ERROR 404 BLOG NOT FOUND

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Par Le Gamer aux Mains Carrees Blog créé le 04/11/11 Mis à jour le 12/06/20 à 19h49

Ce blog n’'existe PLUS. Si tu y as accès, c’'est que tu n’'existes plus non plus. Au mieux, tu es l'’émergence d’'une anomalie systémique au sein d'’une structure virtuelle parfaite. Mais ça pourrait être pire. Tu pourrais attendre impatiemment la sortie de Final Fantasy VII Remake.

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Parce que le vendredi soir, on a tous besoin de décompresser un peu, je vous propose un petit jeu rigolol sponsorisé par mon partenaire Microsoft Paint.

Microsoft Paint, c'est un logiciel d'image intuitif et facile d'accès qui vous permet de réaliser de superbes photo-montages pour égailler vos amis et faire la gloire de votre compte Twitter.

Microsoft Paint, c'est aussi une base d'utilisateurs pleinement satisfaite (sondage réalisé à partir de mon témoignage à moi, qui représente 100% des utilisateurs).

Mais trêve de publi-com... d'informations-tout-à-fait-innocentes publiées dans l'intérêt de mes lecteurs (je mets un pluriel pour la forme, juste pour feinter les gens de Microsoft Paint et leur faire croire que je suis un influenceur) !

Revenons-en au jeu !

Si tu t'es toujours demandé ce que donnerait "Où est Charlie ?" version Dark Souls, et ben, j'ai envie de dire, déjà, consulte un spécialiste. Mais puisque je ne suis pas homme à te laisser sombrer dans les affres de l'incertitude, voici grosso-modo ce que ça donnerait (à un ou deux rubans de réglisse près - c'est pas une science exacte).

Attention cependant : c'est très technique, comme jeu (en plus, si tu n'as pas adblock, ça va te demander d'esquiver d'abord la pub invasive, ce qui te demandera une souplesse occulaire digne du Capitaine Albator) !

 

 

Est-ce à dire que l'ère des Doritos est révolue ?

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Ce qu'il y a de beau, avec la culture Geek, c'est qu'on peut être tranquillement posé chez soi en train de lire un bouquin de 2012 à base d'araignées invisibles qui transforment les gens en zombies pendant que les deux personnages principaux préfèrent débattre de qui a la plus longue (oui, les initiés l'auront deviné, je suis en train de lire la suite de John Dies at The End), et tout à coup, au détour d'une page parmi d'autres (560, quand même), entre deux bains de sang et deux vannes régressive sur la défécation, on peut aussi tomber sur un passage qui, en trois pages, résume tout ce qu'il y a à savoir sur l'état de notre société, sur les luttes idéologiques telles que menées sur les réseaux sociaux et, finalement, sur nous-même :

 

 

 

- Connaissez-vous le nombre de Dunbar ?

 

- Non.

 

- Vous devriez, car il gouverne chaque instant de votre vie. C'est votre tour de Babel. La contrainte qui détermine l'ambition humaine n'est pas l'absence d'un langage unifié. C'est le nombre de Dunbar, du nom de l'anthropologue britannique Robert Dunbar. Il a étudié le cerveau des primates et leur comportement social. Il a fait une découverte qui va changer votre perception du monde. Il a démontré que plus le néocortex d'un primate est grand, plus les communautés qu'il forme sont étendues. Il faut d'importantes capacités cérébrales pour traiter toutes les relations d'une société complexe. Quand les primates se retrouvent dans des groupes trop grands pour leur cerveau, le système s'effondre. Des factions se forment. Des guerres éclatent. Ecoutez-moi attentivement car ce point est crucial : vous pouvez observer le cerveau d'un primate et, sans rien connaître d'autre sur l'espèce d'où il provient, en déduire la taille de sa tribu (…). Ce qui est fondamental, c'est que tout primate a un nombre limite (…). Y compris ces primates-ci. Y compris vous et moi. Compte tenu de la taille du néocortex humain, ce nombre est d'environ cent cinquante. C'est le nombre d'humains que nous pouvons reconnaître avant d'atteindre nos limites. Avec des variantes en fonction des individus, c'est sûr. C'est notre capacité d'empathie maximale

 

Je le dévisageai. Attendez, c'est vrai ? dis-je. Il y a vraiment une partie du cerveau qui dicte combien de personnes on peut supporter avant de commencer à se comporter comme des connards ?

 

- Félicitations, vous connaissez désormais la seule raison qui explique pourquoi le monde est tel qu'il est. Vous voyez tout de suite le problème que cela pose : tout sur Terre demande une coopération dans des groupes excédant cent cinquante membres. Les États. Les entreprises. La société dans son ensemble. Nous sommes physiquement incapables de traiter cela. Alors à tout moment nous essayons de diviser la population de la planète en deux groupes : ceux qui se trouvent à l'intérieur de notre sphère d'empathie et ceux qui sont à l'extérieur. Les Noirs contre les Blancs, les libéraux contre les conservateurs, les musulmans contre les chrétiens, les fans des Lakers contre ceux des Celtics. Avec nous ou contre nous. Infectés contre sains. Nous réduisons des dizaines de millions de personnes à des stéréotypes simplistes, pour qu'ils occupent la place d'un seul individu dans notre mémoire disponible. Et c'est la clé : ceux qui sont en dehors du cercle ne sont pas humains. Nous échouons à les reconnaître comme tels. C'est pour ça que vous êtes plus touché par votre petite amie qui se coupe le doigt que par les centaines de milliers de victimes d'un tremblement de terre en Afghanistan. C'est ce qui rend les génocides possibles. C'est ce qui fait qu'un PDG pourra signer un contrat qui provoque la contamination d'un fleuve en Malaisie et donne naissance à dix mille enfants souffrant de malformations parce que dans les limites de notre logiciel mental, ces Malaisiens pourraient tout aussi bien être des fourmis (…). Ou des monstres (…). Ce qui nous ramène à la tour de Babel. Les humains ont toujours été destinés à échouer du fait de cette limite dans notre capacité à coopérer. A un moment donné, déterminé par la taille de la population sur notre planète et une série d'autres facteurs, nous nous autodétruirons. C'est le seuil de Babel. Le moment où l'épuisement de l'empathie humaine à l'échelle de l'espèce atteint la masse critique.

 

(David Wong, Ce Livre est Plein d'Araignées, Super 8 Editions, traduction de Charles Bonnot).

 

Je ne sais pas pour vous mais moi, lire ce constat, si fataliste soit-il (en même temps, la situation le vaut bien), ça me fait un bien fou parce que c'est clair, concis, accessible, intelligent - et surtout, surtout, aux antipodes du manichéisme rampant qui a pignon sur rue dans la sphère numérique. A force d'en bouffer à toutes les sauces, j'avais fini par croire que plus personne ne raisonnait comme ça nulle part, voire que personne n'avait jamais raisonné comme ça du tout et que j'étais juste complètement cinglé (encore que l'un n'empêche pas l'autre mais c'est un autre débat, que vous suivrez ailleurs et auquel je ne serais pas invité à participer).

 

Alors oui, en admettant que certains parmi vous aient pris le temps de lire ces lignes jusqu'au bout (mon espoir est un océan, et ma naïveté un catamaran de luxe), je ne doute pas qu'il y en aura dans le lot qui seront d'ores et déjà prêts à réagir en écrivant en commentaire que non, ils ne s'inquiètent pas plus de la coupure au doigt de leur petite amie que des victimes de tremblements de terre, que pour eux les Malaisiens ne sont pas des fourmis, qu'à chaque catastrophe ils sont les premiers à invectiver leurs semblables en les accusant de ne pas s'en soucier assez (soit parce que les semblables en question sont blancs, soit parce qu'ils sont cis, soit parce qu'ils sont de sexe turgescent, mais toujours parce qu'ils « ne sont pas nous », convaincus que nous sommes de valoir mieux que nos semblables - jusqu'à pouvoir échapper, même, aux limites intrinsèques de la biologie. Les primates, c'est les autres)... A ceux-là, je le dis tout de go : ne prenez pas la peine d'écrire tout ça en commentaire. D'une, parce que je suis au courant, c'est écrit en long et en large sur vos Twitter. De deux, parce que vous seriez à côté de la plaque. Le texte ne parle pas de petite amie, de tremblements de terre et d'enfants Malaisiens. Enfin si, il en parle, pas la peine d'aller stabiloter votre écran, mais ce n'est pas son propos. Tout texte (littéraire, à plus forte raison) possède une dimension implicite que le lecteur doit savoir décoder (contrairement aux idées reçues, savoir lire, ce n'est pas seulement savoir déchiffrer des lettres et les associer entre elles pour former des mots qui, avec de la chance, formeraient des phrases - Jul essaie encore -, c'est aussi savoir identifier, analyser et comprendre son implicite. Sans ces attendus minimums, on ne peut pas prétendre savoir lire). Donc au cas où vous seriez incapable de dépasser le premier degré d'un discours, sachez que le problème n'est pas dans le texte lui-même mais dans la formation que vous avez reçue (ou dans la façon dont vous l'avez suivie, ou les deux, c'est entre vous, vos profs et votre conscience). Notez également qu'il s'agit ici d'une ½uvre de fiction qui n'a pas vocation à être didactique et que par conséquent, l'auteur emprunte forcément des raccourcis vulgarisateurs. Il n'en demeure pas moins que l'essentiel y est et que si l'on souhaite prolonger la réflexion, on peut se demander en quoi l'avènement des nouvelles technologies a précipité la catastrophe en mettant l'ensemble de l'humanité en relation avec elle-même, ni si l'empathie (outil précieux lorsque l'homme fréquentait moins de cent cinquante individus dans sa vie) ne se retournerait pas contre nous lorsqu'il s'agit de vivre en collectivité, devenant par-là même notre « meilleure ennemie ».

 

Je l'ai répété en boucle comme si j'avais Gilles de la Tourette : pour moi, la question n'a jamais été de savoir si mon interlocuteur défend (ou pense défendre) une juste cause, s'il donne à l'Abbé Pierre ou s'il a des amis noirs, même si j'aurais forcément plus de bienveillance envers ceux qui partagent sans hypocrisie mes valeurs d'équité et de vivre-ensemble. La question pour moi est de savoir de quel côté de la barrière mon interlocuteur se situe. S'il entretient le problème pointé du doigt par le personnage, ou s'il ½uvre à contre-courant pour essayer de s'extirper de ces clivages sclérosants ; parce que se foutre sur la gueule pour des bonnes raisons et se foutre sur la gueule pour de mauvaises raisons, c'est toujours se foutre sur la gueule et oh, c'est bon, ça va bien deux minutes, la testostérone mais on est en 2020, bordel de merde, on peut régler les choses différemment.

 

Et parce qu'on est en 2020, toute fatalité qu'elle soit, cette réalité biologique peut être surmontée, au moins partiellement, dès lors qu'on a conscience de son existence et qu'elle « n'arrive pas qu'aux autres ». D'où l'importance du texte de David Wong.

 

Je l'ai répété à longueur de posts - qui ont fait péter quelques veinules sur quelques fronts (pour donner dans la litote) - et qui m'ont valu de passer pour le misogyne, le féminazi, l'homophobe, l'hétérophobe, le gauchiste, l'extrême-droitiste de service selon les cas de figure (je crois que j'ai eu droit à tout) : à mes yeux, ce n'est pas une question d'idées mais de méthodes. Sans doute n'ai-je pas été compris (vraisemblablement parce que je m'y prends mal, ou pour les questions d'implicite que j'évoquais plus haut, ou parce que je suis comme tout le monde : quand l'interlocuteur ne fait aucun effort pour essayer de suivre mon raisonnement, au bout de quelques heures, je finis par me mettre en boule et par écrire des conneries, ça arrive à tout le monde), mais ce que David Wong explique ici, c'est intuitivement ce contre quoi je n'ai pas cessé de mettre les gens en garde, chaque fois que j'ai pu constater une dérive dans ce sens (d'un côté comme de l'autre). Faute de bagage intellectuel, j'ignorais jusqu'à aujourd'hui que cette réalité avait été théorisée - et si brillamment, de surcroît - ni même qu'elle existait ailleurs que dans ma tête (aux côtés du rayons polarisateur d'anchois et du Ju-Jitsu vénusien). Jusqu'à aujourd'hui, ce n'était jamais pour moi qu'une intuition rationnelle, une « forte probabilité », mais peut-être bien aussi de la connerie en barre, je n'avais aucun moyen de savoir, je ne vis pas hors de ma tête (et vous ne vivez pas hors de la vôtre non plus). Par conséquent, chaque fois que je me fais traiter de connard, moi, je doute, je me pose des questions, je me dis « mais est-ce que ce que je raconte fait vraiment sens, au fait, est-ce que ce n'est pas eux qui ont raison, est-ce que ce n'est pas moi qui ait un problème ? ». J'envisage la chose pour de vrai dès qu'elle est formulée, comme n'importe quelle hypothèse (réveillez-moi quand ça vous arrivera à vous aussi) parce que ma propre méthode n'est pas à géométrie variable, elle s'applique égalitairement à toute problématique envisagée – même s'il s'agit de déterminer si oui ou non ma place est à l'asile.

 

Comprenez donc qu'en plus de trouver cet extrait passionnant, dans ce qu'il explicite comme dans ses implicites, il m'apporte une forme de soulagement passagère, une forme de validation indirecte et donc, de justification tardive... ceci, jusqu'à la prochaine fois où l'un d'entre vous me traitera de connard et où je remettrai cette hypothèse sur le tapis. On ne se refait pas et c'est pour ça qu'on s'aime.

 

Pour terminer sur une touche plus légère, à l'attention de ceux d'entre vous qui ne connaîtraient pas encore John Dies at The End (petits veinards, vous vous apprêtez à vivre un grand moment de camembert multidimensionnel !) :

 

 

 

 

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Pi.R.Carré - Pour changer d'aire

Fort du succès des Enfants du Temps, le génie Makoto Shinkai a d'ores et déjà lancé la pré-production de son prochain long-métrage, qui s'intitulera sobrement "My Heart in Five Billion Colors". Une oeuvre très personnelle, comme l'artiste les affectionne, et dont (à la grande surprise générale) le synopsis vient de fuiter au Japon, vite relayé sur les sites de fans américains.

 

Attention, spoilers :

 

 

« C'était notre dernier été d'insouciance. Nos derniers jeux d'enfants. Sous les étoiles et les guirlandes des fêtes foraines, au rythme du chant des grillons, nous étions déjà des adultes sans le savoir. Et pourtant, c'est à peine si nous apprenions à marcher... ».

Le ton est donné.

Dans My Heart in Five Billion Colors, le spectateur partagera les joies et les peines de Nobuhiko, un jeune lycéen de province que tous ses camarades surnomment Nobu (jeu de mot jouant sur l'homophonie avec l'anglais "Noob", rapport au temps qu'il aime passer sur sa console de jeu) et qui profite du « dernier été de son enfance » pour jeter un regard nostalgique sur ses jeunes années à la campagne, à quelques mois de son installation à Tokyo.

Son quotidien rêveur est rythmé par l'histoire d'amour épistolaire secrète qu'il entretient avec une certaine Shizuka, jeune fille énergique et extravertie du village voisin, de deux ans son aînée, pour qui il a eu le coup de foudre mais qu'il n'a jamais directement rencontrée.

Très pudique de nature, il ne se confie qu'au très taciturne Minato, son meilleur ami, que leurs camarades appellent « l'intellectuel » à cause de ses lunettes et de sa frange. Tout le contraire de la jeune fille qui, elle, ne cesse de parler à qui veut l'entendre de son « paper boyfriend » (sic), de sorte que sa famille, ses voisins, ses amis n'ont qu'une hâte, le rencontrer. Mais pour une raison personnelle qu'il se refuse à dévoiler, il ne cesse de reporter la rencontre sous de fumeux prétextes - ce qui n'entame en rien la joie de vivre de sa promise. Elle est davantage tracassée par l'impression d'être épiée qu'elle ressent depuis quelque temps (jusque sous la douche, ce qui donne lieu à quelques scènes cocasses !), et par l'étrange chat noir un peu enrobé qu'elle ne cesse de surprendre dans les parages mais qui ne se laisse pas apprivoiser.

 

 

Alors que Nobu et Minato font leur entrée à la fac, ce dernier suggère sobrement à son ami « qu'il devrait la laisser tomber, qu'il n'a plus de temps pour ça ». Ce que le jeune homme approuve de mauvaise grâce.

« C'est vrai, tu as raison ».

Aussi Shizuka se morfond-elle pendant des semaines en attendant une réponse qui ne vient pas. Le chat noir disparaît. Elle n'a plus l'impression d'être observée.

Deux mois plus tard, de retour dans leur village natal, sous un magnifique ciel couleur pastel, au sommet d'une colline battue par le vent, après un trajet silencieux en train, tout entier occupé par les états d'âme de notre héros (en voix-off), celui-ci confie à son ami qu'il a décidé de renouer avec elle.

Ce dernier désapprouve avec virulence : « tu vas gâcher ton avenir pour une histoire insensée ! ».

A quoi il ajoute, comme un camouflet : « elle n'existe même pas ! C'est un personnage de jeu vidéo ! ».

Car effectivement, Shizuka est le personnage principal d'Accidental Love +, un visual novel romantique en ligne dont le héros est tombé éperdument amoureux. « Elle me paraît plus réelle que toutes les filles que j'ai jamais rencontrées », lâche Nobu avec un soupir en tournant les talons.

 

 

Dans les jours qui suivent, de retour à Tokyo, les deux étudiants s'évitent. Notre héros a repris sa partie où il l'avait laissée, ce qui a des conséquences dramatiques sur ses notes et son assiduité. Peu à peu, il s'isole. Mais il n'en a que faire « parce qu'il est heureux comme ça ».

Son univers s'effondre lorsqu'il apprend que le jeu va être abandonné, à la demande expresse de son créateur. Passé le 1er de l'an, une mise à jour rendra son utilisation impossible.

Désespéré, sur un coup de tête, après avoir descendu quelques bières, il se laisse emporter par sa session de jeu et accepte de rencontrer sa bien-aimée, utilisant le pavé tactile pour lui donner son adresse physique et l'inviter à l'y rejoindre. Après quoi l'ivresse a raison de lui.

Le lendemain matin, au réveil, il se sent idiot en repensant à la veille et se dit que Minato a raison, qu'il faut qu'il reprenne pied, qu'il a complétement perdu le sens des réalités... quand on sonne à sa porte.

Il ouvre et manque de perdre l'équilibre.

C'est elle, Shizuka, rayonnante, avec un bento à la main qu'elle lui tend en rougissant.

 

 

Il se pince pour s'assurer qu'il est bien réveillé, craint d'avoir perdu la raison, essaie de joindre son ami en vain... puis renonce à comprendre et passe avec elle la plus belle journée de sa vie, qui s'achève sous une pluie d'étoiles filantes, de fleurs de cerisier et sur un doux baiser.

« On se reverra ? », demande la jeune femme, du bout des lèvres, craintive.

Il opine vigoureusement de la tête, tandis que la porte du train se referme et que le souffle de l'intéressée dessine un c½ur de buée sur la vitre du compartiment.

A son retour chez lui, Nobu trouve Minato, l'air sombre, planté sous un lampadaire dont la lumière grésille péniblement.

Surexcité, notre héros commence à lui raconter l'expérience incroyable qu'il vient de vivre mais s'arrête tout à coup en réalisant que quelque chose ne va pas. Son ami n'a jamais eu un regard si dur.

« Tu ne peux pas la revoir », lâche-t-il d'un ton glacial. « C'est contre les lois de ce monde ».

Notre héros proteste. Ne comprend pas.

« Je te l'ai dit, elle n'existe pas. Demain, tout sera fini. J'y ai veillé ».

 

 

Il lui révèle alors qu'il est le créateur d'Accidental Love +, et qu'il a donné à l'héroïne l'apparence de sa défunte petite amie. Il souhaitait rendre hommage à sa joie de vivre en l'immortalisant dans un de ces jeux romantiques qu'elle aimait tant. Pour lui, c'était une façon de la ressusciter.

Nobu n'en revient pas. Une fois qu'il a accusé le coup de la révélation, il se dresse face à son camarade, qu'il a soudain l'impression de ne plus connaître.

« Je suis désolé pour toi mais j'aime Shizuka et tu n'y pourras rien. Je ne ferai pas la mise à jour ».

L'autre hausse les épaules, comme si ça n'avait pas d'importance.

Effectivement, le lendemain, notre héros a beau insister, il ne parvient pas à relancer le jeu, comme si celui-ci n'avait jamais existé.

Aussi se précipite-t-il à la fac, fou de rage, et frappe-t-il violemment Minato au visage, sous les yeux d'un amphithéâtre entier, ce qui lui vaut une exclusion ferme et définitive.

Puis il rentre se morfondre dans son appartement, prostré, face à la boîte de bento vide, la seule trace concrète qu'il lui reste de cette journée providentielle destinée à le hanter toute sa vie.

Plusieurs jours passent ainsi, dans la pénombre, avant qu'il ne remarque qu'inscrit en tout petit dans un coin de la boîte, figure l'adresse fictive de la jeune fille.

Au désespoir, il décide de s'y rendre pour faire son deuil. Hésite un peu. Sonne à la porte. Il fait gris, ce jour-là. La pluie tombe dru mais il n'en a que faire. L'eau se mêle à ses larmes tandis qu'il se mord la lèvre inférieure. Après une longue minute d'attente, la porte s'ouvre. Shizuka apparaît alors, tout sourire, et se jette dans ses bras en voyant qu'il lui a ramené son bento, le plaignant gaiment d'être « tout trempé à cause d'elle »..

Nobu n'en revient pas.

Hélas, la joie des retrouvailles n'est que de courte durée.

Apparaît Minato, revolver à la main.

« Tu ne sais pas ce que tu t'apprêtes à déclencher. Si tu n'arrêtes pas sur le champ, je serais contraint de vous abattre. Tous les deux ».

Mais notre héros ne veut rien savoir : il empoigne la main de sa bien-aimée et fuit avec elle dans la nuit. Peu à peu, l'eau s'est changée en flocons de neige. Hélas, au terme d'une course effrénée au son d'une chanson de Radwimps, une balle l'atteint à l'épaule et le contraint à s'arrêter, pendant que la jeune fille se penche sur lui en larmes.

« Pourquoi vous faites ça ?, crie-t-elle à Minato. Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas être heureux tous les deux ? ».

Impassible, il lève son revolver vers elle mais sa tristesse le touche en plein c½ur. L'espace d'une seconde, il revoit le visage de celle qu'il aimait tant, et bien qu'il s'y essaie de toutes ses forces, il n'a pas le c½ur de presser la gâchette.

Derrière lui, le ciel commence à se fissurer.

« Tant pis, vous avez gagné. Je renonce. Advienne que pourra ».

Nobu se redresse alors, une lueur de défi dans le regard.

« C'est un jeu, n'est-ce pas ? », lâche-t-il. « Toi, moi, tout ça... Tout ce temps, nous étions nous-mêmes dans un jeu ».

L'autre hoche la tête.

« Je l'ai découvert à sa mort. Alors je me suis dit que je pouvais retourner la chose à mon avantage. La faire revivre en créant un jeu dans le jeu. Elle y serait aussi réels que nous, mais sur un autre plan. Et maintenant, par votre faute, c'est fini, la frontière entre les deux jeux est brisée ».

« Qu'est-ce qui va se passer, maintenant ? »

« Je l'ignore. Peut-être que c'est la fin du monde. Le game over. Ou peut-être que ces deux mondes vont fusionner pour n'en faire qu'un seul. Deux jeux en un. Ou peut-être qu'il va devenir réel ».

Il lâche son revolver dans la neige et s'éloigne dans la nuit, où il se fracture avec ce qui subsiste du ciel.

« Peut-être que c'est votre amour qui fera la différence ».

 

 

Générique de fin : un enchaînement de décors urbains sur une nouvelle chanson de Radwimps.

Scène post-générique : dans une chambre d’hôpital de province, baignée d'un soleil éclatant, un homme et une femme dont nous ne voyons pas les visages tiennent un nouveau-né dans leurs bras,

« C'est un joli garçon, il a le regard franc »

« Et si on l'appelait Minato ? »

 

 

 *

 

Le film s'achève sur cette note optimiste, mais Makoto Shinkai se réserve le droit de modifier certains éléments de son histoire dont ce n'est pour l'instant qu'un premier jet, insistant bien sur le fait qu'il ne s'agit que d'un « work in progress » et que comme pour ses trois protagonistes, « rien n'est gravé dans le marbre ».

Une chose est sûre : on a hâte de voir Nobu, Shizuka et Minato s'animer sous sa direction.

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Rien à carrer - Débile and realist (Jeu vidéo)

ATTENTION !

POUR UNE IMMERSION OPTIMALE,

DESACTIVER ADBLOCK !

 

1/ Présente toi à l'assemblée constitutive des membres de la commu' :

 

Salut toi. Je te sens mignon et je sais que tu es tout à fait mon type, j’aime les gens qui ont les pectoraux montés à l’envers. Je cherche quelqu’un comme toi qui aurait deux bras, deux jambes et une tête entre les deux (mais si possible située un peu plus haut, pas comme Ron Perlman) afin de discuter, de boire un verre de Cacolac et qui sait, peut-être de fil en aiguille, de finir la soirée sur une peau de bête (style grosse gerbille ou pélican albinos) à faire des choses inavouables, comme jouer à Left 4 Dead 2 à la manette ou dire du bien d’Hajime Tabata.

 

Alors si toi aussi, tu veux rencontrer des gamers chauds comme la PS4 fat après vingt minutes d’utilisation, envoie « Mortdefaim » aux 61212.

Prix d’un SMS non surtaxé*

 

(*calculé sur la base d’une communication « Terre-Lune » en transit via Ganymède).

 

2/ Ton jeu de l'année ?

 

Salut toi. Tu veux savoir à quoi je joue quand je suis seul et que personne ne me regarde ? Petit polisson. Prépare-toi à en rougir jusqu’aux zones les moins accessibles de ta personne humaine ! Je ferme la porte à clé, je monte un peu le radiateur, j’allume quelques bougies parfumées, je me dénude et… je lance Pikmin. Hooooo… Ouiiiiii… Tu aimes ça, hein, quand je lance Pikmin ? ! Et tu sais ce que je fais, quand je lance Pikmin ? Je prends ma manette à pleine main, si ferme, si dure, et J’APPUIE SUR TOUS LES BOUTONS ! Tu la sens, la température qui monte ? C’est parce que je me suis assis sur la télécommande du thermostat ! Et tu veux savoir le plus inavouable ? Parfois, quand je joue à Pikmin et que j’appuie sur tous les boutons, je pense à toi. Quand les Pikmins se font bouffer. Si tu savais comme ça m’excite, toute cette souffrance animale… Comment ? Tu milites pour le droit des animaux ? Ça tombe bien ! Je milite pour le droit de me comporter comme un animal au pieu ! Dans mes rêves les plus agités, je vois cette ville : Silent Hill. Et tu es dedans. En slip léopard. A moins que ce ne soit un vrai léopard et qu’il ne soit en train de te manger les pieds, c’est possible aussi, avec les rêves, on ne sait jamais trop, surtout quand ils se passent à Silent Hill.

 

Alors si toi aussi, tu veux découvrir tout ce qu’on peut faire avec un kinect ou les câbles du casque Playstation VR, envoie «FBI » au 61313 accompagné de ton code de cartes de crédit (*) et des clés de ton appartement !

 

(*Oui, c’est payant, et alors ? Jouer à plusieurs, c’est toujours payant. Demande à tes amis qui ont l’abonnement PSN...). 

 

3/ Ta surprise de l'année ?

 

Salut, toi. Cela va sans doute te surprendre mais sais-tu qu’il existe une façon très simple et sans douleur d’élargir ton pénis ? Nul besoin d’une opération douloureuse dans l’arrière-cour de ton LIDL ou de contraignants exercices de musculation pelvienne devant les conférences de presse de Jade Raymond ! Quelques pilules de Viagraforce™ suffisent ! Viagraforce™ , c’est une formule unique, une recette ancestrale issue de la culture Jivaro et adaptée aux besoins de l’homme moderne. Afin de mieux cerner ceux-ci, ce sont plusieurs milliers d’heures de porno que nos guérisseurs assermentés ont dû visionner, du matin au soir, avec un dévouement exemplaire et un engagement personnel que nous tenons à saluer. Car combien d’entre eux, nos héros, nos frères, ont fini le poignet plâtré pour VOTRE Bien-Être ?

 

Alors si toi aussi, tu rêves d’être aimé pour ton énorme personnalité - pas seulement par tes héroïnes de visual novel préférées mais également par des vraies femmes du monde réel, n’attends plus ! Renvoie le bon de commande attaché en pièce jointe et garanti 100 % sans virus connu à ce jour, wallah, j’te jure tu peux cliquer sans crainte frère, comme je te l’dis, vas-y sans craintes et si tout plante, c'est normal, c'est le processus, n'appelle pas la police ni rien d'accord ? ! Grâce à notre formule exclusive, ton sexe pourras gagner jusqu’au double de sa taille actuelle et attendre JUSQU'A DIX CENTIMETRES !

 

Quel plus beau cadeau à faire à la personne aimée en cette période de fêtes ?

 

4/ Ta déception de l'année ?

 

En l’an de Grâce 2017, près d’un français sur trois a dû être amputé de son membre viril après avoir pris les pilules Viagraforce ™ , supposées leur permettre de doubler, voire de tripler son volume. En effet, des études scientifiques récentes ont démontré que la formule Jivaro utilisée dans ces décoctions n’augmentait en aucune façon la circonférence ou la longueur du membre susmentionné, mais qu’elles réduisaient tous les autres (en même temps que le compte en banque des malheureux cobayes). Plusieurs explosions de pénis ont également été à déplorer, suite à d’infimes erreurs de dosages ou à la sortie d’un nouvel Hyper Dimension Neptunia.

Alors si vous aussi, vous faites partie de ces malheureuses victimes innocentes dont on a piétiné les rêves érotiques, consultez-nous.

Depuis plus de vingt ans, le Cabinet Wolfram & Hart s’est spécialisé dans la défense de VOS intérêts, qui sont aussi les nôtres mais surtout ceux de notre grand patron, dont nous appliquons scrupuleusement la devise : « louez nos services maintenant, et ne vous inquiétez pas pour le financement : vous payerez plus tard. Oh oui. Beaucoup plus tard. Hahahahahaha. »*.

 

(*Les âmes immortelles engagées par contrat ne seront pas retournées).

 

Ou si vous préférez une justice plus conventionnelle, vous pouvez toujours préférer  :

 Après, en termes de résultats, on va pas se mentir, c'est pas la même limonade.

 

5/ Le scandal de l'année ?

 



Avec les senteurs boisées de Scandal, mettez toutes les chances de votre côté lors de vos rendez-vous amoureux*.

 

*Rendez-vous amoureux vendus séparément**.

**Pilules de Viagraforce™ vendues séparément aussi.

 


 

6/ Le scandal GB de l'année ?



 

Avec les senteurs boisées de Scandal GB, mettez toutes les chances de votre côté lors de votre prochain rencard en réalité virtuelle avec une IA programmée par des japonais adeptes de polochons lavables.

 

Pilules de Viagraforce ™ et Soupline Blanc Triple Action contre les tâches incrustées les plus tenaces ™ vendus séparément.

 

 

 

7/ L'arnaque de l'année ?

 

ATTENTION, INFORMATION IMPORTANTE : Rappel de produit concernant les parfums Scandal & Scandal GB.

 

Selon plusieurs études scientifiques indépendantes menées par le cabinet Wolfram & Hart, les « senteurs boisées » vantées dans le communiqué de presse correspondraient plus concrètement à « fennec », « pet de chevreuil », « fientes de ragondin » et « mousse toxique ».

 

Pour la sécurité psychologique de chacun, il est fortement déconseillé de porter Scandal et Scandal GB lors d’un rendez-vous amoureux, réel ou virtuel (risque de nausées, vomissements et tartes dans la gueule. Dans certains cas extrêmes, il est possible qu’Hyperdimension Neptunia se désinstalle de lui-même de votre disque dur et que Resident Evil 7 se télécharge à la place).

 

Pour la sécurité physique de chacun, il est déconseillé aux promeneurs de porter Scandal et Scandal GB lors de leurs randonnées en forêt pendant la période de la chasse et/ou du brame du cerf. Les imprudents qui passeraient outre ce dernier avertissement seraient avisés de se munir de pilules Viagraforce ™ (vendues séparément) s’ils souhaitent survivre à l’expérience.

 



 

8/ Le braquage de l'année ?

 

Viagraforce ™

Ha pardon, j’avais lu « le braquemart de l’année ».

 

Aux temps pour moi.

 


 

 

9/ La direction artistique de l'année ?

 

La Direction de la société CDiscount, qui a commandité et autorisé la diffusion de cette campagne vidéo :

 


 

Je suis tellement fan.

 

10/ La bande-son de l'année ?

 

Le petit son rigolo que fait AVAST quand il bloque une menace juste parce qu’on s’est connecté à son blog Gamepub™ sans avoir activé adblock.

 


 



11/ La turbo-baffe de l'année ?

 

 


 

Parce que quand tout flanche autour de vous (en dépit d’une utilisation prolongée de Viagraforce ™), le Pop Corn Baff’ reste toujours aussi gonflé, LUI* !

 

(*en vente en sachet dans toutes les épiceries ou à l’unité pour le double du prix dans vos cinémas Pathé préférés).

 

 

12/ Le développeur de l'année ?

 


Parce qu’il n’y a pas photo... mais que quand il y a photo, il y a Kodak*.

 

(*soucieux de donner entière satisfaction à son aimable clientèle, Kodak conseille aux utilisateurs de Viagraforce™ de veiller à bien activer l’option « panoramique » de leur appareil photo. Et l’option « yeux rouges », aussi, tant qu'ils y sont)

 

 

13/ Le constructeur de l'année ?



Chez Batipole, les poutres, ça nous connaît*.

 

*Batipole, partenaire officiel ViagraForce™.

 



14/ L'éditeur (hors constructeur) de l'année ?

 

Mozilla Firefox, pour le logiciel Adblock.

 

 

 

 

15/ Le bide de l'année qui t'a fait plaisir

 

L’expérience Viagraforce™ de mon voisin Roger. Son Penis a explosé en plein barbec’, les gens ont cru que ça faisait partie de l’animation, ça a fini entre deux tranches de pains et beaucoup de mayo, dans l’hilarité générale et sous un tonnerre d’applaudissement.

Il y a même plusieurs vidéos qui circulent sur Youtube.

Montées sur la musique de Benny Hill.

 

J’en pleure.

 

C’est donc ça, le Bonheur ?

 

 

16/ Le bide de l'année qui a fait du chagrin en toi ?

 

Mon expérience Viagraforce ™.

Moi, j’avais organisé un buffet végan. Je vous laisse imaginer la boucherie (no pun intended, lol).

 

Du coup, j’ai Wolfram & Hart sur le dos, maintenant.

 

17/ L'expérience viscérale de l'année ?

 

Sans hésiter : avoir Wolfram & Hart sur le dos.

Je commence à les sentir grave dans les lombaires, là, et ça descend doucement vers le fondement.

 

Pourvu qu’ils ne se soient pas mis au Viagraforce™ !

 

18/ Le troll de l'année ?

 



 

Authentique screenshot de pub invasive réalisé sur mon blog après désactivation d’adblock.

 

Et alors là, pour le coup, moi je dis : respect.

De toute évidence, voilà des annonceurs qui n’ont pas besoin de Viagraforce ™.

 

19/ Ton Top 5 de l'année ?

 

Ivre, il dévoile le top 5 de ses jeux de l’année.

Le 4ème va vous étonner.

 

20/ Les 5 jeux les plus joués cette année ?

 

A jeun, il découvre le top 5 de ses jeux de l’année.

Le 4ème va l’étonner.

 

Il va même tellement l’étonner qu’il va essayer d’effacer définitivement son historique de recherche. En vain.

 

Quelqu’un connaîtrait un moyen sûr d’effacer toute trace d’un jeu sur son disque dur ?

C’est pas pour lui. C’est pour un ami.

 



 

21/ Le jeu sur lequel t'as passé trop de temps de cette année ?

 

PUBG. Mais sans le G.

Une exclusivité GamePub en free to play.

 

Pour le .G, achetez Viagraforce ™

 

22/ La chose inavouable que tu as pourtant faite cette année et qui concerne le JV ?

 

J’ai activé adblock UNE FOIS pour aller sur Gamepub. Ça clignotait de partout, en flashs stroboscopiques, avec des couleurs que je ne connaissais même pas et qui semblaient comme tombées du ciel, j’ai commencé à me sentir mal alors dans un moment de panique, j’ai lancé le logiciel sus-mentionné.

 

ET LE SITE TOUT ENTIER A DISPARU.

 

 

23/ Tes attentes pour 2019 ?

 

Une mise à jour d’Adblock.

 

Clairement.

 

ET VITE.

 

 

24/ Pose-toi une question et réponds-y.

 

- As-tu déjà acheté quelque chose , n’importe quoi, un rasoir, des claquettes, de la saucisse, que sais-je, parce qu’une pub internet t’as poppé sous le nez à la sauvage ?

- CARREMENT PAS, NON.

 - C'est bien ce que je pensais.

 

25/ Le mot de la fin ?

 

A BAS LE CAPITALISME !!!

 

Hum, pardon, je m’emporte.

 

Comme il me reste des pilules Viagraforce ™, je me les fais en inhalation, ceci explique cela.

 

Ça me donne une de ces patates, je vous raconte même pas. Je sais pas pourquoi, j’ai envie de baiser tout ce qui bouge… du coup, je me verrais bien reprendre mes études de droit.

Qui sait ?

 

A terme, je pourrais peut-être intégrer Wolfram & Hart ?

 



VOUS POUVEZ DESACTIVER ADBLOCK 

ET REPRENDRE UNE LECTURE NORMALE !

 

(ou du moins : aussi normale que faire se peut dans le contexte de ce blog)

(et un immense merci à Olive Roi du Bocal - tm- pour ses trois gif-pubs plus vrais que nature ! Mec, quand Viagraforce -tm - cherchera un Community Manager,

tu seras top numéro 1 sur leur liste de recrutement)

 

 



 

1/ Présente toi à l'assemblée constitutive des membres de la commu' :

 

Toi-même, tu sais.

 

Et si tu ne sais pas, demande à Twitter.

C’est mon biographe officiel.

 

 

2/ Ton jeu de l'année ?

 

Ys VIII, loin devant et contre toutes attentes.

Je ne sais pas ce que m'a fait ce jeu, s'il est parti chercher mon âme dans le froid dans les flammes, ou s'il m'a jeté des sorts pour que je l'aime encore, ou si une fois encore c'est un coup du syndrome de Stockholm, mais ça a fonctionné.

 

 

Ceux qui ont lu mon dossier (historique) sur cette saga (qui ne l'est pas moins) n’auront pas manqué de relever comme un soupçon de désappointement face à la modernisation pas toujours très heureuse des épisodes récents.

Ceux qui n'ont pas lu mon dossier ont intérêt à corriger ça tout de suite, à réclamer qu'il passe ENFIN en Home à la place d'un énième « Viendez me voir jouer à un jeu ki fé peur », à laisser un pouce bleu, un commentaire et à donner à mon Patreon (comment ça, je passe trop de temps sur Youtube?).

 Pour la grande aventure, c'est ici que ça se passe.

 

Bref. Déception oblige, c'est sans conviction que je l'ai lancé comme un jeu estival, et je ne l''ai plus lâché de tout l'été. Limite je n'avais même plus besoin d'aller voir la mer tellement j'étais bien sur son île déserte. Entre sa bande son exceptionnelle, ses mécaniques simplifiées avec intelligence (débarrassé du superflu qui encombre l'épisode précédent), sa richesse de contenu et sa générosité peu commune, je me suis régalé pendant 65 heures, alors qu'habituellement, je suis plutôt du genre à m'escagaçer passé les dix premières. Là, pour le coup, même passé trente heures, j'avais toujours l'impression de l'avoir commencé la veille. Et ça, si ce n'est pas le signe d'un grand jeu, qu'est-ce que c'est ?

 

3/ Ta surprise de l'année ?

 

- Kyoei Toshi (City Shrouded in Shadows, pour les intimes), sur PS4. Parce qu'un jeu dans lequel on croise Ultraman, Godzilla, Mothra, Mechagodzilla, l'Eva 01 et les Ingram de Patlabor ne peut pas être un mauvais jeu.

 

 

Enfin si, c'en est un.

Mais ça ne peut pas en être un, quand même.

Mais je me comprends.

J'ai découvert son existence contre-nature complètement par hasard, au détour d’une boutique en ligne, et la seconde d'après, clic, je l'avais commandé (mais d’occase, hein, faut pas d*conner non plus. De toute façon, il y a des jeux neufs en France qui sont en moins bon état que les jeux d’occasion au Japon, alors…).

 

 

Alors oui, c'est un jeu qui n'a de « PS4 » que le logo sur la boîte, plutôt un titre de la PS2 vaguement upgradé à l'arrache pour le faire tourner sur PS3: les mécaniques sont datées, les graphismes sont datés, la physique du jeu est datée, même sa date est datée, c'est dire. Mais on s'amuse quand même, et on s'extasie comme un gosse à chaque apparition de nos monstres ou de nos colosses préférés. Donc pas de regret, ou si peu. Dommage que les niveaux soient si courts, et le jeu bouclé en moins de dix heures (même sans comprendre un mot de japonais) (je veux dire : un autre mot qu'« onii-chan yamete ! », évidemment).

 


Onii-chan, yamete !

 

- La PS mini. Franchement, je ne m’y attendais pas. Elle est arrivée comme ça, par surprise, comme un ouragan, et elle a tout emporté. Qui aurait pu croire que Sony s'engouffrerait dans la brèche ouverte par Nintendo, rolalala, ce plot twist, on dirait de Knight Shyamalan. Et surtout, surtout, la vraie question : à qui le tour, maintenant ? .

 

- La sortie en catimini d'un nouveau Swery (môssieur Deadly Premonition, quand même !). Moi qui pensais qu'il était occupé à 100% par The Good Life, j'ai pris son The Missing en pleine figure. Et comme on dit dans la Bible : « ça, pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle ».

 

4/ Ta déception de l'année ?

 

- The Lost Child. En grand fan d’El Shaddai et de Takeyasu Sawaki, j’attendais ce spin-off avec tellement d’impatience que j'ai précommandé l'édition collector sitôt celle-ci annoncée. Or si le jeu reste un dungeon-crawler très sympathique et moins classique qu'on pourrait le penser de prime abord, il n’a hélas rien du côté hipster de son illustre aîné, pas de flonflons psychédéliques, pas d'ellipses tirées par les cheveux, rien d'expérimental – et les quelques références au jeu d'origine sonnent plus comme du fan service qu'autre chose (même si le top du fan-servisme, ici, c'est Enoch torse nu. <3 ).

 

 Viagraforce (tm) aime ça.

Ha et puis il piétine allègrement Lovecraft sans raison, et ça c'est assez embarrassant.

 



 

5/ Le scandalE de l'année ?

 

Alors pour être sûr de ne rien oublier, j'ai fait une liste non-exhaustive de mes énervements de cette année, que je vais vous poster page par page chaque jour pendant cent soixante dix ans et deux mois. Je vous invite à compter combien de fois les lettres S, J et W reviendront par ligne de texte, il y a un beau cadeau à gagner à la clé.

 

Plus sérieusement, parce que j'ai conclu sur ce sujet et je n'y reviendrai pas (espéré-je très fort), des scandales, il y en a encore eu tellement cette année (à peu près un toutes les vingt minutes, j’ai chronométré) que je n’en ai plus un seul en tête. Comme la plupart des gens, d'ailleurs. Et c’est bien triste parce qu’il y avait sans doute des trucs graves (pour de vrai) dans le tas, qui auraient mérité qu'on s'y attarde et qu'on y réfléchisse collectivement. Sauf que noyés dans une masse de trucs anecdotiques, voire franchement ridicules, ils finissent par passer inaperçus et par être chassés de l'esprit des gens aussi vite qu'ils y ont fait irruption. Constat dramatique, mais dans l'air du temps.

 

6/ Le scandalE GB de l'année ?

 

Au cas où la première partie de ces Krevawards n’aurait pas été assez explicite : les pubs invasives dans le corps des postes blog.

Par dizaines.

Telles des Marcheurs Blancs reconvertis dans la vente par correspondance.

Des Titans virtuels rétrécis au lavage.

Des zombies de Pierre Bellemare qui auraient volé la batte de Negan pour nous la coller dans le crâne.

 

Personnellement, je n'ai jamais activé Adblock pour venir sur le site, parce que je ne suis jamais passé Premium non plus et qu'il faut bien que celui-ci puisse vivre de quelque chose. Faut pas être hypocrite non plus et faut quand même jouer le jeu a minima, surtout quand on est gamer dans l'âme. Mais enfin, voir les quelques derniers posts blogs un peu consistants pollués (au sens propre) par ces spots en rafale, ça fait mal au c½ur. Comme si la partie Communautaire du site n'avait pas été assez malmenée comme ça.

 

Au risque de me répéter, il est vraiment regrettable que les pontes de Gameblog n'ait jamais vraiment envisagé cette section comme un atout, une force qui pouvait les distinguer positivement de la concurrence, alors qu'à une époque, elle ne manquait ni de qualités de fond, ni de qualité de forme - ce qu'on retrouve un peu dans l'ADN des Krevawards, d'ailleurs, ça fait plaisir.

 

7/ L'arnaque de l'année ?

 

- Castlevania Requiem sur le PSN. Parce que non seulement Konami n’a pas eu de scrupules à poignarder ses licences-phares dans le dos comme un maniaque de slasher Prisunic (et quelles licences phares, pourtant !), mais il n’en a pas davantage à capitaliser paresseusement sur leur souvenir pour racler les fonds de tiroirs.

 

 C'est sûr que vu comme ça, ça fait envie.

 

Aussi : parce que le contenu de cette « compile » est tout sauf conséquent. Deux jeux déjà largement amortis pour 20 balles, faut pas déconner. Surtout quand à côté de ça, on a l'exemple de Capcom avec son Megaman (Capcom, l'éternel rival, qui n'a pourtant lui-même rien d'un Bon Samaritain mais qui a quand même le bon sens de coller cinq ou six titres par galette).

 

Et ça m’énerve d’autant plus que j’ai déjà ces jeux sur d’autres consoles, et que je vais quand même finir par les racheter ici un de ces quatre, s'ils tombent en promo un jour – après quoi je devrais me flageller avec des orties fraîches.

 

Or va trouver des orties fraîches en plein hiver, toi ! T'es marrant !

 

- Le deuxième pack « musique » de Dragon Ball FighterZ. Parce qu’à la sortie du premier, on s'était dit, tous, chacun dans notre coin : « tiens, c’est bizarre , il manque plein de thèmes emblématiques, où est-ce qu'ils ont bien pu passer? Et pourquoi on doit se taper Zenkai alors que ça fait trente ans qu'elle nous saigne les ouïes ? »… et ben voilà, Mulder. Plus besoin de chercher ni de se cacher dans des bases militaires la nuit pour suivre des abeilles fluos. Ils sont là, nos abductés du dimanche, dans ce deuxième pack inattendu. Sauf que la sonde anale, elle est pour nous ! Parce qu'on les retrouve sans surprise au milieu d’un paquet de chansons dont on n’a absolument rien à cirer (est-ce que quelqu'un regarde vraiment Dragon Ball Super?). A quinze euros. ENCORE. Ce ne serait pas rigolo, sans ça.

 

 

Et ça m’énerve d’autant plus que je finirais bien par cracher au bassinet, ENCORE. Ben oui. Obligé, quoi. Il y a ce thème-là :

Et ce thème-là :

 

 

Tu peux pas test.

 

Et vous savez ce qui est le plus triste, dans cette histoire ? DBZ, j'ai jamais trop aimé, moi. J'ai même jamais trop bien compris le concept d'attendre pendant dix mille épisodes un combat pour ensuite attendre pendant dix mille épisodes que le combat se termine, agrémenté de discussions léthargiques et d'échanges de coups de poings à la vitesse de la lumière dans le lointain qu'on voit juste des déflagrations en deux images-seconde.

 

 

Alors que les Chevaliers du Zodiaque... <3

 

8/ Le braquage de l'année ?

 

- Les pubs invasives dans le corps des posts blogs. Transformant chacun de nos posts en un samedi soir cinéma sur TF1.

 

- Spider-Man en exclu PS4. Et tous les braquages que j’ai empêché dans Spider-Man sur PS4. Comme une mise en abyme, en somme. Parce qu'un jeu pareil, ne le sortir que sur une seule console, c'est presque abusé tellement c'est burné.

 

 

 

- Les gilets jaunes, dont j’espère qu’ils seront intégrés en DLC dans Spider-Man PS4, parce que je n’ai pas envie d'investir dans Infamous 2.

 

 

"Parce que c'est notre rejeeeeeeetttt !!!!"

 

9/ La direction artistique de l'année ?

 

Gris, sans hésiter, même si je n'y ai pas encore joué. C'est que pour pouvoir y jouer, il faudrait que je puisse désincruster PYT (ma compagne, pour ceux qui ont loupé les saisons précédentes et qui ont skippé le résumé au début de l'épisode) de devant la Switch – ce qui sera virtuellement impossible tant qu'elle n'aura pas fini Breath of the Wild et Smash Bros. (et vu qu'elle efface régulièrement ses sauvegardes pour pouvoir les recommencer du début, ce n'est pas pour demain) Ou alors il me faudra quelques grenades flashball de seconde main.

 

 

J'avoue que cette année, j'ai attendu longtemps le coup de c½ur artistique. J'ai certes été très agréablement surpris par le remake très réussi de Shadow of the Colossus (dont je suis un fan de la première heure); et plus encore par Rime, dont j'avais jadis beaucoup critiqué le côté «gloubiboulga plagiaire », mais qui m'a séduit à l'usure, contre toutes attentes (il faut dire qu'y jouer gratos grâce au PS+ a aidé à me mettre dans de bonnes dispositions aussi).

 

 

 

Je pourrais citer aussi les D.A. d'Obra Dinn et de The Missing, deux jeux auxquels j'espère bien m'atteler dans un futur proche, et qui ont esthétiquement tout pour me plaire, chacun dans leur genre.

 

 

 

Detention, sur le PSN, un walking-survival-simulator-horror coréen en 2D vraiment très réussi.

 

 

Un big up également à Final Fantasy XV Pocket Edition, avec son approche à l'européenne, façon dessin animé d'art et d'essai, qui nous change des horreurs Funko-Popéennes auxquelles nous ont habitué Theathrythm et World of Final Fantasy.

 

 

Enfin, dans le genre japfag, j'ai flashé sur Crystar : à une (fugitive, mais préjudiciable) paire de fesses près, pour moi, c'était un sans faute.

 

 



Ha et puis si, Octopath Traveler, aussi, un peu, même si ce parti-pris graphique aurait été infiniment plus percutant sur 3FDS, avec un effet de profondeur...

 

 

10/ La bande-son de l'année ?

 

Je serais tenté de répondre celle d'Ys VIII, qui reste fidèle à son héritage rock en multipliant les thèmes péchus à l'efficacité imparable, sans redondance ni faute d'inspiration, malgré les trente ans d'existence de la série. Sauf que le jeu date de l'année dernière, alors ce serait tricher.

 


 


 

Du coup, je me rabats très logiquement sur la B.O. de Crystar, puisque j'en parlais justement deux lignes (et six pubs) au-dessus. Composé par Sakuzyo, une pointure du vocaloid, elle s'accorde à merveille à l'ambiance névrotique du jeu, entre mélancolie, innocence forcée et tempos rageurs.

 


 


 

Et sinon, j'ai redécouvert avec plaisir les soundtracks des Ar Tonelico (et compagnie), les Hymnos et tout le tremblement - trop méconnus, qui combinent admirablement audace, originalité et variété (au point que certains thèmes sonnent comme du Nier Automata avant l'heure, ce qui n'est pas un petit compliment).

 

 

11/ La turbo-baffe de l'année ?

 

Pas un jeu vidéo, mais une série TV : The Haunting of Hill House.

 

Une production Netflix dont je n'attendais rien, parce que des histoires de maison hantées, on en a déjà vu des tonnes et que c'est toujours la même chose. Du coup, pour s'y frotter, aujourd'hui, il vaut mieux avoir autre chose à raconter et ne pas se reposer sur des jumpscares usés jusqu'à la corde – et c'est précisément la force de cet outsider catégorie poids lourd. Non content de vite tourner le dos aux grosses ficelles du frisson cheap, elle se fixe à hauteur de personnages qu'elle aime de tout son c½ur, et auxquels elle rend un brillant hommage, à tour de rôle, avec une force et une subtilité qui font plaisir à voir (ménageant quelques numéros d'acteurs à couper le souffle). A des lieues d'un banal récit fantastique pour amateurs d'hémoglobine, le récit prend le contrepied et s'il sait ancrer dans l'esprit quelques visions macabres propres à vous poursuivre un peu dans la nuit, le c½ur de l'intrigue bat ailleurs et se dévoile explicitement dans l'épisode de conclusion.

 

 

Un vrai petit bijou télévisuel comme on en fait trop peu.

 

 

12/ Le développeur de l'année ?

 

Square Enix

 

13/ Le constructeur de l'année ?

 

Square Enix

 

14/ L'éditeur (hors constructeur) de l'année ?

 

Square Enix

 

Et hop. Quinze euros de sponsoring dans la poche.

Indépendance 5/5  (versus XIII).

 

 

15/ Le bide de l'année qui t'a fait plaisir

 

Doctor Who saison 11. Bon, je ne suis pas du genre à me réjouir d’un bide, quel qu'il soit, parce que des gens ont forcément bossé dessus, qu'ils y ont cru, qu'ils se sont sans doute même donné à fond et qu'ils se sont plantés, ce sont des choses qui arrivent, il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas.

 

Sauf que dans ce cas précis, c’est tellement nul, anti-professionnel et prétentieux que c’est bien fait pour leur mouille. Du jeu d'acteur minimaliste aux scénarios nanardeux, rien n'est à sauver (si ce n'est l'épisode 9), alors que Doctor Who, c'est quand même un concept génial en soi (même si simplissime), le rêve de tout auteur qui se respecte : un cadre d'une liberté absolue où l'on peut donner corps à tous les délires possibles et imaginables. Et qu'est-ce qu'on nous sert tièdement ? Des racistes du 57ème siècle et des araignées qui ont muté à cause de la pollution. Ça pique un peu (et pas seulement parce que c'est des araignées).

 

Par contre, je suis quand même surpris de constater que mon verdict final est plus modéré que celui de mes contacts les plus optimistes - qui me disaient l'année dernière « mais non, tu ne peux pas dire ça, laisse-lui sa chance, enfin ». Aujourd'hui, c'est moi qui suis obligé de les ceinturer pour les empêcher d'aller cramer la BBC.

 

16/ Le bide de l'année qui a fait du chagrin en toi ?

 

- Call of Cthulhu. Parce que le titre à ses défauts (une technique d'un autre âge, principalement), mais qu'il a tout ce qu'il faut où il faut, dès lors qu'on l'envisage pour ce qu'il est et pas pour ce qu'on voudrait qu'il soit. N'en déplaise aux puristes forcenés, l'univers de Lovecraft (déformé par le prisme du jeu de Rôle sur table) s'y trouve très bien retranscrit, de même que l'ambiance toute en finesse plutôt qu'en effets qui tâchent à la Bloober Team, son refus du sang-sationnel au profit d'un scénario qui s'installe lentement mais sûrement, au même titre que l’atmosphère, des combats réduits à peau de chagrin et surtout, surtout, pas de Cthulhu en boss final. C'était le gros écueil à éviter, doublé d'une sacrée tentation, mais l'équipe de développement n'est pas tombée dans le piège et rien que pour ça, elle force le respect.

 

 

A la décharge des joueurs, le titre a sans doute été mal vendu, mal présenté et mal perçu. Beaucoup s'attendaient à un RPG, et pas à un walking simulator un peu plus interactif que la moyenne. De là à se braquer et bouder l'aventure...

 

- The Quiet Man. Parce que ça avait l'air tellement mauvais que ça aurait mérité d'être bon, juste pour le troll.

 

17/ L'expérience viscérale de l'année ?

 

- Resonance of Fate HD. Un des jeux de l'ère PS3 que je regrettais le plus d'avoir loupé, malgré sa sulfureuse réputation (à demi méritée seulement). Bon, ça ne vaut quand même pas Bloodborne, en terme de viscéralité, car c’est plus cérébral et moins impitoyable. Mais par moments, on ne va pas se mentir, c’est un peu tendu du slibard, surtout quand comme moi, on skippe les tutos passées les deux premières lignes. A force de me faire péter la figure, j’ai bien été forcé d’y revenir deux ou trois fois en cours de route – et j'en garde paradoxalement un excellent souvenir.

 

 

Une expérience de jeu aussi originale qu'intense, qui sort le joueur des sentiers battus pour battre le joueur à coup de sentiers. Ou plus exactement : à coups de lances-roquettes !

Et ce character-design sublime, bon sang ! Ce character-design sublime... <3

 

 

 

- Relancer et finir Forbidden Siren 1 dans la douleur, en utilisant les soluces et en serrant les dents, plus de quinze ans après l'avoir commencé. Mais ça en valait la peine.

 

- Assister à l'avant-première du film d'animation Mirai ma Petite Soeur en présence du réalisateur Mamoru Hosoda (Summer Wars, les Enfants Loups, ...), dont je suis un grand fan également. Difficile de résister à l'envie de lui sauter au cou et de lui faire plein de bisous tant il a de l'or dans les doigts et au bout de la plume.


 

 

18/ Le troll de l'année ?

 

Square Enix qui sort Final Fantasy XV Pocket Edition sur console de salon.

A égalité avec : moi, qui achète Final Fantasy XV Pocket Edition sur console de salon.

Puis qui me flagelle avec des orties congelées exprès deux mois auparavant.

 

19/ Ton Top 5 de l'année ?

 

BLOODBORNE

 

Et sinon :

 

- Ys VIII

- Resonance of Fate HD

- Call of Cthulhu

- Detention

- Assemblance Oversight

 

20/ Les 5 jeux les plus joués cette année ?

 

- Ys VIII

- Resonance of Fate HD

- The Lost Child

- Final Fantasy XV Frères d’Armes.

 

- Spider-Man (personne n’est parfait).

 

21/ Le jeu sur lequel t'as passé trop de temps de cette année ?

 

Rise of the Tomb Raider et Resident Evil Revelations 2, qui ne sont pas mauvais en soi, qui font bien le taf, de façon très appliquée, mais qui ne sont pas bons non plus. Juste... insipides. Creux. Vide de substance véritable. Et écrits avec les pieds.

 

22/ La chose inavouable que tu as pourtant faite cette année et qui concerne le JV ?

 

- J’ai acheté Caladrius Blaze en solde sur le PSN sous prétexte qu'il aurait « le scénario le plus abouti de l'histoire des Manic Shooter ». ça, et la possibilité de détruire les vêtements des demoiselles du camp adverse en tirant dessus.

 



 

- J'ai téléchargé un émulateur PC98 pour jouer aux hentais en pixel art des années 80 (oui, a priori, je suis en pleine puberté, ou bien j'ai abusé de Viagraforce - tm).

 

 

Ceci étant, la morale est sauve parce que pour faire fonctionner ce machin sans savoir lire le japonais, il faut avoir au moins terminé Fez à 100%. L'émulateur lui-même est un puzzle game hardcore à part entière. Du coup, je me contente de jouer aux vieux Ys et c'est très bien comme ça.

 

- N'y tenant plus, j'ai oublié tous mes principes et pris mon courage à deux mains pour appeler un magasin du coin, quatre jours avant la sortie de Call of Cthulhu, afin de savoir « s'ils ne l'auraient pas déjà reçu et s'ils n'accepteraient pas de le vendre avec un peu d'avance ». Deux « oui » plus tard, je sautais dans ma voiture avec ma tête de Philip J. Fry des grandes occasions, en mode Shut Up and Take My Money.

 

23/ Tes attentes pour 2019 ?

 

  • Death Stranding, parce que Kojima. Et aussi parce que ça a l'air complètement cinglé, pile comme je l'aime. Et si c'est un jeu narratif ou un walking simulator, comme beaucoup le redoutent, j'en serais encore plus comblé.

 

 

  • The Sinking City, pour prolonger l'expérience Call of Cthulhu, tout en l'appréhendant de façon différente, parce qu'on prend vite goût aux bonnes choses, même quand elles sont vertes et qu'elles ont des tentacules.

     

 

  • Jump Force, parce qu'après le calamiteux Jump All Stars (sur lequel j'ai passé des heures malgré tout), je m'attendais au pire, mais que la béta fermée s'est avérée étonnamment convaincante – réutilisant les mécaniques de ses prédécesseurs, croisées avec celles des Saint Seiya, mais tout en corrigeant pas mal de défauts de ceux deux licences.

 



 

  • GranBlue Fantasy Versus, parce qu'Arc System Works. Même si ça a l'air d'être un copié collé de Guilty Gear jusque dans les animations des personnages, même s'il s'annonce aussi casu que DB FighterZ et Blazblue Cross Tag Battle, j'osef, j'assume mon fanboyisme. Mon passif avec Square Enix fait que je ne suis plus à une compromission près.

 

 

Pas de Kingdom Hearts dans la liste, par contre, et j'en suis le premier déçu : étrangement, les trailers ne me font ni chaud ni froid, sans doute parce que je suis fatigué des features annexes à la Dream Drop Distance qui alourdissent le gameplay sans rien lui apporter vraiment. Mais j'espère bien que les tests me feront mentir et qu'une démo jouable viendra balayer mes réticences d'un « waow » à la Tony Tony Chopper.

 

24/ Pose-toi une question et réponds-y.

 

- Mais pourquoi est-il si méchant ?

- Parce que Twitter.

 

25/ Le mot de la fin ?

 



 

 26/ Non mais sérieusement... le VRAI mot de la fin ?

 


 

C'est beaucoup mieux, merci.

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Don't worry, be Grumpy (Politique)

 Oui ben cette fois c'est pas moi qui ait commencé, m'sieur !

 

 

 

« Les SJW peuvent-ils ruiner une licence ? », titre cette semaine la dernière vidéo à 156k-vues de MJ « Fermez-là », célèbre Youtubeur de l'ex-écurie VoxMaker (l’Ermite Moderne, Taï Reflection, ...), connu pour ses coups de gueule à répétition. L’occasion pour nous, mais surtout pour moi, de conclure une bonne fois pour toute sur ce sujet qui fâche (no pun intended) auquel j’ai accordé, je le réalise rétrospectivement, trop de temps, d’énergie, d’importance et de posts blog.

 

Il ne sera pas question ici de s'interroger sur la pertinence des arguments dudit MJ ou sur la qualité de son travail, dans la mesure où je n’ai jamais été capable de tenir plus de quarante secondes devant ses vidéos et où c’était déjà héroïque de ma part : un vidéaste qui se pose en arbitre universel, détenteur d’une vérité absolue ne souffrant aucune contradiction (« fermez-la ! ». Tout est dit), mais dont la rigueur argumentative est si lacunaire qu’on se surprend à vouloir le contredire MÊME quand on est d'accord avec la position qu'il défend, ça parle de soi-même.

Ceci étant, il me paraît (relativement) intéressant de partir de son questionnement et d'essayer d'y apporter une réponse distanciée, peu importe ce qu’on colle derrière ces initiales (Social Justice Warriors, Millenials, Woke, Alt-Left, Snowflakes, Bobos, le nom importe moins que la réalité qu’il désigne, laquelle se définit moins par les causes qu’elle défend que par la manière dont elle s’avise de le faire - et par extension, ses comportements dans l’espace virtuel...). Or puisque MJ illustre sa « démonstration » avec (ô surprise) une photo de la saison 11 de Doctor Who, et que c'est un peu mon obsession du moment (ça n'aura échappé à personne en général, et aux gens qui ne m’aiment pas en particulier - ces derniers étant paradoxalement mes derniers lecteurs), autant rebondir là-dessus et (s’en) faire un exemple.

 

A la question qu’il pose, le Youtubeur répond (sans surprise) par la négative, pour faire plaisir à son public, pour faire grimper son compte Tipeee, pour se parer des attributs de la vertu, ou peut-être même parce qu'il y croit, qui sait? !


Toujours est-il que d'une certaine manière, il n'a pas tort. Ce n'est pas l'aspect « SJW » qui ruine Doctor Who, actuellement. C'est la nullité abyssale des scénarios, des dialogues, des personnages et finalement de la plupart des acteurs compromis dans cette pantomime (acteurs qui, ma foi, sont peut-être mal dirigés, et n'ont de toute façon pas grand chose d'intéressant à jouer).

 

Voilà ce qui ruine cette saison 11.

 

Le fait que le Doctor soit une femme ? Franchement ? Ça n’a pas d’importance (dans un sens comme dans l'autre, d'ailleurs, et c'est bien là le drame de cette décision opportuniste, mais c’est un autre débat).

 

La tartine moralisatrice, ici, fait office de « cerise sur le gâteau ». A elle seule, elle n'aurait pas suffi à en gâcher le goût, si les intrigues étaient bien structurées et si ceux qui les écrivaient avaient de la place dans leur crâne pour autre chose que leur ego démesuré. Hélas, les choses étant ce qu’elles sont, la maladresse de cette volonté didactique achève la série à coups de balles dans le pied.


Même constat au sujet du dernier Ghostbusters, d’ailleurs. Est-ce que c'est le choix d'un casting 100% féminin qui a « ruiné le projet » ? Bien sûr que non. C'est la nullité du script, le mercantilisme de l’entreprise, les erreurs de casting ou de direction d’acteurs (car comment expliquer que ces actrices livrent des performances honorables - voire éblouissantes, et là je pense à Melissa Mc Carthy dans The Nines - en d’autres circonstances ?).

 

 

 Comme disait Magritte : "ceci n'est pas un cliché sexiste"

(c'est du second degré, allons. Vous alors. Vous êtes tellement à fleur de peau...)

 
Maintenant, est-ce que cela suffit pour nier qu'il y a un problème « SJW » dans l'écriture de ces fictions ? Pas davantage.

 
Prenons l’exemple de Vertigo, qui fut un label de comics subversif et d'avant-garde en son temps (publiant notamment ce chef d'oeuvre intemporel qu'est The Sandman), et qui a récemment créé une collection spéciale orientée « justice sociale », dont les pitchs semblent avoir été écrits par Twitter en personne tant ils ressemblent au résultat d’un bingo au second degré.

 

 

« Vous qui cherchez de la finesse, semblent-ils mettre ouvertement en garde les lecteurs, perdez toute espérance »… alors que The Sandman, pour ne mentionner que lui, explorait déjà nombre de thématiques sociales fortes (et avec quel impact sur le lecteur !) sans avoir besoin pour autant de le revendiquer ouvertement ou d’en faire sa ligne directrice. En soi, ces thématiques ne sont pas honteuses ou tabou, elles ont droit de cité dans les ½uvres de divertissement populaire. Mais est-il déplacé d’attendre des artistes dont c’est le métier un travail qui ne serait pas froidement mécanique, littéral, sans autre portée qu’une simple transposition de ce qu’on peut lire sur les réseaux sociaux, dans un cadre-prétexte porte par des personnages-prétextes qui n’existent que pour incarner un message explicité dès le résumé du récit ? Quelle place laisse-t-on encore à la réflexion, à l’investissement émotionnel, au processus identificatoire, à l’analyse et à la maturation, quand la conclusion est donnée avant-même qu’on se lance dans la lecture ? A croire qu'on ne veut pas que les gens réfléchissent, mais juste qu'ils réfléchissent comme nous...

 
Dans le même ordre d’idée, mais à l’opposé, remontons encore dans le temps (ça fera plaisir au « Doctor ») et revenons aux fondamentaux - c’est-à-dire aux X-Men.

 

RT si toi aussi, en voyant cette image, tu t'es mis à entendre le générique de l'animé.

 

Un titre créé dans les années 60, old school à souhait ; et pourtant, d'une certaine manière, il s’agit déjà d’une BD « woke » à fond les collants, puisque pour la première fois de l'Histoire (à ma connaissance, du moins), des récits de super-héros servaient à autre chose qu'à de la propagande patriotiste ou du divertissement à l’état pur. Au fond, ça restait de l’entertainement, bien sûr, mais on trouvait un vrai message de tolérance au-delà, une vraie défense de la différence au sens large - laquelle était parfaitement inclusive, en ce sens qu'elle englobait TOUTES les différences sans les distinguer ni les nommer. Couleur de peau, autisme, religion, orientation sexuelle, toutes les différences et les stigmatisations pouvaient égalitairement s'y retrouver. Comment ne pas y voir de la justice sociale avant l’heure ?

 

A ceci près que l’approche était plus subtile, plus nuancée, moins exaltée et surtout moins propagandiste. Il ne s’agissait pas d’enfoncer un message dans la tête du lecteur à coups de pioche narratifs ou de ne prêcher que des convertis en laissant tous les autres sur le côté. L'idée, alors, c'était : « on va divertir les gens et si on peut leur apporter un petit quelque chose en plus, si on peut les faire réfléchir ou leur apporter un soutien symbolique, c'est tout bénèf' ». Et ça fonctionnait. J'étais à l'école primaire quand l'arc Genosha a été publié dans Special Strange et ça a profondément marqué le petit garçon que j'étais alors, qui rêvait comme les autres d'avoir ses propres super-pouvoirs  : « comment ? Ces gens ont des rayons optiques ou des ailes dans le dos, et ils veulent s'en débarrasser pour être normaux ? On les enferme dans des camps pour ça et on traque ceux qui ne s'y rendent pas volontairement ? On leur fait subir des opérations douloureuses pour – soi-disant - les guérir ? On les traite comme du bétail ou des monstres ? ».

 

Pas une ligne de dialogue, à peine deux personnages en retrait, et pourtant tout est dit.

 

Nul besoin de discours lénifiants, de leçons de six pages beuglées au mégaphone pour s’assurer que le lecteur aura bien compris le message : même pour un enfant de dix ans, le propos se suffisait à lui-même, et celui que j'étais en a mûri d'autant.

 

Là encore, pas besoin de texte. L'image parle pour deux, et n'en est que plus percutante.

 

A contrario, aujourd'hui, le mot d’ordre serait plutôt (et là on en revient à Doctor Who, DC Vertigo et tant d'autres productions actuelles) : « on va faire la morale aux gens et si on peut les divertir en plus, c’est tout bénèf’ ? ».

 

Or si le résultat visé reste le même, le rapport auteur-lecteur change de façon radicale (dans tous les sens du terme). Là où les auteurs des X-Men instauraient une relation horizontale de respect, d’égalité et de confiance réciproque, traitant le public comme leur égal, leurs homologues du XXIème siècle optent pour un rapport vertical, une dynamique descendante par laquelle ils doivent « éduquer » leur lectorat (« éclairer », si l’on préfère) et par-là même, lui permettre de s’élever « au même niveau que lui ». Non content d’être profondément condescendant, ce positionnement paternaliste (un comble !) infantilise le lecteur-spectateur en lui mâchant le propos et en régurgitant ses doubles sens, lui proposant une pensée sur rail digne du pire des walking simulators (de crainte qu’il ne passe à côté, sans doute, ou qu’il n’en arrive pas aux mêmes conclusions que lui).

 

Plus dramatique encore : le procédé ne peut fonctionner en l’état, pour des raisons psychologiques toutes simples, qui n'auront pas échappé aux plus sensés d'entre nous… Rien de complexe ou d'opaque pour les néophytes, plutôt de ces bonnes vieilles portes ouvertes qu'on se plaît à enfoncer de temps en temps. Parce que je ne sais pas si vous vous rappelez les fois où vos professeurs vous ont fait la morale, ou vos parents, ou l'épicer, qu'importe, mais ce n'est pas forcément le genre de discours qui vous place dans un état de réceptivité propice aux remises en question. Déjà quand on avait six ans et qu'on y avait droit à la fin des épisodes de Mask ou de l'Inspecteur Gadget, on avait l'impression d'être pris pour des débiles et ça nous pompait l'air, ce n'est pas pour faire le dos rond vingt ans plus tard en se disant que si, quand même, c'est bien utile de savoir qu'il ne faut pas boire l'eau de javel de papa et maman.

 

 

 

Or si une telle méthode réussit à s'aliéner un c½ur de cible pourtant habitué à ce qu'on le prenne de haut, comment pourrait-il trouver une oreille plus attentive du côté des adultes, qui ne sont plus nés de la même limonade ? A l’inverse, en procédant ainsi, on braque les gens d’emblée et on entretient le problème au lieu de le régler, se garantissant par là-même d'avoir éternellement de nouveaux ennemis à combattre sur les réseaux sociaux (au point qu'on se demande si pour certaines personnes, ce n’est pas le but inconscient… car après tout, ça occupe et ça valorise, on en a tous fait l’expérience un jour, moi le premier).

 

Est-ce à dire qu’il ne saurait y avoir d’½uvre engagées, dont le message serait la raison d’être ?

Non plus.

 

Ceux qui auront des doutes seront bien inspirés de lire Tokyo Babylon (les autres aussi, d’ailleurs), célèbre shojo manga en sept volumes qui s’impose comme l’un des titres les plus marquants des années 90 (pour ne pas dire comme un incontournable, toutes époques confondues). Difficile en effet d’imaginer plus « SJW avant l’heure » que ce récit du Studio Clamp, dont le projet premier y est affirmé sans détour, un peu à la manière de DC Vertigo mais de façon plus exhaustive : traiter des problématiques propres à la vie japonaise de l’époque, sans détours, partis-pris, tabous ni concessions (qui n’ont jamais été dans les habitudes dudit Studio ; au point que la publication de son titre majeur - X/1999 - est bloquée depuis le début des années 2000, à deux tomes de la fin, pour cause de désaccord avec l’éditeur).

 

Thérapie par l'absence.

 

Chaque chapitre est alors l’occasion de développer un thème « lourd », douloureux, avec une justesse de ton, une sensibilité et une absence de manichéisme rares (sans pourtant jamais se montrer verbeux ou élitiste, loin s'en faudrait. Ce qui se conçoit bien s’y énonce clairement - et pour tous les publics). On n’y juge pas. On donne à voir, on donne à vivre, et on laisse le lecteur libre de condamner ou d’absoudre, de comprendre ou de s’indigner, à sa convenance. On peint l’horreur et on la place en perspective. On y parle pour les bourreaux et pour les victimes, qu’on confronte dans leurs prisons morales respectives. Et là encore, ça fonctionne. Le lecteur en ressort dévasté, littéralement - avec les joues en vigilance orange pour risque d’inondations (c'était mon cas ado, c’est toujours mon cas aujourd’hui, et tant pis si ça fait de moi un babtou fragile).

 

De droite à gauche, on te dit !

(Notez que nous sommes en 1992, bien avant que l'usage d'internet se démocratise).

 

Le propos est d’autant plus fort qu’il refuse la caricature, le jugement de valeur, le didactisme mal placé - tout comme il refuse de réduire la souffrance humaine à une simple affaire de bien et de mal, de bon et de mauvais - de sorte que l'oeuvre me hante encore comme au premier jour, et que j’ai la peau qui chauffe encore de la baffe qu’elle m’a collé jadis. Non seulement l’aspect « SJW », ici, ne ruine rien, mais au contraire, il élève le récit autant que le lecteur - la différence tenant à l’état d’esprit des auteurs et à leur refus de s’en tenir à une thèse dépourvue d’antithèse, ou de tomber dans le piège du procès d’intention.

 

Impossible également de ne pas évoquer le cinéma de Mamoru Oshii, et tout particulièrement le traitement honteux qui fut infligé à son Patlabor 2 lors de sa première édition européenne. Parce qu’au fond, Mamoru Oshii aussi, nous pouvons l’envisager comme un précurseur de ce mouvement-qui-n’en-est-pas-vraiment-un (en ce sens qu’il n’a pas de structure véritable) - et pas seulement à cause de son héritage gentiment anar’ ou de sa participation aux révoltes étudiantes des années 70 (auxquelles il consacre son roman « la Nuit des Prédateurs »). Les longues diatribes sentencieuses et hyper-référencées sont vite devenues sa marque de fabrique, au même titre que les landscape silencieux au rythme des synthés de Kenji Kawai (au mépris de tout ce que des Lavandier ou des Mac Kee professent en matière d’écriture scénaristique). C’est précisément ce qui contribue à rendre son travail aussi riche et fascinant (abscons, peut-être, pour une partie du public, mais moins par sa volonté de faire réfléchir que par le niveau de la réflexion qu’il essaie d’inspirer).

 

Les gilets jaunes before it was cool.

 

Parce que voilà, d’accord, il se les autorise en plein, le père Mamoru, les fameux pavés de textes assénés au marteau-pilon, mais enfin, il faut la suivre, sa pensée, aussi, on est loin des sophismes populistes ou de la simple thèse spectateur-friendly, loin de Ghostbusters 2000-truc, loin des comics DC Vertigo, loin de Doctor Who saison 11, loin de cet article écrit à l’arrache - et au risque d’en fâcher certains (pour changer), loin de ce que vous postez sur Twitter.

 

Il faut se faire une raison.

 

Je ne suis pas Mamoru Oshii, vous n’êtes pas Mamoru Oshii, Paul Feig n’est pas Mamoru Oshii, Chris Chibnall n’est pas Mamoru Oshii, vos youtubeurs préférés ne sont pas Mamoru Oshii non plus et même Mamoru Oshii, il lui arrive de ne pas être lui-même de temps en temps. Or il faut s’appeler Mamoru Oshii, a minima, pour pouvoir réussir de pareils tour de force sans tomber dans le piège de la caricature.

 

En d’autres termes : pour pouvoir s’aventurer sur ce terrain intellectuel, il faut en avoir les moyens, le bagage, l’ouverture - ne serait-ce que la capacité, déjà ; et il y a une grosse différence entre posséder ces prérequis (pour de vrai) et en avoir l’impression, juste parce qu’on ne fréquente que des individus du même niveau intellectuel que nous. Nous ne sommes pas tous égaux face à l’intelligence (et oui, absolument, je vous arrête tout de suite, ça vaut aussi pour moi. La première intelligence, justement, c’est d’avoir conscience de cet état de fait) ; si bien que la quantité n’est gage de rien, et sûrement pas de qualité. Autant de disparités qu’on pourra compenser par la méthode, la rigueur, l’étude, la dialectique - soit : des efforts, et certainement pas en claquant des doigts ou en cliquant sur retweet.

 

Quand Mamoru Oshii étudie les conséquences sociétales de l’hyper-urbanisation dans Patlabor 1, ou quand il s’interroge sur le modèle économique des sociétés occidentales dans Patlabor 2, une fois de plus, il donne à voir, à réfléchir, il ne juge pas, il illustre, il met en scène et puis baste. Il ne réduit pas non plus ses problématiques à quelques images d’Epinal pour être sûr que les spectateurs comprennent - et au-delà pour qu’ils lui donnent raison. Il n’a rien à vendre, le père Mamoru. Il fait son truc comme il veut quand il veut, en autiste, et si tu suis, tant mieux. Si tu ne suis pas, ça ne l’empêchera pas de dormir. Il ne va pas brader sa rigueur argumentative pour quelques likes de plus. Tant qu’il a son basset, il est heureux.

 

On ne peut pas en dire autant de ceux qui se sont chargés de la première adaptation européenne chez Manga Video ; qui n’ont (semble-t-il) pas beaucoup apprécié l’implicite de ses positions - lesquelles mettaient l’ensemble des sociétés industrialisées dans le même sac, France et Japon compris. En conséquence de quoi se sont-ils octroyé le droit (hallucinant) de réécrire certains passages à leur convenance (en plus d’ajouter des injures, de réécrire la Bible et d’accélérer la vitesse de défilement de l’image pour réduire le film de vingt minutes), de façon à nous absoudre et à rejeter les torts sur l’Amérique et le Japon (histoire de leur apprendre un peu à la ramener, à ces « sales niakoués »). Sans doute leurs convictions personnelles avaient-elles été heurtées par les leçons de morale d’Oshii (comme quoi, Obispo à tort : « donner », ce n’est pas comme « recevoir »), précisément parce que celles-ci ne divisent pas le monde en deux catégories : les « bons » (nous) et les « mauvais » (eux), et parce qu’elles nous mettent collectivement face à nos responsabilités, sans nous chercher (ni se chercher) d’excuses. De quoi fâcher quelques papes de la bien-pensance et pères la vertus autoproclamés, persuadés que « l’enfer, c’est les autres ».

 

"Au fait, Capitaine ! Je vous ai pas dit qui étaient nos alliés ?"

 

Alors que le film s’interrogeait initialement sur la différence morale entre « guerre juste » et « paix injuste » (une problématique passionnante autant que nécessaire), en substance, on est passé manu militari de « notre paix (sous-entendu : notre confort) est construit sur les guerres des pays de l'hémisphère sud, dont nous profitons à notre manière » à « notre paix est construite sur les morts de la Seconde Guerre Mondiale par la faute des Américains opportunistes et des Allemands nazis - qui étaient nos alliés, Capitaine ! » (genre « ha oui, tiens, pardon, tu fais bien de me le rappeler, Arakawa, j’avais complètement zappé ça »). D’un côté, nous avons une réflexion somme toute relativement poussée en contexte Patlabor (après avoir regardé la série le mercredi aprèm’ au Club Dorothée, le contraste était susceptible de piquer un peu - mais dans le bon sens), forte d’un propos qui ne fait ni dans le consensus, ni dans le jugement facile, et n’hésite pas à incriminer son auteur autant que n’importe lequel d’entre nous (ce dernier reconnaissant par-là même faire partie de ce qu’il dénonce). De l’autre, nous avons une pseudo-réflexion qui au final, n’est qu’une leçon d’Histoire niveau collège (« ha mais merci Arakawa, je suis haut gradé des forces de Police japonaises, mais j’avais complètement oublié Hiroshima dis-donc, quelle tête en l’air je fais ! »), visant à rejeter les torts sur de grands boucs émissaires (les Américains en tête, comme quoi rien ne change) de façon à dédouaner notre Europe moderne (et nous-mêmes, par ricochet), s’exclure de la réflexion initiale (dont il ne reste plus grand-chose) et ne pas avoir à faire face à nos contradictions. Tout ça parce que comme Clamp et à l'inverse des artistes se revendiquant « SJW » (ou apparentés), Mamoru Oshii n’a pas désiré livrer une réflexion unidimensionnelle et partisane, ni brosser « un certain public » dans le sens du poil en échange de quelques faveurs. En lieu et place, il a mis l’accent sur l’ambiguïté de nos valeurs morales et sur une réalité en nuances de gris plutôt qu’en noir et blanc : réalité au sein de laquelle nul n’est innocent.

 

L’aplomb et l’arrogance avec lesquels le script originel a été charcuté n’en sont que plus glaçants : refusant d’accepter cette ambiguïté, d’obscurs quidams ont jugé bon de modifier radicalement le propos d’une ½uvre qui n’était pas la leur, comme s’ils en avaient le droit moral, au prétexte qu’elle ne correspondait pas à la haute idée qu’ils avaient d’eux-mêmes et de la société dans laquelle ils vivaient. Et quoi de plus simple pour ce faire que de lui coller l’étiquette « nazi  », de la même façon qu’on sort les stickers « alt right », « sexiste », « raciste » et compagnie à la moindre contradiction sur le net (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de nazis, de gens d’extrême droite ou de sexistes sur le net, bien entendu. L’erreur - volontaire - consiste à leur assimiler toute contradiction potentielle).

 

Et même sans aller aussi loin : dans un registre similaire, on sera consternés de constater qu’Einhander, en une ligne, arrive à être plus percutant, plus intelligent et plus propice à la réflexion que maintes ½uvres actuelles, ouvertement revendiquées progressistes.

 

La main sur le vaisseau est la main qui dirige le monde.

 

Alors qu’au fond, bon, Einhander, ce n'est qu’un shoot-them-up, où on passe notre temps à tirer sur des vaisseaux spatiaux, pas un indé en pixel art. Sauf qu’après avoir vidé soixante millions de chargeurs en hurlant comme un dératé (et avoir triché sur les paramètres pour voir le bout du jeu), on en arrive au dénouement et cette phrase à la fois simple (simpliste, même), mais tellement riche d’implications : « et alors, j’ai réalisé que la seule raison de la guerre, c’était la guerre elle-même ». Pas « cette » guerre. « La » guerre. Pas besoin de plus, de grands discours, de cinématiques interminables, de séquences FMV avant chaque boss avec Usul pour t’expliquer en quoi ton ennemi est Marxiste-Léniniste, non. Cette seule conclusion suffit. Le joueur l’envisage en perspective du pitch du jeu (à bout de ressources, les colons lunaires déclarent la guerre aux terriens qui leur refusent le droit du sol), il fait le lien avec les décors désolés que son appareil vient de traverser (la terre n’est plus qu’une planète désolée, en ruine, l’air n’y est plus respirable, on est loin de l’El Dorado promis par le Haut Commandement - et de son histoire de « terriens qui vivent dans l’opulence pendant que les luniens meurent de faim »).

 

Une fois de plus, les apparences sont trompeuses...

 

Ainsi comprend-il que oui, la guerre entre la terre et la lune n’existe que pour exister : parce qu’elle permet aux deux gouvernements de diriger la ranc½ur de leurs peuples respectifs vers un adversaire diabolisé, parce qu’elle leur permet de leur faire croire à un possible avenir meilleur, ce qui leur permet de mieux vivre au quotidien et de rester productifs tout en rêvant des jours meilleurs, et aussi parce que les combats entraînent des bénéfices technologiques et financiers... si bien que finalement, l’intérêt de ceux qui donnent les ordres n’est pas de mettre fin au conflit, mais de l’entretenir le plus longtemps possible. Le tout, lâché en une ligne, au terme d’un jeu de bourrin. A l’opposé, qui se souviendra des statistiques sur les enfants à la rue, balancée à l’arrache comme une vulgaire ligne de tuto au début de Spider-Man PS4 ?

 

Dans le même ordre d'idée, on pourra bien penser ce qu'on voudra d'Hideo Kojima, on mesurera l'écart qui peut exister entre le fameux sous-texte « prophétique » de Metal Gear Solid 2

 

 

(prophétique, puisque osant l'universel, et donc l'intemporel)

 

et ce screenshot d'Iconoclast (qui ne remet pas en cause sa qualité de jeu par ailleurs) : screenshot ancré dans son époque, et donc idéologiquement périssable, dont on ne sait s'il trolle salement ou s'il soutient la cause (un comble, encore !).

 

Mais alors c'est du troll ou pas ? Parce que si oui, c'est quand même violent !

 

On objectera volontiers que les deux ne sont pas comparables (et c'est vrai, je l'admets, le parallèle est injuste, mais c'est tout ce que me permet ma piètre culture « Jeu Vidéo »), il n'empêche que les deux titres ont un message à faire passer : or en termes de propos, de portée ou de résultat, on ne joue clairement pas dans la même catégorie. L'engagement des ½uvres de fiction, aujourd'hui, se borne souvent à de simples mentions mal intégrées, plaquées artificiellement sur un propos, sans aucun développement, aucune exploitation réelle de l'état de fait évoqué, aucun approfondissement de la problématique - quand il ne se limite pas à un simple skin custom « couleur de peau » ou « femme à poigne », comme si une présence seule suffisait à induire un quelconque progrès, et comme s'il suffisait de respecter des quotas pour pouvoir dormir sur ses deux oreilles avec le sentiment du devoir accompli (ce qui est d'un cynisme - involontaire - glaçant).

 

Pour en revenir à nos X-Men, comme souligné plus haut, ils unissaient sous leur bannière toutes les différences de manière égalitaire, sans en privilégier ou en négliger aucune ; et c'est cela (et seulement ça) « être inclusif ». Soit, à nouveau : tout le contraire de ce qui se pratique actuellement - à savoir : inventer sans cesse de nouvelles catégories, de nouvelles distinctions (à tort ou à raison, c’est un autre débat), sur la base du sacro-saint « ressenti personnel » (particulièrement en vogue depuis qu'une certaine sociologie s’est piquée de jouer les gourous - les gogos étant plus enclins à lâcher des fortunes quand on leur dit exactement ce qu’ils désirent entendre). Après quoi l'on a coutume d'exiger que ces catégories soient toutes traitées, soit ensemble, soit au cas par cas, que le cadre narratif soit approprié ou non.

 

Sauf que créer une catégorie, en substance, c'est adopter une logique d'exclusion vis-à-vis de l'autre. En substance, c'est lui dire : « je ne suis pas comme toi ». Et par effet-miroir : « tu n'es pas comme moi ». Symboliquement, c'est une forme de rejet, exercée à l'initiative de celui qui crée la catégorie (ou qui s'en revendique), mais souvent imputée à celui qui n’y appartient pas (lequel ne fait que la subir, pourtant, dans ce contexte. Il n’empêche que oui, évidemment, la création de ces catégories apparaît souvent comme la conséquence d’un rejet subi ou ressenti par celles et ceux qui s’en réclament, mais ce n’est pas de cela dont on parle ici. Le rejet subi, c’est une chose. Le rejet qu’on se fait subir à soi-même, c’en est une autre - même si les deux sont étroitement liés. Il est évidemment qu’on ne va pas régler un problème de « rejet » par « davantage de rejet ». Lire Tokyo Babylon pour approfondir, sans quoi on n’est pas couchés).

 

Toute ressemblance avec des évènements réels ne serait que fortuite. Il paraît.

 

Partant de ce principe, se classer dans une catégorie, c'est s'exclure soi-même de ceux qui n'appartiennent pas à celle-ci ; si bien que chaque catégorie « incluse » dans une oeuvre entraîne une « exclusion » proportionnelle de toutes les autres, qui peuvent se rapprocher, parfois brièvement se rejoindre, mais qui se définissent exclusivement par ce qui les différencie (soit : les exclut les unes des autres), plutôt que par ce qui les rassemble (façon X-Men : la différence, et point barre). Par conséquent, plus les « woke » veulent être inclusifs et moins ils le sont. Comme avec l'histoire du gruyère, en somme, même si c'est en réalité un emmental : plus y'a de gruyère, plus y'a de trous - plus y'a de trous, moins y'a de gruyère. Et bien là, c’est pareil : plus il y a d'inclusion, moins il y a d'inclusion. C’est tout bête. On clive à l’infini au lieu d’essayer de rassembler, puis on se plaint virulemment de ces clivages. Et ça énerve les gens. Hier, ceux d'extrême droite, les beaufs et les réacs’. Aujourd'hui, combien d’individus comme vous et moi, qui ne supportent ni le racisme, ni le sexisme, ni l’homophobie, mais qui sont lassés de ces récriminations constantes et de ces procès sans discernement, sans gradation, refusant de s’identifier à ce nouvel extrémisme « for the greater good ». Entre les deux extrémités du spectre (si l'on en revient aux X-Men, encore : entre les pro-humains fanatiques et les Mauvais Mutants de Magneto), une grogne grandissante se fait entendre dans les rangs du plus grand nombre, qui passe progressivement de l’intérêt à l’indifférence, puis à la lassitude. D’alliés potentiels, ces gens deviennent simples sympathisants, puis observateurs distanciés, puis réfractaires à contrec½ur. Leur bonne volonté usée par les procès à répétition, combien finiront par tomber dans le piège de l’amalgame et décréter « ben si c’est ça le féminisme, le véganisme, que sais-je, je n’en suis pas ! ». Je n’invente rien. C’est en train d’arriver là, maintenant. Quelqu’un quelque part dans le monde est en train de taper ça sur Facebook, sur Youtube, sur Twitter, peu importe. C’était déjà ma crainte lorsque j’ai commencé à écrire sur le sujet il y a un an, et l’évolution des réseaux sociaux dans l'intervalle tend à me donner raison. Encore n’est-ce sans doute là que le début… mais dans le camp des woke, on préfère se persuader que « c’est juste les gens qui sont de plus en plus cons ». Evidemment. « Les nazis étaient nos alliés, Capitaine ». Ils l'ont dit dans Patlabor 2.

 
Impossible de ne pas revenir ici sur le fameux « problème Apu », qui a marqué les Simpson d’une lettre écarlate.

 

Aurait-il eu le teint d'Homer qu'au moins, il aurait pu en rire jaune.

 

Pour paraphraser les auteurs du show, pendant plus de trente ans, le personnage n'a pas posé problème mais tout à coup, parce qu'un acteur de la communauté Indienne produit un reportage à charge, voilà que ce même personnage devient une affaire de racisme - qu’il convient de régler dans les plus brefs délais.

 

Sauf que non.

 

Déjà, parce qu’Apu est sans conteste l'un des habitants les plus plus positifs et les plus sains de tout Springfield, qui compte quand même un sacré paquet de « cassos » dans ses effectifs : optimiste, travailleur, serviable, dépourvu de mesquinerie, écrit avec une vraie tendresse d’auteur, il est loin d’un Homer, d’un Smithers ou d’un Krusty, pour n’en citer que trois parmi des centaines d’autres.

 

Ensuite, parce que tous les personnages des Simpsons sont des caricatures, et qu’ils véhiculent donc tous des clichés propres aux catégories auxquelles ils se réfèrent (dans la mesure où c'est le propre de la caricature. Parce que bon sang, si on va par là, ils devraient dire quoi, les cathos, avec Flanders ? Ou les syndicats de flics, avec Wiggum ? Sauf que voilà, les cathos et les flics, tout le monde s'en balance, sur Twitter, tu penses, c'est des méchants, ils sont pas woke, t'as vu, alors ils l’ont bien mérité !).

 

Enfin, et à mon sens c'est le plus grave, parce que quand Kondabolu titre son reportage « le Problème avec Apu », il fait preuve d’une malhonnêteté intellectuelle indigne d’une personne respectable. Ce n'est pas comme s'il titrait « y a-t-il un problème avec Apu ? », ce qui aurait été tout à fait légitime, parce que la question vaut d’être posée. Non. Le sort d'Apu est déjà réglé dès l’intitulé et ça, on pourra bien le justifier comme on le voudra, c’est un sophisme de bas étage, qui relève de la manipulation d’audience et qui nous apprend tout ce que nous avons besoin de savoir, tant au sujet de la démarche que de la façon dont elle a été conduite par l’intéressé. En effet, si l’on part du principe qu’il y a bien un problème et que cela ne prête pas à débat, il y a gros à parier qu’on ne retiendra que les témoignages allant dans ce sens. Quitte à les provoquer (sans nécessairement le vouloir, d’ailleurs). Pour contextualiser, admettons que vous fassiez partie de la communauté Indienne installée aux Etats-Unis, et que l’un de vos compatriotes célèbre vienne vous trouver caméra au poing pour vous demander « si vous avez un problème avec Apu », vous vous direz quoi, sur le coup ?

 

A cela, plusieurs réponses possibles :

 

- « Qui est Apu ? » : parce que vous ne connaissez pas la série ; auquel cas votre intervieweur va vous l'expliquer dans les grandes largeurs, mais en fonction de son biais initial. Il va vous décrire Apu tel qu’il le perçoit, à tort ou à raison (c’est un autre débat). En conséquence de quoi vous remettrez-vous à son jugement et répondrez-vous : « ha ben oui ben en effet c'est pas très très bien de faire ça monsieur ».

 

- Ou alors vous vous direz : « ce type me demande si j'ai un problème avec Apu... c'est donc qu'il y a potentiellement un problème avec Apu... je n'y avais pas réfléchi jusqu'ici (sous-entendu, donc : je n'avais pas de problème) mais maintenant que j'y pense, c'est vrai que... ».


- Ou bien : « ce type est Indien, il me demande si j'ai un problème avec Apu, je suis Indien aussi, si je réponds par la négative, pour quoi est-ce que je vais passer à ses yeux - ou aux yeux de ma communauté, quand le reportage sera diffusé ? ».


- Ou enfin : « oui, c’est bien qu’il en parle, j'ai toujours eu un problème avec Apu », évidemment, parce qu'il y en a, on ne va pas le nier non plus. Toute caricature fâchera forcément des membres de la communauté caricaturée, soit de façon directe, soit de façon indirecte (parce que des imbéciles s’en empareront pour jouer le jeu pervers de la stigmatisation, à commencer par les enfants dans les cours de écoles). Est-ce qu'on doit cesser de caricaturer pour autant ? C'est un autre débat aussi. Potentiellement, on le pourrait, bien sûr, mais pour être équitable, il faudrait cesser toute forme de caricature, à l'encontre de quelque communauté que ce soit - y compris celle des flics et des cathos et là, ça ennuierait quand même pas mal de monde sur Facebook, qui devrait trouver autre chose à faire de ses longues journées de dés½uvrement.


Bref. Qu’on soit pro ou anti Apu, la question n’est pas là. Kondabolu a tout à fait le droit d'avoir un problème avec le personnage et de le faire savoir - tout comme il a le droit de se faire le porte-parole de toutes celles et ceux qui souffrent de cette représentation mensongère. Ce qu'il n'a pas le droit de faire, par contre, c'est d'imposer sa vision comme une vérité absolue et de prétendre représenter l'entiereté de sa communauté. Surtout quand il préfère reccueillir les témoignages de « blancs » venus battre leur coulpe en public pour montrer qu'ils sont plus « woke » que leur prochain (comme jadis les curés se flagellaient avec des orties fraîches pour prouver leur grande dévotion à Dieu, mais avec un brin de condescendance raciste en prime), plutôt que de donner la parole aux Indiens qui apprécient Apu (puisqu'il y en a). Car soit il n'a pas interrogé ces derniers, soit il n'a pas jugé leurs interventions dignes de figurer dans son documentaire, préférant privilégier celles des blancs partageant son point de vue, refusant par-là même de prêter sa voix à tout un pan de sa communauté, refusant symboliquement à ses pairs le droit à la divergence d'opinion - un manque de respect manifeste de sa part, d’autant plus condamnable qu'il vient « de l'intérieur ».

 

Alors oui, effectivement, j'ai procédé à une sélection préalable. Comme Kondabolu, en somme. Après je ne suis allé chercher ni très loin, ni trop longtemps.

Je suis une feignasse, j'ai pris ce qui me venait sous la main.

On pourra objecter :

"oui mais rien ne prouve que ce sont vraiment des Indiens qui ont écrit ces lignes".

Certes.

 

 

 On voit bien que cet homme est typé Breton.

 

Donc quoi ?

 

On supprime Apu parce que quelques-uns ont un problème avec lui ? Par extension, dès que quelqu'un a un problème avec quelque chose, on supprime ce quelque chose ? Non parce qu’il y a des gens, je ne sais pas si vous êtes au courant, ils ont des problèmes avec les « noirs », avec les « juifs », avec les « homos », et que sais-je encore... Alors on supprime ceux-ci des fictions, on les fait disparaître du paysage audiovisuel mondial ? Ou bien on vise uniquement QUE les problématiques qui NOUS semblent dérangeantes, au prétexte « que nous sommes woke et que du coup NOUS AVONS TOUJOURS RAISON » (exactement ce dont est convaincu le type qui a un problème avec les « noirs », les « juifs » ou les « homos », au passage, tout aussi persuadé que nous d’y voir plus clair que son prochain). Ou alors on fait ce que préconise Adi Shankar, on réécrit le personnage pour le sortir de la caricature, dans un show où tous les personnages relèvent de cette dernière ? Quel sens cela aurait-il ? Ne faudrait-il pas, pour être « juste », réécrire alors également tous les autres personnages, et demander à Ken Loach de prendre la suite du scénario ?

 

Au-delà, le procédé suffirait-il à faire cesser la stigmatisation de la différence et les moqueries de cour d’école ? Évidemment que non, surtout durant les premières années de nos existences. On trouvera toujours quelque chose, l’être humain est ainsi fait. Il suffira d’être trop gros, ou pas assez, d’avoir un appareil dentaire, les oreilles décollées, un strabisme, des boutons, les cheveux roux, un défaut d’élocution, de trop bonnes notes, un tee-shirt sans marque, j’en passe et des plus accessoires pour que les doigts se pointent et fusent les quolibets. C’est triste, mais c’est comme ça. Quiconque a lu les X-Men en fait son affaire. Ce n’est pas faute de répéter à nos bambins « que ce n’est pas bien », que ça fait de le peine aux autres et qu’il faut se respecter mutuellement. Quel poids ont ces préceptes éducatifs, quand « se moquer » est « tellement amusant » ? Autant débrancher internet, à ce compte-là, parce que c'est un registre dans lequel il s'éclate.

 
Or cette polémique est un bon reflet de la problématique « SJW », à savoir : une réflexion de surface, populiste et limitée (à 140 caractères ?), mais produite par des gens intimement convaincus du contraire (nous le sommes tous, moi le premier) - réflexion qui ne souscrit pas aux exigences de la dialectique tant elle est sûre de son fait (et n’est-ce pas précisément pour éviter ce genre d’écueil qu’on l’a inventée, la dialectique ?), l’idée-même d’antithèse étant perçue comme une forme d’aberration, d’irrationalité (« pourquoi aller se chercher des antithèses quand on a raison ? »), une faute morale qu’il est nécessaire de condamner publiquement lorsqu’un interlocuteur la commet - ceci, en lui collant sur le dos des étiquettes infâmes et sur-mesures (hein, Capitaine Goto ?!), ou en appelant au lynchage public, comme si c’était sans conséquence - ou pire, comme si c’était « bien fait »...

 

Or du point de vue de la raison, à titre personnel, je ne cesse de m’interroger : comment justifier un tel paradoxe ? Que les individus d’extrême droite aient recours à de tels procédés, à la rigueur, je peux comprendre, d’une certaine manière, ça fait partie de la panoplie. Mais que des individus se réclamant « de la justice sociale » et revendiquant leur place « dans le camp des justes » en fassent autant, avec leur propre vocabulaire, leur propre terminologie, sans qu’à aucun moment un signal d’alarme ne sonne dans leurs têtes avec des flashs en rouge, j’avoue, ça me dépasse et ça m’effraie, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.

 

Peu importe qu'on défende de « bonnes » valeurs ou que les causes dont on se réclame soient pleines de bon sens (le drame, c'est qu'elles le sont souvent) : ces postures, méthodes et réflexions les salissent dans les grandes largeurs , au point de leur faire presque autant de mal que leurs adversaires du moment (à ce sujet, lire Shakespeare. Hamlet, a minima. Il a raison, Hamlet. Sa vengeance est justifiée. Il n’empêche qu’au final, tout le monde est mort, lui y compris, et il aura fait plus de victimes innocentes que l’assassin auquel il se confronte).

 

 

Pour prendre un exemple concret (autant que récent) : qu’une femme développeur soit licenciée pour avoir répondu de façon potentiellement déplacée à un commentaire idoine (c’est un autre débat), et voilà que bondissent à juste titre les internautes portés sur l’équité et la justice sociale ! Jusque-là, j’arrive à suivre, je comprends la démarche et je l’approuve. Qu’un community manager, deux semaines plus tard, réponde de façon potentiellement déplacée à un commentaire idoine (c’est un autre débat itou), et voilà que ceux qui s’indignaient hier sont les premier à haranguer son employeur pour exiger son licenciement. C’est là que je décroche, clairement. Je ne comprends sincèrement pas comment on peut être à ce point aveugle, ou prétentieux, ou égocentrique, ou de mauvaise foi pour pouvoir s’indigner de ce qu’on préconise, et préconiser ce dont on indigne, sur la seule base d’une différence d’opinion (ici : « je suis d’accord avec la première, et en désaccord avec le second »). Je veux dire… réclamer un licenciement, comme ça, comme si on demandait des Haribos à Halloween ! On n’a jamais cherché du boulot ou quoi ? On n’a jamais galéré, dans la vie ? On trouve normal d’en arriver à ces extrémités pour un commentaire qui ne nous a pas plu ? Oui ? Bon ben alors qu’on ne critique pas l’éditeur qui a viré la programmeuse en question, vu que c’est exactement ce qu’il a fait. En ce qui me concerne, je m’y tiens : ce qu’il a fait est condamnable - et l’est dans tous les p*tains de cas de figure (sauf faute grave relevant du pénal, ça va sans dire, et on n’en est pas là).

 

Considérer comme « bien fait » ce qui nous révulse dans un autre contexte, ça n’a rien de sain, rien de sensé et rien d‘intelligent non plus, loin s'en faudrait : on entre ici dans le champ du pathologique, avec un glissement des valeurs morales à hauteur de nombril. Ce n’est pas du X-Men, ça. Ni du Clamp, ni du Oshii ni même du Tim Burton (Edward Scissorhand, autre exemple d’½uvre « SJW » réussie). Ce n’est même pas de la Justice Sociale. C’est de la chasse aux sorcières en bonne et due forme - et finalement, quelle ironie, puisqu’il s’agissait du sujet du dernier Doctor Who en date. Or s’il faut vraiment établir un distingo (qui tombe pourtant sous le sens), on sera avisé de lire The Crucible d’Arthur Miller (autre ½uvre engagée exceptionnelle qui, contrairement à l’épisode de Doctor Who susmentionné, vaut symboliquement pour toutes les chasses aux sorcières présentes, passées et à venir).

 

On prétend défendre de juste causes mais dans les faits, on traque à la loupe le moindre élément qu’on pourra interpréter comme une atteinte aux valeurs chéries des réseaux sociaux, dans le seul et unique but, semble-t-il, de le reposter sur son mur accompagné d’une réplique bien sentie, espérant ainsi gagner le respect (voire l’admiration) de nos semblables. Il s’agirait finalement moins de militer (même si ça n’empêche pas une forme de sincérité) que d’apparaître aux yeux de la communauté comme « un membre actif et méritant », la popularité et les RT en prime. Parce que peut-être que je manque de recul et qu’à force de déconvenues, le regard que je porte sur ces individus est trop amer, je suis près à l’admettre, mais plus le temps passe et plus j'ai l'impression d'assister à un autre glissement, du champ du « militantisme » (pour lequel je peux conserver un relatif respect, même quand il dérape) à celui du « cyber-loisir », comme si la revendication n'importait plus autant que le fait d'y aller de son bon mot et d'éblouir son monde à grand coups de catch-phrases provocatrices. Plus le temps passe, oui, et plus ça ressemble à un exercice de style, une compétition, un énième challenge internet où chacun rêve de briller à son tour et où les causes défendues ne sont plus qu’une occasion pour nous de nous faire mousser.

 

 Réseaux Sociaux in a nutshell.

 

En tout cas est-ce ainsi que les autres, ceux qui n’appartiennent pas à cette communauté (soit par choix, soit par nature), finissent par percevoir ces prises de positions - et ça aussi, de mon point de vue, c’est dramatique, pour les raisons évoquées ci-avant.

 

D’autant que les vautours ont bien pigé le truc : ils ont compris qu’il y avait un marché, qu’il y avait un public, et ils voient dans ces causes (et ces extrémités ) un produit d’appel comme un autre, et une source de profits proportionnelles, marchandisant sans vergogne les engagements d’autrui (sites de pétitions en ligne, si vous me lisez...). Pourquoi s’en priveraient-ils, d'ailleurs, quand il suffit de relooker ses personnages façon « minorités automne-hiver » (abjecte condescendance,  encore, que ces changements purement cosmétiques, quand ils ne s'accompagnent pas de développements assortis !) pour se mettre Jean-Eudes dans la poche, ou quand ils n’ont qu’à annoncer un casting 100% féminin pour refourguer n'importe quel nanar bas du front à son public ? Si celui-ci se plaint ensuite du côté « nanar », il suffira de faire comme s’il se plaignait du côté « casting féminin » (oui, il y a des gens pour se plaindre de ce genre de choses, on est d’accord, ce n’est pas pour autant que TOUS les gens qui se plaignent le font pour cette raison). Puis d’ajouter « qu'il est sexiste et qu'il ne supporte pas le changement ». C'est ce qui est arrivé avec Ghostbusters 2000-truc, et c'est ce qui se passe actuellement avec la saison 11 de Doctor Who, dans des interviews édifiantes de mauvaise foi (à moins que ce ne soit de la bêtise ?).


Et là, je rassure les deux clampins qui m’ont lu jusqu’au bout (sans doute dans le seul but de m’afficher ailleurs, je ne me fais pas d’illusions, chat échaudé craint l’eau froide), j'aborde ma conclusion et revient à la question initiale.

 

Est-ce que les SJW ont ruiné Doctor Who ?

 

Non.

 

Ce sont Chibnall et Whittaker, qui ont ruiné Doctor Who.

 

Il se trouve que Chibnall et Whittaker sont ce que la sphère internet a pris l’habitude d’appeler (à tort ou à raison) des SJW, ou woke, ou whatever (il suffit de lire leurs interviews en anglais pour en avoir la confirmation, ces deux-là ne faisant pas dans la finesse non plus).

 

Est-ce que c'est parce qu'ils sont « SJW » qu'ils ruinent le show ?

 

Non plus.

 

C'est parce qu'ils sont intellectuellement limités. Parce que les scripts de l’un sont désastreux, et parce que le jeu d’actrice de l’autre est navrant ; et parce que leur capacité conjointe à se remettre en question est inversement proportionnelle à la haute estime qu’ils ont d’eux-mêmes.

Au risque de me répéter, les scripts de Chibnall et de ses sous-fifres seraient objectivement calamiteux, même défaits de leurs éléments « SJW ».

 

Ceci étant, la présence de ces éléments découle directement de leurs limitations intellectuelles (je me répète encore mais non, ce n’est pas un jugement de valeur, oui, je suis limité aussi, ce n’est pas une façon implicite de les prendre de haut, juste un constat. Ils ne sont ni Clamp, ni Mamoru Oshii, leurs productions en attestent – et encore Clamp et Oshii ont-ils leurs propres limites également).

 

Il n'y a pas de hasard.

 

Leur réflexion sociétale est à la hauteur de leurs prestations d'artistes, si bien que même s'il n'y a pas de rapport de cause-à-effet direct, les deux restent étroitement liés. Si Chibnall était capable d'écrire de bonnes histoires, il saurait aussi dépasser cette « réflexion » de surface et explorer ces thématiques « woke » plus en profondeur, de façon plus efficace, plus naturelle, plus convaincante et moins condescendante, sans oublier d’en dévoiler les ambiguïtés et les potentielles contradictions (ce qui aurait d'ailleurs un intérêt réel). Surtout : il saurait intégrer cela harmonieusement à ses trames, comme les X-Men et tant d'autres l'ont fait longtemps avant lui (avec ô combien moins de prétention) à des époques que les nouvelles générations jugent pourtant avec beaucoup de mépris (encore). En bout de course, le public n’en serait que plus réceptif aux messages qu’il veut faire passer.

 

Non parce qu’il faut la voir pour la croire, cette saison 11, bon sang.

 

Compte tenu des antécédents de Chibnall sur la série ou sur Torchwood, on était en droit de s’attendre à quelque chose de médiocre, voire de mauvais, mais pas à ce point-là - et nombreux sont ceux qui partaient conquis d'avance et dont le verdict, aujourd’hui, est plus véhément que le mien (déception oblige). La dégringolade des audiences ne trompe pas.

 

Car peu importe les bonnes intentions du showrunner, dont il n’y a pas lieu de douter – mais qui n’excusent rien.

 

Choisir une femme comme premier rôle juste pour choisir une femme (ce n'est absolument pas exploité dans la série) et s’en féliciter, en faire un argument de vente, c'est sexiste.

 

Un contre-exemple parfait.

 

Choisir comme compagnon un « noir », une « paki », et un « vieux blanc » (il va sans dire que ce n’est pas exploité non plus) et en faire pareillement un argument de vente, c'est raciste (pour ce qui est des deux premiers, le troisième n'étant là que comme alibi).

 

Décréter qu'un personnage est « dyspraxique » et ne pas l'exploiter (trois mentions en sept épisodes, sans que cela n’apporte ni ne serve à rien), c'est faire dans le putassier, encore. Pas dans l'inclusion. C'est vulgaire et dénué d’intérêt. C'est exploiter un état de souffrance réelle à des fins narcissiques, en mode « t’as vu, je suis moderne, je parle de tout, c’est-y pas chouette ? ».

 

Ben non, a priori, ça ne l’est pas. Apu, si tu nous regardes...

 

 

Alors quand de surcroît, il faut se farcir des leçons de morale niveau primaire, des méchants sortis d’un programme Piwi (comme le vilain raciste de l'espace qui vient du 57 siècle exprès pour empêcher Rosa Parks de refuser de céder sa place, ou le méchant politique américain qui magouille et qui parle mal aux gens) ; ou qu'on te peint ladite Rosa Parks comme une oie blanche (un comble, toujours !) sous prétexte qu’elle vivait dans les années 50, c'est intellectuellement insoutenable. ça ne fait rien avancer, ça n'apporte rien, ça colle d'autres clichés moisis dans la tête des spectateurs qui n'iront pas voir au-delà - c'est même dangereux, parce que c’est pour la « bonne cause » et qu’on ne va pas s’en méfier, dès lors, ni aller voir au-delà . Or qu’y trouve-t-on, au-delà ? Une saison qui passe son temps à piétiner allégrement tout ce qu'elle croit défendre, avec une bonne volonté qui fait peine à voir et n’en fait pas moins de dégâts, alors qu'au fond, elle ne propose rien de nouveau, elle s'en donne juste l'impression : depuis le reboot avec Eccleston, la tolérance, l'humanité, l'égalité entre les êtres, quelle que soit leur origine, leur apparence ou leur sexualité, a toujours été au c½ur de la série. Le Doctor a toujours été un « SJW » de l'espace (les méthodes douteuses et les raisonnements simplistes en moins - même s'il se fourvoie souvent, et si ce sont ses compagnons qui ont à charge de produire l'antithèse ; c'est même leur première raison d'être). Quand il embrasse Jack Harkness à pleine bouche dès la saison 1, sans que rien ne l'annonce, avec un naturel désarmant et miraculeux, la scène est remarquable, inattendue, intense, universelle. En tant qu'hétéro, on ne se dit pas « haaa, beuuurk, propagande LGBTQ+ », mais « voilà l'avenir : un monde où la notion de genres est devenu obsolète ». ça tombe sous le sens, comme une évidence. Parce que c'est, là encore, amené avec finesse. Et c'est brillant, pour citer le Doctor.

 

 

Brillant, on vous dit.

 

A l'inverse, quand Chibnall insère de force un homme enceint dans un épisode où celui-ci n'a pas la moindre espèce d'utilité, et qu'il le met en scène avec la subtilité d'un scénariste de la Croisière s'Amuse, renouant sans sourciller avec tous les clichés propres aux futures mamans (hystérie en tête), ça ne prend pas, parce que ça ne peut pas prendre.

 

KAAA... MEEEE... HAAAA... MEEE...

(pardon, mauvaise légende)

(on voit très bien qu'ils lancent une Big Bang Attack)

 

C'est tellement grotesque, et vulgaire, et binaire, et artificiel, qu'on est embarrassé, agacé, consterné, avec l'impression d'être pris pour des imbéciles par un showrunner qui ne l'est pas moins. Et ainsi en va-t-il, hélas, de la plupart des ½uvres, polémiques ou réflexions marquées du sceau « SJW », pour les raisons évoquées ci-avant et avec toutes les conséquences que ça implique.


Donc non, définitivement non, cela ne suffit pas à ruiner quelque truc que ce soit. Mais ça y contribue.

 

Est-ce que ça implique que l’art, même populaire, ne doit pas s’engager ? Bien au contraire, comme nous avons pu le détailler à travers de nombreux exemples. Quand l’art populaire s’engage, il peut toucher plus fort et juste que n’importe quel pamphlet ou n’importe quel grand discours, de façon profonde et durable. Cependant ce n’est pas à la portée de n’importe qui. La création artistique, ce n’est déjà pas simple en soi, sans quoi nous serions tous des artistes (et je t’arrête tout de suite, non, nous ne le sommes pas). Mais se lancer dans une ½uvre engagée ? C’est peut-être bien la forme de création la plus exigeante et la plus difficile à équilibrer qui soit. Cela ne se fait pas à la légère, sur une impulsion. Cela ne se gère pas comme un compte Twitter. Cela demande une culture, une réflexion, un recul sur soi et sur le monde que nous n’aurons sans doute jamais, nous, simples mortels, et qui sont l’apanage d’une élite silencieuse. Or je ne sais pas vous mais moi, je ne suis pas Arthur Miller. Au mieux, je pourrais être Stan Lee, aussi longtemps que je saurais faire preuve d’humilité dans ma façon d’aborder ces registres ; et où je ne perdrais pas de vue la place qui est mienne dans la chaîne des consciences. Après tout, ce qui ruine les X-Men, ce sont tous ces moments où l’on évacue son propos social pour aller taper du monstre dans l’espace. Enième preuve (s’il en est besoin) que ce n’est pas le « quoi ? », qui fait souci, mais le « comment ? » ; si bien qu'on se demandera quel rôle a joué la démocratisation d'internet, et plus encore l'avènement des réseaux sociaux, dans cette peoplisation de l'engagement, cette casualisation de l'effort intellectuel - avec comme maîtres-mots simplification outrancière, quête d'une approbation communautaire et discours (con)descendant. Peut-être n'est-ce pas un hasard si tous les exemples d'oeuvres « SJW » réussies qui émaillent cet article datent d'il y a vingt ans (a minima). Peut-être cette évolution des mentalités est-elle symptomatique d'un phénomène plus large et plus global, qu'il conviendrait d'étudier avec impartialité - mais pas sans angoisse, sans doute.

.
Après, bon, il faut savoir relativiser : ruiner une série comme Doctor Who ou une saga comme Star Wars, ce n'est pas grave en soi, ce ne sont que des ½uvres de divertissement, et elles ont plutôt bien tenu sur la longueur. D'autres auront périclité bien plus tôt.


Par contre, et ça a toujours été mon cheval de bataille à moi, ruiner les causes que l'on prétend défendre, que ce soit par bêtise, par ignorance, par limitation intellectuelle, par arrogance ou pour le like (et même si on est investi des meilleures intentions du monde), peu importe, c'est intellectuellement, moralement et humainement inacceptable. C'est anéantir d'une main ce qu'on cherche à construire de l'autre. Être à soi-même son propre adversaire. Se rendre indigne des bannières sous lesquelles on milite. Faire partie du problème, et pas de la solution.


Si cette conviction-là suffit à faire de moi une saloperie infréquentable, comme on le raconte, so be it.

 

J'ai ma conscience pour moi.

 

 

 

 

 

*

 

 

En guise de post-scriptum personnel, arrivé à ce point de mon post, je sais bien ce que vous vous dites, avec l'humanité et l'empathie qui vous caractérisent :

 

 

Et c'est sans doute vrai, hein, d'une certaine manière, si on ne veut retenir de ces dix pages Word que les deux lignes finales, ou le paragraphe qui va suivre. Seulement sachant comment ça tourne à chaque fois que je prends la plume, je suis un peu contraint de les écrire aussi, ces ouin-ouin, par la force des choses.

 

Ceci étant, comme chacun d’entre nous, il a pu m’arriver de déraper, je le reconnais de bon coeur, et j’avais parfois de bonnes raisons de le faire (parce que j'étais fatigué ou triste ou en colère ou que sais-je encore), et d’autre fois rien qui puisse l’excuser (et cela arrivera sans doute encore, hélas, car moi aussi, à ma façon, je suis un « SJW », sinon comment expliquer cet article ?). Cependant j’ai toujours exprimé ce que j’avais à exprimer de manière franche, directe, sans détour ; et lorsqu'il y a eu clash, ça a toujours été de manière frontale et en un-contre-un. Je n'ai jamais monté des cabales en mp, je n'ai jamais lêché de bottes, je ne me suis jamais cherché d'excuses (même quand j'en avais - et p*tain, qu'est-ce que j'en avais !), je ne me suis jamais justifié (même quand je le pouvais, et p*tain, qu'est-ce que je le pouvais !). Au-delà, je n'ai jamais appelé au lynchage, je n'ai jamais striké, je n’ai jamais réclamé de licenciement ou demandé qu’on s’en prenne à mon interlocuteur, verbalement ou physiquement, je n’ai jamais appelé mes contacts à humilier ou à harceler quelqu’un dont les propos ne me convenaient pas, je les ai toujours laissés libres de leurs actes (car ce sont des amis, et pas des faire-valoir). De même, je n’ai jamais joué les gendres parfaits en public pour bitcher en privé, et dans une certaine mesure, autant que faire se peut, je n’ai jamais « dégaîné le premier ».

 

 

Et vous ?

 

 

Pas d'insinuation ici, il s'agit d'une vraie question.

A mettre en perspective avec le reste de  mon propos, d'ailleurs.

La réponse, elle, vous appartient - et n'appartient qu'à vous.

 

C'est chiant, hein, les leçons de morale ?

My point, exactly. :)

 

 

 

 

*

 

 

 

 

Soudain, sans que rien ne l'annonce : comme une envie de revoir The Thin Red Line.

Plusieurs visages, mais une même âme.

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C'est en com' que ça se passe... (Séries TV)

 

Nianianianianiania Moffat il sait pas écrire Nianianianiania Moffat il fait que dans le Deus Ex Machina Nianianianianiania Moffat il fait tout à l'esbroufe.


Combien de fois on l'aura entendu, ce couplet, chez les Whovien repentis, aussi prompts à porter le fez qu'à le remiser au fond de l'armoire, et qui auront renié leurs premières amourettes pour moins de trente deniers ?


Ils l'attendaient comme le messie, leur Chris Chibnall, leur « nouveau showrunner » réclamé de longue date, celui qui allait sauver la série des griffes de l'infernal Steven – indépendamment du fait qu'il soit malgré tout l'auteur de quelques-uns des pires épisodes de l'ère new Who.


42, c'était lui.
Vous vous en souvenez ?
Non ?


C'est normal.


Les Dinosaures dans l'espace, c'était lui.
Vous vous en souvenez ?
Oui ?


C'est normal aussi, mais ce n'est pas bon signe non plus.


Depuis dimanche dernier, on peut également dire : « la Femme Tombée sur Terre, c'était lui ». Tout pareil.

 

Car il n'aura échappé à personne que Doctor Who, ça avait repris la semine dernière, avec un tout nouveau casting et un tout nouveau staff. Avec un nouveau chef pour chapeauter tout ça : Chris "Broadchurch" Chibnall.


Or  que sauver de ce sauveur de pacotille, qui a tous les attributs du faux prophète et aucun du bon scénariste, dès lors que l'action se délocalise dans l'espace ?


Vous avez tiqué, peut-être, en apprenant que le nouveau Doctor serait une femme ?
Oubliez ça.


C'est incontestablement le moindre mal de ce premier épisode mou, mal écrit, mal rythmé, mal construit, dénué d'intensité, dépourvu d'émotion, laborieusement articulé autour d'une intrigue qu'on jurerait tirée d'un script de Torchwood saison 1, mais qui aurait été recalé en première lecture (rappelons-le : « Cyberwoman », c'était Chibnall, toujours).

 

Pour que les générations futures n'oublient jamais.

 

Et ça c'est pour les générations futures qui auraient pu être tentées de dire "ben quoi ?",

en découvrant la photo précédente.


Entendons-nous bien, avant qu'on ne me taxe de mauvaise foi : oui, je partais avec un a priori négatif. Et parce que je partais avec un a priori négatif, je me suis efforcé de faire preuve de bienveillance, car je ne supporte pas les biais de réflexion, même quand ce sont les miens – surtout quand ce sont les miens, en réalité. Parce que je vaux mieux que ça, pour la jouer comme le rôle-titre de cette série.


J'ai donc passé une heure dans ma tête à pester, me débattre, chercher des excuses, des raisons de m'enthousiasmer, de jeter mes préjugés aux orties et de faire amende honorable.

Je n'ai trouvé qu'un beau plan de quelques secondes expédié en fin d'épisode.


Je voulais que Chibnall me fasse mentir, me prouve que j'avais tort de le crucifier par principe, me montre que j'étais prisonnier de mes stéréotypes. Parce qu'avoir tort, moi, j'adore ça. Demandez à Final Fantasy XV.


Sauf que non.


Non, même avec la meilleure bonne volonté du monde, on ne peut pas dire que son premier épisode soit bon. On peut même dire qu'il est carrément mauvais ; et ce, sur tous les plans, sans exception - hormis peut-être Jodie Whittaker, tout à fait convaincante dans le rôle-titre, et pas plus crispante que Tennant (dont elle copie peut-être un chouïa trop le jeu, par contre) , Smith ou Capaldi lors de leur premier épisode. ça aussi, ça fait partie de la tradition.

 

 Je peux pas, j'ai luminothérapie.


Entre un scénario simpliste, une absence totale d'imagination confinant à la faute professionnelle, les scènes qui tombent à plat (TOUTES), les dialogues tantôt creux, tantôt formatés, reprenant les codes de la série comme on suivrait une recette de cuisine (une vraie souffrance, quand on repense aux envolées lyriques too much, mais tellement classes, auxquelles nous nous étions habitués), les musiques insipides, les personnages sans envergure et le déroulement prévisible dès les premières secondes (franchement, ne me dites pas que vous aviez VRAIMENT cru que le protagoniste parlait du Doctor, en ouverture ?), la sauce ne prend pas. Et ne parlons pas des incohérences – ou plutôt, si parlons-en, car elles ont toujours fait partie de l'ADN du show, mais rarement de façon si indigente. Que ce soit sous le règne de Russell T Davis ou sous le concordat de Steven Moffat, dans la plupart des cas, ces incohérences avaient une raison d'être, elles servaient un dessein plus grand, celui de la scène qui en jette, celui de la réplique qui tue, celui du twist qui vous met la tête à l'envers.


Dans la Femme Tombée sur Terre, non seulement elles sont omniprésentes mais elles n'apportent rien, au contraire : elles ne sont pas voulues, mais subies, conséquences douloureuses d'une écriture dont l'amateurisme est inacceptable de la part d'un vétéran du métier – des raccourcis honteux, des ellipses insensées, des coups de bluffs parfois grotesques, à l'image de cet intermède à la Mac Gyver qui se veut malin et drôle – mais ne parvient qu'à être embarrassant).

 

Si on m'avait dit un jour que je jouerais dans l'Agence Tout Risques !


J'ai détesté la quasi-totalité de la saison 10, et oui, j'admets qu'il était temps que Moffat passe la main (il avait tout donné en saison 5, et avec quel brio !), mais encore fallait-il que son successeur soit à la hauteur (Toby Whithouse, anyone ?). Or ce n'est pas le cas ici.

On se gardera de juger une saison entière sur une seule tentative (après tout, le pilote de la première saison de New Who n'était pas plus glorieux), mais avec ce premier épisode, Chibnall avait quelque chose à prouver, et il s'est planté dans les grandes largeurs.

Je savais que tu me manquerais, Steven.


Mais jusqu'à ce soir, j'ignorais encore à quel point.

 

*

 

Si vous voulez vous faire votre propre idée, l'épisode est dispo en streaming gratuit encore quelques jours sur le replay de France 4.

MAIS NE VENEZ PAS DIRE QUE JE NE VOUS AI PAS PREVENU !

(lol)

 

*

 

 

La drogue.

 

 Alors oui, bon, je sais, on va objecter que je ne suis pas très objectif, comme d'habitude, tout ça, vu que je n'aime pas Tidus et que je suis sûrement pro-gamergate parce que j'aimerais bien essayer Kingdom Come, et qu'en fait, tout ça, c'est juste par ce que je ne supporte pas que le Doctor soit joué par une femme parce que je suis sexiste vu que j'ai pas de compte Twitter, alors je vous invite, en guise de preuve objective à comparer le premier grand speech de Matt Smith à la fin de son premier épisode, pompeux, grandiloquent, mais tellement jubilatoire  (à l'image du personnage, en somme) :

avec celui de Jodie (qui n'est pas responsable du script qu'on lui donne, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit), plat, bref, banal, condescendant - qui sonne de surcroît comme une auto-justification de l'auteur, d'un narcissisme d'autant plus gênant qu'il s'essaie aux doubles sens sans une once de finesse ou de subtilité :

"Han han, alors en fait on croit que le Doctor il parle au vilain extraterrestre alors qu'en fait il parle directement au spectateur, t'as vu comme c'est finod un peu ?".

Sérieux, si c'était pour faire ça, autant me refiler la série, je n'aurais pas fait pire et j'aurais coûté moins cher, la preuve :

 

Et il y a des oiseaux ! Et des petites fleurs ! Et des Lav'o Matic ! Et des stations de skis sur gazon ! Et toutes ces choses forment le grand cercle de la vie universelle jusque dans les étoiles et si tu ne les respectes pas, tu ne te respectes pas toi-même, parce que les oiseaux, c'est toi, les petites fleurs, c'est toi, les Lav'o Matic, c'est toi aussi ! Mais si tu n'acceptes pas ton Lav'o Matic intérieur, comment pourrais-tu te connecter à ta propre station de ski sur gazon spirituelle ? Alors je vais te donner une chance, une seule, d'enfourcher le tire-fesse de la raison et de butiner les jonquilles de la connaissance ! Renonce à ton plan de domination et devient berger équitable dans les Alpes ! Fais du fromage de chèvre et des confitures de griottes sauvages ! Et tu pourras regarder le soleil droit dans les yeux, fièrement, intensément, pendant des longues et belles minutes, et t'exclamer toi aussi : "aïe, putain, j'y vois plus rien, je crois que cette connerie m'a rendu aveugle". Avant de trébucher comme un con sur un de tes moutons et de faire une chute de trente mètres. Alors choisis ! Mais choisis bien !".

 

 C'est bon ?

Je suis engagé ?

*

 

Ha bon ? Il y a encore eu une nouvelle mise à jour de No Man's Sky ?

Pourquoi personne me dit jamais rien à moi ?

 

Bon, puisque je ne suis pas engagé, que vous voulez d'autres preuves (parce qu'il y aura toujours des petits malins pour dire que le speech de Josie est meilleur que celui de Smith, vu qu'il y a toujours des petits malins, sur le ouèbe), parce que malheureusement je n'ai pas le temps de réécrire tout l'épisode façon Scorpion (et pourtant ce n'est pas l'envie ou la matière qui manquent) et parce qu'il faut bien que ça sorte, je vous propose en conclusion une petite

Liste (sélective) des incohérences.


Du coup, gare aux [Spoilers]



- Déjà, le protagoniste balance son vélo dans les branches hautes d'un arbre au MILIEU d'une forêt. Il a déjà essayé de lancer un vélo, Chibnall, ou pas ?


-
Le signal déclenche l'arrivée de la capsule de l'alien, d'accord, mais il sert à quoi, en fait ? Non parce que bon, l'alien, il sait bien que la planète est habitée vu que sa cible s'y trouve et que ce n'est pas la première fois que sa race descend sur terre. Donc ça n'est pas une sonde, ou alors c'est le plus gros fail de l'histoire des sondes ("envoyons une sonde dans ce monde habité pour voir s'il est habité !"). Alors quoi ? L'alien a besoin d'une autorisation ? Ben l'administration de chez lui est quand même pas procédurière parce qu'on a déjà fait plus explicite, comme façon de demander la permission. « Oué non mais il a touché le signal magique qui clignote, ça veut dire qu'il est d'accord avec le fait qu'on vienne dans son bled faire des chasses à l'homme ». Sans compter que bon, l'utilité d'envoyer ça dans une forêt au milieu de nulle part n'était pas non plus super évidente. Ils ont eu du bol que Young Hercule ait balancé son vélo dans un pin des landes, sans quoi ils auraient pu attendre un siècle avant de débarquer.


- La cible, ô surprise, est assise dans le train à côté de papi et mamie.


-
La femme chargée d'enquêter sur la capsule est, ô surprise, une ancienne amie du protagoniste. ça commence à en faire, des coïncidences.


- Puisqu'on en parle, le Doctor tombe du ciel et transperce le toit EN METAL du train. Rappelons qu'il a fait une chute de plusieurs milliers de kilomètres de haut et que jusqu'à preuve du contraire, il n'est ni Thor, ni Hulk (ni Miss Hulk non plus).


-
Le drone colle des bombes ADN à des randoms inconnus dans un but totalement flou et jamais expliqué. Pourquoi fait-il ça ? A quelles fins ? Pourquoi eux et pas les autres ? Pour se débarrasser des témoins ? Ben pourquoi il ne s'en débarrasse pas, alors ? Pour que ces bombes puissent servir à butter le méchant ensuite ? Mais chut-euuuh, lecteur, tu casses toute la magie !

 

- Pendant ce temps, deux randoms péons chargent la capsule de l'alien (avec l'alien dedans, mais n'est-ce pas qu'un détail ?) à l'arrière de leur fourgonette. Je ne sais pas ce qu'ils mangent, dans ce bled, mais ils ont tous l'air hyper balaises parce que pour aller chercher un machin qui pèse au moins deux tonnes au milieu d'une forêt, à deux, sans laisser ne serait-ce qu'une trace au sol, il faut au moins s'appeler Chuck Norris.


- A priori, ça se passe dans l'équivalent britannique de Trifouillis les Oies parce qu'on se déplace d'un point à un autre en cinq minutes montre en main. Quand le Doc avait le Tardis, ça passait. En voiture, c'est plus problématique. Britannique, en plus, la voiture.


- La fine équipe retrouve le drone grâce à un chauffeur de bus. Drone qui s'était pourtant installé pépère au sommet d'un toit au milieu de nulle part. Il fait quoi, de son temps libre, exactement, le chauffeur de bus ?


- N'épiloguons pas sur le fait qu'à aucun moment, le Doc ne suggère à ses compagnons que « ça peut être un peu dangereux » et « qu'ils feraient mieux d'attendre à la maison ». Non. Il les laisse allègrement risquer leur vie en mode 100% full scoubidou alors qu'il est flanqué de deux jeunes adultes et de deux personnes âgées qui se comportent comme deux jeunes adultes. Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?


- Pour devenir le roi d'une race de guerriers sanguinaires, l'alien doit éliminer un ouvrier du bâtiment taillé comme Colargol. Paye ton rite initiatique. En chemin, il se débarrasse quand même d'un névrosé, d'un poivrot et d'un vieux. Et il leur pique leurs dents pour s'en faire des trophées. Sérieusement, il est où, le mérite, pour un grand guerrier ? Il est où, l'accomplissement ? C'est quoi, les menaces qu'affronte son peuple ? Des grabataires en déambulateurs et des cosplay de Kirito? Non parce si c'est pas le cas, je ne vois pas bien l'intérêt de la manoeuvre. Entre toutes les races de la galaxie, pourquoi des humains, bordel ? Et entre tous les peuples de la terre, un anglais, en plus ! Il ne devrait pas plutôt soumettre à mains nues des Groblorgs de six mètres de haut ? Nope. UN anglais grassouillet, ça suffira largement. Et on dit que le niveau du BAC a baissé, p*tain !


- D'ailleurs juste un petit aparté à ce sujet, l'alien n'a que des dents humaines, comme trophées. Il se vante d'être le représentant d'une race de "grands guerriers" et il n'a pas une dent sur le visage qui fasse plus d'un centimètre ou qui évoque, même de loin, les crocs d'un tigre à dents de sabre. Non mais alors c'est sûr que dans ces conditions, c'est un peu facile de se considérer comme un peuple de grands guerriers, hein. Comme je le disais, on pousse deux vieilles dans les escaliers, on givre deux nourrissons et ça y est, on est Gengis Khan.


- Non, je ne parlerais pas de la fabrication du tournevis sonique, mais je pense que les jouets à son effigie sont produits exactement de la même façon, vu la grossièreté du moulage et la laideur du truc.

 

Made in China.


- L'alien retrouve sa cible en se téléportant. Grand bien lui fasse, nos héros ont aussi vite fait de le rejoindre en voiture. DTC la technologie extra-terrestre.


- Pour contrôler une grue, en 2018, on a juste besoin d'un smartphone et de Google. DTC, l'ouvrier du bâtiment qui a travaillé dur pour en arriver au même point. Tu peux pas test les millenials. Siri FTW.


- Le Doctor qui lance un grand discours moralisateur et plein de compassion à un guerrier sanguinaire qui tue des vieux et laisse pourrir des gens random dans son congèl', c'est un peu hardcore, quand même, dans le genre compatissant. D'autant que l'alien face à lui à des dents plein la tronche, quoi. Des dents de victimes innocentes. C'est sûr que ça appelle la compassion, ça ! Arrête de juger les autres cultures avec tes valeurs de mâle blanc ethnocentré, un peu ! On est parti sur de mauvaises bases, allez, on oublie tout et on se serre la main ! Par contre, osef de l'ex future victime, pour la compassion, elle peut se brosser la nouille. Notre anglais grassouillet se fera copieusement engueuler pour avoir eu l'inhumanité de balancer dans le vide celui qui voulait le laisser pourrir dans son frigo. Y'a des limites à l'humanisme, bordel ! Pour la peine on ne reverra plus ce perso après cette scène, tiens. ça lui apprendra !


- Ce génie d'alien, quand même ! Il a téléchargé sans le savoir les bombes adn en même temps que les infos qui l'intéressaient. J'aimerais que vous preniez un petit moment pour y réfléchir, d'ailleurs. Il télécharge des données et en faisant ça, il se retrouve avec des bombes sous la peau du cou, sans même s'en rendre compte. Parce que c'est bien connu, des données virtuelles et des bombes bien réelles, c'est exactement la même chose, hein, ça se télécharge pareil avec la wifi. Et ça fait même pas mal ni rien. Y'a pas de message « syntax error », c'est le futuuuur. Et puis bon, l'énergie, la matière, c'est presque pareil, hein, p*tain, on va pas commencer à être tatillon sur ce genre de détails, c'est de la science-fiction. Gaffe quand même la prochaine fois que vous téléchargerez une mise à jour Avast, les gens. Vous pourriez vous retrouver avec une bombe H sur les genoux.


- La réapparition du drone, d'un coup, au milieu de l'action, mais après la bataille, tout ça pour... pour... ben on sait pas trop ce qu'il cherche à accomplir, mais il s'y prend très mal. Alors bon, il semble rétrospectivement qu'il soit peut-être en train d'essayer "de faire tomber la grue", ce qui est le plan le plus con qu'un drone a jamais mis sur "pied" (ok, d'accord, sur tentacules) VU QUE SON BOSS ETAIT DESSUS. C'est sûr qu'il pourrait être déclaré "chef" à titre posthume mais je suis pas certain que ce soit le but initial non plus. Sans compter que bon, vu je vois pas trop comment il pourrait la faire tomber, la grue, ni avec quoi, vu qu'il n'a pas de bras ni de chocolat ni rien qui pourrait lui servir à faire basculer le machin (à moins de foncer dessus à grande vitesse, comme il l'a fait avec le train - ce qu'il n'a pas du tout l'air disposé à faire, évidemment). Et puis bon, une fois son boss disparu, il pourrait peut-être se dire que c'est plus super utile de s'acharner sur le matos du BTP, quoi. Mais non. Il a commencé un truc, quoi que ça puisse être, il le finira ! Il en va de son honneur de drone. Résultat des courses, tout ce à quoi il sert, finalement, c'est à zigouiller un de nos héros de façon gratuite. On voudrait être ému mais vu que ces gens se sont comportés comme des mômes au Parc Astérix depuis le début de l'épisode, toujours à rigololer et à faire des vannes malgré les morts et le danger, on se dit qu'ils l'avaient quand même bien mérité. Et puis comme on l'avait vu venir dès le début de l'épisode, ça va, ça passe, on ne versera pas notre petite larme de rigueur, d'autant que comme ils veulent visiblement éviter toute forme de pathos, la dernière réplique de l'intéressée sonnera un peu comme "ouais nan mais c'est cool, no problem, j'assume, c'est pas grave allez on s'est bien amusé quand même". Comme ça le spectateur il est pas trop triste et il se couche pas perturbé ni rien. Safe space, tout ça.


- Tout ça amenant logiquement à des scènes émotion expédiées en deux minutes (parce que l'émotion, c'est une micro-agression), histoire qu'on puisse passer vite fait à la séquence pretty woman et revenir au LOL. Limite le protagoniste était plus bouleversé au début par le fait de ne pas arriver à faire du vélo.

Ce "style" vestimentaire abominable ne vous rappelle rien ?

NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO ! OH MY GOD NO !!!


- S'ensuit un faux trailer présentant le casting entier de cette nouvelle saison, dont le mot d'ordre semble avoir été "surtout prends pas de blancs, Chris, ou alors juste pour jouer les méchants, pour faire plaisir à Twitter)", suggérant par-là même que l'extraterrestre est pakistanais par défaut et que la diversité, c'est très cool mais seulement si on n'est pas blanc. Sauf que bon, de la part d'un scénariste qui, de toute évidence, veut jouer à tout prix la carte de l'anti-racisme Twitter (je précise, parce qu'anti-raciste pour de vrai, la série l'était bien avant Chibnall), faire débarquer son envahisseur dans un plat à tajine géant, ça ne fait pas passer le bon message...

 

Bijour, missieur Vincent

 

Mais ça pourrait permettre des crossover intéressants avec le reboot US.


- Mais surtout, surtout, C'EST QUOI CE NOUVEAU DOCTOR TOUT GENTIL TOUT MIELLEUX, TOUT POSITIF  - HELLO KITTY STYLE ? Pas une once de noirceur, pas une once de mépris, pas une once d’ambiguïté... alors qu'il avait fallu une saison entière au 12ème pour révéler ses sentiments exacts à l'égard de l'humanité. Ce n'est pas une femme, ça, vous m'excuserez. C'est Oui-Oui. Il a juste tuné sa bagnole en cabine téléphonique.


Alors au risque de me répéter, je sais bien que c'est Doctor Who et que c'est normal, les incohérences, dans Doctor Who.

Mais en l'occurrence, j'aurais bien aimé une ou deux cohérences de temps en temps.

 

Pour équilibrer un peu, quoi...

 

[MISE A JOUR]

 

Parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne, alors pourquoi changerait-on une équipe qui perd : Le Debrief de l'épisode 2.

 

Bon, déjà, force est de constater que c'était un poil mieux que la semaine dernière ; mais ce n'était pas non plus très dur à faire vu que même le spectacle de Vitalis avec son singe et son clébard, là, c'était du Dark City à côté de l'épisode pilote.


Qui sait ? Si Chibnall apprend à faire son métier correctement d'ici la fin de la saison, on aura même droit à quelques bons épisodes ?


Non parce que rétrospectivement, je ne m'explique pas Broadchurch, hein. Du tout. La vraie science-fiction, elle est là : comment un tel tâcheron a pu être aussi bon dans le drame humain et le policier de province, et s'avérer aussi mauvais quand il s'agit d'envoyer ses personnages dans l'espace ?


Cette semaine encore, on a eu droit à la foire aux Deus Ex Machina grossiers, au character development en solde (tout doit disparaître, à commencer par la psyché des personnages), aux répliques Cleverbot ("on est plus forts ensemble" : c'est la réplique la plus humanisto-badass de l'épisode. Niveau carte postale Paint à partager sur Facebook "si toi aussi tu pense ke cé tro vré", clique sur le pouce bleu tout en bleu), et incohérences à tous les étages.

Morceaux choisis, parce que je n'ai pas tout le week-end non plus :


- Les protagonistes sauvés d'une mort certaine dès les premières secondes de l'épisode par un Deus Ex Machina tellement énorme qu'il va falloir le mettre à la diète ? #check (et ne parlons pas du fait qu'ils aient été sauvés par deux vaisseaux différents, qui ne se sont pas vus l'un l'autre, alors que nos héros étaient à moins de trois mètres les uns des autres. C'est vrai, quoi ? ça fait quelle taille, un vaisseau de l'espace ? 40 mètres, à peine ? ça se loupe facilement, dans un vaste espace infini plein de "rien". Et puis c'est pas comme si ça avait un radar ni rien, un vaisseau de l'espace... Non mais après, c'est bien, hein, de séparer le groupe, ça crée une tension et tout, mais enfin à quoi ça sert si c'est pour les réunir cinq minutes plus tard ?).

 

 Encore trois épisodes comme ça et les personnages seront engloutis par mes larmes de fanboy.


- Les persos qui comprennent l'extraterrestre et qui le parlent couramment "parce qu'on leur a collé une puce dès qu'on les a sauvé" malgré l'urgence de la situation et le fait que les deux vaisseaux soient des poubelles volantes ? #check Je sais pas ce qu'ils ont comme matos médical dans le futur mais franchement, ils auraient dû en envoyer un peu à mon dentiste, ça m'éviterait de devoir me faire ré-opérer des dents de sagesse.


- L'un des deux vaisseaux qui s'écrase PILE sur l'autre groupe de persos (c'est pas comme s'il y avait toute une planète autour), et ce même groupe de perso qui se met à courir en ligne droite, PILE dans la trajectoire du vaisseau qui leur fonce dessus, au lieu de s'écarter sur les côtés ? #check


- L'hologramme magique qui leur permet de récupérer deux localisateurs bien réels avant de disparaître ? #check (à sa décharge, à la toute fin, il fait aussi office de téléporteur magique d'humains à l'autre bout de la galaxie, c'est de l'hologramme multi-usage tout droit tiré du téléachat de M6, ça, ma brave dame, c'est pas à la portée de toutes les bourses). Chibnall a vraiment un problème avec le concept de "dématérialisé", n'empêche. Je vais lui offrir un jeu Steam en lui stipulant de bien le ranger dans sa boîte après chaque utilisation. Juste pour voir sa tête.


- Le dénouement fastoche ? #check ("si tu dis pas qu'on est ex-aequo et ben je reviendrais et je te tuerais le visage" "ha oui, houlala, j'ai peur. Je pourrais te laisser croupir sur cette planète mortelle ou engager des gardes du corps +++ avec tout mon pognon, mais non, j'ai peur, houlalala, je vous déclare ex aequo ! Sans rancune, hein. Allez, je vous téléporte tous les deux et on verra rien de ce qui vous arrivera une fois arrivé à destination, HOHOHOHOHOHO").


- Les autoréférences prétentieuses ? #check (Holala, c'est la faute des méchants aliens de l'épisode 1 ! En trente ans de Doctor Who, le Doc les avait jamais rencontrés mais là, paf, c'est deux fois de suite en 24 heures dites donc ! Il y a des jours comme ça... Bon, si encore ces aliens étaient un minimum classe, ou flippants, je dis pas. Mais comme on l'a vu dans l'épisode précédent, c'est juste des mecs qui tuent des vieux et des clodos pour leur piquer leurs dents. Question adversaire récurrents, c'est level Kromagg).

 

- Oui mais si le vieux, il porte un dentier ? Il se passe quoi ?


- Le background pété ? #check. Non parce que bon, ça va, oh, on vous dit que c'est un ancien champ d'expérimentations des Méchanzaliens, il vous faut savoir quoi de plus ? Qui est le mec qui a organisé la course, au juste ? Pourquoi il les envoie là-bas ? Comment il sait ce qui s'y est passé (et ce qui s'y passe encore) ? Comment il a eu vent de l'existence d'un "monument fantôme" ? Pourquoi il en a quelque chose à faire ? Et d'ailleurs sa course, c'est quoi ? Elle sert à quoi ? Qui regarde ? Comment ? Pourquoi ? Et qu'est-ce qui attend les personnages à leur retour chez eux ? Et pourquoi c'est un ancien gagnant qui la gère ? Qui l'a organisée en premier lieu ? Si c'est un ancien gagnant, sa fortune lui vient de sa victoire précédente, donc la récompense du nouveau gagnant, elle viendra d'où ? De toute évidence, tout le monde s'en fiche sauf moi. C'est un champ d'expérimentations des Méchanzaliens, on vous dit. Tout est cohérent (pauvres Méchanzaliens, n'empêche. Ils sont censés être la terreur de la galaxie et les scientifiques ont réussi à leur créer quoi ? Des bactéries bouffeuses de chair humaine, super utile SAUF SI ON TOMBE SUR UNE PLANETE SANS HUMAINS DESSUS. Des Snipers robots sous Windows X qui se mettent en veille toutes les dix secondes, ne tirent pas si tu ne fais pas de mouvements brusques et que quand ils tirent, ils loupent systématiquement leur cible dès lors qu'elle court en zig zag. Des bouts de tissus volants qui ne sortent que la nuit et qui brûlent si on les enflamme. Houlalala, mais c'est que c'est redoutable, dites-donc ! Laissez-moi deviner ? Les scientifiques qui ont bossé là-dessus sont devenu chef de projet chez Fisher-Price ?).


- La mythologie réinventée par un gosse de 6 ans ? #check. [Voix de monstre très angoissant et très monstrueux] : "Je lis la peur qu'il y a en toi, Eternal Child" "hein, quoi, comment ? Vous m'avez appelé comment, là ?" "ha ha ha, après plus de trente ans d'aventures, tu ignores donc encore qui tu es vraiment pour de vrai de vrai ? ! Comme c'est cocasse ! Heureusement que cette saison pourrie va nous l'apprendre et gare aux traces de paumes sur le visage, ça risque de chauffer pas mal" "merci monstre monstrueux" "mais de rien, Omnipotent Mind of The Free Planet from Space the Return" "De quoi ?" "non, rien. j'ai éternué, juste".


- Le Tardis qui est là juste parce qu'il doit y être ? #check. Il est plus grand, mais surtout beaucoup plus moche à l'intérieur, d'ailleurs, au passage.


- La morale niveau petit ours brun ? #check. Il faut faire confiance aux gens parce qu'on est plus mieux bien à plusieurs que tout seul. Et sinon les armes c'est mal, il faut toujours utiliser son intelligence à sa place (dit le perso qui ne s'en sort que parce que le scénariste lui balance pile de quoi s'en sortir à portée de la main à chaque nouveau danger. C'est un peu facile et condescendant, quand même, de critiquer les armes quand on est du genre à trouver un IEM 100% fonctionnel par terre quand on en a besoin. On verra s'il dira la même chose, le Doc, quand il devra tomber à Garmoulax du Chaos et qu'il aura le choix entre un fusil d'assaut et une collec de pogs).

 

Les acteurs, découvrant le script (allégorie).


- L'accessoire dont on sait qu'il va sauver tout le monde dès que le perso le sort de sa poche ? #check. "Et alors c'est un cigare magique que quand on claque des doigts, il s'allume tout seul". Mais bien sûr Roger. Déjà, c'est super dangereux, ton truc, te balade pas avec un jour de marché, ça pourrait te jouer des tours. Et ensuite, vu que ton cigare vient d'avoir plus de background et de character developement à lui tout seul que n'importe quel perso dans cet épisode, tu crois qu'on ne te voit pas venir ? En plus il fait gentiment rigoler, le Doc, quand il dit "pas d'armes", puis qu'il crame ses ennemis tranquille en mode napalm ("oui mais techniquement c'est pas une arme même si ça en a les effets". Doctor Connard, pour vous servir. D'ailleurs il n'était pas censé discuter un peu avec eux, d'abord, avant de les transformer en méchoui géant ? Essayer de les raisonner, comme il l'a fait sans raison apparente avec le tueur à la tronche pleine de dents dans l'épisode précédent ? Non ? Pourtant, ça parle, ça a l'air intelligent, ça mérite au moins la même chance qu'une version Leaderprice de Predator - en parlant des bouts de tissus volants : ce dont il s'agit véritablement, et comment ça fonctionne, on n'en saura jamais rien non plus, d'ailleurs. C'est des bouts de tissus qui volent, qui pensent, qui parlent, qui lisent dans les esprits et qui absorbent les peurs des gens. Encore deux semaines d'expérimentations et ils faisaient aussi couteau-suisse, le café et du ski sur gazon . La science for the win ).

- Bon et puis je chipote mais le gars typé maghrébin, dans une tente pleine de  coussins et de tapis, au milieu du désert, franchement, c'est du cliché old school dont on se passerait bien, surtout après le plat à tajine de l'épisode précédent.

 

Ha mais ça y est, ils ont lancé la préprod' d'Iznogoud 2 ?


- Et sinon, les ruines, vous pouviez pas juste les contourner, bande de tarés ? ("ha ben non, le gars-qu'on-sait-pas-qui-c'est il a dit qu'on devait les traverser" "Il avait pas dit qu'il fallait traverser la montagne, aussi ? Celle qu'on a pris un raccourci pour l'éviter" "Ha ouais, merde").

 

 - Last but not least : ce sera exploité un jour dans le script, le fait que le Doctor soit devenu une femme, ou c'était juste du bon gros produit d'appel dégueulasse pour survendre la nouvelle saison (je colle un point d'interrogation pour la forme mais ce n'est pas une vraie question) ? Non parce que bon, une réplique en deux épisodes, je veux pas paraître tatillon mais c'est un peu léger pour justifier ce qu'on nous présente comme une révolution. Je sais pas, moi. Quand on est scénariste et qu'on fait ce genre de choix, c'est pour l'exploiter ensuite, pas juste pour faire joli sur les couvertures des programmes TV parce que dans ce cas présent, ce serait grave sexiste. Le gars, il change le sexe du Doctor et ma foi, pourquoi pas, hein. Moi ça m'a gonflé parce que ça avait déjà été (bien) fait avec le Master, donc c'était redondant, mais bon, ça n'empêche, ça se défend. Mais si pour Chibnall, faire du Doctor une femme, c'est juste comme changer la couleur du Tardis, ben comment dire... c'est pas super féministe-friendly, comme démarche. Après, bon, j'ai beau avoir pris le bonhomme en grippe (c'est de saison), j'espère toujours au fond de moi qu'il n'a pas fait ce choix parce que son Doctor est plus doux et plus maternant. Non. Non, pas possible. ça ne peut pas être ça. Même Chibnall ne peut pas être aussi... Chibnallesque. Dites-moi qu'il ne peut pas être aussi Chibnallesque, et qu'on n'est pas en train de faire un bond de quinze ans en arrière, en matière d'héroïnes TV...

 

 - Ha et puis dans le même ordre d'idée, ça, j'avoue, je ne l'avais pas vu venir, mais j'aurais dû aussi.

 

N'empêche que mine de rien, quand on regarde cette vidéo (antérieure à la diffusion de ces deux épisodes), on comprend bien des choses :

 

 

 Et puisqu'on est lancés...

 

Bon et puis la semaine prochaine, un épisode historique sur, ô surprise : Rosa Parks.

Dans ces conditions, franchement, qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?

 

 

[MISE A JOUR]

 

"Qu'est-ce qui pouvait mal tourner ?", écrivais-je donc la semaine dernière, en espérant toujours que la série me ferait mentir et se mettrait un peu la pression, compte tenu de la gravité du sujet traité.

Pensez-vous !

Après deux épisodes aussi consistants qu'un Chipster Marque Repère, on était en droit de penser que l'arrivée au générique d'un nouveau scénariste (et même : d'UNE nouvelle scénariste) pourrait redorer un peu le blason narratif de la série - qui ne risquait plus grand chose de ce côté là). Mais comme disaient très justement les frères Elric : nous nous trompions, et il nous a fallu céder quelque chose pour l'apprendre.


Allors voilà, jusqu'ici, j'ai été gentil, j'ai été patient, j'ai été bienveillant. Un peu caustique, certes. Mais j'ai souri et plaisanté parce que bon, ça va, ho, un extraterrestre qui voyage dans l'espace et le temps dans une cabine de police, mollo le fanboy, c'est pas non plus Shakespeare ou un meeting La Manif pour Tous, y'a pas d'enjeux, c'est du divertissement et si c'est mauvais, ma foi, c'est sans importance, ce ne sont que des histoires d'aliens et de pioupiou lasers, ça cassera pas trois pattes à un canard vénusien.

Evidemment, avec un sujet aussi brûlant que celui de la ségrégation, on ne pouvait pas (ou du moins : on n'aurait pas du pouvoir) se permettre d'aborder les choses avec une telle légèreté (pour rester poli), confinant à l'inconscience satisfaite de celui qui ne possède qu'une culture historique de surface.
Et c'est moi qui dit ça.


Co-écrit par Chibnall (suuuurprise), cet épisode n'est pas qu'une insulte au spectateur, comme l'étaient les deux précédents, c'est aussi et surtout une insulte à Rosa Parks, à Martin Luther King et à tout ce, tous ceux qu'ils ont représentés, réduits ici à l'état de mascottes et d'attractions Disneyland au rabais.


Les personnages eux-mêmes nagent en plein dans le tour operator, la visite guidée barbe-à-papa à la main, résistant difficilement à l'envie de se prendre en selfie bras dessus bras dessous avec ces illustres figures historiques, traitées ici avec une condescendance vomitive (la bande-son ridicule achevant d'enfoncer le clou avec des gimmicks si grandiloquents qu'ils en deviennent involontairement comiques. La tristesse est totale).


Une fois de plus, rien dans l'intrigue ne fait sens, tout n'est que prétexte et cette énième course contre la montre, une fois de plus, espère dissuader le spectateur de se poser les questions qui fâchent - en vain. A commencer par :


- A quelle époque Ryan envoie-t-il le vilain méchant de l'épisode, et que devient-il là-bas ?
OSEF !
Quels dégâts il pourrait faire dans un lointain passé, hein ? C'est pas comme si le mec, sa spécialité, c'était de faire dérailler l'histoire en altérant de simples petits détails sans importanc... OH WAIT !

 

Alors la bonne nouvelle, c'est que si on ne fait pas trop de bruits,

on peut peut-être s'enfuir par la porte du studio. Chibnall a oublié de la verrouiller.


Voilà résumé en une seule pirouette toute la nullité superficielle de l'écriture Chibnallesque.
Pour le reste, sans surprise, c'est du niveau Chibnall de base :


- Le Doc et ses compagnons sont aux Etats Unis dans les années 50 mais OSEF du briefing, hein, ramassons des gants par terre et allons manger de steaks tranquilou, c'est la maison qui offre, qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? P*tain mais MEME moi j'aurais demandé à tout le monde de rester prudent et d'interagir a minima, voire de ne pas descendre du TARDIS du tout ! ET LA ILS VONT DANS UNE P*TAIN DE STEAKHOUSE ! Avec un black et une pakistanaise ! Mais c'est quoi, le problème de ce nouveau Doc ? Il a des envies de suicide ou il veut juste se débarrasser de ses compagnons sans attirer des soupçons ni rien ?


- Non parce que quand plus tard, il faut convaincre des blancs de prendre le bus, qui pourrait-on envoyer faire le boulot en pleine nuit, hein ? Ryan, bien sûr, qu'est-ce qui pourrait re-mal tourner ? Comment ? On a retrouvé son corps sans vie dans le Mississipi ? Ha ben balancez donc une séquence émotion de vingt deux secondes, comme pour sa grand mère, et on n'en parlera plus, comme pour sa grand mère. Hein, quoi ? Il s'en est sorti sans encombre ? Ha bon ben d'accord alors. La prochaine fois, on prendra pas de risques, on lui nouera directement une corde autour du cou.


- Bon, après, le Doc et sa bande ont quand même de la chance que tout le monde soit teubé, dans les années 50 (ben oui, quoi, c'était les années 50 ! C'était pas comme nous les millenials ni rien qu'on est trop l'aboutissement de l'humanité t'as vu !), ça permet de mettre en place de plans à la Scoubidou qui ne fonctionneraient pas avec des gens normaux en face, du style (mais sans caractère limitatif) "youhouuu je débarque de nulle part, je te pose plein de questions intimes sur ta life mais c'est pour une tombola mais si j'te jure wallah la vie d'Nameck" ("mais, euuuh, je suis la seule à participer ou bien ça se passe comment ?"), ou du style "youhouuuuu je viens te proposer de ne pas aller bosser aujourd'hui mais je te jure wallah, la vie d'Popeck, t'as gagné à une tombola, tout a été arrangé avec ton boss, tu peux y aller sans crainte mais par contre, bon, faut partir maintenant, hein, on a pas la journée !" ("mais, euuuuh, j'ai participé à aucune tombola, moi... Oh et puis zut, quelle importance !"), ou encore du style "holalala dis-donc je discute un peu avec toi allez on est potes de billard allez je débarque sur ton lieu de pèche préféré avec mon petit fils noir mais osef, allez, tiens, je t'ai volé un bus, sans rancune, t'as vu ?" ("allo ? La Police ?"), ou comme "holalala j'ai abîmé mon manteau et il est super important, il faut le recoudre là maintenant c'est un super manteau et vous savez bien comment sont les anglais t'as vu allez vite, vite, vite, on s'active !" ("mais vous étiez pas la femme de la tombola ? Celle qui a demandé à son pote black de me suivre jusqu'à chez moi ? Vous me prendriez pas un peu pour une connasse ?"). Et là, pardon mais je vais exploser un peu. Parce que ça va bien deux secondes, oh, le jeunisme de merde. Je n'y connais pas grand chose à la grande histoire, peut-être, mais s'il y a bien une chose que je sais (et que les audiences de cet épisode confirment), c'est qu'ils n'étaient pas plus cons dans les années 50 qu'aujourd'hui, hein. C'est pas parce qu'ils n'avaient pas Snapchat, Wikipedia et Akinator qu'ils n'avaient pas une intelligence comparable à la nôtre, hein. C'est pas des genres d'hommes préhistoriques juste parce qu'ils sont coiffés à la Jackie Kennedy, p*tain. Sérieusement, il va vraiment falloir arrêter avec ce complexe de supériorité mal placé juste parce qu'on a abaissé le niveau du bac sous le niveau de la mer et qu'on a eu 12/20 juste parce qu'on sait écrire son prénom sans faute. ça devient franchement embarrassant. Surtout si au final, c'est pour faire passer une femme comme Rosa Parks pour une demeurée totale. Je suis le seul à avoir envie de hurler quand je vois ça, ou pas ?

 

Chut. Si on ne fait pas trop de bruits, Chibnall ne nous retrouvera peut-être pas

et on pourra aller auditionner pour une vraie série.

 

- Dans le même ordre d'idée, je trouve profondément abject qu'on puisse suggérer que le combat contre la ségrégation ait pu se réduire à ce seul "moment" et à l'action d'une seule femme - si courageuse et inspirée fut-elle. Parce que c'est manquer de respect aux milliers d'autres personnes qui se sont battus de conserve pour que les mentalités évoluent. ça revient à les balayer d'un revers de la main, comme si leurs  propres combats n'avaient pas eu le moindre impact ni la moindre importance. Dans leur script, les auteurs font comme si tout n'avait dépendu que d'un seul acte, de la part d'une seule personne, sans laquelle rien ne serait arrivé, alors qu'il s'agissait du combat de toute une communauté, voire de toute une société, auquel l'acte en question a servi de catalyseur. Suggérer que sans Rosa Parks, personne ne se serait battu ni n'aurait fait avancer le monde, c'est cracher au visage de toutes celles et ceux qui ont oeuvré dans ce sens à l'époque. A titre personnel, ça me révulse.


- Last but not least : à quel moment exactement le scénario est supposé tenir debout ? Non parce que bon, plutôt que de se disperser dans cette course contre la montre artificielle et mal rythmée, est-ce qu'il n'aurait pas été plus judicieux, je ne sais pas moi, à tout hasard - et notez que c'est juste une suggestion, hein, je ne suis pas un extraterrestre vieux de quatre millions d'années - de CAPTURER LE GARS vu qu'il ne peut faire de mal à personne ? Est-ce que ça n'aurait pas genre RÉGLÉ TOUS LES PROBLÈMES AVANT MEME QU'ILS NE SE PRESENTENT ? Surtout si c'était pour l'envoyer dans le passé, au final, sans que le Doc ne flippe à aucun moment des dégâts qu'il pourrait y causer ni n'engueule Ryan pour son acte quelque peu "inconsidéré" ! Non parce que si l'excuse, c'est "oui mais maintenant, le Doctor, c'est une femme, il ne peut plus se battre", déjà, sur le plan féministe, ça me collerait quelques suées nocturnes, mais en plus, bon, c'est pas comme si on l'avait vu paralyser un gars du bout du petit doigt dans l'épisode précédent, ni rien. C'est vrai, quoi ! Une même attaque ne marche jamais deux fois dans une même saison, chevalier ! Ne t'a-t-on donc rien appris aux Cinq Pics en Chine ? Et puis c'est pas comme si le Doc pouvait bipper les Judoon ou faire appel à la Shadow Proclamation, noooon, penses-tu ! Que les crimes temporels soient leur juridiction, ce n'est qu'un (énième) détail sans importance... si on devait toujours réfléchir de façon logique, il n'y aurait jamais d'histoires (quand on est un tâcheron, oui, c'est sûr) ! Du côté du méchant, c'est guère mieux, d'ailleurs : il ne peut faire de mal à personne, d'accord, ça on a bien compris. Ce qu'on comprend beaucoup moins, c'est : pourquoi n'engage-t-il pas un ou deux rednecks pour faire le boulot à sa place ? C'est pas comme s'il aurait eu du mal à en trouver ni rien ? Et même, tiens : pourquoi il ne s'est pas contenté d'envoyer Rosa au 57ème siècle avec son weeping-angel-gun ? Ben oui. Pourquoi il a carrément pas fait ça ?

 

Bref, en un mot comme en cent, un épisode calamiteux de bout en bout, dont le récit n'a lieu d'être que parce que les personnages principaux ont le bon sens à l'envers (comme c'est commode), et qui n'existe (cessons donc de jouer aux cons, s'il vous plaît) que parce que Chibnall voulait traiter la question du racisme en mode Twitter ; et sur ce plan, c'est une réussite, que ce soit dans la peinture naïve, bidimensionnelle, manichéenne et stéréotypée de la société de l'époque ou l'absence de finesse avec laquelle sont présentés les "méchants blancs" qui ne sont que ça : des "méchants blancs", avec des têtes et des manies de méchants blancs. Y'en a même un qui est venu du 57ème siècles pour empêcher les Noirs d'accéder à l'égalité, alors qu'il vit sans doute entouré de dix mille millions d'espèces extra-terrestres et qu'un peu plus de mélanine dans la peau doit être la moindre des différences avec laquelle il doit composer mais comme disait l'autre (et l'autre, on l'aura compris, c'est Chibnall) : OSEF C DOCTOR OU ! Au passage, l'épisode nous donne une assez bonne idée de ce qui nous attend en matière de fictions avec l'avènement de ces chevaliers blancs (insistons sur ce dernier point) qui n'ont ni intelligence véritable, ni réflexion, ni culture, ni aucune capacité à appréhender des faits au-delà de la seule surface des choses. Car si lutter contre les préjugés et le racisme via une oeuvre de fiction populaire est une noble ambition - qui a notamment distingué en leur temps les X-Men du reste de la production super-héroïque -, Chibnall et sa consoeur livrent ici une caricature de racisme douloureuse de manichéisme et d'autosatisfaction dégueulasse, avec des scènes d'une rare complaisance, façon "Oui-Oui et sa chaussure en match de 4 à 4 contre Jean-Marie Le Pen et Marion Maréchal". Ma foi. Que pouvait-on attendre de mieux de la part d'une auteure de page-turners pour ados qui s'est fait connaître en réécrivant Roméo et Juliette dans un monde ou les Noirs gouvernent et où les Blancs sont opprimés.
TOP A LA SUBTILITÉ ET A LA SUBVERSION.
LOL.

 

Houuuuuu, je suis blanc et j'ai un blouson cuir, je suis donc un gros raciste ! CQFD !

 

Mais bon. Finalement, quand on prend du recul deux secondes, on se rend compte que cette saison de Doctor Who, pour le moment, tout bien pesé, ce n'est pas du Doctor Who. C'est du Sliders. Du MAUVAIS Sliders, qui plus est. Et cet épisode, plus encore que les deux autres. Sauf que bon, Sliders, c'était les années 90. Et quand c'était mauvais, c'était VRAIMENT très très mauvais.

Un mot à ce sujet, d'ailleurs, parce qu'on a longtemps accusé la série d'être sexiste, en ce sens qu'il n'y avait que des scénaristes "hommes". Suite à ce constat (légitime), on est allé chercher des scénaristes "femmes" pour la parité - et si je suis le premier à reconnaître que la qualité d'un scénariste ne se juge pas à ses attributs sexuels, il faudrait revoir l'entretien d'embauche parce que si ça consiste juste à embaucher des femmes parce que ce sont des femmes, c'est aussi, sinon plus, sexiste que de ne pas en embaucher du tout. Parce que jusqu'à présent, les femmes scénaristes qui ont travaillé sur la série ont livré quelques-uns des pires épisodes de l'ère New Who, et ce n'est pas peu dire (The Woman who lived, Thin Ice, Eaters of Light et maintenant ce "Rosa").


Une fois de plus, pas sûr que cela fasse passer le bon message non plus.

 

[MISE A JOUR]

 

Bon ben c'est bon, là, je crois que j'ai bien assez fait preuve de bienveillance comme ça.
Je ne lui ai pas laissé 1, je ne lui ai pas laissé 2, je ne lui ai pas laissé 3 épisodes pour faire ses preuves, à ce Doctor Who cuvée 11 !

JE LUI EN AI LAISSE 4 !


Et qu'est-ce que j'ai obtenu en retour ?
Hein ?
QU'EST-CE QUE J'AI OBTENU EN RETOUR ?


Des araignées mutantes en plastoc de l'espace.


Alors oui, le titre de l'épisode est excellent et mon petit doigt me dit que ce sera sans doute la meilleure trouvaille de la saison - et vraisemblablement la seule.


Pour le reste, inutile d'y aller par quatre chemins : c'est du Chibnall. ENCORE.

 

Ha, je crois que Joddie est tombée sur l'épisode à la TV...


Ce qui inclue, sans surprise :


- LES COÏNCIDENCES RIDICULES (on les attend désormais comme de vieilles amies qu'on est heureux de revoir chaque semaine, on leur tape la bise et on leur fait une ch'tite place dans le canap') : "hé mais en fait pendant tout ce temps on habitait tous en face les uns des autres et en plus la victime elle habite à côté de chez Yaz pendant que Graham a une araignée dans le plafond (de sa baraque, hein, comme vous y allez) et que la mère de Yaz travaille dans l'hôtel d'où viennent les araignées !". Que le monde est petit ! C'est pas sept degré de séparations, chez Chibnall. C'est maxi 1 et demi par jour de grand vent.


- LES REFERENCES QUI FONT TIEP : ça n'y a pas coupé une seule fois pour le moment. Avec Chibnall, le cahier des charges, c'est "placer une référence random à un personnage historique random d'une façon décalée rigolote random". Mais alors n'importe qui, hein, et n'importe quand, on s'en fout. L'essentiel, c'est bien d'en caler une ou deux par épisode de manière totalement gratos tout en faisant une blagounette anachronique pas drôle pour bien montrer que le Doc, il voyage dans le temps et qu'il est rigolol. Socrate il avait des lunettes et Virginia Woolf elle mangeait des macaronis au fromage. Hohoho, qu'est-ce que c'est fin, qu'est-ce que c'est fun, qu'est-ce qu'on rigo... ah tiens non. Dans le même ordre d'idée, il faut également placer une référence à une figure publique d'actualité, pour créer un lien direct avec la réalité du spectateur et susciter une connivence. Un procédé d'une ringardise égale, qui sonne tout aussi faux et agace plus qu'autre chose. Mais bon. Qui sait ? On aura peut-être droit à un clin d'oeil à Pewdiepie alors tout ça n'est peut-être pas si vain, en fin de compte.

 

Et y'a même du placement de produit pour Spider-Man sur PS4 ! Honte ! HONTE !!!


- LE GRAND BINGO TWITTER DES POLEMIQUES A LA MODE : là encore, le cahier des charges est clair, et ce n'est que cela : un cahier des charges, appliqué avec une rigueur mécanique et sans une seule once d'implication. Il faut toujours en revenir aux thématiques qui font vibrer les réseaux sociaux, de la façon la plus grossière, la plus forcée et la plus maladroite qui soit, en prenant bien garde à ne traiter le thème qu'en surface pour éviter tout risque de réflexion (ce serait dommage, les gens à qui on s'adresse ici ne sont pas habitués, et puis on fait du divertissement familial, on s'en voudrait d'empêcher les gens de dormir). Entre les références LGBT récurrentes tout aussi gratuites et poussives que les références historiques, qui ne sont là que parce qu'elles doivent être là (c'était déjà problématique dans la saison 10, par moments, mais là on bat des records. Comme quoi, les hétéros qui se piquent de traiter d'homosexualité, c'est plus embarrassant qu'autre chose. On est loin, très loin, du naturel et de la finesse décomplexée avec laquelle Russel T Davis traitait le thème dans ses saisons à lui - mais lui savait de quoi il parlait, au moins, et par conséquent il le faisait bien), l'anti-américanisme primaire (houlala le méchant américain qui pense que les flingues c'est la civilisation, Chibnall a vu un documentaire là-dessus sur Instagram), l'éco-citoyenneté niveau Babar (polluer c'est mal), l'anti-capitalisme niveau Dora l'Exploratrice (être riche c'est mal et ça pollue), l'anti-politicisme niveau Tom-Tom et Nana (être un politique c'est être riche et polluer) et l'anti-spécisme niveau Casimir, il y a encore de quoi se régaler dans cet épisode. Et cocher des cases dans la grille du bingo. Parce que non, ce n'est pas qu'une façon de parler, cette saison a visiblement été écrite comme un grand bingo du combat social à 2 de QI (et attention, je ne dis pas que les causes sus-mentionnées sont mauvaises, au contraire. A part l'anti-américanisme, je souscris à toutes. C'est la façon dont elles sont traitées et défendues qui, comme trop souvent sur le net, est d'une bêtise contre-productive, qui les dessert allègrement - mais a priori, rien que penser ça fait de moi un facho).

 

L'Amérique (vue par Twitter)


Pour ce qui est du reste, franchement, je n'ai plus envie de perdre mon temps à débunker l'épisode minute par minute, ça demanderait définitivement trop de boulot.

Notons simplement que :


- Ce que devient notre américain-primaire-fou-de-la-gachette- futur-président-des-Younailletide-Staitse ? L'épisode ne le dit pas.


- Ce que devienne les dizaines d'araignées mutantes prisonnières de la Panic Room ? Et, accessoirement, les centaines qui n'en sont pas prisonnières et éparpillées dans Londres ? L'épisode s'en bat les steaks.


- Pourquoi Graham et Ryan doivent capturer un spécimen ? L'épisode s'en tartine l'oignon avec de la sauce chili (et il aime ça).


- Ce que deviennent les gens prisonniers des cocons ? L'épisode leur souhaite un prompt rétablissement dans les catacombes minières des fondations de l'hôtel.


D'ailleurs, juste un mot quand même sur l'hôtel en question... bon, notez que je ne suis pas ingénieur ni rien, hein, j'ai pas fait d'études d'architecte mais enfin, je ne suis pas certain que construire un hôtel de luxe sur un terrain truffé d'anciens conduits de mine à l'abandon soit une excellente idée à moyen terme, surtout quand on utilise en plus ces conduits à l'abandon pour stocker à la sauvage des déchets toxiques.


Je dis ça, je dis rien.


Big up quand même à la séquence "capturons les araignées sur fond de rap pourri" qui aura su donner le ton juste à cet épisode complètement pété.


Non mais vraiment.

 

Et ne parlons pas de cette pauvre Yaz qui, à aucun moment, ne se souvient qu'elle est officier de Police : ni quand elle est braquée sans raison par les gardes du corps du méchant ricain, ni quand elle découvre des gens dans des cocons, ni quand elle tombe sur une décharge de produits toxiques illégale, ni quand elle apprend que la vie de tous les Londoniens peut être menacée par des araignées mutantes, ni même quand il s'agit d'arrêter ledit méchant ricain à la fin pour, a minima, ses malversations éco-financières.


Faisons donc un bilan de fin d'aventure.


Qu'avons-nous accomplis, braves gens ?


Nous n'avons sauvé personne, nous n'avons rien arrangé du tout, nous avons juste laissé mourir toute seule une araignée pas si méchante que ça et nous nous sommes barrés tranquilou, lâchant dans la nature le politicien corrompu et livrant la ville à des milliers de bestioles grosses comme des dobermans, comme si le problème était réglé, pendant qu'une multinationale véreuse pourra poursuivre ses malversations en toute impunité et que la mère de Yaz pointera au chômage à cause d'un licenciement rien moins qu'abusif. Merci Doctor !


Magique, vraiment.

Rappelons quand même que le métier de Chibnall, c'est scénariste.

Ce mec est payé pour écrire ces trucs.

Remarque, c'est sans doute mieux que si on lui avait confié un poste à responsabilité...

 

 

[MISE A JOUR]

 

Doctor Who, épisode 5.


Bon.


Est-ce bien encore nécessaire ?


Non, hein.


Je me disais aussi.


Nous voilà arrivé à la moitié de la saison. Dès les premières minutes, pour la seconde fois en quatre épisodes, le Doctor cause la mort brutale de ses compagnons, qui ne s'en sortent pas parce qu'il est génial, pas parce qu'il peut tout faire, pas parce qu'il est le plus-mieux-fort-de-tout-l'univers mais parce qu'un vaisseau-hôpital magique passait par-là pile au bon moment, parce qu'il fait aussi démineur à mi-temps. Le Doc et ses amis se réveillent donc miraculeusement dans le plus grand gaspillage de budget intersidéral du monde puisque ce gigantesque moyen de transport ultrasophistiqué compte dix passagers en tout (EN COMPTANT NOS QUATRE PROTAGONISTES ET LES DEUX MEDECINS, pour un total de DEUX PERSONNES NECESSITANT DES SOINS. Le trou de la sécu, dans le futur, c'est le nom d'une nébuleuse). Bon, allez, je suis mauvaise langue, ils ne restent pas dix longtemps parce que bien sûr, dans l'espace, personne ne vous entendra soupirer de consternation alors on embarque vite un onzième passager qui passait par là en mode random total, la faute à pas de chance (sans doute qu'il existe une loi de conservation des énergies qui oblige un Deus ex Machina positif à s'équilibrer avec un négatif, ou un truc dans le genre).

Voilà donc nos héros menacés par le fils illégitime de Stitch et de Donald Trump sans sa perruque (parce que rappelez-vous la leçon de l'épisode précédent : les ricains c'est des méchants), bien décidé à bouffer le vaisseau spatial en marinade. ça plaît d'ailleurs moyen à la station qui radiocommande le vaisseau à distance (les pilotes, c'est pour les faibles : rien de tel pour traverser un champ d'astéroïde qu'une bonne vieille télécommande des familles), laquelle menace de faire sauter l'appareil si ses passagers confirment la présence d'un alien hostile à bord.

 

 Cette photo est à elle-même sa propre légende.

 

Heureusement, le Doctor a l'idée géniale de répondre que non, non, il n'y a rien de tel dans les parages, indépendamment du fait qu'il y a des caméras partout, a priori, que tout est filmé et qu'accessoirement, ils viennent de consulter la base de donnée du bidule pour faire des recherches sur une espèce rarissime et particulièrement dangereuse. "Non mais les images, vous savez, on peut leur faire dire n'importe quoi, hein. Non, franchement, ils disent que tout va bien, c'est que tout va bien. On ne va pas commencer à psychoter parce qu'ils ont perdu toutes leurs capsules de survie, ça n'aurait aucun sens. Allez, on leur reposera la question deux fois et si vraiment, au troisième coup, ils nous disent toujours qu'il n'y a pas d'alien, on fait tout sauter ! ça vous va, comme ça ?" (c'est quand même sympa de leur part de donner la possibilité de démentir deux fois ce qu'ils savent pourtant pertinemment. Par contre, la troisième fois, c'est un peu une escroquerie parce que si tu démentis, ils font tout sauter et si tu ne démentis pas, ils font tout sauter aussi. J'adore ces mecs. Ils ont tout compris à la fonction publique).

Donc vous l'aurez compris, la menace est grande, même si l'alien fait la taille d'un Pokemon. Dès lors, toutes les ressources humaines et non-humaines sont mobilisées : pendant que le Doc cherche comment se débarrasser de la bestiole, la moitié des héros... passe l'épisode entier au chevet d'un homme enceint pour l'aider à accoucher (il fallait bien que quelque chose comme ça tombe tôt ou tard : ça fait partie du bingo dont je parlais la semaine dernière), dans une embarrassante succession de scènes inutiles tout droit sorties des pires comédies beauf des années 80 (seule différence : on remplace la future maman hystérique par un futur papa, et tout à coup, ce qui était une caricature bas du front devient trop-lol-t'as-vu).

Mais bon, heureusement, le Doc est là pour essayer de suivre le fil narratif le plus artificiellement emberlificoté de l'histoire d'une série dans laquelle un vieux schnock de l'espace voyage dans une cabine à remonter le temps. Après un loooong cours magistral sur l'antimatière bien didactique à la "Il Etait une Fois tes Cours de Physique" (parce que la série doit désormais apprendre des choses aux enfants, c'est dans son profil de poste), le Doctor comprend que la bestiole a été attirée par le vaisseau parce qu'elle se nourrit d'énergie et du coup, forcément, au milieu du vide infini, elle ne risque pas d'en trouver beaucoup et du coup, un vaisseau, c'est une aubaine et... COMMENT CA LE VIDE INFINI C'EST BOURRE D'ENERGIE ? ! COMMENT CA UN VAISSEAU C'EST QUE DALLE EN COMPARAISON ? COMMENT CA CA SERT A RIEN DE PARLER D'ANTIMATIERE SI ON NE SAIT MEME PAS DE QUOI QU'ON CAUSE ? Mais personne lui dit jamais rien, à Chibnall, aussi ! Bref, l'alien a préféré bouffer du vaisseau en carton plutôt que de la géante gazeuse, hein, mais osef, on a tous le droit de préférer la junk food, hein, qui c'est que ça intéresse encore la cohérence !

Sur ces entrefaites, après une série de discussions et de rebondissements tous moins rythmés et plus laborieux les uns que les autres (impliquant l'utilisation d'une serviette magique king size que le Doc gardait visiblement sur lui "au cas où"), la station veut déclencher la bombe parce qu'on a beau être des médecins et tout, on n'a pas vocation non plus à ne pas faire de mal aux innocents. faut pas tout mélanger, merde à la fin ! Heureusement, le Doctor a réussi à détourner le signal, pendant qu'un des passagers a pu bricoler sans outils ni matériel un mix entre une station kinect et un dance-dance revolution du trente et unième siècle, avec détecteurs de mouvements et jantes alliage (tout ça, en trois minutes, excusez pour l'attente, il avait un lacet défait), permettant à sa soeur pilote d'élite (décorée de l'école du comme-par-hasard) de sacrifier héroïquement sa vie en pilotant pour la dernière fois l'engin jusqu'à sa destination.

Finalement, son sacrifice n'a pas été vain, l'alien mange la bombe conformément au plan du Doc et est éjecté dans l'espace, rassasié, l'heureux papa accouche d'un beau garçon et le frère ingénieur reprend les commandes du vaisseau pour l'amener à sa destination.... Tout est bien qui... euuuh... attendez, un peu, là... si le frère peut piloter, POURQUOI IL L'A PAS FAIT DEPUIS LE DEBUT, CE CON, AU LIEU DE LAISSER SA SOEUR S'Y COLLER EN SACHANT QU'ELLE N'EN RECHAPPERAIT PAS ?

 

 Cette photo est a elle-même sa propre légende aussi.

C'est même la légende de toute la saison 11.

 

Et alors juste, que ce soit bien clair, qui est-ce qui dirige cette station spatiale médicale, au juste ? Non parce qu'après avoir voulu faire sauter des innocents, hein, voilà qu'ils les accueillent à bras ouverts, en dépit du fait qu'ils ont eu un alien super-maxi-dangereux à bord, que les passagers leur ont menti trois fois, qu'ils ont bidouillé un faux signal pour les tromper, et qu'ils ont hacké les commandes avec une pince à linge et deux trombones... "dans trois heures, vous serez libres de prendre un téléporteur pour retourner à votre appareil", qu'elle conclue, la doctoresse, avec un optimisme flippant. Ha ben ça va, les mecs en face ne sont ni très rancuniers, ni trop regardant sur les responsabilités civiles et financières.

Non, ils vont juste laisser de parfaits inconnus utiliser leurs ressources pour se téléporter impunément sur la planète-décharge du début (mais si ! Souvenez-vous ! Celle où il n'y a pas de téléporteur, où on risque de tomber sur une mine sonique à tout moment et où le Doctor cherchait - peut-être en vain - des éléments pour faire redémarrer son Tardis en rade ! Celle sur laquelle ils avaient prévus de passer des mois à fouiller les poubelles dans l'espoir de trouver de quoi faire redémarrer sa grosse merde bleue, là, alors que si ça se trouve, selon lui, c'est peut-être même pas la bonne planète et du coup ils risquent d'y croupir pour l'éternité . Encore un happy end magique, ou je ne m'y connais pas).


Remarquez, vu ce qu'ils annoncent pour la semaine prochaine, ce serait peut-être mieux pour tout le monde.


Non parce qu'après la ségrégation, la colonisation de l'Inde... c'était quoi, déjà, l'expression consacrée ?


Ah oui.


"Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?".

 

 

[MISE A JOUR]

 

Doctor Who, épisode 6.

 

Chibnall passe ENFIN la main en tant que scénariste - et abracadabra, le bond qualitatif est manifeste. Entendons-nous bien, ça reste très moyen, trop démonstratif, mal équilibré, mais dans le cadre de cette saison, grâce aux merveilles de la psychologie inversée, le "très moyen" tient déjà du chef d’½uvre. Les personnages cessent de courir tout le temps pour rien et commencent à parler entre eux, les incohérences se sont mis en RTT (faut dire qu'elles en avaient cumulé un paquet, aussi), le scénario prend le temps, se pose, n'oublie pas l'humain au profit de la péripétie, on a enfin l'impression "qu'il se passe des trucs" (en profondeur, et pas juste en surface).


Le trait est hélas toujours forcé, les personnages caricaturaux, les dialogues maladroits (parfois), le jeu d'acteur à l'avenant, les scènes cliché (parfois) mais Chibnall a placé la barre tellement bas que son challenger-de-la-semaine la saute en fossbury.

 

 - Et toi, t'as des plans pour l'après-Doctor Who ?

- Ben il paraît qu'ils recrutent chez Burger King alors je me suis dit "j'ai mes chances".


Difficile, cependant, de ne pas s'agacer de ce ton ostensiblement moralisateur, qui s'inscrit dans le prolongement des épisodes précédents et tape sur le système tellement il est dénué de finesse.


N'y aurait-il pas déjà eu cinq épisodes dans le même genre qu'on pourrait fermer les yeux sur ce nouveau cours magistral porté sur la culpabilisation, et même lui trouver une vraie pertinence, une vraie force narrative.


Mais après cinq fois cinquante minute de "les américains c'est des méchants, les blancs c'est des méchants, les hommes c'est des c*nnards et les vaches seront bien gardées", c'est le cubitainer d'eau qui fait déborder la coupe à saké.


Je ne sais pas qui a pensé que les gens normaux auraient plaisir à suivre une série qui passerait son temps à les humilier et à les traiter comme, jadis, on traitait Daleks et Cybermen, mais clairement, il a loupé son jet de Psychologie de Base.


Les audiences qui s'effondrent (légitimement) tendent à le confirmer.


Et c'est bien fait pour eux.

 

[MISE A JOUR]

 

Doctor Woke épisode 7 (plus que trois, youpi).

Donc là, ça y est, c'est bon, je crois que j'ai compris ce qu'ils essaient de faire, en fait. J'ai pigé la ligne directrice. Chibnall a décidé que Doctor Who serait un Black Mirror pour les 6-8 ans. Et bon, autant la partie Black Mirror est complètement foirée, autant la partie 6-8 ans est réussie. La preuve : on a vraiment l'impression que c'est l'âge de ceux qui écrivent les scénarios.

Du coup, chaque épisode se doit de dénonçailler une grande injustice identifiée et montée en épingle par les réseaux sociaux d'extrême gauche.


Aujourd’hui : les conditions de travail chez Amazon.


Ha non mais c'est bien, tout cet imaginaire, on voyage, on voit d'autres choses, c'est chouette.

Trois minutes, c'est à peu près le temps qu'il faut pour commencer à s'agacer, quand les dialogues virent au vieux tract syndicaliste et qu'on commence à voir la tête de Mélanchon superposée à celle de Jodie Whitakker. Non parce que toutes cette mécanisation, ces robots, ces quotas, cette course à la rentabilité, c'est pas bien, vous comprenez. Macron, démission !

 

On a donc pêle-mêle :

 

- Des robots censés inspirer la confiance aux consommateurs. Et alors on va encore dire que je pinaille mais quand tu designes un robot censé inspirer la confiance aux consommateurs, tu évites de lui coller des yeux rétro-éclairés et le sourire d'un psychopathe de film d'horreur sans quoi tu risques de déstabiliser ton c½ur de cible. Un peu plus tard, le Doctor reproche à ses compagnons d'être robophobes, ok, d'accord, c'est pas bien, mais en même temps, c'est plus facile d'être open mind si le robot en question n'a pas la tronche du clown de « ça ».

 

Totale confiance on vous dit ! Arrêtez un peu avec la robophobie !

 

- Une méchante multinationale qui empêche ses employés de discuter (!), qui écoute leurs conversations (!!), qui leur parle mal (!!!) et qui les oblige à travailler sur leur temps de travail (!!!!). Et quand tu vois ça, tu te dis qu'effectivement, les nouvelles générations risquent d'avoir vraiment un problème pour s'insérer dans la vie active. Manquerait plus qu'on leur demande d'arriver à l'heure et si possible avant dix heures du matin.

- Un twist que tu devines dès les premières secondes (qui a envoyé le message de détresse ? Haaaa haaaaaaaa !) (non, la vraie question, ici, c'est : « comment l'I.A. qui gère Amazon connaît l'existence du Doctor et sait qu'il va pouvoir l'aider ? ». Ils l'ont couplé avec Akinator ou comment ça se passe ? Et genre, elle aurait pas juste pu appeler la Police de l'Espace, et sans tout le côté cryptique ?).

- Des gentils employés plein de rêves et d'histoires de famille qui font pleurer de l'oeil, et un méchant patron constipé qui fait tout le temps la tête et qui harcèle les gens pour le plaisir d'être méchant avec eux (du coup, paf, tu sais d'emblée qu'en fait, il est gentil mais qu'il est juste là pour nous détourner du vrai méchant de l'histoire. Il n'est juste pas très très doués pour exprimer ses sentiments de gentil, c'tout. Alors il insulte les gens. Narmol).

- Ryan qui se souvient ENFIN qu'il est dyspraxique (mais si, souvenez-vous, ils ont abandonné l'idée à partir de l'épisode 3, vu que ce détail n'était là que pour séduire un « certain public »), même s'il ne sait toujours pas exactement en quoi ça consiste et si ça n'apporte rien à l'action ou aux problématiques qui s'ensuivent.

- Un système de désinfection de colis qui tire des rayons lasers, parce que quand le colis il est réduit en poussière, il est bien désinfecté, ça, c'est sûr. Et sinon, le mécano, il aurait pas pu prévenir Ryan et Yaz au lieu de sauter avec eux dans le conduit en mode YOLO ?

 

The Confiance is over 9000.

 

Et puis vient l'heure de la révélation, et là, on passe de la consternation à la stupéfaction. Voire à l'admiration. On n'en croit pas ses yeux. Ni ses oreilles, accessoirement.


Comment ?
Quoi ?
Qu'est-ce qui vient de se passer ?
On a bien vu, vraiment ?

 

La saison 11 ne viendrait-elle pas d'être hackée par un scénariste-troll retord et fier de l'être ? Un agent infiltré ? Un frère de c½ur et d'âme ?


En tout cas, une chose est sûre, ce mec n'est plus près d'écrire pour la série...

 

Car figurez-vous que le grand méchant de l'épisode n'est ni Amazon, ni le dirigeant d'Amazon, ni la robotisation d'Amazon, ni la façon dont on traite les gens chez Amazon, non. Le grand méchant, c'est le gentil technicien vingtenaire plein de grands idéaux qui veut lutter contre tout ça « au nom de l'humanité ». Quitte à tuer deux ou trois millions de personnes pour éveiller les conscience. Narmol aussi.

 

Ha ouais. Respect. Je l'ai pas vu venir, celle-là. Et je peux vous dire que ça râle, sur le net, ce qui justifie pleinement l'existence de cet épisode globalement médiocre, mais qui à au moins le mérite de ressembler à un épisode de Doctor Who, avec ses robots fllippants, ses morts vachardes et son cadre rétro-futuriste plutôt sympa. Rien d'original ni de bien ficelé pour autant, et pour cause : après sept épisodes d'observation, on peut laisser tomber le bénéfice du doute et mettre le doigt où ça fait mal : le Doc et ses compagnons. A l'exception de Graham, ils sont mauvais. Mauvais dans l'écriture, mauvais dans l'idée de départ, mauvais dans l'interprétation (voire pas interprétés du tout, big up à Yaz et Ryan), de sorte qu'ils suffiraient à plomber n'importe quel épisode rien qu'en apparaissant à l'écran. Sept épisodes, et on a toujours l'impression de regarder une adaptation live de Scoubidou, si c'est pas triste, quand même... Passé l'effet « découverte », Whittaker confirme qu'elle n'a rien d'une bonne actrice et saborde le peu (trop peu!) de scènes relativement consistantes qui lui sont dévolues. Un gâchis pur et simple.

 

Trop de confiance tue la confiance.

 

Bon et puis quand même, à la fin, les dirigeants d'Amazon ouvrent les yeux et décident d'octroyer à leurs employés des aller-retours en navette gratuits et deux semaines de congés payés, youpi c'est la fête. Ce qui invalide genre complètement le grand speech du Doctor, alors qu'il sermonnait notre Ché Guevara du Colissage en lui disant que non, tuer des gens n'amènera aucun « mieux », faut pas et en plus c'est pas bien. Ben si, ça a marché, la preuve. OWNED, le Doctor. C'est ballot. Sans compter que bon, je ne veux pas gâcher leur bel enthousiasme, aux dirigeants d'Amazon, mais enfin ils viennent quand même de perdre la totalité de leurs robots-livreurs dans une explosion gigantesque qui a anéanti le sous-sol de la boîte, ce qui doit se chiffrer en milliards de dégâts. Alors il va peut-être falloir faire un peu les comptes quand même avant d'envisager de recruter en masse. Je dis ça, je dis rien.

Enfin bon, une fois de plus, tout est bien qui finit bien, le Doc et ses amis peuvent reprendre leur voyage vers nulle part le c½ur léger et l'âme en paix – mais avec le sentiment persistant d'avoir (une fois de plus aussi) oublié quelque chose. Mais bon. Rien d'important, sans doute. Au pire, ça leur reviendra.

Oui hein. C'est pas comme si l'I.A. qui gère Amazon a elle-même zigouillé une vingtaine de personnes « juste pour attirer l'attention », hein. Ou pour « montrer au méchant mécano ce que ça fait de perdre des gens qu'on aime ». Whatever. Non, après tout, c'était juste un appel à l'aide. Certes très maladroit, mais hé, on a tous nos limites, c'est pas pour ça qu'on devrait la débrancher et la débugguer avant de la relancer, pensez donc ! Laissons-lui le contrôle des milliers de robots qui restent ! Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?

Puisqu'on en parle, la semaine prochaine : troisième épisode « historique » de la saison (jusqu'ici, rappelons que les saisons précédentes n'en comptaient qu'un... mais comprenez un peu ! C'est qu'il y en a, des choses à dénoncer !), cette fois sur la chasse aux sorcières. Un sujet choisi tout à fait par hasard et qui ne donnera absolument pas lieu à de grands élans moralisateurs, non, non, non... Pensez-vous.

Ce sera bon enfant, on vous dit.

6 ou 8 ans, pas plus.

 

 

[MISE A JOUR]

 

Bon, pas possible d'y couper, il faut boire le plum-pudding jusqu'à la lie. Mais le c½ur n'y est plus, et la lassitude a pris le relais. Aussi ferons-nous bref.

Doctor Wok, épisode 8 (oui, finalement, j'ai enlevé le « e » à woke, parce qu'avec cet épisode, c'est officiel, on entre de plain pied dans le registre du légume grillé).

En effet, à trois épisodes de la fin de la saison (DIEU MERCI !), si je peux encore accorder un mérite à cette onzième cuvée, c'est qu'elle n'en finit pas de me surprendre. Alors que je pensais avoir tout vu d'elle (jusque dans sa plus embarrassante nudité), et que j'avais baissé ma garde en conséquences, convaincu qu'elle avait touché le fond, elle réussi encore à s'enfoncer, lentement, mais sûrement, dans une boue métaphorique qui évoque à juste titre le « grand méchant » dans ce nouvel épisode Histo-hystérique.

 

Boue ! (comme on dit à Halloween)

 

Non parce qu'on peut (et même : on doit) applaudir Joy Wilkinson d'avoir réussi à écrire plus mal que Chris Chibnall, ce n'est définitivement pas un mince exploit - et je suis sûr que même le manga de Maître Gims pourrait nous le démontrer objectivement.

Après, ne soyons pas injuste pour autant : au moins, le fond de l'épisode reste très « Doctor-Whoesque », et c'est toujours ça de pris. En saison 2 ou 3, entre les mains d'un vrai scénariste (du sexe de votre choix, ne commencez pas à me chauffer les oreilles parce que votre esprit limité n'a toujours pas intégré le neutre), ça aurait même pu donner un double épisode assez sympathique. Sauf que nous ne sommes plus en saison 2 ou 3 et une fois de plus, les raisons de le déplorer ne manquent pas.

Aussi, penchons-nous donc un peu sur ce nouveau désastre.

Et quand je dis « penchons-nous », ce ne sont pas que des paroles en l'air vu que c'est l'épisode tout entier qui est de traviole. Pas seulement sur le plan du scénario, non, ce serait trop facile. Sur le plan des images aussi. J'ignore ce qui a convaincu la réalisatrice que c'était une idée géniale de cadrer les trois quarts de ses plans en diagonale, ou de décaler systématiquement ses (trop nombreux) close-up à droite ou à gauche, mais visuellement, on en arrive vite à se demander si elle n'a juste pas monté son matos à l'envers.

Après, bon, je suis peut-être un peu vieux jeu mais j'aime bien quand une histoire a une introduction et une conclusion, hein. Je sais, c'est très réac', comme façon de voir les choses, mais je trouve que ça a un certain charme, quand on s'embête à introduire l'histoire, les enjeux et les personnages, au lieu de tirer sur la languette du Flamby scénaristique et de le regarder se démouler tout seul dans la gamelle... Bon, je comprends bien aussi que ça obligerait à faire une croix sur des péripéties inutiles à la Scoubidou, encore, comme de suivre des pseudos-sorcières jusqu'à un manoir pour aller y chercher une hache qui ne sert absolument à rien dans l'intrigue. Au moins, l'action, ça ne laisse pas au spectateur le temps de réfléchir, et encore moins de se rendre compte qu'on le mène en barcasse et qu'il faut écoper tous les vingt mètres.

D'ailleurs puisqu'on en parle, une fois de plus (et ça, j'avoue, ça me hérisse depuis le début de cette saison), la version féminine du Doc voyage dans le temps en pantalons, avec un tee-shirt fantaisie et deux compagnons « de couleur », sans que ça ne choque personne. Tout ce petit monde peut se déplacer librement et interagir avec quelque autrui que ce soit sans jamais que leurs conditions respectives ne représentent un danger – ou ne serait-ce même qu'un obstacle. C'est vrai quoi. Une femme en pantalon qui commande un groupe composé d'un « vieux blanc », d'un « jeune noir » et d'une « pakistanaise », ça n'aurait choqué personne aux Etats Unis en 1955, ni en Inde en 1947 et ça ne choque toujours pas en Angleterre en 1612. Et là, j'ai envie de crier : MAIS C'EST QUOI TON PROBLEME, LA SAISON 11 ? ! Alors que tes scénaristes ont délibérément choisi d'inclure une dimension « engagée » à leur propos et que tu as ici de la matière pour partir en vrille dans des diatribes politiques sans fin qui feraient passer Twitter pour le Dalaï Lama, au contraire, tu choisis de fermer les yeux, de « faire comme si » et de ne pas traiter ces questions-là, pourtant au centre de tes préoccupations - au mépris de toute exactitude historique et de tes propres principes. Alors vraiment, je ne sais pas mais quand on arrive à atteindre de tels sommets de contre-productivité, on devrait sérieusement songer à changer de métier. Il paraît qu'ils recrutent chez la Team Rocket.

 

 C'est marrant comme les screens de cette saison sont tous des mèmes qui s'ignorent.

 

Ceci posé, il faut bien reconnaître que contrairement aux sept épisodes précédents, celui-ci se permet quelques petites remarques et quelques timides allusions dans ce sens - et c'est précisément ce qui le rend encore pire que ses prédécesseurs, vu que les remarques sont lâchées de façon totalement random, gratuite, avec une absence de finesse confinant au déni de cervelle, avec autant de didactisme qu'un pamphlet pro-Mao version « profil d'une oeuvre ». « Les femmes du XVIIème n'ont pas le droit d'avoir de poches ! » Houlaaaaa, mais c'est que ça dénonce, dites-donc ! Les vilains misogynes ils en prennent pour leur grade ! Ha et puis « on infantilise les femmes ou on les traite de sorcières » ! Pensez-donc ! C'est très grave ! Quels salauds, ces gens des années wesh ! Heureusement qu'on est plus comme eux, nous, à part les mâles blancs hétéro cis-genres (mais eux c'est pas des vrais gens)... Entendons-nous bien quand même : c'était vrai, hein. Bien sûr, les femmes au XVIIème siècle était infantilisées, et parfois accusées de sorcellerie lorsqu'elles devenaient gênantes pour une raison ou pour une autre. Mais enfin s'il faut vraiment en parler dans une série de divertissement familial, peut-être que le « donner à voir » au lieu de se contenter de deux lignes insérées au script à coups de marteau, ça rendrait le message plus digeste et plus accessible. Parce que quand de surcroît, on fait l'inverse à l'écran, en présentant une femme forte, dirigeant son domaine seule et d'une main de fer, conduisant ses propres procès en sorcellerie et traitée comme une égale par ce gros misogyne de boloss de Roi, nos deux lignes pseudo-polémiques, on leur tire direct une balle dans le pied. A deux remarques sexistes près (adressées au Doctor), je ne les ai pas trop vues, moi, les femmes infantilisées, dans cet épisode. Au contraire. Du coup, heureusement que j'écoutais pendant mes cours d'Histoire, sans quoi je ressortirais de mon visionnage avec une idée vachement plus positive de la place de la femme au XVIIème... Ok, tout le monde ne peut pas être Arthur Miller ni écrire The Crucible, mais il y a de la marge, entre les deux. BEAUCOUP de marge.

D'ailleurs, au sujet de notre bon Roi, puisqu'on en parle (et même si on se demande encore ce qu'il foutait là), j'ai du mal à voir comment on peut écrire un épisode visant ouvertement à dénoncer le sexisme, et donc inscrire sa démarche dans une certaine idéologie de gauche, et à côté de ça essayer de faire rire avec l'homosexualité. C'est le genre de paradoxes qui me dépassent. Parce que même si ce n'est qu'à peine effleuré, je n'ai pas rêvé, ledit Roi nous la joue bien « Cage aux Folles » dans le seul but de susciter l'hilarité, et on serait en droit d'y voir quelques relents d'homophobie malgré tout. A moins que le seul fait de savoir qu'Alan Cumming se revendique « militant LGBT » rende le procédé (autant que la caricature) acceptables pour le tout-venant ?  Big up à l'acteur, au passage : malgré la looooooongue tradition de surjeu dans la série, c'est lui qui remporte haut la main la palme de l'interprétation à la truelle du maçon du frère du cousin de William Shakespeare. Il cabotinerait encore un peu plus qu'il pourrait reprendre le rôle de Scoubidou dans la saison 12.

 

" Holala comment le Roi il aime les garçons c'est trop rigolol best episode ever t'as vu ?"

 

Et sinon, petit conseil au Doc et à ses amis : la prochaine fois que vous essayez de vous faire passer pour des Grands Inquisiteurs, essayez de ne pas passer l'épisode à mettre en doute l'existence de Dieu, la justesse des jugements de l'église, la pertinence des saintes écritures ou la légitimité des procès en sorcellerie parce que vous pourriez être vite démasqués, n'empêche. Là, bon, je ne sais pas ce qui s'est passé, vous êtes tombés sur des gens vachement progressistes dans leur genre, c'était un sacré coup de chance mais ça aurait pu très vite chauffer pour vos fesses. Au sens propre.

Enfin, j'aimerais saluer l'optimisme (un peu sans-gêne) de la Police de l'Espace, qui emprisonne sur Terre une espèce archi-belliqueuse avec pour tout système de sécurité un arbre high tech qu'on peut tomber à coup de hache comme n'importe quel autre arbre. Meilleur bon plan de l'univers, moi je dis, parce que même sans êtres humains pour abattre ce qui gâche leur vue (au lieu de se décaler d'un pas sur leur droite), un simple glissement de terrain (et vu comme le coin est boueux, on ne va pas hurler à l'improbable) et c'est l'invasion galactique qui redémarre, dare-la-dire-la-dada... Heureusement, ce genre de matos, même abattu, ça se répare en dix secondes – et c'est une chance vu qu'il ne reste que vingt secondes d'épisode et qu'on doit encore essayer de faire pleurer le spectateur ! Pas de temps pour conclure, on vous a dit !

D'ailleurs au sujet de l'émotion facile, je tiens aussi à relever l'utilisation la plus putassière d'un violon depuis l'épisode avec Rosa Parks - au moins ! Musicalement, cette scène en début d'épisode devient d'une vulgarité propre à la grande bidonnade.

Après quoi France 4 a eu l'excellente idée de rediffuser l'Impossible Astronaute, premier épisode de la saison 6, avec un Matt Smith en grande forme – et notre petit couple Amy-Rory d'amour. Aimant les expériences psychologiques intenses, avec ma compagne, on a décidé d'en revisionner les premières minutes pour le fun.

A peine l'épisode était-il lancé qu'on s'est entreregardé et qu'on a éclaté de rire (et de bon c½ur!). tellement la différence qualitative était énorme (et à tous les niveaux).

ET POURTANT C'ETAIT LA VERSION DOUBLEE, B*RDEL !

C'est qu'à force, on avait fini par se demander si on n'avait pas un peu trop idéalisé les saisons précédentes et si cette série n'avait pas été mauvaise depuis le début... c'est dire combien Chibnall a entamé notre foi.


Mais non, ouf, l'honneur est sauf. Il y avait plus de talent, de souffle et d'inspiration dans ces cinq petites minutes que dans ces huit épisodes mis bout-à-bout.

Supris ?

Retrospectivement, pas moi.

 

 

[MISE A JOUR]

 

Doctor Who saison 11, épisode 9.

Ou devrait-on dire plutôt : Doctor Who saison 11, épisode 1.

Ok, alors vous aurez peut-être autant de mal que moi à y croire, hein, mais l'avant-dernier épisode de cette saison 11 (et également l'épisode le moins aimé des fans, il n'y a pas de hasard) est un très très bon épisode de Doctor Who, toutes saisons confondues.


Limite excellent, même.


Je sais, je sais. ça me fait tout drôle de l'écrire.


Ou bien c'est le syndrome de Stockholm, je ne sais pas, je ne sais plus, cette saison m'a mis la tête à l'envers.

 

Eux-mêmes ont du mal à y croire.


En tout cas, ce "It takes You Away" a tout d'un épisode de Doctor Who réussi, où il faut, comme il faut : les dialogues sont très bien écrits, fluides et naturels, les références sont bien placées, l'intrigue est relativement complexe, relativement sombre, relativement originale, les personnages sont exploités convenablement, Yaz se souvient enfin qu'elle est officier de police (un peu), Graham se souvient enfin qu'il est en deuil (beaucoup), le Doctor se souvient enfin qu'elle est le Doctor, l'idée de départ est du plus bel effet - et parfaitement bien exploitée, si on ferme les yeux sur quelques trucages d'un autre âge.


Les "personnages" "créés" par Chibnall restent le handicap majeur de cette 9ème cuvée, mais le scénariste réussit presque à leur donner de la consistance, ce qui n'est pas un mince exploit.
Enfin !
Enfin, ils prennent un peu de vie ! Même le Doc campé par Jodie est presque convaincant dans son propre rôle, par moments.
Et ça, bon sang, qu'est-ce que ça fait du bien !

 

 Cette série est effectivement un peu trop obsédée par son propre reflet.

 

Toute la saison aurait-elle été de cet acabit qu'il n'y aurait rien eu à dire (si ce n'est des éloges).

Comme quoi il suffit de si peu de choses...
Du talent, et de la rigueur.

Qui l'aime le suive !

 

 Critictoo, au top. Ces gens ont-ils vu les épisodes précédents ?

 

 

[MISE A JOUR]

 

Scoubidou, saison 11, épisode 10.

Alors ça y est, nous y voilà, fin du voyage.

Pendant quelques semaines (trop peu !), nous avons voyagé en compagnie du 13ème Doctor et de sa famille de coeur. A leurs côtés, nous avons ri, nous avons frissonné, nous avons pleuré, nous avons grandi mais le temps est venu de leur dire au-revoir, à contre-coeur, comme des amis qu'on aurait rencontrés en rêve et qu'il faudrait laisser derrière soi au moment où le jour se lève.

Ou disons que ça, c'est ce que j'aurais écrit dans un univers parallèle où Chibnall aurait choisi de faire un BEP chaudronnerie et où cette saison aurait été écrite par quelqu'un qui maîtrise les conjugaisons du premier groupe, a minima.

Alors que dans notre réalité à nous, ben... c'est un sacré soulagement de savoir qu'on n'est pas prêts de revoir ce gang de mollusques décérébrés aux côtés de qui on s'est ennuyé, on a baillé, on s'est facepalmé et on a ri, mais nerveusement, de désespoir.

Une chose est sûre : ils ne nous manqueront pas, vu qu'on les a déjà tous oublié - à part Graham, éventuellement, et quelle délicieuse ironie de constater que c'est le seul mâle blanc hétéro cis-genre de la série qui tire à peu près son épingle du jeu. Les autres, faut dire, ils ont été aussi bien développés que Lulu dans Final Fantasy X, mais la poitrine en moins. C'est dire si je ne sais déjà plus de qui je cause.

 

 Mais qui êtes-vous donc, les gens ? Allez, circulez, faut pas rester là. Vous êtes sur mon blog, là.

Je me rappelle pas vous avoir invité ni rien...

 

Pour le reste, cette fin de saison "en apothéose" est le pétard mouillé qu'on attendait d'elle : Chibnall parvient presque à faire illusion pendant les vingt premières minutes, durant lesquelles on se dit que "c'est pas trop mal, pour une fois", puis il entre de plain pied dans le vif de son "scénario" et c'est la débandade, le récit vire au bordel sans nom dans lequel plus rien ne fait sens, où les personnages s'agitent comme des poulets décapités et dont les résolutions successives enchaînent les incohérences et les deus ex machina avec l'énergie d'un champion de Dance Dance Revolution dopé au technobabble.


Comment ça, "c'est n'importe quoi" ?


Ta Gueule C'Est Doctor Who.


Sale hater misogyne.

 

Tout ça pour une Origin Story de Brainiac (Superman, pour les incultes), plagié jusque dans l'apparence mais version valise en carton. Ha non mais faut surtout pas trop forcer sur l'imaginaire, Chris, hein, ce serait dommage, tu pourrais te faire un claquage. Tiens, allez, je te prête mes Harry Potter et du papier calque, ça va t'aider à préparer la saison 12.

 

Insérez ici la musique du Gendarme à Saint Tropez.

 

Pour le reste, franchement, le soulagement de savoir que c'est ENFIN plié ne me donne pas envie de revenir au point par point sur les innombrables problèmes ridicules de cet épisode, mais plutôt de tourner la page et de brûler le livre. Je me contenterais de relever que :

 

- Les robots snipers, c'est vraiment de la m*rde. Je ne sais pas ce qui a décidé Tim Shaw (cherchez pas, c'est le nom de l'extraterrestre. Dans les années 90, il aurait tenu une buanderie à Chinatown, mais heureusement, les mentalités évoluent - wink, wink) de les produire en série parce que même les Stormtroopers de Star Wars sont plus efficients qu'eux. Et les Stormtroopers de Star Wars n'ont jamais réussi à toucher une cible - quelle qu'elle soit (Y COMPRIS JAR JAR BINKS P*TAIN). Le comble étant cette scène embarrassante au cours de laquelle ils s'abattent les uns les autres juste parce qu'ils ont encerclé nos héros et que ceux-ci se baissent (un peu) au moment où ils font feux. Ha mais ça c'est du matos Microsoft ou je ne m'y connais pas ! Pour la première fois de l'histoire galactique, des formes de vie artificielles ont pu concourir aux Darwin Awards dans la catégorie "Un Nouvel Espoir".

- "La dyspraxie de Ryan, c'est vraiment de la m*rde aussi" (Robots Tueurs Magazine n°3, été 3589).

- Tuer son ennemi, c'est pas bien. On vaut mieux que ça. Et l'ennemi, quand on vaut mieux que ça, on lui tire dans le pied et on l'enferme dans un caisson qui le maintiendra en vie pour l'éternité, conscient et prisonnier dans du Banga Orange. Ha ben p*tain. Elle est belle, l'humanité selon le Doctor. Une exécution rapide et sans douleur, c'est monstrueux. Une éternité de souffrances, c'est acte de charité chrétienne. Toute la beauté de la morale "woke" résumée en une seule "happy end" bien dégueulasse (de plus). Je sais pas s'ils en ont conscience mais ce châtiment-là, c'est un peu ce qu'on vous propose en Enfer quand même, en fait. De là à en tirer les conclusions qui s'imposent... mais non, nos amis s'en retournent chez eux avec le sourire aux lèvres et la conviction d'avoir accompli d'une bonne action. Sans doute celle-ci leur vaudra-t-elle dix mille likes sur Twitter ?

- Si dans le premier épisode, le Doctor avait buté Tim Shaw (ou laissé quelqu'un d'autre le faire à sa place, parce que "c'est pas bien sauf quand c'est des tissus qui volent et qui lisent dans les pensées"), au lieu de l'épargner on ne sait pas trop pourquoi (enfin si, on sait : pour permettre l'existence de cet épisode, pardi, c'est le seule et unique raison), ben qui pourrait dire combien de vies innocentes auraient été épargnées. Ce qui renvoie directement au point précédent, voire aux dénouements de la saison toute entière puisqu'en plus d'être responsable de tout ce qui arrive dans ce dernier épisode (et à sa marge), rappelons que grâce à notre cher Doctor, un raciste du 57ème siècle se ballade dans notre lointain passé, un politicien véreux brigue la présidence, une multinationale occulte entasse toujours des produits toxiques dans les sous-sols londonien, où grouillent toujours des dizaines d'araignées mutantes, la maman de Yaz est toujours au chômage, Stitch ne va pas tarder à avoir à nouveau la dalle et à s'attaquer à un nouveau vaisseau, la centrale de Kerblam est toujours gérée par une IA meurtrière et une armée alien attend sagement sur terre que quelqu'un rase l'arbre qui les retient prisonniers pour construire un supermarché par-dessus. Mais hé ? ! De quoi s'inquiète-t-on là ! Le Doctor n'a tué personne (OU SI PEU), il a sa conscience pour lui ! Ou elle ! On s'en fout ! Qu'importe les conséquences de ce grand principe (à géométrie variable), et les dégâts collatéraux ! Le plus important, c'est que le Doc et ses compagnons puissent dormir sur leurs deux oreilles et continuer de prendre les gens de haut. Et m*rde à celles et ceux qui pourront en souffrir ! Comme quoi, le grand mérite de cette saison 11, c'est d'être parfaitement représentative de la mentalité qui règne aujourd'hui sur nos réseaux sociaux.

- Les Nox (ou whatever), ils ont une foi quand même pas trop regardante au niveau des détails parce que si moi, mon dieu m'apparaissait avec la tête pleine de dents et me demandait de ratiboiser des civilisations entières, je lui demanderais quand même ses papiers d'identité avant pour être sûr.

Ha et puis le fist bump entre Graham et Ryan, j'en aurais eu la chair de poule si on n'avait pas su dès le premier épisode que ce serait le "moment fort" du dernier de la saison.

Yaz, elle, ne sait toujours pas ce qu'elle fait là. Mais elle est très contente de jouer "celle à qui on demande d'appuyer sur des trucs sans poser de questions". C'est très valorisant pour elle.

 

Bref, Doctor Who saison 11, c'est fini, et la bonne nouvelle, c'est que la saison 12 n'est pas prévue avant 2020. Parce que pour Chibnall et Whittaker, dix épisodes par an "c'est trop de pression" (dixit).


DIX.


EPISODES.


PAR.


AN.


Dont, accessoirement, Chibnall n'écrit (mal) que la moitié.


Ces gens, ils savent que c'est leur BOULOT, ou pas ?


Est-ce qu'ils sont au courant que c'est pas un hobby qu'ils font en parallèle ou un petit machin bricolé sur leur temps libre ? C'est leur gagne-pain, bordel. Alors je veux bien entendre que c'est un certain rythme et un certain stress, et je peux même faire abstraction du fait que certaines séries américaines sont capables de tourner deux fois plus d'épisodes sur le même temps, sans chougner comme des mômes ni se plaindre d'être en charge d'une licence telle que Doctor Who (rendez-vous compte : se plaindre d'être en charge d'une licence comme Doctor Who parce que c'est trop de travail. Voilà où on en arrive. Si ce n'est pas grotesque, ça y ressemble bien). Mais enfin (ai-je envie de leur crier, à nos deux fragiles de l'effort), va bosser dans la maçonnerie ou à l'usine, ou même ne serait-ce qu'à la caisse du Super U et tu verras, si c'est pas "un certain rythme" ou "un certain stress" aussi ! C'est ça, le travail, Jean-Roger ! Y'a un moment, faut que tu te sortes les doigts de ton postérieur et que tu ailles voir ce qui se passe dans le vrai monde ! Parce que là, tes chialeries, c'est une insulte à la vraie vie des vraies gens, ceux qui triment pour de bon pour un salaire de m*rde et à qui on ne demande pas "si c'est trop de pression".

Non mais pardon, moi, je vais traiter dix dossiers par an, le reste ce sera pour 2020, rapport à la pression et tout ça, t'entends ?

Ceci n'étant qu'une ultime indécence pour conclure ce qui fut un festival de dégueulasserie non-stop (ou presque) mal dissimulé sous un vernis bien-pensant.

Bon.

 

 Graham sait comment traiter cette saison avec le respect qui lui est dû.

 

La mauvaise nouvelle, par contre, c'est qu'ils ont quand même prévu un épisode pour le Nouvel An. Sans doute parce que Noël, c'était pas assez inclusif, comme fête.

 

Si seulement France 4 pouvait perdre les droits d'ici là...

 

[MISE A JOUR]

 

Bon alors l'épisode de Nouvel An de Doctor Who, je vous le donne en mille...


EH BEN IL ETAIT MAUVAIS !


Siiiiiiiiiiiii !


Et c'est ça qui est bon, finalement, parce que très paradoxalement, cette nullité décomplexée dopée aux incohérences et boursouflée de prétention mal placée a des effets euphorisants.
A petites doses.


C'était ringard, c'était grotesque, c'était mal construit, mal rythmé, complètement bancal et bidon, tout en carton-pâte mais hé, vous savez quoi ?
C'était même pas le pire épisode de Chibnall.


Et pourtant, on y bat un Dalek avec un four à micro-ondes, b*rdel !


Parce que bon, oui, c'est le "grand retour" des Dalek par la très petite porte, et c'est vraiment un ennemi terrifiant, le Dalek, quand on y pense, malgré son design Moulinex et sa voix à faire des canulars téléphoniques sur Fun Radio ! Pensez donc ! ça fait des trucs qui font peur, comme prendre l'autoroute à 160 et à contresens ! Et ça se bricole des turbo réacteurs dans des granges au rabais, tranquille à la fraîche ! Et en plus maintenant ça prend possessions de femmes d'un mètres cinquante et de vieux tous fripés ! La domination du monde ne tient désormais plus qu'à un déambulateur, ou presque !


A part ça, malgré un ou deux passages qui font presque illusion, c'est crétin du début à la fin, on a droit à une intro dans laquelle une armée médiévale triomphe d'un Dalek et décide de séparer son corps en trois, pour l'enterrer à trois endroits distincts du globe "des fois que", sacrifiant des générations de gardiens censés surveiller les lieux d'inhumation (on se demande d'ailleurs comment ils se nourrissent, comment ils se lavent et comment ils se changent vu qu'ils passent leurs vies en tailleur au milieu de nulle part), AU LIEU DE JUSTE CRAMER CETTE SALOPERIE ET DE TUER CET EPISODE DANS L'OEUF DES SIECLES AVANT QUE CHIBNALL COMMENCE A L'ECRIRE !


Et ça se termine à seize personne dans le TARDIS, limite on embarque la voisine, le cousin du boucher et l'arrière-petit-fils de la tante de l'autostopeur de la scène coupée ! OSEF, c'est plus grand à l'intérieur ! Distribuez donc des petits chapeaux pointus à tout ce beau monde, on va faire la fiesta !


Oh et sinon, petit tacle à Netflix et à la génération tout-numérique, avec la finesse d'un Dalek au galop, au moins, c'est raccord avec le thème de l'épisode mais c'est tellement maladroit et tellement prétentieux que ça fait sourire, forcément.


Tout comme la vague tentative de dénonciation politique niveau BAC - 12 avec de démantèlement de UNIT.

 

Ou le fait que Chibnall veut tellement faire progressiste qu'il finit par se faire taxer d'homophobie. ça, vraiment, j'adore.


Ha et puis Yaz, il faut que je vous dise...


Eh ben elle sait toujours pas pourquoi elle est là n nous non plus.


D'ailleurs mon petit plaisir coupable, quand le Doctor fait ses grands discours, c'est de regarder ses compagnons à côté, plantés droit comme des "i", indécis comme des candidats de jeu télévisés, laissés livrés à eux-mêmes par une direction d'acteurs lacunaire et un skill au diapason. Embarras garanti.


Là dessus, l'épisode se termine sur la mention "le Doctor reviendra" et là, on a juste envie de dire "Faut pas qu'il se sente obligé non plus".

 

 Coïncidence ? Je ne crois pas.

 

Mais bon, si vous êtes impatients de voir la saison 12, je peux d'ores et déjà vous communiquer certains pitchs :

 

- Quatre épisodes historiques, encore : un sur Christophe Collomb, un sur Karl Marx, un sur la Guerre d'Algérie et un sur Jeanne d'Arc (on y découvrirait que Gilles de Rais a été remplacé par un extraterrestre cannibale télépathe qui la manipule, et à la fin le Doc et ses amis la regarderont cramer "parce que c'est un point fixe dans le temps" et "ça doit arriver pour que notre histoire se déroule comme elle doit se dérouler"). Le raciste du 57ème siècle reviendra avec une armée de Tyranosaures xénophobes et finira par être mangé par un ptérodactyle du futur. Il y aura aussi une invasion de maïs mangeur d'hommes du côté de chez Mansonto, une terrible multinationale qui ne pense qu'au profit et dont toute ressemblance ne serait que fortuite tout ça tout ça. Et ça se terminera par le siège d'une planète où ne vivent que des femmes, un vrai paradis menacée par la bêtise d'un peuple rival entièrement composé d'hommes.

 

Avouez que vous avez hâte d'y être.

 

Ho, et message perso à Chris Chibnall : t'as vu, petit ? ça m'a pas pris un an. A vrai dire, ça m'a même pas pris cinq minutes. Si tu veux, ta saison 12, je te l'écris d'ici ce soir.

Et je te garantis qu'elle ne sera pas pire que la 11.

 

 Alors par contre, on ne va pas se mentir, ce visuel pue la classe.

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Les Chevaliers d'Or sont-ils trop puissants pour les Chevaliers de Bronze ?

 


Ils sont en tout cas nombreux à le déplorer.

 

A l'instar des quelques 80000 signataires de la pétition pointant du doigt « la trop grande difficulté de l'épreuve de Mathématiques du BAC S », ils ont décidé de se mobiliser sur le net pour dénoncer le caractère  « inégalitaire et stigmatisant » de la fameuse Bataille des Douze Maisons.

 


Une nouvelle pétition qui s'ajoute aux dizaines fleurissant tous les mois de juin en période d'examen - avec ceci de différent qu'elle rencontre ici un succès sans précédent : en effet, elle a déjà recueilli pas moins de cinq signatures (différentes, et sans VPN), en dépit des nombreux problèmes logistiques inhérents à la fonction (à titre d'exemples, l'un des signataires est « bloqué dans un volcan » - avec les problèmes de wifi que cela suppose -, l'autre a dû se contenter d'une croix parce qu'il a « malencontreusement perdu la vue lors d'un affrontement précédent », un troisième a pleuré en voyant la croix « parce que ça lui rappelait sa maman », un quatrième a serré le troisième très fort contre son coeur pour le réchauffer, ce qui lui a valu un pain du premier, etc, etc...).


Les signataires exigent que les Chevaliers d'Or chargés de défendre le Sanctuaire soient remplacés par des adversaires « plus à leur niveau », tels que « des Chevaliers d'Argent », « des Guerriers de Poséidon », « des Samouraïs de l'Eternel » ou « des enfants en bas âge ».

 

« On représente l'avenir de l'Humanité, quand même », font-ils valoir en premier lieu.


Ils estiment par ailleurs que des adversaires capables de se mouvoir à la vitesse de la lumière sont contraires aux idéaux d'équité et d'égalité des chances qui devraient prévaloir au sein de la chevalerie.

 

Ils sont également convaincus qu'en agissant de la sorte, leurs ennemis enfreignent les lois les plus élémentaires de la Physique « ce qui n'est pas fair-play ».

 


« Pendant plusieurs années, nous nous sommes entraînés contre des plantons de base, de vulgaires gardes sans qualifications, explique Ikki, 15 ans. Nous demandons simplement à être évalués dans des conditions similaires. La majorité des Chevaliers de Bronze ont été effarés par la difficulté des combats contre les Chevaliers d'Or. Nous tenons plus précisément à noter la barrière que représente l'accès au septième sens, capacité abstraite ne ressemblant à aucune autre, ainsi que la présence de techniques atypiques comme la Corne du Lion, jugées hors programmes ». 

 

« En plus leurs armures elles brillent trop fort, renchérit Seiya, 13 ans, leader du groupe. Et ça fait mal aux yeux ».

 

« Ouais enfin si on va par là les armures des chevaliers d'argent aussi elles font mal aux yeux », proteste son ami Hyoga, 13 ans, sur un ton un peu dédaigneux (ses yeux à lui encore rougis de larmes).

 

« Moi de toute façon je m'en fous de tout ça », conclue leur compagnon Shiryu, 13 ans, face au mur (sans doute une posture symbolique, à moins qu'il ne rumine encore l'échec de sa propre pétition, adressée aux lois de la nature et réclamant « qu'elles lui rendent la vue »).

 


Fort de ces considérations, les cinq compagnons exigent AU MINIMUM la clémence de leurs adversaires (« qu'ils n'aient droit qu'à une seule super attaque par adversaire, ou deux attaques normales et un uppercut au menton »).

Joint par téléphone, le secrétariat du Grand Pope campe sur ses positions : « ils noircissent volontairement le tableau : sur les douze chevaliers qu'ils sont supposés affronter pour valider leur premier cycle, on compte déjà deux défections (la Balance et le Sagittaire), un personnel à la moralité douteuse soupçonné de les aider en douce (le Bélier) et un adepte des pédagogies bienveillantes qui se propose de les combattre les yeux fermés (la Vierge) alors franchement, de quoi se plaignent-ils ? ».

 

« Si on ne met pas le hola à ce genre d'initiatives, explique Hilda de Polaris, directrice d'un établissement privé concurrent, ils vont finir par demander à ce qu'on leur valide la saga d'Asgard grâce au contrôle continu ».



Rappelons qu'en 2014 et en 2015, les chevaliers de la Licorne, de l'Ours, du Loup et de l'Hydre avaient lancé leur propre pétition et obtenu la bienveillance de la fondation GRAAD, qui les avait reclassés sur des postes administratifs avec les Chevaliers d'Acier.

 

 

 

Et qu'il leur arrive encore de se blesser avec le coupe-papier.

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Pour une fois que je peux faire mon Joniwan, je ne vais pas me faire prier...

 

 

Vous vous demandez parfois si oui ou non, vous avez (ou allez) rater votre vie - et vous vous consolez peut-être en vous disant que vous gagnez beaucoup d'argent, ou que vous allez en gagner beaucoup (parce que vous savez faire des roues arrière sur votre scooter ou parce que vous êtes quatre cent millionième mondial à Fortnite), et vous en concluez que vous n'êtes pas à plaindre - mais vous trouverez bien une raison quand même, puisque vous êtes français.


Une chance pour vous, aujourd'hui, cette raison, vous n'aurez pas à la chercher bien loin : ce sera Hayato Ibuki, jeune japonais de son état (le Japon. Suivez, un peu), dont le quotidien fera passer le vôtre pour un numéro spécial louze du Figaro (quotidien... Figaro... Je le répète, suivez un peu, sinon on est pas sorti de l'onsen). Jugez plutôt :

 

- Hayato est japonais (déjà, ça pose le truc. Ça veut dire qu'il a accès à plein de mangas en V.O. et à Dead or Alive Xtreme 3).

 

- Hayato est un artiste (il a les cheveux bleus, CQFD, avec des mèches 100% bishonen pour vous rappeler que vous n'en avez plus qu'une seule sur le côté).

 

- Hayato travaille comme journaliste pour un magazine d'occultisme. Ce qui implique qu'il est payé (en théorie, parce qu'on n'en voit pas trop la couleur dans le jeu non plus) pour enquêter sur tout ce que le Japon compte de légendes urbaines et de piliers de bar sujets au delirium tremens. Je ne sais pas ce que vous, vous faites comme boulot (les roues arrière sur le scooter ne comptent pas), mais il y a peu de chances que ce soit ne serait-ce qu'à moitié aussi cool que ça (à part si vous êtes dompteur de pingouins d'eau chaude. A LA RIGUEUR).

 

- Hayato est l'Elu de Dieu. Alors je sais bien qu'avec l'avènement de l'éducation bienveillante, tout le monde est persuadé d'être dans le même cas que lui (il n'y a qu'à lire le contenu de vos comptes Twitter), sauf que là, ben c'est pour de vrai, il a des goodies divins exclusifs pour le prouver. Et c'est un peu autre chose que la Sophitia en placoplatre du futur collector Soulcalibur 6.

 

- Hayato a un Ange Gardien. Ou plutôt (et c'est important) : il a UNE ange gardienNE. Ses cheveux roses ne trompent pas, non plus que sa forte poitrine généreusement mise en avant par un bustier acheté à la Japan Expo (vraisemblablement le cosplay d'un perso de Castle Shikigami ou de Blazblue Central Fiction, je les confonds toujours). Vous, vous avez un bulldog français que vous avez appelé Son Goku. Vous pouvez pas test.

 

- Hayato a un ennemi juré. Un peu comme Charles-Kévin du service comptabilité, celui qui vous pique vos sandwichs dans le frigo du personnel, sauf que celui d'Hayato, c'est Cthulhu et qu'il veut dominer le monde. Ou le manger. Je ne sais pas trop faire la différence. Toujours est-il qu'on ne joue pas dans la même pool, là (même si le tentacule de Charles-Kévin peut être redoutable également, dans d'autres circonstances).

 

 

 

Bref, on l'aura compris : the Lost Child est bien le jeu de niche nippo-nippon que ses trailers statiques laissaient deviner, hybride entre un Visual Novel dans l'air du temps et un Dungeon-RPG de l'ère préhistorique. Sans surprise, vous y (dés)incarnez Hayato Ibuki, main character random dont la personnalité lacunaire pourrait décoller des affiches en période d'élections présidentielles, mais investi de la lourde tâche de rétablir l'harmonie entre les plans d'existence que vous explorerez (y compris à Akihabara, c'est dire si c'est pas gagné).

 

Alors que vous enquêtez sur le lieu d'une apparition funeste, une étrange jeune femme ™ vous sauve la vie ™ et vous remet une étrange valise cadenassée ™ , avant de disparaître mystérieusement ™ au coeur de la foule. A peine êtes-vous rentré au siège du Lost (le magazine pour lequel vous travaillez, entièrement imprimé sur les scripts non utilisés de la série TV), vous y êtes interpellé par une non-moins étrange jeune femme ™ , légère et court vêtue ™ qui prétend être un ange ™ et avoir été envoyée afin de vous assister ™ car vous êtes "l'élu de Dieu" ™ . Déclaration que votre éditeur et vous-même accueillez avec un flegme typiquement asiatique - parce que quand on a déjà vu Godzilla deux fois en chair et en os, plus rien ne vous étonne. 

Au moment où un Homme Poisson tente de vous dérober la précieuse valise, votre sang en active l'ouverture et vous permet d'empoigner le Gungan (pardon, le Gangour. Mais après, vous empoignez bien ce que vous voulez sur votre temps libre, ça ne nous regarde pas), sorte de mix entre le canon badass de Kuro Kaze dans Final Fantasy Unlimited et la Pokéballe moins badass de Sasha dans Pokemon - qui vous permet de capturer l'importun et de le soumettre à votre volonté.

Grand écart is over 9000.

 

Vous voilà affranchi (contrairement à lui, qui vient d'être réduit en esclavage. On dira que c'est l'échange équivalent), vous êtes fin prêt à arpenter les longs couloirs uniformes de the Lost Child à la recherche d'autres longs couloirs uniformes qui vous mèneront à d'autres longs couloirs uniformes, le tout programmé par deux stagiaires le week-end dans leur garage sur une Playstation 1. Vous la sentez, là, la poussée d'adrénaline, ou bien c'est juste de l'aérophagie ?

 

 Les deux stagiaires dans leur garage (vue d'artiste)

 

Pas de quoi se rengorger pour autant : les trailers avaient fait leur travail, le joueur savait à quoi s'attendre, il ne pourra pas dire qu'il n'était pas prévenu (même s'il le fera quand même, puisqu'il est français et qu'il a un compte Twitter. c.f. supra). Si les quelques fans d'El Shaddai (dont je suis sans réserves) attendaient le nouveau jeu de Takeyasu Sawaki comme le messie (ou comme l'Enoch, le cas échéant), ils ont dû se faire une raison dès les premiers screenshots : The Lost Child ne serait pas la suite AAA attendue de longue date, au contraire. Il se rangerait dans la catégorie des productions petit budget comme il en pullulait jadis sur la PS Vita, et il faudrait bien s'en accommoder ou passer son chemin.

 

 Shut up and take my money !

 

Pas d'éditeur illustre pour prendre la relève d'Ignition Entertainement, c'est Kadokawa Games qui s'y colle, filiale du regretté studio Kadokawa, roi de la japanimation des années 90 auquel on doit les films et OVAs les plus époustouflant de la période (Kaze no Tairiku, Five Star Stories, Arslan Senki, Silent Mobius 1 & 2, autant de petits bijoux qu'il FAUT avoir vu absolument quand on s'intéresse un tant soit peu à l'animation japonaise) : une étiquette qui, à elle seule, était gage de qualité supérieure jusqu'à ce que de sombres histoires de drogue et de blanchiment d'argent sonnent le glas de sa réputation, et mette un terme définitif à cet état de grâce. C'est dire si l'éditeur n'a ni les moyens, ni l'expérience nécessaire pour révolutionner le monde du jeu vidéo (ni l'envie, à n'en pas douter) - tout au plus se distingue-t-il ici de ses concurrents confidentiels en proposant quelques (courtes) séquences animées plutôt réussies, même si réalisées sans grande inspiration.

On est loin, très loin de l'univers halluciné d'un El Shaddai, dont on ne retrouve la patte si particulière qu'en tête de chapitres, et chez certains personnages secondaires designés par Sawaki lui-même (dans l'esprit de ses sublimes artworks effectués pour ledit El Shaddai). Après des années d'inactivité vidéoludique, l'auteur prend ici un virage à 180 degrés (contraint ou volontaire, il serait intéressant de le lui demander) : là où sa précédente création était visuellement originale, surréaliste, foisonnante, artistique pour de vrai, The Lost Child est tout le contraire : convenu, conventionnel, cliché jusqu'à la moelle, lorgnant jusqu'à loucher sur les Persona et les Megami Tensei.

Autant dire que si vous ne supportez pas les codes et archétypes propres aux mangas, les grozyeux, les "yamete senpai" et les boulettes de riz, vous serez bien inspirés de faire l'impasse, vous vous éviterez de sévères crises d'urticaire tant l'écriture oscille entre le très bon (les passages liés à El Shaddai, que l'intrigue prolonge en pointillés), le bon (ou en tout cas : dans la moyenne des productions du genre, avec tous les passages obligés qui vont avec) et le mauvais (le personnage de Lua, essentiellement, caricature de caricature dont la sailormoonerie appuyée usera davantage qu'elle ne séduira les joueurs de plus de quinze ans).

 

 I'm too old for this sh*t...

 

En contrepartie, la passion de Sawaki pour la mythologie se montre plus prégnante que jamais, avec des entrées encyclopédiques documentées et un éventail diversifié de créatures folkloriques hautes en multicouleurs, laissant la place d'honneur à l'univers Lovecraftéen et à ses excroissances visqueuses (plus que populaires, au pays du soleil levant).

 

 Oui alors par contre, c'est pas vraiment comme ça que je me les imaginais...

mais pourquoi pas, hein ? On est dans une dimension parallèle libre !

 

On regrettera alors que cette érudition ne serve que de toile de fond à l'ensemble, et que le scénario préfère réinventer les Grands Anciens à la sauce "Power Rangers", complotant en cagoules et en nippon dans le texte avec leurs voix mixées au vocoder. Paie ton angoisse indicible, on dirait du Jul. Or une telle matière première, si peu usitée chez les japonais (et tellement trop chez nous) aurait mérité un traitement plus conforme à l'esprit de l'oeuvre originale, plutôt que cette approche à rebrousse-poil et à contre-emploi (sans que cela ne soit assumé, comme ce pouvait être le cas dans un Shadow Hearts : to the New World).

 

 "Par contre Rita Repulsa a appelé, elle aura un peu de retard.

Sa soucoupe est prise dans les embouteillages".

 

Ce loupé mis à part, l'histoire se suit avec plaisir, on aime à s'immerger dans ce cadre atemporel où les légendes urbaines au goût du jour côtoient nos premières amours d'abominations jeuderolistiques. L'implication des anges déchus dans les plans des Anciens et les références à El Shaddai (dont Lost Child prend la suite, sans être une suite pour autant), rendent cet ensemble cartoonesque moins superficiel et manichéen qu'on ne pourrait le croire de prime abord. On était certes en droit d'attendre mieux de la part de Sawaki, mais on reste un gros cran au-dessus des Dungeon-RPG habituels. Ça ne vole peut-être pas haut, mais ça vole et par les temps qui courent, ce n'est déjà pas si fréquent.

 

Alors oui, ainsi qu'on l'aura suggéré plus haut, The Lost Child est le jeu du déjà-vu. Les phases de Visual Novel semblent tout droit sorties d'un Persona, les phases de Dungeon-RPG semblent directement tirées d'un jeu d'Experience Inc. (Operation Abyss, Operation Babel, Stranger of Sword City, ...), et la tonalité générale de l'intrigue semble déterminée à faire la synthèse de trente ans de poncifs japonais (personnages inclus, c'est un bundle). Loin des outrances expérimentales de son grand frère (qui lui auront brisés les ailes, et peut-être est-ce la raison première de ce revirement), The Lost Child se contente de jouer la sécurité (relative, hors Japon) en sortant ses vieux pots pour mouliner ses meilleures soupes, se contentant de réinterpréter des motifs et gimmicks ancrés depuis des lustres dans l'inconscient collectif de son coeur de cible.

Tout ce qu'il fait est convenu, oui, mais il le fait bien (et c'est sa grande force), évitant avec intelligence les principaux écueils de ce type de produits (si l'on excepte son personnage principal féminin indigent à s'en ronger les phalanges). Ainsi, les phases de visual novel ne s'éternisent pas et sont rendues relativement (c'est peu de le dire) dynamiques par la possibilité de passer d'un lieu à l'autre en fonction des destinations débloquées, ou par quelques questions à choix multiples (qui n'auront aucune incidence réelle sur le déroulé de la conversation, mais rapporteront plus ou moins de points de karma selon les situations). Au fil de vos pérégrinations, vous pourrez notamment prendre un bain dans les sources chaudes pour augmenter temporairement vos statistiques (et avec de la chance, assister à un de ces quiproquos traditionnels trololol à base madames toutes nues), racheter des potions à la boutique occulte du coin ou confier vos monstruosités apprivoisées à un moine électrique pour révéler leur potentiel caché. Normal. Japon, tout ça.

 

Le "Nyan", l'horreur psychologique ultime.

 

Si les "enquêtes" se résument tristement (mais sans surprise non plus) à questionner tous les riverains d'un secteur, le procédé n'est pas aussi fastidieux qu'on aurait pu le craindre, et plus agréable qu'on ne pouvait l'espérer (il faut dire aussi que les riverains en question sont rarement plus de cinq par quartier et qu'ils maîtrisent la technique du multiclonage - si l'on excepte les couleurs de leurs vêtements, nul ninja n'étant parfait...). Par contre, pas de miracle : il sera indispensable de maîtriser l'anglais pour ne pas perdre le fil, car le jeu n'a pas eu droit à une traduction française (et peut-on blâmer NIS, le distributeur, de ne pas avoir voulu faire les frais pour un titre qui se vendra dans les  trente exemplaires ? Même le dos de la jaquette sent la résignation à plein nez, du genre "ouais nan mais achetez-le ou pas on en a rien à foutre").

"Faites des trucs ! Gérez des machins osef ! De toute façon personne il achètera notre bidule !"

 

En contrepartie, il est possible de choisir librement entre les voix anglaises ou les voix japonaises, ce qui fera plaisir aux puristes et aux multilingues (et nous évitera une nouvelle pétition change.org)...

 

Côté Dungeon Crawler, on fait un bond de vingt ans en arrière avec des textures Microsoft Paint, une 3D Microsoft Paint 3D, un scrolling Microsoft Scrolling, des déplacements case à case Microsoft Cases, dans quatre directions (uniquement !) et à la croix directionnelle (les sticks sont désactivés, c'est le retour à l'âge de Pierre - l'apôtre, ici, c'est dans le thème).

Ceux qui ont connu la glorieuse époque de la PC Engine Duo croqueront la madeleine de Proust à pleines dents (j'ai vu tout Dragon Knight II défiler devant mes yeux, c'est dire). Les autres seront franchement dubitatifs, pour ne pas dire mortifiés devant ce Guernica en pixel art - pour peu qu'ils ne jouent pas à la version Vita (forcément mieux adaptée à son support). Pour autant, l'ensemble n'est pas désagréable à l'oeil : tout est rapide, fluide, ergonomique, les combats sont brefs, rythmés, les temps de chargement sont anecdotiques (encore heureux vu que le jeu pourrait tourner sur Gameboy), on ne perd jamais de temps dans des menus ou des sous-menus inutilement compliqués, on va a l'essentiel et la progression n'en est que plus plaisante, naturelle, addictive.

 

 

Si les afficionados de ce type de jeux risquent de pester contre la facilité des affrontements, qui leur rappellera celle de Final Fantasy VI (nous leur conseillons de se lancer directement en hard), celle-ci réjouira les joueurs curieux qui voudraient découvrir le genre sans trop de pression, ou les amateurs occasionnels qui n'ont pas forcément envie de s'infliger des heures de leveling avant de pouvoir crever un oeil à un lapin nain - aussi mutant fut-il. Pas de combats aléatoires tous les deux pas (alléluia !), pas de résistance excessive de la part des bestioles en face, juste ce qu'il faut pour progresser lentement, mais sûrement, sans frustration excessive ni sentiment de passivité pour autant. Il faudra bien ça, d'ailleurs, car les donjons sont longs, très longs, très tortueux et nécessiteront moults aller-retours à base de switch à activer pour en voir le bout (en conséquence de quoi ceux qui y joueront sur une console Nintendo seront-ils quittes pour une Switchception. Ho. Ho. Ho). Seuls les boss vous donneront des brins de ficelles à retorde et pourront provoquer quelques ragequit occasionnels, n’ayant aucun scrupule à jouer la carte du combo de groupe au mépris du fair-play le plus élémentaire. Quels margoulins, ceux-là, j'vous jure.

 

 CUILLERE (les vrais sachent).

 

Revenant aux sources du tour-par-tour, le système de combat se révèle cependant beaucoup moins austère et plus stratégique qu'il n'y paraît (pour peu que vous ne décidiez pas de rusher comme des sagouins, ce qui est possible également), émaillé qu'il est de petites subtilités modernes qui font plaisir à voir : il faudra notamment se montrer attentif à l'animosité des ennemis à l'encontre des membres de votre groupe (équipe de cinq : les deux protagonistes et trois créatures de votre choix), ou à la jauge de puissance de votre canon astral (à utiliser au bon moment, sans quoi vous risquez soit le coup d'épée dans l'eau, soit la surchauffe).

Il faudra aussi "les attraper tous", les affreux, les méchants, les baveux, et recruter tous ceux qui vous inspireront confiance (boss exceptés, ne rêvons pas) : à vous de les capturer, les purifier puis les faire monter en niveau grâce au karma accumulé lors des combats (ou durant les phases de dialogues). S'ils apprendront spontanément de nouvelles compétences au fil des affrontements (surpassant par-là même les capacités mentales d'un lycéen lambda), vous pourrez également leur en enseigner d'autres - pour peu que l'un de vos captifs possède celle que vous souhaitez leur attribuer, et que vous soyez disposés à en sacrifier une ou deux en échange.

A tout moment, lors de vos explorations ou en pleine bataille, vous aurez l'opportunité de jouer les coach de l'équipe de France et intervertir une créature active avec une cons½ur laissée sur le banc de touche, mais vous ne pourrez faire usage de cette capacité qu'un nombre de fois limité, au-delà duquel vous devrez quitter le donjon pour réinitialiser le compteur.

Autre petite nouveauté intéressante : les coffres obtenus sont piégés, et il faudra soit utiliser une compétence spéciale de vos créatures pour les désamorcer, soit composer avec des risques à calculer en fonction d'une jauge de danger et de déverrouillage. Autant (et plus) de petites inventions gamer-friendly qui contribuent à rendre l'expérience plus ludique...

Or le plus étonnant, c'est que ça fonctionne. Loin des systèmes inutilement tarabiscotés des RPG modernes, celui de the Lost Child fait sens, chaque mécanique a sa logique, sa raison d'être (jusqu'à l'argent que l'on ne gagne qu'en revendant certaines de nos trouvailles sur le terrain), si bien qu'on y évolue et qu'on intègre ces règles sans efforts, ni avoir à passer des heures à régler le potentiomètres du sphérier de l'alliance alchimique de la quinzième onde astrale sur la dixième médiane... et ça, contre toute attente, ça fait un bien fou (sans compter qu'au fond, ça revient au même, mais en mieux et sans esbroufe).

Les vieux de la vieille qui se demandent aujourd'hui comment ils ont un jour pu apprécier les jeux au tour-par-tour pourraient bien le redécouvrir grâce à ce titre-ci.

A chacun son temps des cerises.

 

Pas de fausse note non plus du côté de la bande originale, qui est à l'image (au son, en l'occurrence) du reste de cette production sans prétention : petit budget (les synthés en force), dénuée d'originalité mais efficace, agréable, parfaitement adaptée - tant à l'ambiance qu'au format ludique, conçue de façon à ne jamais taper sur les nerfs en dépit de sa redondance (inévitable) et des sempiternelles cassures liées aux affrontements aléatoires.

 

Pour autant, en dépit de qualités réelles (et de défauts qui ne le sont pas moins) le jeu ne s'adresse qu'à une frange de gamers marginale : les nostalgiques, les otakus, les bilingues, les fans de Sawaki, les amateurs de Dungeon-RPG peu regardant sur le challenge et les possesseurs de PS Vita, qui crèvent toujours la dalle côté catalogue de nouveautés. ça reste peu, oui, mais les vrais savent.

 

Il leur suffira d'un artwork de Lucifel, portable à la main, pour que tout soit pardonné.

 

 

Qui est au bout du fil, cette fois ?

 

Mystère.

 

Peut-être s'agit-il là d'un appel... de Cthulhu ?

 

*

 

En résumé : The Lost Child n'est pas un grand jeu, c'est certain, et n'a pas l'étoffe d'un El Shaddai - dont il est l'antithèse, ou presque - mais il possède un charme fou - que quelques élus sauront apprécier à sa juste valeur.

 

Serez-vous de ceux-ci ? 

 

Réponse dès demain dans votre boutique préférée.

 

 *

 

Addendum personnel : en ce qui me concerne, je n'ai préco The Lost Child que par principe, histoire de dire que oui, il y a des fans de Sawaki en France et que oui, ils attendent impatiemment son retour par la grande porte (ou ne serait-ce qu'une dispo d'El Shaddai en démat' sur PS4, déjà).

Ma période J-RPG étant loin derrière moi, je pensais détester cette production d'un autre âge et son esthétique d'animé numérique, au lieu de quoi ai-je été agréablement surpris.

Si certains japonismes me hérissent toujours autant le poil, j'avoue prendre plaisir à explorer ces labyrinthes monotones et à affronter ces bestioles grotesques, au point que j'ai du mal à lâcher la manette une fois lancé.

Et quelque part, je me dis qu'aussi naïf que cela paraisse, c'est là le signe d'un jeu réussi.

 

Ma trop petite collection El Shaddai...

 *

 

Quant à l'édition collector, elle s'accompagne d'un joli coffret carton (aux finitions grossières, hélas), du traditionnel artbook de la honte (couverture cartonnée, mais une trentaine de pages seulement) et d'une (très bonne) sélection CD des titres les plus emblématiques du jeu. Là encore, le minimum syndical, mais le surcoût est dérisoire, alors pourquoi se priver ?

 

 

 

 

 

The Lost Child sort le 22 juin sur Playstation, Playstation Vita et Nintendo Switch

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C'est en com' que ça se passe... (Mode)

 

C'est un fil de commentaires polémique comme il en fleurit chaque jour plusieurs centaines sur le net. Certainement pas le plus civilisé ni le plus érudit, mais on est quand même loin d'être dans le fond du panier, en la matière.

 

Très loin.

 

 

 

 

France Info s'y fait juste le relais d'une initiative de la LMDE, mutuelle étudiante, qui cherche à se distinguer de la concurrence en proposant à leurs adhérentes de rembourser l'achat de leurs tampons hygiéniques.

 

Alors je sais, on est loin du domaine des jeux vidéos, là, et puis on a beau être en 2018, le sujet écorche encore la sensibilité de quelques pères et mères la pudeur, mais l'exemple est particulièrement représentatif du potentiel de nuisibilité du Social Justice Warrior, que ce soit en matière de contenu ou de méthode.

 

Et puis il paraît que parler des règles sans honte et sans tabou, c'est éducatif, c'est moderne, ça fait avancer la cause féministe, alors ma foi, parlons-en, on ne sait jamais, des fois que ce ne soit pas du flan, on n'a pas grand chose à y perdre.

 

Amis mâles hétéros cis-genres, il se peut même que vous y appreniez deux ou trois petites choses (que vous auriez peut-être préféré ne pas savoir, mais ça ne nous... regarde pas).

 

 

Pour commencer, procédons avec rigueur et étudions le commentaire le plus liké du fil, celui qui y apparaît en premier (théoriquement) lorsqu'on s'y connecte :

 

 

 

 

Un discours SJW typique, dans l'affect, révolté, sans nuance, reprenant un vocabulaire balisé - pour ne pas dire stéréotypé.

 

Mais hé.

 

En le lisant, on comprend sa colère, et on comprend aussi que l'intervenante ne soit pas disposée à y mettre les formes.

Pour approfondir et mieux cerner les causes immédiates de son indignation, intéressons-nous aux commentaires qui précédaient directement, et tâchons d'y relever tout signe de mansplaining, même infime :

 

 

 

C'est à ce point du fil, et SEULEMENT à ce point, qu'apparaît le premier commentaire de gros beauf

(même pas du mansplaining, mais nous y reviendrons).


Alors je ne sais pas pour vous mais moi, à ce point de ma lecture, je suis doublement perplexe (pour ne pas dire consterné. A toutes fins utiles, je vous reposte le premier commentaire :

 

 

 

Deux choses m'échappent ici :

 


- D'abord, qu'une personne semble-t-il douée de toute sa raison puisse affirmer avec aplomb quelque chose d'aussi objectivement faux, sans craindre de passer pour une manipulatrice ou une cinglée.

 
- Ensuite, que sa publication soit likée par plusieurs dizaines de lecteurs.trices.choubidoubidous qui, de toute évidence, ne sont pas allés vérifier ses dires, alors qu'il suffisait de... lire le commentaire précédant.

Et là on comprend bien la double nature du problème, qui est la malhonnêteté intellectuelle d'une part, et la paresse intellectuelle de l'autre.

 


En effet, comment attendre d'un internaute qu'il fasse des recherches ou qu'il vérifie des sources, s'il n'est même pas fichu de lire ce qu'il a sous les yeux et d'en tirer les conclusions qui vont de paire ?


Comment espérer avoir un échange constructif avec un internaute (esprits chagrins, j'utilise le neutre, ici) capable de mentir si ouvertement pour donner à la réalité le tour qui l'arrange ?

Or ce ne sont pas là des accidents de parcours. Je ne suis pas allé les chercher exprès. Ce sont devenus, hélas, des normes sur internet.

Alors oui, nous ne tomberons pas dans les mêmes travers : il y a bien quelques commentaires masculins désobligeants (pouvait-on y couper ?) ensuite, mais sur un panel considéré de 136 commentaires (je ne suis pas allé lire au-delà, mais c'est déjà 136 commentaires de plus à mon actif que ceux qui ont liké le commentaire sus-mentionné), j'en ai comptés 16 (et encore ai-je compté vraiment large) – ce qui, en termes de pourcentage, reste dérisoire (bien que toujours regrettable). 11,8%, pour être exact.

 

Dans les pires des cas, ce sont des plaisanteries beauf typiques, machistes, rétrogrades et suintant l'autosatisfaction mal placée, mais pas bien méchantes malgré tout.

 


 

 Facepalm

 

Comprendre : ni insultes, ni colère, ni mansplaining, comme revendiqué pourtant haut et fort en tête de fil.

Il y a  bien quelques donneurs de leçons (le neutre, toujours), mais ce sont toutes des femmes. Femmes que la première commentatrice cherche à faire passer pour des hommes, dans sa prose, au prétexte qu'elles n'ont pas la même opinion qu'elle, ou la même façon d'aborder leurs règles.

Là encore, il faut nous y arrêter, car c'est fondamental : les critiques et les désaccords, ici, émanent d'autres femmes.

 

Des pairs dont on n'accepte pas qu'elles aient une opinion différente.

 

Des semblables avec lesquelles on ne cherche pas, au moins, à établir un dialogue pour confronter notre opinion à la leur.

 

Des représentantes de la même communauté opprimée, dont on nie symboliquement le caractère de "femmes" sous prétexte que ce qu'elles écrivent n'est pas à notre goût. Par extension : qu'on cherche à discréditer en les faisant passer pour ce qu'elles ne sont pas.

Dans un monde un tant soit peu doué de raison, ce genre de méthodes ne devraient pas fonctionner, tant elle sont grossières et faciles à démonter.

 
Sauf qu'elles fonctionnent.

 
Sauf que des gens likent sans aller au-delà, juste parce que ce qui écrit correspond à leur vision de la vie - et tant pis s'il ne correspond pas à la réalité.

 


Voilà qui en dit long sur la façon dont l'être humain, désormais, perçoit et intellectualise le monde alentour.

 
Pour trop d'internautes (mais pas que), la réalité importe désormais moins que l'idée qu'ils s'en font. Ne leur déplaise, on entre déjà ici de plain pied dans le champ de l'aliénation mentale.

 

 

Le plus effrayant, c'est qu'ici, la supercherie saute aux yeux, elle est vite éventée. D'autres ailleurs savent être plus subtils et plus fins psychologues.



"Oui mais il y a quand même des commentaires masculins désobligeants", objecterez-vous. Certes, il y en a, nous l'avons déjà écrit noir sur blanc. Mais ce n'est pas du tout ce que dit le premier commentaire. Ce que dit le premier commentaire, c'est qu'il n'y a QUE des commentaires masculins désobligeants, et que TOUS les commentaires désobligeants sont masculins. Or on a montré, screenshots à l'appui, que ce n'était pas vrai.

 

Cela ne concerne « que » 11,8%, à peine.

 


Au-delà de la tristesse de ces commentaires, et sans les excuser, on pourra au moins comprendre ce qui les a motivé. Car l'offre de la LMDE est inégalitaire, en défaveur des adhérents masculins. Tous les adhérents cotisent de la même façon mais ici, seule une catégorie donnée bénéficie d'un avantage supplémentaire. Doit-on s'étonner que la catégorie qui n'en profite pas se sente spoliée et réagisse ? Vous rétorquerez que « les femmes subissent ça depuis la nuit des temps ! » et nous ne disons pas le contraire. Nous disons simplement qu'elles sont mieux placées que quiconque pour savoir l'effet que ça fait et la colère que ça suscite. Après tout, ne sont-ce pas là les raisons profondes du premier commentaire ?

 

 

 

A même cause, même effet, il n'y a rien de plus naturel - même si, je le répète, ça n'excuse rien, et si le business de serviettes et tampons tient du racket honteux (c'est un autre débat). Que l'inégalité touche ici une catégorie "privilégiée" ne l'annule pas, comme les Social Justice Warriors voudraient le faire croire avec leur rhétorique en mousse. Une inégalité reste une inégalité, quel que soit le contexte.

 

Pour autant, l'initiative de la  LMDE n'est pas de celles qui méritent des jets de pierre (qu'elle n'a pas reçu, ici - les détracteurs et détractrices s'en tenant aux moqueries et aux critiques argumentées) ni de plébiscite exalté (comme celui, si naïf, de l'intervention qui nous occupe) : ce n'est qu'une opération de com' comme une autre, cynique juste ce qu'il faut, qui surfe sur les problématiques populaires du moment pour faire son beurre.

 

Rien de louable ni de condamnable en soi.

 

Rien que du business dans l'air du temps.

Avant de conclure, il convient toutefois d'aborder un dernier aspect (essentiel) des "échanges" auxquels cette news a donné lieu :

 

Là encore, par souci d'honnêteté, je ne suis pas allé chercher le plus « salé »

(à savoir : le fil de discussion femmes versus femmes le plus houleux). Merci moi.

 

 
Sans surprise, on constate que le mythe des "espaces de parole non-mixte" n'est qu'un autre mensonge (et comment aurait-il pu en être autrement ?) : alors qu'une catégorie discriminée est censée s'y retrouver pour pouvoir dialoguer "sans pression ni risque d'être jugé", on constate ici objectivement que la pression et le jugement subsistent avec plus ou moins de virulence au sein d'une même communauté, dès lors qu'il y a désaccord. Ici, la discussion mmanque de s'envenimer à maintes reprises, et seule la diplomatie de l'interlocutrice principale évite d'aller au clash. Ce qui tend à prouver (par l'exemple, encore) que vous ne pourrez dialoguer sans pression au sein d'un espace non-mixte que si vous êtes d'accord avec la pensée qui y prédomine, et qui s'y renforce donc d'autant sur le mode du conditionnement. Loin de libérer la parole, elle la contraint dans des proportions alarmantes, confinant au fascisme consenti.



On pourra, bien sûr, ne pas prêter attention aux propos du mâle blanc hétéro cis-genre que je suis.

 

On aura plus de mal à ignorer cet édifiant témoignage d'une double victime de discrimination, qui est descendue aux enfers SJW mais dont elle a, par chance, su revenir à temps, et qui en livre une analyse touchante et pertinente :

 

 



Une lecture indispensable et d'utilité publique.

Ceci étant, je ne doute pas que la sphère concernée saura fermer les yeux, regarder ailleurs ou trouver à ses arguments des failles imaginaires.  N'est-ce pas, comme on vient de le montrer preuves à l'appui, l'un de ses modus operandi ?

 


Ce qui ne fera que me donner raison - et donner raison à ce témoignage par ricochet.

 


C'est l'avantage, quand quelqu'un fait n'importe quoi. ça finit toujours par lui revenir en boomerang dans les chicots.

 


Pas étonnant que la malhonnêteté intellectuelle soit devenue monnaie courante dans le milieu - car sans celle-ci, comment pourrait-il encore faire illusion ?

 

 

*

 

 

 

 

 

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Ce matin, Jean-Michel Combat Social s'est levé avec la gaule, en pensant à tous les nouveaux méchants qu'il allait punir de son clic vengeur, de son commentaire assassin, de son retweet libérateur.

Combien d'injustices a-t-il déjà corrigé ainsi, à coup de pétitions, de délation ou de menaces ? Combien de tyrans a-t-il ainsi renversés ? De mécréants, de sexistes, de racistes, d'homophobes, de ces monstres ordinaires qui portent l'essence du mal dans chaque brin de leur ADN ?

Mais ce n'est qu'un début, ce n'est toujours qu'un début, car le mal est partout, le mal n'a jamais de repos, dans ce monde de mâles blancs cis-genre hétérosexuels. A lui de le traquer, à lui de le pourfendre. Et pour ça, Jean-Michel Combat Social a l'arme absolue. Ou plutôt, deux armes : une connexion wifi et une paire de lunettes magiques, comme dans Invasion Los Angeles, qui lui permet de voir le mal où qu'il se cache, où qu'on le cache, sous quelque forme que ce soit, et même là où il n'est pas.

 

 

Ce matin, la gaule de Jean-Michel Combat Social peine à retomber. Il n'arrête pas de penser (car Jean-Michel Combat Social pense, contrairement au reste du monde) à ce fichu bouquin qu'il a fait supprimer des étagères des librairies, hier ou avant-hier (il ne se souvient plus trop, ni du titre, d'ailleurs, vu qu'il ne l'a pas lu - car après tout, à quoi bon ? Il y avait le mot "tétons" dedans. ça, il en est sûr. Il l'a vu sur Facebook). Une belle victoire, qui fait bien avancer les choses, dans l'ex pays des Lumières et de la liberté d'expression. Ce n'est pas la première. Ce ne sera pas la dernière. Déjà, Jean-Michel Combat Social est à l'affut. A la télé, dans les journaux, il ne baisse jamais sa garde, il n'enlève jamais ses lunettes magiques. Il chronomètre les temps de parole, il colle des points au bout des mots. Fini le combat d'idée à papa. Les problèmes, il les affronte en 140 caractères, et il les règle à coup de hashtag. Friends, c'est lui. Kingdom Come, c'est lui aussi. Le moindre mot suspicieux sera reposté sur son compte twitter avec un commentaire cinglant, et il espère bien faire du like et du repost. Oh, pas pour lui, bien sûr, même si c'est agréable de savoir qu'on est quelqu'un de bien, et de savoir aussi que tout le monde le sait. Non, il le fait pour la Cause (ou, en anglais, for the Greater Good, comme dans Hot Fuzz, un film qu'il n'aime pas trop parce que ce sont les méchants qui gagnent à la fin).

 

Jean-Michel Combat Social à seize ans, mais il sait mieux que ceux qui ont le double de son âge, le triple ou le quadruple ; il ne connaît que les bancs de l'école mais il sait mieux que ceux qui font l'expérience de la vie, parce qu'internet lui a appris que personne n'avait jamais vraiment raison et que par conséquent, tous les points de vue se valent. Jean-Michel Combat Social a vingt ans, mais il sait mieux que les spécialistes des sujets dont il s'empare parce qu'il a vu deux vidéos Youtube et qu'il a eu 13 au Bac de Français. Jean-Michel Combat Social, c'est un peu Tintin, mais sans l'album au Congo : il a de 7 à 77 ans, et sans doute n'est-ce pas un hasard s'il a la maturité des premiers, et l'ouverture d'esprit des second (encore est-ce faire injure aux deux, qu'ils me pardonnent). Grâce à ses lunettes magiques, Jean-Michel Combat Social a toujours raison. Il sait tout mieux que toi, sauf si tu es d'accord avec lui auquel cas tu es un génie, car il en est un également. Il peine souvent à écrire deux phrases en français correct ("mais ça n'existe pas, le français correct !", lui a appris Jean-Michel Démago, lexicologue de profession), il n'a aucune idée de ce qu'est la dialectique et d'à quoi ça sert (il ne manquerait plus qu'il essaie de se contredire lui-même ! Il est pas zinzin, waaa, l'autre, hé, lol !), il vit dans sa bulle (souvent) et ne s'est jamais confronté aux réalités dont il traite (il n'en a pas besoin, puisqu'il a toujours raison), il condamne les fachos, les oppresseurs, les agresseurs, les n*zis mais il emploie les mêmes méthodes qu'eux. For the Greater Good. C'est si commode.

 

Jean-Michel Combat Social est un héros, comme Hercule avant lui (mais sans le côté paternaliste et les gros biceps). Il a sa propre mythologie. Ses propres dieux, ses propres textes sacrés qu'il ne remettra jamais en question. Ou disons, non, ce serait lui reconnaître trop de mérite : il a la mythologie qu'on a inventé pour lui et ses semblables afin de les dispenser de trop réfléchir (soit : plus de cinq minutes), un panthéon à leur mesure bâti sur le mont Sophistique par des gourous modernes en mal d'emprise, d'oseille et de reconnaissances, de ces militants de papier qui veulent marquer l'Histoire - ou plutôt, la plier, y imposer leur nom comme une décalcomanie au fer rouge -, non par engagement mais par narcissisme. Jean-Michel Combat Social aime qu'on lui lave le cerveau, il se sent plus propre après : oui, ok, d'accord, on remplace son système de pensée par un autre mais il s'en fiche, au contraire, ça le conforte dans son idée qu'il est unique et qu'il est beau. Tant pis si ce système de substitution est déviant, dévié, sorti des rails de la rationalité pour justifier l'injustifiable, dispenser des immunités morales qui n'auraient pas lieu d'être, et s'il ne semble valide que parce qu'il est à lui-même sa propre justification, une boucle de fausse logique autoréférencée qui fonctionne en tautologie, séparée de la folie clinique par une simple ligne rouge. Fine, de surcroît.

Tous les hommes sont sexistes.
Or Socrate est un homme.
Donc Socrate est sexiste.
T'as vu ?

 

 

Dans le monde idéal de Jean-Michel Combat Social, tout le monde pense comme lui, écrit comme lui, mange comme lui, baise comme lui, parle comme lui, a la gaule comme lui. Les livres, les films, les jeux et mêmes les encyclopédies, les ouvrages scientifiques, sont expurgés de tout ce qu'il n'a pas validé, et leurs auteurs sont traînés dans la boue. For the Greater Good.

 

Dans le monde idéal de Jean-Michel Combat Social, les oppresseurs sont opprimés, les racistes sont racisés, les sexistes sont sexisés, les méchants sont méchantisés, mais ils l'ont mérité alors ça va, c'est cool. Si demain, il pouvait les mettre dans des camps, à vrai dire, il n'aurait rien contre. C'est déjà ce qu'il fait moralement sur les réseaux sociaux sitôt que quelqu'un n'est pas d'accord avec lui. For the Greater Good.

 

Jean-Michel Combat Social tue. Oh, pas avec des armes, il tient à garder les mains propres, et puis c'est un babtou. Il tue par l'ignorance. Il tue par la bêtise. Par son suivisme. Par son absence de conscience historique. Par son manque de recul. Par son intolérance, même. Ce qui n'est pas comme lui est mal, et doit donc être anéanti, par tous les moyens, même les plus abjects, sinon il se roulera par terre et il retiendra sa respiration jusqu'à devenir tout rouge ou recueillir 10000 signatures. Jean Michel Combat Social tue. Oh, pas des gens, il reste quelqu'un de bien et puis il y en a trop, ça prendrait trop de temps. Il tue le progrès. Il tue la diversité. Il tue l'histoire. Il tue la philosophie. Il tue la connaissance. Il tue la civilisation.

 

Il tue parce que si on le laisse faire, si on le tolère, si on l'encourage, demain, nul n'osera plus écrire, nul n'osera plus créer, nul ne prendra plus le risque de fâcher ou de déplaire. Demain, nul ne sera plus libre. For the Greater Good.

 

Celui de sa gaule.

 

[Soutien aux auteurs de "J'ai attrapé la puberté", éditions Milan]

 

*

 

(Tout ça vaut bien une pétition).

 

*

 

Et pour ceux qui ne cliquent pas sur les liens hypertexte parce que c'est contre la religion, une lecteur nécessaire en trois actes :

 

Thèse

Antithèse

Synthèse

Conclusion

 

*

 

Bibliographie sélective pour approfondir :

 

- Fahrenheit 451 de Bradbury

- 1984
d'Orwell

- The Crucible
de Miller

- Matin Brun
de Pavloff.

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Édito

Parce qu'on n'est pas tous nés avec des doigts aux mains (fonctionnels, en tout cas) !

 

Parce qu'on a tout à fait le droit de ne pas savoir parer aux jeux de combats, ou de ne pas savoir freiner aux jeux de course automobile, ou de ne pas savoir diriger son bonzhomme à Resident Evil 1 !

 

Parce qu'on n'est pas tous à l'aise avec plus de deux boutons, surtout quand il faut alterner leur utilisation !

 

Parce qu'on n'est pas tous au courant qu'on est au XXIème siècle et que de toute façon, c'était mieux avant !

 

Parce qu'on est libre de préférer acheter nos jeux à Cash Converter plutôt qu'à Micromania !

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrés vous propose des tests périmés et de mauvaise foi, des dessins réalisés à la hache, à l'arrache et avec des mains carrées (aussi), des découvertes culturelles à manger son code du psychiatre (sans sauce) et autres billevesées qui vous demanderont au mieux beaucoup d'indulgence, au pire du prozac. Mais surtout, surtout, depuis quelques mois, du gros troll qui tache.

 

Le Blog du Joueur aux Mains Carrées se veut un blog tout à fait inutile, sous-documenté, sous-illustré et sous-créatif, qui ne vous guidera en rien dans vos futurs achats ou vos quêtes du fini-à-200%. Le Joueur aux Mains Carrées fait un plus gros score à Tetris s'il laisse les pièces descendre sans toucher à la manette.

 

Tout est dit.

 

Enfin, le Joueur aux Mains Carrées est fan de Mr Patate, Paul Binocle et Boulet, dont il s'évertue à plagier les meilleures idées, des fois que. 

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