Le PoulpyBlog : Musique, jeux vidéo, et les deux en même temps

Catégorie : Un article, un jeu

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Un article, un jeu (Musique)

Salut à tous !
Le PoulpyBlog revient du royaume des morts le temps de quelques articles, nouveaux et qui sentent bons.

Si vous étiez là du temps des débuts du blog, il y a 5 ans de ça, vous souvenez peut-être d'un article d'analyse sur la musique de Secret Of Mana. Il est plus que grand temps d'en écrire la deuxième partie aujourd'hui.
Parce que bon, bien au-delà des divagations philosophiques de ma jeunesse, il me parait également nécessaire d'aborder Secret Of Mana de manière rationnelle : qu'est-ce qui rend sa musique aussi unique ? Qu'y avait-il dans la tête d'Hiroki Kikuta, également compositeur pour Seiken Densetsu 3, Koudelka ou encore Soul Calibur 5, lors de l'écriture de ces morceaux ?

Pour trouver la réponse, il va falloir téléphoner à Frédéric Lopez parce qu'on a de la route...

 

Voyage en terre inconnue : Bali, Papouasie et Fort Mana



Ah ben tiens, "The Oracle" ! Il est encore là ce morceau, que j'avais déjà disséqué il y a 5 ans, en évoquant l'hypnose qu'il exerçait sur le joueur, à la manière de Thanatos hypnotisant la population de l'Empire.
Cette sensation d'hypnose dans la musique vient de nombreuses couches de sons qui se superposent et font frétiller le cerveau car trop d'informations. C'est impressionnant, ça nous enveloppe, ça prend l'ascendant sur nous.
Il s'avère que "The Oracle" est ouvertement inspiré du "Kecak Monkey Chant", un chant traditionnel à Bali, en Indonésie :

 

 

Toujours pour évoquer la présence de Thanatos, mais cette fois dans ses temples de Pandora et Nordia, le morceau "Ceremony" est également composé à partir du folklore indonésien, une musique nommée le gamelan, façonnant définitivement l'identité musicale du personnage énigmatique de Thanatos.

 



Et attention, le voyage n'est pas fini. En poussant un peu du côté de la Papouasie voire de la Micronésie, on peut retrouver des percussions basées sur des poly-rythmes peu habituels dans nos contrées, qui ont servi à Kikuta pour composer "Dancing Animals", thème du village champignon de Bolet.

 

 

 

Tu connais la blague sur l'Arbre Mana et la baleine ? Elle est lourde ! HAHA

Egalement entendue durant le speech du roi de Bolet quand il évoque les légendes, et à nouveau quand les héros atteignent l'Arbre Mana à Puritas, "Fear of the Heavens" est avant tout la musique d'introduction du jeu, celle de l'écran titre, celle qui a fait frissonner tout le monde.

 

 

Vous entendez ce souffle au début ? Il s'agit en réalité d'un chant de baleine, cette baleine étant l'incarnation de l'Arbre Mana, de l'aveu même d'Hiroki Kikuta, qui explique en 2014 :
"Je voulais que ce morceau ressemble à la toute première image de l'opening, qui montre l'Arbre Mana immense, paisible, dominant tout le paysage, au même titre que les baleines, aussi tranquilles soient-elles, dominent les océans. Je voulais donc ce chant de baleine en ouverture, pour incarner la voix implorante d'un Arbre Mana éternel."
Finalement, c'est tout le morceau qui sonne comme une ode à l'arbre divin, et au paysage sauvage et resplendissant : l'écho très prononcé des premières notes, la mélodie fébrile et douce de la flûte, puis les cordes deviennent puissantes et grandioses, appuyées par un clavier aigu et dégoulinant, rappelant la pluie rafraichissante.

D'ailleurs, autre anecdote, le nom japonais de "Fear of the Heavens" se traduit plus littéralement par "Angel's Fear". La chanson d'ouverture de Seiken Densetsu 3, suite de Secret of Mana, est la même mélodie en plus lent, et s'appelle "Where Angels Fear To Tread". Et il se trouve que Hiroki Kikuta a fait plus tard une référence délibérée à ces morceaux sur la BO de Soukaigi, en nommant un morceau "Angel's Fear Again", tout en espérant que les fans de Secret of Mana repèrent le clin d'oeil.

 

Mystique mystère

Pour terminer, évoquons les morceaux ésotériques que sont "Mystic Invasion" et "Whisper and Mantra", basés sur la même mélodie.

 

 

Plusieurs musiciens ont essayé, sans succès probant, de reprendre ces morceaux, voire simplement de les comprendre, et ont eu le mal de tête de leur vie. Et pour cause : ce morceau est basé entièrement sur des quartes, créant des accords plutôt compliqués à comprendre. Et ce, d'après Kikuta, dans un but bien précis : exprimer le mystère. Car le mystère, c'est beau. Mais le mystère, c'est dur à comprendre pour la plupart des gens, aussi. Aussi, la partie batterie / rythmique de "Mystic Invasion" est remarquable car elle est particulièrement difficile à jouer sur un vrai instrument, étant en même temps calme, groovy et rapide, et adoptant des signatures très étranges, laissant entendre que le mystère, c'est aussi l'imprévisibilité. Le pari est un succès, et "Mystic Invasion" est inoubliable.

 

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Pendant ce temps, j'ai recommencé Secret Of Mana pour la 400e fois au moins et je m'apprête à en recoder des morceaux en C++ pour m'entrainer dans mon coin. Ce jeu a vraiment quelque chose d'unique sur tous les points. Allô, l'office du tourisme de Jakarta ? C'est pour une réservation !

 

 

Voir aussi

Jeux : 
Secret of Mana (original)
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Un article, un jeu (Musique)

 [La parution originelle de cet article date de Mai 2012, mais la suite arrivant bientôt, un petit rafraichissement s'impose]

Nom : Secret of Mana
Année de sortie : 1994 (1993 au Japon)
Support : Super NES
Genre : RPG
Editeur : Square
Développeur : Square

Compositeur de la musique : Hiroki Kikuta

(J'ai pris soin de cacher les infos concernant la fin du jeu sous spoiler)
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S'attaquer à un jeu comme Secret Of Mana n'est pas une mince affaire, puisqu'il est considéré comme l'un des meilleurs jeux de tous les temps par de nombreux gamers. Sauf que moi aussi, j'adore ce jeu, et surtout j'adore sa BO, donc une petite analyse s'impose.
De son titre originel « Seiken Densetsu 2 », ce qui veut dire « La légende de l'épée sacrée », Secret Of Mana a été vendu à (seulement, en fin de compte) 2 millions d'exemplaires à travers le monde. Si vous cherchez le premier "Seiken Densetsu", aïeul de Secret Of Mana donc, vous le trouverez en Europe sous le nom de "Mystic Quest". De même, si vous cherchez la suite de Secret Of Mana, vous aurez plus de chances de la trouver sous son nom japonais, "Seiken Densetsu 3", puisque cette suite n'est pas sortie en Europe pour notre plus grand malheur.

Secret Of Mana respecte pas mal de codes du RPG dans son scénario de base : vous incarnez un garçon qui trouve une épée sacrée alors qu'il n'a rien demandé, il la retire de son socle, les monstres apparaîssent, il faut les buter, une fille et un elfe magicien viennent vous aider. Normal, jusque là.
C'est en avançant dans le jeu que la tournure devient intéressante. On y rencontre Thanatos, un sorcier aux noirs desseins, qui s'amuse un peu à contrôler la population, puis l'Empire, une organisation légèrement despotique régnant sur tout un continent qui s'appelle, comme son nom l'indique, l'Empire.

La musique est l'oeuvre d'Hiroki Kikuta, qui, au même titre que Daniel Radcliffe dans Harry Potter, verra à jamais son nom collé à celui de sa principale réalisation. Il n'est en fait connu QUE pour la BO de Secret Of Mana, poussant le vice jusqu'à composer un remix de 50 minutes qui tient sur un album entier, appelé "Secret Of Mana +", dans lequel Kikuta part des thèmes du jeu pour créer quelque chose de totalement différent, une réelle oeuvre musicale où la BO devient secondaire car n'apparaissait qu'à certains moments clés.
Pour l'anecdote, un autre grand nom de la musique de jeux se glisse discrètement sur Secret Of Mana, puisque les Sound Effects ont été composés par Yasunori Mitsuda, compositeur de la BO de Chrono Trigger entre autres.
 
Et les 44 pistes de cette bande son, désormais culte, colle à merveille à l'ambiance que dégage le jeu. En l'occurence, au-delà des traditionnelles musiques de plaine, de montagne, de boss, etc... On retrouve des thèmes hypnotiques, nostalgiques, aimants (du verbe "aimer", pas 'aimanter", n'est-ce pas !) qui témoignent de l'emprise et de l'influence qu'une personne peut avoir sur d'autres, sur le monde entier, sur les cerveaux d'un peuple ou sur le coeur des individus qui nous sont chers, nous poussant à commettre des actes sacrificiels ou désespérés.
 
 
Par ailleurs, il faut bien étoffer sa thèse, donc attention :
 
 
******************** ALERTE AU SPOILER *******************
 
 

CHOIX N°1 : NOW FLIGHTLESS WINGS



J'ai choisi de commencer par le thème qui illustre le mieux ce que je disais précédemment. Il est joué lors de la dernière cinématique du jeu, après avoir vaincu le boss de fin.


Ce thème commence par un ensemble harmonique d'une certaine tristesse, d'un certain désespoir, où les personnages comprennent que Tom, le fiancé de la fille, est mort, et que l'elfe est retourné dans son monde donc qu'ils ne le reverront plus jamais. Cependant, après 1 minute, la musique devient douce et calme, correspondant au moment de l'animation où la neige commence à tomber : ce sont les cendres du Démo Mana, le boss de fin, qui retombent sur terre sous forme de flocons. Le Démo Mana est un dragon de la même espèce que notre ami Flammy, et qui se retourne violemment contre l'influence maléfique du Fort Mana sur le monde, mais dont la puissance ravageuse risquait de raser complètement ce même monde de la carte.

En clair, les trois disparitions résultent d'un sacrifice. Mourir, ou quitter ses amis, pour permettre au monde de vivre : Tom se suicide pour permettre aux héros de buter Thanatos qui n'a plus d'enveloppe corporelle, l'elfe sacrifie sa présence auprès de ses amis pour leur permettre de vivre. Dans le cas du Demo Mana, c'est un peu plus compliqué. C'est un être pur qui s'est exagéremment retourné contre l'impur. Il fallait le tuer, malgré les conséquences et les choix moraux, pour espérer survivre. Le sacrifice n'est pas autogéré mais ce sont les héros qui en font le choix. Choix payant puisqu'en plus d'un monde sauvé, les cendres du Demo Mana se répandent sur la terre comme pour symboliser qu'il était l'incarnation de celle-ci. On peut parler d'une forme de vie après la mort, peut-être

Le jeu comporte d'autres actes de sacrifice qui n'ont pas de lien avec cette musique (le sacrifice de Dryade, par exemple)

Je sais, pour faire dire autant de choses à 2 minutes de musique, faut avoir un léger pet au casque...


CHOIX N°2 : THE ORACLE


Voici le thème totalement hypnotique de l'avant-dernier combat du jeu, celui contre Ténébro.

Ténébro est la réelle forme de Thanatos, le grand méchant du scénario. Ce sorcier a réussi à manipuler la quasi-totalité des peuples en exerçant une certaine forme d'hypnose : la première, très concrète, sur les habitants de la ville de Pandore, permettant à Thanatos de prendre le contrôle total des personnalités d'Anna et de Tom, deux proches de l'héroïne du jeu (la fille qui accompagne le héros, si vous voulez), et ainsi influencer le comportement de celle-ci. La deuxième, plus sournoise, a permis au sorcier de tirer discrètement les ficelles de l'Empire, lui permettant notamment d'élever le Fort Mana pour arriver à ses fins démoniaques.

La mélodie extrêmement hypnotique (c'est vraiment le mot) du thème de Ténébro évoque tout cela : son emprise et son influence vicieuse sur les gens.

Tant que j'y suis, je vous propose d'écouter une reprise de "The Oracle" en version metal, réalisée par l'un de mes amis qui compose sous le pseudonyme d'Innerside. A une époque où je voulais adapter toute la BO de Secret Of Mana en metal, j'ai voulu lui laisser ce morceau, il a pondu ceci en 2 semaines : http://www.reverbnation.com/play_now/song_6104147


CHOIX N°3 : SECRET OF THE ARID SANDS


Rien à voir avec la trame globale de ce billet, ce choix est purement musical. Il illustre vos péripéties dans le désert de Kakkara, et je le trouve parfait dans son utilisation.

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Si vous souhaitez écouter d'autres morceaux de cette BO, allez-y les yeux fermés car elle est superbe, mais voici mes préférences parmi les non-citées :
* Meridian Dance (le thème du combat contre le dernier boss)
* Still of the Night (que j'ai failli mettre, c'est le thème de Puritas)
* The Second Truth Is From The Left (générique de fin)
* Danger (musique des boss)
* Fear of the Heavens (thème de l'écran-titre)

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Un article, un jeu (Musique)

Nom : Super Mario Kart
Année de sortie : 1993 (1992 au Japon)
Support : Super NES
Genre : Course
Editeur : Nintendo
Développeur : Nintendo

Compositeur de la musique : Soyo Oka
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Aujourd'hui aux US, c'est Thanksgiving. Et ça relève plus d'une coïncidence qu'autre chose, mais il se trouve que j'ai envie de parler d'un pionnier. D'un jeu qui a ouvert les portes à beaucoup d'autres (surtout à beaucoup d'autres merdes, je dois bien l'avouer), d'un plombier qui a entraîné ses copains dans sa course pour initier un style repris plus tard par Diddy Kong et Crash Bandicoot, pour ne citer qu'eux.
 
Je suis obligé, en le citant ce soir, de faire une réelle apologie de Super Mario Kart. On parle là de la quatrième meilleure vente de la Super Nintendo avec 8 750 000 exemplaires vendus (derrière les 20,5 M de Super Mario World, les 10,5 M de Super Mario All Stars et les 9,3 M de Donkey Kong Country). Il a été classé parmi les meilleurs jeux de tous les temps par plusieurs organismes dont le Guinness Book des records.
Aujourd'hui, Mario Kart, c'est une licence à part entière, comprenant 7 jeux, et dont il existe des championnats du monde annuels depuis 2002.
Mais à l'époque, il y a vingt ans (déjà...), si mon père adorait jouer en multijoueur avec moi, d'autres parents n'étaient pas de cet avis, et je les comprends. Je crois que Super Mario Kart est le jeu qui m'a fait comprendre qu'on pouvait devenir épileptique juste en restant collé devant sa télé.
Pour terminer sur une petite anecdote à destination des plus jeunes : ce n'est pas Donkey Kong mais Donkey Kong Jr qui est jouable au milieu de 7 autres persos (Mario, Luigi, Toad, Koopa, Yoshi, Bowser et une certaine Princess... Eh oui, à l'époque, Peach ne s'appelait pas encore Peach.)
 
Une fois n'est pas coutume, point de Koji Kondo. Il bossait sur Zelda : Link to the Past à l'époque, on lui pardonnera. C'est donc Soyo Oka qui a composé les musiques de votre enfance / adolescence.

CHOIX N°1 : DONUT PLAINS


J'ai toujours eu un faible pour cette musique dansante, proche d'une samba, à la fois dans la rythmique, dans les intervalles, et dans ce petit sifflet très désagréable :D. Elle me rappelle un peu la musique que joue les animaux de l'île des Sirènes dans "Les douze travaux d'Astérix". Et on roulait gaiement au bord du lac avec les copains, en coupant dans les hautes herbes, et en empalant gaiement une taupe suicidaire.

La plupart des circuits, tels les Choco Island, Koopa Beach et Vanilla Lake, se jouent au son d'une forte consonnante samba comme celle-ci.


CHOIX N°2 : OPENING / MAIN THEME



Aujourd'hui, avec nos casques ou nos écouteurs, cette musique prend une nouvelle dimension à mon goût : on entend juste tout. De la basse bien baveuse aux petites pénétrations un peu étranges de la trompette, et cette mélodie géniale qui revient sans cesse.

Enjoy and remember !

CHOIX N°3 : RAINBOW ROAD


Evidemment ! Comment passer à côté de ce grand classique des Mario Kart qu'est la Rainbow Road, la fameuse dernière course super difficile. Et sur Super NES, le mot "difficile" prend tout son sens : un circuit sans rebord, des virages horribles à 90°, des Whomps électriques et, surtout, ce magnifique étalonnage de couleurs fluos qui a inspiré une Unité du Système International à certains scientifiques pour déterminer le degré de corrosion des rétines.

Et déjà à l'époque, la musique avait ce petit côté stellaire, limite héroïque avec cette envolée de trompettes, qui déterminait presque à quel point vous étiez un monstre de la manette si vous arriviez premier.

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Voilà, j'ai fêté Thanksgiving à ma façon. J'ai peut-être sauvé la vie à une dinde. Inversement, si vous projetez de rejouer à Super Mario Kart, quand bien même vous prendriez le même plaisir immense que j'ai à allumer cette cartouche dans ma Super NES, j'ai peut-être condamné vos yeux à une cécité irréversible. Tout est une question de karma dans la vie. Tout...

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Jeux : 
Super Mario Kart
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Nom : Drakengard
Année de sortie : 2004 (2003 au Japon)
Support : PlayStation 2
Genre : Beat them all
Editeur : Square Enix
Développeur : Cavia

Compositeur de la musique : Takayuki Aihara & Nobuyoshi Sano
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Drakengard, c'est un peu la folie à tous les points de vue.

Dans ce jeu que les japonais nomment Drag-on Dragoon, on incarne Caim, prince héritier membre de l'Union, qui doit protéger sa soeur, la déesse Furiae, des forces de l'Empire. Le but est simple : combattre tous les soldats de l'Empire qui auront au préalable massacré ou fait fuir les armées de l'Union. Des milliers de têtes à dégommer tout seul. Même Kratos nous l'a pas faite celle-là, et pourtant, il est dieu de la Guerre.
Et les différents chapitres du jeu se déroulent d'une façon assez commune : combats au sol avec nos armes,  puis combats aériens à dos de dragon et à coup de boules de feu.

Par dessus tout, Drakengard possède une bande originale tout à fait singulière. Des orchestrations malades et sans nul autre pareil, rappelant sans arrêt à quel point Caim est un personnage instable et psychologiquement atteint, avec, à la baguette, deux noms plutôt conséquents de la musique de jeux (notamment Sano, connu pour ses travaux sur Tekken et Ridge Racer).
Une BO de musique classique hors du commun disais-je, caractérisée par tout un tas de courts samples collés les uns aux autres (parmi lesquels des extraits de Debussy, Dvorak, Mozart, Moussorgsky ou encore Wagner), résultant un magma de sons aussi chaotique que... génial.

 

CHOIX N°1 : FIFTH CHAPTER : ABOVE GROUND 2



La BO est "bêtement" divisée en autant de chapitres et de phases que comporte le jeu. Et concernant la folie furieuse des patchworks de Sano et Aihara, l'un des meilleurs exemples est clairement ce Fifth Chapter Above Ground.
Dès le départ la boucle orchestrale envoie le pâté et met dans l'ambiance sombre du contenu. Arrive ensuite ce tambour étrangement bouclé, semblable à une locomotive en marche. Et elle est bien huilée, cette locomotive. Les sons sont hâchés, les cordes s'affolent, et l'ensemble oppresse au plus haut point. Comme je le disais plus haut, une oeuvre unique.



CHOIX N°2 : SIXTH CHAPTER : IN THE SKY


Beaucoup moins dans la souffrance que le précédent, ce morceau en possède pourtant les mêmes caractéristiques. Le fond sonore semble venir d'une dimension parallèle, comme si Mozart s'était endormi et qu'il commençait à jouer à l'envers.
L'orchestre intervient pour insuffler de l'optimisme, mais ce miasme ambiant hypnotise totalement l'auditeur, qui se retrouve de nouveau trimballé par des samples schizophrènes. N'y retrouverait-on pas le personnage et l'action de Caim ?


CHOIX N°3 : TWELVTH CHAPTER CLOSING (UNPUBLISHED)

 

Mon dernier choix est un extrait qui n'a même pas été publié en jeu, à savoir une première version du final du Chapitre 12, par la suite remplacée par une ambiance très expérimentale de basse flirtant, là encore, avec l'insalubrité.
Il ne dure que 51 secondes et n'est pas très varié, mais je trouve que ce morceau est extrêmement intéressant et dit beaucoup de choses. On entend un choeur d'église, déguisé par une reverbération impossible, chanter un air ayant de fortes allures d'Ave Maria. Le tout saccade tel un disque rayé, on entendrait presque le cristal sauter sur un vinyle. Pour couronner le tout, une voix de nourrisson apparaît alors que le morceau s'est déjà presque éteint.
Que faut-il lire, que faut-il entendre ? Le messie a pété un plomb ? Caim serait-il une figure divine rattrapée par le côte obscur ? Je ne peux que supposer, Drakengard m'étant inconnu...

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Sans que le jeu ne m'attire, la BO maniaque de Drakengard me fascine depuis des années. Elle possède vraiment une touche encore non reproduite aujourd'hui, et se pose en ce sens comme un monument de curiosité dans le monde de la musique de jeux. Légendaire ?

J'aimerais terminer cet article en remerciant chaleureusement Rémi Lopez, dont le récent livre OST : 100 albums indispensables de jeux vidéo, paru chez Pix'n'Love, m'a permis de parfois trouver les mots justes pendant mon écriture. Et preuve que la BO de Drakengard est incroyable, elle est dedans.

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Nom : Child of Light
Année de sortie : 2014
Support : Partout partout partout...
Genre : RPG
Editeur : Ubisoft
Développeur : Ubisoft

Compositeur de la musique : Béatrice "Coeur de pirate" Martin
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Sorti il y a deux semaines, Child of Light est considéré comme le dernier petit bijou d'Ubisoft Montréal, attendu comme rarement pour un jeu ne bénéficiant pas de sortie physique. Parce que Ubisoft, déjà. Donc aussi parce que Ubi Art, le moteur graphique utilisé pour les deux derniers Rayman, d'une beauté qui n'est plus à prouver. Ensuite, parce que toute la narration et les dialogues sont en vers, fait rarissime. Il n'en faut pas moins pour que la critique encense la poésie du jeu, le plus souvent. La patte graphique et artistique a d'ailleurs été en partie insufflée par le Cirque du Soleil, excusez du peu.

Autre fait qui attire tout de suite : la musique est l'oeuvre de Béatrice Martin, jeune québécoise plus connue sous le nom de Coeur de Pirate. On parle donc là de près d'un million d'albums vendus...

Avant de parler musique, petit rappel sur l'univers de Child of Light : on y incarne Aurora, fille du duc d'Autriche à la fin du XIXe siècle, qui "décède" après être tombée gravement malade. Aurora se réveille à Lémuria, monde fantastique dirigé par une reine noire qui a volé la lune et le soleil. Le jeu commence ici, votre but étant de retourner dans le "monde réel" pour y retrouver le père d'Aurora. Très conte de fées comme ambiance, vous en conviendrez.

Coeur de Pirate a donc composé une bande originale de 18 morceaux, longue de 49 minutes au total, enregistrée avec l'aide de l'Orchestre Symphonique de Bratislava. Une petite vidéo a d'ailleurs été réalisée, dans laquelle elle explique un peu son travail sur le jeu (in english, sorry) :

 

La vidéo parle presque d'elle-même : si le côté "variétoche" des albums de Coeur de Pirate disparaît quelque peu, à la faveur de morceaux exclusivement instrumentaux, l'univers musical de la jeune femme est clairement présent dans l'utilisation de son instrument fétiche, le piano, rappelant parfois les mélodies de ses albums, lisses, glissantes, et au ton souvent mélancolique et enfantin, collant parfaitement à l'univers de Child of Light.

Et, au final, voici ce que j'en retiens :

 

CHOIX N°1 : AURORA'S THEME



Bien sur, on ne peut que retenir le thème d'Aurora, thème principal du jeu. Joué à diverses reprises dans le jeu, il possède aussi sa version à la flûte, qu'Aurora jouera elle-même face à des personnages en situation de détresse (je jure de ne pas spoiler davantage). Ici, le piano et les cordes placent la mélodie sur un pied d'égalité, et sont tranquillement poussés par un accompagnement d'accords doux et subtil. Un thème qui donne le sourire à l'écoute, et qui pose un peu toutes les bases émotionnelles du jeu : la simplicité, l'incarnation de l'enfance, un peu de nostalgie, d'amitié aussi.


Sur la même mélodie de piano, le morceau Path of the Eclipse est pourtant nettement plus sombre, me faisant penser tout de suite, par son arpège, aux destins tragiques illustrés par la bande originale de Bioshock. Aurora fait alors face à ses craintes et ses ennemis (la Reine de la Nuit en tête).



CHOIX N°2 : BOLMUS POPULI


Cette simplicité d'émotion et de musicalité est encore parfaitement retransmise dans le thème des Bolmus, petit peuple de souris commerçantes toutes mignonnes.
La mélodie à la flûte traversière, appuyée par un xylophone, est tout simplement splendide et des plus agréables, mais remarquez plutôt la ligne de basse jouée par le piano : il s'agit là de la marque de fabrique de Coeur de Pirate. Comme sur plusieurs des compositions de ses albums, la quasi-totalité des morceaux de la BO de Child of Light propose cette rythmique, ce gimmick de piano qui donne finalement tout son aspect reconnaissable à la bande son. Parfois trop redondant, mais imparable pour rendre une oeuvre unique et marquante.


CHOIX N°3 : JUPITER'S LIGHTNING

 

J'ai beaucoup hésité entre les différents thèmes de combat, et j'ai finalement choisi Jupiter's Lightning, peut-être celui qui reste le plus en mémoire. Il est un parfait exemple de l'utilisation de l'orchestre pour insuffler la part d'épique nécessaire à l'affrontement, à l'instar d'autres titres de la BO comme "Metal Gleamed in the Twilight", le thème des boss. Une boucle de 2 minutes qui aurait pu lasser, mais je lui trouve un côté accrocheur qui, couplé à la relativement courte durée du jeu et à la variété de thèmes de combat, le rend implacablement fort.

 

CHOIX N°4 : WOODS DARKER THAN NIGHT

 

Je voudrais quand même vous présenter un quatrième morceau qui me touche particulièrement, et que j'aurais aimé avoir composé : le thème le plus sombre du jeu sans aucun doute, Woods Darker Than Night. C'est encore une mélodie très simple au piano (remarquez, depuis le début de l'article, comme chaque titre touche par sa sobriété, preuve qu'on n'a pas besoin de plus, parfois), qui se balade sur une variation d'accords mineurs que les cordes appuyent légèrement sur nos glandes lacrymales. Toutefois, cette mélodie est porteuse d'espoir, les aigus apportent la lumière comme s'ils tenaient le nom et le sens du jeu à bout de bras.
Bref, avec peu de notes, on peut en signifier beaucoup, et parfois le mieux.

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Finalement, la bande originale de Child of Light apporte peut-être une réponse à beaucoup de questions de "music design" : mieux que de lancer de grands chantiers, il suffit de trouver le bon architecte. Coeur de Pirate, dont les réfractaires au style pouvaient douter, offre ici ce qu'elle sait tout simplement faire pour sublimer la poésie et les émotions clés du jeu.

Non, malgré son gameplay (trop ?) léger, Child of Light n'est pas qu'un jeu fait de rimes et de graphismes sympas : c'est une très belle oeuvre.

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Nom : Guacamelee!
Année de sortie : 2013
Support : Partout partout partout...
Genre : Plate-forme / Beat-them-all / Metroid-vania
Editeur : Drinkbox Studios
Développeur : Drinkbox Studios

Compositeur de la musique : Rom Di Prisco & Peter Chapman
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Les "Metroid-vania"... Je ne peux vraiment pas blairer cette nouvelle appellation foireuse. Pourquoi pas "Castloid" ? Ca sonne bien non ? Peu importe. Un Metroid-vania, c'est un jeu de plate-forme dans lequel il faut constamment revenir en arrière avec ses nouveaux pouvoirs pour débloquer des passages jusqu'alors inaccessibles. LE truc à la mode depuis quelques années chez les développeurs indépendants.
 
Alors pourquoi Guacamelee, qui fait partie de cette masse, se démarquerait du lot ? Il a finalement tout du jeu indé qui se revendique comme tel : de l'humour au maximum, des références omniprésentes, ce fameux gameplay Mescouilles-vania, ...
Seulement, tout est bien fait. Très bien fait, à outrance même. C'est archi-drôle en permanence, et alors qu'il aurait pu tomber dans le piège de la facilité avec ce catcheur mexicain, Guacamelee pousse le délire culturel jusqu'au bout en rendant ses personnages particulièrement charismatiques et attachants.

Musicalement aussi, les deux compositeurs auraient pu nager dans la facilité la plus crasse : des mariachis, des guitares, des trompettes et des "Ole" auraient suffit à beaucoup. Mais en pondant des mélodies irrésistibles et, surtout, en modernisant le genre avec éclat, Rom Di Prisco et Peter Chapman sont artisans de la réussite totale du jeu.

 

CHOIX N°1 : DESIERTO CALIENTE



Sans l'ombre d'un doute, Desierto Caliente, musique entendue dans la zone du même nom, est la pépite de cette B.O. L'arpège de guitare est inoubliable, la rythmique électro booste totalement l'affaire, et la mélodie reste en tête pendant des jours. Comme je le disais, on constate durant ces seules 3 minutes le parti pris de Rom Di Prisco, à savoir moderniser les codes de la musique mexicaine tout en en conservant l'essence.



CHOIX N°2 : TULE TREE


Le thème de l'arbre de Tule conserve les mêmes codes que Desierto Caliente, et en proportions similaires. Peut-être plus de trompettes, voilà, c'est presque tout. Plus "ambiante", à la mélodie moins prononcée, Tule Tree marque quand même par son marimba claquant, ses descentes électro (que l'on retrouve sur plusieurs morceaux), et le choix d'accords plus "rentre-dedans", rappelant à bien des égards les thèmes de Vega (Street Fighter) et de la Vallée Gérudo (Zelda Ocarina of Time), deux références archi-cultes. Encore un morceau qui fait complètement mouche.


CHOIX N°3 : SANTA LUCHITA

 

Et la bande son de réjouir le joueur y compris dans les villes, lieux beaucoup moins agités, avec des musiques se rapprochant nettement plus d'un ensemble traditionnel, même si le fond de la rythmique est bien aidé par une simili-drum'n'bass, peu audible mais amplifiant l'espace que prend le morceau, tel le détail qui tue.

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Et c'est ainsi que dans un étalage de clichés et de déjà-vus qui auraient bien pu lui nuire, Guacamelee tire bien plus qu'une épingle du jeu indépendant. La musique parvient à insuffler une fraîcheur supplémentaire à un produit déjà fort agréable, et a déjà fait le tour des têtes plus d'une fois.

Hâte de revoir ces deux compositeurs à l'oeuvre...

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Jeux : 
Guacamelee!
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Un article, un jeu (Musique)

C'est la mode de partout, tout le monde en parle, c'est tellement un phénomène socio-culturel que la moitié d'entre vous sera parvenu sur cet article parce qu'il a plongé dans mon piège d'"attention whore" avec ce titre d'article si percutant : l'incompréhensible Flappy Bird.

Enfin, c'est plutôt son succès qui est incompréhensible (encore que, c'est un coup marketing simple comme bonjour, il suffisait d'allonger la thune et de piquer les idées d'autres gens).

Mais y'a des génies pour sauver la mise. Terry Cavanagh est de ceux-là, homme que je ne présente plus puisqu'il est le créateur de VVVVVV et de Super Hexagon notamment, jeux dont les bandes originales étaient déjà sacrément folles.
Suite au succès de Flappy Bird, Terry Cavanagh a donc codé Maverick Bird (en quoi... 2, 3 jours peut-être ? Ce mec est dingue !), un fan-made assumé du jeu au piaf qui se joue ici : http://terrycavanaghgames.com/maverickbird/

 

Et malgré la rapidité du processus de création, c'est encore une musique incroyable que nous propose Cavanagh en accompagnement de son jeu ultra-addictif :

 

Eh bien pour une fois, sachez que cette musique n'est pas une oeuvre exclusive au jeu ! Ca aurait été trop dégoutant pour nous, jeunes impurs que nous sommes, que le mec arrive à sortir une musique aussi fabuleuse que ça en une poignée d'heures ! :p
Le morceau s'appelle Vietnam, et est l'oeuvre de l'artiste anglais Kozilek, de son vrai nom Jukio Kallio. Un morceau originellement sorti en Octobre 2012 sur un EP nommé Pluto

Kozilek a composé plusieurs bandes originales de jeux à découvrir ici, et on peut écouter tout plein de trucs ici.

Encore une fois, on répète tous ensemble : Gloire à Terry Cavanagh !

Voir aussi

Jeux : 
Flappy Bird
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Un article, un jeu (Musique)

Nom : Metal Gear Solid
Année de sortie : 1999 (1998 au Japon)
Support : PlayStation
Genre : Action / Infiltration
Editeur : Konami
Développeur : Konami

Compositeur de la musique : Enormément de monde...
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ATTENTION : cet article peut contenir des traces (mineures) de spoil.

Alors qu'il est pourtant le troisième jeu de la série des Metal Gear (après ceux de 1987 et de 1990), Metal Gear Solid s'inscrit dans l'inconscient vidéoludique comme le premier. C'est fort de l'immense succès de cet opus que la saga prend une ampleur gigantesque, Hideo Kojima se concentrant par ailleurs sur le bon déroulement de ses suites, jusqu'à MGS 5, prévu pour cette année.

Le jeu se déroule sur l'île imaginaire de Shadow Moses, situé sur l'archipel Fox, en Alaska (qui est lui bien réel, et abrite réellement des installations nucléaires américaines). L'unité FoxHound, possédant des soldats génômes, se rebelle et menace le gouvernement américain de leur lancer un missile nucléaire dans la face. Forcément, le Pentagone envoie un super agent d'élite sur place pour tenter de neutraliser l'affaire : Solid Snake.

Metal Gear Solid ne doit pas son statut de jeu culte au hasard. Au-delà d'un gameplay super bien pensé qui brise parfois le quatrième mur, ce qui marque le plus dans MGS, ce sont... les personnages. Bien au-delà du simple scénario et des histoires de guerre nucléaire, l'identité des personnages est si bien travaillée qu'elle les fait rayonner, chacun ayant son propre passé, sa propre personnalité tordue. C'est comme ça que Psycho Mantis, par exemple, est entré dans le cercle des meilleurs méchants de l'Histoire du Jeu Vidéo.

Le personnage principal de Solid Snake n'est pas en reste. Soldat d'élite pur, dur et insensible, il n'en demeure pas moins humain, et sa personnalité évolue avec le jeu, au fur et à mesure des séquences, montrant, comme pour plusieurs protagonistes, et de manière métaphorique, un serpent en pleine mue.

Et la bande originale de Metal Gear Solid, riche de 21 pistes, appuye à merveille la profondeur de ces personnages. Au-delà des traditionnelles musiques de niveau, d'infiltration et d'évasion, on trouve dans cette BO de quoi comprendre plus en finesse leur psychologie. Bien vu de la part des auteurs.

 

CHOIX N°1 : ENCLOSURE



Au cours de sa mission, Snake est amené à tuer beaucoup de monde dans les rangs de FoxHound, évidemment. Parmi ces morts, Sniper Wolf est celle ayant le plus d'empathie pour son bourreau, et de recul vis-à-vis de la mission terroriste. Elle nourrissait une fascination pour ses cibles puis les liquidait, de loin. La scène de sa mort dans la neige au son de cette musique, bénissant Solid Snake, permet de comprendre ses regrets, son admiration, sa délivrance aussi. "Enclosure" est, en quelque sorte, un requiem heureux pour un personnage à l'âme blessée, une rédemption sur un lit de mort.



CHOIX N°2 : THE BEST IS YET TO COME


"The best is yet to come", thème du générique du fin, est chantée en gaélique par l'irlandaise Aoife Ni Fherreigh. On réentend cette chanson dans MGS4 lorsque Solid Snake retourne à l'héliport de Shadow Moses.
Mais surtout, la première minute de ce morceau est régulièrement jouée à des moments-clés du scénario, souvent lors de communications par codec, lorsque Snake apprend une information bouleversante (un décès, le passé douleureux et inavouable de l'un de ses contacts, etc...). Isolée, cette première minute est froide mais véhicule des émotions. A l'image de Solid Snake, un mental de fer mais un coeur touché et meurtri par la guerre. On peut sentir la désolation de Snake dans ces notes.
La suite est, elle, plus heureuse et plus légère. Je vais essayer de ne pas raconter la fin, mais la musique, épaulée par son titre, raconte que le meilleur reste à venir, et qu'un avenir radieux est possible, même pour le plus strict des agents d'élite, terminant ainsi la mue que le serpent entreprend au long de l'histoire.


CHOIX N°3 : MANTIS' HYMN

 

Psycho Mantis... Je nourris une certaine fascination pour ce personnage depuis ma rencontre avec lui dans le jeu. Il est clairement l'antagoniste le plus flippant de tous, et psychologiquement le plus profondément dérangé. Portant un masque à gaz, il contrôle les esprits pour leur soutirer des informations, les manipuler, ou les rendre dingue. Sa complète folie est accentuée par un doublage français aux petits oignons (contrairement à d'autres personnages qui ont été, eux, complètement ratés sur ce point), d'une voix qui berce le joueur pour mieux le faire pénétrer dans la folie avec Mantis.

Son "hymne" est aussi torturé que lui. Toutes les notes résonnent à l'extrême et évoquent la douleur, la solitude, le vide... Un hymne du mal et de la perte de l'esprit.

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Voilà. Bien au-delà de l'infiltration et du background de la menace d'une guerre nucléaire, Metal Gear Solid, c'est la construction, la déconstruction et la reconstrution d'une pléiade de personnages aux personnalités abouties et complexes. Même le moins humain des ennemis raconte, grâce à sa musique entre autres, une histoire à couper le souffle.

Donc, preuve en est : MGS est un grand jeu. Un très grand.

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Jeux : 
Metal Gear Solid
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Un article, un jeu (Musique)

Nom : Heroes of Might and Magic 2 : The Succession Wars
Année de sortie : 1998 (1996 aux USA)
Support : PC / Game Boy Color
Genre : Stratégie
Editeur : 3DO Company
Développeur : New World Computing

Compositeur de la musique : Paul Romero, Rob King et Steve Baca
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Deux longs mois. C'est le temps qu'il m'aura fallu pour réécrire un article digne de ce nom. Les mauvaises passes et le manque d'inspiration, c'est un sacré fléau pour un bloggeur, quand même. Quoiqu'il en soit, on s'y remet, donc tout d'abord :

J'adresse mes meilleurs voeux à tous les lecteurs du PoulpyBlog pour l'année 2014 !

Et j'en profite pour remercier les personnes qui ont voté pour moi lors des Anfawards. Même si je me suis fait dominer ma race par mon ami Vicporc (sans grande surprise !), vous m'avez élu deuxième meilleur blog artistique du site, et ça me fait chaud au coeur, sincèrement !

Pour commencer l'année, mettons les petits plats dans les grands, et parlons grande musique : l'opéra. Je parle souvent de musique classique, ce qui est tout à fait normal puisque les jeux vidéos en sont blindés. Mais l'opéra, lui, se fait extrêmement rare. La faute, sans doute, à son format : l'opéra est une oeuvre musicale souvent complète, alliant la musique au théatre, racontant une histoire de long en large, et nécessitant nombre de chanteurs divins.

Pourtant, pour Heroes of Might and Magic 2, sorti en 1996, les trois compositeurs fétiches de la série prennent le pari de fournir une BO qui détourne ce format, pour inclure les ténors et autres sopranos sur nos cartes son. A vrai dire, sur les trois, deux se sont concentré sur un classique plus commun (King & Baca) quand le troisième, Paul Romero, se penchait sur cette petite révolution pour les musiques de ville.

Une BO qui devient donc incontournable pour le PoulpyBlog.

 

CHOIX N°1 : CITY OF THE SORCERESS



Manquant légèrement de saveur à mon goût, ce thème de la cité de la sorcière reste un excellent parfait de ce qu'est la BO du jeu : du classique parfaitement limpide, souvent des ballades, et surtout de superbes voix.



CHOIX N°2 : CITY OF THE WARLOCK


Un thème qui pose un peu plus les roustons sur la table, mais toujours avec seigneurie. On arrive à déceler quelques notes d'obscurité et d'inquiétude caractérisant peut-être les sorciers, notamment dans la voix du baryton, mais la musique qui l'accompagne ne se veut pas spécialement guerrière, plutôt noble et fière.


CHOIX N°3 : SEA THEME

 

Quant au reste de la BO, hors des six thèmes de Paul Romero, l'ambiance est propre à celle qu'on connait de la série : plutôt angélique, aux ambiances délicates. Similairement à d'autres thèmes marins de HoMM, celui-ci traverse nos tympans comme un flot de douceur venant de la plage, les vagues faisant partie de ce tout qui apaise. Un coin de paradis qui donne une existance sonore au nom de "Heroes of Might and Magic".

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Encore assez limitée, la présence de pièces d'opéra dans un jeu demeure rare, et devient même un vrai évènement quand il s'agit d'un jeu de 1996. Peut-être un morceau d'histoire ?

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Un article, un jeu (Musique)

Joyeux Noël à tous de la part du Poulpyblog !

Dans "joyeux", il y a "joie", donc sourire, donc rire. C'est ce que je vous propose en ce soir de Noël !

Vous connaissez sans doute Starcraft, le célèbre jeu de stratégie de Blizzard Entertainment. Pendant 2 ans, entre 1998 et 2000, Blizzard a proposé une "map of the week" aux joueurs de Starcraft chaque semaine. Et il y a 14 ans presque jour pour jour, le 23 Décembre 1999, sortait une "map of the week" spéciale Noël portant le nom de Twelve Days of Starcraft.

La map en question

Le nom provient de celui d'une chanson de Noël très célèbre dans les pays anglophones : The Twelve Days of Christmas. Dans cette comptine à récapitulation, le narrateur énumère les 12 cadeaux qu'il a reçu de son amoureux/euse.

Là où ça devient drôle, c'est qu'avec la map, Blizzard a fourni une version très personnelle de la comptine ! Version durant laquelle je me marre à chaque écoute, je devais donc vous la partager. La société "Carbot Animations" s'est même fendu d'un petit clip mis en ligne il y a 2 semaines, et les paroles sont dans la description de la vidéo.

Starcraft, Blizzard et le Poulpyblog vous souhaitent encore un Joyeux Noël !

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Jeux : 
StarCraft
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Le PoulpyBlog : Musique, jeux vidéo, et les deux en même temps

Par PoulpyBlast Blog créé le 04/05/12 Mis à jour le 24/03/17 à 20h00

La musique des jeux vidéo, une culture bien méconnue. Heureusement que le PoulpyBlog est là ! Du connu, du moins connu, des analyses, des découvertes, des podcasts, des réinterprétations,... Bienvenue au croisement entre deux arts !

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Édito



Bienvenue sur le PoulpyBlog, blog musical et vidéoludique !


Au programme donc, dissection et décryptage de musique de jeux vidéo, parfois seulement du partage (et c'est déjà pas mal !), souvent jeu par jeu, des podcasts, des remixes, du nanar, et bien plus encore !

Libre à vous d'’ajouter les informations manquantes et de faire quelques précisions qui pourraient m’être utiles, c'est par ailleurs l'un des buts de ce blog !

L'auteur du PoulpyBlog a remporté le Krystaward 2013 de la meilleure métamorphose !


Elu "Meilleur blog artistique" de 2014 !

 

 


avec Vicporc et Onink

Episode 17 : sorti début Avril 2014


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