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Par levelfive.fr Blog créé le 21/12/10 Mis à jour le 22/08/13 à 10h31

A travers des chroniques, articles de fond ou reportages, nous nous efforçons d'aborder le jeu vidéo de façon intelligente. Sans pédanterie, avec humour ou le plus grand des sérieux.

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Réflexions

B)    Le statut de l'auteur et les processus d'écriture

Le statut de l'auteur, et son appréhension de l'écriture, soulève plusieurs questions dans le cadre des fictions de fans. Existe-t-il des différences importantes entre l'auteur en littérature traditionnel et le fanfiqueur ?  Le fanfiqueur recourt-il à un processus d'écriture similaire à celui de l'écrivain traditionnel, seul face à sa page blanche ou son ordinateur ?

Pour aborder cette question de l'auteur, on peut déjà commencer en constatant que l'auteur de fanfictions de Wakfu, donc qui s'inscrit dans une création transmédia, est différent de l'auteur de fanfictions se rapportant à d'autres univers (par exemple, Harry Potter, Twilight).

Le fanfiqueur de Twilight ou d'Harry Potter est en premier lieu un lecteur qui devient fan d'une série et qui par la suite écrit sur cette série. Théoriquement, on retrouve ce même processus pour un fanfiqueur de Wakfu. L'auteur peut être à la base un lecteur de mangas ou bandes dessinées se rapportant à cet univers, devenir fan et écrire à son tour sur ce monde imaginaire. Seulement, le fanfiqueur de Wakfu n'est pas qu'un lecteur devenu écrivain, et accessoirement fan. Il peut également être un spectateur (regardant le dessin animé d'Ankama) mais surtout un joueur. Le MMORPG Wakfu demeure le centre convergent de cette oeuvre transmédia.

 

 

Alors qu'un fanfiqueur d'Harry Potter, de Twilight ou même de Naruto est surtout un lecteur qui devient écrivain, on observe une multiplicité de statuts chez le fanfiqueur de Wakfu. Il a un usage de médias variés qui tous alimentent un univers fictif, là où les autres fanfiqueurs se contentent le plus souvent, s'il y a consommation de médias différents à propos de leur série favorite, de transpositions (le premier film Harry Potter traduisant en langage cinématographique le premier livre de la saga, etc.). Focalisons-nous plus spécifiquement sur ce statut double qui fait la spécificité du fanfiqueur de Wakfu : joueur et écrivain.

Il y a, dans ce double statut, une contradiction forte chez l'auteur de fanfictions de Wakfu. La contradiction est que ces pratiques sont, par définition, opposées pour ce qui est du rapport à autrui. Écrire est, a priori, une activité solitaire. Prenant à contre-pied cette capacité à créer seul avec du texte, jouer à Wakfu (donc à un jeu de rôle en ligne) est une activité éminemment collective. Jouer, c'est construire son personnage, son destin, découvrir des mythes dont regorge le monde de Wakfu. Il ne s'agit pas que d'un plaisir de l'esprit comme les échecs, le récit demeure important et se déroule, pour chaque joueur, via une narration qui lui est plus ou moins propre (une marge de manoeuvre est autorisée par les développeurs mais des balises existent comme les quêtes données par certains personnages qui ne sont en réalité que des robots).

Il est certes possible de jouer seul à Wakfu mais c'est occulter de nombreuses possibilités et passer ainsi à côté de l'essentiel du jeu : le groupe. Il faut être en groupe pour mener à bien des donjons et gagner de l'expérience, pour participer à des événements, etc. Ainsi, la création de son personnage, l'élaboration d'une mythologie passe par un contact étroit avec autrui.

Il y a donc, a priori, deux postures bien différentes entre celle de l'écrivain (qui compose de manière solitaire) et celle du joueur de MMORPG (affilié à un groupe ou du moins en contact, plus ou moins fort, avec une communauté qui construit sa propre histoire au sein de la grande Histoire officielle, rédigée par les scénaristes). On ne va pas créer pareillement une fiction en tant que joueur et fanfiqueur. Pourtant, ces deux activités, antagonistes à ce niveau-là, peuvent s'alimenter l'une et l'autre. Le joueur vivant des aventures qu'il relatera dans des fanfictions, ou le fanfiqueur se bâtissant une identité à l'écrit à laquelle il donnera vie dans le jeu.

Ce postulat est une base qu'il convient d'interroger plus en profondeur. Pour ce faire, on effectuera plusieurs recherches sur Internet en se basant sur différentes sources comme le forum officiel de Wakfu (1), des sites spécialisés dans les jeux vidéo dont une partie traite de Wakfu (2), des blogs personnels sur Wakfu (3). Avec un tel corpus, on cherchera à interroger les processus d'écriture des fanfictions. Cette enquête permettra de savoir comment écrit un fanfiqueur, si ce processus d'écriture est différent d'un auteur traditionnel, mais également si le dualisme évoqué plus haut (écrivain et joueur) a une incidence sur le processus d'écriture.

Blog personnel sur les fanfictions de Wakfu

Deux tendances semblent en premier lieu se dégager après l'étude de plusieurs fanfictions émanant des sources évoquées plus haut. Tout d'abord, on observe une écriture solitaire. Cette écriture demeure en tout point semblable à l'écriture traditionnelle d'un romancier publié par une maison d'édition. En effet, l'auteur imagine son texte seul, le rédige puis le publie (sur le forum officiel de Wakfu, un blog personnel, etc.). Certes, il ne s'agit pas d'une publication physique (roman, revues, etc.) que l'on trouvera en librairie mais numérique, visible sur Internet via un ordinateur, un smartphone ou une tablette. Sur ce point, les fanfictions de Wakfu se rapprochent grandement des romans auto-publiés (4) sous forme d'ebooks puisqu'elles ne passent quasiment jamais, comme exception on peut mentionner la publication de fanfictions dans le magazine Wakfu Mag, par la case imprimerie. Il s'agit donc à chaque fois d'une écriture solitaire mais cette solitude supposée est-elle totale ?

Il est difficile de répondre de manière définitive à cette question. En effet, le processus d'écriture est parfois solitaire mais se double toujours d'une réception critique. Aujourd'hui, Internet permet une réactivité forte des lecteurs et leur offre la possibilité d'intervenir rapidement. Les commentaires sont souvent nombreux pour commenter la fanfiction proposée, particulièrement pour le forum officiel de Wakfu. Cette réception critique pose une question par rapport à l'écriture solitaire, cette dernière est-elle influencée par les commentaires ? Si oui, peut-on dégager des types d'écriture solitaire ?

A côté de cette ambiguïté, on observe une autre tendance concernant le processus d'écriture : l'écriture à plusieurs. Le récit prend forme sous l'impulsion de plusieurs auteurs. On peut donc, à ce stade, dégager deux modes d'écriture pour les fanfictions de Wakfu : l'écriture solitaire et l'écriture à plusieurs.

Avant d'aborder l'écriture collective, poursuivons notre étude de l'écriture solitaire. Après avoir étudié différentes fanfictions émanant du corpus, on remarque que, pour cette première tendance, l'écriture d'une fanfiction peut se faire avant toute publication (un poème ou une nouvelle est mis en ligne dans son intégralité en une fois (5)) ou de manière progressive (par exemple, un roman qui est publié, et rédigé, au fur et à mesure (6)). Il semble alors important de distinguer dans l'écriture solitaire le récit clos ou progressif ainsi que le phénomène de l'écriture et de la publication de l'écrit.

Des nuances interviennent lorsque l'on se penche sur ce sujet. Par exemple, une publication progressive (en chapitres et non d'un bloc) peut renvoyer à un écrit clos (déjà terminé avant publication mais publié en plusieurs chapitres) ou progressif (que l'on rédige quasiment en même temps qu'on le publie).

Dans le cas d'un récit progressif, il est intéressant de se pencher sur la solitude, et donc l'indépendance, de l'auteur. En effet, du fait même qu'il rédige, et publie, petit à petit sa fiction, l'auteur d'un récit progressif est-il encore un écrivain solitaire comme le romancier traditionnel ? En observant les fanfictions de ce type, on remarque une grande perméabilité entre les fanfiqueurs et les commentateurs.

En effet, le fanfiqueur porte une grande attention aux commentaires. Il y a un véritable regard de l'auteur sur les critiques de ses lecteurs alors que le récit est entrain de se construire au fur et à mesure. Afin de mieux cerner les rapports qui se tissent, tentons de formaliser plusieurs aspects de cette relation. Voici tout d'abord, après étude des cinq premières pages de fanfictions du forum officiel de Wakfu (durant le mois de janvier 2013), les types de commentaires que l'on retrouve le plus souvent :

•    Remarques sur l'orthographe, la conjugaison (les commentateurs reprennent l'auteur sur des fautes d'accord ou d'orthographe)
 (7)

•    Louanges (les lecteurs félicitent l'auteur, les commentaires se résument à des phrases du type « c'est bien », « Continue », etc.)
 (8)

•    Critiques sur l'écrit (des remarques sur la cohérence de l'intrigue, le style, etc.)

Comme il s'agit d'observer les relations entre le fanfiqueur et ses lecteurs pour un récit progressif, il est intéressant de s'attarder sur les critiques de lecteurs portant sur l'écrit lui-même. En partant du même corpus, on remarque une grande variété de remarques. Ce qui montre que l'intervention des lecteurs n'est pas que d'ordre technique (l'orthographe ou la grammaire) ou affectif (louange) mais peut contenir des remarques propres à une critique littéraire.

Dragodinde skeulette dans le jeu Wakfu

•   Taille de l'écrit (certaines critiques se plaignent de la taille des chapitres. Comme il s'agit d'un récit progressif, souvent, le fanfiqueur publie vite mais publie peu.)
 (9)

•    Cohérence par rapport au monde de Wakfu (dans l'exemple suivant, un lecteur fait remarquer qu'un animal de Wakfu, le Dragodinde, n'a pas de sabots mais des pattes d'autruche) (10)

•    Demande d'éclaircissement sur le texte (les lecteurs sont avides de réponses d'où une impatience qui se traduit par des questions variées sur les personnages le plus souvent. On lira ainsi des questions du type : « Lequel est bon ? », « Pourquoi tel personnage agit ainsi ? », « M'enfin c'est vrai que pour se cacher derrière un masque, faut avoir des choses à cacher, aussi, nan ? » (11). Il est intéressant de noter que le lecteur n'est pas passif, il s'interroge et fait part de ses interrogations).

•    Critiques de choix de narration ou d'éléments du récit comme des péripéties, des descriptions psychologiques de personnages, etc. (par exemple, dans une fanfiction plusieurs lecteurs n'apprécient pas la justification avancée par l'auteur pour faire renaître un personnage mort dans le dessin animé. On lira « c'est facile », « Le caractère de Nox ne correspond absolument pas à un aide-soignant et la situation dans laquelle Tristepin (est) ne permet pas une résurrection Express 11.95$ TTC ! » (12), ou à propos des combats, « les combats sont trop courts »).

•    Critiques sur le style (un exemple, « Ce que je vous reproche toutefois, c'est la surenchère de dialogue qui font planer l'action sans la faire se mouvoir. Votre style de dialogue ne prend vraiment une certaine profondeur qu'en fin de discussion (je l'ai noté sur les chapitres premier et second), c'est un choix certes mais qui, je pense, nuit plus qu'il n'aide au bon déroulement du récit. » (13))

•    Demandes sur la suite du récit (On lira par exemple, « Sinon l'histoire bien mais décris plus »)
 (14)

•    Conseils d'écriture (certains lecteurs n'hésitent pas à donner des conseils d'écriture, pour une fanfiction un lecteur explique qu'il serait bien de rester en mode « description en détail » un peu plus longtemps pour « qu'on soit bien dedans » (15).). La frontière est ténue entre le style et l'écriture. On pourrait tenter de dissocier les deux en notant que les remarques sur le style s'attardent à critiquer une écriture personnelle, tandis que les conseils d'écriture cherchent plus à faire office de manuel objectif d'écriture (rapport au schéma situation initiale/élément perturbateur, etc.).

•    Propositions d'aides (Assez proche des conseils d'écriture, on trouve également des lecteurs qui cherchent à aider directement l'auteur pour améliorer son écrit. Certains proposent de corriger les fautes (16) (orthographe, grammaire, etc.), ou d'imaginer des illustrations (17)).

Comme on peut le constater, les interventions des lecteurs/commentateurs sont variées et touchent de nombreux points. Il peut être autant question du style, que du récit en lui-même ou de la conduite de ce dernier (la narration) voire de l'orthographe. On est donc loin d'une image que l'on peut avoir a priori à propos des échanges sur les forums entre jeunes adolescents. Le plus souvent les lecteurs rédigent des commentaires critiques, réfléchis, et ne se contentent pas d'un simple « j'aime/j'aime pas ».

A côté de cette complexité constatée dans la nature des interventions, il semble tout aussi intéressant de se questionner sur l'impact de telles interventions sur l'écriture progressive du récit. En effet, bien que cette écriture soit a priori solitaire (le récit, même s'il est en cours de construction, reste l'oeuvre d'une personne), ne constate-on pas des modulations de l'écrit du fait d'une critique variée et rapide ? Pour étudier cet aspect, on mettra de côté les entraides orthographiques et autres demandes de co-écriture comme la réalisation de dessins. En effet, ces aspects sont soit techniques, soit du ressort d'une écriture collective que l'on étudiera plus loin dans ce chapitre.

En examinant ces fanfictions issues du forum officiel de Wakfu, on constate que la majorité des réponses de l'auteur, qui publie à chaque fois un bout de son récit après les commentaires des lecteurs, comprend une part de réaction aux critiques puis le nouveau chapitre de la fanfiction. Il est très rare de relever un message de l'auteur ne comprenant que le nouveau chapitre rédigé.

S'il y a réaction aux critiques, c'est qu'il y a bien une interaction entre l'auteur et les lecteurs. On peut même parler d'influences. Pour mieux appréhender ces influences, il semble intéressant de tenter une formalisation des types de réaction du fanfiqueur. Il ne s'agit, encore une fois, pas d'une classification définitive mais d'une première approche avant un potentiel affinage.

Focalisons-nous pour ce cas d'étude sur la fanfiction Le Passé d'Evangéline (18). Pourquoi cette fanfiction ? Principalement du fait de sa popularité. A l'heure de la rédaction de cette partie du mémoire (26 mars 2013), cette fiction s'étale sur quinze pages. Les premières datent d'avril 2011 et les dernières d'octobre 2012. On tient donc un écrit qui s'étale sur plus d'un an et nourrit bien des commentaires. La plupart des fanfictions n'atteignent pas de telles statistiques.

Du fait d'un tel foisonnement, à la fois au niveau du nombre de chapitres et de commentaires, ce récit est susceptible de fournir un nombre important et varié de types de réaction de la part de l'auteur. A noter que lorsque les commentaires sont nombreux après la publication d'un chapitre, l'auteur publiant une nouvelle partie de son récit cite le lecteur à qui il répond. Une convention adoptée sur Internet par la plupart des utilisateurs de forums. Cette indication permet une meilleure lisibilité et évite tout quiproquo.

Voici plusieurs types d'intervention de l'auteur observés au cours de cette fanfiction fleuve :

•    Remerciement (l'auteur adresse un remerciement à un commentaire posté)
 (19)

•    Jeu avec les fans sur la publication à venir (le prochain chapitre sera-t-il publié le soir même ? Le lendemain ? L'auteur, qui se fait éditeur d'une certaine manière, entretient un suspense qui peut aussi concerner des éléments énigmatiques du récit : qui est « r » (un personnage) ? (20))

•    Annonce sur les publications à venir (proche du type décrit ci-dessus, il s'agit ici non plus de jouer avec l'impatience des lecteurs mais d'annoncer, comme un publicitaire, les suites de son récit. Ces annonces peuvent porter sur une date : « la suite lundi » (21), par exemple)

•    Explication sur le rythme des publications (il est parfois possible que l'auteur ne puisse publier à la date prévue. En général, le fanfiqueur se fend d'une explication sur ces imprévus, retards... (22))

•    Explication sur l'écriture du récit (il est également observable à certains moments que l'auteur évoque son appréhension de l'écriture. Il peut alors parler du nombre de parties déjà rédigées (23), du nombre de chapitres envisagés, etc...)

•    Anticipation sur l'écrit qui est publié plus bas dans le même message (l'auteur peut annoncer que la partie publiée dans le message sera la fin de l'introduction (24), etc.)

•   Mention de corrections suite à des commentaires

•   Réponses directes aux critiques

Le dernier type de réaction du fanfiqueur nous concerne directement. Néanmoins, il serait fastidieux de lister tous les cas rencontrés. En effet, ces réactions forment la plupart du temps une symétrie parfaite par rapport aux critiques des lecteurs listées plus haut. Ainsi, le fanfiqueur s'expliquera sur les remarques concernant la narration, le récit en lui-même (pour le cas de la résurrection de Pinpin, l'auteur avancera l'argument qui consiste à dire qu'il s'agit d'une « réalité alternée »), le style, etc.

L'élément le plus intéressant à interroger ne réside donc pas dans les types de réponse mais dans l'argumentation développée par l'auteur. Seulement, les stratégies de défense semblent, après l'étude de plusieurs fanfictions émanant des cinq premières pages des fanfictions du forum officiel de Wakfu, moins complexes que chez des auteurs classiques et reconnus comme le décrira Gérard Genette dans Seuils. On dégage le plus souvent une position d'acquiescement ou d'argumentation consistant à expliciter sa vue de départ.

Dans le cas de la fanfiction Le Passé d'Evangéline, l'auteur (LilyChoco) ne peut qu'acquiescer et reconnaître son erreur lorsque le lecteur Madride soulève une description en partie fausse des Dragodindes. La reconnaissance de la faute peut être très nette comme c'est le cas ici : « Effectivement, le coup des sabots pour les dragodindes, j'avais pas remarqué dsl » (25).

Au-delà de ces réponses, qui sont globalement le signe d'un vif échange sur l'écriture, on peut parfois observer une modification de l'écrit par l'auteur après des critiques de lecteurs. Ainsi, dans la fanfiction Le Passé d'Evangéline, on remarque que l'auteur LilyChoco modifie le retour de Pinpin (personnage mort à la fin de la saison 1 dans le dessin animé) car plusieurs lecteurs jugèrent ce retour assez peu réaliste et rapidement éludé. On peut ainsi lire comme commentaire préalable à la réécriture du chapitre incriminé : « Pour commencer, suite aux remarques sur le retour peu réaliste que j'avais fait à Pinpin, j'ai décidé de changer sa résurrection en essayant de l'accorder avec l'histoire en cours. J'ai donc modifié son retour dont je parlais lors de la remise des dagues. Mais la suite, vous l'apprendrez plus tard. Eh, Eh ! » (26).

Cette réécriture suite à des critiques n'est pas un cas isolé. On retrouve d'autres exemples de ce type ailleurs sur le forum officiel de Wakfu. Ainsi, Tatii-Mimii, auteur de la fanfiction Wakfu saison 3 - The Last fight of the world, reviendra sur son premier chapitre suite à des critiques. Le lecteur Ioslesombrean notera « trop rapide ce prologue. Ajoute du détail, de la profondeur, du style mais on te retrouve avec quelques fautes mais cela passe ». De ce fait, Tatii-Mimii remaniera son premier chapitre en annonçant : « Bon vu que c'était trop rapide, j'ai rectifier mon premier chapitre, je l'est refait de A à Z et voilà ce que sa donne, en espérant que vous aimerez » (27).

De même, on relève dans les commentaires de l'auteur certaines remarques adressées à des lecteurs. Il ne s'agit plus de répondre simplement à une critique, comme un échange traditionnel auteur/lecteur observé plus haut, mais de faire une sorte de clin d'oeil. Ainsi, à l'annonce du chapitre 15 de la fanfiction Le Passé d'Evangelyne, l'auteur LilyChoco annonce : « Voila un nouveau chapitre qui devrait plaire à Akuo pour le coté sous entendu et prise de tête. » (28). Cette remarque est intéressante car elle prolonge les cas de réécriture après lecture de critiques. Bien que l'auteur soit seul pour écrire, en lisant de telles phrases, on peut se demander s'il y a ou non réécriture, même partielle, après la lecture de critiques. En effet, le chapitre était-il écrit au préalable, avant publication, ou vit-il le jour après les premiers chapitres publiés et donc les premiers commentaires  lus ?

Dans ce cas précis, on peut affirmer que le chapitre 15 était déjà rédigé. LilyChoco affirme page 1 : « Pour ce qui est du faite d'écrire vite, j'ai aucun mérite, j'avais déjà écrit les 17 premiers chapitres quand j'ai posté le premier » (29). Pourtant, cette remarque ne signifie pas que les commentaires répétés d'Akuo n'ont pas influencé l'écriture, ou plutôt la réécriture, du chapitre s'il y eut remaniement, même léger, avant publication sur le forum.

On ne peut pas toujours être catégorique à propos des processus d'écriture de ces écrits. On peut néanmoins constater une tendance à la perméabilité entre l'auteur et les critiques lors de la publication de fanfictions solitaires à l'écriture progressive. Les commentaires nombreux et variés, les réponses de l'auteur et, au-delà de ça, les possibles relations en tant que joueurs (pour le critique et l'auteur) dans le jeu révèlent beaucoup de promiscuité. On est loin de l'image d'Epinal de l'auteur écrivant seul dans son coin et publiant son récit terminé.

D'ailleurs, cette image doit être questionnée. En littérature traditionnelle, on conçoit en effet l'écrivain comme un être produisant seul une oeuvre. On exclut, pour le moment, de cette vision les exercices littéraires d'écriture collective comme en proposèrent les surréalistes. Pour ces derniers cas, il s'agit d'oeuvres collectives reconnues et présentées comme telles. A côté de ces écrits à plusieurs, on relève donc le statut du créateur solitaire. Seulement, ce statut n'a rien de systématique.

Même si une oeuvre est le fait d'un auteur, dont le nom est lisible sur la couverture du livre, sur la page de titre, lui seul médiatisé dans les médias, il existe de nombreux cas dans la littérature de nègres littéraires. Des auteurs comme Alexandre Dumas utilisèrent des assistants pour rédiger des parties de romans qu'ils signaient pourtant de leurs noms.

Pour le cas de Dumas, c'est le pamphlétaire Eugène de Mirecourt qui dénoncera et critiquera la supercherie dans son pamphlet Fabrique de Romans : Maison Alexandre Dumas & Cie (30). Le collaborateur de l'ombre le plus célèbre de Dumas reste Auguste Maquet.

Eugène de Mirecourt

Pour rester dans la littérature, mais en prenant un cas plus récent, on peut également citer les nègres de Maurice Druon, que certains médias évoquent sous le terme « d'atelier littéraire » (31), comme Edmonde Charles-Roux, qui aidèrent l'ancien immortel à la réalisation de sa grande saga Les Rois maudits. Le plus souvent des historiens, ces personnes qui pourtant contribuèrent à l'édification des différents tomes de cette série à succès ne verront jamais leur nom sur les livres.

Le cas du nègre littéraire est loin d'être un procédé ancien, et encore moins méconnu. En effet, la plupart des lecteurs ne sont pas dupes et savent, par exemple, que derrière les livres de politiciens ou de stars de la télévision se cachent le plus souvent un écrivain professionnel de l'ombre. De plus, de nombreuses affaires à scandale surgissent, régulièrement, dévoilant au grand jour ce rapport entre l'ombre et la lumière (32).

Pourtant, le cas du nègre littéraire perdure. Il y a comme une sacralisation, en France mais un tel état de fait nécessiterait une étude comparée avec d'autres pays, de l'auteur solitaire en littérature traditionnel, une image d'Epinal qu'il ne faut pas ébranler quitte à jeter dans l'ombre les artisans d'un projet. Cette sacralisation, ce statut de l'auteur solitaire, est pleinement ébranlée avec les fictions de fans de Wakfu. Un auteur de fanfictions ne cherche pas à se draper dans une gloire personnelle, il cherche à écrire une histoire, à s'améliorer et rendra grâce aux commentateurs qui l'aideront. Il est moins important pour les fictions de fans de faire par soi-même que de bien faire. L'esprit collectif demeure comme un écho à cette pensée de groupe qui irrigue la création transmédia Wakfu, et encore plus précisément le MMORPG.

Allant de pair avec ce statut de l'écrivain solitaire, il convient également d'interroger le rapport imperméable entre l'auteur et ses lecteurs que l'on suppose en littérature traditionnelle. Malgré un caractère plus rigide, des interactions moins fortes que sur les forums d'Internet, il est tout de même possible que des remarques de lecteurs (par courriers, lors de séances de dédicace, etc.) amènent à des corrections d'un ouvrage pour de futures réimpressions. Même en littérature traditionnelle, le romancier n'est pas dans une tour d'ivoire

Ce rapport de promiscuité observé pour les fanfictions de Wakfu rappelle surtout une certaine littérature plus que ce domaine dans son intégralité.  Au cours du XIXème siècle, les auteurs de romans-feuilletons entretenaient souvent des relations épistolaires avec leurs lecteurs. Cette promiscuité, et donc interaction, se trouve accrue avec l'évolution des technologies, Internet en tête. Il ne s'agit plus d'échanges de courriers mais d'échanges virtuels, sur un forum, permettant une réaction quasiment immédiate du lecteur.

Pour creuser un peu l'exemple des feuilletonistes, on peut citer le cas le plus fort d'interaction entre auteur et lecteurs : Eugène Sue. Le romancier fut particulièrement populaire avec sa grande saga Les Mystères de Paris publiée au Journal des Débats. Du fait d'une correspondance abondante, Sue publia parfois des témoignages à coté de son feuilleton ou modifia son propre récit après lecture du contenu de certaines lettres. On peut citer le cas d'une lectrice qui demanda à Sue de peindre la douleur du personnage Rodolphe apprenant la mort de sa fille. Afin de se rendre compte de la richesse de cet échange, on se reportera à l'étonnante compilation de Jean-Pierre Galvan intitulé Les Mystères de Paris. Eugène Sue et ses lecteurs(33)。

Ce phénomène est assez unique, dans cette proportion, pour la littérature et même pour le domaine plus restreint des romans-feuilletons. En effet, Alexandre Dumas ou Pierre Alexis de Ponson du Terrail reçurent eux aussi une correspondance abondante mais ces courriers n'entraînèrent pas d'interactions aussi fortes que chez Sue et ses lecteurs. Et surtout pas de véritables modifications du récit.

En poursuivant sur cette perméabilité entre l'auteur et ses lecteurs, il est intéressant de noter que les échanges ne sont pas uniquement le fait de ces deux instances pour le cas de fictions de fans de Wakfu. Les discussions dépassent cette relation à double sens et peuvent parfois se faire entre critiques. Ainsi, un véritable débat sur l'écriture peut émerger dans le fil de discussion de certaines fanfictions. Les lecteurs évoquent des théories, se lancent dans des interprétations du texte qu'ils commentent d'abord avec l'auteur avant de poursuivre entre eux. Le forum officiel de Wakfu n'est plus simplement un lieu de publication mais de discussions littéraires voire de débats.

Reprenons pour exemple la fanfiction Le Passé d'Evangéline. Au fil des publications de ce récit, on observe un échange entre Akuo et Machinima (deux lecteurs) à propos de l'histoire. L'auteur donne des pistes mais laisse le champ libre à des hypothèses. Ce sont ces hypothèses qu'émettent les lecteurs/critiques en abordant des thèmes comme, par exemple, l'inceste, le viol pour expliquer le caractère troublé d'Evangéline (34).

L'écriture solitaire, dans le cadre de fanfictions liées à un univers transmédia comme Wakfu, est donc un phénomène textuel complexe autant dans sa production que sa réception. On se rend bien compte que les lignes sont fragiles et que la porosité est importante entre l'auteur et le lecteur. Cette relation influence l'auteur, de manière plus ou moins soutenue, ce qui n'est pas toujours facilement déductible. Elle fait également naître des débats littéraires entre lecteurs. Il semble ainsi compliqué de parler encore d'écrivain solitaire tant le mode de publication conduit à de nombreux échanges et peut potentiellement influencer l'auteur dans son écriture ou sa réécriture. Seulement, à côté de ces créations solitaires, il ne faut pas non plus oublier les cas d'écriture à plusieurs.

En effet, on a tendance à réduire la littérature à une activité solitaire. Or, en observant les fictions à travers les siècles, on se rend compte à quel point l'écriture fut parfois l'oeuvre de plusieurs auteurs. On peut évoquer pour l'Antiquité le cas d'Homère qui divise les spécialistes. Ce nom renverrait-il à plusieurs auteurs ? Ou plus près de nous, et de manière plus sûre, des oeuvres à quatre mains comme celles d'Erckmann-Chatrian ou des frères Goncourt.

Le XXème siècle fut particulièrement prolifique en matière d'écriture à plusieurs. Les surréalistes explorèrent plusieurs jeux collectifs d'écriture comme le cadavre exquis (tous les participants écrivent tour à tour une partie de phrase sur une feuille sans connaître ce que les prédécesseurs ont rédigé), le jeu des définitions (un jeu qui se joue à deux, un des participants écrit une question du type « qu'est-ce que... ? », l'autre rédige une définition sans connaître la question), le jeu de l'un et de l'autre (sorte de devinettes) ou encore le jeu des syllogismes (jeu qui se joue à trois et qui repose sur une subversion du syllogisme traditionnel : Majeure/Mineure/Conclusion : « Tous les hommes sont...Or...Donc... »). Tous ces jeux collectifs d'écriture sont définis dans le Dictionnaire abrégé du surréalisme (35)d'André Breton et Paul Eluard. Les fanfictions de Wakfu jouent-elles elles aussi sur ces principes d'écriture à plusieurs ? Poussent-elles ces logiques plus loin que la littérature traditionnelle comme on a pu l'observer pour les relations auteur-lecteur ?

Cette partie de l'étude se focalisera sur le forum officiel de Wakfu. En effet, le forum est la forme la plus adéquate pour un échange et donc, potentiellement, pour une écriture à plusieurs. Bien plus qu'un blog personnel. En interrogeant les cinq premières pages des fanfictions, et en effectuant quelques recherches via l'utilisation de mots-clés comme « plusieurs », « collectif », on recense plusieurs cas d'écriture collective. Afin de mieux comprendre ce processus, il est important de formaliser les types d'écriture collective rencontrés. Quelles formes trouve-t-on ? Quelles organisations se mettent en place pour une telle écriture ?

On note tout d'abord des divergences au niveau du nombre. Certaines fanfictions collectives se réduisent au strict minimum avec l'existence d'un binôme. L'auteur Tatii-Mimii, par exemple, le précise dans le titre même de son sujet : Une fanfiction seulement à deux (36). Le nombre est un objectif précis sur lequel on ne transigera pas. Le reste du message donne des indications, comme le rythme de publication « tout les deux trois jours », mais avec moins de précision et d'exigence. Sans s'étaler sur le nombre de participants, qui peut fluctuer, on remarque que certains appels à contribution pour l'écriture collective ne mentionnent pas de limite de participants. Ainsi, la fanfiction Black Moon et ses légendes (37)peut potentiellement accueillir une infinité d'auteurs. Le cadre de la fiction plantée, chaque intervenant n'a plus qu'à s'imaginer un profil et écrire. On retrouve là encore ce caractère collectif et résolument tourné vers l'oeuvre, et non l'égo d'une célébrité littéraire, déjà soulevé plus haut pour le cas des écritures solitaires.

Il convient également de noter l'origine de l'écriture collective. En effet, un écrit collectif peut faire l'objet d'un recrutement, comme on a pu le voir plus haut avec Une fanfiction seulement à deux. Il s'agit d'une écriture progressive, et d'une publication également progressive. Mais il existe également des cas d'écritures à plusieurs où la publication montre une oeuvre terminée. C'est le cas de la fanfiction The end of the beginning, duo avec LMS (38)postée par Tatii-Mimii. Comme pour les fanfictions solitaires, il faut distinguer l'écriture de la publication. Une écriture à plusieurs peut être progressive ou non.

Plus haut, nous abordions la question du nombre. Il s'agissait parfois d'une contrainte d'écriture. D'autres contraintes existent et conditionnent l'écriture collective pour les fictions de fans de Wakfu. On peut ainsi trouver une exigence concernant le ton du récit. Certains cherchent un ton humoristique comme Flabra-le-sacrieur qui propose un casting de fanfictions portant le nom Une petite fanfiction humoristique, ça vous tente ? (39), d'autres veulent un « style assez gore » (40).

A côté de ces contraintes de ton, on observe quelques fois des projets d'écriture à plusieurs s'inspirant de jeux littéraires. Ces cas restent plus isolés, la plupart du temps l'écriture collective est peu contraignante. On peut tout de même évoquer quelques traces de cet héritage littéraire, comme ici avec le cadavre exquis (41), mais ce rapport reste bien souvent lointain et rare.

Cadavre exquis sous la forme d'un dessin

Les fanfictions relèvent d'un mode d'écriture riche, qui la plupart du temps se rapproche de certaines pratiques propres à la littérature. Seulement, il ne s'agit jamais véritablement, pour le cas des fanfictions de Wakfu, de reproduire un schéma classique mais de le dépasser du fait d'outils de communication, comme le forum internet, facilitant l'échange et la mise en commun. Les relations sont diverses et variées entre l'auteur et ses lecteurs. L'isolement est rare. Le plus souvent, c'est un processus d'écriture lié au groupe que l'on constate même si le rapport à la littérature est plus souvent inconscient que conscient. Les fanfiqueurs ne mentionnent que très rarement des auteurs classiques ou des jeux d'écriture de la littérature traditionnelle. Ils écrivent et échangent sans connaître cet héritage mais en réactivant parfois, voire en dépassant dans certains cas, certains des schémas de la littérature.

Encore une fois, sur la question du statut de l'auteur, ou sur les processus d'écriture, les analogies sont nombreuses entre la littérature traditionnelle et les fictions de fans mais jamais totales. De ce fait, on ne pourrait clore cette étude sans regarder du côté de la légitimation. Un écrit relève de la littérature parce qu'il s'inscrit en tant que texte dans des genres, des formes d'écritures, des processus d'écriture mais également parce qu'il est légitimé en tant que texte littéraire par différentes instances. Un texte n'est pas obligatoirement littéraire, par exemple une recette de cuisine est didactique et non littéraire. Ainsi, on abordera pour la dernière partie de ce mémoire cette question de la légitimation en se posant cette question : les instances évoquées plus haut sont-elles les mêmes en littérature traditionnelle que pour les fictions de fans ?


 

(1)Forum officiel de Wakfu : http://www.wakfu.com/fr/forum, page consultée le 23/12/2012

(2)Site spécialisé, jeuxvideo.com, partie dédiée à Wakfu http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/00016130-wakfu.htm, page consultée le 23/12/2012

(3)Quelques blogs personnels : http://wakfu-les-gardiens-fic.skyrock.com/ ; http://kagura-no-manga.over-blog.com/categorie-12447974.html, page consultée le 23/12/2012

(4)On note une expansion de ce mode d'écriture/publication avec, par exemple, la version française du Kindle Direct Publishing d'Amazon : https://kdp.amazon.com/self-publishing/signin?ie=UTF8&language=fr_FR, page consultée le 23/12/2012

(5)Petite histoire, un peu de tout, poème et histoire, forum officiel de Wakfu, auteur forevercassie, http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/42515-petite-histoire, page consultée le 23/12/2012

(6)Le Destin rouge sang, forum officiel de Wakfu, auteur -Semper-Fidelis-, http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/291774-destin-rouge-sang, page consultée le 23/12/2012

(7)Exemple le premier commentaire de Snoopy196 qui reprend l'auteur, Moka62, sur quelques points d'orthographe comme "aucun est invariable, jamais de s" : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/275766-jour-pluie, page consultée le 23/12/2012

(8)Redspanx qui répond au premier chapitre publié par un "Le début est encourageant, j'attends de voir la suite" : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/256080-vengeance-amere, page consultée le 23/12/2012

(9)Eva-du-73 qui dira "Petit chapitre mais cool" pour la fanfiction Aurore et Fleurette : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/253826-aurore-fleurette

(10)Madride fait remarquer "Il ne me semble pas non plus que les Dragodindes ont des sabots, elles sont des grosses pattes d'autruches", http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne

(11)Ce dernier commentaire émane de AlbynnB à propos du personnage de la fanfiction Bomber-Bat : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/288070-bomber-bat-renouveau

(12)Commentaire de Tempus-Sanctus à propos d'un élément de la fanfiction Le Passé d'Evangelyne : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2

(13)Commentaire de Tempus-Sanctus à propos du style employé dans la fanfiction Le Passé d'Evangelyne : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2

(14)Prestigo pour la fanfiction Wakfu, le chemin de la destinée : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/280404-wakfu-chemin-destinee

(15)Floflora pour la fanfiction Le Passé d'Evangelyne : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2

(16)LMS pour la fanfiction Le Passé d'Evangelyne : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2, page consultée le 26/03/2013

(17)Proposition de Copyright6 pour la fanfiction Le Passé d'Evangelyne : http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=3, page consultée le 26/03/2013

(18)Le passé d'Evangelyne, Lilychoco, forum officiel de Wakfu, http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=1, page consultée le 26/12/2012

(19)LiLyChoco remerciant LMS pour son premier commentaire, "Merci LMS, je pensais pas avoir un commentaire aussi rapidement : ça fait plaisir", http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=1, 
page consultée le 26/12/2012

(20)LMS qui demande à l'auteur, "C'est qui ? C'est qui qui dit moi ? Huhu, je veux le savoir", http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=1, page consultée le 26/12/2012

(21)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2, page consultée le 26/12/2012

(22)LilyChoco qui explique la raison d'un retard par "Désolée pour le retard : petits problèmes avec Internet", http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2,  page consultée le 26/12/2012

(23)LilyChoco explique "j'avais déjà écrit les 17 premiers chapitres quand j'ai posté le premier", http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=1,  page consultée le 26/12/2012

(24)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=1, page consultée le 26/12/2012

(25)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=1, page consultée le 26/12/2012

(26)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2 page consultée le 26/12/2012

(27)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/281206-wakfu-saison-3-last-fight-world page consultée le 26/12/2012

(28)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2 page consultée le 26/12/2012

(29)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=1 page consultée le 26/12/2012

(30)Eugène de Mirecourt, Fabrique de romans : maison Alexandre Dumas et compagnie [archive] : XIXe ‑ XIXe siècle : 1802-1845, Paris, Editions, 1845

(31)http://www.lefigaro.fr/livres/2009/04/09/03005-20090409ARTFIG00653-maurice-druon-un-seigneur-des-lettres-.php, page consultée le 27 mars 2013

(32)Un exemple de best-seller non rédigé par l'auteur pourtant mis en avant sur le livre, Ocean's songs de Kersauson : http://www.lalettrine.com/article-kersauson-n-a-pas-ecrit-ocean-s-songs-retour-sur-un-best-seller-45726327.html, page consulté ele 27/03/2013

(33)Les Mystères de Paris. Eugène Sue et ses lecteurs, Paris, L'Harmattan, 1998

(34)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/89249-wakfu-passe-evangelyne?page=2 page consultée le 26/12/2012

(35)Dictionnaire abrégé du surréalisme, Paul Eluard et André Breton, José Corti, août 1989

(36)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/281376-fanfiction-seulement-deux-petit-casting page consultée le 26/12/2012

(37)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/272026-black-moon-legendes-rp-multi?page=1 page consultée le 26/12/2012

(38)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/282674-end-beginning-duo-lms page consultée le 26/12/2012

(39)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/282414-casting-petite-fanfiction-humoristique-tente page consultée le 26/12/2012

(40)http://www.wakfu.com/fr/forum/81-fan-fictions/282294-appel-collaboration page consultée le 26/12/2012

(41)http://www.wakfu.com/fr/forum/30-fan-arts/42768-eh-bien-existe-cadavre-exquis-wakfu page consultée le 26/12/2012page consultée le 26/12/2012

 

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Celimbrimbor
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Il est temps que l'on communique. Rédiger des articles c'est bien mais communiquer...c'est nécessaire. Du coup, nous investissons gameblog afin d'avoir un meilleur écho pour nos articles. Surtout que gameblog.fr semble être une bonne plateforme pour nos écrits, plus des analyses que des tests; des réflexions que des actus.

Merci à vous tous de prendre la peine de nous lire. N'hésitez pas également à venir sur le site officiel : www.levelfive.fr

 

 

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