ERROR 404 BLOG NOT FOUND

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Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 14/10/18 à 17h48

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Kingdom Hearts III.

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 Il avait promis de nous revenir et il s'y est tenu - bien qu’on lui ait (un peu) forcé la main par générique interposé en s’engageant pour lui auprès des enfants de la terre. Il a juste, en chemin, enchaîné les escales sur ces étoiles lointaines qu’il a réputation d'affectionner, où il a retrouvé fidèles de longilignes compagnes - dont on n'a jamais su s'il appréciait les charmes autrement que pour la galerie. 

Un coeur trop grand pour l'amour seul, peut-être ?
Ou trop plein de son amitié pour son défunt second ?
Ou trop épris de cette liberté qui l'obsède, dont il a joui à loisir ces trente dernières années ?

La voie qui nous l'a ramené ne fut pas pour autant de tout repos, constellée qu'elle s’est avérée d'embuches, de tentations et de mauvaises rencontres. On le prétendait en retraite, lui et quelques autres, sur les plages de cette Arcadie qu'il est allé chercher aux confins de la galaxie ; là où d'autres affirmaient l'avoir vu repartir au front aux alentours de Ra-Metal, la sinistre planète mécanique, aux côtés du zeppelin de la troublante Emeraldas. Plusieurs historiens réputés ont même cru pouvoir remonter ses traces jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, voire aux grandes étendues sauvages de l'Ouest Américain ; ce qui n'aura pas manqué de leur inspirer mille et unes conjectures. Nous-mêmes, nous le pensions piégé dans une boucle d'éternels recommencements, balloté par les vents cosmiques d'expériences numériques défavorables. Or le revoilà à la barre de son navire, tout en cape, en bandeau et en Jolly Roger, sans une ride ou un cheveux blanc pour faire oublier sa balafre - comme s'il n'était jamais parti, voudrait-on nous faire croire, à nous qui ne demanderions pas mieux... Mais des décennies ont passé, et ce retour inattendu invite à la méfiance. Ce grand échalas vêtu de noir est-il bien l'Albator que nous attendions en secret ? A-t-il seulement perdu son cap en cours de route, ou cette nouvelle incarnation n'est-elle qu'un Martin Guerre à la nippone, sans plus de magnétisme qu'un cosplayeur de seconde zone ?

A en croire les critiques, la version 2013 de l'insolent capitaine n’est qu’un épouvantail couvert de cicatrices, l'ombre d'une ombre, bien loin de ses grandeurs d’antan ; et l’idéal utopiste dont il se réclame n'est plus qu'une forfanterie, une erreur de jeunesse.
Alors, Albator, usurpateur ? Traitre à sa propre cause ?

 

 

Beaucoup opineront avec énergie, et iront de leur propre tirade désabusée pour alimenter le réquisitoire. Cependant par respect pour ses antécédents glorieux, nous nous garderons de le condamner sans un ultime procès, que nous nous efforcerons de présider avec équité. Une grande première, pour celui qui a fait trembler la voie lactée sous le matricule S00999.

 


On l’accuse de troquer sa SF pulp contre un mysticisme qu’on ne lui connaissait pas, converti sur le tard à la doctrine new-age - voire gourou scientologue ascendant Cheminade (le bougre veut défaire les noeuds du temps pour rebooter la Création, excusez du peu) -, on le retrouve agnostique tendance animiste là où on le croyait athée - sans maîtres ni dieux, quelle déception ! -, mais c’est faire peu de cas de la dimension séraphique dans laquelle il a jeté l’ancre, au terme d’une quête quasi-Biblique dans la série TV de 1984. C’est aussi oublier avec quelle arrogance il a tenu tête aux divinités d’Asgard sur un (inévitable) fond de Wagner, et fait main basse sur l'or du Rhin pour les yeux de succube d'une Mime (Clio) belle à se damner ; ou encore avec quel aplomb il est allé jusqu'à défier l’entité antédiluvienne (antéuniverselle, même !) que l'homme craint depuis l'aube du monde sous mille noms méphitiques, allant jusqu’à s’offrir un ticket aller-retour pour l’Enfer et y tailler le bout de gras avec l'ami Toshiro (Alfred). Est-il donc si inconcevable que celui qui a été tour-à-tour Moïse, Siegfried, Orphée - et tellement d'autres encore ! - en arrive à se prendre pour Dieu le Père en son Omnipotente Personne - ou, plus vraisemblablement, pour Lucifer, à charisme et ténèbres égales ? Dans le sillage de son Arcadia (Atlantis), les frontières se font mouvantes, imprécises, le passé et l’avenir s'enlacent, se télescopent, le space opera et le mythe se rejoignent au point de se fondre comme s’ils ne faisaient qu'un, comme s’ils n’avaient jamais fait qu’un, comme s’ils n’étaient que le prolongement l’un de l’autre – et n’est-ce pas précisément ce qu'ils sont, au bout du conte ? Épopée, odyssée, qu'importe le decorum : qu'il soit d'une autre époque, d'un autre lieu ou des deux à la fois, dès lors qu'il aspire au H majuscule, le héros n'est jamais qu'une déclinaison d'une figure unique, l'un des nombreux avatars mortels d'un même géant dans l'âme - là où commence le monomythe, en somme : dans l'être plutôt que dans l'accomplissement, dans l'étoffe plutôt que dans les actes. Que sa dernière variation en date reprenne à son compte les thèses du peuple Nibelungen, déjà intégrées à son microcosme via un manga en 8 volumes, ou qu'elle fasse l’amalgame entre théorie des cordes et Parques de la mythologie, elle reste dans son élément, elle ne l'a jamais quitté. Si quelqu’un peut prétendre abolir les lois du cause-à-effet, ou même flirter avec la matière noire, c’est bien notre corsaire préféré.

 




On le taxe de gâtisme, on le dit paresseux, on fustige la désinvolture avec laquelle il s'acquitte de ses obligations scénaristiques - la faute, argue-t-on, à une intrigue inutilement alambiquée, des retournements de situation artificiels, des incohérences à la pelle et du Deux Ex Machina n'en-veux-tu-pas-en-voilà-quand-même - ; à tel point qu'on jurerait avoir affaire au jumeau maléfique d'un certain Doctor Who - autre brigand spatio-temporel à sa british manière, dont on fustige souvent le goût pour le rocambolesque et les dénouements à l'esbroufe... Cependant se formaliser de ces fantaisies (assumées), c'est persister à vouloir confondre SF Pulp et Space Opera, comme s'il s'agissait d'une seule et même chose sous prétexte qu'il est question d'espace, d'extraterrestres et de pistolasers. Car un simple regard en arrière, pour peu qu'il s'accompagne d'un soupçon d’honnêteté, suffira à nous en donner confirmation : au cours de sa longue carrière d'écumeur du ciel, jamais notre Albator ne s'est embarrassé de considérations scientifiques qui ne l'ont jamais concerné, et qu'il a éventré à longueur d'épisodes à grands coups de tranchoir de proue… pas plus qu'il n'a cherché à composer avec le sens commun ou avec une chronologie qu'il traverse en zig-zag et réécrit sans cesse au gré de ses humeurs (noires). La cohérence narrative elle-même n'a jamais été au nombre de ses priorités,  semble-t-il, sans quoi aurait-il tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant d'annoncer le décès de son amie Emeraldas, pour avancer quelques centaines de pages plus loin qu'elle parcourt l'infini à la recherche de son amour perdu. Son monde n'a ni règles précises, ni limites figées : il est réinventé, réajusté, redéfini en permanence en fonction des besoins et des rebondissements. Les rédemptions tardives, les revirements-gigogne, l'héroïsme jusqu'au sacrifice, les invraisemblances théâtrales, la morale de livre pour enfants ont toujours fait partie du cadre défini par Leiji Matsumoto, son heureux paternel ; et bien que ces éléments puissent paraître kitchs, datés, anachroniques aux yeux du spectateur moderne, ils n'en sont pas moins constitutifs de l'identité de l'oeuvre. Aussi aurait-il été inconvenant de ne pas les conserver "en l'état", inaltérés, au risque de trahir l'homme au-delà de son personnage, l'auteur au-delà de sa création. Ni Albator-l'animé, ni Albator-le-manga ne se réduisent à Albator-le-capitaine, cela tombe sous le sens. Albator est aussi, voire surtout, affaire de protagonistes, d'univers, d'état d'esprit - de philosophie, presque, à sa manière. Une fantaisie spatiale qui tient autant du divertissement que de l'exorcisme, hantée qu'elle est par le fantôme de la Seconde Guerre Mondiale et cette même question, posée sans relâche - ni trouver de réponse : "comment rester fidèle à ses principes quand devoir et morale s'opposent, et qu'il faut choisir entre son pays et son humanité ?". De ses premiers pas en 77 jusqu'aux écrans de nos multiplex hors de prix, Harlock le renégat (de son vrai nom) n'a cessé de croiser le fer avec des ennemis ambigus, égotiques, écartelés entre leur mission et leur volonté propre, conscients de servir des tyrans mais trop orgueilleux pour déserter, manipulés par des supérieurs hiérarchiques qui n'ont aucun scrupule à exploiter leurs failles ou à faire vibrer la corde sensible du patriotisme : autant d'évocations à peine masquées des soldats japonais et de leurs homologues allemands, tels que Matsumoto les décrits dans ses mangas engagés. Victimes et bourreaux. A blâmer comme à admirer. Pris dans un tourbillon de paradoxes éthiques et culturels dont seule la mort saurait les délivrer. A l’honneur des trois épisodes de The Cockpit - poignants autant qu’incontournables.

 

 

En regard de ces considérations, téléporter notre Albator dans une trame à l'occidentale et structurellement mise au goût du jour (thématiquement, elle l'est bel et bien), voilà quelle aurait été la vraie trahison, quoi que puissent suggérer les apparences. Il conviendra d'ajouter par principe que si grand-guignolesque soit-elle, cette trame n'est pas plus absurde, ni plus vaine, ni plus creuse, ni plus infantile que celles des Oblivion, After Earth, Elysium ou Pacific Rim qui ont fait les beaux soirs des salles obscures en 2013 ; à ceci près que là où les faiseurs de blockbusters hollywoodiens privilégient l'illusion de la cohérence à la cohérence "pour de vrai", cet Albator nouvelle génération ne feint pas, ne triche pas, ne ment pas. Comme sa vedette masculine, le film avance fièrement, à visage découvert, et ne présente son récit que pour ce qu'il est, pour ce qu'il a toujours été - tant pis s'il semble être d'un autre âge ou s'il contraste avec le sérieux presque austère de sa direction artistique. Et bien que cette histoire de Terre originelle interdite aux fils de colons ne dépaysera pas les habitués de la saga Gundam (pas de hasard, Harutoshi Fukui, le scénariste, a aussi officié sur la série Unicorn), elle n'en conserve pas moins les thèmes chers au dessinateur, ainsi que ses constructions narratives feuilletonisantes. Preuve en est que si le temps lui-même a maintes fois bégayé sans égard pour le pauvre Tadashi (Ramis), éternel jeune premier condamné à voir son père assassiné encore, et encore, et encore à chaque nouvelle suite-reboot-variation, le Yama de ce long-métrage dépoussière ce rôle sans oublier d’en préserver l’essence, lui insufflant une noirceur du plus bel effet...

 

 

Et si le spectateur non-averti peut tiquer dès les premières scènes à la vue d'une Kei Yuki (Nausicaa) en apesanteur, dans le plus simple appareil, l'espace d'une parenthèse "fanservice" aussi sage que gratuite - et s'il peut s'agacer légitimement de cette faute de goût malheureuse -, force est de constater que la séquence fait écho à bien d'autres, éparpillées aux quatre (mille) coins du Leijiverse et relevant, on le sait bien, d'une longue tradition du manga (voire de la bande dessinée en général, nos auteurs européens n'étant pas les derniers quand il s'agit de mettre leurs héroïnes à nu).

 

 

Ce qui n'excuse rien, c'est vrai, mais pas plus aujourd'hui qu'hier, et contraste par son esthétisme pudique, candide, avec la honteuse surenchère à laquelle se livrent les productions actuelles en la matière. Si bien qu'au bout du compte, seule la dimension satirique originelle a été sacrifiée pour le bien d'un récit qui ne s'y prêtait guère, où elle n'aurait pu que perdre un peu plus un public aux souvenirs à géométrie variable (convenons-en : de toutes les raisons pour lesquelles on se rappelle ce dessin animé, l'humour est loin d'arriver en première position). 

 




On pointe du doigt ce lifting botoxé à la 3D, qui inflige une balafre en CGI au charme minimaliste des dessins d'origine, au point de leur donner de faux airs de jeu vidéo à gros budget. On déplore le faciès figé, les traits inexpressifs, comme coulés dans la cire, à des années-lumière de ceux d'un Shrek ou ceux d’un Buzz l'Eclair, comme s’il était possible de comparer leurs budgets ou leurs intentions premières. Or en dépit de ses grandiloquents excès pyrotechniques, Albator, c'est à peine le sixième des moyens financiers de Toy Story 3, et des personnages qu'on s'imagine mal en mouvement permanent. Imperturbable par nécessité financière autant que par nature, notre bon capitaine n'a jamais été trop porté sur l'extériorisation des sentiments, lancé qu'il est dans une partie de poker mortel avec les déesses de la destinée. Et si les contraintes matérielles ont longtemps fait partie de son héritage (comme ce fut le cas pour la majorité des séries d'avant le troisième millénaire), les réalisateurs qui se sont trouvé à sa barre ont su habilement composer avec ces dernières, jusqu'à renverser les rapports et s'en faire des atouts, donnant du sens à l'immobilité par opposition au mouvement, de la même façon qu'on peut en donner au silence par opposition au discours. Si bien qu'à force d’itérations, ce mutisme postural a intégré la grammaire de l'animation nippone et cessé d'être subi pour être accepté, voire exploité à contre-emploi - comme en témoignent certaines séquences surréalistes de la série Evangelion, plus proches de l'économiseur d'écran que du 24 images/seconde. Des économies de bouts de chandelles qui ne choqueront pas les enfants biberonnés au Club Dorothée, accoutumés au statisme austère des Dragon Ball Z et autres Ken le Survivant, mais qui les dérouteront autant que leurs aînés dans le cadre haut-standing d'une animation digitale peu coutumière de ce genre de pratiques. Pourtant, le principe est le même, et le rendu à l'écran également. Est-ce à dire qu'Albator aurait dû se contenter des deux dimensions qu'on lui connaît par coeur, ou du seul relief que lui conférait son charisme de rock star ? Rien n'est moins sûr. Car aurait-il pu se montrer plus expressif, plus expansif ou plus démonstratif sans se renier lui-même ? Cela tombe sous le sens, on aurait pu souhaiter le retrouver tel qu'en nos souvenirs, mais sublimé par la technique moderne, cependant n'est-ce pas précisément ce que Rin Taro nous a déjà proposé, en 2002, avec l'arc Endless Odyssey ?

 

 

Si l'on peut concevoir que la froideur de ce parti-pris graphique anonyme puisse ne pas faire l'unanimité, une énième redite aurait-elle été préférable ? La réponse est dans la question. Il n’en demeure pas moins qu'en effet, par moments, ce que le long métrage affiche comme de l'audace tombe à plat, voire irrite, à trop singer les cinématiques prétentieuses des nouveaux Final Fantasy (Ezra n'est-il pas le portrait craché du futur Ignis Stupeo Scientia  ? Et Yoshihito Ikuta, superviseur des effets visuels, n'a-t-il pas oeuvré sur l’épisode XII ?)… un résultat en demi-teinte, donc, qui n’est pas sans évoquer le fiasco des Créatures de l’Esprit, précurseur malchanceux dont il partage - en plus de son bad guy (conçu sur le même moule actantiel) - quelques tares esthétiques.

 

 

A ces fausses notes s'ajoutent un visage qu'on jurerait calqué sur celui de Gabriel Belmont (Castlevania Lords of Shadows), des séquences façon FPS qui n'impressionneront - ni ne surprendront - personne tant elles sont devenues monnaie courante, ainsi que des scaphandres qu'on croirait dérobés dans les vestiaires des deux premiers Bioshock... autant de raisons de faire grise mine pour l'accro de la manette "à qui on ne la fait plus".

 

 

Lequel devra néanmoins admettre, s'il possède un tant soit peu de bonne foi, que le port des lunettes 3D se justifie pleinement : malgré ses redondances, le spectacle est total et les batailles spatiales proposent ici et là des plans d'une régressive jubilation. Qu’importe si Kei Yuki, navigatrice en chef filiforme qui a nourri les fantasmes d'une génération, n'est plus que l'avatar physique d'un stéréotype passé de mode : l'oiseau anorexique du capitaine ou la bouche extensible Totoro-style de Yattaran s'intègrent étonnamment bien au décor, illuminés par la présence éthérée d'une Mime plus surnaturelle que jamais.

 

 

Quant au nouveau design de l'Arcadia, tout en phalisme et en turgescences, il gagne en ténèbres Gigeréennes ce qu'il y perd en élégance, plus proche du Hollandais Volant que du Queen Anne’s Revenge, du monstre marin que du croiseur interstellaire.

 

 

Reste à évoquer la bande son, toute en choeurs et coups de cymbales, qui ne parvient pas à convaincre en dépit (voire à cause) de la démesure de ses envolées lyriques, oubliées à peine entendues, surjouant le grandiose pour forcer l'émotion, fondues dans la masse des thèmes d’Howard Shore, Hans Zimmer et consors - sans déplaire pour autant, mais sans jamais susciter le frisson non plus. Au point que les bricolages au synthé d’Eric Charden et de Didier Barbelivien, composés en coup de vent pour la version française de la première série, auraient sonné plus justes, plus percutants et autrement plus inspirés - à commencer par cette fameuse "bataille" dont on ne se lasse pas, en dépit de son caractère répétitif.

 

 

Et pour prolonger dans le même registre, le générique final, platement interprété par l’équivalent nippon des One Direction, aurait pu être sabré au cosmo-gun sans que les trentenaires y trouvent à redire tant les chansons de leurs jeunes années s'y seraient trouvées plus à leur place. Rien que de très logique, en somme… Si le mieux est l'ennemi du bien, ainsi qu’on le raconte, quoi de plus naturel à ce qu'il soit aussi celui notre bien-aimé capitaine ? Comme ses prédécesseurs, il ne parvient cependant à lui infliger que des blessures superficielles, sans jamais réellement pouvoir lui nuire. Tout au plus l’empêche-t-il de donner la pleine et entière mesure de sa badassitude, mais pas de quoi crier « à l'abordage» (ou, plus prosaïquement, au sabordage) pour autant.

 



Enfin, on accuse le bonhomme d'être un usurpateur, d'avoir volé sa cape, son trône et son gouvernail à un "véritable Albator" dont il ne serait qu'une pâle (façon de parler) copie ; mais on ne pourrait pas se tromper davantage. Car avant de se prononcer de manière si catégorique ou de convoquer l'évidence sur le banc des témoins à charge, il serait judicieux que l'accusation se pose la question qui fâche - à savoir : existe-t-il seulement, ce "véritable Albator" soi-disant absent au casting ? Et si oui, s'agit-il de l'anarchiste alcoolique, poseur et dilettante de la première série, plus occupé à jouer les pères célibataires que les robins des astres ? Ou de son homologue de papier recyclé, irresponsable et bipolaire, qui doit sa survie à la chance plutôt qu'à ses talents ? Ou de l'ex-soldat psychorigide qui fuit le tumulte des combats sans se soucier de l'avenir de la galaxie ? Ou du brigand de grand chemin jovial et insouciant qui mène la vie dure à Warrius Zero ? Ou du boucanier imperturbable et taciturne qui se dresse sans frémir face au mal absolu ? Ou de l'aventurier avec un A majuscule qui fait la nique aux Dieux du Walhalla ?

 

 

Si pour beaucoup d'adulescents français, son souvenir reste associé aux traits virils de sa deuxième incarnation télévisée, impossible d'identifier le suspect de manière objective tant il compte de portraits-robots contradictoires : s'il existe un "véritable Albator", il est chacune de ces déclinaisons, sans qu'aucune d'elle ne le soit jamais tout entier - ce qui suffit à expliquer la déception de certains nostalgiques. Lesquels auront sans doute commis l'erreur de croire les paroles de cet hymne martial qui, jadis, saluait son retour en l'annonçant "bien plus beau qu'il n'était dans nos mémoires" : on le sait d'expérience, l'esprit humain ne fonctionne pas comme ça, surtout quand tant d'étoiles ont brillé au-dessus ponts. Les petits garçons et les petites filles d'hier, qui ne manquaient rien des actes héroïques de leur pirate de l'espace préféré, ont eu des décennies pour l'idéaliser, arrondir certains angles, polir certaines aspérités, ne retenir de lui que ce qu'ils appréciaient jusqu'à lui inventer des qualités qu'il ne possédait pas, ainsi qu'on le ferait pour tout premier amour - ce qu'il est pour beaucoup, d'une manière ou d'une autre... Et c’est précisément pour cette raison qu’il existe autant de "véritables Albator" qu'il aura existé d'enfants pour suivre ses odyssées, autant de véritables Albator que d'individus, tous différents et pourtant tous semblables, écrits et réécrits au fil des visionnages. Du personnage lui-même - son passé, son parcours, son intériorité -, on ne sait que trop peu ; et le peu qu'on sait est constamment remis en cause : aussi le devine-t-on plus qu'on ne le connaît et n'en cerne-t-on que les contours, sans qu'il ne montre rien (ou trop peu) de ce qu'il cache symboliquement derrière son bandeau noir. Quel homme est-il, au-delà du capitaine ? Nul ne saurait se prononcer tant les deux se confondent. Peut-être, d'ailleurs, n'est-il plus - ou n'a-t-il jamais été - QUE le capitaine ? En s'avançant masqué (déguisé, en l’occurrence), il invite le spectateur à combler par lui-même ce qu'il sent de vides, de points d'interrogation, et à y substituer son propre ressenti, sa propre interprétation du gaillard - si bien que même ses apparitions à l'écran ne sont jamais fidèles à 100 % les unes aux autres. Composées de fans autant que de créatifs, chaque équipe de réalisation s'en sera elle-même fait sa propre idée, se sera construit son Albator rien qu'à elle dont elle aura porté haut les couleurs en accentuant certains traits pour en occulter d'autres, lui en enlever quelques-uns pour en ajouter tant et plus. Ainsi qu'on l'a brièvement suggéré plus haut, l'Albator de 78 qui s’embarrasse d'une moussaillonne hydrocéphale accro à l'ocarina n'est pas celui du manga, qui envisage à plusieurs reprises d'anéantir la terre et tous ses habitants. L'Albator au visage fermé de 1984 n'est pas le pitre de Cosmo Warrior Zero, déjà marqué dans sa chair mais pas encore borgne, insouciant jusqu'à l'inconscience, peu avare en je-m'en-fichisme et en éclats de rire. Ainsi en va-t-il de même de cet Albator-ci, qui ne tient pas plus du véritable Albator que les autres prétendants au titre mais qui, tout bien considéré, ne tient pas moins de celui-ci non plus. Un Albator à la fois plus noir et plus faillible, plus impitoyable mais moins invincible. Un Albator qui, pour la première fois, transpire l'ambivalence, et qui s'éloigne du mythe pour revenir vers l'homme. 

 

 

Trop cruel, l'Albator next gen ?

Le film commence à peine que déjà, le bougre n'hésite pas à balancer par-dessus bord les postulants dont il ne veut pas dans ses rangs – tant pis s’il suffit d’une mauvaise réponse pour conduire ceux-ci à une mort certaine ! Ce sont ses règles et nul n'est censé ignorer sa loi. En cela, il opère une rupture franche avec son image d'ami des enfants de la terre, c'est un fait, mais ni avec la figure romanesque du capitaine corsaire (il ne manquerait plus que cela !) ni avec son modèle en noir et blanc, qui n'éprouve aucune réticence à faire feu sur des vaisseaux non-identifiés, en vol tout ce qu'il y a de plus stationnaire, ou à ordonner l'exécution de deux Mazones (Sylvidres) repenties, désarmées, en larmes, sans s'émouvoir de leur humanité inattendue.

 

 A lire : l'intégrale publiée par les éditions Kana.

 



Trop absent, peut-être ?

Moins qu'on pourrait le supposer puisqu'à chaque fois que le récit lui a imposé de tenir le premier rôle (habitué qu'il est à officier en marge des récits de ses compatriotes), c'est à travers les yeux d'une jeune recrue que le public a pu les découvrir, lui et son drapeau noir - toujours le même adolescent revêche et sûr de lui qui nous a prêté ses chaussures tandis qu’il esquissait ses premiers pas sur le pont rutilant de l'Atlantis. En conséquence de quoi ne suit-on ceux de notre héros qu'à distance respectable, par l'intermédiaire de ce protagoniste-passerelle chargé de faire le lien entre lui et nous. De ses aventures passées, de ses aventures futures, il ne dévoile que quelques bribes, quelques réminiscences évoquées ça et là au détour d'une conversation avec Mime ou Yattaran, dont on se sent exclu aussi sûrement que peuvent l'être Tadashi ou Yama. Si bien qu'au bout du compte, ses errances et ses luttes, nous ne les partageons que le temps nécessaire à notre alter-ego (qui est aussi le sien) pour passer du statut d'individu lambda à celui de membre d'équipage - voire de potentiel successeur. Ce qui n'a rien d'un hasard, on l’aura compris : l'artifice a été pensé - et bien pensé. Non content d'inscrire la narration dans le cadre traditionnel du voyage initiatique (qui structurait déjà Galaxy Express et Queen Millenium), il contribue à amplifier la fascination qu'exerce le personnage sur ses admirateurs, toutes tranches d'âge confondues. Pourrait-il faire honneur à l’aura de ses glorieux ancêtres, s'il ne se montrait pas inaccessible, insensible, en retrait, ni ne s'exposait pas qu'en cas de force majeure - quitte à devoir laisser ses hommes se sacrifier pour lui, ainsi que le lui commande une tradition vieille de plusieurs siècles. Mais au-delà de sa valeur testimoniale, cette absence par obligation rend le moindre de ses actes, la moindre de ses paroles d'autant plus dramatique (au sens théâtral du terme). A la manière d'un Batman - auquel il n'a jamais tant ressemblé sur le fond comme la forme -, il joue au chat et à la souris avec les attentes et retarde ses entrées en scène, inévitables autant que fracassantes, pour le plus grand plaisir des spectateurs (qui, du reste, ne sont pas dupes du procédé). Chacune de ses interventions se doit d'être mémorable. Chacun de ses moments de grâce se doit d'être à couper le souffle. C'est dans les ombres dont il s'entoure que s’épanouit son mystère et s'écrit sa légende, pas dans la pleine lumière ou sous des projecteurs qui en sonneraient le glas. Tout comme ses silences sont porteurs de sens, tout comme son immobilité se fait mouvement à part entière, c'est aussi - voire surtout - par l'absence qu'il se fait omniprésent.

 




Criminel, alors ?

Pas plus qu'il ne l'était quand nous applaudissions chacun de ses triomphes, avec l'innocence surjouée des têtes plus ou moins blondes que nous fûmes autrefois. Aussi vertueux qu’il se veuille, Albator a toujours eu du sang sur ses mains - humain, extraterrestre, sans distinction -, cela fait partie intégrante de sa panoplie de guerrier. A la différence qu'il n'est dorénavant plus question de le laisser fermer les yeux sur les conséquences humaines, matérielles et morales de ses faits d'armes. Divertissement oblige, il fendait jusqu’ici l'espace comme les vaisseaux adverses avec la même désinvolture, éperonnant à tout va sans jamais (ou rarement) se retourner ni compter ses victimes, reléguant ces dernières à l'arrière-plan comme autant d'abstractions, d'éléments du décor dont ni lui, ni le spectateur n'auraient songé à se préoccuper. Le point de vue adopté était celui d'un haut gradé sur le champ de bataille - de ceux qui ne peuvent pas s'offrir le luxe de la compassion, de crainte d'y perdre la vie ou, pire, les soldats sous ses ordres. Les remords seront pour plus tard : Albator doit accomplir sa mission, coûte que coûte. Son ami Alfred a montré l'exemple, et chaque cadran anecdotique de ses tableaux de bord le lui rappellent en permanence. La fin justifie les moyens, le contexte légitime les exactions, le vainqueur décide après coup de ce qui était ou non condamnable ; et ce n'est qu'au prix de ce raisonnement biaisé qu'on peut hisser le boucher sur un piédestal. Le film, lui, s'applique à l'en faire tomber - ou, au moins, à le placer (et le spectateur du même coup) face à ses fautes et à leurs conséquences. La guerre n'est plus un alibi, elle ne peut plus servir à excuser les exactions d'un hors-la-loi prêt à tout pour défendre ses idéaux, si honorables soient-ils. Si les combats de ses prédécesseurs contre les Sylvidres ou les Illumidas (Humanoïdes) posaient de manière relativement claire les limites du bien et du mal, ce nouveau cru s'y refuse avec force et traite ces deux extrêmes sur un même pied d'égalité, au mépris des tabous narratifs en vigueur. A commencer par celui de la légitimité de cette croisade vengeresse, à laquelle on assiste par le bout étriqué de la lorgnette. Au justicier sans peurs et sans reproches que rien ne paraît pouvoir ébranler, le long métrage oppose un spectre pétri de contradictions, dont on ne saurait dire s'il tient du génie visionnaire ou de l'âme en peine égoïste, mythomane et à moitié folle - sans d'ailleurs jamais vraiment trancher sur ce point. Un postulat qui, ça n’aura rien d’une surprise, ne sera pas au goût de ceux qui venaient assister aux exploits positifs d'un super-héros à la japonaise, mais qui s'avère aussi audacieux qu'intellectuellement gratifiant. Et bien que l'influence du Dark Knight Rises de Christopher Nolan soit indiscutable, l'archipel nippon n'a pas attendu sa sortie en salles pour fouler au pied ses idoles (comme en témoignent - entre autres - les Patlabor de Mamoru Oshii, le Casherrn de Kazuaki Kiriya, l’Overture de Saint Seiya Tenkai Hen - qui a fâché les fans pour des raisons similaires - ou même, dans un autre registre, la série parodique Dokkoida ?!, laquelle lui invente une retraite de savant fou friand de jeux vidéo érotique).

 

 

Une parenté cinématographique occidentale évidente, donc, à ceci près qu'il n'en a pas (et c'est peut-être un tort) les aspects didactiques, et se contente de suggérer ce qu'il aurait dû - ou pu, au moins - explorer.

 



Trop humain, finalement ?

Pour la première fois de sa longue carrière, Albator se trompe, Albator doute, Albator est brisé, Albator échoue, Albator pleure, même - et sur son sort, cette fois, plutôt que sur celui de son regretté "vieil ami", ainsi qu'il avait coutume de le faire. Certains spectateurs ne le lui pardonneront pas - ou, plus prosaïquement : ne le pardonneront pas au réalisateur. Quoi de moins agréable que de voir un mythe personnel réduit au statut de simple mortel (ou qui, du moins, ne vaut pas mieux).

 

 

Comme les studios Gonzo l'avaient fait courant 2003 entre les lignes de son Last Exile (à traits à peine couverts), pendant près de deux heures, Aramaki et son équipe s'emparent d'une idole quasi-religieuse et s'appliquent à la mettre en pièces sous les yeux d'adorateurs mortifiés, sans égards pour leur foi ou pour leur sensibilité. Des parents qui n'auraient aucun scrupule à révéler trop tôt l’identité du Père Noël ne sauraient pas causer plus de dégâts, ni susciter plus de colère. Le public voulait que le film s’adresse à l'enfant qui sommeille en lui, qu'il le renvoie trente et quelques années en arrière, le temps d'une aventure épique et optimiste où les morceaux de bravoure l'auraient disputé aux sursauts de tendresse. Or en dépit de sa trame linéaire, le long-métrage se destine à des adultes qui ne croient plus au gros bonhomme en rouge et qui, par extension, ne sont plus censés croire ni au véritable Albator, ni aux happy endings. Plutôt que d'entretenir le mythe, il le ramène (il nous ramène, par la même occasion) à la réalité, en suggérant de manière appuyée que si grands qu'ils puissent être, les justiciers, découvreurs, combattants n’en restent pas moins des hommes, avec ce que ça implique de faiblesses, de limites, de secrets honteux. Ce qui les rend pathétiques, oui, parfois, mais d'autant plus admirables quand ils se relèvent pour faire face, non à l'adversité mais à leur reflet dans la glace. L'ennemi d'Albator, ici, ce n'est pas la coalition Gaia. L'ennemi d'Albator, c'est Albator lui-même : le mythe dont il est prisonnier et l'individu au-delà, dont il refuse d'accepter les péchés et ne reconnaît pas les torts. Sous prétexte de conter sa lutte de longue haleine contre l'élite politique terrienne, le scénario nous invite à assister au passage d'un mythe païen - de l'ordre du fantasme et de la superstition, un mythe surnaturel construit malgré lui, plus une malédiction des dieux que la consécration d'un héros méritant -, à un mythe "vrai", un mythe humain, rationnel, réfléchi - infiniment plus fragile et, par-là même, infiniment plus remarquables. Avant de conclure qu'il n'est pas possible de se forger des mythes authentiques sans renoncer d'abord à ceux, factices, auxquels nous nous attachons pour de mauvaises raisons. Un message simple, naïf dans le bon sens du terme, tout à fait dans l'esprit des récits de Matsumoto et que l'on peut - voire que l'on doit - entendre sur plusieurs plans : religieux, politique, culturel... ce qui ne le rend que plus pertinent. Qu'importe alors si le twist final est trop prévisible. Il parfait la démonstration et ouvre les perspectives, avec une rigueur scolaire du plus bel effet.

 



Plus admirable encore : la façon dont le long-métrage file la métaphore historique, opérant un renversement d'une incontestable puissance symbolique : dorénavant, les adversaires du capitaine ne portent plus le poids de la Seconde Guerre Mondiale sur leurs épaules, ils n'en matérialisent plus ni les traumas, ni les aberrations. Le monde a changé, pour le meilleur et pour le pire. Depuis le premier vol de l'Atlantis, de nouveaux citoyens ont vu le jour et ont grandi sans connaître ni la fièvre des combats, ni le feu des bombardements, ni la pauvreté d'un pays à reconstruire. Aussi tragique qu'elle ait pu être, la grande Histoire est devenue une petite parmi d'autres, les souvenirs se sont émoussés. L'inconscient collectif en conserve des stigmates - une cicatrice, un bandeau sur l'oeil -, mais il a évolué, à mesure que ce présent de cauchemar se muait en passé de plus en plus lointain, de plus en plus abstrait, dont Albator aurait pu n'être qu'un des derniers vestiges s'il n'avait évolué de conserve. Et si c'est bien ce qu'il semble être quand commence l'aventure, vestige d’un affrontement dont personne à part lui et quelques autocrate ne se souvient vraiment, il donne à mi-parcours sa pleine mesure narrative, allant jusqu'à inverser les valeurs et se faire le reflet, tristement d'actualité, d'un clivage sociétal de plus en plus marqué. Coup de poker autant que de génie, ce sont à travers lui deux visions opposées de l'après-guerre qui se confrontent, l'une engluée dans ses regrets, ses remords, son orgueil nationaliste, et l'autre qui n'aspire qu'à faire table rase et aller de l'avant, sans rien oublier de ses erreurs ou de ses blessures... Car qu'est cet Albator, si ce n'est la personnification d'"un certain Japon" - celui-là même qui se refuse à considérer ses mauvais choix pour ce qu'ils sont et à les reconnaître officiellement comme tels, avec une obstination proche du fanatisme ? Ce Japon d'arrière-garde qui refuse de faire la paix avec son héritage déshonorant et qui, plutôt que de s'en libérer, préfère le glorifier, le réécrire au jour le jour (à défaut de pouvoir rebooter l'univers), de manière à ne pas avoir à en rougir, quitte à mentir, à se mentir, à abuser celles et ceux qui ont placé leur confiance en lui. Précisément ce Japon qui, quelques mois en amont, condamnait avec virulence le dernier chef d'oeuvre de Miyazaki, au motif que son Jiro cherche à y concevoir de beaux avions plutôt que des avions au service de la patrie - réactions d'autant plus glaçantes que le propos n'a aucune portée pamphlétaire ni aucune velléité moralisatrice. Un Japon qui se dérobe sans fin en se donnant l'impression de faire front, par désespoir plutôt que par malice. Un soldat sans cause. Un fou travesti en héros. Celui qui porte en lui le mal dont il se prétend le remède. Le premier des coupables qu'il clame vouloir châtier. Un personnage à plaindre autant qu'à détester, à craindre autant qu'à estimer, auquel le film oppose la fougue d'une génération lasse de cet immobilisme, prête à prendre la relève. Une génération indécise, immature, révoltée, qui ne croit plus aux valeurs sans nuances de ses aînés, mais qui n'a pas d'alternative vers laquelle se tourner. Une génération qui ne se retrouve pas dans les idéaux d'un autre âge de ceux qui tiennent les rênes et qui, seule, pourra permettre au pays de prendre un nouveau départ, de retrouver sa place au sein du Grand Tout auquel il appartient. A condition, bien sûr, qu'elle parvienne elle aussi à triompher de ses démons. En ce sens, la confrontation entre Yama et Albator les sauve autant l'un que l'autre, les extirpant de la spirale de culpabilité qui leur dicte leurs actions : au premier, elle donne une direction, elle trace un chemin. Au second, elle apporte la rédemption tant espérée. En effet, ce n'est qu'au moment où ce dernier cesse de fuir ses responsabilités, au moment où il renonce à ce projet absurde et criminel qu'il a élaboré pour ne pas avoir à les assumer, au moment où il reconnaît publiquement ses fautes, au moment où il se confesse et où il rend les armes qu'il devient un héros. Au-delà : un modèle, un exemple, une source d'inspiration. Précisément tout ce qui fait défaut à celles et ceux par qui le progrès pourrait arriver.

 

 


Pour autant, Shinji Aramaki n'est pas un artiste, on le sait. Faiseur d'images et technicien dans l'âme, il maîtrise les budgets, les échéanciers, les cahiers des charges, les cadences de production, mais n'a pas d'ambition artistique particulière, ce n'est pas son domaine et il semble s’en accommoder. Il suffit de comparer ses deux Appleseed aux Ghost in the Shell de Mamoru Oshii pour en avoir confirmation : le réalisateur s'occupe plus de forme que de fond, de spectacle que de substance ; en conséquence de quoi le cinéphile averti aura-t-il abordé son travail avec la méfiance de rigueur, que n’auront pas manqué d’alimenter quelques bandes annonces blockbusterisée jusqu'à l'écoeurement. Or si le résultat ne parvient jamais à rivaliser avec l'indétrônable Arcadia of my Youth, qui servait d'introduction à la série télévisée diffusée en 84, si ses batailles spatiales se font trop redondantes, si le quart d'heure amputé à la version originale ne joue vraisemblablement pas en sa faveur, si la nécessité de former un tout cohérent pèse sur sa structure scénaristique, si le premier degré tend à étouffer son sens véritable et si son maître d'oeuvre n'y insuffle aucun génie, aucun style à proprement parler, le divertissement proposé n'en constitue pas moins un bel hommage, loin du produit décérébré dont on aurait pu écoper : maîtrisé, intelligent, respectueux de son matériau d'origine - jusque dans ses trahisons et les déceptions qu'elles entraînent. Lesquelles constituent paradoxalement autant de preuves du succès de cette entreprise iconoclaste, plus exigeante qu’il n’y paraît.

 

Pouvait-on en attendre moins - pouvait-on en espérer plus ? –, d’un nouveau chapitre canonique à l’intemporelle légende Albator ?

 

It's a nameless lonely blues...

 

 

 

 

 *

 

Pour prolonger :

 

  • Albator, corsaire de l’espace, sortie le 30 avril en DVD, Blu Ray ; Blu Ray 3D et coffret prestige numéroté (incluant l’intégrale du manga et un dessin dédicacé de Leiji Matsumoto dédicacé pour l’occasion).

 

 

  • Capitaine Albator, le pirate de l’espace, intégrale (inachevée) du manga, chez Kana Editions.

 

  • Albator, le Corsaire de l'Espace, un guide illustré écrit par Jérôme Wicky, aux éditions Soleil (sortie le 16 avril).

 

  • L’anneau des Nibelungen, intégrale en 8 volumes, chez Kana Editions (épuisé).

 

  • Albator 78, l’intégrale des 42 épisodes, chez TF1 vidéo.

 

  • Albator 84, l’intégrale des 22 épisodes + le film « l’Atlantis de ma Jeunesse » chez Declic Images.

 

  • The Cockpit, l'intégrale des 3 épisodes, chez Kaze Animation.

 

  • Harlock Saga, l’intégrale des 6 épisodes, chez Beez (épuisé).

 

  • La Jeunesse d’Albator (Cosmowarrior Zero), l’intégrale des 15 épisodes, chez Kaze Animation.

 

  • Gun Frontier, l’intégrale des 13 épisodes, chez Kaze Animation.

 

  • Space Symphony Maetel, l'intégrale des 13 épisodes, chez Kaze Animation.

 

  • Captain Herlock : Endless Odyssey, l’intégrale des 13 épisodes, chez Dybex.

 

 

 

Les illustrations utilisées pour la confection de ce dossier sont la propriété de leurs auteurs et éditeurs respectifs.

 

*

 

 

D’autres articles que vous ne lirez qu’ici, et nulle part ailleurs :

 

Final Fantasy VII : si Evangelion m’était (re)conté.

Vision d’Escaflowne : Final Fantasy VI s’anime entre les lignes.

Les adieux de Miyazaki : qui s’aime, le vent… récolte un peu de brise, là où on attendait un tourbillon.

X-Men : différences et dichotomies, une génération née sous X

Tuto à l’intention des professionnels : comment rater son Final Fantasy

Masami Kurumada : le génie et ses bonnes étoiles

Le Vent se Lève : la chronique japanim’ de Mr Zizi (feat. le Comte Zaroff)

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Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Haseo :

Oui, j'avoue, j'ai essayé de faire comme chez Télérama. B)
Je suis heureux de voir qu'on est capable de tomber d'accord malgré notre inimitié légendaire et j'ai eu grand plaisir à lire ton com'.
Haseo
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Haseo
Article intéressant, même si j'avoue aussi trouver le tout trop long et le ton pompeux, à la limite du concours d'étalage de vocabulaire. Peut-être qu'un découpage plus aéré et moins d'emphase à coups de mots en gras aiderait, mais la mise en page de Gameblog joue aussi sur ce coup là.

Personnellement j'ai beaucoup aimé le film (je n'ai pas encore vu la version longue, et je l'ai vu en 2D). Je suis par ailleurs totalement d'accord sur l'idée que c'est finalement à travers ce qu'il ne respecte pas dans l'imaginaire collectif des nostalgiques (ceux qui se rappellent de Albator 84 donc) qu'il est le plus juste, car le film (re)pose les bases d'une mythologie, et assume sans aucun complexe ses incohérences et la multiplicité d'Harlock(s). Il prépare je trouve de manière très juste ceux qui découvrent la saga avec ce film à cette multitude de personnalités, de tons et d'approches pour un seul et même personnage.

Je trouve que c'est un bon hommage qui ne fait ni dans la resucée évidente, ni dans la rupture choquante (oui Saint Seiya Legend of Sanctuary, c'est toi que je regarde...je te surveille et j'espère que te me surprendras ^^), et qui s'intègre très bien dans l'univers.

Bref comme pour beaucoup de productions récentes, je trouve dommage que le public le juge de manière aussi sévère et expéditive, juste parce que ça ne colle pas avec l'idée qu'ils s'en faisaient dans leurs souvenirs. Si vous voulez uniquement du Albator 84, regardez Albator 84^^
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Casval :

Je suis tout à fait d'accord, nos deux conclusions se recoupent complètement, même si tu exprimes les choses de manière plus directe. :)

Tu as raison d'insister sur l'importance du rôle de Fukui dans le process qui a donné naissance à ce film...
J'ai effectivement établi ici un raccourci un peu osé, mais force est de constater que le grand public fustige (ou applaudit) souvent le réalisateur, comme s'il était seul maître à bord, qu'il soit responsable ou non de ce qu'on lui attribue par défaut, sans s'occuper du reste du staff (à commencer par le scénariste, ce qui m'a toujours choqué).
Casval
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Casval
ne le pardonneront pas au réalisateur.

 

 

Le choix de montrer Harlock de cette façon vient uniquement de Harutoshi Fukui, Aramaki n'ayant pour sa part aucune patte, aucun style (suffit de voir le différence énorme entre Appleseed 1 et 2).

 

Comme pour Unicorn, Fukui, alors parfaitement documenté, s'amuse à déconstruire un mythe afin de le rendre plus humain. Le moment ou Harlock, présenté d'abord comme une figure mythologique maudite, ne se révèle être qu'un simple être humain (avec ses défauts) est absolument géniale.

Le film a bien évidemment des défauts mais ils sont plus à incomber à son réalisateur fadasse et son budget minuscule (et aussi Shun Oguri et sa prestation déplorable)

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

Merci à toi ! :)

 

Un peu long, c'est mon deuxième prénom. B)

 

Le film a ses défauts, c'est un fait, et il se regarde plus avec la tête qu'avec le coeur.

Mais ça n'empêche pas qu'il ait ses qualités également, ce qui m'a poussé à prendre sa défense, en essayant toutefois de ne pas occulter ses aspects négatifs...

Yoann Shepard
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Yoann Shepard
Super l'article, bravo à toi ! Quoique un peu long ( comme le film d'ailleurs ... ) Bref concernant le film : certains diront des choses négatives mais pour ma part, j'ai apprécié mais sans plus en fait.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

@Spike :

Et tu peux affirmer les choses de manière aussi péremptoire parce que ? B)

 

C'est sûr que vu sous cet angle... pourquoi s'emm*rder la vie à justifier son point de vue via de longs textes argumentatifs quand on peut régler la question avec un commentaire de trois lignes ? 

 

D'un autre côté, tout le monde n'a pas la chance d'être un croisement entre le héros de Cowboy Bebop et celui de City Hunter, alors fais preuve d'un peu d'indulgence... et si tu aimes les navets animés, je ne saurais trop te recommander Le Vent se Lève, d'Hayao Miyazaki.

;)

Spike Saeba
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Spike Saeba
Honnêtement le film est la definition même d'un navet. Aussi peu d'objectivité ça fait peur. On justifie pas un film en lisant un billet. Un film c'est du rythme, des dialogues, un scénario etc etc, en gros tout ce que ce film n'a pas. C'est moche de jouer le fan boy à ce point.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Yaden :


C’est à la fois une chance et un problème. Une chance, tu l’auras compris, parce que tu pourras l’aborder sans a priori. Un problème, parce que même s’il se démarque de ses incarnations précédentes, il y reste fidèle sur bien des aspects, ne serait-ce que narratif. Si bien qu’il se peut que tu t’arrêtes au kitsch de l’intrigue sans être embarqué au-delà. Ou pas. C’est quitte ou double, et c’est un pari qui vaut d’être pris. Pense juste à poster ici (ou ailleurs) ce que tu en auras pensé…



@Olive :

C’était le but. J’ai des actions.
Lance-toi, n’en attends rien. Au pire, le film répondra à tes attentes.
Le risque ? Celui de passer un bon moment. On a déjà fait pire, en la matière.



@Luciole :


Ben à suivre, ce n’est pas évident, considérant la façon dont la France le diffuse, quand elle le diffuse… d’autant que la version de 78 compte quand même plus de 40 épisodes (lors de la première diffusion, la 2 n’était même pas allé jusqu’au bout, d’ailleurs, si bien qu’on a des musiques et un doublage différent pour le combat final ;) ). Et je plussoie, la Mime du film, elle est par-faite. Le film ne s’y trompe d’ailleurs pas, puisqu’il lui donne quelques très jolies scènes…

Pour te répondre, c’est assez délicat. Le manga ne se termine pas. La série TV de 78 est de très très loin la plus épique et la plus badass, mais elle a aussi techniquement énormément vieilli. La série de 84 peut être plus adaptée : bien que plus terne dans l’héroïsme, elle en reste quand même pleine à craquer, et passe beaucoup mieux sur le plan visuel. Tu peux essayer d’abord le film d’intro, l’Atlantis de ma Jeunesse, et embrayer ensuite si ça te chante. Ou sinon, opter pour les versions plus modernes, qui pêchent par manque d’épisodes, mais sont quand même plus belles à regarder. Harlock Saga pour la musique de Wagner et le délire sur les dieux Nordiques. Endless Odyssey pour l’image léchée (par contre, gaffe sur celui-là, l’ennemi y est celui de toutes les religions, si tu vois ce que je veux dire, avec quelques inserts d’icones et de symboles de notre monde qui pourraient, peut-être, heurter ta foi. Rien de méchant, je pense, mais comme je ne suis pas un spécialiste – tu l’auras compris -, on ne sait jamais).


@Voron :

Rooooh, rien que pour la culture, il faut que tu emboîtes le pas à Luciole. O-bli-gé ! ;)
Voron
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Voron
Je n'y connais pas grand chose sur le sujet, je sais même pas si j'ai déjà vu un épisode de l'anime. Mais l'article est intéressant cela dit :)
Luciole
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Luciole
J'ai jamais pu réellement suivre cette série. Pourtant j'aimais bien ce que j'ai pu en voir. D'ailleurs je trouvais Mime (puisque c'est son nom à l'alien du groupe, je l'avais oublié) très classieuse. D'ailleurs sa version dans le film est de toute beauté.

Si je devais m'y mettre je devrais commencer par quoi?
oliveroidubocal
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oliveroidubocal
:) Cool cet article. Pour le coup, j'ai envie de me faire mon avis alors que j'avais écarté cette idée suite aux critiques assassines. :)
Yaden
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Yaden
Je n'ai pas connu Albator "à l'époque", du coup je ne suis pas attaché à l'une ou l'autre de ses adaptations. J'ai envie de dire tant mieux, car ton article m'a donné envie de voir le film, et je le ferai sans a priori.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Il n'y a pas un "véritable article de Liehd", mais des dizaines, des centaines, tous différents et pourtant, tous saou... semblables ! :lol:
Zinzolin
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Zinzolin
Oui, c'est juste une question d'interprétation aussi bien du film que de l'interprétation que je me fais de ton analyse. ^^
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Zinzolin :

Disons que m'appuyer sur les critiques négatives me permet justement d'analyser quelles sont les constantes d'une version à une autre, donc je fais (ou j'essaie, en tout cas) les deux à la fois. Les critiques sont le prétexte qui me permet de développer tel ou tel point, tout en contextualisant mon propos. Sans compter qu'il faut bien rendre à César ce qui lui appartient : sans ces critiques, je n'aurais pas eu envie d'écrire cet article, et je n'y aurais pas passé autant de temps. Après, attention, je ne dis pas que certaines critiques ne sont pas légitimes, et je ne pense pas que le contenu de l'article suggère que tout est rose non plus : simplement, je pose qu'on ne peut pas dire "qu'est-ce que c'est que ce b*rdel new-age, les vrais fans ne s'y retrouveront pas ?", par exemple, alors que ça a toujours fait partie de l'oeuvre "globale". D'ailleurs, même si j'insiste sur les différences entre les différentes incarnations du personnage, je pointe aussi du doigt, entre les lignes, ce qu'elles ont de commun. Mais après, à titre personnel, j'ai toujours trouvé les différences plus intéressantes, car plus "porteuses de sens".

Même si je comprends ton point de vue, pour ma part, je n'aurais pas pu écrire "en quoi ce film est véritablement proche d'Albator", précisément parce qu'il ne l'est pas, et que c'est justement pour cette raison qu'il est proche d'Albator. :lol: Pour moi, aucune des versions n'est vraiment "proche d'Albator", ou alors uniquement les versions mangas. Partant de là, soit je parlais de trahison pour toutes les séries TVs et tous les OAVs, soit je partais d'un principe plus ouvert qui me permettait de réconcilier toutes lesdites version et de constituer, vraiment, l'équivalent animé d'un début de mythe. Et bien entendu, c'était plus intéressant pour moi d'aborder les choses sous cet angle.

Mais je pense qu'au final, nous sommes plus d'accord que nous n'en avons l'air.
D'ailleurs, il serait sorti sur PS3 en l'état, j'en aurais sans doute acheté une exprès, même si ce côté Square Enix m'a souvent déplu. On ne se refait pas. :ninja:
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Noiraude :

C'était le but ! :) Ravi que tu t'y sois retrouvé. "Une envie d'aimer le film malgré les haut-le-coeur", c'est exactement ça, tu n'aurais pas pu mieux le formuler ! <3
Zinzolin
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Zinzolin

Comme tu l'as relevé à juste titre, il s'agit effectivement ici de reprendre les principales critiques qui ont été écrites au sujet de ce film et de voir si, oui ou non, elles résistent à l'analyse.


J'aurais préféré que tu passes directement à l'analyse de l’œuvre plutôt qu'à l'analyse des critiques négatives sur le film. L'un des premiers paragraphes sur le côté SF pulp à mysticisme, outre avalanche de référence et de comparaison religieuse et questions rhétoriques, tu prônes sans cesse les changements effectués sur le personnage plutôt que de vouloir en dégager l'essence commun à toutes les séries. Peut-être que je ne l'ai pas compris, parce que - attention - je ne connaissais pas Albator avant de regarder ce film, tout juste j'avais quelques images de ma jeune enfance en tête mais c'est tout, néanmoins j'ai l'impression de lire "Pourquoi il n'existe pas qu'un Albator" plutôt que "En quoi ce film est véritablement proche d'Albator". Peut-être qu'il y a autre chose en filigrane, mais en soi je trouve ça relativiste d'accepter qu'une réécriture est différente parce que toutes les autres l'ont été et d'en énumérer ces points ("Rien n'est vrai, tout est permis")
plutôt que d'insister sur les ressemblances et les réinterprétations. Par exemple, le fait d'avoir fait un Albator un être immortel qui de cette façon exprime véritablement le fait que le personnage soit un mythe culturel, mais je ne veux pas être de mauvaise foi : les derniers paragraphes vont dans cette direction et tu arrives à mêler les tares du récit (le twist final) à une interprétation plus importante de l’œuvre.

N'empêche ce film aurait pu être un jeu Square-Enix sur PS3, le fait que tu l'aimes me réconforter même dans cette idée au final. :ninja:
Le Gamer aux Mains Carrees
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@Karas :

J'ai été surpris également car sur le plan "bêtement" émotionnel, ce n'était pas le film que je désirais voir, comme beaucoup d'autres spectateurs de notre génération. Mais c'est justement parce qu'il m'a pris à rebrousse-poil que je l'ai autant apprécié, passé la déconfiture (relative) première. Le film ose et à notre époque, ce n'est pas rien. Sans compter que finalement, quand on l'envisage en perspective, il est meilleur que le Vent se Lève, à mes yeux. Parce que s'il ose autant (pas moins, en tout cas) que Miyazaki dans son dernier film, il s'engage. Et s'il sera consensuel et de bon ton de rester en surface des choses en statuant que le premier est une oeuvre et le second un divertissement de seconde zone, je ne serais pas de ceux-là.

ça ne m'empêchera pas de rêver d'une version designée par Amano, écrite et mise en scène par Mamoru Oshii, sur des musiques de Yoko Kanno ou de Yuji Kajiura. Ou même d'une version Tim Burton en stop-motion... ;)
Noiraude
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Noiraude
Tu mets pile le doigt sur ce je ne sais quoi qui me donnait envie d'aimer le film malgré mes haut-le-coeur. Je m'en vais de ce pas craquer pour le blu-ray, donc ^^
Karas
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Karas

A l'aune de cette analyse tissée par les différents fils du "Harlockverse", je comprends mieux le film et surtout le personnage. Il est vrai que j'ai été drôlement surpris par cette nouvelle incarnation qui est rentrée en conflit avec les sensations laissés par mes souvenirs. Néanmoins, j'ai jubilé lorsque l'Arcadia est apparu avec son design bio-mécanique de très bon aloi !

Il faudra que je me plonge dans le manga et dans les autres films, car j'en suis toujours resté à Albator 78 et 84...

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Glados :

Il ne te manque que Cosmowarrior et Harlock Saga au compteur, en fait. Dans Gun Frontier, ce sont plutôt les aventures d'un de ses lointains ancêtres. A côté de ça, il fait des apparitions (remarquées) dans quelques autres séries que je me suis gardé de mentionner ici, pour éviter que "petit pavé devienne grand". ;)


@Zinzolin :

Merci d'avoir pris le temps de lire. Comme tu l'as relevé à juste titre, il s'agit effectivement ici de reprendre les principales critiques qui ont été écrites au sujet de ce film et de voir si, oui ou non, elles résistent à l'analyse. Et forcément, pour ça, il faut argumenter. Parce que bon, que moi, j'ai aimé ou non, on s'en fiche un peu, non ? :D En ce qui concerne les points "trop relativistes" que tu pointes du doigt, n'hésite pas à développer car je n'ai pas le sentiment d'avoir été injuste, indulgent ou d'avoir fait de discrimination positive.

Il y a bien du fan-service, mais il y en a toujours eu, et on est loin de High School of the Dead (ou d'Hyper Dimension Neptunia, ha ha). Et s'il n'y a pas autant d'Albator que d'oeuvres qui lui sont consacrées, alors, ça implique que déjà la version 84 en est une trahison, au lieu d'en faire LA référence en vigueur. Non ?
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Locutus :

Théoriquement, le mal de tête, il doit commencer à poindre dès le deuxième paragraphe. :lol:
Et je confirme, moi aussi, j'ai du mal à croire que 9 pages Word puissent occuper si peu d'espace une fois au format blog... tout ça pour ça, quelle déception. :(

Un grand merci pour ton retour très positif, en tout cas.
Venant d'un tel fan du capitaine, ça ne peut que faire chaud ! :blush:
Hâte d'avoir ton retour sur le film, maintenant.
SOON. :D


@Crito :

Hâte d'avoir votre retour à vous aussi, Monsieur le Président. J'espère que tu ne regretteras pas de m'avoir fait confiance ! :)


@Joni :

Moi aussi, comme Albator, j'évolue et je m'adapt... nan, faut pas rêver, c'est celui de Bibiche, en fait. ;)
L'avantage du Blu Ray, ici, c'est qu'il proposera la version d'origine, avec le quart d'heure coupé au remontage. Alors qu'en ce qui concerne la version DVD, ce n'est pas sûr...

@Snake :



Même trois ou quatre fois par épisodes, sur plus de trente fois vingt minutes, ça marchait systématiquement.

Mais malheureusement, en guise d'échange équivalent, on avait droit à :



Imagine ça en boucle à longueur d'épisodes aussi. ça te donnait de ces envies de tuer, je te raconte même pas... :evil:
Zinzolin
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Zinzolin
Beau billet même toute l'argumentation déployée autour des points critiqués m'obligent à lire sur la défensive que sur l'esprit ouvert, comme si tu voulais absolument persuader plutôt qu'exposer ton avis. Un peu trop relativiste par moment aussi à propos du fan-service ou le fait qu'il y ait autant d'Albator que d'oeuvres sur lui et que de spectateur.

Mais, ça reste un beau travail conséquent.
Glados
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Glados
lol le pavé >_< je me souvenais pas d'autant de séries Harlock, je connais que 78. 84 . L antlantis de ma jeunesse et endless odyssey (et le film en Cg mais pas encore vu)

Édito

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

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