ERROR 404 BLOG NOT FOUND

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Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 10/02/18 à 18h09

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Kingdom Hearts III.

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Pi.R.Carré - Pour changer d'aire (Politique)

 

 

 

Parce que grâce à la génération Millenials et à ses guerriers de la Justice Sociale, nous vivons dans un monde chaque jour un peu plus formidable, un peu plus juste, un peu moins oppressif (et si t'es pas d'accord t'as le droit de fermer ta gueule sale mâle blanc hétéro cis-genre on boit tes :maletears: t'as vu ?) ; et parce que grâce à eux, nous laissons derrière nous les millénaires de ténèbres et d'obscurantisme qui ont précédé l'ouverture de leurs comptes twitter et de leurs « donne à mon Patreon », chaque semaine, le Comte Zaroff te propose une petite revue de presse des scandales éphémères qui contribuent à rendre notre société meilleure (peut-être) et à générer du clic pour gagner les sous de la pub (ça, par contre, c'est sûr).

 

 

Alors bon, qu'on ne se fie pas aux apparences : dans l'idée, il s'agira d'un format bref (rires), fondé sur la concision (encore plus rires), mais comme c'est le premier (et sans doute dernier) post de la série, ça va s'étaler un peu dans le temps pour « planter le décor », histoire qu'on voit bien comment l'humanité va réussir en vingt ans à revenir sur plusieurs milliards d'années d'évolution laborieuse pour une poignée de likes et de retweets.

 

Juste une précision liminaire toutefois, parce que le Comte Zaroff n'a pas vocation à devenir le copain de tous les cassos de la terre non plus : si d'aventure tu es un.e connard.e sexiste.e, xénophobe.e, homophobe.e ou autre, passe ta route, passe ton chemin, passe le message à ton voisin. Les ennemis de mes ennemis ne sont pas ses potos, surtout quand ils ont contribué à les engendrer. Et de la même façon, si tu penses que tout ceux qui ne sont pas d'accord avec toi devraient être collés dans des camps « au nom d'un monde meilleur » (ou virés de leur fac, ou harcelés sur la toile), d'ailleurs. Si tu ne sais débattre qu'avec des gens qui sont d'accord avec toi, autant que tu t'épargnes de la contrariété et que tu te cantonnes à ta consanguinité cérébrale et aux séances de masturbation (intellectuelle, mais pas que) collective qui te rendent tout dur de la conscience morale (« han mais comment t'as trop raison, je pense trop comme toi ! » « non, non, que dis-tu enfin, c'est toi qui a trop trop raison, c'est moi qui pense trop trop comme toi ! » "qui, moi ? Oh non, voyons ! Que dis-tu là ? Je ne saurais l'entendre ! Tu as toujours été mon exemple !" « Un exemple, moi ? Alors que tu m’as tout appris ? Je ne saurais l’entendre ! ». Ad lib). De toute façon, dans les deux cas, tu n'es pas équipé pour suivre, alors autant retourner dans ta bulle de Bisounours à crête.

 

Sur ces bonnes paroles, on lance le jingle.

 

Générique.

 

C'est parti.

 

Alors déjà, sur l'aperçu, Force Rose est en rose. ça part très très mal, cette affaire-là !

 

 

Dans les épisodes précédents :

 

LE MONDE D'AVANT LES MILLENIALS (OBSCURITÉ, TÉNÈBRES, CHATS ET CHIENS COUCHANT ENSEMBLE T'AS VU ?)  :

 

 

- 1949 : sortie de 1984 et déjà, là, tout le monde est paumé et compte sur ses doigts. Dans cet ouvrage devenu culte, les citoyens d'un monde dystopique vivent sous le joug de l'Etat qui leur impose quoi faire, quoi dire, quoi aimer, quoi penser « pour leur propre bien et celui de tous ». Un ouvrage d'anticipation longtemps considéré comme visionnaire, à tort.

 

 

2018 : finalement, Orwell avait un peu surestimé l'Etat et un peu sous-estimé la bêtise humaine. Non pas que l'Etat n'ait pas essayé de formater les masses pour s’assurer leur plein contrôle, et surtout étouffer la contestation dans l’½uf, bien sûr, mais au fond de lui, il sait qu'il n'est pas de taille. Quand il s'est rendu compte que pour imposer une pensée unique et pour faire taire les moutons noirs, il suffisait de laisser les masses en question se censurer les unes les autres, balancer leurs coordonnées mutuelles sur la toile au moindre désaccord, se surveiller, s'afficher sur Twitter (et y afficher autrui sitôt qu'il leurs déplait), faire de la délation, tronquer les discours, tordre les raisonnements, se harceler, se menacer, s'agresser « pour la bonne cause », il a trouvé beaucoup plus reposant de se mettre sur la touche et de compter les points. Et comme on le comprend.

 

 

- 1953 : Ray Bradbury, géant de la science-fiction anglophone, publie Fahrenheit 451, autre roman maintes fois cité en exemple, dans lequel les pompiers n'éteignent plus les feux mais les allument, brûlant tous les ouvrages que l'Etat (décidément, il est sur tous les bons coups, lui) a jugé dangereux. Là encore : cruel manque de clairvoyance de la part du bonhomme.

 

 

2018 : finalement, l'Etat n'a même pas eu besoin de former des fonctionnaires ou de lancer une politique de recrutement de pompiers incendiaires. Les honnêtes citoyens se chargent bénévolement de la chasse aux sorcières. Vu les chiffres du chômage en France, on ne peut que le déplorer. Au nombre des premières ½uvres fascistes aspergées de gazoline, entre toutes les productions humaines présentes, passées et à venir (parmi lesquelles on compte, quand même, les textes du Marquis de Sade et la biographie de Moundir), on compte les pamphlets propagandistes « Friends » et « The Big Bang Theory ». La lie racisto-phallocrate en tremble sur ses bases. Comment ? On ose s'en prendre à ses textes fondateurs ?

 

 

- 2015 (mais pas que) : des fondamentalistes religieux détruisent des ½uvres préislamiques dans un musée à Mossoul, sous prétexte qu'elles ne sont pas compatibles avec leurs convictions idéologiques et leur conception de l'histoire. Le monde entier s'indigne et parle de "crime contre le patrimoine de l'humanité". Manuel Valls déclare qu'"une part de l'esprit humain (...) s'écroule" (s'écroule, oui, mais pas assez pour lui valoir un poste au gouvernement, faut pas déconner). En 2001, c'était des Bouddha géants en Afghanistan. En 2012, quatorze mausolées de Saints Musulmans au Mali.

 

2014 : A Paris, on expose un gigantesque plug anal gonflable place Vendôme. Là encore, le message est fort. On a beau anéantir des ½uvres historiques à la valeur inestimable, les artistes ne courberont jamais l'échine, ils continueront qui, de sculpter avec son caca, qui, de passer les dessins d'autrui au filtre triangulaire. The show must go on.

 

 C'est quelque chose, quand même, l'Art.

 

LE MONDE DEPUIS LES MILLENIALS (ILLUMINATION, TRANSCENDANCE, CH¼URS ANGÉLIQUES, HOSANNA, TOUT CA) :

 

 

- 4 janvier 2018 : Twitter découvre le vrai visage d'Alexandre Astier.

 

 

Alors qu'une anonyme lambda a la GENTILLESSE de lui donner quelques conseils d'écriture, histoire de l'aider à affiner un peu son humour (quand même très "oppressif" et "homophobe", quand on y pense), le créateur de Kaamelott a la MECHANCETETÉ de lui RÉPONDRE. Pire : il ne la remercie pas pour ses réflexions éclairantes et ne s'exclame pas tout go "hé mais oui, bon sang mais c'est bien sûr, internaute inconnue et néanmoins sagace ! Comment ai-je pu ne pas m'en rendre compte plus tôt ! J'étais aveugle et maintenant, je vois ! Toutes ces décennies passées à opprimer les minorités en croyant être drôle, alors que je ne faisais que stigmatiser les faibles et les nécessiteux ! Quel connard j'ai été ! Mais grâce à toi, c'est terminé, tout ça ! Tes 140 caractères ont fait de moi un homme nouveau ! En remerciement, je te crédite en tant que co-scénariste et je te cède le rôle d'Arthur dans le film à venir ! Un Roi Arthur femme ! Rends-toi compte ! Quelle victoire ce sera pour le féminisme ! Et tiens, d'ailleurs, puisqu'on en parle... tu ne serais pas black aussi, des fois ? Maintenant que tu m’as montré la lumière, je me sens d'humeur à combattre le racisme en capitalisant sur la couleur de ta peau dis-donc !".

 

Bien au contraire : l'auteur-compositeur-scénariste-humoriste a le toupet de lui répliquer sèchement qu'il n'a pas de leçons d'écriture ou de tolérance à recevoir de la part d'une personne qui se revendique "misandre". Quelle arrogance ! Quelle étroitesse d'esprit ! Ha, ha, le masque tombe ! Monsieur Astier est du genre à répondre quand on l'interpelle (mais pour qui se prend-il ? Tout ça parce que soi-disant, c'est une star ? Mais attends ! Tous les Millenials sont des stars, leurs parents et leurs psy n'ont pas cessé de le leur répéter : "tout le monde est un génie et si ça se voit pas, c'est juste parce que la société est faite par des gens médiocres - les générations précédentes - pour des gens médiocres - les générations précédentes aussi ; et parce que les Millenials c’est juste des poissons à qui on voudrait apprendre à grimper aux arbres").

 

Monsieur Astier est même du genre à répondre publiquement quand on s'adresse à lui publiquement ! Mais que de violence, en cet homme ! Doit-il détester le beau sexe, pour en venir à de pareilles extrémités ! Et en même temps, que pouvait-on attendre d'un mâle hétéro blanc cis-genre pour qui les femmes sont soit des gourdes (Guenièvre), soit des harpies (toutes les autres) ? Heureusement, Twitter veille. Si l'on peut déplorer que des mufles aient pris la défense de l'intéressé (normal. Celui-ci leur a livré la malheureuse en pâture ! Sic), ils sont également nombreux à le condamner pour son acte d'une violence morale inouïe. Il faut dire aussi que quand on a passé vingt ans sans qu'une seule personne n'ose nous dire "non", ou  "zut", ou "merde", au nom de "l'éducation bienveillante", ça pique un peu quand ça arrive la première fois. En sa qualité de plus haut degré de l'espèce humaine, le Millenial est celui qui donne des leçons, mais qui n'en reçoit pas - sans savoir que, comme le chantait Pacsal Obispo (autre pervers phallocrate de son état) : "donner, c'est comme recevoir, mais sans s'en apercevoir".

 

 

- 9 janvier 2018 : le metteur en scène Leo Muscato s'offre un coup de pub dans l'air du temps en réécrivant la fin de Carmen (mais si, tu sais, celle qui est tuée par Sephiroth à la fin du CD1).

 

 

 

Dans cette nouvelle version [attention, spoilers ! Mais enfin, c'est pas comme si t'allais lire le bouquin un jour, non plus...], au lieu d'être assassinée par Don José, la plantureuse bohémienne renverse les rôles et zigouille son Jules (enfin, son José, vous m’avez compris) en bonne et due forme (#balancetonporc. Sur la lame d'un couteau, si possible).

 

Ce n'est certes pas la première fois qu'une oeuvre est réécrite (à quoi bon avoir du talent ou des idées personnelles quand on peut s'approprier le travail d'autrui ? Ne lui fait-on pas au contraire un honneur immense en s'appropriant culturellement sa merde des années wesh et en l’améliorant ?), mais ce sont les raisons de l'homme qui forcent le respect (ils le forcent même tellement qu'il devrait aller porter plainte).

 

"On ne peut pas applaudir le meurtre d'une femme", dixit.

 

Jamais auparavant on n'avait fait preuve d'une telle puissance intellectuelle, d'une telle faculté de recul, d'une telle connaissance des principes symboliques qui régissent le domaine de l'Art !  Dans la tête de Muscato, ce n'est en effet pas celui-ci, qu'on applaudit, ni la performance, ni la musique, ni les chorégraphies, ni l'écriture, ni même sa putain de mise en scène, non : c'est ce qui se passe sur les planches (enfin, ça ne se passe pas vraiment, hein, c'est tout du faux, mais les gens le savent-ils seulement ?). Ce qui recoupe plutôt bien ma théorie comme quoi il faudrait mettre tous les fans de Saw en prison. D'ailleurs si Mérimée a choisi ce dénouement, ce n'était absolument pas pour des raisons dramaturgiques, des questions de structure ou de thématiques, non, c'est juste parce que c'était un putain de mâle blanc hétéro-cis-genre et qu'il adorait voir les femmes mourir sous ses yeux. Nonobstant, il semble que pour Muscato, applaudir le meurtre d'un homme ne pose pas de problème, par contre. Ben oui, la femme est l'égale de l'homme mais c'est plus grave de la tuer elle. Narmol.

 

 

Il reste un peu de place pour lui dans la cellule des fans de Saw, ou pas ?

 

 

- 13 janvier 2018 : Vous pensiez que Friends n'était qu'une inoffensive sitcom des années 90 racontant sur un ton humoristique le quotidien de six jeunes New-Yorkais ? Vous n'êtes pas Millenial, vous appartenez au passé - un passé honteux où on portait des peaux de bêtes et où on traînait les femmes par les cheveux. Car sous ses dehors bon enfant, la série ne trompe personne (personne de moins de trente ans, en tout cas) : elle est raciste, sexiste, homophobe et grossophobe. Pas étonnant qu'elle ait été si populaire auprès des gros connards arriérés des générations précédentes ! Heureusement que la nouvelle est là pour prendre la relève, avec son 15 en français au BAC niveau 5ème !

 

 

Fort de ce constat édifiant, gageons qu'elle ne s'arrêtera pas en si con chemin (pardon pour la coquille) et qu'elle va s'atteler à décortiquer TOUT ce que le monde a jamais produit de films, séries, romans ou autres, jusqu'à ce qu'il n'en subsiste plus un seul susceptible de proposer, directement ou indirectement, du contenu à caractère potentiellement « oppressif ». Ou du non-contenu, d'ailleurs. Parce que s'il n'y a pas quelque chose dans une ½uvre, c'est qu'il y a son contraire, évidemment, ça tombe sous le sens ! Par exemple s’il n’y a pas de militants anti-nazis dans un film, c'est qu'il est pro-nazi, comme dans Raiponce ou l'Âge de Glace. Hé oui ! Faut réfléchir, un peu !

 

 

On estime donc qu'au printemps 2063, ne seront plus autorisées que les pubs Benetton et les sketchs de Raymond Devos. Mais ne nous réjouissons pas trop vite ! La tâche est grande, le chemin sera long. Nos Avengers de la Justice Sociale vont devoir s'attaquer à des super-vilains de taille, en comparaison desquels Thanos et Ultron font figure d'enfants de ch½ur. Jugez plutôt : les Inconnus, les Nuls, les Monty Python, … - mais si on pouvait commencer par Laurent Gerra et Jean-Marie Bigard, ça m'arrangerait assez.

 

 

Par conséquent, le cours du Pop-Corn à la Bourse devrait grimper en flèche dans les années qui viennent, si bien qu'en 2064, le président directeur général de la société Baff devrait accéder au trône d'Imperator Millenialis et régner sur le monde d'une main de fer "dans un gant de petits morceaux de nuages". Alors oui, bien sûr, il y aura toujours des esprits rétrogrades pour dire que oui, bon, y'a pas de noirs dans Friends mais y a pas de blancs non plus dans le Prince de Bel Air ou dans le Cosby Show, et qu'on n'en a pas fait tout un foin pour autant MAIS C'EST PAS PAREIL, t'as compris ? Dans Friends, les personnages sont tous issus de la classe des privilégiés et profitent ouvertement des bienfaits du racisme ! Alors que dans les deux autres séries mentionnées, ce sont des minorités opprimées qui souffrent du diktat des blancs et ça, ça-change-tout (les personnages du Prince de Bel Air sont opprimés dans leur palace avec des piliers en marbre - et d'ailleurs, notez bien que leur majordome est NOIR ! Les personnages du Cosby Show, eux, sont opprimés dans leur apart' de douze pièces en plein centre de New York. Je pleure de rage à chaque fois que je regarde ces deux séries, face à tant d'injustices).

 

Alors bien sûr, dans l'une comme dans l'autre, il n'y a pas non plus d'asiatiques ni de portoricains (ni d'inuits non plus, j'ai vérifié), qui sont des minorités opprimées aussi, mais... euuuuhhh... non, c'est pas raciste quand même, parce que... euuuhhhh... c'est pas pareil ? !

 

 

Bon et puis on est tous d'accord, hein : la grossophobie, c'est mal. Bon, après, y'en a pas un (ou une) seul(e) d'entre nous qui accepterait de sortir avec une personne un peu forte sans y être obligé, hein, ou à moins d'avoir un coup dans le nez, mais c'est parce que "ça ne colle pas sur le plan de la personnalité", bien sûr, quoi d'autre ? Celles et ceux avec qui ça colle sur le plan de la personnalité sont comme par hasard toujours sveltes et bien gaulés mais ça, c'est pas notre faute ! C'est pas de la grossophobie, c'est juste une GROSSE coïncidence (mais on peut être amis, si tu veux, Ô, être peu gâté par la nature sur le plan morphologique, mais néanmoins très sympathique malgré tout !).

 

Ceci étant, vous l'avez compris, j’ai conscience que je suis un salaud et j'essaie de changer, de me mettre à jour niveau "système de valeur", histoire de pouvoir moi aussi intégrer le camp des gentils et pouvoir donner des leçons aux méchants sans en recevoir en retour ; mais c'est pas toujours simple avec toutes ces nouvelles notions sophistiques et contradictoires, parce qu'on ne sait jamais trop bien ce qui y relève de la pensée rationnelle ou de la folie furieuse. Alors je me demandais, juste : si les blancs qui écrivaient Friends avaient développé des personnages blacks, est-ce que ça n'aurait pas été une forme d'appropriation culturelle ? Genre du whitesplaining ? Des blancs qui prétendent savoir expliquer aux blacks ce que c'est que le quotidien des blacks ? Du coup, les auteurs de Friends ne mettent pas de perso blacks dans leur série, ils sont racistes, ok. Mais s'ils en avaient mis, ils auraient été racistes aussi. Ils auraient pu se licencier eux-mêmes et engager des scénaristes black à la place, mais l’ont-ils fait ? NON votre honneur ! Non, ils ne l’ont pas fait ! Si ça, ça ne prouve pas objectivement qu'ils sont racistes, je ne sais pas ce qu'il faut aux gens, moi.

 

Alors par contre, juste, ça me gêne un peu, si on pouvait trouver un autre terme pour désigner l’action qui consiste à pendre un individu à un arbre à cause de sa couleur de peau ou de le vendre sur un marché comme une bête de somme, ce serait plus décent, je trouve, parce que je ne crois pas que les gens qui y ont un jour laissé la vie apprécieraient qu'on mette leurs souffrances sur un pied d'égalité avec "ne pas inclure de personnage de couleur au casting d'une série de divertissement humoristique".

 

Mais hé, qui suis-je pour oser la ramener, moi qui suis blanc comme le cachet d'aspirine d'Elric le Prince de Melnibonë ?

 

 

 

- 19 janvier 2018 : puisqu'on en parle, ça tombe bien, AJ+ (entité de la chaîne AljazeeraTV) consacre un reportage à « pourquoi c'est grave, l'appropriation culturelle ».

 

Une femme d'origine maghrébine qui travaille, ne porte pas de voile, s'exprime en langue française via un média occidental et passe à la télévision (sans que visiblement sa vie n'en soit menacée) nous apprend pourquoi c'est grave de s'« approprier » des éléments de la culture d'autrui, faisant ainsi fi de plusieurs millénaires de brassages humains, génétiques, culturels, qui ont constitué la Grande Histoire et ont permis à l'humanité d'avancer (un peu), préférant pour sa part ajouter aux frontières dessinées sur les cartes un surplus de frontières mentales, arbitraires, afin de s'assurer que les communautés ne se rejoindront jamais et resteront bien chacune dans leur coin à se haïr mutuellement.

 

On ne fait pas que t'opprimer au quotidien, individu d'une minorité sociale évidente, on cherche aussi à te déposséder de ce qui définit ton identité culturelle. Te déposséder de tes tresses, c'est se rendre maître de tout ce qui fait de toi ce que tu es. Parce qu'il te reste quoi, culturellement, si on te prend tes tresses, hein, le noir ? Ben rien, c'est bien connu, la culture black se réduit à une coupe de cheveux, tout le monde sait ça dans les milieux non-racisants.

 

Moi, là, comme ça, à brûle pourpoint, je trouve ça d'un racisme larvé absolument dégueulasse, mais c'est parce que je ne suis pas un Millenial, je ne peux pas comprendre toutes les subtilités du monde des gens qui sachent. J'essaie, vraiment, mais j'ai beau faire, je me heurte à mes blocages de vieux con réactionnaire. Par exemple, je sais bien que je ne devrais plus utiliser les chiffres arabes (à commencer par le zéro) et poser toutes mes divisions en chiffres romains mais rien que d'y penser, ça me colle des crises d'angoisse. Remarque, les arabes non plus ne pourront plus les utiliser vu qu'ils les avaient piqués aux Indiens.

 

 

Et puis je devrais arrêter de dire « mes ancêtres les gaulois », aussi, vu que le seul descendant de gaulois qui reste en France et dont l'héritage génétique ne fait aucun doute, c'est José Bové. Oui, c'est un peu compliqué, ces histoires d'appropriations culturelles. Comme je vous le disais, je maîtrise pas tout, encore, mais j'y travaille.

 

 - 29 septembre 2017 : sortie de Cuphead sur PC et Xbox One.

 

 

La polémique ne se fait pas attendre. Le graphisme si particulier de ce platerformer sans pitié serait raciste. Non pas parce qu'il comporterait des éléments racistes, non, enfin, lecteur, ce que tu peux être premier degré par moments, mais parce qu'il serait inspiré d'un vieux dessin animé comportant des éléments racisants.

 

28 janvier 2018 : Dragon Ball Fighter Z sort en fanfare et fait l'unanimité.

De toute évidence, tout le monde a oublié Monsieur Popo.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voilà donc grosso merdo à quelle profondeur nous étions tombé en début de semaine dernière.

 

Sans plus tarder, donc, il est temps de continuer à creuser :

 

 

- 1er février 2018 : la conservatrice d'un musée de Manchester fait décrocher une toile préraphaélite au motif qu'elle présente des corps de femmes dénudées mis en scène « de façon passive-décorative ».

 

 Et en plus c'est trop moche.

 

A la place, l'espace est laissé libre pour que les visiteurs puissent coller des post-it, sur lesquels ils auront écrits leurs réflexions sur la place du sexisme dans l'Art - afin, soi-disant « d'ouvrir le débat » (et quel progrès intellectuel, mes amis ! Avant, on ouvrait le débat en… euuuhh… ouvrant le débat, mais c'était laborieux, les gens argumentaient et contre-argumentaient, ça durait des plombes, on n'en finissait plus, c'était so 2017. Alors que maintenant que la vérité tient en 140 caractères, on gagne du temps et puis on se fâche moins parce qu'on est tous d'accord et que ceux qui ne le sont pas ils ont qu'à fermer leur gueule d'abord sinon on les fait virer de leur fac).

 

Par ailleurs, le décrochage du tableau est présenté comme faisant partie d'une "performance artistique" (lol) qui donnera lieu à une exposition dans ce même musée en mars. Et ça par contre c'est fascinant parce qu'avant, pour être un artiste, il fallait peindre. Alors qu'aujourd'hui, il suffit de décrocher le tableau des autres. C'est donc bien vrai qu'en chaque Millenial, il y a un génie qui sommeille (et qu’est-ce qu’il ronfle, putain, le saligaud ! On n’entend plus que ça !) ? ! Non parce que techniquement, décrocher un tableau, c'est à la portée d'à peu près tout le monde et ça, c'est une bonne nouvelle parce que ça veut dire que l'art se démocratise et qu'il n'est plus l'apanage de vieux croûtons blancs ci-genres qui se sont cassé les gonades oppressives à apprendre des techniques bidons de dans le temps. C'est pourquoi je propose qu'on poursuive sur cette saine lancée en prenant plein de bouquins au hasard et en les cramant sous l'Arc de Triomphe. Bien sûr, le tout sera filmé et fera partie d'une exposition à Beaubourg en juillet. Hé ouais, leçon de vie, les gens.

 

C'était pas d'humanité, qu'ils manquaient, les nazis. C'était de webcams.

 

Pendant ce temps, France 4 diffuse un reportage dans lequel un poisson de trois centimètres (dont le cerveau doit faire à peu près le millième de celui d'une conservatrice de musée) se livre à une performance autrement plus artistique que le décrochage d'un tableau. Bon ok, c'est pour niquer, mais même ! ça reste plus classe que de casquer au restaurant pour pouvoir s'envoyer en l'air.

 

Après, pour en revenir à notre histoire de tableau, si l'on peut me permettre un chouia de mauvais esprit, je dirais que faire disparaître l'objet du débat pour amener à en débattre, ça me paraît un tantinet contre-productif, comme démarche. Genre : "et alors aujourd'hui, je vous propose de tous débattre au sujet du tableau que vous avez tous sous les... euuuhhh... attendez, non, c'est vrai, on l'a enlevé. Bon alors, euuuh... à la place, je vais vous le décrire et... euuuhhh... vous l'imaginerez dedans vos têtes... ou non, tiens... Gontrand va vous distribuer des repro de l'oeuvre, voilà, oui... des repros couleur sur papier glacé... fais-en 350, Gontrand... et distribue-les à tout le monde, hein...". Comme quoi, y'a des musées qui gagneraient à être comme certains aliments : sans conservateurs (badum tsss !) (humour non oppressif, n'empêche).

 

Bon et puis tant qu'à ouvrir le débat, soi-disant, on pourrait commencer par se demander si la femme elle-même ne devrait pas donner l'exemple en cessant de passer des heures devant la glace à faire de son corps une oeuvre passive-décorative, ou d'investir chaque mois plusieurs centaines d'euro pour se mettre en valeur à la manière d'un peintre préraphaélite (quand bien même en a-t-elle tout à fait le droit. Moi, perso, elle fait ce qu'elle veut, je m'en bas les steaks) ; mais ça risquerait d'ouvrir un vrai débat d'avant 2018, ceux où tout le monde n'était pas forcément d'accord avec tout le monde, ou de dépasser le stade confortable de la réalité en noir (ça, ça va encore) et blanc (ouuuh, cochons racistes, ça, par contre). Selon la formule consacrée : Y'en a qui ont essayé (coucou, l'Odieux Connard !), ils ont eu des problèmes. Faut dire, aussi, pourquoi le Millenial se ferait chier à argumenter alors que dans la mesure où il a raison, ceux qui sont d’accord avec lui sont subversifs, et ceux qui ne sont pas d’accord sont réactionnaires. 

 

 

- 1er février 2018, toujours (et quelle douce ironie, ma foi)  : la justice française examine enfin la plainte déposée en 2011 par un utilisateur de Facebook, suite à la censure d'un post reproduisant la toile "l'Origine du Monde (bien connue des anciens de la communauté Gameblog pour des raisons semblables).

 

 

Vite, vite, l'internaute ! Haro sur le Sopalin !

 

Son avocat déclare que « censurer ce tableau, qui est aussi un hymne à la liberté de créer, c’est une attaque contre la démocratie, contre la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Si Facebook a une vision différente de celle qui est contenue dans les textes de loi sur la liberté d’expression, il n’a pas à l’imposer ».

 

Aussi ne saurions-nous trop conseiller aux représentants de Facebook de prétendre avoir supprimé ce post au motif qu'il présentait le corps d'une femme dénudée de façon « passive-décorative » (qui plus est les jambes écartées, ce qui est vachement passif-décoratif, pour le coup), que c'était pour "ouvrir le débat" et que cela s'inscrit dans le cadre d'une "performance artistique", que la suppression du post a été filmée et qu'elle fera l'objet d'une diffusion à l'échelle mondiale lors de la journée internationale de promotion de l'Art Libre et Démocratique (avec une petite animation musicale y intégrant les photos de vacances des utilisateurs). ça devrait passer crème.

 

 

Où se situe la différence, alors ? Le préraphaélisme serait d'un sexisme insoutenable, et le tableau de Courbet, un hymne à la liberté de créer ? C'est Jacquie et Michel qui vont être content de l'apprendre. Pour un peu, ils étaient à deux doigts de... euuuh... non, oubliez la formulation avec les doigts, je vais essayer d'en trouver une autre plus... moins... euuuhhh... passive-décorative. Pour un peu, donc, ils envisageaient de porter plainte contre les peintres préraphaélites pour concurrence déloyale. Parce que c'est bien connu, hein : les gens ne fréquentent les galeries d'art que quand les strip-clubs sont fermés, comme palliatif, juste pour se chauffer le zizi, et il est plus facile pour eux de se pougner sur du préraphaélite que sur du Courbet. Décidément, ces intellos ont tous les vices.

 

Cela ne leur suffit donc pas, d'aller à l'opéra pour applaudir le meurtre d’une femmes ? 

 

 

- 1er février toujours : depuis un peu plus d'un mois, la France redécouvre les violences conjugales et pourquoi c'est grave.

 

 

 

Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint depuis des décennies, hélas, et on ne compte plus les assoc' qui se sont battues sur le terrain durant tout ce temps pour venir en aide aux victimes de violence, allant jusqu’à mettre leur propre sécurité en jeu, mais il a fallu attendre fin 2017 pour que tout à coup, cela devienne un problème d'intérêt public (puisque retweetable), et plus une vague statistique dont tout le monde s'osef.

 

L'occasion pour le tout-venant des sites sponsorisés de ressortir leurs vieux articles clicbait et cashtonner sur la souffrance du monde (il n’y a pas de sot métier, dit-on, il n’y a que de sottes gens. Ce qu’on ne dit pas, c’est que les sottes gens se comptent par paquets de dix mille). Cette indécence ne suffisait pas, bien sûr, c’eut encore été trop décent, et par conséquent pas assez vendeur. On est en 2018, bordel. La déontologie, c’est devenu un gros mot.

 

Les violences domestiques, c’est bankable, coco, comme tous les faits divers sordides, mais si tu veux vraiment faire un carton, va falloir en rajouter une couche dans le tragique et le sensationnaliste ! Quoi, coco ? « Est-ce qu’on ne risque pas de donner aux gens une idée fausse du problème et d’entretenir des clichés nuisibles à tous les niveaux de la société » ? Ha ha, t’es un marrant, coco, je t’aime bien, toi. Pourquoi tu crois qu’ils cliquent, les gens ? Tu veux manger à ta faim ce mois-ci, ou pas ?

 

"En France", titre notamment Slate, "on meurt parce qu'on est une femme". Pas parce qu'on a un conjoint déséquilibré et dangereux, non. Juste parce qu’on n’a pas enseigné aux petits garçons à respecter les petites filles, tu penses. Le même conjoint déséquilibré, en couple avec un autre homme, il serait doux comme un agneau. Et d’ailleurs il ne tape jamais non plus sur d’autres hommes quand ils le regardent de travers dans la rue, ou au bar, ou dans les gradins du stade. Il aide même les petites vieilles à traverser. C’est vraiment parce qu’il a une femme en face de lui qu’il frappe. Sans ça, comment expliquer qu’il n’y ait que les femmes qui soient victimes de violences conjugales, ou qu’il n’y ait jamais d’agressions sauvages d’hommes dans la rue ? Qu’est-ce qu’il y a, coco ? T’as quelque chose à dire ? Non ? C’est bien ce qu’il me semblait.

 

Alors pardon, je sais, je casse un peu l’ambiance, on rigolait bien et puis là, patatra, ça vire au brulot mais à sa grande tristesse, le Comte Zaroff est aussi un être humain, ce qui implique que certaines choses peuvent lui rester coincées en travers de la gorge (généralement : d’autres êtres humains, mais c’est une autre histoire). Parce qu’autant on ne peut que se réjouir que les langues se délient, qu’on aborde les problèmes de façon frontale, enfin, qu’on leur accorde de l’importance, oui… autant dans les faits, si ça doit juste se concrétiser par des chaînes Facebook (utilité : zéro, mais ça donne bonne conscience) ou des individus qui ne s’intéressent aux faits que pour voir jusqu’où ceux-ci peuvent légitimer leurs convictions personnelles, autant laisser les assoc’ et la police continuer leur boulot comme avant, hein.

 

Parce que bon, je suis pas psychologue, hein, mais j’ai quand même un scoop : c’est pas parce que le mec qui bat sa femme il va voir passer sur Twitter un montage Paint avec inscrit dessus « taper sa moitié, c’est se taper soi » qu’il va se dire « bon sang mais c’est bien sûr ! Comment ne m’en suis-je pas rendu compte plus tôt ! Tout ce temps, je lui faisais mal et je ne m’en rendais pas compte ! Si seulement à l’école, on m’avait enseigné que taper sur les filles c’était pas bien ! Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi mes parents m’ont-ils emmené voir Carmen à l’opéra quand j’avais douze ans ? ! ».

 

Et de la même façon, en s’attaquant à un problème en le prenant non pas pour ce qu’il est, mais pour ce qu’on voudrait qu’il soit, on ne risque pas de régler quoi que ce soit - ou bien il faut tout de suite prévenir les médecins généralistes, qu’ils arrêtent de prescrire des antibios en cas de grippe, et proposent plutôt une amputation des doigts de pied. Alors, non, coco, on « ne meurt pas parce qu’on est une femme ». Il y a des femmes qui meurent, oui, et c’est déjà bien assez dégueulasse comme ça sans que tu viennes en rajouter. Oui, il y a plus de femmes que d’hommes qui sont victimes de violences conjugales. Mais ce n’est pas la même chose, loin s’en faut. Être une femme n’est ni le mobile de ces meurtres, ni leur cause première, pas plus que ce n’en est une conséquence. Il faut lutter contre la violence conjugale, point, voire contre la violence tout court. Quand on veut traiter un problème, on le traite dans son ensemble, on ne s’empare pas d’une petite partie de celui-ci pour essayer de la régler en loussedé parce que même si on y arrive, le problème, lui, subsistera.

 

Mais tu as raison, Jean-Eudes, c’est moi qui n’ait rien compris, c’est moi le monstre. Continue de tout mélanger, de tout amalgamer, juste pour te coller le grand frisson du Super Héros Marvel par procuration. Et continue aussi de croire tout ce que tu lis sur les réseaux sociaux, tant que t’y es, et de les laisser façonner ta vision biaisée de la société dans laquelle tu vis et dont tu profites, quelle que soit ta putain de couleur. Comme ça, pareillement, au lieu de t’atteler à régler les problèmes de façon rationnelle et efficace, tu perdras déjà cinq ou six ans à réinventer la roue – ou plus explicitement : à préconiser ce qui se fait déjà.

 

Pour preuve : le grand référendum public lancé par Make.org, à la manière des post-its de la conservatrice du musée de Manchester (parce qu'au cas où vous n'auriez toujours pas pigé, les grandes vérités sociétales tiennent en 140 caractères) :

 

Là encore, une initiative plutôt louable - même si le but premier est de faire connaître cette toute jeune start-up, ça ne peut pas faire de mal, c’est toujours bien d’en parler et c’est toujours mieux que pas d’initiative louable du tout. Mais enfin, il en ressortira quoi ?

 

Non parce que j’ai peut-être pas eu de bol au moment du tirage au sort mais tout ce que j’ai lu comme proposition était soit d’une naïveté criminelle (« il faut apprendre aux hommes que les femmes sont leurs égales »), soit fondées non pas sur la réalité, mais sur une idée caricaturale de la réalité vraisemblablement entretenue par les « esprits libres » d’internet, ceux qui arrivent toujours à râler quel que soit le sujet comme quoi on nous ment et on nous spolie (« il faut que les policiers prennent les plaintes des femmes battues au lieu de les ignorer », « il faut que la justice condamne les meurtriers au lieu de les relâcher au bout de six mois ». Putain mais oh. C’est bon, au bout d’un moment. Les chansons de Booba, c’est pas des documentaires. D’ailleurs par les temps qui courent, même les documentaires, c’est pas des documentaires, alors c’est bon, si tu trouves que les flics ou les magistrats font pas leur boulot, deviens flic ou magistrat, ou au moins va faire un stage chez eux, ou au moins renseigne-toi avant de poster ce genre de conneries. Et quand j’écris « renseigne-toi », je sous-entends : « ailleurs que sur lemondeestroppourri.com »).

 

Toute cette énergie et cette bonne volonté déployée pour, au final, enfoncer des portes ouvertes ou exiger qu’on fasse ce que l’on fait déjà  (« mais plus »). C’est sûr que le boulot des assoc’, à côté, c’est que dalle. Maintenant qu’il y a Twitter, elles devraient mettre la clé sous la porte. Et sur celle-ci, coller un post-it avec un gros « allez vous faire foutre » dessus.

 

Et puis bon, tout ça, c’est grave, c’est même très grave, mais surtout, que ça ne nous empêche pas de nous précipiter au cinéma le 7 février pour la sortie du troisième volet de 50 Nuances de Grey, hein. La violence et la réification (au sens littéraire, Jean-Eudes) de la femme, c'est un peu comme tout le reste : ce n'est pas un problème si elle est librement consentie et s'il y a éjaculation à la fin. Narmol.

 

 

 Ce qui ouvre un autre débat (attendez, je vais décrocher un cadre dans mon salon) : celui de la limite entre le cyber-militantisme et le divertissement malsain. Mais j’imagine bien qu’on préfèrera : « l’homme est-il un gros violent ? Cochez la case correspondante : « oui », « oui », ou « oui ». Merci de votre participation » (« regardez les chiffres ! Selon ce sondage absolument pas biaisé dans sa formulation comme la plupart des sondages, 100% des personnes consultées considèrent que l’homme est un gros violent ! Et la justice qui s’obstine à faire l’autruche ! C’est scandaleux ! Donne à mon Patreon ! »).

 

 

- Vendredi 2 février : selon le rapport d’une député « La République en Marche » et de sa collègue d'« Agir et Indépendant » (je ne sais pas pourquoi, ces noms de partis, ça me fait toujours marrer, je n’arrive pas à savoir si c’est du troll, du second degré, de la com’ ou s’ils y croient vraiment mais si c’est le cas, leur place est à l’asile), les professeurs seraient déconnectés de la réalité de leurs élèves, ce qui créerait un fossé social et de la discrimination.

 

 

 

Pour y remédier, en substance, elles proposent de… faire un couscous.

 

Enfin, ça, c'était le 31 janvier. Le 2 février, le temps que l’idée fasse son chemin, la mention du couscous a disparu, peut-être parce que quelqu’un d’un peu plus futé dans un cabinet quelconque s’est dit que lutter contre le racisme par le racisme, c’était certes novateur, mais pas forcément la bonne solution non plus parce que bon, même si c’était pas méchant (et proposé sans arrière-pensée, n’en doutons pas), c’est quand même un peu réducteur d’un point de vue culturel.

 

Ceci étant, vous connaissez la chanson : qui suis-je pour juger ? Je suis blanc comme Casper les jours de lessive. Hein ? Quoi ? Comment ? Elles aussi ? Ha oui, merde, c’est vrai. Bon… heuuuu… hum… changeons discrètement de sujet et recentrons-nous, s’il vous plaît.

 

Les profs seraient donc déconnectés de la réalité, ce sont des politiques qui le disent et ok, d’accord, on sait pas trop à quoi ils sont bons, les politiques, la plupart du temps, mais s’il y a bien une chose dont on est sûr, c’est qu’ils s’y connaissent en déconnexion de la réalité, ils la pratiquent au niveau Olympique. Le jour où Morpheus distribuait ses pilules, ils pouvaient pas être là, ils avaient aqua-détournement-de-fonds.

 

Ceci étant, il faut leur reconnaître qu’elles ont bien bossé leur sujet. Elles n’ont pas approché un établissement scolaire à moins de cent mètres, mais qu’est-ce qu’elles en ont lu, des pages Twitter ! Sans ça, je ne vois pas comment expliquer que les trois quarts de leurs propositions soient appliquées depuis des années. Est-ce à dire que les politiques sont déconnectés des réalités des professeurs, et que pour combler le fossé qui les sépare, il faudrait organiser un brunch truffes-caviar ?

 

Non parce que c’est vrai, à quoi ça sert de se renseigner un peu ? On s’adresse à l’électorat, pour qui l’Ecole est là pour former de la main d’½uvre pas chère, étouffer le génie de nos chères têtes blondes, leur enseigner des contre-vérités pour pouvoir mieux les contrôler, les formater, trier les bons et les mauvais, jeter au rebut les contestataires, stigmatiser, briser, brimer, contraindre, mettre plus bas que terre. D’ailleurs l’Education Nationale ne recrute que chez les anciens waffen SS ou les ex-barbouzes de la guerre du golfe. Il n’y a ni médiation, ni rencontres, ni projets personnalisés, ni avs, ni lien social avec les associations, ni soutien, ni humanité, ni heures supp’ bénévoles, rien de tout ça, qu'est-ce que tu crois, ils sont toujours en congé ces grosses feignasses. Dès qu’un élève parle sans lever la main, paf, il est viré et on coupe les allocs à sa famille. C’est des tarés, ces mecs, ils notent les enfants, t’entends ? Quel genre de malade fait ça, sérieux ?

 

Au contraire : il faut apprendre à l’enfant que tout se vaut, c’est ça, la philosophie Millenial. Qu’on travaille ou ne travaille pas, qu’on fasse des efforts ou qu’on n’en branle pas une, que se tienne tranquille ou qu’on foute le ouaille, qu’on écoute l’adulte ou qu’on l’envoie se faire foutre, on est tous égaux, t’entends ! C’est ça, la bienveillance ! C’est apprendre aux enfants à surtout, surtout, ne jamais se fouler le cul ou respecter les autres, hein, c’est trop contraignant, ce sont des usages totalitaristes dignes des pires goulags de la Sibérie. Ok, on les laisse déjà sortir de cours à chaque fois qu’il ont mal au ventre, ou à la tête, ou quand ils ont un cil dans l’½il, même que ça dérange la classe à chaque putain de fois, et peut-être que c’est pas toujours le cas dans les goulags, ADMETTONS. Mais ça reste quand même très oppressif, comme milieu, pour nos enfants. On ne les laisse pas boire quand ils veulent ni utiliser leurs portables en cours. Et puis des fois, on les PUNIT. Alors que bon, oh, je connais bien mon fils, jamais ô grand jamais il ne ferait la moindre bêtise quand j’ai le dos tourné, JAMAIS, alors ap-pe-lez-moi-le-di-rec-teur !

 

Mais hé, on le sait, qu'ils sont oppressifs, les profs, on en a encore eu la preuve objective récemment avec le #Ouiouigate (oui, oui - c'est le cas de l'écrire -, vous ne rêvez pas, c'est un authentique hashtag, à la mesure de nos nouvelles élites intellectuelles), rendez-vous compte ! Un prof ose se moquer ouvertement de ses élèves sous prétexte que ceux-ci n'avaient pas lu le pavé infame DE PLUS DE CINQUANTE PAGES qu'il leur avait arbitrairement imposé (avec des ours qui parlent en plus, mais jusqu'où va la perversité ? !). Ceci, en préparant un faux contrôle, humiliant et discriminatoire (relevant, à mon sens, du pur génie - mais je suis un connard alors mon avis ne compte pas), du sur-mesure pour ces feignasses incultes  et fières de l'être qui, déjà, sans doute, jouent aux grand intellectuels sur les réseaux sociaux... alors que tout bon pédagogue (moderne) aurait pris deux heures de son temps pour leur expliquer en quoi lire est important et en quoi "nique sa mère les ours qui parlent" n'est ni drôle, ni intelligent, ni respectueux de l'ouvrage, de l'auteur, du prof, de son travail et de l'institution. Puis il aurait mis 18 à tout le monde et aurait filé 20 euros à toute la classe pour les remercier d'avoir écouté - un peu. "Et le droit des élèves au respect, alors ?", a-t-on tweeté très fort avec plein de fautes dans les mots (normal, nique sa mère les ours polaires et les livres de plus de cinquante pages). A quoi je répondrai très finement qu'il est comme tout le reste en général, et les DEVOIRS des élèves en particulier : dans mon cul en particulier, et dans celui de la société en général. Parce que ouais, les gens, aujourd'hui, ils sont prompts à invoquer leurs droits, et beaucoup moins à s'acquitter des devoirs qui vont avec, hein. Tu penses, c'est fatigant. On veut bien réclamer, mais rendre en retour ? Non mais ça va pas, sale réac' de merde ? Non et puis surtout, le prof du OuiOuiGate, à un moment, il s'est vaguement moqué des handicapés et ça, c'est pas tolérable (parce que j'ai des  amis handicapés, t'entends ! Je passe ma vie à traiter les gens de triso et d'autistes sur le net, mais chez moi c'est pas oppressif, vu que je suis un Millenial et que je suis dans le camp des bons !). Et pendant ce temps, sans que ça ne dérange personne, le groupe Trisomie 21 s'apprête à remplir le Transbordeur.

 

 

Bref, vu que le rapport va dans le sens de tous les préjugés débiles qui font recette dans les discussions de parents d’élèves, nul doute qu’il va avoir son petit succès et qu’ils seront nombreux, comme France Culture, à s’engouffrer dans la brèche… en demandant, comme ici, s’il ne faudrait pas apprendre aux profs à parler aux parents. Parce que le problème, c’est les profs, hein. Ces petits connards blancs hétéro cis-genre qui vivent dans des châteaux de la Loire. Apprendre aux parents à parler aux profs ? Vous n’y pensez pas, enfin ! L’Education Nationale, c’est comme chez Babou : le client est roi.

 

 

- J'éviterais d'épiloguer sur les chasseurs, qui ont désormais le droit de coller un silencieux à leurs pétoires, parce qu'ils n'abattaient pas assez de promeneurs comme ça lorsqu'on les entendait à deux bornes à la ronde (et du coup, ça les déprimait), ni sur les émeutes dans les Intermarchés pour du Nutella à 1 euros 40, parce que quand même, c’est beau, des gens prêts à se battre pour ce qui leur tient à c½ur. Dommage que ce soit de la pâte à tartiner, et pas la fin des violences conjugales.

 

 

 

Pendant ce temps, ailleurs dans le monde :

 

 

- Vendredi 2 Février, toujours (ça ne s’arrête jamais, les conneries ?) : polémique au sujet, tenez-vous bien… du pull d'hiver de l'équipe de Norvège de ski. Et ouais, carrément. Là on est dans du grand combat d’idées, c’est clairement pas la même. Et tout ça pour quoi ? Parce que sur le pull en question figure une rune nordique jadis récupérée par l’imagerie nazie (et néo, itou).

 

Parce qu’on veut bien chialer quand Miley Cyrus se fait des tresses, hein. Par contre, quand un peuple veut légitimement se réapproprier la culture dont il a jadis été dépouillé par des mabouls, ça chiale aussi.

 

 

Il va vraiment falloir qu’on m’explique une bonne fois pour toutes comment ça marche, cette histoire d’appropriation culturelle. Je suis curieux.

 

 

 

 

- Samedi 3 Février : colère des « grid girls », évincées des circuits de Formule 1 où elles avaient coutume de compter les tours en tenue sexy.

 

Il faut dire qu’à l’heure de #balancetonporc, certaines professions font plus tâche que d’autres, alors pour ne pas faire de vagues, on suit le courant et advienne que pourra. Du coup, ben, tant pis pour ces miss, elles feront autre chose de leurs dix doigts et de tout ce qui va avec.

 

Et moi qui croyais naïvement qu’avec le Féminisme (le vrai, hein, pas celui sur Twitter), la femme avait gagné le droit de disposer de son corps comme elle l’entend ?

 

 

Comme elle l’entend, oui, mais seulement si elle l’entend comme les féministes d’aujourd’hui. C’est beau, la non-oppressivité, quand même. Quelle avancée sociale. A croire qu’il en va des causes comme de la terre elle-même : si on avance jusqu’au bout, on revient à son point de départ.

 

Bon, finalement, aux dernières nouvelles, ils ont décidé de les remplacer par des enfants (qu'il est illégal de faire travailler, mais ce n'est qu'un détail).

 

 

A venir :

 

 

- 17 février : Autre avancée sociale du même acabit, et non des moindres, cette belle initiative du collectif Mwansi : une projection du film Black Panther non mixte réservée aux noirs, pour leur permettre d'échanger sur leur condition de racisé sans pression ni se sentir jugés (parce que c’est sûr que les blancs qui vont se taper les deux heures de film sont ceux qui ne peuvent pas voir un black en peinture, évidemment).

 

 

Et alors ça, par contre, franchement, c’est une très bonne idée, je ne vois pas bien ce que le Licra trouve à y redire. Au contraire, c’est très bien que les noirs aient des espaces à eux dans lesquels ils peuvent être ensemble et confronter leurs expériences sans qu’un blanc ne vienne leur faire de réflexions désobligeantes. Il faudrait étendre ça à d’autres lieux publics.

 

Par exemple, on pourrait imaginer un espace non-mixte pour les noirs au fond des bus, des logements non-mixtes en périphérie des villes et des débouchés professionnels non-mixtes dans les champs de coton. Après, voilà, ça choque des gens, mais est-il besoin de préciser la couleur des gens que ça choque ?

 

Tout ça parce qu’eux, quand ils se réunissent entre eux et excluent toute autre pigmentation que la leur, généralement, c’est pour enfiler des cagoules pointues et chasser le métèque. Mais hé ! Faut pas non plus qu’ils prennent leur cas pour des généralités ! On peut très bien exclure tout ce qui ne nous ressemble pas et est susceptible de ne pas être d’accord avec nous sans pour autant faire preuve de discrimination ! Eux, ils sont blancs, donc ils sont racistes ! Mais comme le racisme anti-blanc n’existe pas, la réciproque ne peut pas être vraie. Et oui, l’internaute. C’est logique, enfin.

 

 

Comment ça, « sauf que du coup, l’accès est également interdit aux asiatiques, au portoricains et aux inuits (j’ai vérifié), et par conséquent c’est bien du racisme quand même » ? Mais… euuuh… attendez, je vérifie mes fiches… euuhh… ça existe, le racisme anti-jaunes, déjà ? Et le racisme anti-aye-caramba ? On en est sûr, au moins ? C’est que bon… ils ne m’ont pas l’air très opprimés non plus, quoi… euuuh… bon, je demanderai à Chef Twitter à l’occasion. Mais pas maintenant. Il est très occupé. On vient de choper une grid girl en pull norvégien au premier rang lors d’une représentation de Carmen, il faut qu’on la fasse exclure de sa fac.

 

Non mais voilà.

 

Ce qu’il faut retenir, c’est que ce sera un espace de parole privilégié dans lequel les frères noirs de toutes origines pourront échanger sur un pied d’égalité sans avoir à souffrir de discrimination. Enfin, à part la discrimination inter-pays d’origine ou inter-ethnies, hein, qui est quand même vachement marqué dans la communauté mais… euuuh… bon... ce sera un espace sans blancs, voilà. Comme ça, on pourra tous apprécier tranquillement un bon film hollywoodien, inspiré d’une BD écrite par un blanc et dessinée par un blanc.

 

Oui parce que non, c’est pas un documentaire sur les Black Panthers. Vaut mieux le préciser, y’en a qui pourraient  être déçus.

 

 

- Soon : stupeur dans le milieu théâtral US (et sur les sites fachos de France et de Navarre) : la prochaine Jeanne d’Arc sera noire.

 

 

 

 

Ça, ils vont faire une sale gueule chez les Front-Nationaleux.

 

 

Encore une idée géniale pour lutter contre les a priori (et faire le buzz par la même occasion, mais de façon très involontaire, hein, évidemment, c’est tout à fait fortuit,  qu'est-ce que vous allez vous imaginer, enfin). Bon, on pourrait arguer (comme l’a fait un très bon ami à moi) que ce choix n’est pas très heureux puique Jeanne, rappelons-le, est une fanatique religieuse qui finit cramée à la fin. Historiquement, le parallèle est un peu limite quand même. Le bon côté des choses, par contre, c’est que si l’on s’en tient à la théorie de Muscato, les spectateurs qui achèteront leurs billets viendront pour « applaudir l’immolation d’une femme ». Du coup, il suffira de leur passer les menottes sitôt entrés dans la salle et de les coffrer pour racisme et exaltation de la violence raciale.

 

Alors bien sûr, il est regrettable qu’en 2018, on engage une actrice davantage pour la couleur de sa peau que pour son talent (dont de toute évidence, Condola Rashad ne manque pas), ce qui est quand même un chouïa raciste aussi, mais accordons le bénéfice du doute au directeur de casting et partons du principe qu’il a fait totalement abstraction du coup de pub qui s’ensuivrait au moment où il a arrêté son choix (c’est qu’à force, on en deviendrait cynique dites donc !).

 

Et puis tant qu'on y est, c'est dommage qu'ils n'aient pas plutôt pris une grosse, ça aurait été encore mieux. Mais bon, on ne peut pas tout avoir non plus. Cette version sera antiraciste, mais grossophobe. ça aurait pu être pire (genre le contraire). Tant pis si ça fait râler quelques vieux fachos réactionnaires, sous prétexte que ça ne colle pas trop à la réalité historique : heureusement, les Millenials ont davantage d’ouverture d’esprit, ils en ont terminé avec ces clivages archaïques, ils ne pourront que saluer cette décision courageuse.

 

Pas sûr, par contre, qu’ils ne râleraient pas comme des vieux fachos réactionnaires si on collait Francis Huster dans le rôle de Nelson Mandela ou de Martin Luther King, mais bon, comme j’ai l’honnêteté de le reconnaître plus haut, je pige vraiment pas comment ça fonctionne, l’appropriation culturelle. Comme dirait Jean-Eudes :

 

 

Et voilà, je crois qu’on a fait le tour. Ou disons que je suis certain que non, mais que je vais m’en persuader quand même parce que j’en ai ras-le-bol et que c’était vraiment une idée à la con. En tout cas, une chose est sûre, je tiendrais jamais un rythme hebdomadaire, y'a des nouvelles conneries qui tombent toutes les trois minutes, c'est infernal, j'ai déjà trois jours de retard sur mon planning de publication initial.

 

A une prochaine, donc, et dans l’attente, n’oubliez pas :

 

« ne changez rien, changez les autres. C’est pas du fascisme tant qu’on porte pas des vestes en cuir ».

 

 

Hé ouais les gens.

 

 

 Heureusement que la bêtise peut être rafraichissante, également. ça équilibre un peu.

 

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Carré d'Or - Les Incontournables

L'AVENTURE AVEC UN GRAND ZZZZZZZZZZZZZZZZZZ !!!!

 

 

Le fond :

 

Un coeur serré. Brisé. Calcifié. Dévasté.

Une âme déchirée. Avilie. Repentante.

Un regard fixe, perdu dans l'horizon.

Un regard qui jamais ne se détourne.

Et au-delà...

Que voit-il ? Que guette-t-il ? Que cherche-t-il qui n'ait pas été anéanti, mis en pièce, piétiné ?

Reflet en négatif sur ses pupilles : un monde en miniature, plus grand qu'un millier d'étendues sauvages, un monde peuplé d'êtres fantastiques, démesurés, d'êtres incompréhensibles qui ne sont plus, qui n'ont peut-être jamais été, d'êtres qu'on a terrassés pour revoir un sourire, pour réentendre une voix. De ces colosses qui font les peurs d'enfants et les rêveries de grandes personnes.

On est toujours sur console, oui. Seulement on ne joue plus, ici. On vit. On vibre. On change, peut-être, comme ce guerrier dont la peau ternit un peu plus à chaque nouvelle victoire.

Car sont-ce bien des victoires ? Et n'est-ce bien qu'un jeu vidéo ?

Peu importe la réponse, une seule chose est certaine : lorsqu'on veut aborder Shadow of the Colossus, on ne prend pas la plume à la légère. Il faut être lyrique, inspiré, laudatif, épique, sensible, enthousiaste, écorché.

Il faut pouvoir dire le vide, et l'absence, et la solitude, et la vanité, et la fatuité, et le déchirement de l'existence, et la difficulté des choix, et le silence des nuits, et les ombres de la culpabilité.

On ne peut pas se contenter d'aimer Shadow of the Colossus.

On ne peut pas se contenter de le tester.

Il faut lui rendre hommage.

Aussi ne ferons-nous pas exception, en donnant la parole au principal intéressé et publiant des morceaux choisis de son journal de quête.

 

Attention, donc : explicite lyrique !

(ou pas).

 

 

Lundi 25 pluviose 989 :

 

Cher journal,

Aujourd'hui, c'est décidé, je pars à l'aventure.

Je suis fin prêt.

J'ai découpé le paillasson ethnique de la cuisine pour m'en faire un poncho, je me suis armé d'un couteau Ginzu 2000 à 19 euros 99 (seulement. Prix maximum conseillé. Livré dans son étui nacre pour toute commande passée dans la journée), j'ai piqué le vieux percheron obèse qui broutait les chardons dans le champ d'à côté, j'ai semé le vieux Robert, son propriétaire, et je suis parti pour un monde meilleur. Avec moi, j'emmène la dépouille de ma douce et tendre, partie elle aussi pour un monde meilleur, mais plus loin, pour un problème de sèche cheveux défectueux. Car f*ck les lois de l'univers ! Je la ramènerai parmi nous, coûte que coûte ! Elle est partie trop tôt : elle n'a pas fini la vaisselle, et je n'ai pas compris si je devais séparer le blanc des couleurs quand je lave à 40°.

J'ai de la viande séchée dans ma besace (car elle n'était plus là pour me la cuire, régler le frigo à la bonne température et, surtout, payer les factures EDF), un arc fabriqué avec les restes de son étendoir à linge et une vieille carte découpée dans RPGMagazine, censée conduire à un endroit oublié des dieux et des auteurs du Guide du Routard, là où les anciens mythes peuvent devenir réalité (comme ils disent dans la brochure) (où bien était-ce une pub pour Disneyland Paris ? J'ai comme un doute, tout à coup).

J'aurais bien emporté ma 3DS, aussi, mais vu l'autonomie, je n'aurais pas posé un pied sur le palier qu'il m'aurait déjà fallu faire demi-tour pour la recharger.

Or je ne ferais pas demi-tour.

Ne cherchez pas à me retenir, je suis déjà en route. Ou pas loin. Dès que j'aurais compris comment on ferme à clé.

Elle aurait pu me laisser un tuto, quand même, cette radasse.

 

Vendredi 22 Ventose 989 :

 

Cher journal,

Je suis arrivé.

Le trajet n'était pas de tout repos : au bout d'un moment, il n'y avait plus d'autoroute et de toute façon, l'autoroute à dos de percheron, c'était pas forcément l'idéal non plus (même si tout le monde me faisait la fête en me klaxonnant avec gentillesse - comme quoi les aventuriers, ils sont solidaires, ça fait plaisir).

Bon gré, mal gré, j'ai franchi des précipices vertigineux pleins de gentils oiseaux à long cou qui vous tournent autour tellement ils vous aiment bien, dormi dans des forêts pleines de gentils chiens qui vous mordillent les jambes pendant que vous dormez pour vous souhaiter la bienvenue, traversé des marais boueux pleins de gentilles limaces qui vous sucent le sang pour pas que vous en ayez trop non plus, j'ai même traversé le pont d'Avignon (je crois, vu l'état du pavage, ça ne pouvait être que ça). Et du coup, je me dis : c'est bien la dernière fois que je sélectionne l'option « itinéraire économique » quand j'imprime mon trajet sur Via Michelin.

Mais bon, finalement, je suis arrivé dans un immense temple en ruine, plutôt cossu, bien exposé mais pas bien isolé. Une galère à chauffer, le truc. Pas étonnant qu'on n'y trouve plus personne. Aucun de ceux qui vivaient là n'a dû passer l'hiver.

Enfin...

Avec d'infinies précautions, j'ai étendu le corps de ma compagne sur une couche de pierre à l'entrée, en veillant bien à ne pas trop l'exposer au soleil (des fois que ce que j'aurais pris pour une « couche de pierre à l'entrée » soit en réalité un barbecue solaire. C'aurait été ballot).

C'est alors qu'une voix s'est mise à parler dans ma tête, dans une langue étrange que j'ai plutôt bien comprise grâce aux sous-titres (dans ma tête aussi, une bien belle invention) - ce qui n'aurait peut-être pas été bon signe dans d'autres circonstances, mais se révèle plutôt encourageant ici. Elle m'a confié que si je tuais les colosses qui règnent sur ce royaume oublié des dieux et des navigateurs de Costa Croisière, en échange, la vie de ma promise lui serait rendue.

Et donc la vaisselle serait faite.

Aussi, pas d'hésitations à avoir. J'enfourche donc mon percheron, que j'ai nommé Agro (parce qu'il est gros, que Twilight Sparkle c'était trop long et que j'ai l'imagination d'une brique), et je me lance.

 

Samedi 23 Ventose 989 :

 

Cher journal,

Je n'ai rien trouvé.

Sans doute n'ai-je pas cherché dans la bonne direction. Tant pis, qu'à cela ne tienne, je recommencerais demain. En tout cas, quel sentiment enivrant, que de pouvoir arpenter ces étendues vierges et magnifiques en compagnie de ma fidèle monture, seuls, elle et moi, en symbiose silencieuse (mais c'est surtout elle qui arpente, en fait. Moi je me contente de lui donner des coups de pieds dans les cotes, comme j'ai vu qu'elle faisait Alexandra Ledermann à la télé).

Je suis parti à l'aventure, c'est sa grande soeur que j'ai trouvée.

Ce soir, je me couche heureux et exalté.

J'ai juste un peu froid aux orteils.

 

Mercredi 27 Ventose 989 :

 

Cher journal,

Aujourd'hui encore, je n'ai rien trouvé.

Ce royaume oublié des dieux-qui-donnent-des-informations-claires l'est aussi des syndicats d'initiatives et des panneaux indicatifs, c'est bien ma veine. Du coup, avec bobonne en grève de la vie, je dois me débrouiller par mes propres moyens - et ça, c'est tout nouveau pour moi. Résultat des courses : j'ai vu des déserts, j'ai vu des sous-bois, j'ai vu des « chutes d'eau argentées dont les fines gouttelettes coloraient l'atmosphère de mille nuances pastels » ™, mais côté colosses, c'est comme à Rhodes : on cherche encore.

A un moment, j'ai bien cru en avoir déniché un mais c'était une montagne, en fait. Ben oui, je sais, c'était idiot, mais c'est facile de se tromper, aussi. Je voudrais vous y voir. Il y a de quoi se sentir bête, à frapper pendant une bonne demi-heure sur du caillou 100 % pur caillasse avec mon Ginzu 2000 élimé (publicité mensongère. Si je retourne un jour à la civilisation, Pierre Bellemare, je le crève !).

En conséquence de quoi suis-je en train de m'interroger : l'ai-je vraiment entendue, la voix dans le temple - et si oui, ne s'est-elle pas un peu foutue de ma gueule sur les bords ? Parce qu'un colosse, ça devrait se voir de loin, bon sang, c'est un peu le concept.

Pourvu que je ne sois pas en train de perdre la raison, parce que je n'ai pas pensé à en emporter une de rechange.

C'est que je trouve qu'elle a une drôle de façon de refléter la lumière, mon épée.

 

Vendredi 29 Ventose 989 :

 

Cher journal,

Je me demande ce que sont ces petits autels qui jalonnent mon chemin. En tout cas, j'aime m'y arrêter pour chasser le lézard. C'est qu'attention, c'est teigneux, le lézard. Une seule seconde d'inattention et ça peut vous pincer la peau très fort, et après vous avez des rougeurs et tout. Et puis ça court très vite.

Ce n'est peut-être pas l'épopée élégiaque dont je rêvais, mais bon, ça divertit son homme, c'est l'essentiel.

Et accessoirement, ça cale la dent creuse.

 

 

Lundi 03 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Je m'ennuie.

 

Lundi 10 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Au risque de me répéter, je m'ennuie sévère.

Et je commence à avoir faim.

Les queues de lézard et les noix de coco, ça va un moment, mais je suis venu pour la grande aventure, moi, pas pour faire Koh Lanta.

Pour un peu, j'en arriverais presque à regretter que la couche de pierre à l'entrée du temple ne fasse pas barbecue solaire.

Et quand je regarde Agro dans les yeux, va savoir pourquoi, je vois un steak. C'est qu'il vaut mieux avoir l'étalon dans l'estomac que l'estomac dans les talons, comme il disait Pépé.

Mais est-ce que c'est aussi valable pour les percherons ?

L'avenir me le dira peut-être.

 

Mardi 11 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Grande nouvelle !

J'ai cru voir bouger un truc. Mais non, en fait.

Pas grave, ça m'a quand même fait une poussée d'adrénaline.

Pour ne pas que le feeling retombe tout de suite, j'ai fais un peu de horse-surfing à la Legolas, debout sur le dos d'Agro, en tirant des flèches dans le vide. Il a beaucoup aimé, d'ailleurs, je crois. Il hennissait de plaisir tout le long. Alors j'ai fait durer jusqu'à ce qu'il s'écroule de bonheur. Et quelle fière allure il a, maintenant, avec l'empreinte de mes mocassins sur le dos.

 

Pas la peine de jouer les offusqués.

On l'a TOUS fait un jour ou l'autre. TOUS !

 

Mercredi 12 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Non, rien.

 

Cher journal.

Je m'ennuie tellement que j'utilise Microsoft Paint pour mes photomontages.

Au secours.

 

Vendredi 21 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Ces derniers jours, j'ai été très occupé à grimper aux arbres, à sauter dans l'eau et à me jeter du haut des falaises, histoire de passer le temps. Ça m'a permis de réaliser que les queues de lézard et les noix de coco, ça me fait du bien. Grâce à elles, je peux maintenant tomber d'une hauteur de deux cent mètres sans me faire trop de mal aux articulations.

Demain, je pousse Agro pour voir si c'est pareil pour lui.

 

Samedi 22 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Merde, c'était pas pareil pour lui.

Je suis bien embêté.

 

Dimanche 23 Glucose 989 :

 

Cher journal,

Je m'en doutais un peu mais je suis déçu malgré tout.

Le percheron, ça a un goût de semelle.

 

Vendredi 14 Adipose 989 :

 

Cher journal,

Je me suis rarement autant emmerdé que depuis trois mois.

Je voyais ça plus mouvementé, la grande aventure. Genre : avec des péripéties et tout.

Mais au moins, les paysages sont beaux, c'est déjà ça, même s'ils clignotent parfois de manière étrange quand je bouge.

J'ai l'impression d'être dans le Seigneur des Anneaux , mais sans quête, sans compagnons, sans adversaires et sans musique.

Et sans cheval, aussi, depuis peu.

La louze.

 

Samedi 15 Adipose 989 (matin) :

 

Cher journal,

La solitude ne me pèse pas.

 

Samedi 15 Adipose 989 (après-midi) :

 

Cher journal,

La solitude ne me pèse pas.

 

Samedi 15 Adipose 989 (soir) :

 

Cher journal,

La solitude ne me pèse pas.

C'est un peu comme être entouré de tous ceux qu'on aime, mais en plus serein, en plus paisible. Oui, en plus seul, c'est le mot. Sans personne. Nulle part. Mais ça va, je le vis bien. Mais seul. Tout seul. Mais bien, hein. Mais seul, quoi. J'aimerais juste avoir quelqu'un avec qui discuter de temps en temps, même de sujets pourris comme la faim dans le monde ou la psychologie des hamsters.

Parce que là, je commence à me parler à moi-même et ça n'augure rien de bon.

Mon Précieux.

 

Mardi 30 Thermidor 989 :

 

Cher journal,

Quand même, je me demande si la façon dont la lumière se reflète sur ma lame n'essaie pas de m'indiquer quelque chose.

Mais je dois me faire des idées.

Je suis tombé tellement bas dans les affres de l'ennui que je dois souffrir de l'ivresse des profondeurs.

 

"C'est parce que mon personnage n'est ni corbeau, ni canard,

qu'il est tellement humain".

(Francis Huster. Alcool Fort Magazine).

 

Plumdi 262 Therminator 989 :

 

Cher journal,

Pourquoi je suis là, moi, déjà ?

Je me rappelle vaguement que ça avait une paire de seins, seulement... impossible de m'en remémorer plus.

Bof.

Ça ne devait pas être aussi important que ça.

 

Jeudi 04 Deluxepotaitose 990 :

 

Cher journal,

Monsieur Wanda le Voyageur et Madame Chaussure ont l'immense plaisir de t'inviter à leurs fiançailles, ce plumdi en huit, au pied du gros tas de caillou pourri qui bouge. Par cette union, ils célèbreront une année et demi de bonheur passé aux côtés l'un de l'autre, dans l'ennui superficiel comme dans l'ennui profond, dans l'ennui ponctuel comme dans l'ennui constant. Si tu désires prendre la parole pour les féliciter, prends contact avec les frères Pantalons qui s'occuperont de tout. Evite juste les calembours de type « il a enfin trouvé chaussure à son pied » car madame est un peu à fleur de peau 50 % vachette, ces derniers temps.

Et surtout, surtout, viens nombreux.

 

Mercrumbledi 12 Deluxepotaitose 990 :

 

Cher journal,

Personne n'est venu, pas même toi. Je me suis retrouvé tout seul, sous la pluie (ou bien était-ce moi qui pleurait ?), une vieille chaussure trouée à la main. Une chaussure, quoi. J'allais me fiancer avec une chau-ssure. Aussi loin que je m'en souvienne, c'est avec une CHAUSSURE que j'ai passé les plus beaux moments de ma vie, bordel !

Que quelqu'un vienne me chercher.

Par pitié.

 

(Hélas, le Journal de Wanda le Voyageur s'interrompt ici. En dépit de recherches poussées, personne ne sait ce qu'il est advenu de lui dans les années suivantes, mais selon certains scientifiques, les êtres mi-hommes mi chaussures qui peuplent désormais cette enclave constituent peut-être un indice de premier plan. L'amour aurait-il triomphé ?).

 

La forme :

 

Au royaume des concepteurs de jeu qui en ont dans le caleçon (des idées), Shadow of the Colossus fait figure de géant aux pieds d'argile. Parce que proposer un jeu d'aventure épique avec un total de seize ennemis à vaincre au compteur, ça risque de travailler les fans de Dynasty Warriors quand même. Seize ennemis, et puis rien. Le bruit du vent, les sabots du cheval, l'horloge de la cuisine qui égrène les minutes et vous rappelle que pendant ce temps-là, vous pourriez être en train de jouer à un jeu, un vrai, un de ceux avec seize ennemis rien que pendant les trente premières secondes, des cris de souffrances en dobly surround et une option pour régler le sang au maxi. Parce qu'ici, tout ce qu'on peut régler au maxi, c'est le son du poste, pour bien profiter du silence.

Tic tac, il est seize heures, merci d'avoir joué.

 

De quoi aborder l'expérience à reculons, si plastiquement enchanteresse qu'elle se veuille. Parce que c'est sûr, c'est beau, ça, on sera forcé de l'admettre, même si ça picote un peu au niveau de l'aliasing (un détail, pensez donc : sur Playstation 2, c'est moins un défaut qu'une tradition).

 

Ceci n'est TOUJOURS pas une pipe.

La carte est vaste, la liberté totale, les paysages grandioses, il y a de la lumière dans l'ombre, de l'ombre dans la lumière et plein de nuances entre les deux. Ça déborde, ça dégouline, ça éblouit, comme une peinture de John Howe si vivante qu'elle s'animerait d'elle-même pour le plaisir des yeux. Mais bon sang, il n'empêche : seize ennemis, quoi.

Au début, pour être franc, on a des difficultés à y croire : on se dit qu'on a mal compris les tests, le livret, la ligne éditoriale, tout. On a beau parcourir des kilomètres à dos de percheron (parce que oui, on rigole, on rigole, mais le cheval, il a un peu le ventre qui touche par terre quand même), on a beau connaître son pitch par coeur, avoir eu vent de sa réputation, on reste accroché à nos habitudes, on se dit toujours que « noooon, ce n'est pas possible », que quelque chose va surgir des buissons, essayer de nous prendre en traitre, nous tendre une embuscade, n'importe quoi. Mais non. Rien. De temps en temps, une sorte de lézard s'enfuit à toutes jambes mais on ne peut pas dire que ça excite le palpitant non plus. Alors au bout d'un moment, on se rend à l'évidence : ce n'était pas une plaisanterie, il n'y aura que seize ennemis dans le jeu. Seize fois mieux que rien, donc, soit approximativement 4 euros de l'adversaire. Finalement, au kilo, le rapport qualité-prix reste intéressant, vue la taille des bestiaux.

Oui, il y en a des petits, aussi.

Tout étant relatif par ailleurs en ces temps d'élections présidentielles.

 

Et puis au pire, on traînera en chemin, on grimpera sur des trucs, on barbotera dans l'eau et on fera exprès de se paumer dans la forêt. On s'inventera des mini-jeux comme compter les corbeaux ou tirer des flèches sur Agro. Ça rallongera un peu.

 

Bon ben allez, hue cocotte, et arrête de racler le sol avec ta panse !

On va devoir te mettre au régime sans herbe, si ça continue.

 

Passé ces premiers moments d'acclimatation, il ne reste plus qu'à tirer sur la bride et se mettre au travail, toujours en deux temps. D'abord : trouver le colosse à terrasser. Pour ça, il va falloir chevaucher, galoper, escalader, sauter, nager, contourner, explorer, avec un rayon de soleil pour guide - et l'assurance de ne jamais être inquiété par un adversaire impromptu ou un élément de Gameplay inopiné (pléonasme, ici).

 

Pas (ou peu) de chutes mortelles, pas (ou peu) de plates-formes à atteindre, pas (ou peu) de difficultés à s'orienter... Effet carte postale garantie, on est en plein Léa Passion Nouvelle Zélande.

Puis une fois la bestiole localisée (en est-ce bien une, seulement ?), vient le temps de la terrasser (oui, c'est très technique, comme objectif, j'en ai conscience). Et là, pas question d'y aller à la Conan en moulinant l'air à la hache et en criant « par Crôm ! », noooon, pensez-vous, ce serait encore trop ludique, on pourrait même avoir la sensation de s'amuser... Au contraire, là, il faudra se creuser les méninges pour trouver comment lui apprendre à vivre. Ou plutôt : à mourir, pour que revive votre dulcinée. Pas de conseils, pas de détails, juste un arc, une lame, un cheval - et que chacun se débrouille avec ça, c'est Professeur Layton en terres de Final Fantasy. Et puis après ? Vous n'en avez que seize à vaincre et ils sont là depuis des millénaires, alors faites durer, ce sera la moindre des courtoisies (pour eux autant que pour vous).

Il faut bien reconnaître qu'ils en imposent, d'ailleurs, et pas seulement parce qu'ils sont imposants : qu'ils s'élèvent en tours perdues dans les nues, planent au plus haut des cieux ou glissent sur un fond de corail, tous ont un je-ne-sais-quoi d'intelligence-dans-le-regard qui fait qu'on se dit qu'à part la taille et les bigoudis en pierre, on n'est pas si différents. La preuve : ils aiment taper sur tout ce qui bouge, ça ne trompe pas.

 

Si ce n'est qu'eux, la plupart du temps, donnent l'impression d'être surpris en flagrant délit de légitime défense... de sorte qu'on culpabiliserait presque de leur poinçonner le ticket à coups d'épée magique, dans des combats pourtant d'un dantesque à couper le souffle. Tout ça, pour ressusciter une greluche qui, si ça se trouve, est dans cet état après avoir vérifié l'état d'un four à gaz avec des allumettes. Seize ennemis dans le jeu, et on se sent mal en les terrassant. Non, vraiment, une bien belle réussite. Après ça, impossible de regarder les mouches et les fourmis sans un peu plus de bienveillance (et de méfiance, aussi. Parce que fort de cette expérience, on se dit que si elles voulaient, et si elles trouvaient notre point faible, ben elles pourraient... mais chut ! Peut-être nous lisent-elles, ne leur donnons pas des idées).

 

"Oui mais Afflelou, il est fou, alors on ne peut pas lui faire confiance".

(Certes).

 

Oh, et sans compter qu'en tant que joueur, on voit bien que Wanda est en train de se faire manipuler, là où lui ne se doute de rien. A croire qu'il n'a rien dans le caillou, ce que la suite du jeu et des dieux facétieux (pléonasme aussi) ne manqueront pas de corriger. Ça oui, qu'est-ce qu'on rigole. Top à la gaudriole.

Et ce n'est pas encore le pire, non.

Le pire, c'est que malgré le silence, malgré le vide et l'absence, malgré l'adversité en sous-effectifs et les heures qui défilent, malgré le manque de diversité dans les objectifs, on ne s'ennuie jamais. Et même : on en redemande.

Le pire, c'est que l'audace des concepteurs se couronne de succès.

Le pire, c'est que l'aventure est inoubliable, littéralement, parce qu'en définitive, on aime à parcourir ces grands espaces pour le seul plaisir de la promenade, et on est presque déçu quand on tombe « malencontreusement » sur un colosse en randonnée (c'est qu'on aurait bien aimé voir « ce qu'il y avait derrière le bosquet, là, mais si, à droite, du côté de la corniche ». Pas grave, on le fera après. On a tout notre temps - rires).

Le pire, c'est qu'on ne fait pas que s'agripper aux colosses pour leur courir sur le haricot, on s'y attache, on en vient à les respecter, à les considérer, à leur inventer une identité jusque dans leur façon de se mouvoir. Oui mais voilà, bobonne attend, alors on tape - l'histoire est vieille comme le monde...

Oh, et le pire, encore, c'est qu'on se prend d'affection pour le percheron, on finit même par le considérer comme un vrai personnage à part entière, même s'il n'a ni les jantes alliage, ni le poil métallisé, ni la direction assistée (il répond pourtant au doigt et à l'oeil, un vrai plaisir).

Le pire, aussi, c'est qu'en dépit de son intrigue minimaliste qui ne prend ses aises qu'en fin de parcours, on se laisse happer, soumettre, posséder, hypnotiser.

Le pire, enfin, c'est que ce n'est même pas un bon jeu.

Parce que ce n'est pas un jeu, c'est au-delà.

Peut-être les fans de Dynasty Warriors passeront-ils à côté, qu'ils y jouent ou qu'ils n'y jouent pas. Peut-être que sa flatteuse notoriété en fera, aux yeux des esprits chagrins, un colosse à poignarder à coup de critiques assassines, juste pour se démarquer.

Mais on s'en fiche pas mal. Shadow of the Colossus, ce n'est pas une poignée de mots sur le papier, de considérations techniques ou de notes « objectives ».

Shadow of the Colossus, c'est un homme, un cheval, le souvenir d'une femme que l'on a aimée, un peu de clarté sur sa peau trop pâle, un peu de rose sur ses lèvres à l'orée du soir, des montagnes à perte de vue, le poison de la culpabilité, l'espoir jusqu'aux tréfonds du désespoir, la chanson de la brise dans le feuillage. Et ça, ça ne s'évalue pas.

Alors il a vieilli, comme nous, bien sûr. Au fil des années, il a pris un peu de mousse aux entournures, un peu de lichen lui a poussé sur les omoplates. Ses traits monolithiques se sont crevassés, ses tempes ont pris une couleur de pierre, sa démarche est moins souple qu'auparavant. Mais il m'apparaît toujours comme en sa jeunesse : mes yeux ne voient ni l'aliasing, ni le clipping, ni le frame rate à l'avenant, ils ne voient que lui, ils ne voient qu'un homme. Un cheval. Le souvenir d'une femme que l'on a aimée.

 

La grande aventure, quoi.

 

*

 

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La nouvelle a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans le milieu très fermé des amateurs de jeux de combat : à peine Arc System Works a-t-il sorti son très casu Dragon Ball Fighter Z qu'il annonce déjà un nouveau Guilty Gear, plus à même de satisfaire les amateurs de gameplay exigeant.

Selon les bruits de couloir qui ont fuité ici et là, Guilty Gear NTLA ne serait pourtant pas la suite de Revelator (toujours en chantier), mais bien un spin-off EXCLUSIF AU TERRITOIRE FRANCAIS, au gameplay proche d'un Smash Bros ou, plus légitimement, d'un Dust Striker sur Nintendo DS.

Il sera donc possible de s'affronter dans des matchs à trois contre trois, un contre trois, ou même un contre mille (sic) dans un cadre dérivé de la fameuse licence : timeline parallèle, nouveaux personnages, nouvelle bande son survoltée (aura-t-on droit à du punk-musette ?), mais toujours Daisuke Ishiwatari aux commandes, qui nous promet "un challenge ardu et beaucoup de fun".

En tout cas, si le jeu semble encore un peu faible sur le plan graphique, ce premier trailer leaké envoie du lourd.

Fans de bourres-pifs à la nippone, montez le son à FOND, on y retourne.

HEAVEN OR HELL, LET'S ROCK !!!

 

 

Plus d'infos sur les résultats de la béta ouverte ICI.

 

 

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C'est en com' que ça se passe... (Jeu vidéo)

 

Il n'y a pas que le Père Noël et les mecs du Medef qui font sous-traiter leur travail par une troupe de petits lutins, et comme le Gamer aux Mains Carrées est actuellement indisponible (séquestré dans la cave de chez Neves, qui lui a pété les guibolles au marteau pour pouvoir lui poser des questions sur Luchini et sur Macron jusqu'à la fin des temps annoncée dans l'Apocalypse de Jean), ce post "Spécial Noël" sera l'occasion de faire plus ample connaissance avec quelques-uns des hommes de l'ombre sans qui ce blog ne serait pas tout à fait ce qu'il est, et qui y ont un jour apporté leur modeste (bien que significative) contribution.

 

*

 

 

 

Présente toi à l'assemblée constitutive des membres de la commu' :

 

 

 

Je suis le petit nouveau de la rédac, on m'appelle le Gamer aux Mains Skillées, je suis né du néant le jour où le créateur de ce blog a découvert qu'il était capable de jouer à Bloodborne et même d'y battre des boss en New Game +. Cette aberration conceptuelle a créé une faille dans l'espace-temps qui a elle-même entraîné une ondulation quantique, avec pour effet la création de Terre 2, version parallèle de l'originale sur laquelle règne un double bénéfique de Lex Luthor. C'est lui qui m'a conseillé d'affronter Ebrietas après Martyre Logarius, et de me lancer dans l'écriture d'articles blogs. Je suis tout nouveau dans la profession alors je vous demande de me faire bon accueil.

 

Joyeux Noël ! Ho ho ho !

 

 

Ton jeu de l'année ?

 

 

Bloodborne.

 

 

 

Ta surprise de l'année ?

 

Quand le monstre m'a sauté dessus derrière l'Eglise dans Bloodborne.

 

 

Ta déception de l'année ?

 

Quand j'ai failli tuer Rom l'Araignée Stupide dans Bloodborne mais que ça s'est joué à une potion près et que j'ai dû tout recommencer.

 

ENCORE.

 

 

Le scandal de l'année ?

 

Le fait que la fin de Bloodborne enquille sans prévenir sur le New Game +. J'avais pas fini toutes mes explorations annexes, moi... du coup, j'ai râlé toute la soirée, juré que j'allais revendre le jeu le lendemain et dès le lendemain, je l'ai recommencé du début comme si de rien n'était.

 

 

Le scandal GB de l'année ?

 

Aucun article sur Bloodborne. Je ne comprends pas.

 

C'est comme si ce jeu était passé en dessous des radars, ou si les sites d'informations avaient reçu pour consigne de le boycotter... sans doute parce qu'il fait de l'ombre à tous les autres titres présents, passés et à venir.

 

 

L'arnaque de l'année ?

 

Les doubles lames dans Bloodborne. Elles coûtent cher et elles sont rapides, certes, mais elles sont de faible portée et n'infligent que peu de dégâts. Face à ennemi de six mètres de haut qui bave et qui ne rêve que de t’aspirer le cerveau avec une paille, c'est un peu comme attaquer un dinosaure à la petite cuillère.

 

 

Ce screenshot épique est dédié à Blacklabel.

 

 

Le braquage de l'année ?

 

Quand le villageois enragé m'a volé mes 150000 échos du sang dans Bloodborne sur un mauvais coup de serpette.

 

 

La direction artistique de l'année ?

 

 

Bloodborne

 

 

La bande-son de l'année ?

 

 

La musique de la Sorcière d'Hemwick dans Bloodborne.

 

 

 

La turbo-baffe de l'année ?

 

Le premier gnon balancé par le Père Gascoigne. Y'a tout le squelette de mon personnage qui lui est remonté par la trachée.

 

 

 Auteur inconnu :(

 

Le développeur de l'année ?

 

 

From Software. Développeur de Bloodborne

 

 

 

Le constructeur de l'année ?

 

 

Les gens qui ont construit Yharnam, la ville principale de Bloodborne. Parce que quand même, c'est loin mais c'est beau.

 

 

 

Le bide de l'année qui t'a fait plaisir ?

 

 

Quand le chasseur à la scie a voulu m'attaquer par derrière mais s'est bloqué dans le décor et que j'ai pu le rétamer à l'aise.

 

 

Le bide de l'année qui a fait du chagrin en toi ?

 

 

Quand j'ai voulu attaquer le chasseur à la hache par derrière mais que je me suis bloqué dans le décor et qu'il a pu me rétamer à l'aise.

 

 

L'expérience viscérale de l'année ?

 

 

Les attaques viscérales dans Bloodborne.

 

 

Le troll de l'année ?

 

Celui qui est à l'entrée du pont dans Bloodborne

 

 

Ton Top 5 de l'année ?

 

 

Bloodborne

 

Bloodborne

 

Bloodborne

 

Bloodborne

 

Bloodborne (à égalité avec Bloodborne : The Old Hunters)

 

 

Je voyais ça plus vivant, Quimper.

 

 

 

Tes attentes pour 2018 ?

 

 

Bloodborne 2.

 

 

 

Pose-toi une question et réponds-y.

 

 

Bloodborne ?

 

Bloodborne.

 

 

Le mot de la fin ?

 

 

Bloodborne.

 

 

 

 

 *

 

 

 

 

Présente toi à l'assemblée constitutive des membres de la commu' :

 

 

Le lectorat est-il devenu inculte et cuistre au point de ne pas connaître le Comte Zaroff, diplômé de la prestigieuse université Grigor Raspoutine et criminologue de son état ? Aurait-il eu l'indécence d'oublier ses quelques grands articles sur ce blog minuscule, comme 5 bonnes raisons de ne pas regarder Girls Und Panzer ou 1 bonne raison de ne pas jouer à Etrian Odyssey IV ? A-t-il besoin qu'on lui rafraîchisse la mémoire à coup de bottes dans la mâchoire, ce mécréant, ou bien quelques coups de cravache y suffiront (pour la forme) ? Par moi, on va vers la Cité Dolente, qu'il est dit dans ma bio, mais quand je lis ce que je lis sur les réseaux sociaux, je me dis qu'il y'en a qui risquent d'y arriver avant les autres...

 

 

Ton jeu de l'année ?

 

 

Final Fantasy XV, parce qu'il a envoyé toutes les chouineuses du fan club français de la licence se faire voir dans les vestiaires du championnat du monde de Blitzball, avec une plume de Chocobo dans l'oignon, et parce qu'il a fait ça bien.

 

 

Auteur inconnu - mais génial, disons-le tout net.

 

Ceux qui voulaient jouer le chanteur de Placebo dans un scénario co-écrit par Bernard Werber et Hiro Mashima n'auront qu'à se repasser la séquence du bisou de FFX pour avoir leur shoot maouss de japoniaiserie.

 


 

Le plus beau baiser lesbien de l'histoire du Jeu Vidéo.

 

Nier Automata, aussi, parce que les couilles de Yoko Taro sont descendues depuis Drakengard et qu'il a arrêté d'écrire ses scénarios comme des chansons d'Evanescence. ça fait du bien, putain, j'en pouvais plus de sa darkitude Ikéa façon Garth Marenghi.

 

 C'est ballot, Garth Marenghi vient de vous spoiler tout le scénar' de Drakengard 1.

 

 

Ta surprise de l'année ?

 

 

La sortie d'un nouveau Fifa. Je m'y attendais tellement pas, putain, ça m'a ému aux larmes.

 

 

Ta déception de l'année ?

 

Le fait que cette année encore, les extraterrestres ne nous aient pas envahis pour nous mettre sous tutelle et bouffer les plus gras d'entre nous – politiquement parlant, c'est ce qui peut nous arriver de mieux, vivement qu'ils intègrent une UV « cannibalisme » au cursus de l'ENA (c'est pour bientôt, vu que ça reste dans le même registre que les autres cours dispensés là-bas. Non parce que je suis pas sûr qu'il faille vraiment faire quinze ans d'études juste pour pouvoir inventer de nouvelles taxes à chaque fois qu'il y a un problème...).

 

 

Le scandal de l'année ?

 

La disparition du "e" final du mot "scandale", bordel. Encore un coup de l'écriture inclusive, ça, j'en suis sûr. Je suis désolé, je m'excuse, je me tiens pas quotidiennement à jour au niveau des conneries qu'invente la sphère internet pour se dispenser d'avoir à régler les vrais problèmes de front, ce qui lui demanderait du courage, de l'investissement et de réfléchir un peu plus de deux secondes, c'est dire si on comprend son empressement à coller des points et des parenthèses partout en mode hashtag. Le grand combat social, on veut bien participer, ça fait toujours un peu genre je-vaux-mieux-que-tout-le-monde dans les soirées de l'Ambassadeur, ça donne de facto droit à du rab' de Ferrero rochers, mais faut pas que ce soit plus compliqué qu'un clic ou un like, hein, sinon c'est fatigant et la fatigue, c'est super oppressif, j'te jure, tiens, prends donc un bol de céréales à dix euros pour te réconforter mon pauvre chou.

 

Ah et sinon, dans le même genre, y'a aussi eu cette affaire avec Squeezie et Ardisson, là, genre tragédie de bac à sable avec la pelle dans l'oeil et le rateau dans les chicots, parce que bon, ok, Ardisson, il a pas été super cool, c'est clair, mais enfin, c'est Ardisson, quoi, tu vas pas chez Ardisson en pensant qu'il va passer la soirée à te cirer les pompes jusqu'à ce que tu voies le chiffre de tes abonnés dedans - et à plus forte raison si y'a Laurent Baffie avec, hein, même moi, j'oserais pas, et pourtant j'ai passé quelques nuits à regarder l'autre taré jouer à Bloodborne. Normalement, si tu as un minimum d'instinct de conservation médiatique et qu'on te propose de faire Ardisson, tu ne réfléchis pas, tu fuis. Pareil pour Eric Zemmour, bien que les deux ne soient quand même pas du même tonneau : si on te propose de parler politique avec Eric Zemmour, tu acceptes ? Non. Tu as lu Lovecraft, tu as regardé Queen's Blade, tu as vu bien assez d'horreurs comme ça. Alors je sais pas, peut-être qu'il croyait y être préparé, le Squeezie, parce qu'il connait les fans, parce qu'il connait les haters, parce qu'il sait gérer ça. Sauf qu'à force de tourner en vase clot sur ses forums, la sphère vidéoludique française a oublié une frange majoritaire de la population : celle qui n'en a (légitimement) rien à battre. Alors oui, ok, c'était moche, mais enfin pas plus que d'habitude avec Ardisson, quoi, et jusqu'ici ça ne dérangeait pas grand monde, au contraire, on avait tendance à s'en réjouir crassement et à battre des deux mains à chaque tâcle sous la ceinture. Sauf que tout à coup, quand ça touche quelqu'un qu'on aime bien ou un milieu qui nous est cher, c'est plus la même farine. Si j'avais ne serait-ce qu'un peu d'estime pour mes concitoyens, je dirais bien qu'il y a des leçons à en tirer, mais comme je crois que de toute l'histoire d'internet, personne n'y a rien appris (sur le plan humain, au moins), autant pisser dans un violon et tenter de jouer l'Hymne à la Joie.

 

Sans parler de tous ces mecs et ces nanas qui ont pris la défense du Youtubeur, criant au scandale (avec un "e", bordel ! UN "E" !), allant jusqu'à demander qu'Ardisson présente ses excuses, alors que le reste de l'année, ils passent leur temps à invectiver copieusement tous les inconnus de passage, sitôt qu'ils sentent poindre le début d'un désaccord, quand ils ne trollent pas telle ou telle page de développeurs pour leur dire qu'ils ont trop fait de la merde juste parce que le jeu ne leur correspond pas et qu'ils sont le centre du monde, c'était tellement gonflé, tellement paradoxal et tellement malvenu que j'ai trouvé ça touchant.  D'une certaine manière. Une manière malsaine et condescendante, certes. Mais touchant malgré tout.

 

T'as trouvé qu'Ardisson était un gros con, sur ce coup ? Ben repenses-y la prochaine fois que tu traiteras Boruto_du_74 de grosse tarlouze juste parce qu'il a pleuré à la fin d'un jeu de David Cage (alors que c'était peut-être juste du soulagement). 

 

 

 

 

Sinon, au nombre des indénombrables scandales débiles de l'année, on a également eu droit aux frères Elric qui ne sont pas joués par des occidentaux dans le futur film live de Full Metal Alchemist et du coup « c'est trop pas crédible » (rappelons que nous parlons d'un film dans lequel des enfants utilisent l'alchimie pour ressusciter leur génitrice, hein, que ce soit bien clair. Encore un coup de la pédagogie Freinet, ça. Fichus gauchistes !), on a eu les menaces de mort tranquille-Emile-à-l'aise-Blaise adressées au réalisateur du Death Note made in USA (on mesurera l'intelligence objective d'une ½uvre à la maturité de ses fans), on a eu ceux qui râlent quand c'est pas assez respectueux (Thor), on a eu ceux qui braillent quand c'est TROP respectueux (Battle Angel Alita) ou encore, c'est tout frais, ceux qui partent en croisade contre Bright (autre production Netflix) qui aurait soi-disant tout repompé dans Shadowrun (licence de jeu de rôle sur table bien connue pour l'originalité de son univers, autant que je peux être connu moi-même pour mon ironie sans pitié), et même - ça ça date d'aujourd'hui, pas de trève de Noël -, ceux qui vocifèrent parce que quelqu'un a osé mettre du metal et de la baston dans l'opening d'un jeu de baston (Dragon Ball Fighter Z, pour ne pas le nommer), comme quoi "c'est sans doute un coup des Américains qui veulent réduire DBZ à des échanges de bourre-pifs", alors qu'il y a plein d'autres choses dans la série, c'est vrai, quoi, genre des moments où on attend que Goku arrive pendant six épisodes pour que le vrai combat démarre et qu'on arrête de compter les dents de Yamcha, des moments où les deux adversaires se font face et échangent des banalités histoire de gagner du temps (avec la subtilité d'un lycéen à son oral du Bac Blanc), et des pubs Glico. Dommage qu'elles n'aient pas été mises en valeur dans l'opening, les pubs Glico. On passe complètement à côté de l'essence de la série : le commerce ! Bref, ça piaille en permanence comme dans les cuisines du KFC en période de promo sur les nuggets, ça n'arrête plus, il faut gueuler, il faut vomir, il faut absolument trouver une nouvelle raison tous les jours, il faut écrire des gros mots du genre « déféquer », « étron », « suce-boule » (houuuu mais c'est que c'est le grand frisson, dites-donc !), ça fait grimper l'adrénaline et puis ça fait bonhomme, genre j'ai une personnalité, comment je les ai trop cassés, t'as vu, comment ils vont pleurer leur race quand ils vont lire ça, je vais leur gâcher la journée, c'est trop de la balle (mais quand même, Ardisson, quel connard, quoi ! T'as vu comme le pauvre Squeezie il avait les larmes aux yeux ? Ce mec n'a donc rien d'humain ?)...

 

Non, franchement, plus on va avancer, plus ça risque de devenir compliqué pour les deux-trois Homo Sapiens qui restent.

 

 

 

 

Le scandal GB de l'année ?

 

 

Parce qu'il y a vraiment des gens qui suivent l'actu de ce site ou c'est une question piège ?

 

 

 

L'arnaque de l'année ?

 

 

Les braconniers qui tuent des bébés phoques en Antarctique, et aussi les dirigeants qui font la guerre, et les traders qui spéculent sur... nan, j'déconne. L'écriture inclusive, l'appropriation culturelle, les 320 sortes de genres différents et les 188 sexes recensés sur Twitter (et plus généralement : toutes les conneries inventées par les Millenials pour éviter d'avoir à se sortir les doigts du cul et à vivre dans le vrai monde). Parce qu'il y a des gens qui, sexuellement, se sentent comme "l'intérieur d'une nébuleuse" (ce qui est complètement crétin vu qu'une nébuleuse ne sent rien du tout, jusqu'à preuve du contraire), ou d'autres qui refusent d'être rangés dans une catégorie et qui inventent une catégorie pour désigner le fait qu'ils n'ont pas de catégorie (sans que le paradoxe les choque, visiblement), ou d'autres qui se sentent à 100% homme ou femme, mais également un peu de l'autre sexe aussi (les maths, c'est comme le recul sur soi et l'amour-propre : c'est surfait), et d'autres encore qui se sentent agressés par une tahitienne en plastoc ou qui croient sincèrement que les règles orthographiques conditionnent la façon dont l'être humain perçoit la société (non mon petit, avoir vu quatre saisons de Lie to Me ne fais pas de toi un expert-comportementaliste)...

 

 

...mais après tout, pourquoi pas, chacun a le droit de croire à aux âneries de son choix, c'est pas un crime, et puis ça part d'une bonne intention, on peut pas leur enlever ça, même si c'est aussi pour se faire mousser et même si ces chevaliers blancs refusent souvent ce droit aux partisans de telle ou telle religion, en les ridiculisant sur la toile comme quoi "c'est la pire invention de l'humanité" (tolérance is over 9000, lol).

 

Non, la véritable arnaque, au milieu de toutes ces arnaques, comme je le suggérais plus haut avec la finesse qui me caractérise (ou peut-être un brin de provocation), c'est qu'on ne peut pas remettre ces notions en cause sous peine de passer pour un enfoiré (pas celui des restos du c½ur. L'autre). Pas le droit d'objecter, pas le droit de contre-argumenter, pas le droit de nuancer, pas le droit de questionner. Confisquée, la parole. Mise au ban, la différence.

 

 

Au bout du compte, quand on y songe, la pensée non-oppressive, c'est quand même l'une des pensées les plus oppressives qui soient, juste derrière [insérer ici le point Godwin de votre choix]

 

 

 

Antifa is the new Fa

 

Mais ça ne dérange pas le Millenial, parce qu'il est du côté des gentils, que la fin justifie les moyens, que c'est pour le bien de l'humanité et que si t'es pas avec lui, t'es contre lui et t'es donc un méchant, et alors tu mérites qu'on te fasse tout ce qu'on condamne par ailleurs, et seuls les Sith pensent en termes d'absolu mais on s'en fout. La vérité, c'est pas quelque chose qu'on construit par la réflexion, c'est quelque chose qui s'impose à soi en deux secondes au détour de Twitter parce qu'on est d'accord avec elle et du coup ça peut être que vrai t'as vu ? Voilà ce qui se passe quand on répète en boucle à toute une génération qu'elle est exceptionnelle, que le système éducatif ou social n'est pas adapté à mesurer combien elle est unique, géniale, hors-du-commun-des-moutons-de-dans-le-temps, et quand on multiplie ses notes par deux au moment de la correction pour être sûr qu'elle aura au moins un bout de Bac à la fin de sa scolarité. Forcément, la première fois où on les contredit, ils comprennent pas, les mecs, limite ils vivent ça comme une agression. Y'en a pas un qui se dit "ha mais c'est pour ça que dans les rédactions, on nous demandait d'écrire l'antithèse aussi ?". Argumentation niveau classe de seconde, putain.

 

 

Mais j'imagine que l'antithèse, ça vaut que pour ceux qui ont tort.

 

Quand on a raison, on peut s'en passer, il suffit d'une vague intuition et que ça ait l'air un peu évident.

 

CQFD sale hater, les philosophes c'étaient des boloss.

 

Maman, donne-moi mon bol de céréales.

 

 

 Si seulement, Ben. Si seulement.

 

A nos valeureux héros, tombés cette année aux champs de ruines (intellectuelles) :

 

Peggy Sastre

 

L'Odieux Connard

 

L'Odieux Connard encore

 

Nicolas Bedos (dont chacun sait qu'il est Odieux aussi)

 

Le Comte Zaroff (Odieux dans ses bons jours)

 

 

(vous pouvez toujours essayer de contre-argumenter en commentaire si vous n'avez que ça à faire de votre Noël, mais dans la mesure où les détracteurs, jusqu'ici, n'ont pas été fichus de le faire une seule fois convenablement, je vous souhaite bon courage. Ha oui, et à toutes fins utiles, je précise que "comme par hasard, tes liens, c'est que des mâles blanc cis-genres hétérosexuels" est à l'argumentation ce que le cul d'une poule est à la caverne de Platon, c'est dire si ça sent l'omelette aux lardons. En plus y a une femme dans le lot - du coup, y'a parité vu que la qualité de son article vaut les quatre autres à l'aise).

 

 

 

 

 

Bon et puis parce que la parole se libère et qu'il était grand temps (si !) ; et aussi parce que c'est Noël et qu'à Noël, on se raconte des histoires au coin du feu (on se persuade qu'on a été sage, déjà, ce qui ferait un meilleur film de Science Fiction que le dernier Star Wars), je ne vais pas déroger à la tradition et vous narrer deux anecdotes provenant de ma lointaine et néanmoins glorieuse jeunesse, et même que pour l'occasion, exceptionnellement, j'intitulerai ça « les Belles Histoires du Père CASTOiconnaR » :

 

- Je devais avoir vingt-cinq ans, je n'étais pas encore comte, à peine un petit duc de rien du tout à la cour du Tsar. Politiquement, la Russie se trouvait alors dans une situation similaire à celle de la France d'aujourd'hui : nous venions d'élire Raspoutine à la tête du pays parce qu'il nous avait tous impressionné pendant sa campagne en tirant des rayons lasers avec les yeux et en faisant décapiter ses opposants. A l'époque, je ne sortais pas beaucoup, et jamais en soirée, sauf qu'il y avait ce film avec Lauren Bacall au cinématographe et je n'avais jamais rien vu d'elle en couleur alors j'ai dérogé à mes principes et je me suis mêlé au peuple. Le film m'ayant fait forte impression (à moins que ce ne soit la vodka à l'entracte?), après la séance, je décidais de m'égarer dans les rues de Vladivostok pour laisser libre cours à ma mélancolie (du grec Melankholia, et pas du français Jean-Luc Mélanchon), errant au hasard des rues désertes, paisibles, débarrassées de la lie humaine qui les encombrait en plein jour. Revenant finalement vers l'avenue principale, je suis dépassé tout à coup par une calèche qui ralentit à ma hauteur et là, je me dis tout naturellement « Zaroff, ces personnes ont un renseignement à te demander, elles souhaitent s'abreuver à la précieuse source de ton savoir ». Pouvais-je les en blâmer ? Aussi me penché-je civiquement à la fenêtre du fiacre. A l'intérieur : deux très belles femmes de dix ans mes aînées, apprêtées avec soin et sans vulgarité, dont l'une d'elle m'apostrophe tout sourire et me demande si d'aventure je serais disposé à les suivre à l'hôtel (qu'elle me désigne au loin). Comme tout homme de 25 ans normalement constitué aux prises avec de jolies représentantes du sexe opposé, bien sûr, j'éclate de rire sous le coup de la surprise et décline poliment l'invitation, avec une révérence d'aristocrate, avant de m'éloigner dans la froidure - d'un pas plus si rêveur ni si mélancolique (cinq petites minutes plus tard, je courais après leur véhicule en criant « Attendez ! Attendez ! J'ai changé d'avis ! Je veux bien ! Je veux biiiiiiennnnnn », mais jamais je ne le rattrapais).

 

- Autre lieu, même époque : mon jeune frère (je crois que vous avez un mot exprès pour ça. « Tovarich », si je ne m'abuse) désirait m'initier à l'internet, mi par dés½uvrement, mi par jeu, alors que nous venions juste d'installer notre nouveau modem atomique analogique digital (nul besoin de wifi, nous avions l'énergie mystique de notre tsar Raspoutine pour l'alimenter jour et nuit). Curieux de m'observer aux prises avec cette technologie dont on nous avait dit qu'elle n'était pas à 100% humaine, mon frère me colle donc sur le chat Skyrock, aux alentours de minuit, affublé d'un pseudonyme exoti... ethni... viril du genre « Rimka_du_9-3 ». Il faut croire qu'il l'a bien choisi, car dix minutes n'ont pas passé que déjà, je me faisais interpeller par une beauté berbère (à moins qu'il ne s'agisse d'un gros blanc dégueulasse ?), me pressant de lui faire virtuellement l'amour. « Baise-moi, oh oui, baise-moi ! », s'est-elle exclamée avec l'éloquence de qui commet six fautes à la minute. Ignorant tout des usages en vigueur et des pratiques qui en découlent (ignorant même qu'on puisse avoir des rapports sexuels par écran interposé, en dépit de la présence fort utile de prises mâle et femelles sur les côtés), j'objectais alors que nous n'avions pas été présentés, que peut-être devrions-nous d'abord rencontrer nos parents respectifs, apprendre à nous connaître, mais ell.il.e.nébuleuse.s n'a rien voulu entendre et m'a sommé de lui écrire « des mots orduriers » afin d'entretenir une certaine excitation d'ordre sexuel (si j'ai bien compris le concept) propre à lui procurer quelques plaisirs solitaires que nous ne jugerons pas (tout au plus ai-je saisi qu'elle avait des problèmes d'humidité. C'est la nuit de Noël. Rien de tels qu'une belle histoire pour faire de doux rêves). Sur ces entrefaites, donc, comme tout homme de 25 ans normalement constitué aux prises avec une supposée jolie représentante du sexe opposé, voilà que je passe le quart d'heure suivant à lui citer des répliques inspirantes de Roméo et Juliette. Pensez-vous qu'ell.il.e.nébuleuse.s m'aurait payé de mes efforts avec les remerciements qui s'imposent ? Que nenni ! Peu émoustillée par le verbe du Barde, semble-t-il, l'intéressé.e.accent.core.+ a fini par quitter la conversation, en rage, me suggérant un peu abruptement « d'aller plutôt sucer des queues, sale pédé ! ». Suite à quoi je n'ai pas osé remettre les pieds sur internet pendant deux ans.

 

 Du moment qu'ils s'aiment...

 

S'il y a une morale à ces deux contes édifiants qui, j'en suis sûr, vous aurons arraché quelques frissons légitimes, moi-même, je l'ignore, mais ils tendent à confirmer qu'hommes ou femmes sont bel et bien égaux, en qualités comme en travers, car tous sont humains avant tout (hormis, peut-être, notre Tsar bien-aimé, que nous avons pendu l'année dernière et qui gigote encore pour tenter de se détacher).

 

 

 

Le braquage de l'année ?

 

 

Le crowdfunding de Noob, qui récolte en un mois plus d'un million d'euros pour un PUTAIN DE JEU REALISE SOUS RPG MAKER, pile au moment où Steam et Humble Bundle proposent celui-ci en solde. Et alors je sais pas, même en faisant abstraction de la qualité toute relative (hahahahaha !) de cette licence, je me demande vraiment 1) d'où vient tout cet argent vu que la France est censée être en crise, 2) d'où vient tout cet argent vu que la plupart des contributeurs n'a pas encore intégré la vie active et ne touche donc pas de salaire régulier 3) combien on pourrait faire manger d'enfants du tiers monde pendant un an avec cette somme indécente 4) pourquoi les associations caritatives rament autant quand elles doivent lever des fonds genre pour éviter aux gens de mourir alors que chez Olydri, ils n'ont qu'a proposer de kickstarter un cendrier en pâte à sel pour se retrouver avec le PIB d'un petit pays d'Afrique. D'autant que bon, des jeux réalisés sous RPG Maker, y'en a un paquet, et parfois même des bons (Wait Extended, à faire absolument), et souvent des pas cher, et doit pas y'en avoir beaucoup dans le tas qui ont coûté un million d'euros. Sans compter que bon, en substance, le kickstarter, c'était "on sait pas trop ce qu'on fait ni comment, on a eu cette idée un peu vague mais ça peut être sympa alors donnez vos sous". Paf. 1 million. Direct. Qu'est-ce que ça aurait été s'ils avaient débarqué avec un projet réfléchi, dites-donc ! Si demain, Noob devient une secte, Rael peut mettre la clé sous la soucoupe volante.

 

 

 Ou sinon vous pouvez investir dans des vrais jeux vraiment créatifs, hein.

Je dis ça, je dis rien.

Mais au moins vous payez pas ce "rien" un million d'euros.

 

 

La direction artistique de l'année ?

 

 

Nier Automata. Elle est quand même bien gironde, la Gothic Lolita, sans vouloir l'oppresser ni la réduire à sa seule silhouette wawawoum. En plus c'est pas elle qui risque de te dire "dans les yeux !" en boîte de nuit, lol.

 

 

Oui mais si on se bat ?

 

 Ha et puis Guilty Gear Xrd parce que quand on parle de wawawoum, Ramlethal Valentine se défend très bien (et pas que sur le plan du wawawoum, d'ailleurs. Maintenant qu'on en parle, elle attaque très très bien aussi).

 

Parce qu'elle le vaut bien.

 

Et puis c'est rock, c'est fou, c'est classe, ça pète de couleurs de partout et ça change des horreurs moe qui ravagent l'animation japonaise en ce moment.

 

 

 Si !

 

 

 

La bande-son de l'année ?

 

 

Thor Ragnarok, parce qu'il y a Hulk sur la jaquette et qu'Hulk, c'est un peu la Blaxploitation, mais en vert, et parce que ça change un peu du crincrin et des coups de cymbales, bon sang, j'en pouvais plus du philharmonique à fond les ballons, j'avais l'impression qu'Hollywood avait mangé tout un solfège mais sans penser à le mâcher, et que depuis il avait genre des ballonnements, et même des flatulences du côté des grosses caisses.

 

 

 

 

La turbo-baffe de l'année ?

 

 

Thor Ragnarok parce qu'il y a Hulk sur l'affiche et qu'Hulk, c'est un peu la Blaxploitation, mais en vert, et parce que je m'attendais à me faire chier grave devant un énième film de super héros à deux de QI au lieu de quoi j'ai eu plaisir à regarder le réalisateur piétiner une à une les attentes de son public de neuneus. Et quel plaisir de lire ensuite ce dernier chialer sur la toile comme quoi ça trahit complètement l'esprit d'une BD dans laquelle une sorte d'Asterix body-buildé vole dans le ciel grâce à un marteau magique.

 

 

Je vous la colle en VF même si ça me coûte vu que vous n'êtes que deux à être bilingues,

sortis de vos Onii-chan yamete !

 

Le développeur de l'année ?

 

 

Square Enix parce qu'ils ont bientôt fini Final Fantasy XV et qu'ils vont pouvoir le sortir en boîte sous peu. Oh wait !

 

 

Le constructeur de l'année ?

 

 

Les fourmis. Elles sont toutes petites genre Pikmin et elles font chier personne sur Twitter et tu crois que tu vaux mieux qu'elles et pourtant elles construisent vachement plus de trucs que toi, vachement mieux que toi ! Et toi, tu les piétines quand même et tu les empoisonnes au DDT juste parce qu'elles font des trous dans ton jardin alors que c'est autant le leur que le tien et que tu pleures dès qu'il s'agit de bouffer un bout de vache.

 

 

 

Le bide de l'année qui t'a fait plaisir ?

 

 

Le dossier Ys du Gamer aux Mains Carrées, parce que tout le monde s'en fout et qu'il était grand temps que ce fieffé connard ait l'indifférence qu'il mérite. Accessoirement, j'attends toujours mon chèque pour mon dossier sur Neptunia, enfoiré.

 

 

Mais le bide le plus réjouissant de l'année, le plus juste, le plus mérité, loin devant tous les autres (rien que d'y repenser, j'en frémis de bonheur - ces larmes, mais ces larmes ! Leur goût légèrement sucré façon vodka-orange, un vrai délice !), celui qui est à lui tout seul le symbole d'une génération, la cristallisation de tout ce qui ne va pas sur internet, les raccourcis mentaux, la paresse intellectuelle, les amalgames, l'absence de recul, le manque d'intelligence, de culture, d'instruction, l'esprit critique à la ramasse, les fantasmes de persécution et la joyeuse ribambelle des biais de confirmation et de sophismes pour se la péter "je vaux mieux que tout le monde, t'as vu" (tout ce dont je faisais état plus haut et que je collais abusivement sur le dos des seuls Millenials), c'est ce fail magnifique qui a suivi la diffusion d'une pub Dove taxée de racisme, comme quoi "une femme noire se lave et devient une femme blanche, holalala, c'est très grave", refrain repris en ch½ur (mon correcteur orthographique me suggère "chieur". Coïncidence ? Je ne pense pas) par tout ce que le net compte de super-héros à deux balles, sans qu'aucun n'aille d'abord jeter un oeil à la pub pour vérifier, injuriant copieusement quiconque avait le néonazisme d'appeler à la prudence, à l'analyse et à la nuance (c'est écrit sur Twitter ! C'est forcément vrai, sale mâle blanc hétéro cis-genre !).
 
Tout ça pour que le machin soit débunké moins de deux jours plus tard sur la place publique, dispensant les plus courageux, les plus dés½uvrés et les plus masochistes d'essayer péniblement d'expliquer leur erreur à ceux qui criaient "au loup !" (et qui feraient vachement bien de se rappeler la morale de l'histoire avant qu'elle leur pète à la gueule), comme on apprendrait à une sardine à utiliser un ouvre-boîte, au point que même la première intéressée (et première victime, soi-disant) a pris publiquement la parole pour faire part de son désaveu.
 
Un petit pas pour l'intelligence mais une grande baffe dans la gueule pour les SJW. Sans doute oubliée dès le lendemain vu qu'ils ont la mémoire de Dory dans Nemo, et qu'ils ont vite dû trouver d'autres os à ronger, imaginaires ou pas (parce qu'ils ne peuvent pas toujours se tromper non plus, mais c'est ici moins une question d'intelligence que de statistique. Quand on gueule pour absolument tout sans distinction, forcément, on tombe juste de temps en temps, c'est mathématiques. Ce qui, nous sommes d'accord, est toujours mieux que rien. On fait comme on peut avec les moyens du bord).  

 

 

Et Joyeux Noël à tous, ho ho ho !

 

 

 

Le bide de l'année qui a fait du chagrin en toi ?

 

Le crowdfunding de Swery. Parce qu'un mec qu' a jamais réussi à finir un jeu et qui demande 50 boules pour sa signature en numérique, il mérite un morceau d'Ukraine.

 

 

L'expérience viscérale de l'année ?

 

 

Lire les commentaires des gens sur Facebook, quel que soit le sujet, de la politique à l'art délicat du macramé. On a beau y être préparé, c'est violent, et y'a toujours un gars ou une nana plus gratiné que les autres qui arrive encore à vous surprendre désagréablement. Même sur la news la moins polémique et la plus positive, y'aura toujours un connard pour faire cent likes avec un commentaire acerbe. C'est fascinant.

 

 

Le troll de l'année ?

 

 

Tetsuya Nomura pour Kingdom Hearts 3, à égalité avec Tetsuya Nomura pour FF VII remake, à égalité avec Yu Suzuki pour Shenmue 3 en 3D pixel art du début des années 2000.

 

 

Oh, et bien entendu, Yoko Taro pour la dernière vraie fin de Nier Automata à égalité avec Kojima pour le trailer de Death Stranding.

 

 

 

Ton Top 5 de l'année ?

 

 

What Remains of Edith Finch

 

Guilty Gear Xrd Revelator

 

Nier Automata

 

Ys V

 

.hack//G.U. Last recode

 

 

 Haseo, Haseo, Santiaaaaano (air connu)

 

Tes attentes pour 2018 ?

 

Que des jeux d'horreur psychologique : Call of Cthulhu, Death Stranding, Code Vein, Allison Road, Lost Souls Aside, Dissidia NT, Spider-Man, Bayonetta 3, One Piece World Seeker et Dragon Ball Fighter Z. Ha, et Kingdom Hearts 3 et FF VII remake, aussi, par habitude.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et chaque année, le même trailer pour Kingdom Hearts III et Final Fantasy VII remake :

 

Repris par Gackt.

 

 L'optimisme selon la Fnac.

 

 

Pose-toi une question et réponds-y.

 

 

Who knows what evil lurks in the hearts of men ?

 

 The shadow knows, depuis qu'il s'est ouvert un compte Facebook.

 

 

Le mot de la fin ?

 

DLC = DTC.

CQFD

 

 

 

 *

 

 

 

 

Présente toi à l'assemblée constitutive des membres de la commu' :

 

 

Yo nigga ! La bes ? Je m'appelle Isaac Washington, pour te servir (bien que je ne sois pas un barman, lol), Maître de Conférence à Paris VIII. Sur ce blog, j'ai coécrit des articles un peu polémiques tels que Los Santos Nid de Cons, sur la violence dans le jeu vidéo  . A plusieurs reprises, mon langage châtié a été pointé du doigt par les petites salpes à la solde de la bien-pensanc... euuuh, je veux dire, les agents de notre bien-aimée maréchaussée, si bien que je suis actuellement en mesure probatoire, tenu par mon engagement aux Gougnafiés Anonymes de ne plus proférer d'insanités, qu'elles impliquent ou non la maman de mes interlocuteurs. Soyez indulgents avec moi, bande d'enculés, ce n'est pas tous les jours facile vu la merde que c'est de vivre dans un monde où on créé une pétition pour faire annuler le dernier Star Wars.

 

 

 

Ton jeu de l'année ?

 

 

What Remains of Edith Finch parce qu'il faudrait vraiment être le dernier des enculés de ses couilles pour rester insensible à cette oeuvre de gros péd... je veux dire : une oeuvre aussi poignante, subtile et poétique.

 

 C'est quand même beau, la beauté, bordel.

 

 

Ta surprise de l'année ?

 

 

Le fait que les DLC de Final Fantasy XV sortent à la date prévue, putain, j'étais pas prêt, ils m'ont choppé en calbute à mi chemin entre le pieux et le placard à chips, je faisais pas le fier.

 

 

 

Et ça, Blondie s'en remettra jamais, visiblement.

 

 

Ta déception de l'année ?

 

 

La saison 10 de Doctor Who, qui était tellement mal écrite qu'à un moment, j'ai cru que j'étais devant Stargate Atlantis, tu le crois, ça ? Et maintenant, ils nous ont collé une mannequin de catalogue Vert Baudet à la place du vioque, c'est dire si ça va pas aller en s'améliorant, même si elle pourra toujours émasculer ses adversaires avec sa lime à ongles sonique.

 

Ben quoi, c'est quoi ton problème, gros ?

 

C'est pas grossier "émasculer" !

 

 

 

 Avec Benetton comme directeur de casting, ça pourra être qu'une réussite.

 

 

Le scandal de l'année ?

 

 

 Miss France c'est pas une vraie rousse. Elle est même pas vraiment de Lille. Comment vous voulez que j'arrive encore à dormir maintenant que je sais ça ? Faut pas jouer avec les sentiments des gens, après ça me fait chialer comme une petite pucelle et c'est pas très Mab, comme mentalité. Il va penser quoi, de moi, mon Pitbull, s'il me voit chialer à cause d'une Barbie Malibu ?

 

 

 

Le scandal GB de l'année ?

 

Julien Chièze, viré comme un malpropre alors qu'il se lave tous les jours, j'ai un contact au sein de la rédac' qui me l'a confirmé. Parce que bon, avec lui, la Home ressemblait peut-être à une version caméra café du Village des Damnés, en période d'E3, mais enfin de là à dire qu'il y a un vrai mieux en termes de ligne éditoriale, c'est faire fi des nombreuses coquilles et fautes d'orthographe qu'on peut relever au kilomètre carré de news de deux lignes sans intérêt traduites de l'anglais.

 

Et ne parlons pas des posts sur les trailers de Dragon Ball Super.

 

L'autre jour, j'ai activé adblock par mégarde, y'a la moitié des articles de la home qui ont disparu.

 

 

L'arnaque de l'année ?

 

Le succès de Your Name, qui est au moins le plus beau film d'animation japonaise de tous les temps depuis Le Vent se Lève (chef d'oeuvre auquel mon camarade Zaroff a rendu le vibrant hommage qu'il mérite).

 

 

Mais enfin, heureusement qu'All the Anime a de bons community manager parce que Your Name, c'est un peu 5cm per Second, qui était un peu La Tour au-delà des Nuages, qui était déjà un peu Voices of a Distant Star, parce que ça fait un peu plus de dix ans que Makoto Shinkai nous refait sans cesse le même film avec les mêmes personnages, les mêmes voix-off, les mêmes couchers de soleil mais en moins bien. Alors de là à crier au génie, franchement, c'est oublier un peu vite que c'est également un copié-collé du film coréen Il Mare et de son remake US The Lake House (entre deux rives) et c'est pas des échanges de corps à la Max Pecas qui vont changer quoi que ce soit à l'affaire.

 

 

 

Mais enfin, effectivement, pour savoir tout ça, faut sortir un peu de chez soi, et pas seulement quand les community manager d'All the Anime vous donne le putain de feu vert.

 

Du coup, là, personne ne s'offusque, personne ne vient la ramener comme quoi "c'est scandaleux, c'est piqué ailleurs", alors qu'à chaque nouveau film qui sort, on peut compter jusqu'à trois avant que le premier lanceur d'alerte télévisuel vienne nous hacher les noix. Au contraire, au sujet de Your Name, les mêmes te diront : "non mais c'est normal qu'il y ait des points communs, c'est inévitable dans le domaine de l'art, tout a déjà été raconté il faut que tu lises Joseph Campbell et le Monomythe"...

 

Cohérence intellectuelle is over 9000.

 

 

Ah ouais, et la saison 2 de Stranger Things, aussi, parce que c'était juste la saison 1 avec un skin d'ET l'Extra-Terrestre.

 

Ceci est le trailer de la saison 2 de Stranger Things. Et aussi celui de la saison 3, d'ailleurs.

 

 "Ils étaient venus chercher une couleur. Ils en ont trouvé sept cent cinquante mille.

Avec du lense flare".

 

 

Le braquage de l'année ?

 

 

Les élections de la république Française. A mi-chemin entre l'eurovision et les NRJ Music Awards. Une fois de plus, le FN nous confisque le second tour et nous oblige soit à voter pour Light Yagami, soit à rester chez nous le dimanche matin devant les émissions religieuses (sauf pour ceux qui sont inscrits sur les réseaux sociaux et qui comptent garder leurs amis, vu que l'abstention est devenu en quelques heures l'équivalent Twitter du crime contre l'humanité) (Twitter étant lui-même un crime contre l'humanité, on devrait pas tarder à voir débarquer le film en salle réalisé par Christopher Nolan).

 

 

Sérieux, les mecs, c'est pas pour faire mon chafouin mais j'ai assez joué aux licences de Square Enix pour savoir reconnaître une formule qui ne fonctionne plus (et dont tout le monde se fout, accessoirement).

 

 

Alors que bon, on prendrait tous les candidats, on les collerait à poil sur une île de l'océan Indien pendant un mois et demi, divisés en deux équipes et filmés H24, avec des épreuves de confort et des colliers d'immunité diplomatique, et on passerait ça le vendredi en access prime time, ce serait déjà plus fédérateur et au moins, on verrait qui est prêt à baiser qui pour réussir, et qui est plus enclin à baiser les autres.

 

 

Et puis pendant qu'ils sont là-bas, paf, sans rien leur dire, on envoie la Cour des Comptes éplucher leurs finances sur les trente dernières années, et tous ceux qui sont éliminés avant la fin du jeu terminent l'aventure en prison. Ce serait déjà plus sympa et franchement plus démocratique, mine de rien. Et puis c'est plus dans le ton peoplisant des campagnes actuelles.

 

HA !

 

 

ça veut dire que les énarques savent pas faire une cabane ?
 

 

Et ouais, j'assume, je suis de drauche. Ou de groite. On a un peu de mal à s'y retrouver, ces derniers temps, vu qu'ils ont tous le même programme : toupourmagueule.

 

 

 

 

La direction artistique de l'année ?

 

 

What Remains of Edith Finch parce que c'est beau, putain, ces trucs de gonzesses, quand même, ça donne envie de pleurer en lisant des romans d'amour genre Starship Troopers ou la traduc française d'FF VII.

 

 

 

La bande-son de l'année ?

 

Je dirais bien Nier Automata mais j'ai peur de passer pour un gros suiveur et puis vu qu'une des deux chanteuses est black, j'ai aussi peur de me faire renvoyer chez moi en charter, des fois qu'on me prendrait pour un communautariste forcené, genre un Black Panthers des Hauts-de-France (un Black Epagneul Breton ou un truc dans le genre), ou juste parce que 33,94 % des électeurs n'aiment pas la mélanine. Sans compter que bon, c'est une belle B.O., mais comme la précédente : trop répétitive pour tenir complètement le choc à long terme.

 

 

 

Je pourrais aussi évoquer celle de Ys V mais je ne l'ai pas encore lancé, vu que l'autre neuneu monopolise la console avec son Bloodborne périmé.

 

 
Bon et puis quand même l'Hollywoodisme forcené de la B.O. du mode story de Guilty Gear Xrd, signée Shunsuke Takizawa, parce qu'elle tabasse autant que les persos eux-mêmes et qu'on ne présente plus l'awesomeness de celle du mode arcade (et le talent de dingue de Daisuke Ishiwatari).
 
 

 

 

 

 

En plus, niveau scénario, il surclasse sans forcer 10 ans de J-RPG et d'animation japonaise. A une ou deux vaches près, c'est pas une science exacte (une ou deux vaches et/ou une ou deux héroïnes de Queen's Blade, ça revient au même). Bon, en même temps, c'était pas très dur, vu le nivellement par le bas qu'ont connu ces deux domaines depuis quelques temps (ils s'adaptent au public, faut croire).

 

 

 

 

La turbo-baffe de l'année ?

 

La dernière "vraie fin" de Nier Automata, parce que ça n'avait jamais été fait et que ça a du sens. Dans le domaine du jeu vidéo AAA, c'est presque une contradiction dans les termes. Et puis j'aime bien quand on me la met profond mais qu'on me demande mon avis d'abord.

 

 

Le développeur de l'année ?

 

Fachewachewa parce que dans le temps qu'il faut à Square Enix pour sortir UN jeu, il peut en sortir 260 (environ).

 

 

Le constructeur de l'année ?

 

Nintendo, forcément, parce qu'il en a rien à foutre de sortir des hardware des années wesh avec une carrosserie de jouet Smoby, et qu'il réussit à en vendre quand même. Bon, ce coup-ci, ils étaient pas trop sûrs d'eux alors pour rentrer dans leurs frais, ils ont d'abord vendu des émulateurs à 100 balles. Mais ça aussi, ça se respecte ! C'est pas Amstrad qui pourrait faire ça avec sa GX4000 !

 

 

Le bide de l'année qui t'a fait plaisir ?

 

 

Valérian, parce que j'avais déjà détesté le 5ème Elément, c'était pas pour me le retaper avec les héros de Twilight à la place de Bruce Willis.

 

 

Le bide de l'année qui a fait du chagrin en toi ?

 

 

Star Wars VIII, parce que ça fait depuis l'épisode IV que c'est n'importe quoi, cette licence, mais curieusement les gens se réveillent que maintenant juste parce que "ouin-ouin, ça part dans une direction un peu différente". Les gens, aujourd'hui, ils aiment pas trop les directions différentes. Tu penses, ils ont plus l'habitude, ça les angoisse. J'aurais adoré que 2001 sorte en 2017, tiens, juste pour lire les pétitions qui demandent à Kubrick de changer sa fin et d'inclure une bataille spatiale avec plein de pioupiou laser.

 

#balancetonporg

 

D'un autre côté, c'est bien fait pour la gueule à Hollywood : quinze ans à purger ses produits grand public de tout ce qui pourrait déranger celui-ci - ou ne serait-ce que lui demander un effort, même minime, déjà - alors forcément, quand un réal' décide de s'écarter un micromillipoil de ces conventions stéréotypées dont elle a fait des codes immuables, c'est la trahison, l'incompréhension, la peur, la colère, le côté obscur. Et alors là, pour rebondir sur les propos de mon estimé confrères, y'en a pas beaucoup pour penser à Ardisson et à Squeezie quand ils balancent leur « avis » sur la toile à coup de "caca-prout-prout". Faut dire, depuis Harry Potter, on sait bien ce que veulent les gens : toujours la même chose, toujours de la même façon, avec juste un skin différent et un nouveau nom par-dessus. Comme quoi EA et Activision ne sont pas des opportunistes, mais des visionnaires.

 

Ceci étant, de vous à moi et avec tout le respect que je dois à vos petits culs de blancs, quand l'industrie n'a pas grand chose de mieux à vous proposer qu'Independance Day 2, Pacific Rim ou Transformers XII : « la revanche des Golf GTI tunées versus le Roi Arthur », il me semble que taxer Star Wars VIII de pire film de tous les temps, c'est un chouïa de mauvaise foi, ou bien c'est qu'on a les exigences cinématographiques d'une palourde.

 

 

 

 

Je ne sais pas qui, en visionnant Pacific Rim 1, a eu les couilles de se dire

"chiche on essaie de faire pire !", mais c'est un brave entre les braves,

et il a visiblement été à la hauteur du challenge...

 

 

 

L'expérience viscérale de l'année ?

 

 

Rencontrer Kenji Kawai, Brian Michael Bendis et Rebekah Isaacs en dédicace, et pouvoir échanger quelques mots avec eux. Une expérience tellement viscérale que tous les aliments sont descendus dedans.

 

 

 Bien sûr, tu ne connais aucun des trois,

vu que tu attends le communiqué de All the Anime pour t'y intéresser.

 

 

 

 

 

 

Le troll de l'année ?

 

 

Nintendo pour la Switch.

 

 

 

Ton Top 5 de l'année ?

 

 

Journey

 

Bound

 

Abzu

 

Virginia

 

House of the Dead Overkill

 

 

Et son spin-off, oeuf corse !

 

 

Tes attentes pour 2018 ?

 

 

Des jeux poétiques à la direction artistique soignée avec en tête Shadow of the Colossus HD, The Lost Child, Aegis Rim, Dragon's Crown HD et Ni no Kuni 2 - ainsi que son spin off, Ni no Kuni Lingus...

 

Raaaah, flûte, j'ai pas pu résister, j'étais si près du but, il a fallu que je dérape bêtement sur la dernière question et ma conditionnelle va sauter ! On m'a piégé, putain ! Je suis sûr qu'on m'a piégé !

 

 

 

 

 

 

 

 

Pose-toi une question et réponds-y.

 

 

Combien de pattes à un Canard ?


ça, ça dépend de Monsanto.

 

 

Le mot de la fin ?

 

 

I wanna rip your fucking balls off.
Et la Paix sur Terre aux Hommes de Bonnes Volonté.

 

Ainsi qu'aux Femmes.

 

Et aux gens qui se sentent comme des Nébuleuses au dedans d'eux-mêmes.

 

Même si ce sont des babtous fragiles.

 

Ho ho ho.

 

 

 

 

Bon alors on la lance quand, notre  pétition pour faire annuler Final Fantasy X

et l'exclure de la liste des épisodes canoniques ?

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Pi.R.Carré - Pour changer d'aire (Geekerie)

 

Non, non, n'insistez pas, cette fois, vous n'aurez pas de longs discours, ni même l'Alsace ou la Lorraine, ni même une Ouiche ou un morceau d'Ukraine, je voulais juste crier ma joie (que nous appelerons ici Aline-Aline, parce qu'"il" revient).

"Il", c'est le fameux raincoat killer qui a terrorisé la petite bourgade de Greenvale en 2010, et qui s'apprête à frapper à nouveau par set de cartes interposées puisque j'ai reçu ce midi-même mon exemplaire du jeu de plateau Deadly Premonition, pile à la date prévue.

Financé via un kickstarter ayant rassemblés quelques 150000 dollars (quand même !) et mobilisé 2440 contributeurs, ce jeu d'enquête signé Rising Star Games vous transporte dans la peau d'un agent du FBI bien décidé à faire cesser ces crimes odieux.

 

 

Inspiré par l'univers déjanté de ce survival horror en monde ouvert signé Swery, qui a défrayé la chronique (et effrayé la critique) en son temps, ce coffret réunit l'ensemble du matériel du jeu, un livret de règles en quatre langues (dont le français), quatre cartes postales, quatre étuis plastique, un petit mot signé de la main dudit Swery (or on sait combien vaut cette signature depuis sa dernière campagne de crowfunding, mais je me comprends) et une clé Steam du jeu vidéo. Peu de doublons du côté des illustrations des cartes, toutes différentes ou pas loin, qui retranscrivent joliment l'atmosphère du jeu et sa direction artistique grâce au talent de l'artiste Fran Fdez.

C'est dire si a posteriori, je regrette de n'avoir pas pris l'édition "Sheriff", qui donnait droit à un très beau tapis de jeu en prime, ainsi qu'un mug A & G, un poster réversible, le CD de la B.O. du jeu, un dé customisé et une pochette de rangement. A nos actes manqués...

 

Quoi qu'il en soit : un must-have pour les fans de cet OVNI vidéoludique (qui s'est fait sa place sans forcer dans mon top 10 des meilleurs jeux de tous les temps) et pour les amateurs de jeux de société, dont je suis également.

Ne me reste plus qu'à réunir mes détectives préférés et à rouvrir l'enquête.

Pourvu qu'il ne pleuve pas...

 

 

Vidéo bonus, pour les curieux qui voudraient se donner une idée des mécaniques de jeu :

 

 

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« Jadis il avait un grand pays légendaire qu'an appelé Ys ».

 

 

 (E que s'apelerio Quezac')

 

 

 

C'est sur cette introduction cryptique en franponais (la langue des vrais héros) que s'ouvre Ys Origin, premier jeu d'une chronologie qui ne cesse d'aller et venir dans le temps, ramenant ici aux racines du mythe autant que de la saga éponyme. Ys, fer de lance de la société de développement Nihon Falcom aux côtés des Brandish, Sorcerian et autres Legend of Heroes, inscrit à sa manière le folklore breton dans le petit monde des vidéoludies.

 

On serait légitimement en droit de s'interroger sur la raison de cet emprunt confidentiel, là où la référence à l'Atlantide aurait semblée plus indiquée (ou, en tout cas, plus à la mode dans le champ de la Fantasy). Après tout, les deux fables ne sont que des variations sur un même thème, vraisemblablement des échos d'un unique récit fondateur, adaptés au contexte de leurs diffusions respectives... On y retrouve la même cité illustre, engloutie en une nuit pour avoir trop déçu les dieux, ou trop tenté le diable, propre à alimenter maints fantasmes et à inspirer maintes recherches archéologiques.

 

 

 

Mais alors, dans ces conditions, pourquoi aller chercher une légende régionaliste du lointain royaume de France, et faire de l’Allemagne la terre natale du héros ? Une certaine conception de l'exotisme, sans doute. Une façon pour les développeurs d'exalter l'imaginaire des joueurs japonais, plaçant l’attrait de l'inconnu au centre de leurs préoccupations narratives.

 

Nous sommes en 1987 et l'Atlantide a été explorée en long, en large et en travers dans les ½uvres de la pop-culture, si bien qu’en dépit des nombreux mystères qui l’entourent, le public a le sentiment de déjà la connaître, il sait par anticipation ce qu'il peut y trouver. Avec Ys, c'est une autre histoire - dont on ignore tout au pays du soleil levant. Le nom n'en est que plus évocateur, en ce sens (paradoxal) qu'il n'évoque rien. Les concepteurs du jeu n'ont d'ailleurs besoin de rien d'autre, ils n'ont aucun désir d'être fidèle au récit dont ils s'emparent et dont ils ne retiennent que les grandes lignes, empruntant également à d'autres variations, que ce soit la cité fictive de Laputa (à laquelle Miyazaki a dédié une belle déclaration d'amour), à la Tour de Babel que la licence transforme en passage obligé, au Jardin d'Eden ou à l'Atlantide, justement, dont elle s'approprie le peuple supérieurement évolué. Qu'importe si le ton général reste typiquement nippon et si ce melting-pot conduit à quelques contresens (le terme « Ys » évoquant une submersion plutôt qu’une élévation),  car la raison de ce choix est ailleurs.

 

 

La Bretagne - vue d'artiste (japonais)

 

Les artworks conceptuels ne trompent pas, non plus que les inénarrables séquences d'introduction, plus occupées à dégrader les teintes, jouer de la lumière, aligner les décors ou animer des mouettes qu'à dépeindre des combats ou annoncer l'intrigue : sous ses dehors d'Action-RPG minimaliste, de jeu de niche destiné à un public d’initiés non francophones, Ys s'est toujours voulu, vendu, pensé comme une invitation au voyage, un passeport pour l'ailleurs. Son personnage principal n'a ni voix, ni caractère à part entière : il est l'Aventurier au sens archétypal du terme, celui que rien n'arrête, qui n'agit ni par grandeur d'âme, ni par nécessité, ni par intérêt personnel, mais parce qu'il ne sait rien faire d'autre, parce qu'il doit avancer, parce qu’il veut voir plus loin. Avec, au coeur de l'entreprise, cette question intemporelle : « qu'y a-t-il, au-delà de cette colline, de cette rivière, de cette montagne ? Quels trésors, quels secrets, quels peuples indigènes ? ».

 

 

Une question que se pose Adol Christin depuis son plus jeune âge, et qui le pousse à quitter son village natal sitôt ses 16 ans révolus pour découvrir le monde. Un naufrage plus tard (premier d'une longue liste et certainement emprunté à Gulliver), le voilà lancé sur la piste d'une antique civilisation, une utopie mythologique dressée comme un pont entre les hommes et les dieux, la science et la magie, le sacré et le profane, dont il ne subsiste que quelques vestiges couverts de mousse, quelques dangereux artefacts convoités par des individus peu recommandables. Voilà posée en quelque mots l'essence de cette série jadis réservée aux fins connaisseurs et qui, depuis la PSP, n'a cessé de faire de nouveaux adeptes, séduits par sa saine simplicité et son charme à l'ancienne. Une série qui fête ses 30 ans et qui a toujours occupé une place privilégiée dans mon parcours de joueur, au même titre que Final Fantasy ou que Castlevania.

 

 

 C'est Yoshitaka Amano, peintre attitré des Final Fantasy, qui signe l'artwork de la jaquette

du premier épisode sur X68000. Comme quoi, tout est dans tout !

 

 

Alors que son huitième chapitre vient de sortir chez nous et que le spin-off Origin a eu les honneurs d'une version physique inattendue, il semblait impensable de ne pas lui rendre un vibrant hommage à la manière de son personnage principal : sous forme de carnet de voyage.

 

Mon voyage.

 



Retour rapide sur plus de vingt ans d'explorations en duo.

 

Des paysages, plutôt que des personnages. Le ton est donné.

 

 

* Wanderer from Ys (Megadrive, 1991) :

 

 

Le monde est encore jeune, tout est encore à faire. Je viens d’avoir quinze ans. Deux de moins qu'Adol Christin, pourtant pas plus haut que trois pommes et quelques dizaines de pixel sur l’écran bombé de ma vieille télé à tube. De lui, j'ai la silhouette dégingandée et la fascination pour Ys, ce territoire inaccessible entraperçu à la faveur des pages import des magazines de l’époque (inaccessible car réservé aux possesseurs de PC Engine CD Rom, rares, car fortunés - je n'apprendrais que bien plus tard l'existence d'une version Master System). Fébrile, j'ai mis la main sur une version américaine du troisième épisode, égaré on ne sait comment dans les rayons de mon revendeur habituel ; et la jaquette hideuse n'a pas suffi à me décourager, malgré ses sous-conans cosplayés en Maîtres de l'Univers.

 

 Ramstein's Odyssey Through the Land of Metal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Super Nintendo n'est pas beaucoup mieux  lotie, même en version japonaise.

SURTOUT en version japonaise !

 

 

 

 

Sur le fond comme la forme : un épisode à part dans cette chronologie naissante, de par son scénario déconnecté (relié sur le tard à la trame générale), son défilement horizontal plutôt que multidirectionnel (Zelda II est passé par là !) ou sa durée de vie réduite en proportion, mais je ne m’en formalise pas, trop heureux que je suis d’avoir la chance de m’y frotter sur ma Megadrive d’occasion !

 

 

Passée l'introduction (généreuse, mais  mollassonne), puis le seul et unique village du jeu, direction les grands espaces ! Dès les premières notes, je suis happé. Le soft n'est pas bien beau, c'est tout juste s'il se démarque avantageusement par ses scrollings différentiels, mais il a quelque chose d'unique : quelque chose dans l'ambiance, dans son rythme frénétique, sa bande-son rock, décalée, sa concision, la cohérence avec laquelle ses niveaux sont reliés les uns aux autres... Aux commandes de la version Megadrive (pardon : Genesis !), le studio Telenet Japan (Valis, Arcus Odyssey, Exile, ...) a fait de l'excellent boulot, contrairement à son rival Tonkin House et à sa honteuse mouture Super Famicom, massacrée de bout en bout, musiques en tête - un vrai blasphème. Car que serait Ys, sans son soundtrack à la Guilty Gear avant l'heure ? Il fallait les oser, les riffs guitare et les coups de cymbales anachroniques, loin des attentes que le joueur serait en droit d'avoir dans ce cadre médiévalisant. Un vrai coup de génie, de la part de Mieko Ishikawa, qui prend ici le relais du grand Yuzo Koshiro (Street of Rage, Sonic, Shinobi, ...) avec qui elle a travaillé sur les précédents, et dont les compositions irréprochables poussent la 16 bits de Sega jusque dans ses derniers retranchements (là encore, chapeau bas à Telenet, qui a exploité à la perfection les sonorités si particulières de la console, ses lignes de basse marquées, ses effets stéréo, pour proposer une transposition audacieuse presque plus pêchue que l'originale - ce qui n'est pas un mince exploit).

 

Si tu vas pas chercher bonheur, bonheur viendra à toi quand même !

 

Un vrai régal pour les oreilles, et à plus forte raison au casque, au point qu'à chaque nouvel environnement, l'immobilité est de mise : interdiction de toucher à la manette tant que le nouveau thème ne se sera pas répété deux fois, au moins, ce serait péché.

 

 

Autre excellente surprise : la fluidité de l'action. L'armure d'Adol n'est pas bien encombrante, certes, mais elle ne devrait pas lui permettre de se déplacer avec une telle célérité. Le petit rouquin tourne-t-il au café sans filtre, aux produits dopants, au PCP, ou bien souffre-t-il d'une forme extrême d'hyperactivité ? Sans doute un peu de tout ça simultanément, mais qu’à cela ne tienne ! Ce que le jeu perd en réalisme, il le gagne en efficacité.

 

  

 

Efficacité, c'est bien le maître mot de son gameplay qui, comme le protagoniste lui-même, va droit à l'essentiel. Trois coups à peine (normal, sauté, accroupi), cinq épées, cinq armures, cinq boucliers, cinq anneaux et puis baste. C'est bien assez pour vaincre l'entité maléfique qui manipule les ambitieux et étend son pouvoir en terres de Felghana. Bien assez pour sauver la belle Elena et conquérir son c½ur par accident (l’amour, Adol s'en fiche, c'est pas son truc, sauf si c'est celui de la découverte).

 

 

L'épopée elle-même se boucle en une poignée d'heures mais ce n'est qu'un détail : elle est suffisamment intense pour combler le joueur d'alors (en général) et surtout me combler moi (en particulier) : je prends plaisir à le recommencer, encore et encore et encore, pour me re-régaler de ses surprises comme au tout premier jour, jusqu'à son dénouement qui me laissera/m'a laissé/me laisse toujours une marque indélébile. Pour sa cinématique artisanale, d’abord, pour ses roulement de tambours martiaux (absents des versions concurrentes, et quel dommage pour elles !), mais surtout pour son épilogue plein de sagesse, un rien méta, comme l'histoire des jeux vidéo n'en aura produit que trop peu (« Une aventure d'Adol s'achève. Mais c'est aussi pour lui le début d'un nouveau périple, car sa soif d'inconnu ne tarira jamais, quelles que soient les terres qu’il foulera, quels que soit les personnes qu'il rencontrera sur sa route. Né dans un petit village de montagne, Adol a commencé son grand voyage alors qu'il n'avait que seize ans. Aujourd'hui, il est célèbre dans le monde entier. De tous temps, en tous lieux, les gens ont toujours été attirés par l'horizon, qui les a parfois conduits à prendre la route pour aller voir au-delà. L'histoire d'Adol pourrait bien être celle qui aiguisera votre curiosité et qui marquera le début de votre propre légende ». Si naïf que ça puisse sonner aujourd’hui, on pourrait difficilement faire plus en accord avec l'esprit du jeu, ou plus enthousiasmant pour les futurs adultes que nous étions alors).

 

 Ys : une question de regards dans le lointain.

On a beau faire, tous les chemins ramènent à Adol - pour preuve : ayant revendu la cartouche pour pouvoir acheter un nouveau titre (El Viento ? Gaiares ? Landstalker ? Phantasy Star IV ?), je n’aurais pas tenu trois mois avant de courir jusqu’à la boutique pour y racheter mon exemplaire, sa copieuse marge en plus. C'est donc vrai, ce qu'on dit : un seul être vous manque et tout est dépeuplé. On oublie de préciser qu'il est roux et qu'il balance des coups d'épée comme personne.

 

 

* YS IV : Mask of the Sun (Super Famicom, 1993)

 

 

 

Saut dans le temps. J'ai dix sept ans.

Ça m'est arrivé comme ça, sans prévenir, il a bien fallu que je fasse avec et que j’apprenne à voir le bon côté des choses.

Je retrouve enfin mon poto Adol et à présent, nous sommes sur un pied d'égalité - même jour, même heure, même pomme. Il n'a pas pris une ride, je n'en ai pas encore (hélas, l'acné ne s'est pas montrée aussi conciliante), nous étions fait pour élucider ensemble le mystère du masque du soleil, main-dans-le-pad. Du moins élucider est-il un bien grand mot car cette fois, le jeu est en japonais, le vrai, celui qu'on parle au japon, là où on collectionne les mouchoirs brodés et où on fait toute une histoire quand il s'agit d'aller dîner dans les restos végétariens. Il y gagne en pittoresque ce qu'il perd en compréhension. Un ami m'a prévenu, pourtant : on bloque sur la fin. Si mes souvenirs sont bons, l'avant-dernier donjon fait de la résistance. Oh ça, il doit y avoir quelque chose à faire quelque part, bien sûr, pour que pivote cette cloison amovible, mais quoi ? A qui parler ? Sur quel switch caché appuyer ? Ça n'aura l'air de rien, aujourd'hui, mais internet ne nous sera d'aucun secours vu qu'il n'existe pas. Par chance, je suis du genre borné : ce n'est pas la destination qui compte, mais le voyage, pas vrai ?

Alors voyageons.

Du soulagement, d'abord : nous sommes sur Super Famicom mais Tonkin House a tiré les leçons de l'épisode III : la musique tabasse dès l'intro, on n'a pas appuyé sur « start » qu'on est paré à en découdre. Aussi retardé-je l'instant fatidique avec délectation, le temps d'apprécier quelques boucles de son thème principal, puis je me lance, le curseur d’entrain à son maximum. Retour au gameplay canonique de la série. Dorénavant, c'est en contreplongée que je suivrais les déambulations de mon Young Indiana Jones préféré ; et je vais vite comprendre le pourquoi de cette tignasse rouge feu - il faudra bien ce point de repère explicite pour garantir une certain lisibilité d'action.

 

 

Réflexe de baroudeur, je cherche le bouton pour donner des coups d'épée, en vain. Après quelques tâtonnements perplexes, voire agacés, je comprends qu'Adol n'est pas du genre à ranger son épée dans son fourreau, il n'est pas homme à faire dans la dentelle - ou uniquement avec ses adversaires. Toujours aussi véloce, il devra embrocher ceux-ci en leur rentrant littéralement dans le lard, mais attention, pas n'importe comment non plus, ce serait trop facile : il devra les percuter sur son côté droit (celui qui tient l'épée et qui ne la lâche pas), sans quoi c'est lui qui encaissera de douloureux dommages. Ça se joue à quelques pixels, et il faudra au joueur autant d'instinct que de précision pour maîtriser la chose. Si les ennemis traditionnels, les araignées, les piafs, les hamsters du chaos ne posent guère de problèmes pour peu qu'on ait le niveau adéquat (3, c'est le chiffre porte-bonheur pour s'atteler aux Ys old school), les boss obligent à s'exposer plus qu'il n'est sensé de le faire, imposant par-là même une prise de risque à nulle autre pareille. Une erreur d’appréciation, d’équipement, de leveling et on sera zigouillé en quelques secondes, façon Dark Souls.

 

 

On croit jouer à un J-RPG, mais on éprouve souvent les sensations propres aux casses-briques, aux shoot-them-up, aux hack-and-slash - voire aux quatre à la fois. Et contre toutes attentes, ça fonctionne. Ça s'accorde même à la mesure près aux musiques survoltées de la Falcom Sound Team et à l'atmosphère générale du titre. D'un point de vue graphique, finis les dégradés subtils de Wanderers from Ys, il faut quelques minutes pour s'habituer aux aplats de couleur vifs, tranchés (on ne dira pas « laids » mais on le pensera très très fort). Heureusement, la musique suffit à faire oublier ces désagréments visuels et à embarquer le joueur vers l'infini et au-delà. On bloque sur la fin, oui. Mais pas longtemps. Il faudra plus qu'un mécanisme à la Mystérieuses Cités d'Or pour arrêter Adol. Je remue ciel et terre pour trouver comment l'activer, avec succès, à force d'allers-retours. La persévérance paie. Direction le dernier boss, qui la joue Sephiroth-before-it-was-cool. Encore une aventure rondement menée, en deux-temps trois mouvements (ou du moins est-ce tout comme, tant on n'aura pas vu les heures passer). La satisfaction est totale. Ne manquent que les tambours.

 



 

* Ys : the Animeh (sur l'écran cathodique de mes nuits noires et blanches).

 

 

Côté visuel, on tente de capitaliser sur le succès du mythique Lodoss War.

 

Nous sommes toujours dans les années 90, qui s'étirent à n'en plus finir comme si le monde retardait délibérément son entrée dans le troisième millénaire. On aura du mal à le croire, sans doute, tant il suffit aujourd'hui d'entrer dans une grande surface pour y trouver du Naruto, mais à l'époque, l'animation japonaise n'avait pas pignon sur rue (si on excepte la Keller à Paris. Les vrais savent). Aux yeux du grand public, elle est réduite à la vision biaisée qu'en donne le Club Dorothée (« japoniaiseries » violentes et sexuelles qu'on accuse d'être créées exprès pour abêtir nos chères têtes blondes). L'existence des mangas n'est connue que de rares collectionneurs, qui les sacralisent comme autant de compendiums occultes.

Pas de bd en librairies, pas de VHS dans les vidéos-clubs, pas d'internet (toujours !) pour grappiller l'information ou mettre en relation les membres de la secte otaku. Au mieux, on mettra le provincial en rapport avec l'ami d'un ami d'un ami qui vend sous le manteau des copies pirates de piètre qualité, dupliquées ad nauseam de magnétoscope à magnétoscope, passant aléatoirement du Pal au Secam ou au NTSC, faisant la fortune relative des quelques pourvoyeurs ayant leurs entrées à Akihabara.

On y visionne du noir et blanc, du flou, du plein de neige, on doit froncer les cils, parfois, pour distinguer ce qui s'y passe quand l'image ne saute pas, et pourtant on n'est pas à plaindre : ces aléas avaient leur charme que les moins de vingt ans ne peuvent pas comprendre, comme un parfum de découverte ou d'interdit qui donnait aux moindres trailers la valeur d'un petit trésor. Ce qui est rare est précieux, a-t-on coutume de dire sur Priceminister. Il fut un temps où cela ne s'appliquait pas qu'aux Vampire's Kiss et autres Super NES Mini ; et où l'adage avait une portée symbolique autrement moins consumériste.

Dans ces conditions, tomber sur Ys au bas d'une liste de contrebande, ça tient de l'instant-buy pour le fan aux abois (enfin, quand je dis "instant-buy", je vous parle également d'un temps sans paypal, ni e-mails, ni virements internet. Ça vous donnera une idée assez nette des délais pouvant séparer l'envoi d’un chèque et la réception du paquet). Me voilà donc casquant gaiement pour visionner le premier des sept OAV (comprendre : direct-to-video) adaptant l'opus d'origine.

 

 Mes yeuuuux !!!! Meeeeees yeeeeeuuuuuxxxx !!!!!

Rembourseeeez-moiiiii meeeees yeeeeuuuuuxxxx !!!!

 

Déception immédiate : les musiques sont bien là, cependant elles sont bien les seules. L'animé est un pur produit de consommation petit budget comme il s'en vendait alors à la pelle, de la sous-fantasy au rabais pas agréable à regarder (designs lisses et sans vie, animation sommaire), ennuyeuse de bout en bout (narration molle, sans rythme, un comble - d'autant que l'épisode ne fait que 25 minutes !), on sent la production opportuniste destinée à surfer sur le succès de la licence.

 

 

 Quelques designs préparatoires de la série. Héros, monstres et demoiselles...

 

Adol échoue sur un rivage lointain, est accepté par un village du coin, rencontre une bohémienne qui lui promet un destin exemplaire, aide ses nouveaux amis à repousser une cohorte de monstres, fin de l'histoire. Le teaser n'annonce rien de mieux. Atterré, je ne cherche pas à acquérir la suite. Je préfère essayer de dégoter l'un des quatre OAV consacrés à Ys II, beaucoup plus prometteurs sur le plan esthétique (au niveau du character design, notamment), mais impossible de me procurer plus qu'une bande annonce - que je regarderai sans cesse en soupirant, au son de "To Make he End of Battle".

 

 

 

Quant à l'adaptation du IV, elle n’aura finalement pas vu le jour et à en juger par de la séquence de démo réalisée pour démarcher les financeurs, ce n'est pas forcément un mal non plus.

 

 

 Ni particulièrement bon, ni particulièrement mauvais. Juste "meh".



 

* Ys VI : Ark of Napishtim (Playstation 2, 2005)

 

 

 

Fondu au noir, ellipse temporelle, comme dans Lost.

C'est en 2005 qu'Ys revient dans ma vie, sans crier gare, par la grande porte et à petit prix. Alors que la saga n'est plus qu'un souvenir nostalgique pour le (plus si) jeune adulte que je suis, voilà que mon copain Adol s'invite chez moi avec la complicité de ma PS 2, comme s'il n'avait pas disparu de mes radars pendant près de douze ans : toujours aussi fringuant, toujours aussi rouquin, toujours aussi badass, mais avec son brevet de spadassin en poche.

Pensez donc !

Dans l'intervalle, le bougre ne s'est pas tourné les pouces opposables : il a appris à se servir d'une lame, qu'il agite à présent par simple pression de bouton, s'adaptant aux exigences d'un milieu qui ne sait plus s'accommoder de mécaniques minimalistes, si efficaces soient-elles.

 Mon frigo est vide, la chambre d'amis est pleine de cartons : je ne l'attendais pas, il va falloir que je lui fasse un peu de place. Mais quelle idée, aussi, de me laisser si longtemps sans nouvelles ! J'avais bien appris par ouï dire qu’il avait pu revivre ses exploits les plus retentissants (sur PS2, toujours), mais sans que ces remakes ne suivent son exemple : bloqués à la frontière, ils ne traversent pas l’océan, m’obligeant à y renoncer, ne sachant que trop bien le sort que nos contrées réservaient alors à ces jeux de niche... aussi n'en ai-je pas cru mes yeux en tombant nez-à-nez avec ledit Adol, confortablement assis sur une étagère de chez Leclerc. Premier Ys édité chez nous - en toute confidentialité, certes, mais quelle révolution ! Désormais, les cartes du monde vidéoludique ne seront plus les mêmes, il faudra composer avec Esteria, Xandria, Canaan, Altago et j'en passe.

 

Bien sûr, j'aurais dû me douter qu'une surprise de cette taille exigerait quelques concessions. Je n'avais pas encore vu Full Metal Alchemist, sorti cette même année, j'ignorais tout de l'échange équivalent. D'emblée, une déception - et non des moindres : disparition inopinée de la séquence d'introduction, ce dessin semi-animé riche en dégradés pastels, et porté par l'inoubliable « Release of the Far West Ocean ». En lieu et place : une cinématique à l'occidentale, ni complètement réussie, ni totalement ratée, platement démonstrative et dépourvue de souffle épique. Une contradiction dans les termes, dans ce contexte, qui entame la balade sur une pointe d'amertume - même si de courte durée. Par bonheur, le jeu est joli, abouti, coloré, il a conservé sa nervosité, son honnêteté, ses tics de gentil bourrin - à peine plus éduqué du fait de l'ajout de nouvelles features. Si notre protagoniste est toujours vu du ciel, il peut dorénavant sauter pour asséner un coup d'épée plongeant, susceptible d'étourdir l'ennemi (comme il le pratiquait déjà dans Wanderers from Ys) ; à quoi s'ajoutent quelques pouvoirs élémentaires ainsi qu'une frappe tourbillonnante du plus bel effet, redoutable en cas d'encerclement. Si l'aspect shoot-them up s'est dilué dans cette modernité à double tranchant (bien que l'on puisse assimiler ce dernier coup aux méga-bombes d'antan), le feeling hack-and-slash répond toujours présent, fidèle au poste, sauvant les apparences.

 

Il faudra bien ça, car si la narration passe à la vitesse supérieure (proposant une intrigue bien plus élaborée, même si terriblement classique, pour ne pas dire cliché), dès les premières minutes, on peine à en croire ses oreilles - et pas dans le bon sens des termes. Adieu, le rock old school emblématique de la licence. Adieux, les riffs guitare et les coups de cymbales. Seuls les boss de fin de niveaux ont droit à un traitement de faveur, petits veinards, sans que cela n'excède trois ou quatre thèmes en tout. Le reste fleure bon le Secret of Mana, sans l'inspiration touchée par la grâce : les compos sont très belles, posées, enchanteresses juste ce qu'il faut, mais elles sonnent hors-sujet. Sacrée douche froide pour le fanboy, qui y a toujours vu (ou, disons, entendu) l'un des plus gros atouts de la saga (son âme, en quelque sorte), mais l'esprit d'aventure est toujours au rendez-vous alors on fait contre mauvaise fortune bon c½ur et on trace la route l'épée au clair.

 

 

Au moins pourra-t-on accéder à l'intro initiale par l'entremise d'un code, en guise de récompense pour avoir vaincu cette nouvelle menace. Ce sera toujours ça de pris (en boucle).

 

 

 

 

 

 

* Legacy of Ys – Books I & II (Nintendo DS, 2009)

 

 

Tandis que sur les machines japonaises, les remakes se suivent et ne se ressemblent pas, mais que le commun des gros noobs doit se contenter d'en rêver par vidéos interposées, je retombe en enfance. Oh, pas la mienne, vous l'aurez compris (encore que), mais celle de mon alter-ego virtuel, puisque Nintendo of America a eu la bonne idée de réunir sur une même cartouche DS ses deux voyages les plus anciens, la poussière en moins, traduits dans un idiome accessible à ceux qui ne parlent pas couramment l'onii-chan-yamete. Avec, en prime et sans surcoût, un CD soundtrack rempli à ras bord (aujourd’hui ça coûterait 90 balles et on aurait l’indécence d’appeler ça un collector).

 

 Les japonais n'ont pas eu cette chance, ils ont dû investir deux fois... et sans CD !

 

Hélas, une fois de plus, le passeport de ce titre n'est pas en règle, il ne doit pas quitter les States, Amazon refuse de collaborer, il faudra donc faire appel aux services d'un barbouze de première pour me procurer la compile tant convoitée. Ce barbouze, ce sera mon petit frère, installé à New York depuis quelques années pour y boire des coups et jouer du punk à l’ancienne dans des salles enfumées. Qui, mieux qu’un émule de Sid Vicious ou de Johnny Thunders, aurait été plus indiqué pour braver l’interdit au nom de mon amour coupable pour la série ? Sans doute m’a-t-il gratifié au passage d’un commentaire méprisant, mais rien qui ne fut oublié sitôt la console allumée.

Et pour cause !

Cette version portable me réserve une nouvelle surprise : à l'exception de leurs cinématiques d'intro, ces refontes ne sont pas un portage de celles sur PC. Là où ces dernières se faisaient un point d’honneur à conserver la 2D d’antan, cette déclinaison opte pour une simili 3D 32 bits qui, dans les faits, n'apporte pas grand chose, dans la mesure où le point de vue reste fixé à hauteur d'étourneaux. Nous sommes en 2009, Adol n'est pas contrariant, il continue de balancer des coups d'épées quand on le lui demande plutôt que de foncer tête baissée, à l'Esterienne. A croire qu'une page a définitivement été tournée.

 

 

Cela se joue toujours sans déplaisir, même si de façon plus conventionnelle, alors on s'applique désormais à vivre avec son temps - ou plutôt : c’est lui qui s’applique à vivre avec le nôtre -, trop ravis que nous sommes de retrouver les musiques fondatrices qui nous ont tellement fait vibrer jadis sur cassettes audio (pirates, elles aussi, ça va de soi). Si l'épisode I ressemble à un prototype, avec ses graphismes minecraftéens et sa durée de vie lilliputienne (jusque-là, les Ys n'avaient pas brillé par leur longueur - et cela faisait paradoxalement partie de leurs atouts -, mais ici, on bat des records. 4 ou 5 heures tout au plus. A peine en route qu'on attaque déjà la tour, au sens propre).

 

 

 

Le second se révèle autrement plus satisfaisant, car beaucoup plus complet, mieux équilibré, plus riche et surtout : beaucoup plus beau. L'occasion pour moi d'accéder enfin aux arcanes de la trame scénaristique originelle (rudimentaire, mais c'est comme ça qu'on l'aime), celle-là même qui a posé les bases de la licence et qui en forge la personnalité. L'occasion également de réécouter sans fin « To Make the End of Battle », son thème le plus célèbre, et de l'emporter partout avec soi. Obligé.

 

 

 Petit comparatif. A gauche, le I. A droite, le II.

 

De quoi faire oublier le calamiteux Ys Strategy, commercialisé en 2006 sur cette même Nintendo DS, étrange sortie de piste qui ressemble peu ou prou à un Warcraft sous Lexomil, que l'ensemble du monde vidéoludique s'est empressé d'oublier par charité chrétienne.

 

On voit la jaquette, on se dit "pourquoi pas ?".

On voit le jeu, on se dit : "pouuuurquoiiiiii ?"

 

 

 

 


* Oath in Felghana (Steam, 2012)

 



2012.

 

Nouvelle fin du monde, paraît-il.

Stupeur et tremblements (d'excitation).

 

Comme à mon habitude, dans mes moments de grand dés½uvrement, je tape « Ys » dans la barre de recherche Steam, sans y croire une seconde « mais on ne sait jamais, des fois que ce soit comme le chat de Schrödinger ». Il faut croire que la physique quantique partageait mon opinion puisque, contre toute attente, le résultat est positif. Craignant à un mirage (l'ivresse des profondeurs, peut-être), je n'attends pas les soldes pour faire chauffer la carte bleue. Il faut préciser ici que le premier titre à s'échouer sur nos rivages (formule de circonstance !) n'est autre que le remake PC de Wanderers from Ys (autant dire : le Saint Graal), qui s’est rendu célèbre sous le patronyme « Oath in Felghana » - celui qui avait arraché tant de soupirs à l'ancien ado qui sommeille en moi.

 

 

 

 

Un reboot plutôt qu’un remake, devrait-on écrire, car il est intégralement recréé à l'image de ses prédécesseurs. Finie la vue arcade sur le côté, on en revient aux fondamentaux : Adol peut à nouveau botter des croupions sans contrainte (comprendre : dans toutes les directions), tout en conservant cependant le level design initial - que cette version prolonge généreusement, sortant ses boss de la naphtaline et variant leurs patterns jusqu'à paraître vicieux. Et rajoutant des boules à pointes, aussi. C'est important, les boules à pointes, on n'en parle pas assez.

 

 

Ainsi, la promenade de santé d'hier vire au parcours du combattant, mais Adol ne s'en laisse pas conter. Sa vivacité et sa réactivité s'en trouvent décuplées, ses coups d'épées n'en sont que plus destructeurs. Ça tombe bien, il aura fort à faire pour surmonter tous les obstacles que Chester et Galbaran dressent sur sa route, mais il pourra compter sur un allié de poids pour l'accompagner où qu'il aille : une bande-son gargantuesque, réorchestrée dans les grandes largeurs, qui se hisse sans forcer sur la première marche du podium devant celle d'Ys Seven (ce qui n'est pas rien).

 

 

 

Jamais auparavant l'énergie de thèmes-cultes tels que The Boy's got Wings ouValestein Castlen'aura été si communicative. On bataille beaucoup, au propre comme au figuré, mais on s’y colle comme dans un rêve. Suivront ensuite Ys Origin (seule extension de la saga qui boude Adol au profit d'autres personnages), puis les remakes d'Ys I et II, le portage d'Ys VI (identique à la version PS2 - les succès en sus) et enfin Ys Seven, venu tout récemment étoffer ce beau catalogue. De quoi remplir les poches de Gabe Newell sans trop d'hésitation. Pour ceux qui voudraient découvrir sans prendre de risques (les fols !), il reste toujours les soldes.

 

 



* Ys sur papier (parcheminé)

 


Le temps est venu d’opérer un petit détour par la case manga, au hasard des opportunités du net, parce que ce sont les petits détours qui font les grands voyages. Si la série a été déclinée en plusieurs romans, artbooks, manuels de jeu de rôle et autres ouvrages de qualité variable, elle a également eu l'honneur de deux adaptations BD (sans compter les spin-off et les recueils de strips en quatre cases, le fameux « 4 Koma Manga » auxquels ont droit la plupart des jeux à succès).

 

 

 

 

La plus récente (2009) et la plus sage de ces transpositions prend le récit à son point de départ mais y plaque des designs au goût du jour, avec son Adol filiforme aux traits mélancoliques. L'autre, celle dont il sera question dans ces lignes, sort en 1989, deux ans après la sortie du premier opus sur PC-88 et MSX-2.

 

 

 

 

Loin de jouer la carte du respect obséquieux, elle s'amuse à brouiller les pistes et à réinventer tant les designs que la mythologie (comme c'était souvent le cas lorsqu'il était question d'adapter des jeux vidéo, alors - Final Fantasy en tête). Assumant sans complexe son fan-service inoffensif, son humour naïf (gentiment lourdingue), son esthétique eighties (dynamique bien qu'approximative, et dénuée de personnalité), il ne se gêne pas pour piétiner sans malveillance le matériau de base, avec une exubérance aussi jubilatoire que déconcertante (en un mot : japonaise). Quelques exemples parmi des centaines d'autres : la narration renverse les rôles, l'aventure commence par Adol qui découvre le corps de Reah, inconsciente, sur la plage (nue, comme il se doit). Pris au dépourvu (comme on le comprend !), il ramène la naufragée au village où il a été élevé par son grand père adoptif, ignorant tout du drame qu'il s'apprête à causer (c’est de notoriété commune, on ne se méfie jamais assez des femmes nues). Forcé à fuir quand des monstres donnent l'assaut, c'est presque à contrec½ur qu'il entame un périple semé d’embûches et de révélations hautes en couleurs. Il découvrira notamment (et nous avec lui) que ses deux parents appartenaient au peuple des Eldeen (ainsi qu’on appelle les habitants d'Ys) et qu'ils ont lutté en héros pour défendre leur cité contre les hordes de démons qui souhaitaient s'en emparer. Il apprend également qu'il a un frère aîné passé du côté obscur, et une soeur cadette prénommée Lilia (oui, tout à fait, la Lilia du chapitre II), restée « au pays », haut dans les nuages.  Au nombre de ses alliés, il peut également compter Feena, reconvertie en guerrière amazone, de même que sur Dark Fact, boss final à temps partiel, qui se range à sa cause une fois mis à genoux (mais est-ce vraiment sincère ?). Pour le côté foutraque, ajoutons quelques personnages issus de Sorcerian (autre grand succès de chez Falcom), et quelques caméos des grandes stars TV du moment (entre autres : Wataru / Adrien le Sauveur du Monde).

 

 

 Feena. Si.

 

Autant dire qu'à la lecture ("au feuilletage" serait plus juste, ne lisant pas la langue), on enchaîne les « What the F*ck ? ! » à chaque page, sans trop savoir s'il faut s'enthousiasmer ou se facepalmer jusqu'au sang. Show Hagoromo, l'auteur aux commandes, n'aura pas marqué l'histoire des mangas (rien d’étonnant à cela), mais on notera en special thanks un nom qui nous est familier - et non des moindres : Eiji Otsuka, qu'on connaît aujourd'hui pour avoir scénarisé plusieurs ½uvres seinen majeures telles que Leviathan, Detective Ritual ou MPD Psycho. Autant dire qu'il est ici loin des obsessions macabres qui lui auront valu sa notoriété...

 



* Memories of  Celecta (PS Vita, 2012) – aussi vendu sous le titre, autrement plus évocateur, de  « Foliage Ocean in Celecta »

 



2016. A peine m'offre-t-on une PSVita (sur le tard, je sais) que je cours acheter l'ultime exemplaire physique de Memories of Celceta dispo dans la région. J'ai raté Ys Seven, il est hors de question que je passe aussi à côté de ce énième remake non numéroté (oui, c’est assez compliqué à suivre, comme chronologie). Car Memories of Celceta entend dépoussiérer le quatrième épisode de la saga - ou plutôt : LES quatrième épisodes, car pour quelque obscure raison éditoriale typiquement nippone (sans doute), il en est sorti deux : le Dawn of Ys de la PC Engine (considéré comme canonique) et Le Mask of the Sun de la Super Famicom. S'appliquant à lier leurs intrigues respectives (lesquelles, par chance, ont beaucoup en commun), cette nouvelle itération se veut plus longue, plus complète, plus moderne que jamais.

 

 

Et là, c'est le drame, comme on dit. Le pré-ado de 13 ans en moi n'accroche pas. Oh, bien sûr, le jeu est péchu, les musiques virevoltantes à l’identique, Adol continue de se démener comme un accro au crack en pleine phase de sevrage et les espaces sauvages n'ont jamais été aussi vastes, ni si longs à cartographier.

 

Seulement voilà.

 

Nous sommes au XXIème siècle.

 

Le joueur lambda ne saurait s'en contenter. Il faut du craft, il faut de la quête annexe, il faut de l'upgrade, il faut des attaques spéciales personnalisables, il faut de l'esquive, il faut de la parade, il faut des groupes de trois, bref, il faut du contenu ; et tant pis s'il est superflu ou s'il n'apporte rien - ou même s'il est aux antipodes de son essence profonde : bien que le titre n'ait jamais eu besoin de ce genre d'artifices pour imposer sa marque, ils se doivent d'être là, sinon gare aux critiques ! D'autres plus illustres que lui ont payé ces manques au prix fort.

 

 

 

Conséquence immédiate : Ys se démocratise, arrondit les angles, se botoxe les fossettes, s'adapte aux désidératas du plus grand nombre - peu importe si le mieux et le mal ont en commun d’être l'ennemi du bien. Le jeu reste prenant (très !) mais il perd en magie, il sacrifie son caractère unique, frondeur, pour toucher le c½ur de quelques milliers de fans en plus. Ys est désormais un A-RPG, un vrai, un peu plus speed, un peu plus rentre-dedans que la moyenne, mais un A-RPG malgré tout. Alors qu'hier, Adol explorait le monde à la manière d’un Mike Horn, en solitaire, et que la moindre rencontre était vécue comme un bouleversement, un de ces oasis d'humanité qui adoucissent les survival horror, il s'entoure aujourd'hui comme un animateur de talk-show. Les bavardages fusent en permanence, le silence ne se fait jamais, on cause, on cause, on cause, et la plupart du temps pour ne rien dire. Jadis implacable, le rythme de la progression s'en trouve haché, saucissonné, étouffé comme un steak entre deux tranches de pain grillé (deux tranches de dialogues grillés, le cas échéant). La peur du vide. Pour le remplir : du bruit, du brouhaha, un tour d'horizon dans un car plein de touristes. A droite, les arbres. A gauche, les monstres. Merci d’être venu. N'oubliez pas le guide.

 

 

Le scénario suit le mouvement : pour faire grimper le compteur horaire, il se perd dans une même superficialité, s'étire en délayage, sans rien proposer d'assez substantiel pour fixer l'attention. La licence n'a jamais brillé par ses intrigues-prétextes, qui n'assuraient que le minimum syndical pour placer l'exploration au c½ur du gameplay, tout ayant été dévoilé dans les deux chapitres d'ouverture. Celle de Celceta ne fait pas exception, mais son étalement sur plus de vingt heures, ses discussions interminables, sa façon malhabile d'associer ces deux intrigues la desservent plus qu'ils ne l'avantagent. Le crafting n'apporte rien : on pourra sans ciller se frayer un chemin parmi les hordes d'ennemi sans rien fabriquer par soi-même, ni rien améliorer. Idem pour les skills programmables : à quoi bon en proposer par paquets de cent quand, au final, on n'aura aucun mal à pourfendre les big boss en n'utilisant que les premiers à disposition (j’emploie le pluriel ici pour la forme). Changer de personnage en plein combat ? Là encore, à quoi bon, si ce n'est rendre l'action plus confuse, alors qu'elle manque déjà de lisibilité ? A quoi bon octroyer des forces et des faiblesses aux armes, rapport aux types d'adversaires rencontrés (comme dans un Vagrant Story du pauvre), s'il suffit d'appuyer sur un bouton pour incarner le guerrier adéquat ?

 

 


 

 

En termes de gameplay, la richesse est artificielle. On pourrait finir le jeu à la régulière, sans adjuvants, ni attributs, si seulement les options le permettaient. Hélas, elles ne le permettent pas. Alors je soupire, je râle, je peste, parce que le jeu est bon (il est même excellent, mais je ne l'admettrai qu'avec un verre dans le nez), parce que ça reste du Ys et que ça garde son charme, et que c'est fluide, et que c'est frénétique, mais parce que ce n'est plus que l'ombre de la série qui m'était chère. Un avatar consensuel pour plaire au plus grand nombre. Preuve s'il en est besoin que le secret d'une recette réussie ne tient pas à la quantité d'ingrédients employés, mais à la manière dont on les associera. Une leçon de sagesse que les crafteurs en herbe gagneraient à méditer.

 

 

 

 

 

* Ys VIII – Lacrimosa de Dana (PS4, 2017) 

 

 
Je termine Celceta juste à temps pour m'essayer à la démo gratuite du petit nouveau - version PS4, s'il-vous-plaît. Même constat, même déception. Les mêmes effets pour les mêmes causes. Bien que le jeu à proprement parler soit plus beau que jamais, il est indigne de s'afficher sur un écran HD (même s’il est beaucoup plus beau qu'un titre PS2, contrairement à ce qu'on peut lire sur la toile. A croire que les gens ont la mémoire courte quand il s’agit de trouver des punchlines).

 

 

 

Développé pour la Playstation Vita, il reprend à son compte tous les menus défauts qui m'avaient gâché le plaisir dans l’épisode précédent : et c'est reparti pour du combat en équipe, du dialogue de fanfic' skyblog (la traduc' n'arrange rien), du crafting à deux sous et des skills à foison. Un temps, j'hésite à l'acheter, mais Adol reste un pote à qui je peux tout pardonner - même si j'ai maintenant plus du double de son âge. Car un pote, ça ne se laisse pas tomber sous prétexte qu'il ne sait pas s'entourer ou qu'il n'est plus exactement celui qu'on a connu enfant (que dirait-il de moi, lui, si on lui donnait la parole?).

 

 

 

A trop atermoyer, j'ai loupé le collector, je ne veux pas laisser passer l'édition Day One avec son artbook Pimousse (petit, mais costaud) et son CD anorexique. Aussi angoissé qu'impatient, je lance le jeu pour l'essayer, c'est la tradition, en attendant de pouvoir m'y abandonner c½ur et âme. Une grande première pour la licence : la caméra passe dans le dos des personnages, l'univers se déroule sous les yeux du joueur autant que du joué, sublimé en une 3D anachronique, modélisée à la pelleteuse, mais pas moins grisante pour autant.

 

 

 

 

 

On y retrouve la sensation d'espace, l'appel de l'inconnu, le souffle épique qui faisait l’attrait de ses prédecesseurs, on soupire d'aise et on trépigne intérieurement. Pour commencer, Adol est seul et ça fait toute la différence. On espère qu'il le restera longtemps, mais on ne se fait aucune illusion. On sait qu'en moins de temps qu'il n'en faut pour occire un écureuil (c'est qu'ils sont teigneux, sur l'île de Seiren), il faudra supporter le babil des compagnons d'armes aux cheveux mauve fluo et s'en accommoder. Bah, se dit-on de guerre lasse, on a bien fini Celceta. En la matière, le petit nouveau pourra difficilement faire pire. Et puis si la sauce ne prend pas, je pourrais revenir à mes premières amours, brancher la Super NES (la Supaboy, en l'occurrence, mais chut !) et arracher enfin le V, Lost City of Kefin, à son écrin de carton bariolé.

 

 

 

Ys V : Lost City of Kefin. A gauche, la version "classique".

A droite, la version "expert", sortie quelques temps plus tard et proposant

une difficulté plus élevée, à la demande des fans.

 

Nul doute que j'y retrouverai tout ce qui me manque, servi par une réalisation qui faisait alors honneur à la 16 bits de Nintendo, capable d'en remontrer aux plus beaux titres de Square.

 

  

 



Ou bien je pourrais refaire le IV, ou le VI, ou le I, ou le II, ou m'atteler à ce Ys Origin (à moitié prix sur le PSN jusqu'au 16 novembre) dont je viens de recevoir l'édition physique estampillée Limited Run (collector limité, mais pas très folichon, avec son poster plié en trente-douze et son livret-artbook). 

 

 

C'est que j'ai dû me battre pour en obtenir un, pensez donc, les spéculateurs sont au taquet à chaque nouvelle sortie de l'éditeur, le doigt rivé sur la touche F5, prêt à presser celle-ci frénétiquement et à encaisser les bénèfs (toute peine, même minime, mérite salaire). Je loupe la mise en vente à cause du décalage horaire, je hurle à la lune, je guette le final batch. Sur le moment, je pense l'avoir loupé mais soudain : commande validée, je n'ai plus qu'à attendre (payer, avant toute chose). Je ne suis pas volé : rien qu'acheter le jeu était déjà une épopée. J'ai beau le posséder sur Steam depuis un bail, l'enthousiasme à réception n'est pas feint, non plus que celui au lancement du jeu. Retour vers le passé, avec cette fausse 3D à la Star Ocean 2, mais retour triomphant.

 

 

 

 

 

Oubliés les épisodes plus modernes : le charme opère dans la seconde, avec un maître-mot : « simplicité », renouant avec l'efficacité des premières heures. Comme ses protagonistes, le jeu va droit au but, il ne se perd pas en circonvolutions inutiles et ça fait toute la différence. Adol n'est pas de la partie, ma foi, vu comme il se démène, il a droit à ses RTT. Il lui reste tant à explorer, encore. Plus de trente ans qu'il traîne ses guêtres sur les routes et chemins, quand il ne s'invite pas dans des cross-over confidentiels, et pourtant ses errances débutent à peine - ou peu s'en faut. Au loin, là-bas, se découpent les côtes du continent Afroca, celui-là même qu'il désire explorer depuis qu'il a quitté la maison familiale.

 

Il n'a que 23 ans.

 

Sa biographie lui en donne quarante devant lui.

 

Gageons que l'on n'a pas fini d'entendre parler des exploits du légendaire red haired swordman...

 





*

 

 

 

Chronologie de la saga :

 

 

 

 

 

  • Ys Origin 

    Age d'Adol : 800 ans avant sa naissance.

    Lieu de l'aventure : Tour de Darm

 

  • Ys I : Ancient Ys Vanished (1987)

    Age d'Adol : 17 ans

    Lieu de l'aventure : Esteria (Bretagne, France)

 

  • Ys II : Ancient Ys Vanished – The Final Chapter
    (1988)

    Age d'Adol : 17 ans (suite directe du précédent)

    Lieu de l'aventure : Ys

 

  • Memories of Celceta(2012) Ys IV : Dawn of Ys(1993) Ys IV : Mask of the Sun(1993)   Ys IV : Mask of the Sun : a New Theory (2005)

    Age d'Adol : 18 ans

    Lieu de l'aventure : Celceta (Espagne)

 

  • The Oath in Fleghana(2005) Ys III : Wanderers from Ys
    (1989)

    Age d'Adol : 19 ans

    Lieu de l'aventure : Felghana (Suisse)

 

  • Ys V : Lost City of Kefin
    (1995)

    Age d'Adol : 20 ans

    Lieu de l'aventure : Xandria (Alexandrie - Egypte)

 

  • Ys VIII : Lacrimosa of Dana
    (2016)

    Age d'Adol : 21 ans

    Lieu de l'aventure : Île de Seiren (Îles Saroniques - Grèce)

 

  • Ys VI : Ark of Napishtim
    (2003)

    Age d'Adol : 23 ans

    Lieu de l'aventure : Vortex de Canaan (Triangle des Bermudes – Océan Atlantique)

 

  • Ys Seven
    (2009)

    Age d'Adol : 23 ans (le jeu prend place six mois seulement après Ark of Napishtim)

    Lieu de l'aventure : Altago (Carthage – Afrique du Nord)

 

Et demain ?

 

 

 

*

 

Galerie Bonus (je n'ai pas réussi à tout caser dans l'article, et ce n'est pas faute d'avoir essayé) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et pour celles et ceux qui n'auraient jamais assez de belles images, une excellente nouvelle :

 

Le volumineux artbook dédié à l'ensemble de la saga (jusqu'à Celceta)

est dispo en anglais sur Amazon, à un prix relativement correct.

 

 

Allez, puisqu'on est lancés, lançons l'intro de Ys Seven aussi, ça ne mange pas de pain.

 

 Rarissimes, quelques model kits d'époques dédiés aux principaux protagonistes.

 

Et quelques pistes audios supplémentaires pour la route...

 

 

 

 

Le reste du voyage, c'est à vous de le vivre en solitaire, maintenant.

 

This post may be the one to arouse your curiosity, and it could be the start of your own adventure...

Coeur avec les doigts.

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Découvrant à ma grande stupeur (mais sans grande suprise, paradoxalement) qu'Amazon vend des fan-fics de Final Fantasy XV et que celles-ci, bien qu'écrites avec les pieds (et encore, pas avec tous les doigts) obtiennent des cinq étoiles, je me dis qu'il n'y a pas de raison, que moi aussi, je peux devenir une star en écrivant un roman au format A6, avant de me prendre un procès de la part de Square Enix, faire cinq ans de taule "juste pour voir ma tête" puis, le jour de ma sortie, répondre positivement à leur offre d'embauche et vous scénariser Final Fantasy XVI (ou bien vous terminer Kingdom Hearts III, au choix).

D'ailleurs, tiens, maintenant que j'y pense, si j'osais, je traiterais bien l'histoire d'Ardyn Izunia, l'antagoniste enchapeauté du jeu, pour approfondir son background, développer ses motivations, cerner ses contours incertains... c'est là l'intérêt d'un scénario-gruyère : tout est encore à inventer, ou pas loin.

Bon, ce n'est qu'une idée en l'air, une vanne sur le vif, l'impulsion d'une âme désoeuvrée, sauf que... oh... quel est ce prodige ?... voilà que ma plume bouge toute seule... les mots viennent à moi sans effort... pour la première fois depuis trop longtemps, j'écris comme ça me vient, sans prise de tête, et mieux : sans passer deux jours sur une phrase parce que les virgules ne sont pas à la bonne place...

Est-ce donc, cela, le plaisir d'écrire ?

Bref, merci aux deux personnes qui ont cliqué par erreur sur ce post blog en pensant qu'elles allaient voir des boobs. Restez donc un peu, les amis, ce ne sera pas bien long, à peine plus d'une page Word (soit cinq pages de Sword and Guts).

Car voici le Prologue du Roi dans l'Ombre, ma fan-fic' de Final Fantasy XV dédiée à Ardyn Izunia, avec des illustrations somptueuses signées Wroniec.

 

 

*

 

 

 

Sur scène les marionnettes s'agitent, se contorsionnent, se dandinent comme des chocobos en fin de vie tandis que pleuvent les coups d'épée, les cris et les injures, et que défilent les visages grotesques taillés dans le bois, tantôt vaincus, tantôt victorieux ; mais c'est à peine s'il s’inquiète de leurs sorts ou de leurs gesticulations. Il ne peut quitter les ficelles des yeux. L'élégance hypnotique avec laquelle elles se croisent, se décroisent, la fluidité avec laquelle elles semblent s'emmêler pour se démêler tout à coup, se détendre à la façon d'un naga qui fondrait sur sa proie, comme si elles étaient investies d'une vie propre et si elles n'en faisaient qu'à leur guise, traînant leurs avatars humains comme des boulets au bout d'une chaîne.

Il n'a pas huit ans, son père est assis à ses côtés et commente chaque retournement de situation, s'exclame à chaque rebondissement, lui donne de petits coups de coude à chaque chute, à chaque plaisanterie, cherchant désespérément son approbation, son sourire, son regard, le moindre début de connivence ; mais lui ne peut pas quitter les ficelles des yeux, leur ballet incessant, leurs ondulations presque obscènes.

D'abord, il se demande pourquoi. Alors qu'un simple sort pourrait animer ces pantins, pourquoi avoir recours à ce stratagème archaïque ? Pourquoi montrer, afficher au vu et au su de tous ce qui devrait rester dans l'ombre, ce qui ne devrait pas être dévoilé ? La magie au-delà de la magie. La réalité au-delà de la réalité. Puis il comprend. Puis il ressent. Les pantins ne sont que des manifestations - des vecteurs, comme dirait son tuteur à l'académie. Ils servent de réceptacle à quelque chose qui les dépasse, quelque chose qui est plus grand qu'eux et en regard duquel ils ne sont rien. Quelque chose qui, sans qu'ils le sachent, les grandira pour mieux les diminuer, et qui n'hésitera pas à les faire souffrir, à les estropier, à les abandonner pour mieux parvenir à ses fins. Alors qu'ils se battent, se débattent et qu'on les croirait vivants, vaillants, maîtres de leur choix, de leurs combats, de leurs amours, ils ne font qu'obéir aux fils, ils dansent comme le destin leur demande de danser.

Les fils, voilà la véritable histoire au-delà de l'histoire.

Les fils, voilà le véritable pouvoir.

Il n'a pas huit ans et pourtant, comment pourrait-il s'amuser, encore moins s'émouvoir, de ces aventures insensées, échevelées, puériles, cette histoire de prince en exil qui tente de reconquérir son royaume, flanqué de ses fidèles amis, le sage, le guerrier, le farceur – quatre contre tout un royaume, à qui voulait-on faire croire ça ? -, héros de pacotille sans personnalité, têtes de bois sans identité, interchangeables, sans âmes, sans substance, pathétiques, insultants ; et cette princesse fragile aux cheveux d'or qui n'est là que pour être aimée, et louée, et sauvée... n'aurait-elle pas quelque intérêt tragique, peut-être, si cet épouvantail mal attifé se décidait enfin à jouer de sa dague au lieu de se répandre en menaces au rabais ?

Spectacle superficiel, inconsistant, réduit à quelques scènes mal ficelées - un comble ! -, succession de ressorts classiques et sans génie, sans âme. Les duels, les voyages, les trahisons, et le vieux roi transpercé dans le dos par l'épée de son serviteur, fier jusque dans son dernier soupir, rien ne retient son attention car rien ne la mérite - si ce n'est les ficelles et ce qu'il devine au-delà.

 

Rentré chez lui, plus tard, beaucoup plus tard, allongé sur ses draps de soie, alors que la constellation Shiva brille dans l'encadrement de sa fenêtre (à moins que ce soit Gilgamesh ? Il les confond toujours), il lui semble les voir encore danser sous ses yeux, se tordre, monter jusqu'aux étoiles et encore au-delà. Les ficelles. A présent qu'il y pense, n'en a-t-il pas vu briller une, fugitivement, au-dessus de Sara, tout à l'heure, lorsqu'elle est venue s'assurer que son petit maître ne manquait de rien ? Et Papa ? Et Maman ? Et les gens de la cour ? Et le peuple du Lucis ? Chacun ne possédait-il pas la sienne, invisible, insécable, qui lui dictait quoi faire comme s'il n'était qu'un jouet, un personnage de conte pour enfant. Et lui ? En a-t-il une, aussi ?

Machinalement, il lève la main, la passe cinq centimètres au-dessus de ses cheveux, en vain.

Évidemment.

Il n'a pas huit ans et il se demande déjà qui les tient, ces ficelles. Qui les agite. Et il se jure, là, maintenant, les larmes aux yeux, roulé en boule dans son lit de petit garçon, dans son petit pyjama de flanelle, fragile, vulnérable, qu'un beau jour, peut-être pas demain, ni après-demain, mais un jour pas si lointain, oui, c'était certain, il les arracherait à leur propriétaire, les lui ôteraient des mains, et il prendrait sa place.

 

*

 

Alors, lecteur hypothétique ?

La suite, ou pas la suite ?

Je te préviens, si tu n'es pas au moins sept mille à réclamer d'autres chapitres, il faudra te contenter de (re)lire mon fantabulistique dossier sur le jeu éponyme (Final Fantasy XV, pour les analphabètes) :

Reconquérir le Trône.

Pour ma part, j'avoue que je me suis pris au jeu, et que j'aurais grand plaisir à poursuivre mon portrait fantasmatique de ce personnage sulfureux.

A bon entendeur...

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Pi.R.Carré - Pour changer d'aire

 On ne le sait peut-être pas et on s'en fout sans doute royalement, à juste titre, mais au nombre de mes (trop nombreux) péchés mignons, la mythique série british Doctor Who occupe une place d'honneur, que ce soit dans mon coeur (ce n'est pas un problème) ou sur mes étagères (ça, par contre...).

L'occasion de faire un petit break  en "hors piste" entre deux collections de jeux laborieusement anotées (ce qui explique le temps indécent que je mets à les poster), pour s'évader en TARDIS d'occasion et découvrir une "collection" (disons plutôt, là encore : un amassage compulsif de trucs random au fil des ans) plus grande à l'intérieur. D'autant que ma moitié (bon, ok. Mon trois-quart), la sémillante PYT-Bibiche, n'aura pas manqué d'apporter ses pierres à l'édifice.

L'occasion également de rendre hommage à un monument de télévision qui, certes, s'essoufle actuellement (après dix saisons consécutives, pouvait-il en être autrement ?) mais dont les mérites ne déméritent pas, et qui a su donner au divertissement populaire ses lettres de noblesse. 

Pour celles et ceux qui se demanderaient de quoi qu'est-ce que ça cause

(mais c'est très marrant aussi, hein.

On ne dirait pas comme ça, mais ça ne se prend pas au sérieux et c'est pour ça que c'est bon)...

 

Woush-woush-woush, on embarque, direction everywhere, anytime.

It won't be safe, it won't be calm, but it will be the trip of a  lifetime.

Will you come with me ?

 

 

 

 * Les DVDs :

 

 Le coffret par lequel tout a commencé. Après avoir longuement hésité à acheter la série "en aveugle", alors qu'elle ne jouissait que d'un petit succès d'estime chez quelques rares initiés la suivant via des moyens occultes (on était encore bien loin de l'effet de mode et des Fez sur la tête), j'ai fini par sauter le pas et par tenter le coup. Bien m'en a pris (encore que mon banquier ne soit pas nécessairement d'accord sur ce point). Pourtant, j'ai trouvé le premier épisode particulièrement calamiteux, grotesque, mal écrit, mal joué, infantile au possible... à une scène prêt (les vrais sauront). J'ai vraiment failli ne pas aller au-delà tellement je l'ai trouvé mauvais. Heureusement que l'épisode 2 était aux antipodes, et m'a encouragé à m'accrocher...

Bon, pas en VF, par contre, parce que les coffrets sans la V.O. sous-titrée, c'est un concept d'un autre temps (oui, j'ai découvert la série en fin de saison 3)...

 

 

Je n'ai pas honte de l'avouer, je ne suis pas fan de l'ancienne série, que j'ai plaisir à regarder (avec une indifférence amusée) mais qui me séduit plus par son bric et son broc que par ses scénarios étirés à n'en plus finir et pas toujours rythmés comme il faudrait.

Oui, je fais mon coming out, je suis fan du "New Who" : son humanisme, son ambivalence, son humour surjoué, sa grandiloquence théâtrale, sa SF en trompe-l'oeil, son cul entre deux chaises...

Ce qui ne m'empêche pas de posséder quelques classiques "par principe", dont ici un coffret regroupant trois aventures antérieures, dont le fameux téléfilm américain qui aura fait couler tant d'encre : malgré un Doctor charismatique au possible et quelques bonnes idées, voire une ou deux belles lignes de dialogue accidentelles, le tout tient de la série Z lambda, réécrivant laborieusement Terminator, avec le Master en guise de T1000 (interprété - si  l'on peut dire - par le frère de Julia Roberts, c'est dire s'il y a du beau linge) et tentant de réinventer la mythologie de fort troublante manière (le Doctor y serait à demi humain...). Rigolo (involontairement), mais c'est bien tout.

 

En grand fan de Douglas Adams qui se respecte, il me fallait également posséder cette aventure mythique qu'il a scénarisée et dont l'action, cerise sur le gateau, se déroule dans notre bon vieux Paris sans Book-Off (:larme:).

 

The Second Coming, mini-série de Russell T Davies en deux parties, qui préfigure son futur "New Who" en gestation. On y retrouve déjà toutes les qualités et les obsessions du Seigneur du Temps version "2000", ainsi que quelques visages connus au niveau du cast (l'immense Christopher Eccleston en tête). Si l'image est cheapos au possible, l'écriture en est remarquable, surtout sur un sujet aussi casse-gueule (un prolétaire lambda prétend être le nouveau Christ), pour un message toujours tristement d'actualité (aujourd'hui plus qu'hier mais bien moins que demain).

 

 

 Chat échaudé craignant la version française, j'ai embrayé sur les coffrets en version britaniques, infiniment plus copieux en matière de bonus... Ici, donc, les quatre premières saisons, incluant les fameux épisodes de Noël.

 

 

 

 

 

Deux incursions timides du bon Docteur dans le champ de l'animation : en 3D cell-shadée d'abord, avec un récit nerveux (trop) car découpé en épisodes de cinq minutes, mais plutôt sympathique (même si visuellement atroce). 3D ensuite, niveau cinématique PS2 de début de gen', mais sauvé par l'intrigue sympatoche (à défaut d'être révolutionnaire). Productions petit budget techniquement à la ramasse, elles ont toutefois le mérite d'exister et de prolonger agréablement la balade en compagnie de la dixième incarnation de notre Timelord favori. ça ne se refuse pas.

 

 On continue la balade DVD avec les Spéciaux de la saison 4 (dont l'inoubliable et traumatisant Water of Mars), puis le changement de showrunner en saison 5, avec l'arrivée de Steven Moffat aux commandes et de Matt Smith dans le rôle du 11ème Docteur (coïncidant avec un budget bien plus conséquent et du matos HD, gommant un peu du kitsch emblématique de la série, pour le meilleur et pour le pire).

Saison 5 qui devait être la dernière, et qui reste aujourd'hui encore ma préférée, n'en déplaise aux nombreux haters du bonhomme tant il y a tout donné - au point de manquer de matière pour la suite, c'est ballot.

 

 

Moffat que j'idôlatre, d'ailleurs, qu'on se le tienne pour dit, car c'est un de tous meilleurs scénaristes de son temps et un véritable "esprit supérieur", au sens noble du terme, que j'ai eu la chance de voir en Masterclass lors de sa venue au Comic Con de Paris il y a quelques années de ça. <3

 

 Les saisons 8 et 9, avec l'arrivée du Grumpy Doctor (génial Peter Capaldi), l'épisode spécial du 50ème anniversaire (jouissif) et l'incroyable épisode de Noël avec Nick Frost (un grand, très grand Moffat).

 

 

En attendant la version française d'une saison 10 pour le moment en demi-teinte (à un épisode près, jubilatoire), l'intégrale des 4 saisons de Torchwood, spin-off de l'ère Davies au ton se voulant plus adulte et qui, passé une saison 1 parfois géniale, parfois embarrassante de ridicule, s'enfonce toujours plus profondément dans les affres d'une noirceur désespérée, jusqu'à atteindre des sommets rarement égalés en la matière (mention spéciale à la saison 3). Très décriée pour son "américanisation", la saison 4 est au passage beaucoup moins mauvaise qu'on le raconte, voire carrément enthousiasmante si on fait abstraction des flingues (à vrai dire, c'est une de mes préférées).

 

 

 

 

* CD :

 

Parce que la musique adoucit les voyages dans le temps, les bandes-originales des saisons 1 à 4, ainsi que des Spéciaux de la saison 4 et celle de la saison 5.

Difficile de suivre tant les sorties pleuvent en la matière, mais si vous ne devez en avoir que trois, vraiment, prenez les trois premiers, très au-dessus du lot.

 

 Les BOs des saisons 6 et 7, ainsi que de l'épisode de Noël de la saison 5 (je crois. Je m'y perds moi-même !) et celle du 50ème anniversaire...

 Le triple album de la saison 8, histoire de pouvoir écouter à loisir l'excellent thème du 12ème Doctor...

 Sur une seule galette pleine à craquer, la bande son des saisons 1 et 2 de Torchwood - qui mrite son pesant d'écoutes.

 

 En double CD, la BO glaçante de la non moins glaçante saison 3 de Torchwood.

We are coming. We are coming. We are coming.

BACK.

Un peu de Trock, maintenant. Et non, ça ne consiste pas à essayer d'échanger un Amiibo Breath of the Wild contre un petit pays d'Afrique sur Priceminister. Le Trock, c'est du "Time Lord Rock", à savoir : des CDs de chansons pop-rock consacrées au bon Doc, par des fans, pour des fans.

Avec ici les deux albums du groupe le plus célèbre, en la matière : Chameleon Circuit.

 

 

Ensuite, une compile masterisée en garage où le pire cotoie le meilleur.

Enfin, un album de Dr Noise, qui cause Dr Who mais pas que.

 

 

Des galettes qui ne révolutionneront pas le monde de la chanson mais qui restent bigremment malignes et très très agréables à écouter, et c'est tout ce qui compte.

 

Bouquins :

 

 Incontournable, l'Encyclo "française" (disons : traduite en français), pleine à craquer de photos d'archives et de documents rares qui font plaisir à voir. Chaque page apporte son lot de culte et de collector, rendant l'achat indispensable - même si la médiocrité de la traduction gâche un peu le tableau.

 

Offert par un autre fan de renom, mon compère ChrisleRoux, une autre encyclopédie en Anglais, davantage axée sur les coulisses, les bruits de couloir et les petits secrets (honteux ou pas) de la série.

 

The Shooting Script : un luxueux pavé tout en couleurs regroupant l'intégralité des scripts de la première saison, dans leur version originelle. Un must have absolu, d'autant qu'il est très bon marché.

 

 Le Brilliant Book 2011 qui revient de manière triviale sur les coulisses de la saison 5. Mi-encyclopédie, mi cahier de jeux, cet ouvrage hybride ne manque pas de charme mais reste anecdotique.

 

 La première partie de l'intégrale des livres de poche publié chez Milady (Bragelonne). Alors que je craignais le pire au niveau de la qualité des traductions (voire des ouvrages eux-mêmes), j'ai été agréablement surpris. Asbtraction faite de l'abominable "Nuit des Humains", les autres titres oscillent entre le moyen (Appolo 23, le Dragon du Roi), le très sympa (l'Armée Oubliée) et le très très bon (l'Horloge Nucléaire, la Chasse au Mirage). Au point qu'on peut les lire sans indulgence, et y trouver son compte quand même. On me l'aurait dit, je ne l'aurais pas cru.

 

 La deuxième partie de l'intégrale, avec le très moyen "La Lune du Chasseur", et les très très bons... ben... tous les autres, en fait. Dommage que Milady ait interrompu la publication car on en reprendrait sans peine une louchée (et vu le nombre indécent de titres qui existent en Angleterre, il y aurait de quoi faire). A croire qu'il aura été difficile de trouver des lecteurs chez les adeptes du Doc'. Du coup, on comprend mieux pourquoi le travail de Moffat est autant critiqué. Niark.

 

 Contre toutes attentes, Milady a fini par reprendre ses publications, mais en optant pour un format plus volumineux et des textes plus aérés (l'occasion de vendre ça deux fois le prix), mettant en scène les Docs de l'ère "Classique".  N'étant pas fan de la formule, j'ai quand même donné sa chance à celui-ci, puisqu'adapté d'un script perdu de Douglas Adams, mais si l'aventure est bien au rendez-vous, elle ne m'a pas donné envie de poursuivre ma collection (d'autant que pour le coup, c'est le genre de choses qui prend de la place pour rien).

 

 Pour tromper ma déception, suite à la défection des éditions Milady, deux romans en V.O. (parmi des centaines), choisis en fonction de leur thématique très "4ème Dimension" et s'insérant en cours de saison 3.

 

 L'intégrale des romans faisant office de prequel à la quatrième saison de Torchwood (saison très controversée, mais que j'ai beaucoup aimée malgré tout).

 

Le 10ème Doctor a rencontré le Barde dans le second épisode de la saison 3. Cet ouvrage en anglais compile les impressions et réflexions de ce dernier au contact de l'exubérant extraterrestre, ainsi que quelques extraits de pièces revus et corrigés à la sauce Timelord... (PYT)

 

 

Qu'à fait Martha Jones en fin de saison 3, alors que le pauvre Ten était gardé en cage par un Master plus machiavélique que jamais ? C'est ce que ce roman en anglais propose de découvrir. (PYT)

 

Nos grands classiques des contes pour enfants, revisités en mode Gallifreyien (PYT).

 

 

Ce recueil de nouvelles regroupe le texte écrit par Amélia Pond après être sortie (contrainte et forcée) de la vie du Doctor, ainsi qu'une aventure de Melody Malone écrite par Riversong, et une autre consacrée à l'irrésistible Paternoster Gang (PYT). 

 

 Avant de se régénérer, le 11ème Doctor a veillé plusieurs siècle sur la planète Trenzalore, assaillie de toutes parts par ses plus mortels ennemis. Ce recueil de nouvelles révèle quelques-unes de ces luttes de longue haleine (PYT).

 

Un roman qui permet de retrouver le War Doctor joué par John Hurt plongé au milieu des horreurs de la Guerre du Temps (PYT).

 

 Un recueil de nouvelles consacrées au personnage ambigu de River Song, qu'on ne faisait jusqu'ici que croiser et qu'on découvre ici maitresse de son destin (PYT)...

 

 Recueil d'échanges épistolaires avec le Doctor, toutes saisons confondues, richement illustré de nombreuses photos couleur (PYT).

 

Un recueil de contes de Noël (un par Doctor), magnifiquement illustré par des artistes atypiques, mais de grand talent - ainsi qu'un totbag Weeping Angel (pour pouvoir l'emmener partout ?). 

 

* Magazines  :

 

Deux numéros du Doctor Who magazine officiel, achetés lors de voyages à Londres (passage obligé par WHSmith, "my old friend").

L'équivalent, mais version "jeune public". Toujours obligé (mais moins).

 

 

Six mooks en anglais (pour une collection qui en compte hélas plusieurs dizaines), consacrés au Whoverse dans son ensemble, période classique et période moderne confondues.

 

Un numéro spécial du Doctor Who magazine entièrement consacré aux produits dérivés de la série.

 

* BDs :

L'intégrale des Revolutionary War en français, incluant en fin de second tome un court chapitre consacré au Doctor (dans sa version Classique). Anecdotique, mais pouvait-on passer à côté d'une édition dans la langue de Molière (et d'une occasion de retrouver Captain Britain, par la même occasion) ?

 

Le recueil Panini des comics sérialisés dans le Doctor Who magazine et consacrés au 9ème Doctor.

Des histoires d'une grande qualité, parfaitement découpées (la marque de fabrique des comics DW édités chez Panini) qui ne souffre que d'un trait honnête mais sans génie. Chaque tome est toutefois augmentée d'une intéressante section making-of avec croquis et interviews à la clé.

Inclus : la nouvelle de Steven Moffat qui a donné naissance au cultissime épisode "Blink".

 

 

 

 La même chose, mais consacrée au 10ème Doctor. Les comics suivant la diffusion de la série TV, c'est l'occasion pour le lecteur de retrouver le personnage dans des aventures plus décomplexées, plus libres (le dessin permettant des folies que des décors en carton interdisent). Du fait de la longue pause ayant suivi la saison 4, on peut y découvrir une nouvelle "compagne" pour notre Seigneur du Temps préféré, une extraterrestre charismatique au caractère bien trempé et au passé trouble.

 Inclus : l'histoire courte ayant servi de base à l'épisode "The Lodger" et mettant en scène le fameux  Mickey dans le rôle du locataire récalcitrant.

 

 On poursuit logiquement avec les volumes consacrés au 11ème Doctor. La qualité est toujours au rendez-vous mais elle baisse, que ce soit au niveau de l'édition (volumes moins épais, format plus petit) que des intrigues qui, à trop vouloir suivre leurs fils rouges et se prendre au sérieux, perdent un rien de leur charme.

 

 La suite et la fin des festivités de l'ère Matt Smith, avec le retour de têtes connues de l'époque "Classique".

 

 Les deux premiers de l'ère Capaldi, toujours accompagné de Clara Oswald, son impossible girl (car non, ce n'est pas Bill que l'on peut voir sur la couverture du tome 2)...

 

 Un One Shot au format roman, tristement anecdotique.

 

 Les comics des édition IDW en version anglaise (une version française est sortie chez One Eye mais malheureusement, la qualité des traductions n'était pas au-rendez vous). Bien plus soignés (globalement) que les versions Panini, mais en contrepartie moins réussis sur le plan scénaristique. ça se lit avec plaisir, mais ça manque de liant, d'envergure, faute de pouvoir se développer convenablement. 

 

 Plus intéressante, déjà, une histoire en trois tomes. Seul vrai défaut : des premiers chapitres absolument hideux. 

 

On poursuit la collection avec le premier Omnibus de l'ère Matt Smith (également publié en VF en plusieurs volumes). Mêmes qualités graphiques, même bémol au niveau scénaristique (toutes proportions gardées. ça reste de très bonne facture malgré tout. Contrairement à ce que prétend la rumeur, je n'ai pas l'habitude de perdre mon précieuuuuux argent bêtement. Il y a des limites à la fanboyitude, loul).

 

 En attendant que je puisse m'offrir le second Omnibus, la version numérique en mode Humble Bundle, offert par le grand Locutus !

 

Dans le même ton, un one-shot sympathique, même si pas très beau à regarder.

 

Last but not least, le tout premier recueil de comics Torchwood (qui est longtemps resté le seul et unique du cru). Bien qu'il s'agisse d'histoires courtes, on ne boude pas son plaisir, la qualité est au rendez-vous. Il est actuellement réédité sous le titre "Torchwood : archives vol. 1".

 Torchwood revient en grande forme dans cette nouvelle aventure tout juste sortie de l'imagination de John Barrowman (l'acteur jouant le premier rôle dans la série) et sa soeur Carole, qui avaient déjà co-écrits ensemble plusieurs ouvrages romanesques (dont l'un consacré à cette même série). Malheureusement, le nouveau Torchwood (sans doute issu des bouquins) est loin d'être aussi charismatique que l'équipe d'origine, et la trame est loin d'être aussi enthousiasmante que Children of Earth ou Miracle Day (plus proche de ce qui se faisait dans les saisons 1 et 2).

 

L'intégrale à ce jour des aventures du 10ème Doctor version Titan (qui a pris le relais d'IDW pour redonner un coup de jeune à la licence). Le moins qu'on puisse dire, c'est que même si la qualité est en dent de scie, le passage de relais est une réussite, sur le fond comme la forme. Les artistes (renommés) s'en donnent à coeur joie et les intrigues sont globalement bien plus prenantes et mieux écrites. Seule ombre au tableau : un retard certain par rapport aux publications UK, et un sacré budget à débourser à chaque nouvelle sortie. 

Même Doctor, nouvelle compagne, une alchimie qui fonctionne du tonnerre.

 

 Même chose pour  le 11ème Doctor avec, dans le Tardis, une bibliothécaire de caractère, un extraterrestre incompris car incompréhensible et... David Bowie. Miam.

 

Même chose, enfin, pour le 12ème, accompagné de sa Clara Oswald fétiche.

Et là, on comprend pourquoi je parlais d'un budget conséquent, les tomes sortant simultanément dans les trois collections. A 15 euros pièce, c'est un budget.

 

Alors si en plus, on sort les One Shots... :lol: (plutôt réussi, mais terriblement confus et, une fois n'est pas coutume, un peu plombé par la traduc).

 Plus de problème avec celui-ci, vu qu'il est en V.O. Une chance, car cette fois, c'est quatre Doctor qu'il convoque parallèlement ET simultanément.

 V.O. toujours pour les deux premiers tomes des nouvelles aventures de mon "sosie", le 9ème Doctor, trop vite remplacé. Parce que je doute qu'ils sortent un jour en version française, et parce que je n'allais pas manquer cette occasion de retrouver également Rose et Jack, en très grande forme. L'occasion pour les auteurs d'explorer le background dudit Jack, abandonné dans Torchwood.

 

 Deux exemplaires anglais du magazine de prépublication regroupant un chapitre de chaque série.

 

 Deux fascicules de prépublication en anglais format "comics pour de vrai", regroupant deux chapitres d'une même série (chacun).

 

* Jeux de société :

 

Comme on l'imaginera sans peine, un petit jeu très limité dans ses mécaniques, destiné aux juniors indulgents. Il s'agira de faire le tour du plateau de jeu sans se faire attraper par le Dalek. Tout un programme (ou pas) (PYT).

 

Le  Monopoly du 50ème anniversaire (PYT).

 

 

 

Le Scene-It consacré aux saisons 1 à 3. Bien sympathique, même si l'interface DVD n'est pas idéale. Simplement, trouver des joueurs à affronter relève du parcours du combattant puisqu'il faut que tout le monde connaisse bien les trois premières saisons pour pouvoir  s'amuser, mais pas trop bien non plus vu que la plupart des questions sont easy peasy (PYT).

 

* Jeux vidéo :

 

Les deux jeux de la Nintendo DS. Le premier, sorti également sur Wii, est un "Trump" game. ça ne veut pas pour autant dire qu'on y joue un président des Etats Unis mégalomane, non. Petit jeu de cartes numérique résolument casu, il se révèle vraiment sympa (surtout à deux) lors des premières parties. Hélas, on a tôt fait de mémoriser la totalité des caractéristiques des cartes et de devenir virtuellement  imbattable.

Plus intéressant, le second est un point and click à la Layton (en moins réussi, quand même, soyons sérieux) qui narre une aventure inédite du 11ème Doc, avec les voix des acteurs de la série TV (PYT).

 

Dans la lignée des adventure games, le jeu exclusif à la Wii. Une purge. Même avec beaucoup d'indulgence, il faut le voir pour le croire. Y jouer, n'en parlons même pas (PYT).

 

 

 

Sur Steam, l'intégrale des Adventure Games (jeux épisodiques initialement gratuits, laids et peu ergonomiques mais proposant des scénarios intéressants, mis en valeur par les acteurs de la série), et le premier (et unique) Eternity Clock, sorte de Prince of Persia du pauvre sorti sur PS3, dont la suite n'est jamais sortie faute de succès. Sympatoche, mais très limité...

 

* Jeux de rôle :

 

 

Offerts par l'indestructible Karas, les manuels du maître du jeu consacrés aux années Tennant et aux années Capaldi. 

Des mécaniques simples, adaptées, davantage basées sur le roleplay que sur le lancer de dé, qui permettent de revivre l'intégralité des scénarios des saisons concernées, fiches de PNJ à l'appui. Ou, évidemment, d'inventer ses propres aventures dans le temps et l'espace.

 

Toujours offerts par Karas, le manuel du maître du jeu pour les années Smith, et un manuel annexe pour approfondir le Whoverse.

Le tout, en couleur, sur papier glacé et richement illustré. On connaît la chanson, elle fait Wou-hou-houuuuuuu-hou-hou-houuuuuuuu !

 

* Goodies :

 

Ten façon Big Jim, déshabillable à volonté (je love). Pas forcément très ressemblant, hélas, mais de très belle taille et entièrement articulé, avec des vêtements en tissu qui lui donnent l'air de porter un gilet pare-balles...

Une pièce plutôt rare qui, désormais, se vend un prix indécent sur le net.

 

 

Dans la même collection, mais encore plus grand et beaucoup plus ressemblant, un Judoon (sans son casque amovible, ici). 

N'est-il pas top sexy ?

 

Une mini-figurine collectible d'Eleven offerte par l'esthète Ryuukusan.

 

 

Un Bubble Head génial de Ten (beaucoup plus ressemblant, d'un coup) offert à PYT par ChrisleRoux.

 

Une peluche Dalek qui parle (enfin, qui crie) offerte par le kawaii-moto-hayaku Chocolat.

 

Un Dalek motorisé qui, jadis, fonçait droit dans les murs puis changeait de direction en criant "Exterminate". Mais ça, c'était avant (les chats). (PYT).

 

Une tirelire de belle taille qui fait woush-woush, offerte par Karas aussi ! 

 

Le tournevis sonique du War Doctor au 1/1ème qui ne fait pas woush-wouh mais qui clignote.

 

Un stylet DS à l'image du tournevis sonique du 11ème Doctor.

 

 

Un set de badges collectors sur le thème du Master version John Simm (génial John Simm !).

Un badge Tardis officiel.

Un set de cartes à collectionner, avec Shakespeare dans le tas, c'était le destin ! (Offertes par Ryuukusan aussi).

Deux crayons et deux gommes offertes avec le magazine "jeune public" présenté (beaucoup) plus haut (oui, je fatigue un peu, pour les légendes. Qui l'eût cru ?).

La bague du Master en plastoc pour doigts d'enfants de six ans et le journal des choses impossibles, rédigé par John Smith sur la base de ses rêves (troublants) en fin de saison 3...

Un contenu fidèle... et presque lisible !

 

La superbe montre gousset des Seigneurs du Temps, offerte par ChrisleRoux.

 

Et elle donne vraiment l'heure, en plus ! <3

 

Une théière Tardis, offerte par Snake_in_a_box, le roi des masochistes (et plus grand hater de la série de tous les temps).

 

Un Mug Dalek Army hyper stylé. Du coup, je n'ose pas boire dedans. C'est ballot.

 

 

Une boîte à cookies Tardis qui fait woush-woush-woush aussi à chaque fois que j'essaie de voler un cookie en douce sans que PYT s'en aperçoive. Du coup, après, je dois courir comme dans un épisode de ma série préférée ! Malin ! Et très immersif, de surcroît ! Par conséquent, seul un Roux (Chris, de son prénom) pouvait offrir un objet aussi "piégeux"...

 

Un Dalek en carton au 1/1ème qui prend GRAVE de la place. 

En langage de Whovian, on appelle ça une invasion.

 

 

Enfin, last but not least at all, une peinture signée PYT représentant l'un des terribles Anges Pleureurs. <3

 

 

Maintenant, il va vraiment falloir que je parte en quête de mon propre TARDIS quinze fois plus grand à l'intérieur pour pouvoir exposer tout ça façon Bibliothèque des Ombres...

Vivement qu'Ikéa sorte un Wïbli_Wööbli, ou un meuble dans le genre...

 

*

 

Dans les épisodes précédents :

 

- Ma petite collection Final Fantasy (en discrète mais constante évolution)

- Ma petite collection Super Famicom

- Ma petite collection Nintendo DS

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Pi.R.Carré - Pour changer d'aire

Haaaa, la Nintendo DS... la boîte de Pandore, version claquet refermable... celle par laquelle je suis revenu au jeu vidéo, après près d'une décennie d'abstinence...

Achetée pour occuper mes aller-retours en train lors de ma première année de fonctionnaire (d'aucun diraient : pour occuper mes journées de travail, plutôt, mais ce ne serait que calomnie : j'avais ce blog pour ça...), elle n'a pas eu à batailler beaucoup pour me faire replonger, pour le meilleur et pour le pire (d'autant qu'elle n'était pas zonée).

Un an plus tard sortait la 3DS. Résultat ? Beaucoup (trop) d'excellents jeux à des prix beaucoup trop compétitifs, pour une collection beaucoup trop riche dont je n'ai pas eu l'occasion de finir le tiers du quart (hélas, cent fois hélas).

Et je ne compte même pas les jeux de PYT dans le lot...

Il ne manque que quelques jeux nippons à mon bonheur, comme A.S.H., Nanashi no Game ou le Jump Ultimate Stars, ainsi que le Final Fantasy XII Revenant Wings, mais dans l'ensemble, j'ai pu récupérer tous les titres qui m'intéressaient.

 

 

> En louze :

 

 

Full Metal Alchemist (Hagane no Renkinjutsushi, pour les intimes) Dual Sympathy : un sympathique beat'them all à la Double Dragon adapté de la (première) série éponyme, dont il suit les grandes lignes. Un peu court, mais plaisant, agrémenté de très belles images fixes et de mini-jeux superfétatoires (mention spéciale à celui du caillou, qui a bien failli avoir raison de ma console, de mes nerfs et de ma patience).

 

Les trailers US sont vraiment atroces...

 

 

Jump Super Stars, le Smash Bros dopés aux classiques du manga shonen : Ken, Seiya, Naruto, Luffy, Yusuke, Gon, Goku... et tellement d'autres encore ! Aussi nerveux que jubilatoire, un gros coup de coeur ! (PYT possède la version boîte, elle. Offerte par Bibi - suis-je chevaleresque !).

 

Un casting qui fait rêver pour un des meilleurs jeux du genre...

 

 

> En boîte (parce qu'on n'est pas là pour rigoler !) :

 

9 Hours 9 Persons 9 Doors. On le saura, à force, mais on ne le dira jamais assez : sans doute le meilleur visual novel au monde.
Quelques énigmes plutôt bien pensées, beaucoup de lecture et un scénario fichtrement intelligent. Que demander de plus ?

 

 

Avalon Code. Un A-RPG à part, puisqu'une fois n'est pas coutume, il est impossible d'empêcher la fin du monde... aussi a-t-on pour mission d'inscrire tout ce qu'on observe dans notre grimoire pour pouvoir le recréer à l'identique après l'apocalypse, quitte à devoir faire des choix déchirants. Un jeu au postulat enthousiasmant, techniquement très réussi, servi par une belle 3D à la Final Fantasy Crystal Chronicle, qui ne pêche que par l'ergonomie du grimoire sus-mentionné. Mention spéciale à son introduction, réalisée par le même studio qui s'est occupé de Baroque et de Persona 3 (studio dont j'adore le travail).

 

 

Quand, au détour d'un Cash Converters, je suis tombé sur un petit jeu indé intitulé "le Cochon des Ténèbres", je n'ai pas hésité une seule seconde : il me le fallait à tout prix (mais si possible pas trop cher quand même). Je m'attendais à une purge sans nom mais même si le jeu n'est pas follichon, ses quelques touches d'humour font mouche, et il s'assume complètement en tant que parodie des premiers Castlevania, ce qui ne gâche rien.

 

 

Il me fallait un jeu de combat 2D péchu, j'ai pris celui-ci "au cas où" et bien que je ne connaisse pas la série dont il est tiré (enfin si, mais je ne l'ai jamais visionnée), on peut dire qu'il fait parfaitement l'affaire, avec un casting de personnages généreux, une belle fluidité et des coups pyrotechniques comme on les aime.

 

Premier Metrovania de la DS (metrovania, boulovania, dodovania, on connaît la chanson), Dawn of Sorrow se présente comme la suite directe d'Aria of Sorrow sur Gameboy Advance, en beaucoup plus joli. Très plaisant, même si la recette commence à être éprouvée...

 

Deuxième Metrovania de la DS, Portrait of Ruin essaie de renouer avec l'esprit des jeux originels et il y parvient en partie, même s'il ne renouvelle pas le genre.

 

Ultime Metrovania de la console, Order of Ecclesia marque le grand retour d'Ayami Kojima au character design (enfin !) et propose une aventure plus originale que ses deux prédecesseurs,  dépoussiérant le genre avec beaucoup de style.

 

En grand fan de la licence "Mana", je me devais d'investir dans ce A-RPG poétique et coloré, mais trop raide dans ses contrôles et trop limité sur le plan scénaristique.

 

Tout ce qu'il y a à savoir de ce jeu est affiché sur la jaquette. En substance : un A-RPG façon mini-games plutôt destiné à un jeune public (et aux accros de Square Enix dénués de tout discernement, ceci expliquant cela).

 

Un immense classique du RPG qui n'a (quasiment) pas pris une ride depuis la Super Nintendo, et qu'on ne présente pas (ou alors juste un peu, pour le plaisir). L'occasion de voyager à travers le temps en compagnie de personnages dessinés par Akira Toriyama et au son des musiques du grand Nobuo Uematsu. Indispensable.

 

Grand fan de la série House of the Dead (l'épisode Overkill, surtout), je ne pouvais pas manquer cette itération à jouer au stylet. Même si elle est très moyenne, très casu, elle permet de passer le temps agréablement si l'on n'y passe pas des heures d'affilée.

 

 

On poursuit dans le registre de l'horreur avec un survival horror à la première personne visuellement impressionnant (pour de la DS), et particulièrement angoissant puisqu'il est aisé de s'y perdre (la quasi totalité de la carte de jeu est accessible au démarrage). D'autant que pour couronner le tout, les programmeurs ont été radin niveau munitions.

 

 

Sa suite, qui a obtenu le Liehd d'or de la jaquette de jeu la plus sympatoche au festival du Bon Goût Visuel de Crèvelézyeux-en-Vivarais.
Plus axée action, plus variée mais beaucoup moins subtile.

 

Draglade, petit OVNI nippon méconnu qui mélange jeu de combat et jeu de rythme, à destination d'un public "jeune" gavé au Pokemon.
Le principe est sympa, mais le jeu calibré pour les juniors.

 

Supersonic Warriors 2, parce qu'une console sans DBZ, ce n'est pas une vraie console. Des mécaniques beaucoup trop simplistes à mon goût (j'espérais un jeu dans le style de ceux sur Super Nintendo) mais en contrepartie, un nombre de personnages jouables plus que conséquent. Gros hic cependant : une sauvegarde automatique qui rend le jeu impossible à reprendre à zéro. Quand on l'achète d'occase, tout est déjà débloqué, on y perd en fun.

 

Version modernisée d'un classique de la Nec (dont le mythique épisode 2 m'aura occupé des journées entière en son temps), ce roguelike à l'ancienne pêche par trop de sérieux et des mécaniques de jeu trop archaïques. Exit la musique péchue qui aurait pu permettre de compenser un peu, on en revient à des compos classiques et franchement oubliables.

 

Voilà-voilà-voilà. Ai-je besoin d'en dire plus ? Allez, pour la forme : un remake très réussi de l'épisode III de la Nes, avec une jolie 3D et une difficulté revue à  la baisse -même si elle reste relativement élevée.

 

Le remake de l'épisode IV, cette fois (alias le II en version anglaise). Le parti pris esthétique 3D kawaii a déplu à de nombreux joueurs mais en ce qui me concerne, je suis fan. Je regrette qu'il ait été autant décrié car j'aurais adoré une version du VI dans le même genre (plutôt que l'hideuse version smartphone à laquelle on a eu droit...).

 

Un A-RPG un peu court, qui pêche par des contrôles souvent confus, mais dont le scénario et l'ambiance surprenent par leur profondeur et leur maturité, loin devant la plupart des titres concurrents.

 

Le deuxième volet, d'une qualité semblable, mais peut-être un cran en dessous (j'écris peut-être parce que je n'y ai pas joué plus de cinq minutes, honte à moi).

 

Le Final Fantasy Tactics de la DS, qui reprend pour lui toutes les qualités de la version GBA (mécaniques de jeu solide, univers foisonant), mais également tous les défauts (à commencer par son scénario volontairement enfantin, à des lieues de l'inégalable épisode PS1).

 

L'ancêtre de Bravely Default, encore sous blister, ce qui en dit long sur le temps que je lui ai consacré. Mais j'espère bien pouvoir m'y mettre un jour...

 

 Le Deadly Premonition de la DS, signé Suda 51. Un jeu d'enquête étrange et déroutant, qui pique les yeux et qui donne la migraine mais qui fascine en proportion. Avec son intro au diapason hélas amputé de sa piste chantée dans cette version portable...

 

Guilty Gear à la sauce Smash Bros, avec des combats à quatre simultanément dans des arènes sur plusieurs niveaux superposés. Pas une grande réussite (mécaniques à la Isuka, nombre de personnages réduit), mais ça se joue quand même et ça permet d'emporter Sol Badguy partout avec soi.

 

RAW RAW, FIGHT THE POWER ! Gurren Lagann, du pur jeu "fan service". Vous déambulez dans des environnements 2D détaillés, mais réduits à quelques couloirs, vous parlez aux personnages que vous croisez, vous revisionnez quelques images tirées de la série, que vous revivez dans son intgéralité à travers de affrontements 3D minimalistes, mais pas dénués d'intérêt, aux commandes d'un robot customisable à l'infini (ou pas loin), chaque système offensif équipé donnant lieu à un mini-jeu lui permettant de frapper à pleine puissance (ou pas, si vous  loupez votre coup). Bien fichu pour un jeu à licence, il n'en reste pas moins extrêmement répétitif.

A noter que dans sa version collector (que je possède - mode frime activé), le jeu est accompagné d'un DVD, proposant un épisode de 15 minutes inédit (tout en japonais, bien sûr).

 

Un fan de "Mana" se doit de consentir à tous les sacrifices, y compris l'achat de ce tactical généreux, magnifique, mais aussi mal pensé que mal calibré.

 

Même éditeur, autre saga qui m'est chère. Un épisode spin-off un peu à part qui n'apporte pas grand chose sur le plan scénaristique, dans la mesure où il se déroule dans un univers virtuel, mais qui n'est pas dénué d'intérêt non plus. 

 

Autre spin-off, adoptant cette fois le point de vue des  antagonistes de l'épisode 2, cette itération beaucoup trop longue se délite en missions trop nombreuses et trop répétitives, mais compense par son propos humaniste naïf, certes, mais si sincère qu'il fait mouche (pour peu qu'on ne soit pas un monstre de cynisme).

 

Un Visual Novel dans un univers à la Persona, dans lequel vous devez extirper des vers mentaux de la psyché de vos concitoyens avant que ceux-ci ne les poussent au suicide. Youpi tralala c'est la fête.

Des thématiques sombres, pour un scénario efficace - même si peu original, finalement -, agrémenté de quelques mini-jeux (en guise d'affrontement de  boss) qui pourront vous rendre dingues pour de vrai, si vous êtes aussi habiles de vos mains (carrées) que moi.

 




 

Peut-être bien le tout meilleur Shoot'them up de la DS, qui fera le bonheur de ceux qui sont allergiques aux manic shooters et qui rêvent encore de Super Star Soldier la nuit. Un titre "à l'ancienne" servi par des graphismes 3D (pour les décors) du plus bel effet, et une alternance scrolling vertical-scrolling horizontal qui contribue à dynamiser l'action.

 

L'épisode 2 : plus beau, plus varié, plus dur, qui reprend à son compte tous les atouts du premier en les améliorant. Dommage que l'épisode suivant, sur 3DS, ait opéré un virage à 180° tout ce qu'il y a de plus... calamiteux.

 

Le Smash Bros de One Piece, particulièrement réussi (peut-être même plus que le jeu dont il s'inspire). Varié, inventif, fluide, coloré, riche en contenu à débloquer, il se révèle plus fin qu'on ne pourrait le croire au premier abord, et d'une durée de vie conséquente.

 

L'épisode 2, qui prend les mêmes (mais pas que) et qui recommence en mieux sur tous les plans. Un vrai plaisir, dont le seul défaut (visiblement rhédibitoire aux yeux des éditeurs européens, puisque le jeu n'est pas sorti chez nous) est d'être trop similaire à son aîné.

 

Avec sa 3D de très bonne facture et son univers qui a fait ses preuves (Xenoblade X n'a rien inventé), ce vrai-faux MMO jouable en solo est écartelé entre les qualités et les défauts du genre : beau, mais trop répétitif, il trouve tout son sens en multi, mais reste agréable en solitaire (à petites doses).

 

O_____________O

Mais.

Bon, alors qu'est-ce que ça fiche dans ma collec, ça ?

Bonne question. Moi-même, je me la pose très sérieusement.

Sans doute que j'espérais retrouver l'ambiance (et surtout le soundtrack) du film en question... Monumentale erreur !

Ce  beat'them all poussif et paresseux n'a vraiment rien pour lui.

 

Comme le lecteur avisé l'aura deviné : le portage du premier volet, à l'identique (ou pas loin). Incontournable, mais d'une difficulté décourageante.

 

Le magnifique (c'est peu de l'écrire) remake de SaGa 2 sur Gameboy (Final Fantasy Legend 2, en occident), incontestablement l'un des plus beaux jeux 3D de la console. Un pur bijou, véritable régal pour les yeux et pour les oreilles, porté par un scénario simple, mais efficace, et des mécaniques d'une cohérence rare (pas de points d'expérience ici : ce sont vos actions qui décideront des caractéristiques qui augmenteront en fin de combat).

 

 

Le non moins magnifique remake de SaGa 3 (Final Fantasy Legend 3, pour ceux qui n'auraient pas suivi), tout aussi réussi sur le plan technique, et qui s'offre même le luxe de précéder Chrono Trigger en mettant l'espace-temps sens-dessus-dessous.

 

 

Les fans des films de Miyazaki qui s'essaieraient à ce A-RPG seront aux anges : ils y retrouveraient la poésie, l'optimisme et l'imaginaire qui leur plaît tant dans les oeuvres du Maître, mais en version interactive, et illustré par le grand Nobuteru Yuki (Lodoss, Escaflowne, Chrono Cross, ...).  Dommage que le challenge ne soit pas au rendez-vous et que les zones à explorer soient aussi spacialement réduites : autant de défauts qui enlèvent beaucoup de son charme à cette oeuvre qu'on voudrait pouvoir aimer sans réserve. Un bon titre, qui aurait pu être exceptionnel s'il avait été mieux pensé. Restent deux des plus belles chansons jamais composées pour un jeu vidéo...

 

 

Une déclinaison de la licence Starfox atypique, déroutante, inutilement alambiquée, mais très réussie malgré tout (même si on est loin de la folie décomplexée de l'épisode  Super Nintendo).

 

Steal Princess : un jeu d'action-réflexion relativement original, dans l'esprit de Ladystalker sur Super Famicom, où vous devez mettre à profit toutes vos compétences pour dérober le trésor de chaque mini-carte en évitant pièges et gardiens. Plutôt malin et non dénué d'intérêt, il peut vite lasser malgré tout, et s'apprécie à doses homéopathiques. Mais pouvais-je résister au visuel de son opening, signé par le studio que j'évoquais plus haut ?

 

 

 Le héros le plus stylé de sa génération revient en duo dans ce spin-off conçu exclusivement pour la DS et exploitant généreusement son écran tactile. On y retrouve toutes les qualités de ses grands frères sur consoles de salon, et seuls les contrôles au stylet (approximatifs, à tout le moins) viennent entâcher le tableau.

 

 Tetsuya Nomura dans son élément, et au sommet de son art. Ce RPG culte à l'étonnant gameplay asymétrique éblouit à tous les niveaux : bande son j-pop façon Persona, univers urbain tendance fashion, parfaitement maîtrisé sur le fond comme sur la forme, et scénario aux petits oignons, un chef d'oeuvre inégalé dans son genre (en même temps, il est le seul de son genre, aussi. ça aide).

 

 Enfin, last but not least, l'édition US d'Ys 1 et 2 en version remake 3D (celles qu'on trouve sur Steam sont en 2D), réunis pour l'occasion sur une seule et même cartouche (contrairement à leurs versions japonaises), et accompagnée d'un CD bonus plein à craquer de titres emblématique de la série, tantôt fantasy, tantôt rock, que la DS met joliment en valeur.

Si le premier a mal vieilli, avec son aventure vite expédiée et ses graphismes cubiques (tout en restant très plaisant à parcourir), le second tire son épingle du jeu avec une surprenante modernité (pour l'époque). Deux titres A-RPG survoltés qui dépaysent sans peine...

 

Et comme c'est là-dessus qu'on se quitte, autant finir en beauté avec les deux openings, véritables invitations au voyage, qu'il soit réel ou virtuel...

 

 

 

 Tout ça pour dire : n'hésitez pas à les choper sur Steam,

avec les trois autres disponibles là-bas...

 

 

*

 

Pour prolonger :

Ma petite collection Super Famicom

Ma petite collection Final Fantasy

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Rien à carrer - Débile and realist

Mon espace geek étant en train de s'effondrer sur lui-même comme une géante gazeuse, j'ai profité d'une vaine tentative de réorganisation pour photographier ma collection, en attendant de pouvoir tomber une cloison ou coloniser tout l'étage. Et demain, le monde.

Parce que sur plusieurs années, on ne s'en rend pas compte mais c'est qu'on en amasse, des bricoles.

On n'a pas l'impression d'avoir une collection à proprement parler, jusqu'au jour où on se rend compte qu'elle est là, qu'elle occupe de l'espace et que ce serait bien qu'on prenne du temps pour y jouer, un peu.

Alors oui, mes collections sont "petites" (tout étant relatif par ailleurs), parce que je suis un touche à tout et que je ne me focalise pas sur un seul type de produit en particulier. L'idée n'est effectivement pas d'amasser bêtement façon Onc' Picsou, pour pouvoir se la raconter, mais seulement de se faire plaisir. Raison pour laquelle, d'ailleurs, je n'investis pas dans des titres recherchés, mais dans des oeuvres qui ont une vraie valeur sentimentale pour moi.

 

Et parce qu'il faut bien commencer quelque part, on attaque aujourd'hui avec la collection SFC. Il me manque encore cinq ou six titres pour être pleinement satisfait (Rudora no Hihou, notamment) mais dans l'ensemble, j'ai réussi à réunir les titres que je visais. A savoir, principalement : des RPGs, des titres de la Pc Engine (et du MSX) et des adaptations de mangas/animés. Avec comme critère de ne pas dépasser les 30 euros à l'achat, parce qu'il faut pas pousser mémé dans les orties non plus. La spéculation, c'est le mal. Maintenant, j'aimerais pouvoir me bloquer deux années sabbatiques pour y jouer, mais je doute que le résultat des élections m'en donne l'occasion.

 

Un conseil au passage : si vous voulez vous mettre aux jeux d'import, ne jouez pas sur une console européenne avec un adaptateur. Prenez-vous une SFC, une Retron (ou une Supaboy), une console switchée, voire un émulateur (même si le tube cathodique garantit un confort visuel incomparable, sur ce type de jeux). Le 60 hertz, ça change la vie, vraiment. J'ai fait le test, j'en suis resté comme deux ronds de flan. Je n'imaginais pas qu'on pouvait y perdre à ce point...

 

 

> En louze (la louze...) :

 

 

 

 Batman Returns, beat'them all inspiré du film de Burton. Des mécaniques classiques et limitées (le genre a très mal vieilli dans son ensemble), mais en contrepartie, des graphismes somptueux avec des spirtes énormes et détaillés... et la musique de Danny Elfman.

 

 

 

Cho Makaimura, universellement connu chez nous sous le titre "Super Ghoul's and Ghost". Un plateformer culte, magnifique, porté par une ambiance macabre du plus bel effet, mais diaboliquement difficile (à plus forte raison quand on a les mains carrées).

 

 

 

Garou Densetsu (offert par le camarade Locutus), connu chez nous sous le titre de Fatal Fury. Premier épisode de la saga, il a la particularité de... ne proposer que trois personnages jouables (Terry, Andy et Joe). A la traîne derrière Street Fighter II, il se distingue par la qualité de ses visuels, hélas gâchée par une animation lacunaire. N'est pas Neo Geo qui veut...

 

 

 

Gegege no Kitaro. Adapté d'une légende du manga fantastique (signée Shigeru Mizuki, "l'autre Tezuka"), le jeu est magnifique, mais souffre d'un gameplay trop sommaire (qui se limite finalement à enchainer les boss).

 

 

 

Go Go Ackman 2, jeu de plate-formes déjanté, inventif et parfaitement réalisé, mais à la difficulté punitive, adapté d'un manga d'Akira Toriyama.

 

 

 

Gon, adapaté du manga éponyme (qu'on ne présente plus, j'espère). Là encore, un jeu de plateforme ubuesque alternant les phases en 2D et les phases de poursuite en mode 7. Un OVNI déroutant tout à fait dans l'esprit de l'oeuvre originelle. Je l'aurais volontier acheté "en boîte", mais malheureusement, il est relativement rare, donc relativement onéreux.

 

 

 

Sonic Blastman, autre beat them all culte et délirant parodiant les comics US. Fun, coloré, absurde mais, inévitablement, trop répétitif.

 

 

 

The Great Battle 3, sympathique beat them all mettant en scène, entre autre, SD Gundam et SD Ultraman en mode médiéval-fantastique. Le jeu souffre des défauts du genre (on le saura !) mais reste très plaisant à parcourir de par son univers cross-licences. 

 

 

 

Spider-Man and the X-Men (oui, bon, d'accord, c'est un jeu US, il en fallait bien un pour la parité), un titre d'action plate-forme d'une difficulté à s'arracher les cheveux, dès le premier niveau. Du coup, en représaille, la photo est floue. ça lui apprendra.

 

 

> En boîte :

 

 

 

 

Akumajo Dracula, aussi connu sur le nom de "Super Castlevania IV". Un incontournable de l'action-plateforme, indémodable et ingénieux, qui a illuminé la logithèque de la console dès ses premiers mois d'existence et n'a pas été surpassé ensuite. Et quelle ambiance !
Bon, alors par contre, la boîte japonaise est tellement moche que là encore, mon appareil a refusé de faire une photo nette. Et je ne vous parle même pas des illustrations du manuel. ça fait plaisir de savoir qu'il y a dans le monde des gens qui dessinent plus mal que moi.

 

 

 

Alcahest, joli petit jeu anecdotique licencié par Square, sous forme de vrai-faux A-RPG. Sans grande ambition et vite plié (on sent le développement du jeu rushé sur la fin), mais sympathique.

 

 

 

Bahamut Lagoon, un des derniers jeux de la console et l'un des plus beaux, sur le plan visuel.
Un tactical RPG très sympathique signé Kazushige Nojima.
 

 

 

 

Battle Dodge Ball, une jeu de balle au prisonnier opposant Gundam, Mazinger en consors. Rigolo, pas moche mais vite lassant.

 

 

 

Battle Soccer. Dans la même collection, Gundam, Ultraman et Godzilla s'affrontent au football, dans un jeu très inspiré de World Cup sur Gameboy (entre autres). Même constat : assez fun, mais vite agaçant.

 

 

 

Brain Lord, A-RPG classique axé sur la résolution d'énigmes, designé par Sachiko Kamimura, qui a travailléé sur les (sublimes) OAVs d'Arslan (la première version) et sur City Hunter.

 

 

 

 

Brandish, un dungeon crawler austère dans lequel ce n'est pas le personnage qui tourne, quand on veut changer de direction, mais le décor. On en a vite la tête à l'envers, et les graphismes old school n'aident pas (un remake existe sur Vita, au passage). Reste la bande-son plutôt péchue et les artworks du grand Nobuteru Yuki (Lodoss, Escaflowne, Chrono Cross... ).

 

 

 

Burai, RPG designé par Shingo Araki et Michi Himeno, à qui l'on doit le succès de St Seiya en série animée. Loin de la perfection du deuxième opus, un jeu rudimentaire et pas très beau (du tout), mais assez original dans ses mécaniques comme dans son univers.

 

 

 

Cyber Formula GPX, jeu de course automobile vu de dessus (à l'ancienne adapté) d'une série d'OAV dessinée par Mutsumi Inomata (Kaze no Tairiku, les Tales of, ...).

 

 

 

Der Langrissar, premier volet réussi d'une légende du tactical RPG, designé par Satoshi Urushihara, bien connu des amateurs de poitrines dénudées (mais le jeu reste sage, l'artiste sachant se tenir quand on le lui demande).

 

 

 

Dragon Ball Z, faux RPG aux combats minimalistes et aux longs pavés de textes reprenant toute la première série jusqu'au combat contre Piccolo Daimao.

 

 

 

Dragon Ball Z 3, jeu de combat incontournable avec son fameux écran splité, mais auquel il manque un mode story... (et quelques combattants pour étoffer le roster). A choisir, j'aurais préféré prendre le 2, mais on fait comme on peut en fonction des occasions. Et puis comme ça, au moins, je peux jouer Kaioshin.

 

 

 

 

Dragon Knight 4, tactical RPG plutôt joli et bien fichu, adapté d'une fameuse licence hentai, mais débarassée de tout contenu sulfureux pour les chastes utilisateurs de la Nintendo.

 

 

 

Emerald Dragon, sympathique RPG à la japonaise, tout ce qu'il y a de plus classique dans le bon sens du terme.

 

 

 

 

 

Energy Breaker, sympathique tactical RPG aux mécaniques de jeu originales et bien pensées, designé par Yasuhiro Nightow, le papa de Trigun, Gungrave et Blood Blockade Battlefront.

 

 

 

Doit-on le présenter ?
Le meilleur jeu du monde.
 

Et c'est non négociable.

 

 

 

Encore un jeu qu'on ne présente plus, licence incontournable du tactical RPG option '"mécha". Aux pinceaux, on aura évidemment reconnu l'immense Yoshitaka Amano.

 

 

 

Action-shooter dans l'univers de Front Mission. Beau, mais sans pitié.

 

 

 

Gundam Wing Endless Duel, peut-être le jeu de combat le plus réussi de la console, au point qu'on peut encore y jouer aujourd'hui sans avoir à faire preuve de trop d'indulgence. Fluide, nerveux, varié, impressionnant. Avec en prime une version chiptune du premier générique en guise d'introduction. 

 

 

 

Herakles no Heikou IV, une grande licence RPG d'Enix (sortie sur DS sous le titre Glory of Heracles), avec Kazushige Nojima à la tête du projet. Des mécaniques classiques, mais un principe narratif original (l'âme du protagoniste passe de corps en corps en attendant de retrouver le sien).

 

 

 

Hokuto no Ken 7 : on aurait pu croire qu'ils finiraient par apprendre de leurs erreurs et par en réussir un, mais non. Malgré ses 32 mega et ses sprites gigantesques, un jeu calamiteux dans lequel on ne peut pas vaincre l'adversaire sans réussir une "fatality" une fois que sa barre d'énergie s'est laborieusement vidée. L'adversaire, lui, n'a pas besoin de faire tant de chichis pour l'emporter.

 

 

 

 

Jojo's Bizarre Adenture : un étrange (forcément) RPG matiné de visual novel qui reprend la saga Stardust Crusader. Plutôt joli, fidèle au manga, mais limité dans ses mécaniques.

 

 

 

Lady Stalker, spin-off de l'incontournable Landstalker de la Megadrive, qu'il ne parvient à égaler à aucun niveau. S'il conserve sa 3D isométrique, il ne se distingue avantageusement ni par ses couleurs criardes, ni par l'impossibilité de sauter de plateforme en plateforme...

 

 

 

 

The legend of Heroes II : Dragon Slayer. Un RPG austère à l'ancienne (limite 8 bits), mais également une légende du genre. Les illustrations de la boîte sont signées de la main d'une autre légende : Akemi Takada (Creamy Mami, Urusei Yatsura/Lamu, Kimagure Orange Road/Max et compagnie, ...).

 

 

 

Lennus, un rpg classique parmi tant d'autre, si l'on fait abstraction des illustrations de Keichi Goto, l'un de mes illustrateurs japonais préférés.

 

 

 

Magical Taruru-to Kun Magic Adventure, un jeu de plateformes coloré, riche et particulièrement réussi, adapté d'un animé lui-même adapté d'un shonen manga signé par Tetsuya Egawa, l'auteur de Golden Boy.

 

 

 

 

Magic Knight Rayearth, première incursion du mythique studio Clamp (Card Captor Sakura, XxxHolic, Tsubasa Reservoir Chronicles, ...) dans le champs des jeux vidéo (elles adapteront ensuite celui-ci sous forme de manga, qui donnera lieu à deux adaptations en animé). Vraiment très beau, mais très très court.

 

 

 

 

Neue Gier, un a-rpg nerveux et sympathique designé par Kia Asamiya (Silent Mobius, Dark Angel).

 

 

 

Kido Keisatsu Patlabor, un faux a-rpg aux mécaniques sommaires, mais bien fichu et complètement dans l'esprit de la série animée dont il s'inspire.

 

 

 

 

Pop'n Twin Bee, le jeu de plate-formes coloré dérivé d'un shoot them up légendaire. Joli, varié et jouable à deux !

 

 

 

Psycho Dream, plateformer onirique étrange et décalé dans la droite ligne des Valis, mais dans un univers occulte et glauque plus proche des Shin megami Tensei.

 

 

 

Ranma 1/2 2, un magnifique jeu de combat aux sprites léchés et colorés (également sorti chez nous), mais qui souffre d'une lourdeur certaine au niveau du gameplay.

 

 

 

Ranma 1/2 3, jamais sorti en France. Beaucoup plus fluide et nerveux, mais également beaucoup plus facile et beaucoup moins beau. Comme quoi, les frères Elric avaient raison : pour chaque chose reçue, il faut en abandonner une de valeur équivalente.

 

 

 

Ranma 1/2, le puzzle game, une très sympathique variante de Tetris façon jankenpon dans lequel on ne peut pas faire pivoter les pièces. Mais en contrepartie, on peut faire des Amagureken. Du coup, ça compense.

 

 

 

Record of Lodoss War, un RPG bien troussé dont le récit s'étale sur plusieurs générations, adapté de la série d'OAV éponyme, mais reprenant également l'histoire des six héros (prequel), ainsi que celle de la Légende du Chevalier Héroïque (sequel).

 

 

 

Rokudenashi Blues, adapté du manga du même nom (Racaille Blues, chez nous). Un mélange indigeste, mais plutôt agréable à l'oeil, de visual novel, RPG et combats musclés à un contre un.

 

 

 

Premier épisode de la deuxième grande saga signée Square, dont la particularité est de proposéer des scénarios multiples en fonction des personnages que vous choisissez. Un titre d'une grande qualité, même si techniquement, il pique.

 

 

 

Deuxième épisode, donc, sans surprise. ça pique toujours, mais moins.

 

 

 

Et comme le veut la logique : le troisième épisode, particulièrement magnifique sur tous les plans.

 

 

 

Ryuknight, un a-rpg adapté de la série d'OAV, axé "jeune public" mais plutôt bien fichu, dans lequel le héros parcourt le monde et combat ses adversaires tantôt par lui-même, tantôt dans un sympathique mecha en SD.

 

 

 

Samsara Naga 2, le jeu de rôle de Mamoru Oshii, mis en musique par Kenji Kawai. Excusez du peu. Si l'aspect visuel n'éblouit pas, le jeu reste très plaisant. 

 

 

 

Gundam Formation Puzzle : Tétris à la mode SD Gundam, sauf qu'il ne faut pas faire disparaître des lignes mais construire des hangars et accumuler des ressources. C'est dire si je n'y comprends rien. Mais j'arriverais à y jouer, un jour. Je le sais, je le sens.

 

 

 

Seiken Densetsu/Secret of Mana 3, un bijou de A-RPG. très court, mais beau à en pleurer. Heureux possesseurs de la Switch, préparez-vous d'ores et déjà à investir.

 

 

 

Super Valis : jeu de plateformes typique de la période Nec, avec son héroïne en petite jupette sexy. Il lui manque hélas beaucoup de ce qui faisait son charme sur les consoles PC Engine.

 

 

 

Super V.G., jeu de combat au casting intégralement féminin, initialement estampillé hentai, d'une difficulté redoutable.

 

 

 

Tactics Ogre, encore une légende dans le milieu confidentiel du tactical RPG. Magnifique et complexe comme on les aime. Par contre, en japonais, c'est un peu raide quand on ne comprend pas la langue...

 

 

 

Tengaimakyo (Far East of Eden) Zero, spin-off exclusif à la console d'une autre saga culte de la PC-Engine. Sans conteste l'un des plus beaux RPG de la Super Famicom. 

 

 

 

Treasure Hunter G, encore une pépite méconnu signée Square, plastiquement très réussie, dotée d'un système de combat intéressant mais déroutant.

 

 

 

 

Villgust, RPG aux sprites énormes estalmpillé "jeune public", adapté d'une série destinée à vendre des gashapons (petites figurines en plastique bon marché).

 

 

 

Votoms : jeu d'action en mode 7 adapté d'un grand classique de la SF nippone. Etonnant, mais pas désagréable.

 

 

 

 

Xak III, sympathique a-rpg dans le style "Ys", moins réussi mais plutôt prenant.

 

 

 

New Yatterman, sorte de jeu inclassable "à la bomberman", assez obscur mais pas dénué d'intérêt, adapté de l'interminable série éponyme.

 

 

 

 

Ys III, adaptation mi figue mi raisin d'un standard du A-RPG (remakée sous le titre "Oath in Felghana"), très en-deça de la version Megadrive (notamment sur le plan sonore, cette version relevant du massacre en règle).

 

 

 

Ys IV : pas très beau, c'est peu de le dire, mais addictif, nerveux, porté par une musique irrésistible.

 

 

 

Ys V : le plus abouti de la série sur cette console, graphiquement du niveau d'un square en fin de gen'.

 

 

 

Yu Yu Hakusho 1, étrange jeu d'action "visuel", singeant tant bien que mal la série animée. Très répétitif mais plutôt agréable à l'oeil.

 

 

 

Yu Yu Hakusho 2 : jeu de combat réussi, au gameplay raide mais aux sprites détaillés, avec des furies impressionnantes pour l'époque.

 

 

 

Yu Yu Hakusho Final : beaucoup plus fluide et nerveux que son prédecesseur, mais également beaucoup plus rudimentaire sur le plan technique. Pour compenser, on peut y jouer les "vilains" les plus charismatiques de la série, Sensui en tête. Un bien beau cadeau ramené exprès pour moi du japon par l'ami Noiraude, ce qui en double (minimum !) la valeur... 

 

 

Et nous voilà déjà arrivé au bout de la liste. Maintenant, il me reste à trouver DBZ Hyper Dimension et Vampire Kiss à un prix décent (entre autres, car je n'aurais rien contre un Ushio to Tora ou un Ghost Sweeper Mikami). C'est dire si je ne suis pas sorti de l'onsen...

 

Il va sans dire que j'accepte les dons généreux.

 

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Édito

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

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