).

Pour ce qui est des conventions typographiques, certaines sont indispensables par rapport à ce qui doit suivre, et sont porteuses de sens. Mais effectivement, la plupart disparaîtront en bout de course. Ce sont les vestiges d’une époque où j’étais plus « dessinateur BD » que faiseur de mots, et où j’éprouvais énormément de mal à faire une croix sur tout aspect potentiellement graphique dans la narration.

Dommage que tu n’aies pas relevé la phrase qui te déplaît le plus (s’il n’y en a qu’une, tu me diras, c’est déjà bon signe) : j’aurais pu voir si on tombait d’accord sur la même. ;)

Quant aux cascades d’adjectifs, là encore, c’est un problème potentiel dont je suis conscient, et qui relève là encore de la même question d’équilibre impossible que j’évoquais plus haut et par deux fois. Il ne s’agit pas d’en jeter pour autant : tu noteras que je n’utilise (volontairement) qu’un vocabulaire commun et accessible. Je pense qu’à l’opposé, à l’origine, c’était plutôt l’expression d’un manque d’assurance, la crainte de ne pas en faire assez pour que la sauce puisse prendre, une façon de se rassurer quant à la littérarité de l’ensemble, de se prouver à soi-même que « ce n’est pas mal écrit ». J’en suis revenu depuis, raison pour laquelle je sabre en ce moment. Mais j’ai peur de tomber dans l’excès inverse et de trop enlever, et perdre ainsi en route une part essentielle de l’identité de mon truc. Parce que le choix de ce style ampoulé n’est pas gratuit non plus, qu’il est lui aussi porteur de sens. Je dois donc, une nouvelle fois, arriver à enlever assez pour que cette abondance ne s’étouffe pas elle-même à trop se répéter, mais pas assez pour y perdre ce côté ampoulé, hors du temps et romantique. Note aussi qu’autisme oblige, je n’ai pas, moi, l’impression de jouer avec les synonymes. De mon point de vue, chaque terme choisi apporte une précision, fait jouer une nuance, précise, complète, au lieu de répéter. Il ne s’agit pas d’écrire trois fois la même chose pour remplir des espaces vides, mais de suivre un cheminement intérieur. On passe de « déçu » à « triste », puis de « triste » à « affligé ». On peut y voir une itération, moi j’y vois une progression nécessaire. Porteuse de sens, encore. Mais il est possible que ça ne vaille que pour « les gens comme moi ».


@Strife :

Je te rassure : même si l’ensemble du récit donne dans les excès lyriques, seul le prologue et l’épilogue sont rédigés de façon aussi absconse, abstraite, elliptique et « décorporée ». Les chapitres entre l’un et l’autre paraissent, je pense, plus tangibles, plus concrets, mieux cadrés, même s’ils s’offrent parfois quelques sorties de piste jubilatoires (pour moi, au moins). D’ailleurs, et ça y fait beaucoup, ils sont quant à eux rédigés au passé de narration et à la troisième personne du singulier.
Evoquer plutôt que décrire, ça a été une des nombreuses obsessions qui ont conduit ma plume. Pour autant, je te rassure : par la suite, ça tourbillonne moins, et seulement à dessein. La plupart du temps, il y a une ligne de progression et on la suit de manière implacable. Oh, et on comprend, aussi. Pas toujours, c’est certain, mais c’est voulu et ce n’est que partie remise : à la fin du bouquin, en théorie, il ne reste aucune interrogation.

Ta comparaison avec l’Art Nouveau est très judicieuse, ceci étant. C’est vraiment dans cet esprit que ce texte cherche à s’inscrire. Tout en essayant de faire en sorte que Bob l’obèse puisse s’appuyer dessus quand même. Pas étonnant qu’il me faille autant de temps pour finaliser mon travail, dans ces conditions.


@Waldo :

Je comprends qu’il puisse y avoir agacement au niveau du point de tension relevé et je te rassure, cet effet est beaucoup moins usité par la suite. Le prologue et l’épilogue restent des morceaux d’écriture à part, comme je l’expliquais à Strife. On y trouve tout ce qui va composer les chapitres suivants, mais de façon plus concentrée et plus « éthérée ».
Ceci étant, il me semble que cet effet ne s’étend qu’au premier tiers, voire à la première moitié dudit prologue, non ? On passe assez vite à autre chose quand même. J’espère, en tout cas.

Pour ce qui est des arabesques, je suis heureux de constater ce qui, jusqu’ici, n’était qu’une théorie personnelle : tout le monde n’appréciera pas, mais tout le monde n’y sera pas réfractaire non plus. Il faut avoir « l’état d’esprit », j’imagine. Mais comme le fond du récit fait écho à sa forme, et réciproquement, au moins, je ne mens pas sur la marchandise et mes circonvolutions stylistiques peuvent faire office d’avertissement au lecteur. C’est toujours ça de pris.
En ce qui concerne la brève analyse, je t’assure qu’elle est 100% authentique. Simplement, elle porte sur l’épilogue de la première partie, et pas sur ce chapitre-ci. C’était au tout début de l’écriture de ce machin, j’étais au chômage, je devais remplir des contrats d’objectifs pour toucher mes aides financières, et certains de ces contrats concernaient mon bouquin (quelle belle époque ! ;) ). Le faire « diagnostiquer » par des « professionnels » en faisait partie.
Ironbobbi
Signaler
Ironbobbi
Super Blog !
Je t'ai ajouté à mes favoris !
...
Vous fermez ?
...
J'avais pas vu le temps passé !
Donald87
Signaler
Donald87
Pas cool mais où vas tu donc pour ne pas avoir de connexion ...

C'est un départ "forcé" sans l'être vraiment, ce qui est rassurant :)
Waldotarie
Signaler
Waldotarie
J'aurais tout de même pris le temps de lire ton pavé d'adieu avant de te souhaiter un au revoir dans les règles (c'est à dire à demain, puisque tu traînes toujours dans les parages, tout comme moi. Avec moins de temps à y consacrer, tout comme moi). Je te dois toujours une finalité d'explication qui plus est, je ne t'oublies pas ! ;)

Concernant ton texte, le point qui me gène est cette alternance trop prononcée de phrases courtes et de paragraphes (le rythme ternaire décrit par Celim, si je comprends bien ce que veut dire l'animal). Disons que cet effet de style marche très bien un moment, et lasse rapidement. Quand il devient prévisible, il devient un peu lourd à lire.
Contrairement à Strife et Celim, je ne suis pas outre mesure gêné par le style en arabesque un peu ampoulé employé par la suite. Et même, j'aime bien.

Et je ne retrouve pas du tout ce que j'ai lu dans cette brève analyse qui traîne après le texte... Peut être parce qu'à force d'apprendre à te connaitre, je suis sûr de n'avoir pas qu'une suite de clichés ? (Avoue-le, c'est tellement étrange... c'est toi qui l'as écrit ? :P)
Strife
Signaler
Strife
Aïe! Du lyrisme! :P

C'est très joli mais si tout ton récit est dans ce style plutôt chargé en métaphores tu risques de perdre le lecteur. J'aurais du mal à lire 750 pages de jolies phrases si j'en oublie ce que ces mots cherchent à raconter. Là ils évoquent, on comprend, mais ils continuent d'évoquer, viennent et reviennent, tourbillonnent bien après que l'on ai compris le fond de l'affaire.

Ça me fait penser à l'Art Nouveau: Certes cette rembarde en fer forgé est de la plus grande élégance avec ses motifs floraux alambiqués, mais tiens-t-elle le coup si Bob l'obèse s'y appuie? ;)

Pour le sujet premier, ce n'est qu'une prise de distance et la vie continue, étant ce qu'elle est.
Je n'ai pas grand chose à ajouter, donné ce que je sais, ce que tu sais, ce qu'il nous reste - ou pas - à dire, à partager.

Au revoir. Repasse quand tu veux, la porte reste ouverte. Oserai-je un "merci"? Nan, je le garde pour ton vrai - fut-il réel ou métaphorique - lit de mort :P
Fouals
Signaler
Fouals
J'espère quand même voir un peu de tes commentaires ou tes gameblags... Mon maître spirituel s'en va...
Celimbrimbor
Signaler
Celimbrimbor
Ah ben flûte, un trublion de moins. Tant pis.

Bon, pour le texte : je n'ai pas accroché. Bon, je suis crevé en ce moment, ça doit jouer. Je trouve que tu arrives à poser une ambiance assez intéressante mais, justement, il n'y a que cela. Comment dire ?
Tu réussis le tour de force de créer une ambiance légère, de dénuement, de dénouement aussi (ahah, que je suis drôle), en étant bavard en diable voire, presque, parfois, lourd. Cela vient d'un usage de la répétition un peu abusif parfois (le ternaire, c'est joli, mais tous les deux paragraphes ?), d'une surabondance de descripteurs, tout le temps, partout. Ce qui créé un second problème : tu joues du passage du gros descriptif à la pointe rapide. Sauf que ton alternance est ultra précise. Ce qui fait qu'en tant que lecteur, au bout du troisième coup, je sais qu'à chaque grand paragraphe correspondra une reprise plus courte, synthétique, qui me renseignera sur le personnage. Et donc, je saute, parce que j'ai compris que la ville était déserte, j'ai compris que c'était beau et triste, mais que bon, faut avancer. Je schématise très grossièrement, mais ça me fait un peu cet effet là.
Tes conventions typographiques sont amusantes mais je n'en vois pas la nécessité. Pourquoi mettre en exergue autant ton personnage principal sachant qu'au premier "je" il est identifié ? Pourquoi mettre certains dialogues en gras et pas d'autres ? C'est utile, sans doute, mais un poil vulgaire, je trouve. Tu prends le lecteur par la main, peut-être un peu trop.
Après, tu as une phrase qui ne me plaît pas : trop ampoulée, trop pesante, trop lourde par moment, je n'arrive pas à l'ôter de l'idée l'impression que tu en jettes pour en jeter. C'est une impression assez délicate à expliquer, je te présente mes excuses. Mais disons que j'ai le sentiment que tu ajoutes tes cascades d'adjectifs pour le plaisir de jouer avec les synonymes. Si cela passe au début, au bout d'un moment, cela me lasse, énormément. Aucune idée du pourquoi.
L'ambiance est très intéressante, par contre, un joli ton terne, délavé, qui me plaît beaucoup.

Enfin voilà.
Je ne suis pas clair. Encore.

Celim.
MrFurieux
Signaler
MrFurieux
Dans les moments où on ne sait que dire, il vaut mieux fermer sa gueule. Ce que je ne ferai pas.

Prends le temps qu'il faut, imposé ou non, on est pas pressé, on a tellement de pavés à découvrir ou redécouvrir.

Souviens-toi de ce que disait Renaud : "Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des Tidus". Enfin, je crois.

Et bien non ! Le temps n'est pas assassin. Certes, il emporte avec lui les rires des Tidus, mais c'est pour mieux les répandre sur le monde. Et je sais que cette simple pensée te réjouira dans les moments de doute.



Image IPB

Vole, vole, ô rire enchanteur ! Et tant que tu voleras, ce blog restera là, tel une sentinelle, prêt à te descendre en plein vol.
Nintenboy
Signaler
Nintenboy
C'est malin, moi qui préparait mon retour, tu te mets en motion pause... :/
Voron
Signaler
Voron
Une page qui se tourne :(
Mais bon t'es toujours dans le coin, c'est l'essentiel !

J'ai pas lu encore le chapitre, je le ferai ce soir je pense.
Lapino
Signaler
Lapino
Comme d'habitude.... le temps.. le temps.. toujours le temps.... Ou plutôt son manque, à cause de qui tu vas raréfier tes publications, à cause de qui je ne lis que la moitié de ce que tu écris, bien malgré moi.

On ne va pas parler de "souvenirs" ou de "traces laissées" dans la Communauté puisque tu ne la quittes pas. Mais c'est sûr que ça va faire un sacré vide. Car même si je ne les lisais pas tous tes pavés, le simple fait de cliquer sur tes titres et de voir qu'il me fallait 1 minute montre en main pour arriver en bas de page avec la mollette me faisait déjà sourire !!!

Bonne chance pour ta nouvelle aventure et .... à bientôt... donc... or....

;)
Kurokami
Signaler
Kurokami
Courage pour la suite de l'écriture et pour ton nouveau travail et ta nouvelle vie ! J'ai encore pas mal de pavés à lire sur ton blog, je ferai ça quand j'aurai aussi le temps. C'est nul de vieillir n'empêche et surtout quand tu as fini tes études ! Enfin bref, j'attends de voir tes petits troll drolastiques - même si certains sont parfois un peu abusés ^^.
Joniwan
Signaler
Joniwan
bisous mon cochon, j'espère bien te voir dans le coin encore looooonnnnngggggtemps !
Migaru
Signaler
Migaru
Je te remercierais volontiers pour tous les éclats de rire et le plaisir général que j'ai eu en lisant tes articles, mais ça ferait un peu trop "message d'adieu", donc je me contenterais de te souhaiter toute l'abnégation possible pour mener à bien ce difficile projet, en espérant te revoir traîner dans le coin à l'occasion (d'une sortie malheureuse dans la presse d'un ponte d'une grande société créatrice de RPGs basée au japon, par exemple) !

A très vite, donc ;)
ladanettedu94
Signaler
ladanettedu94
Purée ça m'a foutu le cafard...
Je lirai le prologue ce soir, quand je ne serai pas devant un écran de la taille d'un timbre.

D'ailleurs, guette mon blog dans la semaine, je vais te faire un hommage qui devrait te plaire !
Cinemax
Signaler
Cinemax
Si c'est par rapport à ton article closer d'hier, c'était une blague, hein, je ne t'enlève pas des favoris !

Tu restes, hein ?....hein ?

Je sais que dans ce que tu viens d'écrire tu précises que tu resteras dans le coin, que tu alimenteras toujours un peu le blog, mais quand même c'est le genre d'article qui fait peur...tu dis aussi que tu seras beaucoup moins présent... :/

Donc j'espère que tu resteras effectivement bien dans le coin et que ça ira dans ton nouveau travail et que tu réussiras à terminer ton livre !

Ton prologue est très intéressant et surtout très intriguant. :)
Maniax
Signaler
Maniax
Très joli article pour une fin dans le genre très "happy end".
Kalakoukyam
Signaler
Kalakoukyam
Je le lirai plus tard ce pavé, pas le courage là. @__@

Ou, comme on vient de me l'apprendre, tl;dr lol.
Karas
Signaler
Karas
Ce qui me fait garder le sourire tout de même, c'est de voir que le "NON" pèse plus dans la balance que le "OUI" :D
Sinon, je pense également qu'il y a pire comme "Note de lecture" :o Avoir une plume qui trempe dans l'encrier de Goethe est loin d'être une tare, surtout quand on se lance dans un genre qui produit en général des clones au niveau du style.
Yaden
Signaler
Yaden
Bon courage pour la suite, pour ton travail mais surtout pour ton roman ! Ne t'inquiète pas, Square-Enix sera toujours là pour égayer nos longues soirées sans pavés à lire !
ipiip
Signaler
ipiip
je le savais !!!!
-Dan-
Signaler
-Dan-
Triste journée ! Mon premier contact avec la communauté Gameblog :( :(

Magnifique post, par contre !
Locutus
Signaler
Locutus
Si ce n'est qu'un au-revoir, alors je like ^^

Dans le cas contraire, je sais où tu habites, je ferai 666 km et je viendrai te botter les fesses en hurlant "Hou Sammy !" à tue-tête :evil:
Kahnettan
Signaler
Kahnettan
Je lirais le prologue plus tard.

C'est ton choix, de laisser ce blog prendre les toiles d'araignées, enfin même si je n'étais plus trop d'accord avec ta "ligne éditoriale" et ses trolls quotidien, je continue à penser que tu as une plume juste excellente, et que tes vrais pavés méritaient leur succès.
J'espère avoir l'occasion d'en lire de nouveaux, bientôt.
Luciole
Signaler
Luciole
Pas le temps de lire le chapitre, j'y reviendrai plus tard. Mais je like quand même car j'ai lu le reste et sinon je vais oublier.

Édito

 

pour : "Le Gamer aux Mains Carrées, l'homme qui murmurait à l'oreille du manque de race"

(Du coup je ne sais pas trop comment je dois prendre cette distinction)

 

Gameblog Community Award de l'article de l'année 2016 pour un post sans texte, c'est sûr, ça fait toujours plaisir, mais c'est quand même assez surprenant.

Ce qui l'est beaucoup moins, par contre, c'est que ce post traite ENCORE de Final Fantasy.

 

Bref, pour de vrais "articles de l'année" passionnants, passionnés, pertinents et bien écrits, allez plutôt lire :

- Migaru

- Noiraude

- Snake_in_a_box

 

 ET QUE CA SAUTE, COMME TIDUS DANS L'INTRO DE FFX !

 

*

 

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

Archives

Favoris