ERROR 404 BLOG NOT FOUND

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Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 03/12/16 à 15h27

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Final Fantasy XV.

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Carré Barré - Le bazar du bizarre (Cinéma)

 

 

Plus le temps passe, plus je râle.

Non, vraiment, je m'en rends bien compte, c'est infernal : je râle sans arrêt.

Je râle parce qu'il y a trop de bit lit dans les librairies, je râle parce que le Japon a troqué son audace créative contre des petites culottes, je râle parce que les éditeurs traitent leurs auteurs comme des actions en bourse, et parce que les producteurs de cinoche prennent leurs spectateurs pour des actionnaires.


Pacific Rim sort, je râle parce qu'il y a trop de robots, et pas assez de scénario (puisque pas de scénario du tout – c'est mathématiques).


Quand Oblivion sort, je râle parce que j'ai déjà vu ce film mille fois, en mieux et en plus court, et que je n'y trouve rien à sauver à part la bande son de M83. Quand Elysium sort, je remets le couvert parce que je commence à en avoir ras la cafetière de ces sentiments de déjà-vu-et-revu, de ces remakes, de ces reboots, de ces scénaristes qui n'ont de cesse de réinventer l'eau chaude ou le fil à couper le beurre ("et alors, ce serait une société totalitaire où les riches ils exploiteraient les pauvres" – Oh ? Seriously ?…). Je râle aussi parce que j'ai du mal à voir comment on peut s'enthousiasmer si massivement pour une intrigue qui peine à assurer le minimum narratif syndical - à moins, bien sûr, qu'on ne soit sorti de l'oeuf avant-hier, et que la SF se résume pour nous à l'épisode des Nox de Stargate SG1.

Evidemment, on l'aura compris, j'ai râlé après avoir vu Time Out, j'ai râlé après avoir vu Looper, j'ai râlé après avoir vu l'Agence, parce que c'était des films que j'avais envie d'aimer, moi, à la base, des films que j'avais envie d'adorer, mais qui n'y ont pas mis du leur (ou, en tout cas, pas assez), préférant réchauffer de vieilles recettes au micro-onde au lieu de me cuisiner leur tambouille maison. J'ai râlé de la même façon après avoir vu Upside Down - mais un peu moins quand même parce que l'idée est plastiquement jolie, si on arrive à faire abstraction des Lens Flare, et parce que faute de merle, ben... on mange du moineau.


 

N'étant pas masochiste non plus, je ne me suis imposé ni After Earth, ni Edge of Tomorrow, parce que chat ébouillanté craint la lave en fusion, mais j'ai râlé quand même parce que je n'étais plus à ça prêt, que c'était raccord avec mon personnage, que ça aurait inquiété les gens si je m'étais contenté de hausser les épaules et parce que les trailers me vendaient autant de rêve que la demi-finale d'un championnat de curling.

Pour tout vous avouer (mais vous le savez déjà, si vous suivez activement ce blog pourtant plus très actif), même le Nolaneuneu que je suis a râlé en sortant d'Interstellar, dont il attendait tant et trop, malgré une demi-décennie à faire ceinture en termes d'imaginaire – ce qui n'était pas bon, mais alors pas bon signe du tout. Le monde, semble-t-il, avait un message à me faire passer, qui pouvait se résumer peu ou prou à : "wesh cousin vire de là place aux jeunes gros". Après avoir suivi, pendant toute ma jeunesse mais sans grand intérêt, les aventures de Denver le dernier dinosaure, voilà que sans trop m'en rendre compte, avec le temps, j'avais pris sa place de l'autre côté de l'écran. J'étais devenu le dernier dinosaure de ma génération.

J'étais donc à deux doigt d'admettre que je faisais partie d'un passé révolu, et que je devrais désormais me contenter d'en ressasser les souvenirs,  sans être plus jamais ni surpris, ni ému, ni troublé, juste vaguement diverti (dans le meilleur des cas)... mais il me restait encore un espoir: ultime, infime, déraisonnable, qui portait à lui seul le poids de cinq années d'attentes, de cinq années de déception.

J'avais mis la barre haut, par dépit autant que par volonté d'y croire. Sans grande conviction, mais avais-je seulement le choix ?

Jamin Winans, réalisateur indé plébiscité par la communauté internet, semblait le seul à pouvoir encore exaucer mes voeux.

 

Après quelques courts métrages forçant le respect et un Ink qui, l'air de rien, m'avait retourné jusqu'aux tripes, j'en étais convaincu : lui seul pouvait encore réussir à faire vibrer mes cordes sensibles... mais saurait-il seulement réitérer l'exploit ? Son coup de maître n'avait-il pas été qu'un coup de chance ? Mes aspirations disproportionnées ne me vouaient-elles pas d'emblée à un « oui, bof, sans plus », quelles que soient les qualités de son nouveau film ?

  

C'est vous dire si le 21 novembre au soir, date de mise en ligne de The Frame (en version internationale), la tension était à son comble. Je jouais mon avenir de spectateur à quitte ou double. Allais-je retrouver la foi ou la perdre définitivement, l'assommer à coup de pelle et l'enterrer au fond du jardin de mes illusions ?

 

  

 
Fébrile, je télécharge. Je veux y croire, j'investis en apnée dans le bundle de luxe - et advienne que pourra. On ne pourra pas m'accuser de ne pas avoir voulu y croire jusqu'au bout. Puis je lance la lecture, la boule au ventre. Aussitôt : des notes, des images. Une rythmique. Premier constat, presque immédiat : la patte Ink est bien là. Les moyens, eux, ont pris en grade. Tant mieux. L'image est belle. L'action à l'écran, déconcertante. Que se passe-t-il ? Pourquoi ? Où le réalisateur veut-il en venir ? Le silence s'installe. Les minutes passent. Un casse, réglé comme du papier à musique. Une urgentiste, ailleurs, qui se bat littéralement pour sauver une vie. Et puis quoi ? Tout est ordinaire, tout sonne convenu. Ces deux-là se rencontreront, c'est écrit. Sauf que tout à coup, alors qu'on ne s'y attend plus, la réalité connaît ses premiers ratés. Quelques détails, d'abord, qui pourraient aussi bien n'être que des hallucinations. Puis vient le basculement, sans que l'on puisse revenir en arrière, ni jamais deviner vers quoi on s'achemine.

 

 

L'intrigue s'installe doucement, elle prend le temps, elle ne se précipite jamais, et tant pis pour les habitudes des cinéphiles modernes qui ne peuvent supporter deux minutes pleines sans cliffhanger. Les scènes se suivent. Se ressemblent, parfois. Se répètent à dessein. On cherche à prévoir, à anticiper, à identifier le corps du récit pour le rapprocher de ce qu'on connaît soi-même. Rien n'y fait. La structure nous file entre les doigts, nous file devant les yeux, sans jamais se faire pompeuse ou hermétique. Alors on décroche, on renonce, on se laisse porter sans plus réfléchir et tant pis pour l'orgueil, on se résigne à vivre l'expérience au présent. Deux heures plus tard, écran noir, il faut redescendre sur terre, rassembler les morceaux, chercher à mettre les pièces en ordre. On écoute le thème musical (hypnotique) jusqu'à la dernière note, mais ce ne sera pas suffisant. Il faudra de longues heures (la nuit entière, peut-être) pour revenir au monde, laisser l'expérience derrière soi. A contrecoeur.

 

 


Quelques jours plus tard, on découvre la bande-annonce du nouveau Mad Max et on recommence à râler. Peut-être avec un peu plus de vigueur, d'aigreur, ou même de mauvaise foi. Parce que Jamin Winans nous a rappelé, m'a rappelé par l'exemple que ce n'était pas qu'une question de nostalgie mal placée, d'idéalisation sénile - que ce cinéma que j'aimais, ce cinéma dont je rêvais et dont je rêve toujours, n'était pas qu'un mirage, qu'il fut possible un jour, qu'il fut réel… et qu'il peut l'être encore, pour peu qu'on s'en donne les moyens (et qu'on dise « merde » aux producteurs). En soixante petits jours de tournage, sur ses propres deniers, avec une équipe fixe de seize personnes, beaucoup d'huile de coude et de système D, dans des conditions de tournage artisanales,  Jamin Winans a su insuffler de la vie (le mot n'est pas exagéré) à une parabole visuelle unique, profonde, puissante, imprévisible. Si bien qu'en dire plus, en montrer plus, déflorer l'histoire au-delà de ses prémices, disserter sur les pistes qu'elle livre en guise d'explications, confronter théories et hypothèses pour essayer d'en saisir la portée, serait déplacé. Il faut le vivre pour le croire. 

 


Pour autant, on s'en doute, le film ne sera pas au goût de tous. La radicalité de ses partis-pris, combinée à sa volonté paradoxale de ne laisser personne sur le côté, en déstabilisera beaucoup, c'est certain. On avancera à tort que le dénouement est trop long, ou que le film est trop lent à se mettre en place. On arguera qu'il n'a aucun sens. Qu'il n'est pas "scientifiquement crédible". On fustigera sa SF cérébrale à la K.Dick, là où on espérait peut-être du space opera à la George Lucas (ou du steampunk... c'est tendance, le steampunk). On trouvera l'ensemble trop complexe, ou pas assez. Trop divertissant ou, au contraire, trop abstrait. Trop ambitieux ou, sans qu'on sache bien pourquoi, trop humble et trop naïf. On critiquera pour le plaisir de critiquer. Logique, on est sur internet. Tant pis pour « on », tant pis pour eux, tant pis pour soi. Les autres, ceux qui savent encore s'émerveiller, apprécier sans arrière-pensée, emprunter de nouveaux chemins seront soufflés par l'ampleur de ce presque-thriller aussi atypique qu'immersif, aussi généreux que sincère ; tout comme ils seront séduits à coup sûr par un trio d'acteurs à des lieues des standards qu'on nous impose à longueur de nanars populaires (quel plaisir de retrouver Christopher Soren-Kelly, qui crevait déjà l'écran dans Ink).


 David Carrenza, Tiffany Muallem, Christopher Soren Kelly, le tiercé gagnant de The Frame.

 

On en sort, on n'a qu'une seule envie : y retourner. 


J'avais mis la barre aussi haut qu'il était  concevable de le faire. On me le reprochait souvent, d'ailleurs, tout en m'enjoignant à revoir mes exigences à la baisse. Jamin Winans m'a objectivement prouvé que je n'attendais pas encore assez.


Il m'a botté le cul avec un talent dingue.



Alors le cul de la concurrence, c'est vous dire s'il prend cher.



Vieux con blasé, no more.



*



 

 *


Prêts à « prendre le risque » ? Alors n'hésitez pas, faites-le. Des risques, vous n'en courez pas tant que ça, au fond : pour 8 petits dollars, vous aurez accès au film avec les sous-titres dans la langue de votre choix (la version française n'est pas optimale, mais elle fait largement l'affaire), ainsi qu'à l'intégralité de sa bande-son. Quand bien même détesteriez-vous que vous n'y aurez pas perdu grand chose. Et dans le cas contraire...



 

Diagnostic Psychiatrique : 10 weirdo / 10

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Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

 

C'est vrai, ça ! Presque un an, déjà ! Au risque de me vautrer dans le lieu commun : "que le temps passe vite, j'ai l'impression que c'était hier !". Un anniversaire qui doit se fêter d'un revisionnage, absolument, c'est la règle, tu as bien fait de déterrer cet article, tout le monde ici doit s'y mettre... obligé ! En tout cas, je n'y manquerais pas. Un Winans, ça fait toujours du bien au moral et à l'inspiration !

 

Je te rassure, je ne pense pas que qui que ce soit, ici comme ailleurs, ait tout compris au film... on pourra bien interpréter, extrapoler, imaginer... mais comprendre ? Seul le réalisateur lui-même pourrait nous donner les réponses, mais il ne le souhaite pas... et même s'il acceptait, le souhaiterions nous, nous ? Rien n'est moins sûr. Comme tu le soulignes, nul besoin de le comprendre complètement pour le ressentir, et c'est tout ce qui compte. Au contraire, même : cette aura d'inconnu qui auréole le film de bout en bout contribue à en faire le charme.

 

Jamin Winans est un bon, un vrai. Ses oeuvres suintent le talent jusque dans ses courts-métrages (Uncle Jack, Spin), que je te recommande chaleureusement si tu ne les as pas encore vu (on les trouve facilement sur Youtube). Nul doute que son prochain film saura, à nouveau, nous mettre la tête à l'envers, tout en réinventant son univers.

 

En attendant, on peut toujours essayer de trouver son tout premier long métrage, 11:59. Les critiques ne sont pas tendre avec celui-ci, et le DVD n'existe qu'en zone 1, mais je suis sûr qu'on pourra y trouver d'intéressantes prémices à disséquer, du point de vue critique.

 

Merci d'être passé, ça fait toujours plaisir, surtout quand il s'agit d'évoquer un tel coup de coeur ! ;)

Gildass
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Gildass
Voila, presque un an plus tard je me suis enfin décidé à revoir ce film. C'est fait, et le deuxième visionnage m'a autant bouleversé que le premier. C'est rare.

Et pourtant je n'ai pas tout compris, certaines symboliques m’échappent, je ne comprends pas tout ce que nous montre l'auteur (car oui, là on parle d'auteur, pas simplement de réalisateur). Il y a plusieurs niveaux de lecture et en saisir les principaux est plus que largement suffisant pour apprécier ce film.

(si certains d'entres vous ont saisi d'avantage de choses que moi, je veux bien en discuter en privé)

Jamin Winans a prouvé qu'il ne se repose pas sur ces lauriers. Parviendra t-il a réitérer l'exploit une troisième fois ? L'espoir est permis. Mais même s'il n'y parvenait il restera l'auteur de Ink et The Frame, deux chefs d’œuvre à n'en point douter.

Un film à voir évidement, et un réalisateur (un auteur. On a dit un auteur !) à suivre.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

@SamyXXY :


Merci beaucoup pour ton retour ! Je suis ravi que tu m'aies fait confiance et que tu ne l'aies, semble-t-il, pas regretté. Certaines choses auraient effectivement pu être faites différemment, mais avec ce budget-là ? Pas sûr. Je pense vraiment qu'ils ont tout donné (mais tu l'auras compris, je ne suis pas très objectif, puisqu'amoureux. Ou pas loin ! :) ). Quoi qu'il en soit, si tu as pu passer un bon moment, c'est déjà beaucoup, par les temps qui courent, non ! ? ;)

J'en profite pour saluer ton intuition sans faille : en dépit de ses outrances (ou peut-être à cause d'elles ?), The Fountain est, à ce jour, mon "best movie ever" (notamment pour la construction de sa narration, et la beauté de ses effets artisanaux). Voilà un autre projet qui divise et qui revient de loin...

Tu me reprends judicieusement : The Frame tient autant, si ce n'est plus, du Fantastique que de la SF, à  l'image de bon nombre d'oeuvres de Bradbury ou de Philip K.Dick. Un Fantastique au plus proche de ce que signifie le terme, d'un point de vue littéraire : le lieu symbolique où réel et imaginaire se rejoignent et où les frontières se brouillent sans qu'on ne puisse plus véritablement les distinguer l'un de l'autre. Rien à voir, donc, avec ce à quoi la plupart de gens pensent quand on évoque cette catégorie cinématographique. Or de la même façon qu'on peut déplorer le manque de vrais films SF au cinéma, on peut établir le même constat dans le champ du Fantastique, qui préfère souvent jouer la carte de l'effroi plutôt que du malaise (avec par chance de jolies exceptions comme Donnie Darko ou Franklyn...).

Je note The Double dans mes tablettes et je ne manquerai pas d'y jeter un oeil très attentif. En ces temps de disette, tous les conseils sont bons à prendre. Dans cette optique, j'ai constituée une liste Sens Critique où j'essaie de réunir tous les films un peu "différents" (mais qui n'oublient pas de rester accessibles). Je copie le lien ici, des fois que ça puisse donner des idées à quelqu'un. http://www.senscriti...s_pas_to/379727

En ce qui concerne Edge of Tomorrow, comme je l'écrivais, je ne l'ai pas vu, donc il se peut (fort) que je sois injuste avec lui. Mais autant l'idée de boucle temporelle m'a séduit, autant l'aspect militarisé et l'esthétique jeu vidéo m'ont douché direct. On dirait que depuis Mass Effect, la SF ne peut plus que lui ressembler... ce ne serait pas un mal, car la direction artistique du jeu est bien pensée, si ce n'était pas aussi systématique et si, au lieu de s'évader, de voyager, d'y perdre nos repères, on ne se retrouvait pas transporté dans un cadre familier, connu, sécurisant. Ce qui reste un comble, compte tenu du sujet...

SamyXXY
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SamyXXY
Suite à ton article j'ai vu "The Frame", j'y ai trouvé plusieurs éléments intéressants, même s'il y a des choix de mises en scène sur la fin qui me semble trop faibles. Je pense que "The Fountain" de Darren Aronofsky est un film qui pourrait beaucoup te plaire.
Cependant tu exprime ton désarroi face aux productions de science-fiction (ou presque puisque c'est le décor qui est de science fiction dernièrement dans les grosses productions); et cela alors même que à mon avis ce n'est pas le genre de The Frame, pour moi il réunit plutôt les critère d'un film de genre fantastique.
D'autre part j'ai vu récemment "Enemy" de Denis Villeneuve, et je lui ai préféré "The Double" de Richard Ayoade plus divertissant mais également probablement plus profond.
Quant à ce qui a été dit sur "Edge Of Tomorrow" c'est un peu sévère étant donné la réussite (ce côté abordable) du film sachant ce qu'il tente.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

@Kyalie :

Je comprends tout à fait ton ressenti, au sujet du cinéma de Gilliam, car il tend à rejoindre le mien (même si j'adore l'Imaginarium, tant pour l'oeuvre en elle-même que pour toute son "histoire" au-delà de l'histoire, si tragique qu'elle puisse être...). Au risque d'enfoncer une porte grande ouverte, le cinéma de Gilliam est, la plupart du temps, difficile d'accès, si bien que c'est toujours avec appréhension que je m'attaque à une de ses oeuvres. J'aimerais beaucoup essayer Zero Theorem ou Tideland, par exemple, mais impossible de sauter le pas tant j'ai d'appréhensions. 

Je pense qu'un film-clé, pour comprendre ces dernières (et au-delà, le travail du réalisateur, ce qu'il a de différent et de potentiellement perturbant), c'est (contre toute attentes) paradoxalement sa plus mauvaise oeuvre : les Frères Grimm. Parce que justement, le film fait le grand écart entre son cinéma d'auteur (tout le début, notamment) et un certain "Hollywoodisme", ce qui fait qu'il n'est jamais ni tout l'un, ni tout l'autre, mais permet de distinguer très clairement ce qui différencie les deux, quelles en sont les principales composantes.

Chez Gilliam, ni les structures, ni les personnages, ni les intrigues ne suivent la logique conventionnelle dont nous avons l'habitude d'user au quotidien, ce qui crée un sentiment d'étrangeté, d'inconfort, de malaise, un peu comme celle que peut procurer un cauchemar particulièrement réaliste. On est en plein dans le champ du Fantastique, à équidistance entre le "même" et l'"autre". On reconnaît des choses familières qui pourraient nous y servir de jalons, de points de repères, sauf que ceux-ci tombent vite en poussière, ou se découvrent plus étranges qu'on ne l'aurait cru de prime abord, et d'autant plus "perturbants". 

Si bien qu'on se retrouve en situation constante de vulnérabilité symbolique, d’imprédictibilité, on subit sans pouvoir anticiper, on est ballotté d'un bout à l'autre par les soubresauts de l'oeuvre et à force d'être secoué dans tous les sens (toute l'essence ?), on peut vite chopper le mal de mer.

 

Sans compter que Gilliam n'a pas vraiment d'affect pour ses personnages, qu'il malmène autant qu'il peut malmener le spectateur lui-même (fait-il une distinction, seulement ? :D). Ce qui rend sa narration d'autant plus froide et vide d'affects.

Intellectuellement, par conséquent, j'aime beaucoup le cinéma de Gilliam, je le respecte énormément. Mais en tant que spectateur, j'ai beaucoup de mal avec ce qu'il fait. Heureusement qu'il y a ce côté "magicien de cirque" que tu relèves et qui correspond bien à l'idée vieux jeu que je me fais des bonnes histoires, ce prolongement naturel de celles qui réunissaient les villages, toutes générations confondues, autour d'un feu de camp, et qui créaient, entretenaient, exacerbaient le lien social à coup de monstres et de merveilles. Raison pour laquelle, d'ailleurs, The Fountain reste envers et contre tout mon film préféré (oui, j'assume, ce film est aussi pompeux que moi).
 

 

Concernant la différence entre Oblivion et Moon, maintenant, elle relève à mes yeux essentiellement de ce que j'ai évoqué dans ma réponse à Take Shelter : pour schématiser, Oblivion est un film d'action dans un cadre SF, alors que Moon est un vrai film SF. Or comme je l'écrivais à titre personnel, j'en ai un peu soupé des films d'action (je respecte le genre, mais j'aimerais bien que le cinéma grand public ne se réduise pas qu'à cela... ce qui a hélas tendance à être le cas en ce moment, car ça représente moins de risques en termes d'investissements). Après, pour nuancer, j'ai beaucoup aimé Moon mais je ne le place pas sur un piédestal comme certains : c'est un bon film, né d'une bonne bonne idée et distillant une belle tension, mais dans le fond, ça reste ni plus ni moins qu'un épisode de la 4ème Dimension étiré sur une heure et demi, ni plus, ni moins. L'explication s'y devine trop vite, et le film manque de substance secondaire pour maintenir l'intérêt : il se limite à son seul propos, sa seule trame, sans développer de second niveau de lecture, ce qui rend son visionnage un peu "morne", intellectuellement parlant. Mais pour un premier film, ça reste un très belle réussite (c'est bien le moins que l'on était en droit d'attendre du fils de David Bowie). C'est juste que j'aime chipoter quand c'est bon.

Quoi qu'il en soit, je ne peux qu'approuver ton inclination pour les Chroniques Martiennes. Bradbury, pour moi, est un immense auteur, qu'on l'envisage sous l'angle "SF/Fantastique" ou sous l'angle "Littérature Générale". Il y a une intelligence, une profondeur, une sensibilité rare dans ses écrits, qui font défaut à ses contemporains, si talentueux qu'ils puissent être. Je pense, ceci étant, qu'au-delà de ses qualités objectives, c'est aussi une question de tempérament : ceux qui se retrouveront dans la SF façon Contes des Mille et Unes Nuit de Bradbury ne sont pas ceux qui porteront aux nues Fondation d'Asimov et son univers mécanique et rationnel. Bien sûr, on pourra apprécier les deux approches, heureusement, mais on accordera toujours la préférence à l'une plutôt qu'à l'autre, en fonction de son corps ou de sa raison, un peu comme on est soit matheux, soit littéraire, et rarement les deux à la fois.

Dans son approche du genre, pour te le situer, The Frame tient plus de Bradbury que d'Asimov, c'est certain. Il est plus côté coeur que côté tête. Côté fable que côté essai universitaire. Mais c'est surtout à K.Dick qu'il ressemble. Pas celui du Maître du Haut Chateau, ceci étant, je te rassure (je ne l'ai pas beaucoup aimé non plus, pour te dire, et pourtant K.Dick est à égalité avec Bradbury dans mon coeur), mais plutôt celui de ses derniers ouvrages, qui tiennent autant de l'introspection autobiographique que du délire mystique, de la littérature générale que de la mise en abyme façon poupées gigognes.

Et si The Frame casse lui aussi les codes narratifs (en se permettant de longues séquences d'exposition, notamment), laissant ainsi une partie des spectateurs sur le carreau, il le fait de manière beaucoup plus accessible que Gilliam, en laissant notamment au spectateur deux points de repères fixes auxquels se raccrocher, à savoir : les deux protagonistes, qui sont le véritable sujet du film.

Quand aux effets numériques, ils sont rares, et visent plus à la retenue qu'à exubérance. Le film s'en passe avantageusement.


Partant de là, je pense qu'il vaut le coup que tu lui donnes sa chance. Peut-être n'apprécieras-tu pas autant que moi, voire pas du tout, mais si tu cherches du cinéma un peu différent (sur le fond comme la forme) de celui qu'on n'a que trop l'habitude de voir hanter les écrans noirs, tu pourrais y trouver au moins un peu de ce que tu y recherches. En tout cas, tu y suivras les pérégrinations surréalistes de deux personnages forts, authentiques et profondément humains, ce qui est déjà une belle chose en soi. Quand un auteur aime à ce point ses créations, ça a forcément quelque chose de communicatif si on n'est pas soi-même un vieux c*n cynique.

En tout cas, comme je le suggérais, tu ne coures pas beaucoup de risques à tenter le coup. ;)

Kyalie
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Kyalie

Moi j'ai adoré Looper à cause du gamin et d'Emily Blunt :3 Et que j'avais pas vu venir le twist concernant le gamin, alors qu'il avait été annoncé avec l'histoire des pièces qu'on fait voler.
C'est marrant que tu cites l'Armée des douze singes dans les commentaires, parce que je me rends compte que c'est le seul Gilliam que j'aime. J'ai vu Brazil et son dernier Zero Theorem y a peu de temps (et le Docteur Parnassus il y a longtemps), et à aucun moment je n'ai réussi à entrer dans ces films. Trop d'effets visuels, comme un magicien cheap de cirque, et qui étouffent eux-mêmes la trame de fond, un peu comme the Fountain (alors que je peux adorer autant le grand-guignolesque Grand Budapest que le majestueux tendance chiant à mourir Tree of life). Il n'y a que quand Gilliam fait dans le plus sobre comme dans l'Armée des douze singes que j'accroche (faut dire que c'est aussi celui des trois où le personnage féminin n'a pas ce côté muse salvatrice que j'ai trouvé extrêmement pénible). Et on ne peut pas mettre ça sur le compte du côté eighties de la réalisation, parce que j'ai vu Alien et Blade Runner très tard (y a peut-être 10 ans) et je les ai adorés.

Pour Oblivion, j'ai préféré Oblivion à Moon (Moon que j'ai pourtant bel et bien vu avant), pour son esthétique et le fait que dans Moon les personnages semblent se contrefoutre des twists du scénario, c'est très dommage. Et malgré le fait que je préfère mille fois Sam Rockwell (qui pour une fois ne faisait pas QUE du Sam Rockwell) à Tom Cruise.

 

Côté littérature, le seul bouquin que j'ai aimé jusque-là c'était Chroniques martiennes. J'ai lu la Fin des temps, le Dernier Homme et le Maître du haut château (ah et les Thanatonautes aussi mais HAHAHA, quelle blague) et aucun ne m'a plu.

Bref, tout ça pour dire deux choses : que ton billet me fait envie mais que faut savoir où je me situe niveau SF (donc si on a des goûts semblables). Et deuxio, est-ce que tu as vu Enemy de Denis Villeneuve ? C'est pas vraiment de la SF, mais dans le genre psychologique ça pourrait te plaire.

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Snake :


Carrément ! <3
C'est pas tous les jours où, quand il y a un problème (petit, ici), c'est la femme du réalisateur et la productrice principale du film qui le résout.:lol:
(Et tu sais bien comme j'ai été embêté ensuite pour lui répondre, d'ailleurs… timide et sensible comme je suis :evil: ).


@Take :


HOU LA VACHE !

T'attaque fort, toi ! On sent que tu veux du sang et du drama pour ton maître Arioch !
Ou pire ! Devenir la version HD Next Gen de Black Label ! Quelle profonde noirceur peut bien t'habiter, pour que tu en arrives aussi naturellement à de telles extrêmités ?

Bon, tu te doutes bien que je suis en désaccord avec beaucoup de choses que tu as écrites et que, comme le veut ma tradition, je vais reprendre point par point (mais brièvement, parce que j'ai quitté Gameblog, quand même !;) ) (enfin, aussi brièvement que faire se peut en contexte « moi »). Ceci dit, je retiens aussi, voire surtout, qu'en dépit de tes exigences hautes perchées, tu as trouvé beaucoup de bien à en dire, et c'est le plus important pour mon coeur de midinette.:wub: Ravi, en tout cas, que tu aies apprécié ton visionnage, même si tu n'as pas été aussi emballé que moi… l'essentiel, c'est que le film t'aie fait passer un bon moment hors des sentiers battus. Après, tu as parfaitement le droit de préférer Looper, tous les goûts sont dans la nature. L'un n'empêche heureusement pas l'autre, et vice versa.

Maintenant, si tu me permets, parce qu'il est déjà tard, je vais directement passer au point par point :

- Déjà, commencer par « cérébral à la Bernard Werber », chez moi, ça relève de la déclaration de guerre, je te raconte même pas. L'assassinat de François Ferdinand, à côté, c'était un apéro Facebook. Je suis peut-être un peu trop nerveux dès qu'on me parle de Bernard Werber, un peu trop sec, un peu trop troll, mais j'ai beau faire, je suis incapable d'associer sérieusement son nom au terme « cérébral ». Ceci étant, il y a peut-être des points communs en matière d'humanisme, ici, mais je trouve (très subjectivement, sans doute) que The Frame ou Ink réussissent à éviter l'écueil de la naïveté (alors que Werber, pas toujours - pour être gentil). Je re-fixed donc ta correction, en re-convoquant Philip K. Dick sur l'avant-scène, parce que j'insiste, The Frame, c'est un récit 100 % Dickien (dernière période), à tel point que sa novélisation n'aurait pas déparée dans la bibliographie du bonhomme. Et on ne contredit pas le superfanboy de F… Philip K. Dick, s'il te plaît ! Il y a du Invasion Divine (entre beaucoup d'autres) dans ce The Frame.

- Point de vue esthétique, tu n'as pas totalement tort (mes doigts saignent d'avoir dû taper ça), mais il faut prendre en considération le fait qu'il s'agit d'un film indé, auto-financé (pas même de kickstarter, il me semble!) et donc, petit, voire très petit budget (rien à voir, même, avec ce que les mecs de Noob ont engrangé pour leur trilogie - soupir). Alors forcément, il a fallu faire certains choix et casser certains codes, par nécessité plus que par volonté, mais pour moi, ça fonctionne. Et même, ça fonctionne bien, car ça colle parfaitement à l'intrigue elle-même. Bien sûr, on peut faire une croix sur les travelings ou les plans à la grue, sur la caméra qui bondit dans tous les sens, sur le plan séquence de 3 heures, ce genre de gimmicks devenus la norme à Hollywood, mais ces gimmicks sont-ils véritablement indispensables ? Sont-ils vraiment la marque d'un grand cinéma, ou a-t-on juste inconsciemment appris à les reconnaître comme tels ? Pour ma part et à mon modeste (rires) niveau, j'ai trouvé les cadrages très bons, de même que la compo des plans, ou l'éclairage, et ça a largement suffi à mon bonheur. Il faut aussi souligner l'intelligence du scénario, qui a parfaitement anticipé la totalité des contraintes en questions et non seulement les a contournées avec brio, mais les a également intégrées à sa trame, qu'elles ont contribué à alimenter et sur laquelle elle ont eu une influence (positive) réelle. Ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir assez de talent pour transformer des limites formelles aussi handicapantes en atouts narratifs.

- C'est vrai que la musique joue un rôle immense (c'est peu de le dire) dans le processus d'immersion et l'aspect « hypnotique » du film (tout comme c'était déjà le cas dans Ink, d'ailleurs). Sans elle, le film n'aurait pas la même force, c'est évident. Et là encore, c'est loin d'être un défaut, surtout quand on sait que c'est le réalisateur/scénariste lui-même qui a composé la B.O. On comprend mieux, alors, comment celle-ci parvient à s'accorder à ce point aux images, dont elle devient indissociable (notamment durant toute la – longue - séquence du casse qui ouvre le film). En plus d'être un beau tour de force, ça rappelle les glorieuses années de mister John Carpenter, et ça fait chaud au coeur de voir qu'il y a toujours des créateurs pour emprunter le même chemin.

- J'ai beau y réfléchir, je ne vois pas vraiment quel parallèle on peut établir entre The Frame et Buffy contre les Vampires (que j'ai pourtant beaucoup « pratiquée »), mais quand bien même, admettons… Il me semble quand même important de rendre à la Tueuse ce qui lui appartient : ça n'en a peut-être pas l'air, vu de l'extérieur, mais Buffy est une excellente série TV, pleine d'excellentes idées et d'excellents scénarios. Elle n'a d'ailleurs vieilli qu'au niveau de l'image et des modes à l'écran, c'est bien un signe. Il ne faut pas oublier que c'est Joss Wheddon qui est aux commandes, derrière, et que le nom du bonhomme a toujours été gage de qualité (DollHouse, Firfly, Dr Horrible, etc…). Il a toujours su donner une vraie profondeur à une pop-culture qu'il n'a jamais reniée. C'est aussi rare que grand.

- En ce qui concerne le rythme, on retombe sur les questionnements qui nous occupaient au niveau de la réalisation. Il est atypique, c'est un fait, en ce sens qu'il ne respecte pas les principes posés par Lavandier et Mac Kee, qui ont servi à formater la quasi-totalité des films depuis plusieurs décennies... ce qui peut effectivement donner l'impression ici que la structure du récit est branlante, trop étirée par moments. Alors qu'elle ne l'est que dans le cadre défini par Lavandier et Mac Kee, à condition qu'ils détiennent tous deux la vérité vraie, ce qui est loin d'être le cas (vu qu'il n'en existe pas, dans ce domaine). Même si ce qu'ils préconisent relèvent souvent du simple bon sens, j'ai toujours été très contrarié de les voir baliser aussi mécaniquement le processus scénaristique, en le plaçant ouvertement « dans une logique « de spectateur ». Ils invitent en effet à construire les structures narratives en fonction des attendus du spectateur (qu'ils contribuent ainsi à former/renforcer, c'est un cercle vicieux), au détriment de la personnalité du récit à proprement parler. La logique du spectateur prend le pas sur la logique de l'histoire. Or pour moi, la logique de l'histoire prime avant tout, et tant pis si elle sort le spectateur du ronron de ses habitudes. Au contraire : c'est une des raisons pour lesquelles j'ai tant aimé The Frame. Parce que, justement, l'histoire y passait avant moi.

- Enfin, en ce qui concerne Looper, ton avis ouvre d'autre débats eux-mêmes très prometteurs (mais chronophages, hélas). Pour ma part, je l'admets, j'ai passé un moment très sympathique devant l'écran, mais je n'ai pas été plus enthousiasmé que ça, et pas du tout ému, loin de là. Je le reverrais sans doute un de ces jours sans déplaisir, mais sans passion non plus. Outre le classicisme formel de sa réalisation, ce qui m'a gêné, en le visionnant, c'est l'inévitable comparaison avec l'Armée des Douze Singes auquel le film invite involontairement dès les premières minutes. Même s'il n'est pas identique en tous points à son illustre prédécesseur, j'ai néanmoins trouvé qu'il en reprenait/rebootait les grandes lignes, mais sans le talent ni la folie de Gilliam, et sans apporter suffisamment de trucs nouveaux pour légitimer sa propre existence. Pour moi, à partir du moment où on avait l'Armée des Douze Singes, on n'avait pas besoin d'un Looper : le premier suffisait, dans ce registre. De la même façon, beaucoup de détails m'ont agacés, comme le coup des pouvoirs psychiques qui vient comme un cheveu sur la soupe, ou tout ce qui se rapporte au fameux et mystérieux « grand méchant du futur ». J'ai trouvé que c'était amené de manière maladroite, et pas très bien exploité. Mais c'est un ressenti perso, bien sûr, je ne cherche pas la bagarre avec toi et je respecte ton inclination pour ce film.

Finalement, nous divergeons sur Looper comme nous divergeons sur The Frame :

Pour m'auto-citer (c'est si bon) au sujet d'Interstellar, mais ça vaut dans tous les cas de figure : « "Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, quel que soit le domaine créatif envisagé, nous n'avons pas tous les mêmes attentes, nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes éléments, nous ne pourrons donc jamais tous être d'accord. Le cinéma de Nolan parlera à certains, et laissera d'autres sur le carreau. Il y a des films qui nous correspondent, et d'autres qui nous correspondent moins. Nous ne serons pas émus, agacés ou troublés par les mêmes choses, ni dans les mêmes proportions. Or cela dépend moins de la qualité des films en question, que de ce que nous sommes, et dans la façon dont ce « ce que nous sommes » trouve un écho dans ce que nous regardons".

Là où je voudrais ouvrir le débat (mais dans le vide, parce que je manque de temps libre), c'est en soulignant qu'en fin de compte, ta remarque m'a permis de mettre le doigt sur ce qui me gêne, dans les films que j'ai cités dans ma chronique (raison pour laquelle je les assassine à chaque nouvel article, ou pas loin) : ce ne sont pas des films de Science-Fiction. Ce sont des films d'action, dans un cadre de Science-Fiction. Or l'avantage du cadre SF, justement, c'est qu'il peut accueillir tout type de récit : Fantasy (Star Wars), Policier (Blade Runner), Horreur (Alien), Psychologie (Enemy Mine), etc, etc, etc. C'est sans fin. La seule limite, c'est l'imagination du spectateur. C'est tout l'intérêt du genre, d'ailleurs, et ce qui le distingue avantageusement de la Fantasy. Or c'est justement ce que moi, qui aime la SF, je veux voir. Je veux voir la SF dans sa diversité, et pas sans arrêt le même type de films d'action, déguisé (parfois très habilement) en ce que j'aime. Un univers bien pensé, au mecha-design soigné, à la crédibilité indiscutable, ne me suffira pas. Parce qu'au final, ça restera du Die Hard avec des vaisseaux spatiaux, ou des voyages dans le temps, ou des gros dinosaures marins. Et l'action pour l'action, moi, ça me gonfle vite. Une fois de temps en temps, ça va, quand c'est bien fait. Mais quand ça devient systématique, c'est l'overdose. Raisons pour lesquelles j'ai particulièrement apprécié Dark City et Inception - des films qui, sans oublier l'action pour autant (Inception en compte un peu trop, d'ailleurs), n'oublient pas non plus d'apporter quelque chose d'autre, n'en font pas le coeur, la raison d'être du film. Pour moi, c'est important. Très. C'est aussi la raison pour laquelle, malgré ses défauts, j'ai préféré Prédestination à Looper. Parce que Prédestination n'est pas un film d'action. Quand on y pense, ce n'est même pas un film sur les voyages dans le temps. Et c'est ce qui le sauve.

Mais il y aurait tellement à dire… il faudrait se faire ça de vive voix, et on pourrait sans doute y passer la nuit.

Faudrait juste planquer tout ce qui pourrait servir d'armes avant.;)
Take Shelter
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Take Shelter
"On fustigera sa SF cérébrale à la Bernard Werber"

Fixed.

Bon finalement je l'ai vu hier.
Je suis partagé (comme beaucoup j'imagine).

Déjà, l'estethique série, voire série B me gène, même si c'est justifié à tort et à travers par le scénario, je trouve ça cheap et ça aurait gagné à être plus froid, avoir un meilleur opérateur et être moins post produit.

J'ai trouvé les 2 concepts "phares" du film géniaux et rendus palpables grace aux zik efficaces (bien que trop Nolanienne - le film me fait pas mal penser à Inception d'ailleurs) qui aident les acteurs (bons) à rendre le tout extremement tendu.

Après je me désole devant certains partis pris graphiques/des idées de scénar dignes de buffy contre les vampires.
Puis ça part perd parfois le spectateur en étant épars, notamment vers le milieu du film (ou le 2eme acte) qui m'a presque fait m'endormir (j'aurais loupé " the frame" xD).
Ca part dans tous les sens. Série tv, sf, le diable, stephen king, doctor who "4ème mur", rélfexion sur l'écriture, les persos, la fatalité...parfois j'ai pas compris grand chose, mais la partie "the frame" et le début quand les persos "comprennent" c'est totalement dingue.

Je te remercie pas car je l'avais déjà DL (oui j'suis une pute) avant de voir ton article mais je le retiendrai comme étant à part dans le cinéma SF/US, c'est certain.
Sans être transcendant non plus.

Et Looper est incomparablement plus émouvant et fort. Just saying.
Snake_in_a_box
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Le service après-vente fr de Jamin Winans... <3
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Alors là... désolé, je ne pourrais pas t'aider. On dirait un bug que j'ai eu une ou deux fois sur Steam pour des transactions échouées (sans raison). Il a fallu que j'attende de vérifier qu'il n'y avait pas eu de débit, et que je recommence la procédure plus tard.
Take Shelter
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Take Shelter
au moment de place the order, j'ai un message d'erreur "shipping method non dispo" ou je ne sais quoi, le truc c'est que je peux pas vraiment en choisir une nouvelle, je peux juste "contacter" paypal...

?!
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Ha, j'ai pas eu de souci particulier (oui, enfin, remarque, j'ai pris des versions physiques, ça explique sans doute cela)... ils te proposent quoi ?
Take Shelter
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Take Shelter
problème avec le paiement par paypal, sur la shipping method(alors que c'est putain de digital)de l'aide please!
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Et les tweets sont vraiment tombés quelques minutes à peine après publication de l'article.
A croire qu'ils ont des bots réplicateurs à leurs solde pour relever toutes les occurrences, même anecdotiques, émaillées dans le grand océan d'étoiles inter-net-sidéral . :lol:
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
Nom d'un goa'uld, ce flicage sur Stargate.
La série est morte avec les années 2000 mais les gars restent au taquet.
La monomanie des gens...
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

@Kelun :


Attention, note quand même que j'ai fait un effort : je n'ai dit du mal QUE de l'épisode sur les Nox. Je suis en progrès. ;)

(Note, juste au-dessus, les deux tweets les plus étranges et les plus inattendus de l'histoire de la création - du net, au moins. Comme quoi je plais aux fans... :D ).

Ravi que le film t'ait plu, en tout cas. Je confirme qu'il nécessite au moins deux visionnages : le premier, en se laissant emporter, en s'efforçant de vivre le truc sans se poser (trop) de questions, et le second (ou plus si affinités) avec le cerveau qui tourne à plein régime pour tenter de reconstituer le puzzle. Deux façons d'envisager l'expérience, deux façons d'apprécier. ça n'en est que meilleur ! :wub:

Note d'ailleurs également qu'un début de piste supplémentaire est donné dans le générique de fin, puisqu'on y apprend le vrai nom d'un des personnages-clé du récit... un nom qui est aussi une fonction, mais je n'en dis pas plus.


@SeeDreeks :


J'espère que tu ne seras pas déçu. Je te rembourse, si c'est le cas ? ;) En même temps, si toi aussi tu es las des films convenus et prévisibles, tu ne pourras que te régaler.

Bon, et je te remercie (beaucoup) de me rassurer quant à ma vieillitude et à ma blasitude, mais même si j'ai toujours l'écriture manuscrite d'un enfant de 7 ans ( :lol: ), les années qui passent ne me laissent pas de répit ! On en est tous là, tu me diras... mais certains plus que d'autres ! :D



@Luciole :

Je comprends bien mais comme je l'écrivais, j'espérais que mon enthousiasme serait suffisamment communicatif pour emporter le morceau. Alors qu'on en est arrivé à un point où on n'a quasiment plus aucune chance d'être surpris au cinéma, à la télé ou en bouquin, je trouve dommage de se priver d'un tel plaisir, compte tenu de sa rareté, surtout à un tarif aussi avantageux (on a tous vu des navets au Pathé à deux fois le prix). Le gros point fort de ce film, justement, à mes yeux, c'est qu'à aucun moment (ou pas loin), on ne sait où on va. Et je peux t'assurer que tout de suite après Interstellar, ça fait un bien fou.

J'ai vraiment investi dedans sans rien savoir non plus (mais j'avais vu - et adoré - Ink, ça aide), et c'est vraiment dans cette "configuration mentale", j'en suis convaincu, qu'on est le plus à même de savourer cette expérience... là, je vous ai quand même raconté la moitié du film, mine de rien. :(

Enfin, je ne vais pas bougonner plus longtemps, sans quoi on va arguer que je suis un vieux râleur (OH WAIT) : l'essentiel, c'est que ça te tente. Et je suis sûr que tu y trouveras (au moins un peu) ton compte. C'est un film qui se regarde avec le coeur autant qu'avec la raison... si ce n'est plus. ça aussi, ça devient de plus en plus rare.

Et oui, si j'ai rompu (une nouvelle fois) mon voeu de silence, c'était parce que pour le coup, c'est encore une découverte de l'ordre du très très confidentiel (même si ça commence à en dire du mal sur Sens Critique, ce qui suggère que le bouche à oreille commence à faire son job... pour le meilleur et pour le pire, comme d'habitude).



@Blacklabel :


Merciiiii infiniment pour ce retour aussi cinglant que drôle en mode "crash-test" (je n'ose pas ajouter "dummie"), je ne peux que t'être reconnaissant ++++ d'avoir si courageusement essuyé les plâtres à ma place. Tu confirmes l'impression que m'avait donné la bande annonce dès le premier visionnage... preuve qu'elle était bien fichue, on peut au moins lui accorder ça. :lol:
Je me le ferais donc un jour entre potes, on fera un concours de blaguounettes, ça rentabilisera le temps et l'argent perdu, et ça permettra de patienter en attendant la sortie de Pacific Rim 2 !

Si tu vois The Frame, je serais très intéressé de connaître ton avis... tu feras juste attention à ménager ma sensibilité légendaire ! ;)


En tout cas, jusqu'ici, c'est un sans fautes : ça a plu à Snake, Ryuukusan a adoré, Bibiche a été scotchée, mon meilleur pote l'a vécu avec la même intensité que moi et ça a même ramené Mr Patate très temporairement sur Gameblog !


CE N'EST PAS RIEN !

BlackLabel
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BlackLabel
Edge of tomorrow c'est vraiment nul. Vraiment. Pas comme Oblivion qui est surtout fade mais a du potentiel sous son look apple. Edge c'est la Foire aux incohérences gratuites et invraisemblances crasses, au principe de film qui tient pas debout parce que les scénaristes ont deux neurones, aux persos sans intérêt et aux scènes d'action type jeu vidéo. Je dis ça tout en étant bon public pour ce genre de film et appréciant généralement Tom Cruise (même si sa carrière est derrière lui depuis qu'il trempe dans les Mission Impossible de toutes les sortes). J'ai même apprécié Elysium, pour te dire que Edge c'est un bon cran en-dessous.

Épargne-toi ^^
Luciole
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Luciole
Pareil que le chat. Je n'arrive à avoir envie de voir un film que si j'ai un synopsis à lire, pour savoir où je vais. Et maintenant ça me tente. Merci à toi sinon je ne saurais même pas que "The frame" existe.
SeeDreeks
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SeeDreeks
C'est malin je vais sûrement lâché 8$ d'ici la fin de la semaine. ^__^
Merci pour tant de passion. Et arrêtes avec ton "vieux con blasé"... tu n'es pas vieux rooooh.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

Salut le Chat,

Un petit mot en direct du boulot, même si je ne devrais pas (la passion est plus forte que les tabous administratifs), juste pour te dire que l'un des grands plaisirs que j'ai eu en visionnant The Frame, c'était justement de ne rien savoir à son sujet, raison pour laquelle je me suis moi-même abstenu de produire un synopsis. A une époque où les bandes annonces spoilent tout, c'est devenu un luxe que de pouvoir découvrir une oeuvre de fiction sans rien savoir à son sujet. Pour te dire, j'ai même hésité à en poster des photos, alors...

Bref, j'espérais naïvement que ma parole seule suffirait à convaincre les gens, et que si ce n'était pas le cas, le faible coût de la transaction (8 dollars, c'est plus proche de 6 euros, non ?) suffirait à compenser. Je peux cependant d'ores et déjà te dire que ça ne parle ABSOLUMENT PAS de robotique ou d'intelligence artificielle. D'une certaine manière, c'est même à l'opposé, on est très loin de la mouvance hard science. Comme je l'écrivais, pour situer, il vaut mieux penser à du K.Dick dernière période, ou à du Bradbury.

Mais bon. Si vraiment, tu tiens à en savoir plus, je te pitche quand même le truc à contrecoeur. Libre à toi de le lire ou de ne pas le lire. Cela relèvera de ta responsabilité, tu ne pourras t'en prendre qu'à toi-même ! ;)

[SPOILER]Los Perditus, de nos jours. Il fait partie d'un gang de braqueurs pour racheter une vieille dette. Elle est urgentiste et se bat pour sauver des vies. Pour lui, elle est l'héroïne de la série Urban Hope. Pour elle, il est le héros de la série Thieves and Saints. Chacun est l'échappatoire de l'autre, qui lui permet de supporter le stress d'un quotidien trop dur, trop vide, trop solitaire. Et puis un jour, la réalité dérape et ils se retrouvent face à face "pour de vrai", par écrans interposés. Chacun découvre alors que le quotidien de l'autre est aussi réel que le sien. Alors qu'ils s'efforcent de comprendre ce qui leur arrive, le compte à rebours fatal se met en branle : dans sa réalité à elle, sept petits jours la séparent du season finale de Thieves and Saints.

Kaminos
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Kaminos
Ton article a pique ma curiosite, je vais sur le site internet, j'y vois un trailer qui a l'air cool mais auquel je ne comprends pas grand-chose, si ce n'est que le film semble parler de technologie / robotique / intelligence artificielle / un truc dans le genre.

Je vais sur allocine je vois pas de synopsis. Je lis les remarques des gens tout le monde dit "ouais cliffhanger trop bien, grosse mise en abime, etc".

Je reviens sur ton billet je remarque qu'en fait je sais toujours pas ce qu'est ce film.

Je sais pas, avant d'aller au cine, je lis en general le synopsis du film, donc la, avant de claquer mes 8 euro, j'aimerais bien en faire de meme.

Mais apparemment ca m'est interdit. Ca fait chier.

:(
Kelun
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Kelun
J'ai franchement trouvé ce film très bien, par contre, faudra que je le regarde à nouveau une ou deux fois pour bien me faire un avis définitif.

Par contre, comme tu as parlé en mal de Stargate SG-1 et des Nox, tu ne mérites pas mon like. :P
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Je ne te le fais pas dire !
Elle est d'un charme et d'un naturel fou...
mr patate
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mr patate
Ah oui au fait c'est vrai, mention spéciale à l'actrice, excellente.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Toi, tu traînes trop sur Sens Critique ! :lol:

Édito

 (Mais bon, on va pas se mentir, je ne sais pas pourquoi)

 

Si vous aimez les gens qui écrivent plus que bien, allez lire :

- Snake_in_a_box

- Noiraude

- Migaru

 ET QUE CA SAUTE COMME TIDUS DANS L'INTRO DE FFX !

 

 (Là encore, c'est un grand mystère, mais pas désagréable).

Si vous voulez lire des gens vraiment rigolos, par contre, c'est là que ça se passe :

- Snake_in_a_box

- Noiraude

- Migaru

 

Comme par hasard c'est les mêmes...

 

(Là, par contre, OK, rien à redire, y'a du beau linge)

L'article en question, riche en collaborateurs de qualitay, qui méritent tous ce prix avec les honneurs :

Une Rumeur Grandement Exagérée

 

*

 

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

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