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Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 14/10/18 à 17h48

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Kingdom Hearts III.

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C'est en com' que ça se passe... (Séries TV)

 

Nianianianianiania Moffat il sait pas écrire Nianianianiania Moffat il fait que dans le Deus Ex Machina Nianianianianiania Moffat il fait tout à l'esbroufe.


Combien de fois on l'aura entendu, ce couplet, chez les Whovien repentis, aussi prompts à porter le fez qu'à le remiser au fond de l'armoire, et qui auront renié leurs premières amourettes pour moins de trente deniers ?


Ils l'attendaient comme le messie, leur Chris Chibnall, leur « nouveau showrunner » réclamé de longue date, celui qui allait sauver la série des griffes de l'infernal Steven – indépendamment du fait qu'il soit malgré tout l'auteur de quelques-uns des pires épisodes de l'ère new Who.


42, c'était lui.
Vous vous en souvenez ?
Non ?


C'est normal.


Les Dinosaures dans l'espace, c'était lui.
Vous vous en souvenez ?
Oui ?


C'est normal aussi, mais ce n'est pas bon signe non plus.


Depuis dimanche dernier, on peut également dire : « la Femme Tombée sur Terre, c'était lui ». Tout pareil.

 

Car il n'aura échappé à personne que Doctor Who, ça avait repris la semine dernière, avec un tout nouveau casting et un tout nouveau staff. Avec un nouveau chef pour chapeauter tout ça : Chris "Broadchurch" Chibnall.


Or  que sauver de ce sauveur de pacotille, qui a tous les attributs du faux prophète et aucun du bon scénariste, dès lors que l'action se délocalise dans l'espace ?


Vous avez tiqué, peut-être, en apprenant que le nouveau Doctor serait une femme ?
Oubliez ça.


C'est incontestablement le moindre mal de ce premier épisode mou, mal écrit, mal rythmé, mal construit, dénué d'intensité, dépourvu d'émotion, laborieusement articulé autour d'une intrigue qu'on jurerait tirée d'un script de Torchwood saison 1, mais qui aurait été recalé en première lecture (rappelons-le : « Cyberwoman », c'était Chibnall, toujours).

 

Pour que les générations futures n'oublient jamais.

 

Et ça c'est pour les générations futures qui auraient pu être tentées de dire "ben quoi ?",

en découvrant la photo précédente.


Entendons-nous bien, avant qu'on ne me taxe de mauvaise foi : oui, je partais avec un a priori négatif. Et parce que je partais avec un a priori négatif, je me suis efforcé de faire preuve de bienveillance, car je ne supporte pas les biais de réflexion, même quand ce sont les miens – surtout quand ce sont les miens, en réalité. Parce que je vaux mieux que ça, pour la jouer comme le rôle-titre de cette série.


J'ai donc passé une heure dans ma tête à pester, me débattre, chercher des excuses, des raisons de m'enthousiasmer, de jeter mes préjugés aux orties et de faire amende honorable.

Je n'ai trouvé qu'un beau plan de quelques secondes expédié en fin d'épisode.


Je voulais que Chibnall me fasse mentir, me prouve que j'avais tort de le crucifier par principe, me montre que j'étais prisonnier de mes stéréotypes. Parce qu'avoir tort, moi, j'adore ça. Demandez à Final Fantasy XV.


Sauf que non.


Non, même avec la meilleure bonne volonté du monde, on ne peut pas dire que son premier épisode soit bon. On peut même dire qu'il est carrément mauvais ; et ce, sur tous les plans, sans exception - hormis peut-être Jodie Whitaker, tout à fait convaincante dans le rôle-titre, et pas plus crispante que Tennant (dont elle copie peut-être un chouïa trop le jeu, par contre) , Smith ou Capaldi lors de leur premier épisode. ça aussi, ça fait partie de la tradition.

 

 Je peux pas, j'ai luminothérapie.


Entre un scénario simpliste, une absence totale d'imagination confinant à la faute professionnelle, les scènes qui tombent à plat (TOUTES), les dialogues tantôt creux, tantôt formatés, reprenant les codes de la série comme on suivrait une recette de cuisine (une vraie souffrance, quand on repense aux envolées lyriques too much, mais tellement classes, auxquelles nous nous étions habitués), les musiques insipides, les personnages sans envergure et le déroulement prévisible dès les premières secondes (franchement, ne me dites pas que vous aviez VRAIMENT cru que le protagoniste parlait du Doctor, en ouverture ?), la sauce ne prend pas. Et ne parlons pas des incohérences – ou plutôt, si parlons-en, car elles ont toujours fait partie de l'ADN du show, mais rarement de façon si indigente. Que ce soit sous le règne de Russell T Davis ou sous le concordat de Steven Moffat, dans la plupart des cas, ces incohérences avaient une raison d'être, elles servaient un dessein plus grand, celui de la scène qui en jette, celui de la réplique qui tue, celui du twist qui vous met la tête à l'envers.


Dans la Femme Tombée sur Terre, non seulement elles sont omniprésentes mais elles n'apportent rien, au contraire : elles ne sont pas voulues, mais subies, conséquences douloureuses d'une écriture dont l'amateurisme est inacceptable de la part d'un vétéran du métier – des raccourcis honteux, des ellipses insensées, des coups de bluffs parfois grotesques, à l'image de cet intermède à la Mac Gyver qui se veut malin et drôle – mais ne parvient qu'à être embarrassant).

 

Si on m'avait dit un jour que je jouerais dans l'Agence Tout Risques !


J'ai détesté la quasi-totalité de la saison 10, et oui, j'admets qu'il était temps que Moffat passe la main (il avait tout donné en saison 5, et avec quel brio !), mais encore fallait-il que son successeur soit à la hauteur (Toby Whithouse, anyone ?). Or ce n'est pas le cas ici.

On se gardera de juger une saison entière sur une seule tentative (après tout, le pilote de la première saison de New Who n'était pas plus glorieux), mais avec ce premier épisode, Chibnall avait quelque chose à prouver, et il s'est planté dans les grandes largeurs.

Je savais que tu me manquerais, Steven.


Mais jusqu'à ce soir, j'ignorais encore à quel point.

 

*

 

Si vous voulez vous faire votre propre idée, l'épisode est dispo en streaming gratuit encore quelques jours sur le replay de France 4.

MAIS NE VENEZ PAS DIRE QUE JE NE VOUS AI PAS PREVENU !

(lol)

 

*

 

 

La drogue.

 

 Alors oui, bon, je sais, on va objecter que je ne suis pas très objectif, comme d'habitude, tout ça, vu que je n'aime pas Tidus et que je suis sûrement pro-gamergate parce que j'aimerais bien essayer Kingdom Come, et qu'en fait, tout ça, c'est juste par ce que je ne supporte pas que le Doctor soit joué par une femme parce que je suis sexiste vu que j'ai pas de compte Twitter, alors je vous invite, en guise de preuve objective à comparer le premier grand speech de Matt Smith à la fin de son premier épisode, pompeux, grandiloquent, mais tellement jubilatoire  (à l'image du personnage, en somme) :

avec celui de Jodie (qui n'est pas responsable du script qu'on lui donne, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit), plat, bref, banal, condescendant - qui sonne de surcroît comme une auto-justification de l'auteur, d'un narcissisme d'autant plus gênant qu'il s'essaie aux doubles sens sans une once de finesse ou de subtilité :

"Han han, alors en fait on croit que le Doctor il parle au vilain extraterrestre alors qu'en fait il parle directement au spectateur, t'as vu comme c'est finod un peu ?".

Sérieux, si c'était pour faire ça, autant me refiler la série, je n'aurais pas fait pire et j'aurais coûté moins cher, la preuve :

 

Et il y a des oiseaux ! Et des petites fleurs ! Et des Lav'o Matic ! Et des stations de skis sur gazon ! Et toutes ces choses forment le grand cercle de la vie universelle jusque dans les étoiles et si tu ne les respectes pas, tu ne te respectes pas toi-même, parce que les oiseaux, c'est toi, les petites fleurs, c'est toi, les Lav'o Matic, c'est toi aussi ! Mais si tu n'acceptes pas ton Lav'o Matic intérieur, comment pourrais-tu te connecter à ta propre station de ski sur gazon spirituelle ? Alors je vais te donner une chance, une seule, d'enfourcher le tire-fesse de la raison et de butiner les jonquilles de la connaissance ! Renonce à ton plan de domination et devient berger équitable dans les Alpes ! Fais du fromage de chèvre et des confitures de griottes sauvages ! Et tu pourras regarder le soleil droit dans les yeux, fièrement, intensément, pendant des longues et belles minutes, et t'exclamer toi aussi : "aïe, putain, j'y vois plus rien, je crois que cette connerie m'a rendu aveugle". Avant de trébucher comme un con sur un de tes moutons et de faire une chute de trente mètres. Alors choisis ! Mais choisis bien !".

 

 C'est bon ?

Je suis engagé ?

*

 

Ha bon ? Il y a encore eu une nouvelle mise à jour de No Man's Sky ?

Pourquoi personne me dit jamais rien à moi ?

 

Bon, puisque je ne suis pas engagé, que vous voulez d'autres preuves (parce qu'il y aura toujours des petits malins pour dire que le speech de Josie est meilleur que celui de Smith, vu qu'il y a toujours des petits malins, sur le ouèbe), parce que malheureusement je n'ai pas le temps de réécrire tout l'épisode façon Scorpion (et pourtant ce n'est pas l'envie ou la matière qui manquent) et parce qu'il faut bien que ça sorte, je vous propose en conclusion une petite

Liste (sélective) des incohérences.


Du coup, gare aux [Spoilers]



- Déjà, le protagoniste balance son vélo dans les branches hautes d'un arbre au MILIEU d'une forêt. Il a déjà essayé de lancer un vélo, Chibnall, ou pas ?


-
Le signal déclenche l'arrivée de la capsule de l'alien, d'accord, mais il sert à quoi, en fait ? Non parce que bon, l'alien, il sait bien que la planète est habitée vu que sa cible s'y trouve et que ce n'est pas la première fois que sa race descend sur terre. Donc ça n'est pas une sonde, ou alors c'est le plus gros fail de l'histoire des sondes ("envoyons une sonde dans ce monde habité pour voir s'il est habité !"). Alors quoi ? L'alien a besoin d'une autorisation ? Ben l'administration de chez lui est quand même pas procédurière parce qu'on a déjà fait plus explicite, comme façon de demander la permission. « Oué non mais il a touché le signal magique qui clignote, ça veut dire qu'il est d'accord avec le fait qu'on vienne dans son bled faire des chasses à l'homme ». Sans compter que bon, l'utilité d'envoyer ça dans une forêt au milieu de nulle part n'était pas non plus super évidente. Ils ont eu du bol que Young Hercule ait balancé son vélo dans un pin des landes, sans quoi ils auraient pu attendre un siècle avant de débarquer.


- La cible, ô surprise, est assise dans le train à côté de papi et mamie.


-
La femme chargée d'enquêter sur la capsule est, ô surprise, une ancienne amie du protagoniste. ça commence à en faire, des coïncidences.


- Puisqu'on en parle, le Doctor tombe du ciel et transperce le toit EN METAL du train. Rappelons qu'il a fait une chute de plusieurs milliers de kilomètres de haut et que jusqu'à preuve du contraire, il n'est ni Thor, ni Hulk (ni Miss Hulk non plus).


-
Le drone colle des bombes ADN à des randoms inconnus dans un but totalement flou et jamais expliqué. Pourquoi fait-il ça ? A quelles fins ? Pourquoi eux et pas les autres ? Pour se débarrasser des témoins ? Ben pourquoi il ne s'en débarrasse pas, alors ? Pour que ces bombes puissent servir à butter le méchant ensuite ? Mais chut-euuuh, lecteur, tu casses toute la magie !

 

- Pendant ce temps, deux randoms péons chargent la capsule de l'alien (avec l'alien dedans, mais n'est-ce pas qu'un détail ?) à l'arrière de leur fourgonette. Je ne sais pas ce qu'ils mangent, dans ce bled, mais ils ont tous l'air hyper balaises parce que pour aller chercher un machin qui pèse au moins deux tonnes au milieu d'une forêt, à deux, sans laisser ne serait-ce qu'une trace au sol, il faut au moins s'appeler Chuck Norris.


- A priori, ça se passe dans l'équivalent britannique de Trifouillis les Oies parce qu'on se déplace d'un point à un autre en cinq minutes montre en main. Quand le Doc avait le Tardis, ça passait. En voiture, c'est plus problématique. Britannique, en plus, la voiture.


- La fine équipe retrouve le drone grâce à un chauffeur de bus. Drone qui s'était pourtant installé pépère au sommet d'un toit au milieu de nulle part. Il fait quoi, de son temps libre, exactement, le chauffeur de bus ?


- N'épiloguons pas sur le fait qu'à aucun moment, le Doc ne suggère à ses compagnons que « ça peut être un peu dangereux » et « qu'ils feraient mieux d'attendre à la maison ». Non. Il les laisse allègrement risquer leur vie en mode 100% full scoubidou alors qu'il est flanqué de deux jeunes adultes et de deux personnes âgées qui se comportent comme deux jeunes adultes. Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?


- Pour devenir le roi d'une race de guerriers sanguinaires, l'alien doit éliminer un ouvrier du bâtiment taillé comme Colargol. Paye ton rite initiatique. En chemin, il se débarrasse quand même d'un névrosé, d'un poivrot et d'un vieux. Et il leur pique leurs dents pour s'en faire des trophées. Sérieusement, il est où, le mérite, pour un grand guerrier ? Il est où, l'accomplissement ? C'est quoi, les menaces qu'affronte son peuple ? Des grabataires en déambulateurs et des cosplay de Kirito? Non parce si c'est pas le cas, je ne vois pas bien l'intérêt de la manoeuvre. Entre toutes les races de la galaxie, pourquoi des humains, bordel ? Et entre tous les peuples de la terre, un anglais, en plus ! Il ne devrait pas plutôt soumettre à mains nues des Groblorgs de six mètres de haut ? Nope. UN anglais grassouillet, ça suffira largement. Et on dit que le niveau du BAC a baissé, p*tain !


- D'ailleurs juste un petit aparté à ce sujet, l'alien n'a que des dents humaines, comme trophées. Il se vante d'être le représentant d'une race de "grands guerriers" et il n'a pas une dent sur le visage qui fasse plus d'un centimètre ou qui évoque, même de loin, les crocs d'un tigre à dents de sabre. Non mais alors c'est sûr que dans ces conditions, c'est un peu facile de se considérer comme un peuple de grands guerriers, hein. Comme je le disais, on pousse deux vieilles dans les escaliers, on givre deux nourrissons et ça y est, on est Gengis Khan.


- Non, je ne parlerais pas de la fabrication du tournevis sonique, mais je pense que les jouets à son effigie sont produits exactement de la même façon, vu la grossièreté du moulage et la laideur du truc.

 

Made in China.


- L'alien retrouve sa cible en se téléportant. Grand bien lui fasse, nos héros ont aussi vite fait de le rejoindre en voiture. DTC la technologie extra-terrestre.


- Pour contrôler une grue, en 2018, on a juste besoin d'un smartphone et de Google. DTC, l'ouvrier du bâtiment qui a travaillé dur pour en arriver au même point. Tu peux pas test les millenials. Siri FTW.


- Le Doctor qui lance un grand discours moralisateur et plein de compassion à un guerrier sanguinaire qui tue des vieux et laisse pourrir des gens random dans son congèl', c'est un peu hardcore, quand même, dans le genre compatissant. D'autant que l'alien face à lui à des dents plein la tronche, quoi. Des dents de victimes innocentes. C'est sûr que ça appelle la compassion, ça ! Arrête de juger les autres cultures avec tes valeurs de mâle blanc ethnocentré, un peu ! On est parti sur de mauvaises bases, allez, on oublie tout et on se serre la main ! Par contre, osef de l'ex future victime, pour la compassion, elle peut se brosser la nouille. Notre anglais grassouillet se fera copieusement engueuler pour avoir eu l'inhumanité de balancer dans le vide celui qui voulait le laisser pourrir dans son frigo. Y'a des limites à l'humanisme, bordel ! Pour la peine on ne reverra plus ce perso après cette scène, tiens. ça lui apprendra !


- Ce génie d'alien, quand même ! Il a téléchargé sans le savoir les bombes adn en même temps que les infos qui l'intéressaient. J'aimerais que vous preniez un petit moment pour y réfléchir, d'ailleurs. Il télécharge des données et en faisant ça, il se retrouve avec des bombes sous la peau du cou, sans même s'en rendre compte. Parce que c'est bien connu, des données virtuelles et des bombes bien réelles, c'est exactement la même chose, hein, ça se télécharge pareil avec la wifi. Et ça fait même pas mal ni rien. Y'a pas de message « syntax error », c'est le futuuuur. Et puis bon, l'énergie, la matière, c'est presque pareil, hein, p*tain, on va pas commencer à être tatillon sur ce genre de détails, c'est de la science-fiction. Gaffe quand même la prochaine fois que vous téléchargerez une mise à jour Avast, les gens. Vous pourriez vous retrouver avec une bombe H sur les genoux.


- La réapparition du drone, d'un coup, au milieu de l'action, mais après la bataille, tout ça pour... pour... ben on sait pas trop ce qu'il cherche à accomplir, mais il s'y prend très mal. Alors bon, il semble rétrospectivement qu'il soit peut-être en train d'essayer "de faire tomber la grue", ce qui est le plan le plus con qu'un drone a jamais mis sur "pied" (ok, d'accord, sur tentacules) VU QUE SON BOSS ETAIT DESSUS. C'est sûr qu'il pourrait être déclaré "chef" à titre posthume mais je suis pas certain que ce soit le but initial non plus. Sans compter que bon, vu je vois pas trop comment il pourrait la faire tomber, la grue, ni avec quoi, vu qu'il n'a pas de bras ni de chocolat ni rien qui pourrait lui servir à faire basculer le machin (à moins de foncer dessus à grande vitesse, comme il l'a fait avec le train - ce qu'il n'a pas du tout l'air disposé à faire, évidemment). Et puis bon, une fois son boss disparu, il pourrait peut-être se dire que c'est plus super utile de s'acharner sur le matos du BTP, quoi. Mais non. Il a commencé un truc, quoi que ça puisse être, il le finira ! Il en va de son honneur de drone. Résultat des courses, tout ce à quoi il sert, finalement, c'est à zigouiller un de nos héros de façon gratuite. On voudrait être ému mais vu que ces gens se sont comportés comme des mômes au Parc Astérix depuis le début de l'épisode, toujours à rigololer et à faire des vannes malgré les morts et le danger, on se dit qu'ils l'avaient quand même bien mérité. Et puis comme on l'avait vu venir dès le début de l'épisode, ça va, ça passe, on ne versera pas notre petite larme de rigueur, d'autant que comme ils veulent visiblement éviter toute forme de pathos, la dernière réplique de l'intéressée sonnera un peu comme "ouais nan mais c'est cool, no problem, j'assume, c'est pas grave allez on s'est bien amusé quand même". Comme ça le spectateur il est pas trop triste et il se couche pas perturbé ni rien. Safe space, tout ça.


- Tout ça amenant logiquement à des scènes émotion expédiées en deux minutes (parce que l'émotion, c'est une micro-agression), histoire qu'on puisse passer vite fait à la séquence pretty woman et revenir au LOL. Limite le protagoniste était plus bouleversé au début par le fait de ne pas arriver à faire du vélo.

Ce "style" vestimentaire abominable ne vous rappelle rien ?

NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO ! OH MY GOD NO !!!


- S'ensuit un faux trailer présentant le casting entier de cette nouvelle saison, dont le mot d'ordre semble avoir été "surtout prends pas de blancs, Chris, ou alors juste pour jouer les méchants, pour faire plaisir à Twitter)", suggérant par-là même que l'extraterrestre est pakistanais par défaut et que la diversité, c'est très cool mais seulement si on n'est pas blanc. Sauf que bon, de la part d'un scénariste qui, de toute évidence, veut jouer à tout prix la carte de l'anti-racisme Twitter (je précise, parce qu'anti-raciste pour de vrai, la série l'était bien avant Chibnall), faire débarquer son envahisseur dans un plat à tajine géant, ça ne fait pas passer le bon message...

 

Bijour, missieur Vincent

 

Mais ça pourrait permettre des crossover intéressants avec le reboot US.


- Mais surtout, surtout, C'EST QUOI CE NOUVEAU DOCTOR TOUT GENTIL TOUT MIELLEUX, TOUT POSITIF  - HELLO KITTY STYLE ? Pas une once de noirceur, pas une once de mépris, pas une once d’ambiguïté... alors qu'il avait fallu une saison entière au 12ème pour révéler ses sentiments exacts à l'égard de l'humanité. Ce n'est pas une femme, ça, vous m'excuserez. C'est Oui-Oui. Il a juste tuné sa bagnole en cabine téléphonique.


Alors au risque de me répéter, je sais bien que c'est Doctor Who et que c'est normal, les incohérences, dans Doctor Who.

Mais en l'occurrence, j'aurais bien aimé une ou deux cohérences de temps en temps.

 

Pour équilibrer un peu, quoi...

 

 

 Alors par contre, on ne va pas se mentir, ce visuel pue la classe.

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Les Chevaliers d'Or sont-ils trop puissants pour les Chevaliers de Bronze ?

 


Ils sont en tout cas nombreux à le déplorer.

 

A l'instar des quelques 80000 signataires de la pétition pointant du doigt « la trop grande difficulté de l'épreuve de Mathématiques du BAC S », ils ont décidé de se mobiliser sur le net pour dénoncer le caractère  « inégalitaire et stigmatisant » de la fameuse Bataille des Douze Maisons.

 


Une nouvelle pétition qui s'ajoute aux dizaines fleurissant tous les mois de juin en période d'examen - avec ceci de différent qu'elle rencontre ici un succès sans précédent : en effet, elle a déjà recueilli pas moins de cinq signatures (différentes, et sans VPN), en dépit des nombreux problèmes logistiques inhérents à la fonction (à titre d'exemples, l'un des signataires est « bloqué dans un volcan » - avec les problèmes de wifi que cela suppose -, l'autre a dû se contenter d'une croix parce qu'il a « malencontreusement perdu la vue lors d'un affrontement précédent », un troisième a pleuré en voyant la croix « parce que ça lui rappelait sa maman », un quatrième a serré le troisième très fort contre son coeur pour le réchauffer, ce qui lui a valu un pain du premier, etc, etc...).


Les signataires exigent que les Chevaliers d'Or chargés de défendre le Sanctuaire soient remplacés par des adversaires « plus à leur niveau », tels que « des Chevaliers d'Argent », « des Guerriers de Poséidon », « des Samouraïs de l'Eternel » ou « des enfants en bas âge ».

 

« On représente l'avenir de l'Humanité, quand même », font-ils valoir en premier lieu.


Ils estiment par ailleurs que des adversaires capables de se mouvoir à la vitesse de la lumière sont contraires aux idéaux d'équité et d'égalité des chances qui devraient prévaloir au sein de la chevalerie.

 

Ils sont également convaincus qu'en agissant de la sorte, leurs ennemis enfreignent les lois les plus élémentaires de la Physique « ce qui n'est pas fair-play ».

 


« Pendant plusieurs années, nous nous sommes entraînés contre des plantons de base, de vulgaires gardes sans qualifications, explique Ikki, 15 ans. Nous demandons simplement à être évalués dans des conditions similaires. La majorité des Chevaliers de Bronze ont été effarés par la difficulté des combats contre les Chevaliers d'Or. Nous tenons plus précisément à noter la barrière que représente l'accès au septième sens, capacité abstraite ne ressemblant à aucune autre, ainsi que la présence de techniques atypiques comme la Corne du Lion, jugées hors programmes ». 

 

« En plus leurs armures elles brillent trop fort, renchérit Seiya, 13 ans, leader du groupe. Et ça fait mal aux yeux ».

 

« Ouais enfin si on va par là les armures des chevaliers d'argent aussi elles font mal aux yeux », proteste son ami Hyoga, 13 ans, sur un ton un peu dédaigneux (ses yeux à lui encore rougis de larmes).

 

« Moi de toute façon je m'en fous de tout ça », conclue leur compagnon Shiryu, 13 ans, face au mur (sans doute une posture symbolique, à moins qu'il ne rumine encore l'échec de sa propre pétition, adressée aux lois de la nature et réclamant « qu'elles lui rendent la vue »).

 


Fort de ces considérations, les cinq compagnons exigent AU MINIMUM la clémence de leurs adversaires (« qu'ils n'aient droit qu'à une seule super attaque par adversaire, ou deux attaques normales et un uppercut au menton »).

Joint par téléphone, le secrétariat du Grand Pope campe sur ses positions : « ils noircissent volontairement le tableau : sur les douze chevaliers qu'ils sont supposés affronter pour valider leur premier cycle, on compte déjà deux défections (la Balance et le Sagittaire), un personnel à la moralité douteuse soupçonné de les aider en douce (le Bélier) et un adepte des pédagogies bienveillantes qui se propose de les combattre les yeux fermés (la Vierge) alors franchement, de quoi se plaignent-ils ? ».

 

« Si on ne met pas le hola à ce genre d'initiatives, explique Hilda de Polaris, directrice d'un établissement privé concurrent, ils vont finir par demander à ce qu'on leur valide la saga d'Asgard grâce au contrôle continu ».



Rappelons qu'en 2014 et en 2015, les chevaliers de la Licorne, de l'Ours, du Loup et de l'Hydre avaient lancé leur propre pétition et obtenu la bienveillance de la fondation GRAAD, qui les avait reclassés sur des postes administratifs avec les Chevaliers d'Acier.

 

 

 

Et qu'il leur arrive encore de se blesser avec le coupe-papier.

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Pour une fois que je peux faire mon Joniwan, je ne vais pas me faire prier...

 

 

Vous vous demandez parfois si oui ou non, vous avez (ou allez) rater votre vie - et vous vous consolez peut-être en vous disant que vous gagnez beaucoup d'argent, ou que vous allez en gagner beaucoup (parce que vous savez faire des roues arrière sur votre scooter ou parce que vous êtes quatre cent millionième mondial à Fortnite), et vous en concluez que vous n'êtes pas à plaindre - mais vous trouverez bien une raison quand même, puisque vous êtes français.


Une chance pour vous, aujourd'hui, cette raison, vous n'aurez pas à la chercher bien loin : ce sera Hayato Ibuki, jeune japonais de son état (le Japon. Suivez, un peu), dont le quotidien fera passer le vôtre pour un numéro spécial louze du Figaro (quotidien... Figaro... Je le répète, suivez un peu, sinon on est pas sorti de l'onsen). Jugez plutôt :

 

- Hayato est japonais (déjà, ça pose le truc. Ça veut dire qu'il a accès à plein de mangas en V.O. et à Dead or Alive Xtreme 3).

 

- Hayato est un artiste (il a les cheveux bleus, CQFD, avec des mèches 100% bishonen pour vous rappeler que vous n'en avez plus qu'une seule sur le côté).

 

- Hayato travaille comme journaliste pour un magazine d'occultisme. Ce qui implique qu'il est payé (en théorie, parce qu'on n'en voit pas trop la couleur dans le jeu non plus) pour enquêter sur tout ce que le Japon compte de légendes urbaines et de piliers de bar sujets au delirium tremens. Je ne sais pas ce que vous, vous faites comme boulot (les roues arrière sur le scooter ne comptent pas), mais il y a peu de chances que ce soit ne serait-ce qu'à moitié aussi cool que ça (à part si vous êtes dompteur de pingouins d'eau chaude. A LA RIGUEUR).

 

- Hayato est l'Elu de Dieu. Alors je sais bien qu'avec l'avènement de l'éducation bienveillante, tout le monde est persuadé d'être dans le même cas que lui (il n'y a qu'à lire le contenu de vos comptes Twitter), sauf que là, ben c'est pour de vrai, il a des goodies divins exclusifs pour le prouver. Et c'est un peu autre chose que la Sophitia en placoplatre du futur collector Soulcalibur 6.

 

- Hayato a un Ange Gardien. Ou plutôt (et c'est important) : il a UNE ange gardienNE. Ses cheveux roses ne trompent pas, non plus que sa forte poitrine généreusement mise en avant par un bustier acheté à la Japan Expo (vraisemblablement le cosplay d'un perso de Castle Shikigami ou de Blazblue Central Fiction, je les confonds toujours). Vous, vous avez un bulldog français que vous avez appelé Son Goku. Vous pouvez pas test.

 

- Hayato a un ennemi juré. Un peu comme Charles-Kévin du service comptabilité, celui qui vous pique vos sandwichs dans le frigo du personnel, sauf que celui d'Hayato, c'est Cthulhu et qu'il veut dominer le monde. Ou le manger. Je ne sais pas trop faire la différence. Toujours est-il qu'on ne joue pas dans la même pool, là (même si le tentacule de Charles-Kévin peut être redoutable également, dans d'autres circonstances).

 

 

 

Bref, on l'aura compris : the Lost Child est bien le jeu de niche nippo-nippon que ses trailers statiques laissaient deviner, hybride entre un Visual Novel dans l'air du temps et un Dungeon-RPG de l'ère préhistorique. Sans surprise, vous y (dés)incarnez Hayato Ibuki, main character random dont la personnalité lacunaire pourrait décoller des affiches en période d'élections présidentielles, mais investi de la lourde tâche de rétablir l'harmonie entre les plans d'existence que vous explorerez (y compris à Akihabara, c'est dire si c'est pas gagné).

 

Alors que vous enquêtez sur le lieu d'une apparition funeste, une étrange jeune femme ™ vous sauve la vie ™ et vous remet une étrange valise cadenassée ™ , avant de disparaître mystérieusement ™ au coeur de la foule. A peine êtes-vous rentré au siège du Lost (le magazine pour lequel vous travaillez, entièrement imprimé sur les scripts non utilisés de la série TV), vous y êtes interpellé par une non-moins étrange jeune femme ™ , légère et court vêtue ™ qui prétend être un ange ™ et avoir été envoyée afin de vous assister ™ car vous êtes "l'élu de Dieu" ™ . Déclaration que votre éditeur et vous-même accueillez avec un flegme typiquement asiatique - parce que quand on a déjà vu Godzilla deux fois en chair et en os, plus rien ne vous étonne. 

Au moment où un Homme Poisson tente de vous dérober la précieuse valise, votre sang en active l'ouverture et vous permet d'empoigner le Gungan (pardon, le Gangour. Mais après, vous empoignez bien ce que vous voulez sur votre temps libre, ça ne nous regarde pas), sorte de mix entre le canon badass de Kuro Kaze dans Final Fantasy Unlimited et la Pokéballe moins badass de Sasha dans Pokemon - qui vous permet de capturer l'importun et de le soumettre à votre volonté.

Grand écart is over 9000.

 

Vous voilà affranchi (contrairement à lui, qui vient d'être réduit en esclavage. On dira que c'est l'échange équivalent), vous êtes fin prêt à arpenter les longs couloirs uniformes de the Lost Child à la recherche d'autres longs couloirs uniformes qui vous mèneront à d'autres longs couloirs uniformes, le tout programmé par deux stagiaires le week-end dans leur garage sur une Playstation 1. Vous la sentez, là, la poussée d'adrénaline, ou bien c'est juste de l'aérophagie ?

 

 Les deux stagiaires dans leur garage (vue d'artiste)

 

Pas de quoi se rengorger pour autant : les trailers avaient fait leur travail, le joueur savait à quoi s'attendre, il ne pourra pas dire qu'il n'était pas prévenu (même s'il le fera quand même, puisqu'il est français et qu'il a un compte Twitter. c.f. supra). Si les quelques fans d'El Shaddai (dont je suis sans réserves) attendaient le nouveau jeu de Takeyasu Sawaki comme le messie (ou comme l'Enoch, le cas échéant), ils ont dû se faire une raison dès les premiers screenshots : The Lost Child ne serait pas la suite AAA attendue de longue date, au contraire. Il se rangerait dans la catégorie des productions petit budget comme il en pullulait jadis sur la PS Vita, et il faudrait bien s'en accommoder ou passer son chemin.

 

 Shut up and take my money !

 

Pas d'éditeur illustre pour prendre la relève d'Ignition Entertainement, c'est Kadokawa Games qui s'y colle, filiale du regretté studio Kadokawa, roi de la japanimation des années 90 auquel on doit les films et OVAs les plus époustouflant de la période (Kaze no Tairiku, Five Star Stories, Arslan Senki, Silent Mobius 1 & 2, autant de petits bijoux qu'il FAUT avoir vu absolument quand on s'intéresse un tant soit peu à l'animation japonaise) : une étiquette qui, à elle seule, était gage de qualité supérieure jusqu'à ce que de sombres histoires de drogue et de blanchiment d'argent sonnent le glas de sa réputation, et mette un terme définitif à cet état de grâce. C'est dire si l'éditeur n'a ni les moyens, ni l'expérience nécessaire pour révolutionner le monde du jeu vidéo (ni l'envie, à n'en pas douter) - tout au plus se distingue-t-il ici de ses concurrents confidentiels en proposant quelques (courtes) séquences animées plutôt réussies, même si réalisées sans grande inspiration.

On est loin, très loin de l'univers halluciné d'un El Shaddai, dont on ne retrouve la patte si particulière qu'en tête de chapitres, et chez certains personnages secondaires designés par Sawaki lui-même (dans l'esprit de ses sublimes artworks effectués pour ledit El Shaddai). Après des années d'inactivité vidéoludique, l'auteur prend ici un virage à 180 degrés (contraint ou volontaire, il serait intéressant de le lui demander) : là où sa précédente création était visuellement originale, surréaliste, foisonnante, artistique pour de vrai, The Lost Child est tout le contraire : convenu, conventionnel, cliché jusqu'à la moelle, lorgnant jusqu'à loucher sur les Persona et les Megami Tensei.

Autant dire que si vous ne supportez pas les codes et archétypes propres aux mangas, les grozyeux, les "yamete senpai" et les boulettes de riz, vous serez bien inspirés de faire l'impasse, vous vous éviterez de sévères crises d'urticaire tant l'écriture oscille entre le très bon (les passages liés à El Shaddai, que l'intrigue prolonge en pointillés), le bon (ou en tout cas : dans la moyenne des productions du genre, avec tous les passages obligés qui vont avec) et le mauvais (le personnage de Lua, essentiellement, caricature de caricature dont la sailormoonerie appuyée usera davantage qu'elle ne séduira les joueurs de plus de quinze ans).

 

 I'm too old for this sh*t...

 

En contrepartie, la passion de Sawaki pour la mythologie se montre plus prégnante que jamais, avec des entrées encyclopédiques documentées et un éventail diversifié de créatures folkloriques hautes en multicouleurs, laissant la place d'honneur à l'univers Lovecraftéen et à ses excroissances visqueuses (plus que populaires, au pays du soleil levant).

 

 Oui alors par contre, c'est pas vraiment comme ça que je me les imaginais...

mais pourquoi pas, hein ? On est dans une dimension parallèle libre !

 

On regrettera alors que cette érudition ne serve que de toile de fond à l'ensemble, et que le scénario préfère réinventer les Grands Anciens à la sauce "Power Rangers", complotant en cagoules et en nippon dans le texte avec leurs voix mixées au vocoder. Paie ton angoisse indicible, on dirait du Jul. Or une telle matière première, si peu usitée chez les japonais (et tellement trop chez nous) aurait mérité un traitement plus conforme à l'esprit de l'oeuvre originale, plutôt que cette approche à rebrousse-poil et à contre-emploi (sans que cela ne soit assumé, comme ce pouvait être le cas dans un Shadow Hearts : to the New World).

 

 "Par contre Rita Repulsa a appelé, elle aura un peu de retard.

Sa soucoupe est prise dans les embouteillages".

 

Ce loupé mis à part, l'histoire se suit avec plaisir, on aime à s'immerger dans ce cadre atemporel où les légendes urbaines au goût du jour côtoient nos premières amours d'abominations jeuderolistiques. L'implication des anges déchus dans les plans des Anciens et les références à El Shaddai (dont Lost Child prend la suite, sans être une suite pour autant), rendent cet ensemble cartoonesque moins superficiel et manichéen qu'on ne pourrait le croire de prime abord. On était certes en droit d'attendre mieux de la part de Sawaki, mais on reste un gros cran au-dessus des Dungeon-RPG habituels. Ça ne vole peut-être pas haut, mais ça vole et par les temps qui courent, ce n'est déjà pas si fréquent.

 

Alors oui, ainsi qu'on l'aura suggéré plus haut, The Lost Child est le jeu du déjà-vu. Les phases de Visual Novel semblent tout droit sorties d'un Persona, les phases de Dungeon-RPG semblent directement tirées d'un jeu d'Experience Inc. (Operation Abyss, Operation Babel, Stranger of Sword City, ...), et la tonalité générale de l'intrigue semble déterminée à faire la synthèse de trente ans de poncifs japonais (personnages inclus, c'est un bundle). Loin des outrances expérimentales de son grand frère (qui lui auront brisés les ailes, et peut-être est-ce la raison première de ce revirement), The Lost Child se contente de jouer la sécurité (relative, hors Japon) en sortant ses vieux pots pour mouliner ses meilleures soupes, se contentant de réinterpréter des motifs et gimmicks ancrés depuis des lustres dans l'inconscient collectif de son coeur de cible.

Tout ce qu'il fait est convenu, oui, mais il le fait bien (et c'est sa grande force), évitant avec intelligence les principaux écueils de ce type de produits (si l'on excepte son personnage principal féminin indigent à s'en ronger les phalanges). Ainsi, les phases de visual novel ne s'éternisent pas et sont rendues relativement (c'est peu de le dire) dynamiques par la possibilité de passer d'un lieu à l'autre en fonction des destinations débloquées, ou par quelques questions à choix multiples (qui n'auront aucune incidence réelle sur le déroulé de la conversation, mais rapporteront plus ou moins de points de karma selon les situations). Au fil de vos pérégrinations, vous pourrez notamment prendre un bain dans les sources chaudes pour augmenter temporairement vos statistiques (et avec de la chance, assister à un de ces quiproquos traditionnels trololol à base madames toutes nues), racheter des potions à la boutique occulte du coin ou confier vos monstruosités apprivoisées à un moine électrique pour révéler leur potentiel caché. Normal. Japon, tout ça.

 

Le "Nyan", l'horreur psychologique ultime.

 

Si les "enquêtes" se résument tristement (mais sans surprise non plus) à questionner tous les riverains d'un secteur, le procédé n'est pas aussi fastidieux qu'on aurait pu le craindre, et plus agréable qu'on ne pouvait l'espérer (il faut dire aussi que les riverains en question sont rarement plus de cinq par quartier et qu'ils maîtrisent la technique du multiclonage - si l'on excepte les couleurs de leurs vêtements, nul ninja n'étant parfait...). Par contre, pas de miracle : il sera indispensable de maîtriser l'anglais pour ne pas perdre le fil, car le jeu n'a pas eu droit à une traduction française (et peut-on blâmer NIS, le distributeur, de ne pas avoir voulu faire les frais pour un titre qui se vendra dans les  trente exemplaires ? Même le dos de la jaquette sent la résignation à plein nez, du genre "ouais nan mais achetez-le ou pas on en a rien à foutre").

"Faites des trucs ! Gérez des machins osef ! De toute façon personne il achètera notre bidule !"

 

En contrepartie, il est possible de choisir librement entre les voix anglaises ou les voix japonaises, ce qui fera plaisir aux puristes et aux multilingues (et nous évitera une nouvelle pétition change.org)...

 

Côté Dungeon Crawler, on fait un bond de vingt ans en arrière avec des textures Microsoft Paint, une 3D Microsoft Paint 3D, un scrolling Microsoft Scrolling, des déplacements case à case Microsoft Cases, dans quatre directions (uniquement !) et à la croix directionnelle (les sticks sont désactivés, c'est le retour à l'âge de Pierre - l'apôtre, ici, c'est dans le thème).

Ceux qui ont connu la glorieuse époque de la PC Engine Duo croqueront la madeleine de Proust à pleines dents (j'ai vu tout Dragon Knight II défiler devant mes yeux, c'est dire). Les autres seront franchement dubitatifs, pour ne pas dire mortifiés devant ce Guernica en pixel art - pour peu qu'ils ne jouent pas à la version Vita (forcément mieux adaptée à son support). Pour autant, l'ensemble n'est pas désagréable à l'oeil : tout est rapide, fluide, ergonomique, les combats sont brefs, rythmés, les temps de chargement sont anecdotiques (encore heureux vu que le jeu pourrait tourner sur Gameboy), on ne perd jamais de temps dans des menus ou des sous-menus inutilement compliqués, on va a l'essentiel et la progression n'en est que plus plaisante, naturelle, addictive.

 

 

Si les afficionados de ce type de jeux risquent de pester contre la facilité des affrontements, qui leur rappellera celle de Final Fantasy VI (nous leur conseillons de se lancer directement en hard), celle-ci réjouira les joueurs curieux qui voudraient découvrir le genre sans trop de pression, ou les amateurs occasionnels qui n'ont pas forcément envie de s'infliger des heures de leveling avant de pouvoir crever un oeil à un lapin nain - aussi mutant fut-il. Pas de combats aléatoires tous les deux pas (alléluia !), pas de résistance excessive de la part des bestioles en face, juste ce qu'il faut pour progresser lentement, mais sûrement, sans frustration excessive ni sentiment de passivité pour autant. Il faudra bien ça, d'ailleurs, car les donjons sont longs, très longs, très tortueux et nécessiteront moults aller-retours à base de switch à activer pour en voir le bout (en conséquence de quoi ceux qui y joueront sur une console Nintendo seront-ils quittes pour une Switchception. Ho. Ho. Ho). Seuls les boss vous donneront des brins de ficelles à retorde et pourront provoquer quelques ragequit occasionnels, n’ayant aucun scrupule à jouer la carte du combo de groupe au mépris du fair-play le plus élémentaire. Quels margoulins, ceux-là, j'vous jure.

 

 CUILLERE (les vrais sachent).

 

Revenant aux sources du tour-par-tour, le système de combat se révèle cependant beaucoup moins austère et plus stratégique qu'il n'y paraît (pour peu que vous ne décidiez pas de rusher comme des sagouins, ce qui est possible également), émaillé qu'il est de petites subtilités modernes qui font plaisir à voir : il faudra notamment se montrer attentif à l'animosité des ennemis à l'encontre des membres de votre groupe (équipe de cinq : les deux protagonistes et trois créatures de votre choix), ou à la jauge de puissance de votre canon astral (à utiliser au bon moment, sans quoi vous risquez soit le coup d'épée dans l'eau, soit la surchauffe).

Il faudra aussi "les attraper tous", les affreux, les méchants, les baveux, et recruter tous ceux qui vous inspireront confiance (boss exceptés, ne rêvons pas) : à vous de les capturer, les purifier puis les faire monter en niveau grâce au karma accumulé lors des combats (ou durant les phases de dialogues). S'ils apprendront spontanément de nouvelles compétences au fil des affrontements (surpassant par-là même les capacités mentales d'un lycéen lambda), vous pourrez également leur en enseigner d'autres - pour peu que l'un de vos captifs possède celle que vous souhaitez leur attribuer, et que vous soyez disposés à en sacrifier une ou deux en échange.

A tout moment, lors de vos explorations ou en pleine bataille, vous aurez l'opportunité de jouer les coach de l'équipe de France et intervertir une créature active avec une cons½ur laissée sur le banc de touche, mais vous ne pourrez faire usage de cette capacité qu'un nombre de fois limité, au-delà duquel vous devrez quitter le donjon pour réinitialiser le compteur.

Autre petite nouveauté intéressante : les coffres obtenus sont piégés, et il faudra soit utiliser une compétence spéciale de vos créatures pour les désamorcer, soit composer avec des risques à calculer en fonction d'une jauge de danger et de déverrouillage. Autant (et plus) de petites inventions gamer-friendly qui contribuent à rendre l'expérience plus ludique...

Or le plus étonnant, c'est que ça fonctionne. Loin des systèmes inutilement tarabiscotés des RPG modernes, celui de the Lost Child fait sens, chaque mécanique a sa logique, sa raison d'être (jusqu'à l'argent que l'on ne gagne qu'en revendant certaines de nos trouvailles sur le terrain), si bien qu'on y évolue et qu'on intègre ces règles sans efforts, ni avoir à passer des heures à régler le potentiomètres du sphérier de l'alliance alchimique de la quinzième onde astrale sur la dixième médiane... et ça, contre toute attente, ça fait un bien fou (sans compter qu'au fond, ça revient au même, mais en mieux et sans esbroufe).

Les vieux de la vieille qui se demandent aujourd'hui comment ils ont un jour pu apprécier les jeux au tour-par-tour pourraient bien le redécouvrir grâce à ce titre-ci.

A chacun son temps des cerises.

 

Pas de fausse note non plus du côté de la bande originale, qui est à l'image (au son, en l'occurrence) du reste de cette production sans prétention : petit budget (les synthés en force), dénuée d'originalité mais efficace, agréable, parfaitement adaptée - tant à l'ambiance qu'au format ludique, conçue de façon à ne jamais taper sur les nerfs en dépit de sa redondance (inévitable) et des sempiternelles cassures liées aux affrontements aléatoires.

 

Pour autant, en dépit de qualités réelles (et de défauts qui ne le sont pas moins) le jeu ne s'adresse qu'à une frange de gamers marginale : les nostalgiques, les otakus, les bilingues, les fans de Sawaki, les amateurs de Dungeon-RPG peu regardant sur le challenge et les possesseurs de PS Vita, qui crèvent toujours la dalle côté catalogue de nouveautés. ça reste peu, oui, mais les vrais savent.

 

Il leur suffira d'un artwork de Lucifel, portable à la main, pour que tout soit pardonné.

 

 

Qui est au bout du fil, cette fois ?

 

Mystère.

 

Peut-être s'agit-il là d'un appel... de Cthulhu ?

 

*

 

En résumé : The Lost Child n'est pas un grand jeu, c'est certain, et n'a pas l'étoffe d'un El Shaddai - dont il est l'antithèse, ou presque - mais il possède un charme fou - que quelques élus sauront apprécier à sa juste valeur.

 

Serez-vous de ceux-ci ? 

 

Réponse dès demain dans votre boutique préférée.

 

 *

 

Addendum personnel : en ce qui me concerne, je n'ai préco The Lost Child que par principe, histoire de dire que oui, il y a des fans de Sawaki en France et que oui, ils attendent impatiemment son retour par la grande porte (ou ne serait-ce qu'une dispo d'El Shaddai en démat' sur PS4, déjà).

Ma période J-RPG étant loin derrière moi, je pensais détester cette production d'un autre âge et son esthétique d'animé numérique, au lieu de quoi ai-je été agréablement surpris.

Si certains japonismes me hérissent toujours autant le poil, j'avoue prendre plaisir à explorer ces labyrinthes monotones et à affronter ces bestioles grotesques, au point que j'ai du mal à lâcher la manette une fois lancé.

Et quelque part, je me dis qu'aussi naïf que cela paraisse, c'est là le signe d'un jeu réussi.

 

Ma trop petite collection El Shaddai...

 *

 

Quant à l'édition collector, elle s'accompagne d'un joli coffret carton (aux finitions grossières, hélas), du traditionnel artbook de la honte (couverture cartonnée, mais une trentaine de pages seulement) et d'une (très bonne) sélection CD des titres les plus emblématiques du jeu. Là encore, le minimum syndical, mais le surcoût est dérisoire, alors pourquoi se priver ?

 

 

 

 

 

The Lost Child sort le 22 juin sur Playstation, Playstation Vita et Nintendo Switch

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C'est en com' que ça se passe... (Mode)

 

C'est un fil de commentaires polémique comme il en fleurit chaque jour plusieurs centaines sur le net. Certainement pas le plus civilisé ni le plus érudit, mais on est quand même loin d'être dans le fond du panier, en la matière.

 

Très loin.

 

 

 

 

France Info s'y fait juste le relais d'une initiative de la LMDE, mutuelle étudiante, qui cherche à se distinguer de la concurrence en proposant à leurs adhérentes de rembourser l'achat de leurs tampons hygiéniques.

 

Alors je sais, on est loin du domaine des jeux vidéos, là, et puis on a beau être en 2018, le sujet écorche encore la sensibilité de quelques pères et mères la pudeur, mais l'exemple est particulièrement représentatif du potentiel de nuisibilité du Social Justice Warrior, que ce soit en matière de contenu ou de méthode.

 

Et puis il paraît que parler des règles sans honte et sans tabou, c'est éducatif, c'est moderne, ça fait avancer la cause féministe, alors ma foi, parlons-en, on ne sait jamais, des fois que ce ne soit pas du flan, on n'a pas grand chose à y perdre.

 

Amis mâles hétéros cis-genres, il se peut même que vous y appreniez deux ou trois petites choses (que vous auriez peut-être préféré ne pas savoir, mais ça ne nous... regarde pas).

 

 

Pour commencer, procédons avec rigueur et étudions le commentaire le plus liké du fil, celui qui y apparaît en premier (théoriquement) lorsqu'on s'y connecte :

 

 

 

 

Un discours SJW typique, dans l'affect, révolté, sans nuance, reprenant un vocabulaire balisé - pour ne pas dire stéréotypé.

 

Mais hé.

 

En le lisant, on comprend sa colère, et on comprend aussi que l'intervenante ne soit pas disposée à y mettre les formes.

Pour approfondir et mieux cerner les causes immédiates de son indignation, intéressons-nous aux commentaires qui précédaient directement, et tâchons d'y relever tout signe de mansplaining, même infime :

 

 

 

C'est à ce point du fil, et SEULEMENT à ce point, qu'apparaît le premier commentaire de gros beauf

(même pas du mansplaining, mais nous y reviendrons).


Alors je ne sais pas pour vous mais moi, à ce point de ma lecture, je suis doublement perplexe (pour ne pas dire consterné. A toutes fins utiles, je vous reposte le premier commentaire :

 

 

 

Deux choses m'échappent ici :

 


- D'abord, qu'une personne semble-t-il douée de toute sa raison puisse affirmer avec aplomb quelque chose d'aussi objectivement faux, sans craindre de passer pour une manipulatrice ou une cinglée.

 
- Ensuite, que sa publication soit likée par plusieurs dizaines de lecteurs.trices.choubidoubidous qui, de toute évidence, ne sont pas allés vérifier ses dires, alors qu'il suffisait de... lire le commentaire précédant.

Et là on comprend bien la double nature du problème, qui est la malhonnêteté intellectuelle d'une part, et la paresse intellectuelle de l'autre.

 


En effet, comment attendre d'un internaute qu'il fasse des recherches ou qu'il vérifie des sources, s'il n'est même pas fichu de lire ce qu'il a sous les yeux et d'en tirer les conclusions qui vont de paire ?


Comment espérer avoir un échange constructif avec un internaute (esprits chagrins, j'utilise le neutre, ici) capable de mentir si ouvertement pour donner à la réalité le tour qui l'arrange ?

Or ce ne sont pas là des accidents de parcours. Je ne suis pas allé les chercher exprès. Ce sont devenus, hélas, des normes sur internet.

Alors oui, nous ne tomberons pas dans les mêmes travers : il y a bien quelques commentaires masculins désobligeants (pouvait-on y couper ?) ensuite, mais sur un panel considéré de 136 commentaires (je ne suis pas allé lire au-delà, mais c'est déjà 136 commentaires de plus à mon actif que ceux qui ont liké le commentaire sus-mentionné), j'en ai comptés 16 (et encore ai-je compté vraiment large) – ce qui, en termes de pourcentage, reste dérisoire (bien que toujours regrettable). 11,8%, pour être exact.

 

Dans les pires des cas, ce sont des plaisanteries beauf typiques, machistes, rétrogrades et suintant l'autosatisfaction mal placée, mais pas bien méchantes malgré tout.

 


 

 Facepalm

 

Comprendre : ni insultes, ni colère, ni mansplaining, comme revendiqué pourtant haut et fort en tête de fil.

Il y a  bien quelques donneurs de leçons (le neutre, toujours), mais ce sont toutes des femmes. Femmes que la première commentatrice cherche à faire passer pour des hommes, dans sa prose, au prétexte qu'elles n'ont pas la même opinion qu'elle, ou la même façon d'aborder leurs règles.

Là encore, il faut nous y arrêter, car c'est fondamental : les critiques et les désaccords, ici, émanent d'autres femmes.

 

Des pairs dont on n'accepte pas qu'elles aient une opinion différente.

 

Des semblables avec lesquelles on ne cherche pas, au moins, à établir un dialogue pour confronter notre opinion à la leur.

 

Des représentantes de la même communauté opprimée, dont on nie symboliquement le caractère de "femmes" sous prétexte que ce qu'elles écrivent n'est pas à notre goût. Par extension : qu'on cherche à discréditer en les faisant passer pour ce qu'elles ne sont pas.

Dans un monde un tant soit peu doué de raison, ce genre de méthodes ne devraient pas fonctionner, tant elle sont grossières et faciles à démonter.

 
Sauf qu'elles fonctionnent.

 
Sauf que des gens likent sans aller au-delà, juste parce que ce qui écrit correspond à leur vision de la vie - et tant pis s'il ne correspond pas à la réalité.

 


Voilà qui en dit long sur la façon dont l'être humain, désormais, perçoit et intellectualise le monde alentour.

 
Pour trop d'internautes (mais pas que), la réalité importe désormais moins que l'idée qu'ils s'en font. Ne leur déplaise, on entre déjà ici de plain pied dans le champ de l'aliénation mentale.

 

 

Le plus effrayant, c'est qu'ici, la supercherie saute aux yeux, elle est vite éventée. D'autres ailleurs savent être plus subtils et plus fins psychologues.



"Oui mais il y a quand même des commentaires masculins désobligeants", objecterez-vous. Certes, il y en a, nous l'avons déjà écrit noir sur blanc. Mais ce n'est pas du tout ce que dit le premier commentaire. Ce que dit le premier commentaire, c'est qu'il n'y a QUE des commentaires masculins désobligeants, et que TOUS les commentaires désobligeants sont masculins. Or on a montré, screenshots à l'appui, que ce n'était pas vrai.

 

Cela ne concerne « que » 11,8%, à peine.

 


Au-delà de la tristesse de ces commentaires, et sans les excuser, on pourra au moins comprendre ce qui les a motivé. Car l'offre de la LMDE est inégalitaire, en défaveur des adhérents masculins. Tous les adhérents cotisent de la même façon mais ici, seule une catégorie donnée bénéficie d'un avantage supplémentaire. Doit-on s'étonner que la catégorie qui n'en profite pas se sente spoliée et réagisse ? Vous rétorquerez que « les femmes subissent ça depuis la nuit des temps ! » et nous ne disons pas le contraire. Nous disons simplement qu'elles sont mieux placées que quiconque pour savoir l'effet que ça fait et la colère que ça suscite. Après tout, ne sont-ce pas là les raisons profondes du premier commentaire ?

 

 

 

A même cause, même effet, il n'y a rien de plus naturel - même si, je le répète, ça n'excuse rien, et si le business de serviettes et tampons tient du racket honteux (c'est un autre débat). Que l'inégalité touche ici une catégorie "privilégiée" ne l'annule pas, comme les Social Justice Warriors voudraient le faire croire avec leur rhétorique en mousse. Une inégalité reste une inégalité, quel que soit le contexte.

 

Pour autant, l'initiative de la  LMDE n'est pas de celles qui méritent des jets de pierre (qu'elle n'a pas reçu, ici - les détracteurs et détractrices s'en tenant aux moqueries et aux critiques argumentées) ni de plébiscite exalté (comme celui, si naïf, de l'intervention qui nous occupe) : ce n'est qu'une opération de com' comme une autre, cynique juste ce qu'il faut, qui surfe sur les problématiques populaires du moment pour faire son beurre.

 

Rien de louable ni de condamnable en soi.

 

Rien que du business dans l'air du temps.

Avant de conclure, il convient toutefois d'aborder un dernier aspect (essentiel) des "échanges" auxquels cette news a donné lieu :

 

Là encore, par souci d'honnêteté, je ne suis pas allé chercher le plus « salé »

(à savoir : le fil de discussion femmes versus femmes le plus houleux). Merci moi.

 

 
Sans surprise, on constate que le mythe des "espaces de parole non-mixte" n'est qu'un autre mensonge (et comment aurait-il pu en être autrement ?) : alors qu'une catégorie discriminée est censée s'y retrouver pour pouvoir dialoguer "sans pression ni risque d'être jugé", on constate ici objectivement que la pression et le jugement subsistent avec plus ou moins de virulence au sein d'une même communauté, dès lors qu'il y a désaccord. Ici, la discussion mmanque de s'envenimer à maintes reprises, et seule la diplomatie de l'interlocutrice principale évite d'aller au clash. Ce qui tend à prouver (par l'exemple, encore) que vous ne pourrez dialoguer sans pression au sein d'un espace non-mixte que si vous êtes d'accord avec la pensée qui y prédomine, et qui s'y renforce donc d'autant sur le mode du conditionnement. Loin de libérer la parole, elle la contraint dans des proportions alarmantes, confinant au fascisme consenti.



On pourra, bien sûr, ne pas prêter attention aux propos du mâle blanc hétéro cis-genre que je suis.

 

On aura plus de mal à ignorer cet édifiant témoignage d'une double victime de discrimination, qui est descendue aux enfers SJW mais dont elle a, par chance, su revenir à temps, et qui en livre une analyse touchante et pertinente :

 

 



Une lecture indispensable et d'utilité publique.

Ceci étant, je ne doute pas que la sphère concernée saura fermer les yeux, regarder ailleurs ou trouver à ses arguments des failles imaginaires.  N'est-ce pas, comme on vient de le montrer preuves à l'appui, l'un de ses modus operandi ?

 


Ce qui ne fera que me donner raison - et donner raison à ce témoignage par ricochet.

 


C'est l'avantage, quand quelqu'un fait n'importe quoi. ça finit toujours par lui revenir en boomerang dans les chicots.

 


Pas étonnant que la malhonnêteté intellectuelle soit devenue monnaie courante dans le milieu - car sans celle-ci, comment pourrait-il encore faire illusion ?

 

 

*

 

 

 

 

 

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Ce matin, Jean-Michel Combat Social s'est levé avec la gaule, en pensant à tous les nouveaux méchants qu'il allait punir de son clic vengeur, de son commentaire assassin, de son retweet libérateur.

Combien d'injustices a-t-il déjà corrigé ainsi, à coup de pétitions, de délation ou de menaces ? Combien de tyrans a-t-il ainsi renversés ? De mécréants, de sexistes, de racistes, d'homophobes, de ces monstres ordinaires qui portent l'essence du mal dans chaque brin de leur ADN ?

Mais ce n'est qu'un début, ce n'est toujours qu'un début, car le mal est partout, le mal n'a jamais de repos, dans ce monde de mâles blancs cis-genre hétérosexuels. A lui de le traquer, à lui de le pourfendre. Et pour ça, Jean-Michel Combat Social a l'arme absolue. Ou plutôt, deux armes : une connexion wifi et une paire de lunettes magiques, comme dans Invasion Los Angeles, qui lui permet de voir le mal où qu'il se cache, où qu'on le cache, sous quelque forme que ce soit, et même là où il n'est pas.

 

 

Ce matin, la gaule de Jean-Michel Combat Social peine à retomber. Il n'arrête pas de penser (car Jean-Michel Combat Social pense, contrairement au reste du monde) à ce fichu bouquin qu'il a fait supprimer des étagères des librairies, hier ou avant-hier (il ne se souvient plus trop, ni du titre, d'ailleurs, vu qu'il ne l'a pas lu - car après tout, à quoi bon ? Il y avait le mot "tétons" dedans. ça, il en est sûr. Il l'a vu sur Facebook). Une belle victoire, qui fait bien avancer les choses, dans l'ex pays des Lumières et de la liberté d'expression. Ce n'est pas la première. Ce ne sera pas la dernière. Déjà, Jean-Michel Combat Social est à l'affut. A la télé, dans les journaux, il ne baisse jamais sa garde, il n'enlève jamais ses lunettes magiques. Il chronomètre les temps de parole, il colle des points au bout des mots. Fini le combat d'idée à papa. Les problèmes, il les affronte en 140 caractères, et il les règle à coup de hashtag. Friends, c'est lui. Kingdom Come, c'est lui aussi. Le moindre mot suspicieux sera reposté sur son compte twitter avec un commentaire cinglant, et il espère bien faire du like et du repost. Oh, pas pour lui, bien sûr, même si c'est agréable de savoir qu'on est quelqu'un de bien, et de savoir aussi que tout le monde le sait. Non, il le fait pour la Cause (ou, en anglais, for the Greater Good, comme dans Hot Fuzz, un film qu'il n'aime pas trop parce que ce sont les méchants qui gagnent à la fin).

 

Jean-Michel Combat Social à seize ans, mais il sait mieux que ceux qui ont le double de son âge, le triple ou le quadruple ; il ne connaît que les bancs de l'école mais il sait mieux que ceux qui font l'expérience de la vie, parce qu'internet lui a appris que personne n'avait jamais vraiment raison et que par conséquent, tous les points de vue se valent. Jean-Michel Combat Social a vingt ans, mais il sait mieux que les spécialistes des sujets dont il s'empare parce qu'il a vu deux vidéos Youtube et qu'il a eu 13 au Bac de Français. Jean-Michel Combat Social, c'est un peu Tintin, mais sans l'album au Congo : il a de 7 à 77 ans, et sans doute n'est-ce pas un hasard s'il a la maturité des premiers, et l'ouverture d'esprit des second (encore est-ce faire injure aux deux, qu'ils me pardonnent). Grâce à ses lunettes magiques, Jean-Michel Combat Social a toujours raison. Il sait tout mieux que toi, sauf si tu es d'accord avec lui auquel cas tu es un génie, car il en est un également. Il peine souvent à écrire deux phrases en français correct ("mais ça n'existe pas, le français correct !", lui a appris Jean-Michel Démago, lexicologue de profession), il n'a aucune idée de ce qu'est la dialectique et d'à quoi ça sert (il ne manquerait plus qu'il essaie de se contredire lui-même ! Il est pas zinzin, waaa, l'autre, hé, lol !), il vit dans sa bulle (souvent) et ne s'est jamais confronté aux réalités dont il traite (il n'en a pas besoin, puisqu'il a toujours raison), il condamne les fachos, les oppresseurs, les agresseurs, les n*zis mais il emploie les mêmes méthodes qu'eux. For the Greater Good. C'est si commode.

 

Jean-Michel Combat Social est un héros, comme Hercule avant lui (mais sans le côté paternaliste et les gros biceps). Il a sa propre mythologie. Ses propres dieux, ses propres textes sacrés qu'il ne remettra jamais en question. Ou disons, non, ce serait lui reconnaître trop de mérite : il a la mythologie qu'on a inventé pour lui et ses semblables afin de les dispenser de trop réfléchir (soit : plus de cinq minutes), un panthéon à leur mesure bâti sur le mont Sophistique par des gourous modernes en mal d'emprise, d'oseille et de reconnaissances, de ces militants de papier qui veulent marquer l'Histoire - ou plutôt, la plier, y imposer leur nom comme une décalcomanie au fer rouge -, non par engagement mais par narcissisme. Jean-Michel Combat Social aime qu'on lui lave le cerveau, il se sent plus propre après : oui, ok, d'accord, on remplace son système de pensée par un autre mais il s'en fiche, au contraire, ça le conforte dans son idée qu'il est unique et qu'il est beau. Tant pis si ce système de substitution est déviant, dévié, sorti des rails de la rationalité pour justifier l'injustifiable, dispenser des immunités morales qui n'auraient pas lieu d'être, et s'il ne semble valide que parce qu'il est à lui-même sa propre justification, une boucle de fausse logique autoréférencée qui fonctionne en tautologie, séparée de la folie clinique par une simple ligne rouge. Fine, de surcroît.

Tous les hommes sont sexistes.
Or Socrate est un homme.
Donc Socrate est sexiste.
T'as vu ?

 

 

Dans le monde idéal de Jean-Michel Combat Social, tout le monde pense comme lui, écrit comme lui, mange comme lui, baise comme lui, parle comme lui, a la gaule comme lui. Les livres, les films, les jeux et mêmes les encyclopédies, les ouvrages scientifiques, sont expurgés de tout ce qu'il n'a pas validé, et leurs auteurs sont traînés dans la boue. For the Greater Good.

 

Dans le monde idéal de Jean-Michel Combat Social, les oppresseurs sont opprimés, les racistes sont racisés, les sexistes sont sexisés, les méchants sont méchantisés, mais ils l'ont mérité alors ça va, c'est cool. Si demain, il pouvait les mettre dans des camps, à vrai dire, il n'aurait rien contre. C'est déjà ce qu'il fait moralement sur les réseaux sociaux sitôt que quelqu'un n'est pas d'accord avec lui. For the Greater Good.

 

Jean-Michel Combat Social tue. Oh, pas avec des armes, il tient à garder les mains propres, et puis c'est un babtou. Il tue par l'ignorance. Il tue par la bêtise. Par son suivisme. Par son absence de conscience historique. Par son manque de recul. Par son intolérance, même. Ce qui n'est pas comme lui est mal, et doit donc être anéanti, par tous les moyens, même les plus abjects, sinon il se roulera par terre et il retiendra sa respiration jusqu'à devenir tout rouge ou recueillir 10000 signatures. Jean Michel Combat Social tue. Oh, pas des gens, il reste quelqu'un de bien et puis il y en a trop, ça prendrait trop de temps. Il tue le progrès. Il tue la diversité. Il tue l'histoire. Il tue la philosophie. Il tue la connaissance. Il tue la civilisation.

 

Il tue parce que si on le laisse faire, si on le tolère, si on l'encourage, demain, nul n'osera plus écrire, nul n'osera plus créer, nul ne prendra plus le risque de fâcher ou de déplaire. Demain, nul ne sera plus libre. For the Greater Good.

 

Celui de sa gaule.

 

[Soutien aux auteurs de "J'ai attrapé la puberté", éditions Milan]

 

*

 

(Tout ça vaut bien une pétition).

 

*

 

Et pour ceux qui ne cliquent pas sur les liens hypertexte parce que c'est contre la religion, une lecteur nécessaire en trois actes :

 

Thèse

Antithèse

Synthèse

Conclusion

 

*

 

Bibliographie sélective pour approfondir :

 

- Fahrenheit 451 de Bradbury

- 1984
d'Orwell

- The Crucible
de Miller

- Matin Brun
de Pavloff.

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Pi.R.Carré - Pour changer d'aire (Politique)

 

 

 

Parce que grâce à la génération Millenials et à ses guerriers de la Justice Sociale, nous vivons dans un monde chaque jour un peu plus formidable, un peu plus juste, un peu moins oppressif (et si t'es pas d'accord t'as le droit de fermer ta gueule sale mâle blanc hétéro cis-genre on boit tes :maletears: t'as vu ?) ; et parce que grâce à eux, nous laissons derrière nous les millénaires de ténèbres et d'obscurantisme qui ont précédé l'ouverture de leurs comptes twitter et de leurs « donne à mon Patreon », chaque semaine, le Comte Zaroff te propose une petite revue de presse des scandales éphémères qui contribuent à rendre notre société meilleure (peut-être) et à générer du clic pour gagner les sous de la pub (ça, par contre, c'est sûr).

 

 

Alors bon, qu'on ne se fie pas aux apparences : dans l'idée, il s'agira d'un format bref (rires), fondé sur la concision (encore plus rires), mais comme c'est le premier (et sans doute dernier) post de la série, ça va s'étaler un peu dans le temps pour « planter le décor », histoire qu'on voit bien comment l'humanité va réussir en vingt ans à revenir sur plusieurs milliards d'années d'évolution laborieuse pour une poignée de likes et de retweets.

 

Juste une précision liminaire toutefois, parce que le Comte Zaroff n'a pas vocation à devenir le copain de tous les cassos de la terre non plus : si d'aventure tu es un.e connard.e sexiste.e, xénophobe.e, homophobe.e ou autre, passe ta route, passe ton chemin, passe le message à ton voisin. Les ennemis de mes ennemis ne sont pas ses potos, surtout quand ils ont contribué à les engendrer. Et de la même façon, si tu penses que tout ceux qui ne sont pas d'accord avec toi devraient être collés dans des camps « au nom d'un monde meilleur » (ou virés de leur fac, ou harcelés sur la toile), d'ailleurs. Si tu ne sais débattre qu'avec des gens qui sont d'accord avec toi, autant que tu t'épargnes de la contrariété et que tu te cantonnes à ta consanguinité cérébrale et aux séances de masturbation (intellectuelle, mais pas que) collective qui te rendent tout dur de la conscience morale (« han mais comment t'as trop raison, je pense trop comme toi ! » « non, non, que dis-tu enfin, c'est toi qui a trop trop raison, c'est moi qui pense trop trop comme toi ! » "qui, moi ? Oh non, voyons ! Que dis-tu là ? Je ne saurais l'entendre ! Tu as toujours été mon exemple !" « Un exemple, moi ? Alors que tu m’as tout appris ? Je ne saurais l’entendre ! ». Ad lib). De toute façon, dans les deux cas, tu n'es pas équipé pour suivre, alors autant retourner dans ta bulle de Bisounours à crête.

 

Sur ces bonnes paroles, on lance le jingle.

 

Générique.

 

C'est parti.

 

Alors déjà, sur l'aperçu, Force Rose est en rose. ça part très très mal, cette affaire-là !

 

 

Dans les épisodes précédents :

 

LE MONDE D'AVANT LES MILLENIALS (OBSCURITÉ, TÉNÈBRES, CHATS ET CHIENS COUCHANT ENSEMBLE T'AS VU ?)  :

 

 

- 1949 : sortie de 1984 et déjà, là, tout le monde est paumé et compte sur ses doigts. Dans cet ouvrage devenu culte, les citoyens d'un monde dystopique vivent sous le joug de l'Etat qui leur impose quoi faire, quoi dire, quoi aimer, quoi penser « pour leur propre bien et celui de tous ». Un ouvrage d'anticipation longtemps considéré comme visionnaire, à tort.

 

 

2018 : finalement, Orwell avait un peu surestimé l'Etat et un peu sous-estimé la bêtise humaine. Non pas que l'Etat n'ait pas essayé de formater les masses pour s’assurer leur plein contrôle, et surtout étouffer la contestation dans l’½uf, bien sûr, mais au fond de lui, il sait qu'il n'est pas de taille. Quand il s'est rendu compte que pour imposer une pensée unique et pour faire taire les moutons noirs, il suffisait de laisser les masses en question se censurer les unes les autres, balancer leurs coordonnées mutuelles sur la toile au moindre désaccord, se surveiller, s'afficher sur Twitter (et y afficher autrui sitôt qu'il leurs déplait), faire de la délation, tronquer les discours, tordre les raisonnements, se harceler, se menacer, s'agresser « pour la bonne cause », il a trouvé beaucoup plus reposant de se mettre sur la touche et de compter les points. Et comme on le comprend.

 

 

- 1953 : Ray Bradbury, géant de la science-fiction anglophone, publie Fahrenheit 451, autre roman maintes fois cité en exemple, dans lequel les pompiers n'éteignent plus les feux mais les allument, brûlant tous les ouvrages que l'Etat (décidément, il est sur tous les bons coups, lui) a jugé dangereux. Là encore : cruel manque de clairvoyance de la part du bonhomme.

 

 

2018 : finalement, l'Etat n'a même pas eu besoin de former des fonctionnaires ou de lancer une politique de recrutement de pompiers incendiaires. Les honnêtes citoyens se chargent bénévolement de la chasse aux sorcières. Vu les chiffres du chômage en France, on ne peut que le déplorer. Au nombre des premières ½uvres fascistes aspergées de gazoline, entre toutes les productions humaines présentes, passées et à venir (parmi lesquelles on compte, quand même, les textes du Marquis de Sade et la biographie de Moundir), on compte les pamphlets propagandistes « Friends » et « The Big Bang Theory ». La lie racisto-phallocrate en tremble sur ses bases. Comment ? On ose s'en prendre à ses textes fondateurs ?

 

 

- 2015 (mais pas que) : des fondamentalistes religieux détruisent des ½uvres préislamiques dans un musée à Mossoul, sous prétexte qu'elles ne sont pas compatibles avec leurs convictions idéologiques et leur conception de l'histoire. Le monde entier s'indigne et parle de "crime contre le patrimoine de l'humanité". Manuel Valls déclare qu'"une part de l'esprit humain (...) s'écroule" (s'écroule, oui, mais pas assez pour lui valoir un poste au gouvernement, faut pas déconner). En 2001, c'était des Bouddha géants en Afghanistan. En 2012, quatorze mausolées de Saints Musulmans au Mali.

 

2014 : A Paris, on expose un gigantesque plug anal gonflable place Vendôme. Là encore, le message est fort. On a beau anéantir des ½uvres historiques à la valeur inestimable, les artistes ne courberont jamais l'échine, ils continueront qui, de sculpter avec son caca, qui, de passer les dessins d'autrui au filtre triangulaire. The show must go on.

 

 C'est quelque chose, quand même, l'Art.

 

LE MONDE DEPUIS LES MILLENIALS (ILLUMINATION, TRANSCENDANCE, CH¼URS ANGÉLIQUES, HOSANNA, TOUT CA) :

 

 

- 4 janvier 2018 : Twitter découvre le vrai visage d'Alexandre Astier.

 

 

Alors qu'une anonyme lambda a la GENTILLESSE de lui donner quelques conseils d'écriture, histoire de l'aider à affiner un peu son humour (quand même très "oppressif" et "homophobe", quand on y pense), le créateur de Kaamelott a la MECHANCETETÉ de lui RÉPONDRE. Pire : il ne la remercie pas pour ses réflexions éclairantes et ne s'exclame pas tout go "hé mais oui, bon sang mais c'est bien sûr, internaute inconnue et néanmoins sagace ! Comment ai-je pu ne pas m'en rendre compte plus tôt ! J'étais aveugle et maintenant, je vois ! Toutes ces décennies passées à opprimer les minorités en croyant être drôle, alors que je ne faisais que stigmatiser les faibles et les nécessiteux ! Quel connard j'ai été ! Mais grâce à toi, c'est terminé, tout ça ! Tes 140 caractères ont fait de moi un homme nouveau ! En remerciement, je te crédite en tant que co-scénariste et je te cède le rôle d'Arthur dans le film à venir ! Un Roi Arthur femme ! Rends-toi compte ! Quelle victoire ce sera pour le féminisme ! Et tiens, d'ailleurs, puisqu'on en parle... tu ne serais pas black aussi, des fois ? Maintenant que tu m’as montré la lumière, je me sens d'humeur à combattre le racisme en capitalisant sur la couleur de ta peau dis-donc !".

 

Bien au contraire : l'auteur-compositeur-scénariste-humoriste a le toupet de lui répliquer sèchement qu'il n'a pas de leçons d'écriture ou de tolérance à recevoir de la part d'une personne qui se revendique "misandre". Quelle arrogance ! Quelle étroitesse d'esprit ! Ha, ha, le masque tombe ! Monsieur Astier est du genre à répondre quand on l'interpelle (mais pour qui se prend-il ? Tout ça parce que soi-disant, c'est une star ? Mais attends ! Tous les Millenials sont des stars, leurs parents et leurs psy n'ont pas cessé de le leur répéter : "tout le monde est un génie et si ça se voit pas, c'est juste parce que la société est faite par des gens médiocres - les générations précédentes - pour des gens médiocres - les générations précédentes aussi ; et parce que les Millenials c’est juste des poissons à qui on voudrait apprendre à grimper aux arbres").

 

Monsieur Astier est même du genre à répondre publiquement quand on s'adresse à lui publiquement ! Mais que de violence, en cet homme ! Doit-il détester le beau sexe, pour en venir à de pareilles extrémités ! Et en même temps, que pouvait-on attendre d'un mâle hétéro blanc cis-genre pour qui les femmes sont soit des gourdes (Guenièvre), soit des harpies (toutes les autres) ? Heureusement, Twitter veille. Si l'on peut déplorer que des mufles aient pris la défense de l'intéressé (normal. Celui-ci leur a livré la malheureuse en pâture ! Sic), ils sont également nombreux à le condamner pour son acte d'une violence morale inouïe. Il faut dire aussi que quand on a passé vingt ans sans qu'une seule personne n'ose nous dire "non", ou  "zut", ou "merde", au nom de "l'éducation bienveillante", ça pique un peu quand ça arrive la première fois. En sa qualité de plus haut degré de l'espèce humaine, le Millenial est celui qui donne des leçons, mais qui n'en reçoit pas - sans savoir que, comme le chantait Pacsal Obispo (autre pervers phallocrate de son état) : "donner, c'est comme recevoir, mais sans s'en apercevoir".

 

 

- 9 janvier 2018 : le metteur en scène Leo Muscato s'offre un coup de pub dans l'air du temps en réécrivant la fin de Carmen (mais si, tu sais, celle qui est tuée par Sephiroth à la fin du CD1).

 

 

 

Dans cette nouvelle version [attention, spoilers ! Mais enfin, c'est pas comme si t'allais lire le bouquin un jour, non plus...], au lieu d'être assassinée par Don José, la plantureuse bohémienne renverse les rôles et zigouille son Jules (enfin, son José, vous m’avez compris) en bonne et due forme (#balancetonporc. Sur la lame d'un couteau, si possible).

 

Ce n'est certes pas la première fois qu'une oeuvre est réécrite (à quoi bon avoir du talent ou des idées personnelles quand on peut s'approprier le travail d'autrui ? Ne lui fait-on pas au contraire un honneur immense en s'appropriant culturellement sa merde des années wesh et en l’améliorant ?), mais ce sont les raisons de l'homme qui forcent le respect (ils le forcent même tellement qu'il devrait aller porter plainte).

 

"On ne peut pas applaudir le meurtre d'une femme", dixit.

 

Jamais auparavant on n'avait fait preuve d'une telle puissance intellectuelle, d'une telle faculté de recul, d'une telle connaissance des principes symboliques qui régissent le domaine de l'Art !  Dans la tête de Muscato, ce n'est en effet pas celui-ci, qu'on applaudit, ni la performance, ni la musique, ni les chorégraphies, ni l'écriture, ni même sa putain de mise en scène, non : c'est ce qui se passe sur les planches (enfin, ça ne se passe pas vraiment, hein, c'est tout du faux, mais les gens le savent-ils seulement ?). Ce qui recoupe plutôt bien ma théorie comme quoi il faudrait mettre tous les fans de Saw en prison. D'ailleurs si Mérimée a choisi ce dénouement, ce n'était absolument pas pour des raisons dramaturgiques, des questions de structure ou de thématiques, non, c'est juste parce que c'était un putain de mâle blanc hétéro-cis-genre et qu'il adorait voir les femmes mourir sous ses yeux. Nonobstant, il semble que pour Muscato, applaudir le meurtre d'un homme ne pose pas de problème, par contre. Ben oui, la femme est l'égale de l'homme mais c'est plus grave de la tuer elle. Narmol.

 

 

Il reste un peu de place pour lui dans la cellule des fans de Saw, ou pas ?

 

 

- 13 janvier 2018 : Vous pensiez que Friends n'était qu'une inoffensive sitcom des années 90 racontant sur un ton humoristique le quotidien de six jeunes New-Yorkais ? Vous n'êtes pas Millenial, vous appartenez au passé - un passé honteux où on portait des peaux de bêtes et où on traînait les femmes par les cheveux. Car sous ses dehors bon enfant, la série ne trompe personne (personne de moins de trente ans, en tout cas) : elle est raciste, sexiste, homophobe et grossophobe. Pas étonnant qu'elle ait été si populaire auprès des gros connards arriérés des générations précédentes ! Heureusement que la nouvelle est là pour prendre la relève, avec son 15 en français au BAC niveau 5ème !

 

 

Fort de ce constat édifiant, gageons qu'elle ne s'arrêtera pas en si con chemin (pardon pour la coquille) et qu'elle va s'atteler à décortiquer TOUT ce que le monde a jamais produit de films, séries, romans ou autres, jusqu'à ce qu'il n'en subsiste plus un seul susceptible de proposer, directement ou indirectement, du contenu à caractère potentiellement « oppressif ». Ou du non-contenu, d'ailleurs. Parce que s'il n'y a pas quelque chose dans une ½uvre, c'est qu'il y a son contraire, évidemment, ça tombe sous le sens ! Par exemple s’il n’y a pas de militants anti-nazis dans un film, c'est qu'il est pro-nazi, comme dans Raiponce ou l'Âge de Glace. Hé oui ! Faut réfléchir, un peu !

 

 

On estime donc qu'au printemps 2063, ne seront plus autorisées que les pubs Benetton et les sketchs de Raymond Devos. Mais ne nous réjouissons pas trop vite ! La tâche est grande, le chemin sera long. Nos Avengers de la Justice Sociale vont devoir s'attaquer à des super-vilains de taille, en comparaison desquels Thanos et Ultron font figure d'enfants de ch½ur. Jugez plutôt : les Inconnus, les Nuls, les Monty Python, … - mais si on pouvait commencer par Laurent Gerra et Jean-Marie Bigard, ça m'arrangerait assez.

 

 

Par conséquent, le cours du Pop-Corn à la Bourse devrait grimper en flèche dans les années qui viennent, si bien qu'en 2064, le président directeur général de la société Baff devrait accéder au trône d'Imperator Millenialis et régner sur le monde d'une main de fer "dans un gant de petits morceaux de nuages". Alors oui, bien sûr, il y aura toujours des esprits rétrogrades pour dire que oui, bon, y'a pas de noirs dans Friends mais y a pas de blancs non plus dans le Prince de Bel Air ou dans le Cosby Show, et qu'on n'en a pas fait tout un foin pour autant MAIS C'EST PAS PAREIL, t'as compris ? Dans Friends, les personnages sont tous issus de la classe des privilégiés et profitent ouvertement des bienfaits du racisme ! Alors que dans les deux autres séries mentionnées, ce sont des minorités opprimées qui souffrent du diktat des blancs et ça, ça-change-tout (les personnages du Prince de Bel Air sont opprimés dans leur palace avec des piliers en marbre - et d'ailleurs, notez bien que leur majordome est NOIR ! Les personnages du Cosby Show, eux, sont opprimés dans leur apart' de douze pièces en plein centre de New York. Je pleure de rage à chaque fois que je regarde ces deux séries, face à tant d'injustices).

 

Alors bien sûr, dans l'une comme dans l'autre, il n'y a pas non plus d'asiatiques ni de portoricains (ni d'inuits non plus, j'ai vérifié), qui sont des minorités opprimées aussi, mais... euuuuhhh... non, c'est pas raciste quand même, parce que... euuuhhhh... c'est pas pareil ? !

 

 

Bon et puis on est tous d'accord, hein : la grossophobie, c'est mal. Bon, après, y'en a pas un (ou une) seul(e) d'entre nous qui accepterait de sortir avec une personne un peu forte sans y être obligé, hein, ou à moins d'avoir un coup dans le nez, mais c'est parce que "ça ne colle pas sur le plan de la personnalité", bien sûr, quoi d'autre ? Celles et ceux avec qui ça colle sur le plan de la personnalité sont comme par hasard toujours sveltes et bien gaulés mais ça, c'est pas notre faute ! C'est pas de la grossophobie, c'est juste une GROSSE coïncidence (mais on peut être amis, si tu veux, Ô, être peu gâté par la nature sur le plan morphologique, mais néanmoins très sympathique malgré tout !).

 

Ceci étant, vous l'avez compris, j’ai conscience que je suis un salaud et j'essaie de changer, de me mettre à jour niveau "système de valeur", histoire de pouvoir moi aussi intégrer le camp des gentils et pouvoir donner des leçons aux méchants sans en recevoir en retour ; mais c'est pas toujours simple avec toutes ces nouvelles notions sophistiques et contradictoires, parce qu'on ne sait jamais trop bien ce qui y relève de la pensée rationnelle ou de la folie furieuse. Alors je me demandais, juste : si les blancs qui écrivaient Friends avaient développé des personnages blacks, est-ce que ça n'aurait pas été une forme d'appropriation culturelle ? Genre du whitesplaining ? Des blancs qui prétendent savoir expliquer aux blacks ce que c'est que le quotidien des blacks ? Du coup, les auteurs de Friends ne mettent pas de perso blacks dans leur série, ils sont racistes, ok. Mais s'ils en avaient mis, ils auraient été racistes aussi. Ils auraient pu se licencier eux-mêmes et engager des scénaristes black à la place, mais l’ont-ils fait ? NON votre honneur ! Non, ils ne l’ont pas fait ! Si ça, ça ne prouve pas objectivement qu'ils sont racistes, je ne sais pas ce qu'il faut aux gens, moi.

 

Alors par contre, juste, ça me gêne un peu, si on pouvait trouver un autre terme pour désigner l’action qui consiste à pendre un individu à un arbre à cause de sa couleur de peau ou de le vendre sur un marché comme une bête de somme, ce serait plus décent, je trouve, parce que je ne crois pas que les gens qui y ont un jour laissé la vie apprécieraient qu'on mette leurs souffrances sur un pied d'égalité avec "ne pas inclure de personnage de couleur au casting d'une série de divertissement humoristique".

 

Mais hé, qui suis-je pour oser la ramener, moi qui suis blanc comme le cachet d'aspirine d'Elric le Prince de Melnibonë ?

 

 

 

- 19 janvier 2018 : puisqu'on en parle, ça tombe bien, AJ+ (entité de la chaîne AljazeeraTV) consacre un reportage à « pourquoi c'est grave, l'appropriation culturelle ».

 

Une femme d'origine maghrébine qui travaille, ne porte pas de voile, s'exprime en langue française via un média occidental et passe à la télévision (sans que visiblement sa vie n'en soit menacée) nous apprend pourquoi c'est grave de s'« approprier » des éléments de la culture d'autrui, faisant ainsi fi de plusieurs millénaires de brassages humains, génétiques, culturels, qui ont constitué la Grande Histoire et ont permis à l'humanité d'avancer (un peu), préférant pour sa part ajouter aux frontières dessinées sur les cartes un surplus de frontières mentales, arbitraires, afin de s'assurer que les communautés ne se rejoindront jamais et resteront bien chacune dans leur coin à se haïr mutuellement.

 

On ne fait pas que t'opprimer au quotidien, individu d'une minorité sociale évidente, on cherche aussi à te déposséder de ce qui définit ton identité culturelle. Te déposséder de tes tresses, c'est se rendre maître de tout ce qui fait de toi ce que tu es. Parce qu'il te reste quoi, culturellement, si on te prend tes tresses, hein, le noir ? Ben rien, c'est bien connu, la culture black se réduit à une coupe de cheveux, tout le monde sait ça dans les milieux non-racisants.

 

Moi, là, comme ça, à brûle pourpoint, je trouve ça d'un racisme larvé absolument dégueulasse, mais c'est parce que je ne suis pas un Millenial, je ne peux pas comprendre toutes les subtilités du monde des gens qui sachent. J'essaie, vraiment, mais j'ai beau faire, je me heurte à mes blocages de vieux con réactionnaire. Par exemple, je sais bien que je ne devrais plus utiliser les chiffres arabes (à commencer par le zéro) et poser toutes mes divisions en chiffres romains mais rien que d'y penser, ça me colle des crises d'angoisse. Remarque, les arabes non plus ne pourront plus les utiliser vu qu'ils les avaient piqués aux Indiens.

 

 

Et puis je devrais arrêter de dire « mes ancêtres les gaulois », aussi, vu que le seul descendant de gaulois qui reste en France et dont l'héritage génétique ne fait aucun doute, c'est José Bové. Oui, c'est un peu compliqué, ces histoires d'appropriations culturelles. Comme je vous le disais, je maîtrise pas tout, encore, mais j'y travaille.

 

 - 29 septembre 2017 : sortie de Cuphead sur PC et Xbox One.

 

 

La polémique ne se fait pas attendre. Le graphisme si particulier de ce platerformer sans pitié serait raciste. Non pas parce qu'il comporterait des éléments racistes, non, enfin, lecteur, ce que tu peux être premier degré par moments, mais parce qu'il serait inspiré d'un vieux dessin animé comportant des éléments racisants.

 

28 janvier 2018 : Dragon Ball Fighter Z sort en fanfare et fait l'unanimité.

De toute évidence, tout le monde a oublié Monsieur Popo.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voilà donc grosso merdo à quelle profondeur nous étions tombé en début de semaine dernière.

 

Sans plus tarder, donc, il est temps de continuer à creuser :

 

 

- 1er février 2018 : la conservatrice d'un musée de Manchester fait décrocher une toile préraphaélite au motif qu'elle présente des corps de femmes dénudées mis en scène « de façon passive-décorative ».

 

 Et en plus c'est trop moche.

 

A la place, l'espace est laissé libre pour que les visiteurs puissent coller des post-it, sur lesquels ils auront écrits leurs réflexions sur la place du sexisme dans l'Art - afin, soi-disant « d'ouvrir le débat » (et quel progrès intellectuel, mes amis ! Avant, on ouvrait le débat en… euuuhh… ouvrant le débat, mais c'était laborieux, les gens argumentaient et contre-argumentaient, ça durait des plombes, on n'en finissait plus, c'était so 2017. Alors que maintenant que la vérité tient en 140 caractères, on gagne du temps et puis on se fâche moins parce qu'on est tous d'accord et que ceux qui ne le sont pas ils ont qu'à fermer leur gueule d'abord sinon on les fait virer de leur fac).

 

Par ailleurs, le décrochage du tableau est présenté comme faisant partie d'une "performance artistique" (lol) qui donnera lieu à une exposition dans ce même musée en mars. Et ça par contre c'est fascinant parce qu'avant, pour être un artiste, il fallait peindre. Alors qu'aujourd'hui, il suffit de décrocher le tableau des autres. C'est donc bien vrai qu'en chaque Millenial, il y a un génie qui sommeille (et qu’est-ce qu’il ronfle, putain, le saligaud ! On n’entend plus que ça !) ? ! Non parce que techniquement, décrocher un tableau, c'est à la portée d'à peu près tout le monde et ça, c'est une bonne nouvelle parce que ça veut dire que l'art se démocratise et qu'il n'est plus l'apanage de vieux croûtons blancs ci-genres qui se sont cassé les gonades oppressives à apprendre des techniques bidons de dans le temps. C'est pourquoi je propose qu'on poursuive sur cette saine lancée en prenant plein de bouquins au hasard et en les cramant sous l'Arc de Triomphe. Bien sûr, le tout sera filmé et fera partie d'une exposition à Beaubourg en juillet. Hé ouais, leçon de vie, les gens.

 

C'était pas d'humanité, qu'ils manquaient, les nazis. C'était de webcams.

 

Pendant ce temps, France 4 diffuse un reportage dans lequel un poisson de trois centimètres (dont le cerveau doit faire à peu près le millième de celui d'une conservatrice de musée) se livre à une performance autrement plus artistique que le décrochage d'un tableau. Bon ok, c'est pour niquer, mais même ! ça reste plus classe que de casquer au restaurant pour pouvoir s'envoyer en l'air.

 

Après, pour en revenir à notre histoire de tableau, si l'on peut me permettre un chouia de mauvais esprit, je dirais que faire disparaître l'objet du débat pour amener à en débattre, ça me paraît un tantinet contre-productif, comme démarche. Genre : "et alors aujourd'hui, je vous propose de tous débattre au sujet du tableau que vous avez tous sous les... euuuhhh... attendez, non, c'est vrai, on l'a enlevé. Bon alors, euuuh... à la place, je vais vous le décrire et... euuuhhh... vous l'imaginerez dedans vos têtes... ou non, tiens... Gontrand va vous distribuer des repro de l'oeuvre, voilà, oui... des repros couleur sur papier glacé... fais-en 350, Gontrand... et distribue-les à tout le monde, hein...". Comme quoi, y'a des musées qui gagneraient à être comme certains aliments : sans conservateurs (badum tsss !) (humour non oppressif, n'empêche).

 

Bon et puis tant qu'à ouvrir le débat, soi-disant, on pourrait commencer par se demander si la femme elle-même ne devrait pas donner l'exemple en cessant de passer des heures devant la glace à faire de son corps une oeuvre passive-décorative, ou d'investir chaque mois plusieurs centaines d'euro pour se mettre en valeur à la manière d'un peintre préraphaélite (quand bien même en a-t-elle tout à fait le droit. Moi, perso, elle fait ce qu'elle veut, je m'en bas les steaks) ; mais ça risquerait d'ouvrir un vrai débat d'avant 2018, ceux où tout le monde n'était pas forcément d'accord avec tout le monde, ou de dépasser le stade confortable de la réalité en noir (ça, ça va encore) et blanc (ouuuh, cochons racistes, ça, par contre). Selon la formule consacrée : Y'en a qui ont essayé (coucou, l'Odieux Connard !), ils ont eu des problèmes. Faut dire, aussi, pourquoi le Millenial se ferait chier à argumenter alors que dans la mesure où il a raison, ceux qui sont d’accord avec lui sont subversifs, et ceux qui ne sont pas d’accord sont réactionnaires. 

 

 

- 1er février 2018, toujours (et quelle douce ironie, ma foi)  : la justice française examine enfin la plainte déposée en 2011 par un utilisateur de Facebook, suite à la censure d'un post reproduisant la toile "l'Origine du Monde (bien connue des anciens de la communauté Gameblog pour des raisons semblables).

 

 

Vite, vite, l'internaute ! Haro sur le Sopalin !

 

Son avocat déclare que « censurer ce tableau, qui est aussi un hymne à la liberté de créer, c’est une attaque contre la démocratie, contre la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Si Facebook a une vision différente de celle qui est contenue dans les textes de loi sur la liberté d’expression, il n’a pas à l’imposer ».

 

Aussi ne saurions-nous trop conseiller aux représentants de Facebook de prétendre avoir supprimé ce post au motif qu'il présentait le corps d'une femme dénudée de façon « passive-décorative » (qui plus est les jambes écartées, ce qui est vachement passif-décoratif, pour le coup), que c'était pour "ouvrir le débat" et que cela s'inscrit dans le cadre d'une "performance artistique", que la suppression du post a été filmée et qu'elle fera l'objet d'une diffusion à l'échelle mondiale lors de la journée internationale de promotion de l'Art Libre et Démocratique (avec une petite animation musicale y intégrant les photos de vacances des utilisateurs). ça devrait passer crème.

 

 

Où se situe la différence, alors ? Le préraphaélisme serait d'un sexisme insoutenable, et le tableau de Courbet, un hymne à la liberté de créer ? C'est Jacquie et Michel qui vont être content de l'apprendre. Pour un peu, ils étaient à deux doigts de... euuuh... non, oubliez la formulation avec les doigts, je vais essayer d'en trouver une autre plus... moins... euuuhhh... passive-décorative. Pour un peu, donc, ils envisageaient de porter plainte contre les peintres préraphaélites pour concurrence déloyale. Parce que c'est bien connu, hein : les gens ne fréquentent les galeries d'art que quand les strip-clubs sont fermés, comme palliatif, juste pour se chauffer le zizi, et il est plus facile pour eux de se pougner sur du préraphaélite que sur du Courbet. Décidément, ces intellos ont tous les vices.

 

Cela ne leur suffit donc pas, d'aller à l'opéra pour applaudir le meurtre d’une femmes ? 

 

 

- 1er février toujours : depuis un peu plus d'un mois, la France redécouvre les violences conjugales et pourquoi c'est grave.

 

 

 

Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint depuis des décennies, hélas, et on ne compte plus les assoc' qui se sont battues sur le terrain durant tout ce temps pour venir en aide aux victimes de violence, allant jusqu’à mettre leur propre sécurité en jeu, mais il a fallu attendre fin 2017 pour que tout à coup, cela devienne un problème d'intérêt public (puisque retweetable), et plus une vague statistique dont tout le monde s'osef.

 

L'occasion pour le tout-venant des sites sponsorisés de ressortir leurs vieux articles clicbait et cashtonner sur la souffrance du monde (il n’y a pas de sot métier, dit-on, il n’y a que de sottes gens. Ce qu’on ne dit pas, c’est que les sottes gens se comptent par paquets de dix mille). Cette indécence ne suffisait pas, bien sûr, c’eut encore été trop décent, et par conséquent pas assez vendeur. On est en 2018, bordel. La déontologie, c’est devenu un gros mot.

 

Les violences domestiques, c’est bankable, coco, comme tous les faits divers sordides, mais si tu veux vraiment faire un carton, va falloir en rajouter une couche dans le tragique et le sensationnaliste ! Quoi, coco ? « Est-ce qu’on ne risque pas de donner aux gens une idée fausse du problème et d’entretenir des clichés nuisibles à tous les niveaux de la société » ? Ha ha, t’es un marrant, coco, je t’aime bien, toi. Pourquoi tu crois qu’ils cliquent, les gens ? Tu veux manger à ta faim ce mois-ci, ou pas ?

 

"En France", titre notamment Slate, "on meurt parce qu'on est une femme". Pas parce qu'on a un conjoint déséquilibré et dangereux, non. Juste parce qu’on n’a pas enseigné aux petits garçons à respecter les petites filles, tu penses. Le même conjoint déséquilibré, en couple avec un autre homme, il serait doux comme un agneau. Et d’ailleurs il ne tape jamais non plus sur d’autres hommes quand ils le regardent de travers dans la rue, ou au bar, ou dans les gradins du stade. Il aide même les petites vieilles à traverser. C’est vraiment parce qu’il a une femme en face de lui qu’il frappe. Sans ça, comment expliquer qu’il n’y ait que les femmes qui soient victimes de violences conjugales, ou qu’il n’y ait jamais d’agressions sauvages d’hommes dans la rue ? Qu’est-ce qu’il y a, coco ? T’as quelque chose à dire ? Non ? C’est bien ce qu’il me semblait.

 

Alors pardon, je sais, je casse un peu l’ambiance, on rigolait bien et puis là, patatra, ça vire au brulot mais à sa grande tristesse, le Comte Zaroff est aussi un être humain, ce qui implique que certaines choses peuvent lui rester coincées en travers de la gorge (généralement : d’autres êtres humains, mais c’est une autre histoire). Parce qu’autant on ne peut que se réjouir que les langues se délient, qu’on aborde les problèmes de façon frontale, enfin, qu’on leur accorde de l’importance, oui… autant dans les faits, si ça doit juste se concrétiser par des chaînes Facebook (utilité : zéro, mais ça donne bonne conscience) ou des individus qui ne s’intéressent aux faits que pour voir jusqu’où ceux-ci peuvent légitimer leurs convictions personnelles, autant laisser les assoc’ et la police continuer leur boulot comme avant, hein.

 

Parce que bon, je suis pas psychologue, hein, mais j’ai quand même un scoop : c’est pas parce que le mec qui bat sa femme il va voir passer sur Twitter un montage Paint avec inscrit dessus « taper sa moitié, c’est se taper soi » qu’il va se dire « bon sang mais c’est bien sûr ! Comment ne m’en suis-je pas rendu compte plus tôt ! Tout ce temps, je lui faisais mal et je ne m’en rendais pas compte ! Si seulement à l’école, on m’avait enseigné que taper sur les filles c’était pas bien ! Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi mes parents m’ont-ils emmené voir Carmen à l’opéra quand j’avais douze ans ? ! ».

 

Et de la même façon, en s’attaquant à un problème en le prenant non pas pour ce qu’il est, mais pour ce qu’on voudrait qu’il soit, on ne risque pas de régler quoi que ce soit - ou bien il faut tout de suite prévenir les médecins généralistes, qu’ils arrêtent de prescrire des antibios en cas de grippe, et proposent plutôt une amputation des doigts de pied. Alors, non, coco, on « ne meurt pas parce qu’on est une femme ». Il y a des femmes qui meurent, oui, et c’est déjà bien assez dégueulasse comme ça sans que tu viennes en rajouter. Oui, il y a plus de femmes que d’hommes qui sont victimes de violences conjugales. Mais ce n’est pas la même chose, loin s’en faut. Être une femme n’est ni le mobile de ces meurtres, ni leur cause première, pas plus que ce n’en est une conséquence. Il faut lutter contre la violence conjugale, point, voire contre la violence tout court. Quand on veut traiter un problème, on le traite dans son ensemble, on ne s’empare pas d’une petite partie de celui-ci pour essayer de la régler en loussedé parce que même si on y arrive, le problème, lui, subsistera.

 

Mais tu as raison, Jean-Eudes, c’est moi qui n’ait rien compris, c’est moi le monstre. Continue de tout mélanger, de tout amalgamer, juste pour te coller le grand frisson du Super Héros Marvel par procuration. Et continue aussi de croire tout ce que tu lis sur les réseaux sociaux, tant que t’y es, et de les laisser façonner ta vision biaisée de la société dans laquelle tu vis et dont tu profites, quelle que soit ta putain de couleur. Comme ça, pareillement, au lieu de t’atteler à régler les problèmes de façon rationnelle et efficace, tu perdras déjà cinq ou six ans à réinventer la roue – ou plus explicitement : à préconiser ce qui se fait déjà.

 

Pour preuve : le grand référendum public lancé par Make.org, à la manière des post-its de la conservatrice du musée de Manchester (parce qu'au cas où vous n'auriez toujours pas pigé, les grandes vérités sociétales tiennent en 140 caractères) :

 

Là encore, une initiative plutôt louable - même si le but premier est de faire connaître cette toute jeune start-up, ça ne peut pas faire de mal, c’est toujours bien d’en parler et c’est toujours mieux que pas d’initiative louable du tout. Mais enfin, il en ressortira quoi ?

 

Non parce que j’ai peut-être pas eu de bol au moment du tirage au sort mais tout ce que j’ai lu comme proposition était soit d’une naïveté criminelle (« il faut apprendre aux hommes que les femmes sont leurs égales »), soit fondées non pas sur la réalité, mais sur une idée caricaturale de la réalité vraisemblablement entretenue par les « esprits libres » d’internet, ceux qui arrivent toujours à râler quel que soit le sujet comme quoi on nous ment et on nous spolie (« il faut que les policiers prennent les plaintes des femmes battues au lieu de les ignorer », « il faut que la justice condamne les meurtriers au lieu de les relâcher au bout de six mois ». Putain mais oh. C’est bon, au bout d’un moment. Les chansons de Booba, c’est pas des documentaires. D’ailleurs par les temps qui courent, même les documentaires, c’est pas des documentaires, alors c’est bon, si tu trouves que les flics ou les magistrats font pas leur boulot, deviens flic ou magistrat, ou au moins va faire un stage chez eux, ou au moins renseigne-toi avant de poster ce genre de conneries. Et quand j’écris « renseigne-toi », je sous-entends : « ailleurs que sur lemondeestroppourri.com »).

 

Toute cette énergie et cette bonne volonté déployée pour, au final, enfoncer des portes ouvertes ou exiger qu’on fasse ce que l’on fait déjà  (« mais plus »). C’est sûr que le boulot des assoc’, à côté, c’est que dalle. Maintenant qu’il y a Twitter, elles devraient mettre la clé sous la porte. Et sur celle-ci, coller un post-it avec un gros « allez vous faire foutre » dessus.

 

Et puis bon, tout ça, c’est grave, c’est même très grave, mais surtout, que ça ne nous empêche pas de nous précipiter au cinéma le 7 février pour la sortie du troisième volet de 50 Nuances de Grey, hein. La violence et la réification (au sens littéraire, Jean-Eudes) de la femme, c'est un peu comme tout le reste : ce n'est pas un problème si elle est librement consentie et s'il y a éjaculation à la fin. Narmol.

 

 

 Ce qui ouvre un autre débat (attendez, je vais décrocher un cadre dans mon salon) : celui de la limite entre le cyber-militantisme et le divertissement malsain. Mais j’imagine bien qu’on préfèrera : « l’homme est-il un gros violent ? Cochez la case correspondante : « oui », « oui », ou « oui ». Merci de votre participation » (« regardez les chiffres ! Selon ce sondage absolument pas biaisé dans sa formulation comme la plupart des sondages, 100% des personnes consultées considèrent que l’homme est un gros violent ! Et la justice qui s’obstine à faire l’autruche ! C’est scandaleux ! Donne à mon Patreon ! »).

 

 

- Vendredi 2 février : selon le rapport d’une député « La République en Marche » et de sa collègue d'« Agir et Indépendant » (je ne sais pas pourquoi, ces noms de partis, ça me fait toujours marrer, je n’arrive pas à savoir si c’est du troll, du second degré, de la com’ ou s’ils y croient vraiment mais si c’est le cas, leur place est à l’asile), les professeurs seraient déconnectés de la réalité de leurs élèves, ce qui créerait un fossé social et de la discrimination.

 

 

 

Pour y remédier, en substance, elles proposent de… faire un couscous.

 

Enfin, ça, c'était le 31 janvier. Le 2 février, le temps que l’idée fasse son chemin, la mention du couscous a disparu, peut-être parce que quelqu’un d’un peu plus futé dans un cabinet quelconque s’est dit que lutter contre le racisme par le racisme, c’était certes novateur, mais pas forcément la bonne solution non plus parce que bon, même si c’était pas méchant (et proposé sans arrière-pensée, n’en doutons pas), c’est quand même un peu réducteur d’un point de vue culturel.

 

Ceci étant, vous connaissez la chanson : qui suis-je pour juger ? Je suis blanc comme Casper les jours de lessive. Hein ? Quoi ? Comment ? Elles aussi ? Ha oui, merde, c’est vrai. Bon… heuuuu… hum… changeons discrètement de sujet et recentrons-nous, s’il vous plaît.

 

Les profs seraient donc déconnectés de la réalité, ce sont des politiques qui le disent et ok, d’accord, on sait pas trop à quoi ils sont bons, les politiques, la plupart du temps, mais s’il y a bien une chose dont on est sûr, c’est qu’ils s’y connaissent en déconnexion de la réalité, ils la pratiquent au niveau Olympique. Le jour où Morpheus distribuait ses pilules, ils pouvaient pas être là, ils avaient aqua-détournement-de-fonds.

 

Ceci étant, il faut leur reconnaître qu’elles ont bien bossé leur sujet. Elles n’ont pas approché un établissement scolaire à moins de cent mètres, mais qu’est-ce qu’elles en ont lu, des pages Twitter ! Sans ça, je ne vois pas comment expliquer que les trois quarts de leurs propositions soient appliquées depuis des années. Est-ce à dire que les politiques sont déconnectés des réalités des professeurs, et que pour combler le fossé qui les sépare, il faudrait organiser un brunch truffes-caviar ?

 

Non parce que c’est vrai, à quoi ça sert de se renseigner un peu ? On s’adresse à l’électorat, pour qui l’Ecole est là pour former de la main d’½uvre pas chère, étouffer le génie de nos chères têtes blondes, leur enseigner des contre-vérités pour pouvoir mieux les contrôler, les formater, trier les bons et les mauvais, jeter au rebut les contestataires, stigmatiser, briser, brimer, contraindre, mettre plus bas que terre. D’ailleurs l’Education Nationale ne recrute que chez les anciens waffen SS ou les ex-barbouzes de la guerre du golfe. Il n’y a ni médiation, ni rencontres, ni projets personnalisés, ni avs, ni lien social avec les associations, ni soutien, ni humanité, ni heures supp’ bénévoles, rien de tout ça, qu'est-ce que tu crois, ils sont toujours en congé ces grosses feignasses. Dès qu’un élève parle sans lever la main, paf, il est viré et on coupe les allocs à sa famille. C’est des tarés, ces mecs, ils notent les enfants, t’entends ? Quel genre de malade fait ça, sérieux ?

 

Au contraire : il faut apprendre à l’enfant que tout se vaut, c’est ça, la philosophie Millenial. Qu’on travaille ou ne travaille pas, qu’on fasse des efforts ou qu’on n’en branle pas une, que se tienne tranquille ou qu’on foute le ouaille, qu’on écoute l’adulte ou qu’on l’envoie se faire foutre, on est tous égaux, t’entends ! C’est ça, la bienveillance ! C’est apprendre aux enfants à surtout, surtout, ne jamais se fouler le cul ou respecter les autres, hein, c’est trop contraignant, ce sont des usages totalitaristes dignes des pires goulags de la Sibérie. Ok, on les laisse déjà sortir de cours à chaque fois qu’il ont mal au ventre, ou à la tête, ou quand ils ont un cil dans l’½il, même que ça dérange la classe à chaque putain de fois, et peut-être que c’est pas toujours le cas dans les goulags, ADMETTONS. Mais ça reste quand même très oppressif, comme milieu, pour nos enfants. On ne les laisse pas boire quand ils veulent ni utiliser leurs portables en cours. Et puis des fois, on les PUNIT. Alors que bon, oh, je connais bien mon fils, jamais ô grand jamais il ne ferait la moindre bêtise quand j’ai le dos tourné, JAMAIS, alors ap-pe-lez-moi-le-di-rec-teur !

 

Mais hé, on le sait, qu'ils sont oppressifs, les profs, on en a encore eu la preuve objective récemment avec le #Ouiouigate (oui, oui - c'est le cas de l'écrire -, vous ne rêvez pas, c'est un authentique hashtag, à la mesure de nos nouvelles élites intellectuelles), rendez-vous compte ! Un prof ose se moquer ouvertement de ses élèves sous prétexte que ceux-ci n'avaient pas lu le pavé infame DE PLUS DE CINQUANTE PAGES qu'il leur avait arbitrairement imposé (avec des ours qui parlent en plus, mais jusqu'où va la perversité ? !). Ceci, en préparant un faux contrôle, humiliant et discriminatoire (relevant, à mon sens, du pur génie - mais je suis un connard alors mon avis ne compte pas), du sur-mesure pour ces feignasses incultes  et fières de l'être qui, déjà, sans doute, jouent aux grand intellectuels sur les réseaux sociaux... alors que tout bon pédagogue (moderne) aurait pris deux heures de son temps pour leur expliquer en quoi lire est important et en quoi "nique sa mère les ours qui parlent" n'est ni drôle, ni intelligent, ni respectueux de l'ouvrage, de l'auteur, du prof, de son travail et de l'institution. Puis il aurait mis 18 à tout le monde et aurait filé 20 euros à toute la classe pour les remercier d'avoir écouté - un peu. "Et le droit des élèves au respect, alors ?", a-t-on tweeté très fort avec plein de fautes dans les mots (normal, nique sa mère les ours polaires et les livres de plus de cinquante pages). A quoi je répondrai très finement qu'il est comme tout le reste en général, et les DEVOIRS des élèves en particulier : dans mon cul en particulier, et dans celui de la société en général. Parce que ouais, les gens, aujourd'hui, ils sont prompts à invoquer leurs droits, et beaucoup moins à s'acquitter des devoirs qui vont avec, hein. Tu penses, c'est fatigant. On veut bien réclamer, mais rendre en retour ? Non mais ça va pas, sale réac' de merde ? Non et puis surtout, le prof du OuiOuiGate, à un moment, il s'est vaguement moqué des handicapés et ça, c'est pas tolérable (parce que j'ai des  amis handicapés, t'entends ! Je passe ma vie à traiter les gens de triso et d'autistes sur le net, mais chez moi c'est pas oppressif, vu que je suis un Millenial et que je suis dans le camp des bons !). Et pendant ce temps, sans que ça ne dérange personne, le groupe Trisomie 21 s'apprête à remplir le Transbordeur.

 

 

Bref, vu que le rapport va dans le sens de tous les préjugés débiles qui font recette dans les discussions de parents d’élèves, nul doute qu’il va avoir son petit succès et qu’ils seront nombreux, comme France Culture, à s’engouffrer dans la brèche… en demandant, comme ici, s’il ne faudrait pas apprendre aux profs à parler aux parents. Parce que le problème, c’est les profs, hein. Ces petits connards blancs hétéro cis-genre qui vivent dans des châteaux de la Loire. Apprendre aux parents à parler aux profs ? Vous n’y pensez pas, enfin ! L’Education Nationale, c’est comme chez Babou : le client est roi.

 

 

- J'éviterais d'épiloguer sur les chasseurs, qui ont désormais le droit de coller un silencieux à leurs pétoires, parce qu'ils n'abattaient pas assez de promeneurs comme ça lorsqu'on les entendait à deux bornes à la ronde (et du coup, ça les déprimait), ni sur les émeutes dans les Intermarchés pour du Nutella à 1 euros 40, parce que quand même, c’est beau, des gens prêts à se battre pour ce qui leur tient à c½ur. Dommage que ce soit de la pâte à tartiner, et pas la fin des violences conjugales.

 

 

 

Pendant ce temps, ailleurs dans le monde :

 

 

- Vendredi 2 Février, toujours (ça ne s’arrête jamais, les conneries ?) : polémique au sujet, tenez-vous bien… du pull d'hiver de l'équipe de Norvège de ski. Et ouais, carrément. Là on est dans du grand combat d’idées, c’est clairement pas la même. Et tout ça pour quoi ? Parce que sur le pull en question figure une rune nordique jadis récupérée par l’imagerie nazie (et néo, itou).

 

Parce qu’on veut bien chialer quand Miley Cyrus se fait des tresses, hein. Par contre, quand un peuple veut légitimement se réapproprier la culture dont il a jadis été dépouillé par des mabouls, ça chiale aussi.

 

 

Il va vraiment falloir qu’on m’explique une bonne fois pour toutes comment ça marche, cette histoire d’appropriation culturelle. Je suis curieux.

 

 

 

 

- Samedi 3 Février : colère des « grid girls », évincées des circuits de Formule 1 où elles avaient coutume de compter les tours en tenue sexy.

 

Il faut dire qu’à l’heure de #balancetonporc, certaines professions font plus tâche que d’autres, alors pour ne pas faire de vagues, on suit le courant et advienne que pourra. Du coup, ben, tant pis pour ces miss, elles feront autre chose de leurs dix doigts et de tout ce qui va avec.

 

Et moi qui croyais naïvement qu’avec le Féminisme (le vrai, hein, pas celui sur Twitter), la femme avait gagné le droit de disposer de son corps comme elle l’entend ?

 

 

Comme elle l’entend, oui, mais seulement si elle l’entend comme les féministes d’aujourd’hui. C’est beau, la non-oppressivité, quand même. Quelle avancée sociale. A croire qu’il en va des causes comme de la terre elle-même : si on avance jusqu’au bout, on revient à son point de départ.

 

Bon, finalement, aux dernières nouvelles, ils ont décidé de les remplacer par des enfants (qu'il est illégal de faire travailler, mais ce n'est qu'un détail).

 

 

A venir :

 

 

- 17 février : Autre avancée sociale du même acabit, et non des moindres, cette belle initiative du collectif Mwansi : une projection du film Black Panther non mixte réservée aux noirs, pour leur permettre d'échanger sur leur condition de racisé sans pression ni se sentir jugés (parce que c’est sûr que les blancs qui vont se taper les deux heures de film sont ceux qui ne peuvent pas voir un black en peinture, évidemment).

 

 

Et alors ça, par contre, franchement, c’est une très bonne idée, je ne vois pas bien ce que le Licra trouve à y redire. Au contraire, c’est très bien que les noirs aient des espaces à eux dans lesquels ils peuvent être ensemble et confronter leurs expériences sans qu’un blanc ne vienne leur faire de réflexions désobligeantes. Il faudrait étendre ça à d’autres lieux publics.

 

Par exemple, on pourrait imaginer un espace non-mixte pour les noirs au fond des bus, des logements non-mixtes en périphérie des villes et des débouchés professionnels non-mixtes dans les champs de coton. Après, voilà, ça choque des gens, mais est-il besoin de préciser la couleur des gens que ça choque ?

 

Tout ça parce qu’eux, quand ils se réunissent entre eux et excluent toute autre pigmentation que la leur, généralement, c’est pour enfiler des cagoules pointues et chasser le métèque. Mais hé ! Faut pas non plus qu’ils prennent leur cas pour des généralités ! On peut très bien exclure tout ce qui ne nous ressemble pas et est susceptible de ne pas être d’accord avec nous sans pour autant faire preuve de discrimination ! Eux, ils sont blancs, donc ils sont racistes ! Mais comme le racisme anti-blanc n’existe pas, la réciproque ne peut pas être vraie. Et oui, l’internaute. C’est logique, enfin.

 

 

Comment ça, « sauf que du coup, l’accès est également interdit aux asiatiques, au portoricains et aux inuits (j’ai vérifié), et par conséquent c’est bien du racisme quand même » ? Mais… euuuh… attendez, je vérifie mes fiches… euuhh… ça existe, le racisme anti-jaunes, déjà ? Et le racisme anti-aye-caramba ? On en est sûr, au moins ? C’est que bon… ils ne m’ont pas l’air très opprimés non plus, quoi… euuuh… bon, je demanderai à Chef Twitter à l’occasion. Mais pas maintenant. Il est très occupé. On vient de choper une grid girl en pull norvégien au premier rang lors d’une représentation de Carmen, il faut qu’on la fasse exclure de sa fac.

 

Non mais voilà.

 

Ce qu’il faut retenir, c’est que ce sera un espace de parole privilégié dans lequel les frères noirs de toutes origines pourront échanger sur un pied d’égalité sans avoir à souffrir de discrimination. Enfin, à part la discrimination inter-pays d’origine ou inter-ethnies, hein, qui est quand même vachement marqué dans la communauté mais… euuuh… bon... ce sera un espace sans blancs, voilà. Comme ça, on pourra tous apprécier tranquillement un bon film hollywoodien, inspiré d’une BD écrite par un blanc et dessinée par un blanc.

 

Oui parce que non, c’est pas un documentaire sur les Black Panthers. Vaut mieux le préciser, y’en a qui pourraient  être déçus.

 

 

- Soon : stupeur dans le milieu théâtral US (et sur les sites fachos de France et de Navarre) : la prochaine Jeanne d’Arc sera noire.

 

 

 

 

Ça, ils vont faire une sale gueule chez les Front-Nationaleux.

 

 

Encore une idée géniale pour lutter contre les a priori (et faire le buzz par la même occasion, mais de façon très involontaire, hein, évidemment, c’est tout à fait fortuit,  qu'est-ce que vous allez vous imaginer, enfin). Bon, on pourrait arguer (comme l’a fait un très bon ami à moi) que ce choix n’est pas très heureux puique Jeanne, rappelons-le, est une fanatique religieuse qui finit cramée à la fin. Historiquement, le parallèle est un peu limite quand même. Le bon côté des choses, par contre, c’est que si l’on s’en tient à la théorie de Muscato, les spectateurs qui achèteront leurs billets viendront pour « applaudir l’immolation d’une femme ». Du coup, il suffira de leur passer les menottes sitôt entrés dans la salle et de les coffrer pour racisme et exaltation de la violence raciale.

 

Alors bien sûr, il est regrettable qu’en 2018, on engage une actrice davantage pour la couleur de sa peau que pour son talent (dont de toute évidence, Condola Rashad ne manque pas), ce qui est quand même un chouïa raciste aussi, mais accordons le bénéfice du doute au directeur de casting et partons du principe qu’il a fait totalement abstraction du coup de pub qui s’ensuivrait au moment où il a arrêté son choix (c’est qu’à force, on en deviendrait cynique dites donc !).

 

Et puis tant qu'on y est, c'est dommage qu'ils n'aient pas plutôt pris une grosse, ça aurait été encore mieux. Mais bon, on ne peut pas tout avoir non plus. Cette version sera antiraciste, mais grossophobe. ça aurait pu être pire (genre le contraire). Tant pis si ça fait râler quelques vieux fachos réactionnaires, sous prétexte que ça ne colle pas trop à la réalité historique : heureusement, les Millenials ont davantage d’ouverture d’esprit, ils en ont terminé avec ces clivages archaïques, ils ne pourront que saluer cette décision courageuse.

 

Pas sûr, par contre, qu’ils ne râleraient pas comme des vieux fachos réactionnaires si on collait Francis Huster dans le rôle de Nelson Mandela ou de Martin Luther King, mais bon, comme j’ai l’honnêteté de le reconnaître plus haut, je pige vraiment pas comment ça fonctionne, l’appropriation culturelle. Comme dirait Jean-Eudes :

 

 

Et voilà, je crois qu’on a fait le tour. Ou disons que je suis certain que non, mais que je vais m’en persuader quand même parce que j’en ai ras-le-bol et que c’était vraiment une idée à la con. En tout cas, une chose est sûre, je tiendrais jamais un rythme hebdomadaire, y'a des nouvelles conneries qui tombent toutes les trois minutes, c'est infernal, j'ai déjà trois jours de retard sur mon planning de publication initial.

 

A une prochaine, donc, et dans l’attente, n’oubliez pas :

 

« ne changez rien, changez les autres. C’est pas du fascisme tant qu’on porte pas des vestes en cuir ».

 

 

Hé ouais les gens.

 

 

 Heureusement que la bêtise peut être rafraichissante, également. ça équilibre un peu.

 

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Carré d'Or - Les Incontournables

L'AVENTURE AVEC UN GRAND ZZZZZZZZZZZZZZZZZZ !!!!

 

 

Le fond :

 

Un coeur serré. Brisé. Calcifié. Dévasté.

Une âme déchirée. Avilie. Repentante.

Un regard fixe, perdu dans l'horizon.

Un regard qui jamais ne se détourne.

Et au-delà...

Que voit-il ? Que guette-t-il ? Que cherche-t-il qui n'ait pas été anéanti, mis en pièce, piétiné ?

Reflet en négatif sur ses pupilles : un monde en miniature, plus grand qu'un millier d'étendues sauvages, un monde peuplé d'êtres fantastiques, démesurés, d'êtres incompréhensibles qui ne sont plus, qui n'ont peut-être jamais été, d'êtres qu'on a terrassés pour revoir un sourire, pour réentendre une voix. De ces colosses qui font les peurs d'enfants et les rêveries de grandes personnes.

On est toujours sur console, oui. Seulement on ne joue plus, ici. On vit. On vibre. On change, peut-être, comme ce guerrier dont la peau ternit un peu plus à chaque nouvelle victoire.

Car sont-ce bien des victoires ? Et n'est-ce bien qu'un jeu vidéo ?

Peu importe la réponse, une seule chose est certaine : lorsqu'on veut aborder Shadow of the Colossus, on ne prend pas la plume à la légère. Il faut être lyrique, inspiré, laudatif, épique, sensible, enthousiaste, écorché.

Il faut pouvoir dire le vide, et l'absence, et la solitude, et la vanité, et la fatuité, et le déchirement de l'existence, et la difficulté des choix, et le silence des nuits, et les ombres de la culpabilité.

On ne peut pas se contenter d'aimer Shadow of the Colossus.

On ne peut pas se contenter de le tester.

Il faut lui rendre hommage.

Aussi ne ferons-nous pas exception, en donnant la parole au principal intéressé et publiant des morceaux choisis de son journal de quête.

 

Attention, donc : explicite lyrique !

(ou pas).

 

 

Lundi 25 pluviose 989 :

 

Cher journal,

Aujourd'hui, c'est décidé, je pars à l'aventure.

Je suis fin prêt.

J'ai découpé le paillasson ethnique de la cuisine pour m'en faire un poncho, je me suis armé d'un couteau Ginzu 2000 à 19 euros 99 (seulement. Prix maximum conseillé. Livré dans son étui nacre pour toute commande passée dans la journée), j'ai piqué le vieux percheron obèse qui broutait les chardons dans le champ d'à côté, j'ai semé le vieux Robert, son propriétaire, et je suis parti pour un monde meilleur. Avec moi, j'emmène la dépouille de ma douce et tendre, partie elle aussi pour un monde meilleur, mais plus loin, pour un problème de sèche cheveux défectueux. Car f*ck les lois de l'univers ! Je la ramènerai parmi nous, coûte que coûte ! Elle est partie trop tôt : elle n'a pas fini la vaisselle, et je n'ai pas compris si je devais séparer le blanc des couleurs quand je lave à 40°.

J'ai de la viande séchée dans ma besace (car elle n'était plus là pour me la cuire, régler le frigo à la bonne température et, surtout, payer les factures EDF), un arc fabriqué avec les restes de son étendoir à linge et une vieille carte découpée dans RPGMagazine, censée conduire à un endroit oublié des dieux et des auteurs du Guide du Routard, là où les anciens mythes peuvent devenir réalité (comme ils disent dans la brochure) (où bien était-ce une pub pour Disneyland Paris ? J'ai comme un doute, tout à coup).

J'aurais bien emporté ma 3DS, aussi, mais vu l'autonomie, je n'aurais pas posé un pied sur le palier qu'il m'aurait déjà fallu faire demi-tour pour la recharger.

Or je ne ferais pas demi-tour.

Ne cherchez pas à me retenir, je suis déjà en route. Ou pas loin. Dès que j'aurais compris comment on ferme à clé.

Elle aurait pu me laisser un tuto, quand même, cette radasse.

 

Vendredi 22 Ventose 989 :

 

Cher journal,

Je suis arrivé.

Le trajet n'était pas de tout repos : au bout d'un moment, il n'y avait plus d'autoroute et de toute façon, l'autoroute à dos de percheron, c'était pas forcément l'idéal non plus (même si tout le monde me faisait la fête en me klaxonnant avec gentillesse - comme quoi les aventuriers, ils sont solidaires, ça fait plaisir).

Bon gré, mal gré, j'ai franchi des précipices vertigineux pleins de gentils oiseaux à long cou qui vous tournent autour tellement ils vous aiment bien, dormi dans des forêts pleines de gentils chiens qui vous mordillent les jambes pendant que vous dormez pour vous souhaiter la bienvenue, traversé des marais boueux pleins de gentilles limaces qui vous sucent le sang pour pas que vous en ayez trop non plus, j'ai même traversé le pont d'Avignon (je crois, vu l'état du pavage, ça ne pouvait être que ça). Et du coup, je me dis : c'est bien la dernière fois que je sélectionne l'option « itinéraire économique » quand j'imprime mon trajet sur Via Michelin.

Mais bon, finalement, je suis arrivé dans un immense temple en ruine, plutôt cossu, bien exposé mais pas bien isolé. Une galère à chauffer, le truc. Pas étonnant qu'on n'y trouve plus personne. Aucun de ceux qui vivaient là n'a dû passer l'hiver.

Enfin...

Avec d'infinies précautions, j'ai étendu le corps de ma compagne sur une couche de pierre à l'entrée, en veillant bien à ne pas trop l'exposer au soleil (des fois que ce que j'aurais pris pour une « couche de pierre à l'entrée » soit en réalité un barbecue solaire. C'aurait été ballot).

C'est alors qu'une voix s'est mise à parler dans ma tête, dans une langue étrange que j'ai plutôt bien comprise grâce aux sous-titres (dans ma tête aussi, une bien belle invention) - ce qui n'aurait peut-être pas été bon signe dans d'autres circonstances, mais se révèle plutôt encourageant ici. Elle m'a confié que si je tuais les colosses qui règnent sur ce royaume oublié des dieux et des navigateurs de Costa Croisière, en échange, la vie de ma promise lui serait rendue.

Et donc la vaisselle serait faite.

Aussi, pas d'hésitations à avoir. J'enfourche donc mon percheron, que j'ai nommé Agro (parce qu'il est gros, que Twilight Sparkle c'était trop long et que j'ai l'imagination d'une brique), et je me lance.

 

Samedi 23 Ventose 989 :

 

Cher journal,

Je n'ai rien trouvé.

Sans doute n'ai-je pas cherché dans la bonne direction. Tant pis, qu'à cela ne tienne, je recommencerais demain. En tout cas, quel sentiment enivrant, que de pouvoir arpenter ces étendues vierges et magnifiques en compagnie de ma fidèle monture, seuls, elle et moi, en symbiose silencieuse (mais c'est surtout elle qui arpente, en fait. Moi je me contente de lui donner des coups de pieds dans les cotes, comme j'ai vu qu'elle faisait Alexandra Ledermann à la télé).

Je suis parti à l'aventure, c'est sa grande soeur que j'ai trouvée.

Ce soir, je me couche heureux et exalté.

J'ai juste un peu froid aux orteils.

 

Mercredi 27 Ventose 989 :

 

Cher journal,

Aujourd'hui encore, je n'ai rien trouvé.

Ce royaume oublié des dieux-qui-donnent-des-informations-claires l'est aussi des syndicats d'initiatives et des panneaux indicatifs, c'est bien ma veine. Du coup, avec bobonne en grève de la vie, je dois me débrouiller par mes propres moyens - et ça, c'est tout nouveau pour moi. Résultat des courses : j'ai vu des déserts, j'ai vu des sous-bois, j'ai vu des « chutes d'eau argentées dont les fines gouttelettes coloraient l'atmosphère de mille nuances pastels » ™, mais côté colosses, c'est comme à Rhodes : on cherche encore.

A un moment, j'ai bien cru en avoir déniché un mais c'était une montagne, en fait. Ben oui, je sais, c'était idiot, mais c'est facile de se tromper, aussi. Je voudrais vous y voir. Il y a de quoi se sentir bête, à frapper pendant une bonne demi-heure sur du caillou 100 % pur caillasse avec mon Ginzu 2000 élimé (publicité mensongère. Si je retourne un jour à la civilisation, Pierre Bellemare, je le crève !).

En conséquence de quoi suis-je en train de m'interroger : l'ai-je vraiment entendue, la voix dans le temple - et si oui, ne s'est-elle pas un peu foutue de ma gueule sur les bords ? Parce qu'un colosse, ça devrait se voir de loin, bon sang, c'est un peu le concept.

Pourvu que je ne sois pas en train de perdre la raison, parce que je n'ai pas pensé à en emporter une de rechange.

C'est que je trouve qu'elle a une drôle de façon de refléter la lumière, mon épée.

 

Vendredi 29 Ventose 989 :

 

Cher journal,

Je me demande ce que sont ces petits autels qui jalonnent mon chemin. En tout cas, j'aime m'y arrêter pour chasser le lézard. C'est qu'attention, c'est teigneux, le lézard. Une seule seconde d'inattention et ça peut vous pincer la peau très fort, et après vous avez des rougeurs et tout. Et puis ça court très vite.

Ce n'est peut-être pas l'épopée élégiaque dont je rêvais, mais bon, ça divertit son homme, c'est l'essentiel.

Et accessoirement, ça cale la dent creuse.

 

 

Lundi 03 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Je m'ennuie.

 

Lundi 10 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Au risque de me répéter, je m'ennuie sévère.

Et je commence à avoir faim.

Les queues de lézard et les noix de coco, ça va un moment, mais je suis venu pour la grande aventure, moi, pas pour faire Koh Lanta.

Pour un peu, j'en arriverais presque à regretter que la couche de pierre à l'entrée du temple ne fasse pas barbecue solaire.

Et quand je regarde Agro dans les yeux, va savoir pourquoi, je vois un steak. C'est qu'il vaut mieux avoir l'étalon dans l'estomac que l'estomac dans les talons, comme il disait Pépé.

Mais est-ce que c'est aussi valable pour les percherons ?

L'avenir me le dira peut-être.

 

Mardi 11 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Grande nouvelle !

J'ai cru voir bouger un truc. Mais non, en fait.

Pas grave, ça m'a quand même fait une poussée d'adrénaline.

Pour ne pas que le feeling retombe tout de suite, j'ai fais un peu de horse-surfing à la Legolas, debout sur le dos d'Agro, en tirant des flèches dans le vide. Il a beaucoup aimé, d'ailleurs, je crois. Il hennissait de plaisir tout le long. Alors j'ai fait durer jusqu'à ce qu'il s'écroule de bonheur. Et quelle fière allure il a, maintenant, avec l'empreinte de mes mocassins sur le dos.

 

Pas la peine de jouer les offusqués.

On l'a TOUS fait un jour ou l'autre. TOUS !

 

Mercredi 12 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Non, rien.

 

Cher journal.

Je m'ennuie tellement que j'utilise Microsoft Paint pour mes photomontages.

Au secours.

 

Vendredi 21 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Ces derniers jours, j'ai été très occupé à grimper aux arbres, à sauter dans l'eau et à me jeter du haut des falaises, histoire de passer le temps. Ça m'a permis de réaliser que les queues de lézard et les noix de coco, ça me fait du bien. Grâce à elles, je peux maintenant tomber d'une hauteur de deux cent mètres sans me faire trop de mal aux articulations.

Demain, je pousse Agro pour voir si c'est pareil pour lui.

 

Samedi 22 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Merde, c'était pas pareil pour lui.

Je suis bien embêté.

 

Dimanche 23 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Je m'en doutais un peu mais je suis déçu malgré tout.

Le percheron, ça a un goût de semelle.

 

Vendredi 14 Adipose 989 :

 

Cher journal,

Je me suis rarement autant emmerdé que depuis trois mois.

Je voyais ça plus mouvementé, la grande aventure. Genre : avec des péripéties et tout.

Mais au moins, les paysages sont beaux, c'est déjà ça, même s'ils clignotent parfois de manière étrange quand je bouge.

J'ai l'impression d'être dans le Seigneur des Anneaux , mais sans quête, sans compagnons, sans adversaires et sans musique.

Et sans cheval, aussi, depuis peu.

La louze.

 

Samedi 15 Adipose 989 (matin) :

 

Cher journal,

La solitude ne me pèse pas.

 

Samedi 15 Adipose 989 (après-midi) :

 

Cher journal,

La solitude ne me pèse pas.

 

Samedi 15 Adipose 989 (soir) :

 

Cher journal,

La solitude ne me pèse pas.

C'est un peu comme être entouré de tous ceux qu'on aime, mais en plus serein, en plus paisible. Oui, en plus seul, c'est le mot. Sans personne. Nulle part. Mais ça va, je le vis bien. Mais seul. Tout seul. Mais bien, hein. Mais seul, quoi. J'aimerais juste avoir quelqu'un avec qui discuter de temps en temps, même de sujets pourris comme la faim dans le monde ou la psychologie des hamsters.

Parce que là, je commence à me parler à moi-même et ça n'augure rien de bon.

Mon Précieux.

 

Mardi 30 Thermidor 989 :

 

Cher journal,

Quand même, je me demande si la façon dont la lumière se reflète sur ma lame n'essaie pas de m'indiquer quelque chose.

Mais je dois me faire des idées.

Je suis tombé tellement bas dans les affres de l'ennui que je dois souffrir de l'ivresse des profondeurs.

 

"C'est parce que mon personnage n'est ni corbeau, ni canard,

qu'il est tellement humain".

(Francis Huster. Alcool Fort Magazine).

 

Plumdi 262 Therminator 989 :

 

Cher journal,

Pourquoi je suis là, moi, déjà ?

Je me rappelle vaguement que ça avait une paire de seins, seulement... impossible de m'en remémorer plus.

Bof.

Ça ne devait pas être aussi important que ça.

 

Jeudi 04 Deluxepotaitose 990 :

 

Cher journal,

Monsieur Wanda le Voyageur et Madame Chaussure ont l'immense plaisir de t'inviter à leurs fiançailles, ce plumdi en huit, au pied du gros tas de caillou pourri qui bouge. Par cette union, ils célèbreront une année et demi de bonheur passé aux côtés l'un de l'autre, dans l'ennui superficiel comme dans l'ennui profond, dans l'ennui ponctuel comme dans l'ennui constant. Si tu désires prendre la parole pour les féliciter, prends contact avec les frères Pantalons qui s'occuperont de tout. Evite juste les calembours de type « il a enfin trouvé chaussure à son pied » car madame est un peu à fleur de peau 50 % vachette, ces derniers temps.

Et surtout, surtout, viens nombreux.

 

Mercrumbledi 12 Deluxepotaitose 990 :

 

Cher journal,

Personne n'est venu, pas même toi. Je me suis retrouvé tout seul, sous la pluie (ou bien était-ce moi qui pleurait ?), une vieille chaussure trouée à la main. Une chaussure, quoi. J'allais me fiancer avec une chau-ssure. Aussi loin que je m'en souvienne, c'est avec une CHAUSSURE que j'ai passé les plus beaux moments de ma vie, bordel !

Que quelqu'un vienne me chercher.

Par pitié.

 

(Hélas, le Journal de Wanda le Voyageur s'interrompt ici. En dépit de recherches poussées, personne ne sait ce qu'il est advenu de lui dans les années suivantes, mais selon certains scientifiques, les êtres mi-hommes mi chaussures qui peuplent désormais cette enclave constituent peut-être un indice de premier plan. L'amour aurait-il triomphé ?).

 

La forme :

 

Au royaume des concepteurs de jeu qui en ont dans le caleçon (des idées), Shadow of the Colossus fait figure de géant aux pieds d'argile. Parce que proposer un jeu d'aventure épique avec un total de seize ennemis à vaincre au compteur, ça risque de travailler les fans de Dynasty Warriors quand même. Seize ennemis, et puis rien. Le bruit du vent, les sabots du cheval, l'horloge de la cuisine qui égrène les minutes et vous rappelle que pendant ce temps-là, vous pourriez être en train de jouer à un jeu, un vrai, un de ceux avec seize ennemis rien que pendant les trente premières secondes, des cris de souffrances en dobly surround et une option pour régler le sang au maxi. Parce qu'ici, tout ce qu'on peut régler au maxi, c'est le son du poste, pour bien profiter du silence.

Tic tac, il est seize heures, merci d'avoir joué.

 

De quoi aborder l'expérience à reculons, si plastiquement enchanteresse qu'elle se veuille. Parce que c'est sûr, c'est beau, ça, on sera forcé de l'admettre, même si ça picote un peu au niveau de l'aliasing (un détail, pensez donc : sur Playstation 2, c'est moins un défaut qu'une tradition).

 

Ceci n'est TOUJOURS pas une pipe.

La carte est vaste, la liberté totale, les paysages grandioses, il y a de la lumière dans l'ombre, de l'ombre dans la lumière et plein de nuances entre les deux. Ça déborde, ça dégouline, ça éblouit, comme une peinture de John Howe si vivante qu'elle s'animerait d'elle-même pour le plaisir des yeux. Mais bon sang, il n'empêche : seize ennemis, quoi.

Au début, pour être franc, on a des difficultés à y croire : on se dit qu'on a mal compris les tests, le livret, la ligne éditoriale, tout. On a beau parcourir des kilomètres à dos de percheron (parce que oui, on rigole, on rigole, mais le cheval, il a un peu le ventre qui touche par terre quand même), on a beau connaître son pitch par coeur, avoir eu vent de sa réputation, on reste accroché à nos habitudes, on se dit toujours que « noooon, ce n'est pas possible », que quelque chose va surgir des buissons, essayer de nous prendre en traitre, nous tendre une embuscade, n'importe quoi. Mais non. Rien. De temps en temps, une sorte de lézard s'enfuit à toutes jambes mais on ne peut pas dire que ça excite le palpitant non plus. Alors au bout d'un moment, on se rend à l'évidence : ce n'était pas une plaisanterie, il n'y aura que seize ennemis dans le jeu. Seize fois mieux que rien, donc, soit approximativement 4 euros de l'adversaire. Finalement, au kilo, le rapport qualité-prix reste intéressant, vue la taille des bestiaux.

Oui, il y en a des petits, aussi.

Tout étant relatif par ailleurs en ces temps d'élections présidentielles.

 

Et puis au pire, on traînera en chemin, on grimpera sur des trucs, on barbotera dans l'eau et on fera exprès de se paumer dans la forêt. On s'inventera des mini-jeux comme compter les corbeaux ou tirer des flèches sur Agro. Ça rallongera un peu.

 

Bon ben allez, hue cocotte, et arrête de racler le sol avec ta panse !

On va devoir te mettre au régime sans herbe, si ça continue.

 

Passé ces premiers moments d'acclimatation, il ne reste plus qu'à tirer sur la bride et se mettre au travail, toujours en deux temps. D'abord : trouver le colosse à terrasser. Pour ça, il va falloir chevaucher, galoper, escalader, sauter, nager, contourner, explorer, avec un rayon de soleil pour guide - et l'assurance de ne jamais être inquiété par un adversaire impromptu ou un élément de Gameplay inopiné (pléonasme, ici).

 

Pas (ou peu) de chutes mortelles, pas (ou peu) de plates-formes à atteindre, pas (ou peu) de difficultés à s'orienter... Effet carte postale garantie, on est en plein Léa Passion Nouvelle Zélande.

Puis une fois la bestiole localisée (en est-ce bien une, seulement ?), vient le temps de la terrasser (oui, c'est très technique, comme objectif, j'en ai conscience). Et là, pas question d'y aller à la Conan en moulinant l'air à la hache et en criant « par Crôm ! », noooon, pensez-vous, ce serait encore trop ludique, on pourrait même avoir la sensation de s'amuser... Au contraire, là, il faudra se creuser les méninges pour trouver comment lui apprendre à vivre. Ou plutôt : à mourir, pour que revive votre dulcinée. Pas de conseils, pas de détails, juste un arc, une lame, un cheval - et que chacun se débrouille avec ça, c'est Professeur Layton en terres de Final Fantasy. Et puis après ? Vous n'en avez que seize à vaincre et ils sont là depuis des millénaires, alors faites durer, ce sera la moindre des courtoisies (pour eux autant que pour vous).

Il faut bien reconnaître qu'ils en imposent, d'ailleurs, et pas seulement parce qu'ils sont imposants : qu'ils s'élèvent en tours perdues dans les nues, planent au plus haut des cieux ou glissent sur un fond de corail, tous ont un je-ne-sais-quoi d'intelligence-dans-le-regard qui fait qu'on se dit qu'à part la taille et les bigoudis en pierre, on n'est pas si différents. La preuve : ils aiment taper sur tout ce qui bouge, ça ne trompe pas.

 

Si ce n'est qu'eux, la plupart du temps, donnent l'impression d'être surpris en flagrant délit de légitime défense... de sorte qu'on culpabiliserait presque de leur poinçonner le ticket à coups d'épée magique, dans des combats pourtant d'un dantesque à couper le souffle. Tout ça, pour ressusciter une greluche qui, si ça se trouve, est dans cet état après avoir vérifié l'état d'un four à gaz avec des allumettes. Seize ennemis dans le jeu, et on se sent mal en les terrassant. Non, vraiment, une bien belle réussite. Après ça, impossible de regarder les mouches et les fourmis sans un peu plus de bienveillance (et de méfiance, aussi. Parce que fort de cette expérience, on se dit que si elles voulaient, et si elles trouvaient notre point faible, ben elles pourraient... mais chut ! Peut-être nous lisent-elles, ne leur donnons pas des idées).

 

"Oui mais Afflelou, il est fou, alors on ne peut pas lui faire confiance".

(Certes).

 

Oh, et sans compter qu'en tant que joueur, on voit bien que Wanda est en train de se faire manipuler, là où lui ne se doute de rien. A croire qu'il n'a rien dans le caillou, ce que la suite du jeu et des dieux facétieux (pléonasme aussi) ne manqueront pas de corriger. Ça oui, qu'est-ce qu'on rigole. Top à la gaudriole.

Et ce n'est pas encore le pire, non.

Le pire, c'est que malgré le silence, malgré le vide et l'absence, malgré l'adversité en sous-effectifs et les heures qui défilent, malgré le manque de diversité dans les objectifs, on ne s'ennuie jamais. Et même : on en redemande.

Le pire, c'est que l'audace des concepteurs se couronne de succès.

Le pire, c'est que l'aventure est inoubliable, littéralement, parce qu'en définitive, on aime à parcourir ces grands espaces pour le seul plaisir de la promenade, et on est presque déçu quand on tombe « malencontreusement » sur un colosse en randonnée (c'est qu'on aurait bien aimé voir « ce qu'il y avait derrière le bosquet, là, mais si, à droite, du côté de la corniche ». Pas grave, on le fera après. On a tout notre temps - rires).

Le pire, c'est qu'on ne fait pas que s'agripper aux colosses pour leur courir sur le haricot, on s'y attache, on en vient à les respecter, à les considérer, à leur inventer une identité jusque dans leur façon de se mouvoir. Oui mais voilà, bobonne attend, alors on tape - l'histoire est vieille comme le monde...

Oh, et le pire, encore, c'est qu'on se prend d'affection pour le percheron, on finit même par le considérer comme un vrai personnage à part entière, même s'il n'a ni les jantes alliage, ni le poil métallisé, ni la direction assistée (il répond pourtant au doigt et à l'oeil, un vrai plaisir).

Le pire, aussi, c'est qu'en dépit de son intrigue minimaliste qui ne prend ses aises qu'en fin de parcours, on se laisse happer, soumettre, posséder, hypnotiser.

Le pire, enfin, c'est que ce n'est même pas un bon jeu.

Parce que ce n'est pas un jeu, c'est au-delà.

Peut-être les fans de Dynasty Warriors passeront-ils à côté, qu'ils y jouent ou qu'ils n'y jouent pas. Peut-être que sa flatteuse notoriété en fera, aux yeux des esprits chagrins, un colosse à poignarder à coup de critiques assassines, juste pour se démarquer.

Mais on s'en fiche pas mal. Shadow of the Colossus, ce n'est pas une poignée de mots sur le papier, de considérations techniques ou de notes « objectives ».

Shadow of the Colossus, c'est un homme, un cheval, le souvenir d'une femme que l'on a aimée, un peu de clarté sur sa peau trop pâle, un peu de rose sur ses lèvres à l'orée du soir, des montagnes à perte de vue, le poison de la culpabilité, l'espoir jusqu'aux tréfonds du désespoir, la chanson de la brise dans le feuillage. Et ça, ça ne s'évalue pas.

Alors il a vieilli, comme nous, bien sûr. Au fil des années, il a pris un peu de mousse aux entournures, un peu de lichen lui a poussé sur les omoplates. Ses traits monolithiques se sont crevassés, ses tempes ont pris une couleur de pierre, sa démarche est moins souple qu'auparavant. Mais il m'apparaît toujours comme en sa jeunesse : mes yeux ne voient ni l'aliasing, ni le clipping, ni le frame rate à l'avenant, ils ne voient que lui, ils ne voient qu'un homme. Un cheval. Le souvenir d'une femme que l'on a aimée.

 

La grande aventure, quoi.

 

*

 

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La nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans le milieu très fermé des amateurs de jeux de combat : à peine Arc System Works a-t-il sorti son très casu Dragon Ball Fighter Z qu'il annonce déjà un nouveau Guilty Gear, plus à même de satisfaire les amateurs de gameplay exigeant.

Selon les bruits de couloir qui ont fuité ici et là, Guilty Gear NTLA ne serait pourtant pas la suite de Revelator (toujours en chantier), mais bien un spin-off EXCLUSIF AU TERRITOIRE FRANCAIS, au gameplay proche d'un Smash Bros ou, plus légitimement, d'un Dust Striker sur Nintendo DS.

Il sera donc possible de s'affronter dans des matchs à trois contre trois, un contre trois, ou même un contre mille (sic) dans un cadre dérivé de la fameuse licence : timeline parallèle, nouveaux personnages, nouvelle bande son survoltée (aura-t-on droit à du punk-musette ?), mais toujours Daisuke Ishiwatari aux commandes, qui nous promet "un challenge ardu et beaucoup de fun".

En tout cas, si le jeu semble encore un peu faible sur le plan graphique, ce premier trailer leaké envoie du lourd.

Fans de bourres-pifs à la nippone, montez le son à FOND, on y retourne.

HEAVEN OR HELL, LET'S ROCK !!!

 

 

Plus d'infos sur les résultats de la béta ouverte ICI.

 

 

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C'est en com' que ça se passe... (Jeu vidéo)

 

Il n'y a pas que le Père Noël et les mecs du Medef qui font sous-traiter leur travail par une troupe de petits lutins, et comme le Gamer aux Mains Carrées est actuellement indisponible (séquestré dans la cave de chez Neves, qui lui a pété les guibolles au marteau pour pouvoir lui poser des questions sur Luchini et sur Macron jusqu'à la fin des temps annoncée dans l'Apocalypse de Jean), ce post "Spécial Noël" sera l'occasion de faire plus ample connaissance avec quelques-uns des hommes de l'ombre sans qui ce blog ne serait pas tout à fait ce qu'il est, et qui y ont un jour apporté leur modeste (bien que significative) contribution.

 

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Présente toi à l'assemblée constitutive des membres de la commu' :

 

 

 

Je suis le petit nouveau de la rédac, on m'appelle le Gamer aux Mains Skillées, je suis né du néant le jour où le créateur de ce blog a découvert qu'il était capable de jouer à Bloodborne et même d'y battre des boss en New Game +. Cette aberration conceptuelle a créé une faille dans l'espace-temps qui a elle-même entraîné une ondulation quantique, avec pour effet la création de Terre 2, version parallèle de l'originale sur laquelle règne un double bénéfique de Lex Luthor. C'est lui qui m'a conseillé d'affronter Ebrietas après Martyre Logarius, et de me lancer dans l'écriture d'articles blogs. Je suis tout nouveau dans la profession alors je vous demande de me faire bon accueil.

 

Joyeux Noël ! Ho ho ho !

 

 

Ton jeu de l'année ?

 

 

Bloodborne.

 

 

 

Ta surprise de l'année ?

 

Quand le monstre m'a sauté dessus derrière l'Eglise dans Bloodborne.

 

 

Ta déception de l'année ?

 

Quand j'ai failli tuer Rom l'Araignée Stupide dans Bloodborne mais que ça s'est joué à une potion près et que j'ai dû tout recommencer.

 

ENCORE.

 

 

Le scandal de l'année ?

 

Le fait que la fin de Bloodborne enquille sans prévenir sur le New Game +. J'avais pas fini toutes mes explorations annexes, moi... du coup, j'ai râlé toute la soirée, juré que j'allais revendre le jeu le lendemain et dès le lendemain, je l'ai recommencé du début comme si de rien n'était.

 

 

Le scandal GB de l'année ?

 

Aucun article sur Bloodborne. Je ne comprends pas.

 

C'est comme si ce jeu était passé en dessous des radars, ou si les sites d'informations avaient reçu pour consigne de le boycotter... sans doute parce qu'il fait de l'ombre à tous les autres titres présents, passés et à venir.

 

 

L'arnaque de l'année ?

 

Les doubles lames dans Bloodborne. Elles coûtent cher et elles sont rapides, certes, mais elles sont de faible portée et n'infligent que peu de dégâts. Face à ennemi de six mètres de haut qui bave et qui ne rêve que de t’aspirer le cerveau avec une paille, c'est un peu comme attaquer un dinosaure à la petite cuillère.

 

 

Ce screenshot épique est dédié à Blacklabel.

 

 

Le braquage de l'année ?

 

Quand le villageois enragé m'a volé mes 150000 échos du sang dans Bloodborne sur un mauvais coup de serpette.

 

 

La direction artistique de l'année ?

 

 

Bloodborne

 

 

La bande-son de l'année ?

 

 

La musique de la Sorcière d'Hemwick dans Bloodborne.

 

 

 

La turbo-baffe de l'année ?

 

Le premier gnon balancé par le Père Gascoigne. Y'a tout le squelette de mon personnage qui lui est remonté par la trachée.

 

 

 Auteur inconnu :(

 

Le développeur de l'année ?

 

 

From Software. Développeur de Bloodborne

 

 

 

Le constructeur de l'année ?

 

 

Les gens qui ont construit Yharnam, la ville principale de Bloodborne. Parce que quand même, c'est loin mais c'est beau.

 

 

 

Le bide de l'année qui t'a fait plaisir ?

 

 

Quand le chasseur à la scie a voulu m'attaquer par derrière mais s'est bloqué dans le décor et que j'ai pu le rétamer à l'aise.

 

 

Le bide de l'année qui a fait du chagrin en toi ?

 

 

Quand j'ai voulu attaquer le chasseur à la hache par derrière mais que je me suis bloqué dans le décor et qu'il a pu me rétamer à l'aise.

 

 

L'expérience viscérale de l'année ?

 

 

Les attaques viscérales dans Bloodborne.

 

 

Le troll de l'année ?

 

Celui qui est à l'entrée du pont dans Bloodborne

 

 

Ton Top 5 de l'année ?

 

 

Bloodborne

 

Bloodborne

 

Bloodborne

 

Bloodborne

 

Bloodborne (à égalité avec Bloodborne : The Old Hunters)

 

 

Je voyais ça plus vivant, Quimper.

 

 

 

Tes attentes pour 2018 ?

 

 

Bloodborne 2.

 

 

 

Pose-toi une question et réponds-y.

 

 

Bloodborne ?

 

Bloodborne.

 

 

Le mot de la fin ?

 

 

Bloodborne.

 

 

 

 

 *

 

 

 

 

Présente toi à l'assemblée constitutive des membres de la commu' :

 

 

Le lectorat est-il devenu inculte et cuistre au point de ne pas connaître le Comte Zaroff, diplômé de la prestigieuse université Grigor Raspoutine et criminologue de son état ? Aurait-il eu l'indécence d'oublier ses quelques grands articles sur ce blog minuscule, comme 5 bonnes raisons de ne pas regarder Girls Und Panzer ou 1 bonne raison de ne pas jouer à Etrian Odyssey IV ? A-t-il besoin qu'on lui rafraîchisse la mémoire à coup de bottes dans la mâchoire, ce mécréant, ou bien quelques coups de cravache y suffiront (pour la forme) ? Par moi, on va vers la Cité Dolente, qu'il est dit dans ma bio, mais quand je lis ce que je lis sur les réseaux sociaux, je me dis qu'il y'en a qui risquent d'y arriver avant les autres...

 

 

Ton jeu de l'année ?

 

 

Final Fantasy XV, parce qu'il a envoyé toutes les chouineuses du fan club français de la licence se faire voir dans les vestiaires du championnat du monde de Blitzball, avec une plume de Chocobo dans l'oignon, et parce qu'il a fait ça bien.

 

 

Auteur inconnu - mais génial, disons-le tout net.

 

Ceux qui voulaient jouer le chanteur de Placebo dans un scénario co-écrit par Bernard Werber et Hiro Mashima n'auront qu'à se repasser la séquence du bisou de FFX pour avoir leur shoot maouss de japoniaiserie.

 


 

Le plus beau baiser lesbien de l'histoire du Jeu Vidéo.

 

Nier Automata, aussi, parce que les couilles de Yoko Taro sont descendues depuis Drakengard et qu'il a arrêté d'écrire ses scénarios comme des chansons d'Evanescence. ça fait du bien, putain, j'en pouvais plus de sa darkitude Ikéa façon Garth Marenghi.

 

 C'est ballot, Garth Marenghi vient de vous spoiler tout le scénar' de Drakengard 1.

 

 

Ta surprise de l'année ?

 

 

La sortie d'un nouveau Fifa. Je m'y attendais tellement pas, putain, ça m'a ému aux larmes.

 

 

Ta déception de l'année ?

 

Le fait que cette année encore, les extraterrestres ne nous aient pas envahis pour nous mettre sous tutelle et bouffer les plus gras d'entre nous – politiquement parlant, c'est ce qui peut nous arriver de mieux, vivement qu'ils intègrent une UV « cannibalisme » au cursus de l'ENA (c'est pour bientôt, vu que ça reste dans le même registre que les autres cours dispensés là-bas. Non parce que je suis pas sûr qu'il faille vraiment faire quinze ans d'études juste pour pouvoir inventer de nouvelles taxes à chaque fois qu'il y a un problème...).

 

 

Le scandal de l'année ?

 

La disparition du "e" final du mot "scandale", bordel. Encore un coup de l'écriture inclusive, ça, j'en suis sûr. Je suis désolé, je m'excuse, je me tiens pas quotidiennement à jour au niveau des conneries qu'invente la sphère internet pour se dispenser d'avoir à régler les vrais problèmes de front, ce qui lui demanderait du courage, de l'investissement et de réfléchir un peu plus de deux secondes, c'est dire si on comprend son empressement à coller des points et des parenthèses partout en mode hashtag. Le grand combat social, on veut bien participer, ça fait toujours un peu genre je-vaux-mieux-que-tout-le-monde dans les soirées de l'Ambassadeur, ça donne de facto droit à du rab' de Ferrero rochers, mais faut pas que ce soit plus compliqué qu'un clic ou un like, hein, sinon c'est fatigant et la fatigue, c'est super oppressif, j'te jure, tiens, prends donc un bol de céréales à dix euros pour te réconforter mon pauvre chou.

 

Ah et sinon, dans le même genre, y'a aussi eu cette affaire avec Squeezie et Ardisson, là, genre tragédie de bac à sable avec la pelle dans l'oeil et le rateau dans les chicots, parce que bon, ok, Ardisson, il a pas été super cool, c'est clair, mais enfin, c'est Ardisson, quoi, tu vas pas chez Ardisson en pensant qu'il va passer la soirée à te cirer les pompes jusqu'à ce que tu voies le chiffre de tes abonnés dedans - et à plus forte raison si y'a Laurent Baffie avec, hein, même moi, j'oserais pas, et pourtant j'ai passé quelques nuits à regarder l'autre taré jouer à Bloodborne. Normalement, si tu as un minimum d'instinct de conservation médiatique et qu'on te propose de faire Ardisson, tu ne réfléchis pas, tu fuis. Pareil pour Eric Zemmour, bien que les deux ne soient quand même pas du même tonneau : si on te propose de parler politique avec Eric Zemmour, tu acceptes ? Non. Tu as lu Lovecraft, tu as regardé Queen's Blade, tu as vu bien assez d'horreurs comme ça. Alors je sais pas, peut-être qu'il croyait y être préparé, le Squeezie, parce qu'il connait les fans, parce qu'il connait les haters, parce qu'il sait gérer ça. Sauf qu'à force de tourner en vase clot sur ses forums, la sphère vidéoludique française a oublié une frange majoritaire de la population : celle qui n'en a (légitimement) rien à battre. Alors oui, ok, c'était moche, mais enfin pas plus que d'habitude avec Ardisson, quoi, et jusqu'ici ça ne dérangeait pas grand monde, au contraire, on avait tendance à s'en réjouir crassement et à battre des deux mains à chaque tâcle sous la ceinture. Sauf que tout à coup, quand ça touche quelqu'un qu'on aime bien ou un milieu qui nous est cher, c'est plus la même farine. Si j'avais ne serait-ce qu'un peu d'estime pour mes concitoyens, je dirais bien qu'il y a des leçons à en tirer, mais comme je crois que de toute l'histoire d'internet, personne n'y a rien appris (sur le plan humain, au moins), autant pisser dans un violon et tenter de jouer l'Hymne à la Joie.

 

Sans parler de tous ces mecs et ces nanas qui ont pris la défense du Youtubeur, criant au scandale (avec un "e", bordel ! UN "E" !), allant jusqu'à demander qu'Ardisson présente ses excuses, alors que le reste de l'année, ils passent leur temps à invectiver copieusement tous les inconnus de passage, sitôt qu'ils sentent poindre le début d'un désaccord, quand ils ne trollent pas telle ou telle page de développeurs pour leur dire qu'ils ont trop fait de la merde juste parce que le jeu ne leur correspond pas et qu'ils sont le centre du monde, c'était tellement gonflé, tellement paradoxal et tellement malvenu que j'ai trouvé ça touchant.  D'une certaine manière. Une manière malsaine et condescendante, certes. Mais touchant malgré tout.

 

T'as trouvé qu'Ardisson était un gros con, sur ce coup ? Ben repenses-y la prochaine fois que tu traiteras Boruto_du_74 de grosse tarlouze juste parce qu'il a pleuré à la fin d'un jeu de David Cage (alors que c'était peut-être juste du soulagement). 

 

 

 

 

Sinon, au nombre des indénombrables scandales débiles de l'année, on a également eu droit aux frères Elric qui ne sont pas joués par des occidentaux dans le futur film live de Full Metal Alchemist et du coup « c'est trop pas crédible » (rappelons que nous parlons d'un film dans lequel des enfants utilisent l'alchimie pour ressusciter leur génitrice, hein, que ce soit bien clair. Encore un coup de la pédagogie Freinet, ça. Fichus gauchistes !), on a eu les menaces de mort tranquille-Emile-à-l'aise-Blaise adressées au réalisateur du Death Note made in USA (on mesurera l'intelligence objective d'une ½uvre à la maturité de ses fans), on a eu ceux qui râlent quand c'est pas assez respectueux (Thor), on a eu ceux qui braillent quand c'est TROP respectueux (Battle Angel Alita) ou encore, c'est tout frais, ceux qui partent en croisade contre Bright (autre production Netflix) qui aurait soi-disant tout repompé dans Shadowrun (licence de jeu de rôle sur table bien connue pour l'originalité de son univers, autant que je peux être connu moi-même pour mon ironie sans pitié), et même - ça ça date d'aujourd'hui, pas de trève de Noël -, ceux qui vocifèrent parce que quelqu'un a osé mettre du metal et de la baston dans l'opening d'un jeu de baston (Dragon Ball Fighter Z, pour ne pas le nommer), comme quoi "c'est sans doute un coup des Américains qui veulent réduire DBZ à des échanges de bourre-pifs", alors qu'il y a plein d'autres choses dans la série, c'est vrai, quoi, genre des moments où on attend que Goku arrive pendant six épisodes pour que le vrai combat démarre et qu'on arrête de compter les dents de Yamcha, des moments où les deux adversaires se font face et échangent des banalités histoire de gagner du temps (avec la subtilité d'un lycéen à son oral du Bac Blanc), et des pubs Glico. Dommage qu'elles n'aient pas été mises en valeur dans l'opening, les pubs Glico. On passe complètement à côté de l'essence de la série : le commerce ! Bref, ça piaille en permanence comme dans les cuisines du KFC en période de promo sur les nuggets, ça n'arrête plus, il faut gueuler, il faut vomir, il faut absolument trouver une nouvelle raison tous les jours, il faut écrire des gros mots du genre « déféquer », « étron », « suce-boule » (houuuu mais c'est que c'est le grand frisson, dites-donc !), ça fait grimper l'adrénaline et puis ça fait bonhomme, genre j'ai une personnalité, comment je les ai trop cassés, t'as vu, comment ils vont pleurer leur race quand ils vont lire ça, je vais leur gâcher la journée, c'est trop de la balle (mais quand même, Ardisson, quel connard, quoi ! T'as vu comme le pauvre Squeezie il avait les larmes aux yeux ? Ce mec n'a donc rien d'humain ?)...

 

Non, franchement, plus on va avancer, plus ça risque de devenir compliqué pour les deux-trois Homo Sapiens qui restent.

 

 

 

 

Le scandal GB de l'année ?

 

 

Parce qu'il y a vraiment des gens qui suivent l'actu de ce site ou c'est une question piège ?

 

 

 

L'arnaque de l'année ?

 

 

Les braconniers qui tuent des bébés phoques en Antarctique, et aussi les dirigeants qui font la guerre, et les traders qui spéculent sur... nan, j'déconne. L'écriture inclusive, l'appropriation culturelle, les 320 sortes de genres différents et les 188 sexes recensés sur Twitter (et plus généralement : toutes les conneries inventées par les Millenials pour éviter d'avoir à se sortir les doigts du cul et à vivre dans le vrai monde). Parce qu'il y a des gens qui, sexuellement, se sentent comme "l'intérieur d'une nébuleuse" (ce qui est complètement crétin vu qu'une nébuleuse ne sent rien du tout, jusqu'à preuve du contraire), ou d'autres qui refusent d'être rangés dans une catégorie et qui inventent une catégorie pour désigner le fait qu'ils n'ont pas de catégorie (sans que le paradoxe les choque, visiblement), ou d'autres qui se sentent à 100% homme ou femme, mais également un peu de l'autre sexe aussi (les maths, c'est comme le recul sur soi et l'amour-propre : c'est surfait), et d'autres encore qui se sentent agressés par une tahitienne en plastoc ou qui croient sincèrement que les règles orthographiques conditionnent la façon dont l'être humain perçoit la société (non mon petit, avoir vu quatre saisons de Lie to Me ne fais pas de toi un expert-comportementaliste)...

 

 

...mais après tout, pourquoi pas, chacun a le droit de croire à aux âneries de son choix, c'est pas un crime, et puis ça part d'une bonne intention, on peut pas leur enlever ça, même si c'est aussi pour se faire mousser et même si ces chevaliers blancs refusent souvent ce droit aux partisans de telle ou telle religion, en les ridiculisant sur la toile comme quoi "c'est la pire invention de l'humanité" (tolérance is over 9000, lol).

 

Non, la véritable arnaque, au milieu de toutes ces arnaques, comme je le suggérais plus haut avec la finesse qui me caractérise (ou peut-être un brin de provocation), c'est qu'on ne peut pas remettre ces notions en cause sous peine de passer pour un enfoiré (pas celui des restos du c½ur. L'autre). Pas le droit d'objecter, pas le droit de contre-argumenter, pas le droit de nuancer, pas le droit de questionner. Confisquée, la parole. Mise au ban, la différence.

 

 

Au bout du compte, quand on y songe, la pensée non-oppressive, c'est quand même l'une des pensées les plus oppressives qui soient, juste derrière [insérer ici le point Godwin de votre choix]

 

 

 

Antifa is the new Fa

 

Mais ça ne dérange pas le Millenial, parce qu'il est du côté des gentils, que la fin justifie les moyens, que c'est pour le bien de l'humanité et que si t'es pas avec lui, t'es contre lui et t'es donc un méchant, et alors tu mérites qu'on te fasse tout ce qu'on condamne par ailleurs, et seuls les Sith pensent en termes d'absolu mais on s'en fout. La vérité, c'est pas quelque chose qu'on construit par la réflexion, c'est quelque chose qui s'impose à soi en deux secondes au détour de Twitter parce qu'on est d'accord avec elle et du coup ça peut être que vrai t'as vu ? Voilà ce qui se passe quand on répète en boucle à toute une génération qu'elle est exceptionnelle, que le système éducatif ou social n'est pas adapté à mesurer combien elle est unique, géniale, hors-du-commun-des-moutons-de-dans-le-temps, et quand on multiplie ses notes par deux au moment de la correction pour être sûr qu'elle aura au moins un bout de Bac à la fin de sa scolarité. Forcément, la première fois où on les contredit, ils comprennent pas, les mecs, limite ils vivent ça comme une agression. Y'en a pas un qui se dit "ha mais c'est pour ça que dans les rédactions, on nous demandait d'écrire l'antithèse aussi ?". Argumentation niveau classe de seconde, putain.

 

 

Mais j'imagine que l'antithèse, ça vaut que pour ceux qui ont tort.

 

Quand on a raison, on peut s'en passer, il suffit d'une vague intuition et que ça ait l'air un peu évident.

 

CQFD sale hater, les philosophes c'étaient des boloss.

 

Maman, donne-moi mon bol de céréales.

 

 

 Si seulement, Ben. Si seulement.

 

A nos valeureux héros, tombés cette année aux champs de ruines (intellectuelles) :

 

Peggy Sastre

 

L'Odieux Connard

 

L'Odieux Connard encore

 

Nicolas Bedos (dont chacun sait qu'il est Odieux aussi)

 

Le Comte Zaroff (Odieux dans ses bons jours)

 

 

(vous pouvez toujours essayer de contre-argumenter en commentaire si vous n'avez que ça à faire de votre Noël, mais dans la mesure où les détracteurs, jusqu'ici, n'ont pas été fichus de le faire une seule fois convenablement, je vous souhaite bon courage. Ha oui, et à toutes fins utiles, je précise que "comme par hasard, tes liens, c'est que des mâles blanc cis-genres hétérosexuels" est à l'argumentation ce que le cul d'une poule est à la caverne de Platon, c'est dire si ça sent l'omelette aux lardons. En plus y a une femme dans le lot - du coup, y'a parité vu que la qualité de son article vaut les quatre autres à l'aise).

 

 

 

 

 

Bon et puis parce que la parole se libère et qu'il était grand temps (si !) ; et aussi parce que c'est Noël et qu'à Noël, on se raconte des histoires au coin du feu (on se persuade qu'on a été sage, déjà, ce qui ferait un meilleur film de Science Fiction que le dernier Star Wars), je ne vais pas déroger à la tradition et vous narrer deux anecdotes provenant de ma lointaine et néanmoins glorieuse jeunesse, et même que pour l'occasion, exceptionnellement, j'intitulerai ça « les Belles Histoires du Père CASTOiconnaR » :

 

- Je devais avoir vingt-cinq ans, je n'étais pas encore comte, à peine un petit duc de rien du tout à la cour du Tsar. Politiquement, la Russie se trouvait alors dans une situation similaire à celle de la France d'aujourd'hui : nous venions d'élire Raspoutine à la tête du pays parce qu'il nous avait tous impressionné pendant sa campagne en tirant des rayons lasers avec les yeux et en faisant décapiter ses opposants. A l'époque, je ne sortais pas beaucoup, et jamais en soirée, sauf qu'il y avait ce film avec Lauren Bacall au cinématographe et je n'avais jamais rien vu d'elle en couleur alors j'ai dérogé à mes principes et je me suis mêlé au peuple. Le film m'ayant fait forte impression (à moins que ce ne soit la vodka à l'entracte?), après la séance, je décidais de m'égarer dans les rues de Vladivostok pour laisser libre cours à ma mélancolie (du grec Melankholia, et pas du français Jean-Luc Mélanchon), errant au hasard des rues désertes, paisibles, débarrassées de la lie humaine qui les encombrait en plein jour. Revenant finalement vers l'avenue principale, je suis dépassé tout à coup par une calèche qui ralentit à ma hauteur et là, je me dis tout naturellement « Zaroff, ces personnes ont un renseignement à te demander, elles souhaitent s'abreuver à la précieuse source de ton savoir ». Pouvais-je les en blâmer ? Aussi me penché-je civiquement à la fenêtre du fiacre. A l'intérieur : deux très belles femmes de dix ans mes aînées, apprêtées avec soin et sans vulgarité, dont l'une d'elle m'apostrophe tout sourire et me demande si d'aventure je serais disposé à les suivre à l'hôtel (qu'elle me désigne au loin). Comme tout homme de 25 ans normalement constitué aux prises avec de jolies représentantes du sexe opposé, bien sûr, j'éclate de rire sous le coup de la surprise et décline poliment l'invitation, avec une révérence d'aristocrate, avant de m'éloigner dans la froidure - d'un pas plus si rêveur ni si mélancolique (cinq petites minutes plus tard, je courais après leur véhicule en criant « Attendez ! Attendez ! J'ai changé d'avis ! Je veux bien ! Je veux biiiiiiennnnnn », mais jamais je ne le rattrapais).

 

- Autre lieu, même époque : mon jeune frère (je crois que vous avez un mot exprès pour ça. « Tovarich », si je ne m'abuse) désirait m'initier à l'internet, mi par dés½uvrement, mi par jeu, alors que nous venions juste d'installer notre nouveau modem atomique analogique digital (nul besoin de wifi, nous avions l'énergie mystique de notre tsar Raspoutine pour l'alimenter jour et nuit). Curieux de m'observer aux prises avec cette technologie dont on nous avait dit qu'elle n'était pas à 100% humaine, mon frère me colle donc sur le chat Skyrock, aux alentours de minuit, affublé d'un pseudonyme exoti... ethni... viril du genre « Rimka_du_9-3 ». Il faut croire qu'il l'a bien choisi, car dix minutes n'ont pas passé que déjà, je me faisais interpeller par une beauté berbère (à moins qu'il ne s'agisse d'un gros blanc dégueulasse ?), me pressant de lui faire virtuellement l'amour. « Baise-moi, oh oui, baise-moi ! », s'est-elle exclamée avec l'éloquence de qui commet six fautes à la minute. Ignorant tout des usages en vigueur et des pratiques qui en découlent (ignorant même qu'on puisse avoir des rapports sexuels par écran interposé, en dépit de la présence fort utile de prises mâle et femelles sur les côtés), j'objectais alors que nous n'avions pas été présentés, que peut-être devrions-nous d'abord rencontrer nos parents respectifs, apprendre à nous connaître, mais ell.il.e.nébuleuse.s n'a rien voulu entendre et m'a sommé de lui écrire « des mots orduriers » afin d'entretenir une certaine excitation d'ordre sexuel (si j'ai bien compris le concept) propre à lui procurer quelques plaisirs solitaires que nous ne jugerons pas (tout au plus ai-je saisi qu'elle avait des problèmes d'humidité. C'est la nuit de Noël. Rien de tels qu'une belle histoire pour faire de doux rêves). Sur ces entrefaites, donc, comme tout homme de 25 ans normalement constitué aux prises avec une supposée jolie représentante du sexe opposé, voilà que je passe le quart d'heure suivant à lui citer des répliques inspirantes de Roméo et Juliette. Pensez-vous qu'ell.il.e.nébuleuse.s m'aurait payé de mes efforts avec les remerciements qui s'imposent ? Que nenni ! Peu émoustillée par le verbe du Barde, semble-t-il, l'intéressé.e.accent.core.+ a fini par quitter la conversation, en rage, me suggérant un peu abruptement « d'aller plutôt sucer des queues, sale pédé ! ». Suite à quoi je n'ai pas osé remettre les pieds sur internet pendant deux ans.

 

 Du moment qu'ils s'aiment...

 

S'il y a une morale à ces deux contes édifiants qui, j'en suis sûr, vous aurons arraché quelques frissons légitimes, moi-même, je l'ignore, mais ils tendent à confirmer qu'hommes ou femmes sont bel et bien égaux, en qualités comme en travers, car tous sont humains avant tout (hormis, peut-être, notre Tsar bien-aimé, que nous avons pendu l'année dernière et qui gigote encore pour tenter de se détacher).

 

 

 

Le braquage de l'année ?

 

 

Le crowdfunding de Noob, qui récolte en un mois plus d'un million d'euros pour un PUTAIN DE JEU REALISE SOUS RPG MAKER, pile au moment où Steam et Humble Bundle proposent celui-ci en solde. Et alors je sais pas, même en faisant abstraction de la qualité toute relative (hahahahaha !) de cette licence, je me demande vraiment 1) d'où vient tout cet argent vu que la France est censée être en crise, 2) d'où vient tout cet argent vu que la plupart des contributeurs n'a pas encore intégré la vie active et ne touche donc pas de salaire régulier 3) combien on pourrait faire manger d'enfants du tiers monde pendant un an avec cette somme indécente 4) pourquoi les associations caritatives rament autant quand elles doivent lever des fonds genre pour éviter aux gens de mourir alors que chez Olydri, ils n'ont qu'a proposer de kickstarter un cendrier en pâte à sel pour se retrouver avec le PIB d'un petit pays d'Afrique. D'autant que bon, des jeux réalisés sous RPG Maker, y'en a un paquet, et parfois même des bons (Wait Extended, à faire absolument), et souvent des pas cher, et doit pas y'en avoir beaucoup dans le tas qui ont coûté un million d'euros. Sans compter que bon, en substance, le kickstarter, c'était "on sait pas trop ce qu'on fait ni comment, on a eu cette idée un peu vague mais ça peut être sympa alors donnez vos sous". Paf. 1 million. Direct. Qu'est-ce que ça aurait été s'ils avaient débarqué avec un projet réfléchi, dites-donc ! Si demain, Noob devient une secte, Rael peut mettre la clé sous la soucoupe volante.

 

 

 Ou sinon vous pouvez investir dans des vrais jeux vraiment créatifs, hein.

Je dis ça, je dis rien.

Mais au moins vous payez pas ce "rien" un million d'euros.

 

 

La direction artistique de l'année ?

 

 

Nier Automata. Elle est quand même bien gironde, la Gothic Lolita, sans vouloir l'oppresser ni la réduire à sa seule silhouette wawawoum. En plus c'est pas elle qui risque de te dire "dans les yeux !" en boîte de nuit, lol.

 

 

Oui mais si on se bat ?

 

 Ha et puis Guilty Gear Xrd parce que quand on parle de wawawoum, Ramlethal Valentine se défend très bien (et pas que sur le plan du wawawoum, d'ailleurs. Maintenant qu'on en parle, elle attaque très très bien aussi).

 

Parce qu'elle le vaut bien.

 

Et puis c'est rock, c'est fou, c'est classe, ça pète de couleurs de partout et ça change des horreurs moe qui ravagent l'animation japonaise en ce moment.

 

 

 Si !

 

 

 

La bande-son de l'année ?

 

 

Thor Ragnarok, parce qu'il y a Hulk sur la jaquette et qu'Hulk, c'est un peu la Blaxploitation, mais en vert, et parce que ça change un peu du crincrin et des coups de cymbales, bon sang, j'en pouvais plus du philharmonique à fond les ballons, j'avais l'impression qu'Hollywood avait mangé tout un solfège mais sans penser à le mâcher, et que depuis il avait genre des ballonnements, et même des flatulences du côté des grosses caisses.

 

 

 

 

La turbo-baffe de l'année ?

 

 

Thor Ragnarok parce qu'il y a Hulk sur l'affiche et qu'Hulk, c'est un peu la Blaxploitation, mais en vert, et parce que je m'attendais à me faire chier grave devant un énième film de super héros à deux de QI au lieu de quoi j'ai eu plaisir à regarder le réalisateur piétiner une à une les attentes de son public de neuneus. Et quel plaisir de lire ensuite ce dernier chialer sur la toile comme quoi ça trahit complètement l'esprit d'une BD dans laquelle une sorte d'Asterix body-buildé vole dans le ciel grâce à un marteau magique.

 

 

Je vous la colle en VF même si ça me coûte vu que vous n'êtes que deux à être bilingues,

sortis de vos Onii-chan yamete !

 

Le développeur de l'année ?

 

 

Square Enix parce qu'ils ont bientôt fini Final Fantasy XV et qu'ils vont pouvoir le sortir en boîte sous peu. Oh wait !

 

 

Le constructeur de l'année ?

 

 

Les fourmis. Elles sont toutes petites genre Pikmin et elles font chier personne sur Twitter et tu crois que tu vaux mieux qu'elles et pourtant elles construisent vachement plus de trucs que toi, vachement mieux que toi ! Et toi, tu les piétines quand même et tu les empoisonnes au DDT juste parce qu'elles font des trous dans ton jardin alors que c'est autant le leur que le tien et que tu pleures dès qu'il s'agit de bouffer un bout de vache.

 

 

 

Le bide de l'année qui t'a fait plaisir ?

 

 

Le dossier Ys du Gamer aux Mains Carrées, parce que tout le monde s'en fout et qu'il était grand temps que ce fieffé connard ait l'indifférence qu'il mérite. Accessoirement, j'attends toujours mon chèque pour mon dossier sur Neptunia, enfoiré.

 

 

Mais le bide le plus réjouissant de l'année, le plus juste, le plus mérité, loin devant tous les autres (rien que d'y repenser, j'en frémis de bonheur - ces larmes, mais ces larmes ! Leur goût légèrement sucré façon vodka-orange, un vrai délice !), celui qui est à lui tout seul le symbole d'une génération, la cristallisation de tout ce qui ne va pas sur internet, les raccourcis mentaux, la paresse intellectuelle, les amalgames, l'absence de recul, le manque d'intelligence, de culture, d'instruction, l'esprit critique à la ramasse, les fantasmes de persécution et la joyeuse ribambelle des biais de confirmation et de sophismes pour se la péter "je vaux mieux que tout le monde, t'as vu" (tout ce dont je faisais état plus haut et que je collais abusivement sur le dos des seuls Millenials), c'est ce fail magnifique qui a suivi la diffusion d'une pub Dove taxée de racisme, comme quoi "une femme noire se lave et devient une femme blanche, holalala, c'est très grave", refrain repris en ch½ur (mon correcteur orthographique me suggère "chieur". Coïncidence ? Je ne pense pas) par tout ce que le net compte de super-héros à deux balles, sans qu'aucun n'aille d'abord jeter un oeil à la pub pour vérifier, injuriant copieusement quiconque avait le néonazisme d'appeler à la prudence, à l'analyse et à la nuance (c'est écrit sur Twitter ! C'est forcément vrai, sale mâle blanc hétéro cis-genre !).
 
Tout ça pour que le machin soit débunké moins de deux jours plus tard sur la place publique, dispensant les plus courageux, les plus dés½uvrés et les plus masochistes d'essayer péniblement d'expliquer leur erreur à ceux qui criaient "au loup !" (et qui feraient vachement bien de se rappeler la morale de l'histoire avant qu'elle leur pète à la gueule), comme on apprendrait à une sardine à utiliser un ouvre-boîte, au point que même la première intéressée (et première victime, soi-disant) a pris publiquement la parole pour faire part de son désaveu.
 
Un petit pas pour l'intelligence mais une grande baffe dans la gueule pour les SJW. Sans doute oubliée dès le lendemain vu qu'ils ont la mémoire de Dory dans Nemo, et qu'ils ont vite dû trouver d'autres os à ronger, imaginaires ou pas (parce qu'ils ne peuvent pas toujours se tromper non plus, mais c'est ici moins une question d'intelligence que de statistique. Quand on gueule pour absolument tout sans distinction, forcément, on tombe juste de temps en temps, c'est mathématiques. Ce qui, nous sommes d'accord, est toujours mieux que rien. On fait comme on peut avec les moyens du bord).  

 

 

Et Joyeux Noël à tous, ho ho ho !

 

 

 

Le bide de l'année qui a fait du chagrin en toi ?

 

Le crowdfunding de Swery. Parce qu'un mec qu' a jamais réussi à finir un jeu et qui demande 50 boules pour sa signature en numérique, il mérite un morceau d'Ukraine.

 

 

L'expérience viscérale de l'année ?

 

 

Lire les commentaires des gens sur Facebook, quel que soit le sujet, de la politique à l'art délicat du macramé. On a beau y être préparé, c'est violent, et y'a toujours un gars ou une nana plus gratiné que les autres qui arrive encore à vous surprendre désagréablement. Même sur la news la moins polémique et la plus positive, y'aura toujours un connard pour faire cent likes avec un commentaire acerbe. C'est fascinant.

 

 

Le troll de l'année ?

 

 

Tetsuya Nomura pour Kingdom Hearts 3, à égalité avec Tetsuya Nomura pour FF VII remake, à égalité avec Yu Suzuki pour Shenmue 3 en 3D pixel art du début des années 2000.

 

 

Oh, et bien entendu, Yoko Taro pour la dernière vraie fin de Nier Automata à égalité avec Kojima pour le trailer de Death Stranding.

 

 

 

Ton Top 5 de l'année ?

 

 

What Remains of Edith Finch

 

Guilty Gear Xrd Revelator

 

Nier Automata

 

Ys V

 

.hack//G.U. Last recode

 

 

 Haseo, Haseo, Santiaaaaano (air connu)

 

Tes attentes pour 2018 ?

 

Que des jeux d'horreur psychologique : Call of Cthulhu, Death Stranding, Code Vein, Allison Road, Lost Souls Aside, Dissidia NT, Spider-Man, Bayonetta 3, One Piece World Seeker et Dragon Ball Fighter Z. Ha, et Kingdom Hearts 3 et FF VII remake, aussi, par habitude.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et chaque année, le même trailer pour Kingdom Hearts III et Final Fantasy VII remake :

 

Repris par Gackt.

 

 L'optimisme selon la Fnac.

 

 

Pose-toi une question et réponds-y.

 

 

Who knows what evil lurks in the hearts of men ?

 

 The shadow knows, depuis qu'il s'est ouvert un compte Facebook.

 

 

Le mot de la fin ?

 

DLC = DTC.

CQFD

 

 

 

 *

 

 

 

 

Présente toi à l'assemblée constitutive des membres de la commu' :

 

 

Yo nigga ! La bes ? Je m'appelle Isaac Washington, pour te servir (bien que je ne sois pas un barman, lol), Maître de Conférence à Paris VIII. Sur ce blog, j'ai coécrit des articles un peu polémiques tels que Los Santos Nid de Cons, sur la violence dans le jeu vidéo  . A plusieurs reprises, mon langage châtié a été pointé du doigt par les petites salpes à la solde de la bien-pensanc... euuuh, je veux dire, les agents de notre bien-aimée maréchaussée, si bien que je suis actuellement en mesure probatoire, tenu par mon engagement aux Gougnafiés Anonymes de ne plus proférer d'insanités, qu'elles impliquent ou non la maman de mes interlocuteurs. Soyez indulgents avec moi, bande d'enculés, ce n'est pas tous les jours facile vu la merde que c'est de vivre dans un monde où on créé une pétition pour faire annuler le dernier Star Wars.

 

 

 

Ton jeu de l'année ?

 

 

What Remains of Edith Finch parce qu'il faudrait vraiment être le dernier des enculés de ses couilles pour rester insensible à cette oeuvre de gros péd... je veux dire : une oeuvre aussi poignante, subtile et poétique.

 

 C'est quand même beau, la beauté, bordel.

 

 

Ta surprise de l'année ?

 

 

Le fait que les DLC de Final Fantasy XV sortent à la date prévue, putain, j'étais pas prêt, ils m'ont choppé en calbute à mi chemin entre le pieux et le placard à chips, je faisais pas le fier.

 

 

 

Et ça, Blondie s'en remettra jamais, visiblement.

 

 

Ta déception de l'année ?

 

 

La saison 10 de Doctor Who, qui était tellement mal écrite qu'à un moment, j'ai cru que j'étais devant Stargate Atlantis, tu le crois, ça ? Et maintenant, ils nous ont collé une mannequin de catalogue Vert Baudet à la place du vioque, c'est dire si ça va pas aller en s'améliorant, même si elle pourra toujours émasculer ses adversaires avec sa lime à ongles sonique.

 

Ben quoi, c'est quoi ton problème, gros ?

 

C'est pas grossier "émasculer" !

 

 

 

 Avec Benetton comme directeur de casting, ça pourra être qu'une réussite.

 

 

Le scandal de l'année ?

 

 

 Miss France c'est pas une vraie rousse. Elle est même pas vraiment de Lille. Comment vous voulez que j'arrive encore à dormir maintenant que je sais ça ? Faut pas jouer avec les sentiments des gens, après ça me fait chialer comme une petite pucelle et c'est pas très Mab, comme mentalité. Il va penser quoi, de moi, mon Pitbull, s'il me voit chialer à cause d'une Barbie Malibu ?

 

 

 

Le scandal GB de l'année ?

 

Julien Chièze, viré comme un malpropre alors qu'il se lave tous les jours, j'ai un contact au sein de la rédac' qui me l'a confirmé. Parce que bon, avec lui, la Home ressemblait peut-être à une version caméra café du Village des Damnés, en période d'E3, mais enfin de là à dire qu'il y a un vrai mieux en termes de ligne éditoriale, c'est faire fi des nombreuses coquilles et fautes d'orthographe qu'on peut relever au kilomètre carré de news de deux lignes sans intérêt traduites de l'anglais.

 

Et ne parlons pas des posts sur les trailers de Dragon Ball Super.

 

L'autre jour, j'ai activé adblock par mégarde, y'a la moitié des articles de la home qui ont disparu.

 

 

L'arnaque de l'année ?

 

Le succès de Your Name, qui est au moins le plus beau film d'animation japonaise de tous les temps depuis Le Vent se Lève (chef d'oeuvre auquel mon camarade Zaroff a rendu le vibrant hommage qu'il mérite).

 

 

Mais enfin, heureusement qu'All the Anime a de bons community manager parce que Your Name, c'est un peu 5cm per Second, qui était un peu La Tour au-delà des Nuages, qui était déjà un peu Voices of a Distant Star, parce que ça fait un peu plus de dix ans que Makoto Shinkai nous refait sans cesse le même film avec les mêmes personnages, les mêmes voix-off, les mêmes couchers de soleil mais en moins bien. Alors de là à crier au génie, franchement, c'est oublier un peu vite que c'est également un copié-collé du film coréen Il Mare et de son remake US The Lake House (entre deux rives) et c'est pas des échanges de corps à la Max Pecas qui vont changer quoi que ce soit à l'affaire.

 

 

 

Mais enfin, effectivement, pour savoir tout ça, faut sortir un peu de chez soi, et pas seulement quand les community manager d'All the Anime vous donne le putain de feu vert.

 

Du coup, là, personne ne s'offusque, personne ne vient la ramener comme quoi "c'est scandaleux, c'est piqué ailleurs", alors qu'à chaque nouveau film qui sort, on peut compter jusqu'à trois avant que le premier lanceur d'alerte télévisuel vienne nous hacher les noix. Au contraire, au sujet de Your Name, les mêmes te diront : "non mais c'est normal qu'il y ait des points communs, c'est inévitable dans le domaine de l'art, tout a déjà été raconté il faut que tu lises Joseph Campbell et le Monomythe"...

 

Cohérence intellectuelle is over 9000.

 

 

Ah ouais, et la saison 2 de Stranger Things, aussi, parce que c'était juste la saison 1 avec un skin d'ET l'Extra-Terrestre.

 

Ceci est le trailer de la saison 2 de Stranger Things. Et aussi celui de la saison 3, d'ailleurs.

 

 "Ils étaient venus chercher une couleur. Ils en ont trouvé sept cent cinquante mille.

Avec du lense flare".

 

 

Le braquage de l'année ?

 

 

Les élections de la république Française. A mi-chemin entre l'eurovision et les NRJ Music Awards. Une fois de plus, le FN nous confisque le second tour et nous oblige soit à voter pour Light Yagami, soit à rester chez nous le dimanche matin devant les émissions religieuses (sauf pour ceux qui sont inscrits sur les réseaux sociaux et qui comptent garder leurs amis, vu que l'abstention est devenu en quelques heures l'équivalent Twitter du crime contre l'humanité) (Twitter étant lui-même un crime contre l'humanité, on devrait pas tarder à voir débarquer le film en salle réalisé par Christopher Nolan).

 

 

Sérieux, les mecs, c'est pas pour faire mon chafouin mais j'ai assez joué aux licences de Square Enix pour savoir reconnaître une formule qui ne fonctionne plus (et dont tout le monde se fout, accessoirement).

 

 

Alors que bon, on prendrait tous les candidats, on les collerait à poil sur une île de l'océan Indien pendant un mois et demi, divisés en deux équipes et filmés H24, avec des épreuves de confort et des colliers d'immunité diplomatique, et on passerait ça le vendredi en access prime time, ce serait déjà plus fédérateur et au moins, on verrait qui est prêt à baiser qui pour réussir, et qui est plus enclin à baiser les autres.

 

 

Et puis pendant qu'ils sont là-bas, paf, sans rien leur dire, on envoie la Cour des Comptes éplucher leurs finances sur les trente dernières années, et tous ceux qui sont éliminés avant la fin du jeu terminent l'aventure en prison. Ce serait déjà plus sympa et franchement plus démocratique, mine de rien. Et puis c'est plus dans le ton peoplisant des campagnes actuelles.

 

HA !

 

 

ça veut dire que les énarques savent pas faire une cabane ?
 

 

Et ouais, j'assume, je suis de drauche. Ou de groite. On a un peu de mal à s'y retrouver, ces derniers temps, vu qu'ils ont tous le même programme : toupourmagueule.

 

 

 

 

La direction artistique de l'année ?

 

 

What Remains of Edith Finch parce que c'est beau, putain, ces trucs de gonzesses, quand même, ça donne envie de pleurer en lisant des romans d'amour genre Starship Troopers ou la traduc française d'FF VII.

 

 

 

La bande-son de l'année ?

 

Je dirais bien Nier Automata mais j'ai peur de passer pour un gros suiveur et puis vu qu'une des deux chanteuses est black, j'ai aussi peur de me faire renvoyer chez moi en charter, des fois qu'on me prendrait pour un communautariste forcené, genre un Black Panthers des Hauts-de-France (un Black Epagneul Breton ou un truc dans le genre), ou juste parce que 33,94 % des électeurs n'aiment pas la mélanine. Sans compter que bon, c'est une belle B.O., mais comme la précédente : trop répétitive pour tenir complètement le choc à long terme.

 

 

 

Je pourrais aussi évoquer celle de Ys V mais je ne l'ai pas encore lancé, vu que l'autre neuneu monopolise la console avec son Bloodborne périmé.

 

 
Bon et puis quand même l'Hollywoodisme forcené de la B.O. du mode story de Guilty Gear Xrd, signée Shunsuke Takizawa, parce qu'elle tabasse autant que les persos eux-mêmes et qu'on ne présente plus l'awesomeness de celle du mode arcade (et le talent de dingue de Daisuke Ishiwatari).
 
 

 

 

 

 

En plus, niveau scénario, il surclasse sans forcer 10 ans de J-RPG et d'animation japonaise. A une ou deux vaches près, c'est pas une science exacte (une ou deux vaches et/ou une ou deux héroïnes de Queen's Blade, ça revient au même). Bon, en même temps, c'était pas très dur, vu le nivellement par le bas qu'ont connu ces deux domaines depuis quelques temps (ils s'adaptent au public, faut croire).

 

 

 

 

La turbo-baffe de l'année ?

 

La dernière "vraie fin" de Nier Automata, parce que ça n'avait jamais été fait et que ça a du sens. Dans le domaine du jeu vidéo AAA, c'est presque une contradiction dans les termes. Et puis j'aime bien quand on me la met profond mais qu'on me demande mon avis d'abord.

 

 

Le développeur de l'année ?

 

Fachewachewa parce que dans le temps qu'il faut à Square Enix pour sortir UN jeu, il peut en sortir 260 (environ).

 

 

Le constructeur de l'année ?

 

Nintendo, forcément, parce qu'il en a rien à foutre de sortir des hardware des années wesh avec une carrosserie de jouet Smoby, et qu'il réussit à en vendre quand même. Bon, ce coup-ci, ils étaient pas trop sûrs d'eux alors pour rentrer dans leurs frais, ils ont d'abord vendu des émulateurs à 100 balles. Mais ça aussi, ça se respecte ! C'est pas Amstrad qui pourrait faire ça avec sa GX4000 !

 

 

Le bide de l'année qui t'a fait plaisir ?

 

 

Valérian, parce que j'avais déjà détesté le 5ème Elément, c'était pas pour me le retaper avec les héros de Twilight à la place de Bruce Willis.

 

 

Le bide de l'année qui a fait du chagrin en toi ?

 

 

Star Wars VIII, parce que ça fait depuis l'épisode IV que c'est n'importe quoi, cette licence, mais curieusement les gens se réveillent que maintenant juste parce que "ouin-ouin, ça part dans une direction un peu différente". Les gens, aujourd'hui, ils aiment pas trop les directions différentes. Tu penses, ils ont plus l'habitude, ça les angoisse. J'aurais adoré que 2001 sorte en 2017, tiens, juste pour lire les pétitions qui demandent à Kubrick de changer sa fin et d'inclure une bataille spatiale avec plein de pioupiou laser.

 

#balancetonporg

 

D'un autre côté, c'est bien fait pour la gueule à Hollywood : quinze ans à purger ses produits grand public de tout ce qui pourrait déranger celui-ci - ou ne serait-ce que lui demander un effort, même minime, déjà - alors forcément, quand un réal' décide de s'écarter un micromillipoil de ces conventions stéréotypées dont elle a fait des codes immuables, c'est la trahison, l'incompréhension, la peur, la colère, le côté obscur. Et alors là, pour rebondir sur les propos de mon estimé confrères, y'en a pas beaucoup pour penser à Ardisson et à Squeezie quand ils balancent leur « avis » sur la toile à coup de "caca-prout-prout". Faut dire, depuis Harry Potter, on sait bien ce que veulent les gens : toujours la même chose, toujours de la même façon, avec juste un skin différent et un nouveau nom par-dessus. Comme quoi EA et Activision ne sont pas des opportunistes, mais des visionnaires.

 

Ceci étant, de vous à moi et avec tout le respect que je dois à vos petits culs de blancs, quand l'industrie n'a pas grand chose de mieux à vous proposer qu'Independance Day 2, Pacific Rim ou Transformers XII : « la revanche des Golf GTI tunées versus le Roi Arthur », il me semble que taxer Star Wars VIII de pire film de tous les temps, c'est un chouïa de mauvaise foi, ou bien c'est qu'on a les exigences cinématographiques d'une palourde.

 

 

 

 

Je ne sais pas qui, en visionnant Pacific Rim 1, a eu les couilles de se dire

"chiche on essaie de faire pire !", mais c'est un brave entre les braves,

et il a visiblement été à la hauteur du challenge...

 

 

 

L'expérience viscérale de l'année ?

 

 

Rencontrer Kenji Kawai, Brian Michael Bendis et Rebekah Isaacs en dédicace, et pouvoir échanger quelques mots avec eux. Une expérience tellement viscérale que tous les aliments sont descendus dedans.

 

 

 Bien sûr, tu ne connais aucun des trois,

vu que tu attends le communiqué de All the Anime pour t'y intéresser.

 

 

 

 

 

 

Le troll de l'année ?

 

 

Nintendo pour la Switch.

 

 

 

Ton Top 5 de l'année ?

 

 

Journey

 

Bound

 

Abzu

 

Virginia

 

House of the Dead Overkill

 

 

Et son spin-off, oeuf corse !

 

 

Tes attentes pour 2018 ?

 

 

Des jeux poétiques à la direction artistique soignée avec en tête Shadow of the Colossus HD, The Lost Child, Aegis Rim, Dragon's Crown HD et Ni no Kuni 2 - ainsi que son spin off, Ni no Kuni Lingus...

 

Raaaah, flûte, j'ai pas pu résister, j'étais si près du but, il a fallu que je dérape bêtement sur la dernière question et ma conditionnelle va sauter ! On m'a piégé, putain ! Je suis sûr qu'on m'a piégé !

 

 

 

 

 

 

 

 

Pose-toi une question et réponds-y.

 

 

Combien de pattes à un Canard ?


ça, ça dépend de Monsanto.

 

 

Le mot de la fin ?

 

 

I wanna rip your fucking balls off.
Et la Paix sur Terre aux Hommes de Bonnes Volonté.

 

Ainsi qu'aux Femmes.

 

Et aux gens qui se sentent comme des Nébuleuses au dedans d'eux-mêmes.

 

Même si ce sont des babtous fragiles.

 

Ho ho ho.

 

 

 

 

Bon alors on la lance quand, notre  pétition pour faire annuler Final Fantasy X

et l'exclure de la liste des épisodes canoniques ?

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Pi.R.Carré - Pour changer d'aire (Geekerie)

 

Non, non, n'insistez pas, cette fois, vous n'aurez pas de longs discours, ni même l'Alsace ou la Lorraine, ni même une Ouiche ou un morceau d'Ukraine, je voulais juste crier ma joie (que nous appelerons ici Aline-Aline, parce qu'"il" revient).

"Il", c'est le fameux raincoat killer qui a terrorisé la petite bourgade de Greenvale en 2010, et qui s'apprête à frapper à nouveau par set de cartes interposées puisque j'ai reçu ce midi-même mon exemplaire du jeu de plateau Deadly Premonition, pile à la date prévue.

Financé via un kickstarter ayant rassemblés quelques 150000 dollars (quand même !) et mobilisé 2440 contributeurs, ce jeu d'enquête signé Rising Star Games vous transporte dans la peau d'un agent du FBI bien décidé à faire cesser ces crimes odieux.

 

 

Inspiré par l'univers déjanté de ce survival horror en monde ouvert signé Swery, qui a défrayé la chronique (et effrayé la critique) en son temps, ce coffret réunit l'ensemble du matériel du jeu, un livret de règles en quatre langues (dont le français), quatre cartes postales, quatre étuis plastique, un petit mot signé de la main dudit Swery (or on sait combien vaut cette signature depuis sa dernière campagne de crowfunding, mais je me comprends) et une clé Steam du jeu vidéo. Peu de doublons du côté des illustrations des cartes, toutes différentes ou pas loin, qui retranscrivent joliment l'atmosphère du jeu et sa direction artistique grâce au talent de l'artiste Fran Fdez.

C'est dire si a posteriori, je regrette de n'avoir pas pris l'édition "Sheriff", qui donnait droit à un très beau tapis de jeu en prime, ainsi qu'un mug A & G, un poster réversible, le CD de la B.O. du jeu, un dé customisé et une pochette de rangement. A nos actes manqués...

 

Quoi qu'il en soit : un must-have pour les fans de cet OVNI vidéoludique (qui s'est fait sa place sans forcer dans mon top 10 des meilleurs jeux de tous les temps) et pour les amateurs de jeux de société, dont je suis également.

Ne me reste plus qu'à réunir mes détectives préférés et à rouvrir l'enquête.

Pourvu qu'il ne pleuve pas...

 

 

Vidéo bonus, pour les curieux qui voudraient se donner une idée des mécaniques de jeu :

 

 

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Édito

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

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