ERROR 404 BLOG NOT FOUND

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Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 03/12/16 à 15h27

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Final Fantasy XV.

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On voulait y croire, c'était écrit en larges caractères blancs sur le poster.

On voulait y croire, on a essayé, de toutes nos forces, seulement on ne le pouvait plus.

On n'avait plus la foi.

14 ans.

C'est le temps qu'il a fallu pour qu'on nous l'arrache, qu'on nous en prive à notre insu, un peu plus à chaque mois qui passe.

Ce n'est pas tant la saison 10 de X-Files, qui est un échec.

C'est l'univers qui nous a filé entre les doigts.

Carter a fait ce qu'il pouvait mais c'était peine perdue : X-Files ne pouvait pas revenir.

X-Files n'est plus de ce monde.

X-Files ne pouvait exister qu'au sein d'un espace-temps aux frontières du réel. Un espace-temps écartelé entre science et superstition, fantasme et clairvoyance.

Un espace-temps qui n'est plus le nôtre.

 

Un aboutissement, dirons-nous - avec enthousiasme pour certains, amertume pour d'autres.

Car pour commencer, nous avons tué nos fées, nos faunes, les dieux païens qui se cachaient dans la mousse, sous les pierres, dans les ronds des rochers sur l'eau. En grandissant, nous leur avons tourné le dos et nous avons cessé de croire en eux au nom d'un Dieu unique qui n'a rien amené de mieux, sinon plus de conflits, de tension et d'obscurantisme. Puis nous l'avons tué à son tour, au nom d'un autre Dieu, plus accessible, que nous avons appelé la Science, et qui nous a moins apporté qu'il ne nous a enlevé. Froidement, méthodiquement, atome après atome, nous avons désenchanté le monde, nous l'avons disséqué, nous lui avons enlevé ses vertiges et angoisses existentielles.

 

X-Files, à l'opposé, est née d'un besoin collectif de maintenir un équilibre entre c½ur et raison, de garder l'inconnu à portée de chimère. Elle s'est emparée des derniers farfadets, des derniers succubes, des derniers anges et nous a commandé d'y croire encore, sous d'autres noms, d'autres formes, d'autres traits – plus modernes, plus tangible, plus actuels.

C'était sa force et mieux que sa force, sa magie : souffler sur ses braises faiblissantes avant qu'elles ne s'éteignent.

 

On ne pouvait plus croire aux lutins, on était trop savants pour ça, mais il nous restait les petits hommes verts, ou bleus, ou gris, ou cachés dans l'ombre d'un escalator. Que les loups garous soient malades, ou mutants, ou hybrides, ils couraient tous de la même foulée sous le vent, si bien que nous ne perdions rien au change. Nous vivions nos croyances différemment.

Et nous nous étonnons du fiasco de ce revival ?

 

Pendant 14 ans, nous avons oublié de regarder le ciel - non pas pour ce qu'il est, mais pour ce qu'il devrait représenter.

 

Comment une série de six épisodes aurait-elle capable de lutter ?

 

Que lui reste-t-il, au-delà, maintenant que nous ne savons plus - ni ne voulons plus - croire, à une époque où tout est confronté, contesté, tourné en dérision ? Une époque d'ignorance éclairée où l'homme n'en sait pas plus, ou si peu, mais se repose sur la conviction que quelqu'un d'autre, quelque part, sait à sa place. Une ère de scepticisme qui a levé le voile sur nos plus belles énigmes. Plus de Triangle des Bermudes, plus de monstre du Loch Ness, plus de Marie-Céleste, plus d'OVNI dans le contre-jour. Les Krakens ne sont plus des calamars plus gros que la moyenne. Rien de bien romanesque.

 

En 1993, un lac qui se vidait en quelques heures aurait enflammé les esprits.

Des roches qui se déplacent dans le désert auraient inspiré mille intrigues d'une belle invraisemblance.

Aujourd'hui, c'est à peine s'ils suscitent un haussement d'épaule indifférent.

Car ça s'explique, on le sait bien. Si ce n'est ce soir, ce sera demain. Or le moment venu, on n'aura pas envie d'être de ceux qu'on raillera pour leur imagination trop fertile.

 

Que leur reste-t-il, à Mulder et Scully, dans notre quotidien 2.0 ?

Quelques os à ronger, quelques hoax à dépoussiérer, quelques allumés du bocal avec des pots de yaourt sur la tête...

 

Au-delà, et c'est la vraie question que pose cette saison X, sans le vouloir : que nous reste-t-il à nous ? Pour rêver, nous projeter, nous remettre en question ? A quels nouveaux dieux avons-nous sacrifiés les anciens, et pour quels bénéfices ?

 

 

Si cette saison X est si creuse, au fond, n'est-ce pas à cause de la réalité dans laquelle, par principe, elle est obligée de s'ancrer ?

En 2016, quels secrets peuvent encore faire vibrer les foules, sans que celles-ci vous rient au nez ?

En quels monstres peuvent croire ceux qui ne croient plus en rien ?

Ceux qui ne jurent que par le scepticisme ?

Dans quelles constructions fantasmatiques puiser, désormais, pour brouiller les frontières ?

De plates histoires de conspirations pharmaceutiques, des fables prométhéennes sur les manipulations génétiques, quelques questions timides sur les états de conscience altérés, quelques réflexions symboliques sur les légendes urbaines, et puis quoi ?

La série n'est pas dupe. L'épisode 3 (remarquable) dresse un constat entre amertume et renoncement : à part ces conspirations déjà vues, banales à en pleurer, il ne nous reste rien - et c'est beaucoup trop peu pour asseoir un mythe, si télévisuel qu'il fût.

 

L'échec de la saison X d'X Files, c'est celui du monde dans son entier.

Une veillée funèbre au rabais pour ce besoin de merveilleux, cette curiosité enfantine qui nous a jadis poussé à donner le meilleur de nous-mêmes, pour aller voir au-delà des colline, de la mer et du ciel. Cette course après nos ombres qui nous aura conduit en pleine lumière. Tout ça pour qu'au final, nous ne fassions que nous regarder le nombril.

 

Chaque épisode se débat comme il peut, avec une embarrassante maladresse, partagé entre ses hautes ambitions et ses moyens réduits, sans conviction, conscient de n'être pas à sa place, d'avoir perdu la guerre, de se battre pour l'honneur. Mulder n'y croit plus, parce qu'il n'y a plus rien à croire. Plus de voiles à soulever. Il se raccroche désespérément à ses fantômes d'hier, mais tout ce qu'il attrape, ce sont des coups de froid et des courants d'air.

 

Aujourd'hui, Dieu, c'est nous.

La Vérité n'est plus Ailleurs.

Elle est partout.

Sur Twitter, sur Facebook, sur Hoaxbuster.com.

Ou du moins le croit-on, si bien que c'est tout comme.

 

A trop se faire sceptique, trop se prendre pour un grand, l'homme a oublié que chaque jour, à compter du moment où il ouvre les paupières jusqu'à l'heure où il ferme les yeux - jusque dans les moindres intervalles -, il se trouve confronté mille énigmes, mille phénomènes inexpliqués, mille affaires non classées... et plus il croit savoir, plus il oublie qu'il ne sait rien. Ni sur la nature véritable de sa réalité, ni sur la vie qui l'anime, ni sur la matière, ni sur le temps, ni sur cet ADN dont il est tributaire. Qu'importe. Tout ce qui compte, pour lui, c'est gagner plus de sous et passer l'été sur la Côte d'Azur.

 

Oui, nous sommes devenus nos propres dieux, mais nous ne sommes pas moins factices que les anciens.

 

Chacune de nos journées, nous la vivons aux frontières du réel, et pourtant nous nous enfermons dans une illusion de rationalisme qui n'est que déni et prétention mal placée.

Et l'on s'étonne que Scully n'y croie plus ? Que Mulder peine à s'emballer ?

Désormais, ils n'ont pas plus leur place ici que Merlin l'Enchanteur.

On ne les acceptera que Disney-isés, bit-littérarisés.

 

L'échec de la saison X n'est pas seulement un rendez-vous manqué, une erreur de casting, un caprice de producteur, un soubresaut de nostalgie. C'est cela et bien plus encore. C'est petit, si petit, et grandiose à la fois. La démonstration implacable de notre déchéance, notre appauvrissement intellectuel.

Ce n'est pas digne de la série originelle. Et en ce sens, c'en est la parfaite continuation.

Plus que jamais, entre ses lignes, cette saison X nous rappelle l'essentiel.

 

Que la Vérité est ailleurs.

 

 

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Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

@Pedrof :

Hou ben ! A force de ne plus traîner par ici (personne n'y croyait, n'est-ce pas? :lol: ), je manque à tous mes devoirs ! Désolé pour le retard, donc. J'étais ailleurs – et je n'y ai point trouvé de vérité, d'ailleurs.

Pour enchaîner comme si de rien n'était, je te rejoins sur la possibilité qu'à la série de créer ses propres mythologies sans avoir besoin de recourir à la réalité comme support : en effet, elle peut tout à fait s'en passer, du moment qu'elle parvient à installer un substitut de réalisme suffisamment convaincant, un peu comme le magicien n'a pas besoin de faire disparaître le lapin pour de vrai, il lui suffit d'en persuader l'assemblée. Plusieurs épisodes ont été construit sur ce modèle et fonctionnent parfaitement – de même que le premier Ghostbusters, par exemple, avec ses références occultes en filigrane qui donnaient une fausse authenticité au récit (ce qui manquait justement à l'épisode 2, et a été bien repris dans le jeu vidéo), ou les histoires racontées au début du film Cohérence (tout petit film fantastique fauché réalisé en cinq jours dans la maison du réalisateur et qui, s'il n'est pas sans défaut, vaut d'être vu – et pas qu'un peu !).

Pour autant, je reste convaincu que ces épisodes libres de références ne pourraient pas tenir à eux seuls la série à bout de bras. A mon sens, le concept X-Files reste étroitement lié à cet ancrage dans des mythologies populaires préexistantes, cette volonté de brouiller les frontières entre la fiction et la réalité – comme le suggérait le premier titre français, d'ailleurs. Des mythologies qui existent encore, mais qui perdent peu à peu cette aura de « et si ? » qui allait de paire avant l'avènement d'internet. Avec ce qu'on y lit, il y aurait pourtant de quoi faire. Mais cela demanderait un sacré skill en écriture scénaristique, que de balayer les possibles debunk d'un revers pour s'affranchir des possibles critiques et des « oui mais c'est pas crédible ».

Je n'ai, pour ma part, jamais perçu la série comme un « Doctor Who sérieux » mais c'est un point de vue très intéressant que tu avances là. Pour moi, il y avait bien ce côté « Paranormal Activity », le petit frisson du « et si c'était vrai ? ». Peut-être pas pour tous les épisodes (Tooms, si tu nous lis...) mais rien que le premier (qui, je trouve, n'a pas du tout vieilli. Revu juste après le dernier de la saison X, ça faisait un bien fou ! ;) )... et en même temps, c'était sans doute aussi parce que je voulais les aborder ainsi : j'avais baigné toute mon enfance dans des récits de ce genre, les voir transposés et « matérialisés » à l'écran ne pouvait qu'exciter mon imagination. D'ailleurs à l'époque, j'avais même écrit au X-Files magazine, et mon courrier avait été publié. Collector, si quelqu'un a encore ça dans ces archives ! (ce n'est hélas plus mon cas).:lol:

Ceci étant, il faut savoir que ce qui fausse ma perception, également, c'est que je suis loin d'avoir tout vu. Je m'en suis justement tenu aux premières saisons, les plus sérieuses. Même si, curieusement (ou pas), les épisodes comiques ont souvent été particulièrement inspirés... et réussis. A croire que même les gens qui bossaient sur la série avaient besoin de cette catharsis, ces moments de prise de recul, ces fissures dans le sérieux...

Quoi qu'il en soit, je te suis complètement quand tu parles d'épouvante, même si je ramènerai celle-ci à la fameuse « inquiétante étrangeté » dont on nous rebat les oreilles. En ce sens que ce n'était pas de l'épouvante « gratuite » mais qu'elle essayait toujours (ou disons, souvent), justement, de s'inscrire dans une forme de « tangibilité » narrative, d'ancrer l'effroi dans la banalité d'un quotidien qui déraille. Ce qui ne l'en rendait que plus efficace, à mon sens.

Quant à tes retours sur la deuxième partie de cette dernière saison en date, comme tu le sais, je ne peux qu'approuver. Le finale était particulièrement triste, comme un vieux boxeur alcoolique qui remonterait sur le ring une fois les lumières éteintes. Tout allait trop vite, de façon trop automatique, et l'intrigue avait si peu de sens que personne ne semblait y croire. Ça m'a vraiment fait de la peine, d'une certaine manière. Heureusement que cette saison a eu quelques sursauts de qualité : ainsi peut-on encore s'entêter un peu à y croire un peu (we want to), même si on sait que c'est en vain.

Pedrof
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Pedrof
Vu la suite et d'accord avec toi. J'ai juste trouvé sympa l'épisode 5. Lauren Ambrose assurait en agent Einstein et la fin est jolie avec Mulder et Scully, même si les deux disent de grosses conneries qui n'ont aucun sens... L'épisode 6 m'a achevé avec son énième complot de l'homme à la cigarette découvert et résolu en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "pitié ! arrêtez de saccager cette série !"

Le 4 effectivement nullissime et le 3 super.
Pedrof
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Pedrof

Déjà c'est un vrai plaisir de lire ta réponse, donc merci pour l'article et merci d'avoir pris le temps de répondre à mon commentaire .

 

Je comprends ce que tu dis quand tu évoques le fait que le moindre événement paranormal sur lequel surferait la série serait "débunké" par internet aujourd'hui... Mais je pense que X-Files a souvent su s'affranchir du "on va vous faire croire que" pour développer des histoires fantastiques sans pour autant nécessiter de s'inscrire dans une logique de réalité. Paranormal Activity joue pour moi dans ce dernier registre. Le premier film m'a fait très peur parce que je me disais en gros "et si ça m'arrivait ?" Au contraire je vois plus X-Files comme une sorte de Doctor Who en version sérieuse. Je n'ai jamais eu peur avec X-Files mais j'ai très souvent été embarqué dans les événements surnaturels avec bonheur et terreur mêlés.

 

Je repense à l'épisode Spores de la saison 7, qui voyait les deux agents aux prises avec une plante qui les dévorait en les faisant fantasmer... C'était terrible car ils ne sont sauvés je crois que par les fouilles du FBI, ils y seraient resté sinon. Ou encore, l'épisode Lundi avec Mulder qui se levait, allait à la banque, était victime d'une fusillade et revivait la journée sans cesse... Et l'épisode de la saison qui se passe en Arctique et qui évoque The Thing.

 

Il y avait une célébration d'un imaginaire "épouvante" et premier degré dans cette série qui manque je trouve aujourd'hui. Doctor Who a le champ libre dans le genre mais joue dans un autre registre.

Le Gamer aux Mains Carrees
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@Pedrof :

 

La brièveté de cette saison-qui-n'en-est-pas-vraiment-une n'est effectivement pas étrangère au sentiment mitigé (au mieux) qu'elle inspire. La pression que les scénaristes ont dû subir ne doit pas être négligée, c'est certain. A croire qu'ils se sont retrouvés paralysées, comme un Lapinou face à un Cobra. On devine une tétanie créative entre la panique et le renoncement par anticipation.

 

J'attends avec impatience ton ressenti sur les épisodes suivants car je me suis fait, peu ou prou, les mêmes réflexions que toi en visionnant les deux premiers. J'ai trouvé qu'ils faisaient presque illusion, mais qu'il leur manquait quelque chose, et j'ai été stupéfait par la désinvolture avec laquelle la série sabordait son héritage sans que le personnage principal y trouve à redire.

 

La débandade arrive ensuite. Après un excellent épisode parodique, qui aborde les points repris dans mon texte avec une jolie justesse et une belle ironie, on enchaîne avec un « monster » épisode nullissime, mais dont on comprend après coup les bonnes intentions (sans que cela ne sauve pour autant). Ensuite, au tour d'un épisode schizophrène (plein de bonnes intentions, lui aussi, mais qui ne suffisent toujours pas), écartelé entre mise en abyme, parodie, discours engagé, et oscillant sans cesse entre de belles séquences et des moments de pur embarras. Enfin, on conclue avec la suite du premier épisode, qui reprend où il s'était arrêté et en souligne les moindres défauts, sans en reprendre les quelques qualités. Perturbant. A voir si tes impressions rejoindront les miennes.

 

Quoi qu'il en soit, en effet, tu as raison de pointer du doigt l'engouement actuel pour « un certain paranormal », toujours d'actualité... D'autant plus étonnant qu'il convoque la plupart du temps des notions religieuses auxquelles le public ciblé n'est pas réceptif, athée qu'il est (et fier de l'être). La volonté de se faire peur, sans doute. Au risque de me répéter, le souci qu'aurait une série comme X-Files, aujourd'hui, c'est que le moindre des sujets qu'elle choisirait de développé serait passé au crible par l'internet et systématiquement débunké, si bien que sa crédibilité supposée se trouverait sans doute malmenée et ne pourrait jamais s'installer vraiment.

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

@Waldo :

On est d'accord (bon sang, mais ça va devenir une habitude, ou quoi? :D ), il y a toujours autant à rêver aujourd'hui, sous une autre forme et d'une autre façon. Le monde, le vrai, au-delà des bornes conceptuelles posées par l'humanité, reste fondamentalement le même qu'il y a quinze ans. Mais les gens ne rêvent pas pour autant. Le monde n'a pas changé. Eux, oui. Et la société au-delà.

Comme je l'écrivais, X-Files était une série du « peut-être », de l'entre-deux, du « et si ? » - c'était là son principal atout, le gage de son efficacité sur le plan fantastique. Or aujourd'hui, à mon sens, il n'y a plus de place pour les « peut-être », dans quelque domaine que ce soit. Nous ne vivons plus « aux frontières du réel ». L'inexplicable n'est plus perçu comme tel, mais comme un « expliqué à venir » (d'autant que généralement, l'explication ne tarde pas). Peut-être que, comme tu le dis, la réalité est devenue étrange mais en ce cas, cette étrangeté a été absorbée par la routine du quotidien, elle n'est plus perçue comme a-normale, elle est acceptée et classée dans un tiroir mental avec les Mac Do, les voitures de sports et les fiches de paie.

J'aimerais pouvoir tenir le même discours que toi mais tu l'as reconnu toi-même ailleurs, ni toi, ni ton entourage n'êtes représentatifs de la majorité, celle qu'on croise dans la rue, qui se plante devant TF1, ou NT1, ou SkyfunTV dès son retour du boulot, celle qui hante les réseaux sociaux. Pour ma part, j'y passe un temps non négligeable, je le reconnais sans fierté, et je n'y croise que trop rarement la curiosité et l'ouverture scientifique/culturelle que tu évoques. Les publications susceptibles de passionner ne manquent pourtant pas, mais c'est à peine si on en lit le titre et si on les trolle en commentaire. Et je peux t'assurer que ces gens-là sont convaincus de « savoir ». Qu'il s'agisse des végétaliens qui clament que l'homme n'a jamais été omnivore, les Darwinistes forcenés qui expliquent tout en se réfugiant derrière les principes de l'évolution (mais simplifiés jusqu'à la caricature), etc, etc... même les intellectuels autoproclamés préfèrent la certitude fausse au doute. Comme tu l'écris très justement, la curiosité intellectuelle, « cela demande un investissement, même minimal. Souvent maximal ». Or internet n'encourage pas cet investissement, au contraire.

Nous sommes, nous, issus de générations qui ont eu à chercher dans des dictionnaires, à se rendre en bibliothèques pour trouver des renseignements plus pointus. Mais imagine les générations pour qui tout n'a jamais été qu'une question de clic ? On pourra bien leur servir mille merveilles sur un plateau d'argent qu'elles se contenteront de prendre celui-ci pour le vendre sur Ebay. J'aimerais y croire, aux passeurs de mémoire et à leur pouvoir sur les foules, mais je suis convaincu qu'ils ne peuvent pas oeuvrer seuls. Pour que les jeunes ou moins jeunes viennent trouver auprès d'eux ce qui manque au monde, il est indispensable qu'ils aient reçu une éducation dans ce sens, l'un ne peut pas aller sans l'autre. Ou en tout-cas est-ce ma conviction personnelle.

Quant au renouvellement du merveilleux, je ne suis qu'en partie d'accord car malheureusement, dans de trop nombreux cas aujourd'hui, les vampires, sorciers, loup-garous, succubes, et j'en passe, ne sont pour le lecteur ado-pré adulte que des réceptacles narcissiques dans lesquels se projeter. Ils n'existent plus pour ce qu'ils sont, mais en tant que doubles fantasmés du lecteur/de la lectrice. Ils ne sont plus cet « autre » mystérieux, angoissant, imprévisible, tout au contraire. Ils sont « nous, mais avec des super-pouvoirs et un lourd secret ». Toujours le nombril au centre de l'imaginaire, en somme.

Heureusement cependant qu'il reste des irréductibles dans les deux camps, auteurs et lecteurs. Ceci dit, quand je me promène en librairie (ou que je consulte les programmes ciné), j'ai l'impression désagréable qu'ils sont de moins en moins nombreux.

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

@Yog yog : je ne peux qu'approuver, je me retrouve complètement dans ton ressenti. X-Files est venu clore une époque de tous les possibles, riche des oeuvres que tu évoques à demi-mot et qui ont forgé nos générations au fer de leur imaginaire d'une richesse sans limites.

Entre temps, nous sommes entrés de plain pied dans une époque aux antipodes, où plus rien ne paraît possible, y compris sur les plans les plus terre-à-terre, et où plus rien ne semble valoir le coup (et surtout pas le rêve, qui ne rapporte rien financièrement parlant).

Je suis moins optimiste que toi, par contre (mais ça, on l'aura compris) au sujet de ce qui viendra combler le vide (ou le comble déjà). Les impératifs commerciaux ont définitivement pris le pas sur les impératifs créatifs, les comités de visionnage et les vendeurs de méthodes font la loi, il ne faut prendre aucun risque, ne pas effrayer les parents, ne pas déconcerter les enfants, surtout ne pas faire de vagues, rassurer le public en l'enfermant dans les mêmes schémas narratifs, de manière à ce qu'ils y retrouvent toujours leurs marques - et tant pis pour l'ouverture d'esprit. Bien sûr que ça existait déjà "jadis", mais pas dans ces proportions, et les codes ou habitudes nés sur les réseaux sociaux n'arrangent rien.

Bien sûr que c'est cliché, d'écrire "c'était mieux avant". D'autant que ce n'est jamais complètement vrai non plus. Mais le cas échéant, il faut bien admettre qu'une série de qualité comme X-Files, remise au goût du jour, y perd toute sa saveur (ou pas loin). Ce qui est bien un signe objectif de quelque chose...

Pedrof
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Pedrof

Je pense qu'X-Files "l'ancien" arrivait à installer une routine avec ses saisons de 20 épisodes. On attendait pas chaque nouvel épisode comme le messie mais chacun distillait sa dose de mystère, d'imprévu et on était content de retrouver cela chaque semaine.

Maintenant, cette saison 10 sort avec six épisodes, seulement six épisodes, scrutés dans le moindre détail et chacun grave attendu au tournant parce que y'en a que six t'imagines bien. C'a été sans doute très handicapant pour les scénaristes, moins capables de se viander sur un épisode pour se rattraper sur l'autre, de se permettre des délires sur un ép en assurant le quota de paranormal avec les autres...

Je n'ai vu que les deux premiers pour l'instant. Le 1 j'ai un peu halluciné parce que j'ai cru comprendre qu'ils jetaient toute la mythologie par la fenêtre, genre omg on s'est fait roulé par tout le monde, tout était faux, ça tombe bien il y a de nouveaux spectateurs. Quand Mulder balance qu'ils ont été menés en bateau pendant des années ça me fait peur, parce que j'ai l'impression que la série devient orpheline de son merveilleux héritage (cette conspi tentaculaire à laquelle je n'ai toujours rien compris faute d'avoir vu toutes les saisons j'imagine et qui projetait une ombre incroyable de parano et de mystère sur la série).

Le deuxième ép est un loner assez oubliable mais ça n'aurait pas été grave dans une saison de 20 saisons. C'est un coup d'essai, pour après faire mieux. Sauf que non, James Wong n'aura plus d'occasion de poursuivre son travail dans la saison 10.

Son format n'aide pas la saison 10. Je ne sais pas si ce que tu décris Liehd est vraiment avéré, tant il y a un vrai engouement pour le paranormal dans les histoires de possession, de démon façon Paranormal Activity. Je pense que les gens seraient grave, grave encore friands d'une série comme X-Files mais qu'on ne nous en propose plus.

Waldotarie
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Waldotarie
Ouais, c'est surtout que le côté conspirationniste du truc laisse vaguement mal à l'aise aujourd'hui.

Il y a pourtant tellement pour rêver, même aujourd'hui, sans doute même encore plus qu'hier. Un monde entier pour rêver, avec ses mystères, ses animaux délirants que l'on n'aurait osé imaginer, ses images de galaxies lointaines, ses civilisations disparues, ses révélations discrètes qui brisent les images d'Epinal de notre passé, ses technologies nouvelles qui esquissent un monde de science-fiction... La réalité est devenue étrange, le futur incertain, plus, bien plus qu'avant !! (D'où le fait que beaucoup deviennent réactionnaire, par peur de l'incertain, mais c'est une autre histoire..)

Le merveilleux a muté, voilà tout.
Encore que certaines recettes du passé semblent immortelles, à voir le succès toujours renouvelé des histoires de vampires, à voir les productions de Gaiman ou de Damasio... A voir l'amour toujours renouvelé des enfants pour les dinosaures, à voir tous ces films fantastiques, de super héros, de fantasy, de sorciers qui passionnent encore...

Tu dis que plus l'Humain croit savoir, plus il oublie qu'il ne sait rien.
Mais je pense bien que c'est l'inverse, plus il sait, plus il découvre qu'il ne sait rien !! Et plus il se passionne pour la suite... Mais trop de gens passent à côté, c'est que cela demande un investissement, même minimal. Souvent maximal.

Tant qu'il reste des passeurs de mémoire, pour faire rêver le soir au coin du feu... Là est l'essentiel finalement, et tout le monde viendra y trouver ce qu'il cherche !
yog yog
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yog yog
J'arrive pas à éditer du tel tant pis je me corrigerai du PC plus tard.
yog yog
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yog yog
C'est un peu toute la magie des enfants de la 20eme siècle qui a disparu, si nous sommes autant attaché à nos vieux film et série c'est que tout paraissait possible. Une carte au trésor dans un vieux grenier, un pack à neutron pour chasser des fantômes, une zone secrète dans le désert ou une vidéo secrète a pu s'extraire avec dessus un ET se faisant découper, une photo sombre d'un monstre marin dans un lac dans un pays où les hommes mettent des jupes, un jeu vidéo où l'on raconte qu'en faisant 100 pas dans un parc safari on pourrait attraper une créature légendaire ...
C'est ce genre de fantasmes, de prêt de mystère dans le monde qui a disparu et que tu a bien résumé, la saison 10 n'est pas plus mauvaise en terme de ratio que les anciennes quasiment ( enfin un peu quand même, on va dire les dernières ^^) mais ça ne marche plus...
Avant j'adorais les conspirations, etc, maintenant quand on me dit ca je ne voit plus que les taré qui voient dès complot donc je ne préfère pas parler là pour éviter de tomber dans le politique ...
Bref le monde est devenu cool aussi, mais ça manque de magie, de mystère, meme tiré par les cheveux, comme une photo de big foot marchant dans la neige et prise avec les pieds :)
Les enfants d'aujourd'hui vivront avec d'autre choses qui nous parleront sûrement moins, sûrement un cycle normal et tant pis pour X-files et ses mystères fantasques qui nous auront accompagner plus jeune !

Édito

 (Mais bon, on va pas se mentir, je ne sais pas pourquoi)

 

Si vous aimez les gens qui écrivent plus que bien, allez lire :

- Snake_in_a_box

- Noiraude

- Migaru

 ET QUE CA SAUTE COMME TIDUS DANS L'INTRO DE FFX !

 

 (Là encore, c'est un grand mystère, mais pas désagréable).

Si vous voulez lire des gens vraiment rigolos, par contre, c'est là que ça se passe :

- Snake_in_a_box

- Noiraude

- Migaru

 

Comme par hasard c'est les mêmes...

 

(Là, par contre, OK, rien à redire, y'a du beau linge)

L'article en question, riche en collaborateurs de qualitay, qui méritent tous ce prix avec les honneurs :

Une Rumeur Grandement Exagérée

 

*

 

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

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