Le Gameblog officiel du site levelfive.fr

Par levelfive.fr Blog créé le 21/12/10 Mis à jour le 22/08/13 à 10h31

A travers des chroniques, articles de fond ou reportages, nous nous efforçons d'aborder le jeu vidéo de façon intelligente. Sans pédanterie, avec humour ou le plus grand des sérieux.

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Réflexions

Le jeu Heavy Rain sortit le 24 février 2010 en France. Globalement, les avis furent élogieux. Néanmoins, dans ce concert de louanges, quelques sites se permirent de ne pas crier à l'excellence. Il ne s'agissait pas de parler d'un jeu raté mais plutôt de nuancer la liesse générale. Du coup, sur son blog VIP hébergé par Gameblog.fr, David Cage s'en était pris aux deux sites français mollement enthousiastes : jeuxvideo.com et gamekult.com, ainsi qu'à Edge pour faire dans l'international. Selon lui, ces « mauvais » tests n'étaient que le résultat d'adolescents attardés. Même si l'affaire est ancienne, elle a le mérite, une fois analysée, de présenter les possibles rapports entre sites spécialisés et créateurs, entre ego et réalité.

 

 

David Cage

 

 

 

 

 


 

Avant de commencer cette analyse, recopions ici les propos de David Cage concernant les sites vilipendés par le créateur français :

 

« Les articles désagréables sont finalement à compter sur les doigts d'une main, ce qui est plutôt inattendu. Les deux principaux sites français de jeux vidéo sont au premier rang de ceux qui n'ont pas aimé (on n'est décidément jamais prophète en son pays...). L'ensemble de la presse française a réservé un accueil très positif au jeu conforme aux réactions des autres pays, mais ces deux sites sont curieusement passés totalement à côté du jeu. Au-delà des notes médiocres (dont la plus mauvaise note tous pays confondus, trois points en-dessous de la moyenne mondiale quand même...), c'est la médiocrité des articles qui m'a frappé. Pas de réflexion, pas d'analyse, juste un texte de gamin de quatorze ans dans une cour de récréation. Les développeurs et les éditeurs essaient de faire évoluer les jeux vidéo, il faudra un jour qu'une certaine presse sur internet se remette également en question.

 

Autre mention spéciale pour le magazine anglais EDGE, autre exception internationale. Autrefois magazine de réflexion et d'avant-garde, le magazine n'est décidément plus ce qu'il était. Après trois mois d'articles désagréables sur Heavy Rain (dont deux avant la preview, c'est-à-dire sans avoir eu accès au jeu...), la review était prévisible. Un étrange article en forme de règlement de comptes où mon nom apparaît une phrase sur deux, comme si la review était sur moi et pas sur le jeu. Là encore, pas d'analyse, pas de réflexion, pas de recul, juste du verbiage pseudo-intello sans le moindre contenu. »

 

I) Jeuxvideo.com se lâche

 

 

Une référence à 2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick

 

Jeuxvideo.com, peu connu pour ses prises de risque, fait pourtant preuve de bravoure en chroniquant intelligemment la création de Quantic Dream. Logan, le testeur, reproche dans un premier temps à Heavy Rain de ne pas réussir à se libérer de ses influences. Quand on parle d'influences, il faut bien faire attention à ce que l'on dit. Dans un vieux Master Class, à l'époque du film Le Pacte des loups, le réalisateur Christophe Gans définissait en trois catégories ces fameux rapports d'un film à l'autre, à d'autres même. Selon lui, on peut d'abord parler de clins d'oeil, petites perches explicites pour les cinéphiles (tel élément, telle ambiance...faisant penser à tel ou tel film) ; de vagues influences, allusions plus vaporeuses ; et de « pillages ». Pour illustrer cette dernière catégorie, on peut citer Francis Ford Coppola qui dans un de ses films réutilise plan pour plan une scène de l'Orphée de Cocteau. Cet « emprunt », non mentionné, est en effet un vol.

 

Tout cela pour dire que ce cher Logan reproche à David Cage à la fois la vague influence, deuxième catégorie, qui prédomine dans son oeuvre et dont il n'arrive pas à se détacher (s'inspirer du Seven de David Fincher sans faire autre chose qu'une copie du film original selon le testeur de jeuxvideo.com), et de l'autre une certaine tendance à l' « escroquerie ». Le journaliste relève quelques emprunts troublants au niveau des dialogues. Autrement dit, des répliques identiques entre le jeu de Cage et le film du réalisateur américain.

 

Mais Logan n'est pas là que pour pointer du doigt les mauvaises actions de David Cage en la matière, il relève également, et cela positivement, les clins d'oeil du développeur. Le testeur évoque ainsi la reprise de la scène du monolithe dans 2001 l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick. Ethan, le père de famille cherchant son fils dans le jeu, se retrouve un moment donné dans une salle d'une blancheur aveuglante comme l'astronaute du film américain. Ainsi, le début du test oscille entre le constat positif et négatif de l'influence.

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que développer une telle critique, flirtant avec l'analyse comparée jeux vidéo/cinéma, est loin d'être le propre d'un adolescent. Surtout si l'on reprend la vision caricaturale de David Cage. En suivant le créateur français, on pourrait dessiner le portrait d'un adolescent plus affamé de productions Europacorp que de films de Kubrick (sauf peut-être Full Metal Jacket, l'oeuvre la plus abordable, dans son ensemble, du cinéaste).

 

 


 

A un autre moment, Logan se plaint d'une mauvaise utilisation des thèmes musicaux dans Heavy Rain. Pour le testeur, le jeu reste trop proche, on retrouve une fois encore cette notion de l'emprunt troublant, du travail de Howard Shore. Exemple concret à l'appui, notre testeur parle de l'apparition récurrente du thème central pour des actions aussi variées qu'un combat ou la réalisation d'oeufs brouillés. Une réutilisation aussi abusive conduit forcément à la dévaluation de la composition. Le thème perdant ainsi tout son impact. Pourquoi une même tension dramatique pour une action où l'on risque sa vie et le fait de se faire à manger ? Certes, rater la cuisson d'oeufs est grave en soi, cholestérol/mauvais goût, mais on est quand même loin de la tentative de meurtre. Une critique de la bande son d'un jeu qui interroge son utilisation ? Encore une fois, une telle subtilité est étonnante de la part d'un adolescent bas du front.

 

Plus loin, Logan parle de la banalité des actions. Comme David Cage parle d'un critique « attardé », on est en droit de s'attendre à une saillie du style : « ouah c'est trop nul, y a pas d'action, on fait des trucs débiles » (ce que l'on a pu lire dans certains tests d'amateurs). Hors, le critique apprécie le fait de s'imposer des actes ordinaires pour se fondre dans notre personnage. La volonté d'immersion que Cage voulait instaurer est donc bien comprise, l'attardé gagne un bon point. C'est plus le dosage de ces actions qui pose problème pour le testeur de jeuxvideo.com. Un rythme un peu mollasson qui conduit même pour Logan, ce qui est paradoxal quand on connait la visée initiale du jeu, à briser l'immersion. Ainsi, le testeur comprend le but de Cage mais il désapprouve son application. L'être stupide n'en finit pas de nous étonner.

 

Le principal reproche que l'on pourrait faire à ce test de jeuxvideo.com, ce de n'être au fond qu'un test classique. Balisé dans son déroulement, réduit dans ses analyses. Le syndrome de la grille à remplir. Ainsi, lorsque le testeur Logan parle d'un scénario digne d'un direct-to-video, on aimerait en savoir plus. Pourquoi un tel jugement ? Néanmoins, le ton global est plutôt intelligent. Ni une charge facile et excessive, ni un éloge un peu béat. Juste une critique positive, avec des nuances.

 

II) Gamekult.com et l'ennui

 

 

Un QTE dans le jeu Shenmue

 

Le test du site gamekult.com fut beaucoup plus classique dans sa critique. Classique et non puéril ou adolescent. C'est le testeur Poischich qui s'occupa du gros dossier Heavy Rain. Son propos mettra surtout en avant l'ennui que provoque le jeu. Il souligne, par exemple, une mise en place longuette de l'aventure. Et surtout, l'utilisation abusive des QTE.

 

Le quick time event servit, en premier, à souligner un moment fort de l'action. C'était le cas dans Shenmue avec ses fameuses courses-poursuites, point d'orgue des scènes d'action dans lesquelles agissaient Ryu. De même, dans un titre comme Bayonetta, le QTE permettait de finir un boss avec éclat. Mise en scène cinématographique, virtuosité de la caméra, tels étaient les éléments constitutifs de ces passages vidéoludiques.

 

 


 

Poischich ne critique pas frontalement les QTE, il critique surtout l'usage qui en est fait. Trop de QTE qui forcent à être sur le qui-vive en permanence, à réagir à des enchaînements à reproduire. Pour le testeur de gamekult.com, il est fatiguant d'être dans une telle posture pour des actions aussi anodines que se faire du café ou préparer à manger. Pourquoi, selon lui, refuser la fluidité d'un bouton d'action, affecté pour tout le jeu, du style le bouton A (une convention comme une autre), qui permettrait de « faire couler » ces actes anodins. Il serait peut-être préférable, pour plus de fluidité et donc de réalisme, ce réalisme que cherche David Cage, de trouver un concept (comme celui évoqué précédemment) pour évacuer rapidement des actions mineures et réduire considérablement le temps de jeu pour que le déplacement et l'action se rejoignent au mieux. Bref, créer une union quasi parfaite, belle et lisse, au lieu de scinder l'aventure en micro-jeux dont l'intérêt n'est pas toujours au rendez-vous.

 

Autre reproche de Poischich concernant les QTE, le fait que les choix cruciaux du jeu se fassent sur des actions contextuelles plutôt que sur des réflexions mûries de la part du joueur. On ne peut susciter l'émotion qu'en travaillant ses personnages, en développant une implication du joueur à l'aventure, comme ce que Mass Effect fit afin de servir, au moment propice, des choix moraux. Des choix forcément plus percutants dans la mesure où ils émanent de personnages attachants et complexes. Ainsi, pour le testeur de gamekult.com, le choix d'un embranchement pourra se décider sur l'exécution réussie, ou non, d'une gestuelle. Comment se sentir émotionnellement impliqué dans un bouton manqué ?

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces critiques, même si trop axées sur les QTE au final, même si trop prises dans le cadre conventionnel du test, n'en demeurent pas moins intéressantes. On peut adhérer ou non à ces remarques, mais il semble difficile de dire qu'elles sont l'émanation d'un cerveau limité. Il y a critique d'un procédé et développement de la critique. Développement qui glisse vers une réflexion, pas assez ample malheureusement, plus générale sur l'émotion dans le jeu vidéo.

 

III) Gameblog.fr et l'éloge

 

Alors que David Cage critique ouvertement les deux sites spécialisés évoqués plus haut, le créateur français ne s'en prend pas à gameblog.fr. Rappelons tout d'abord que le site offrit, peu avant la sortie du jeu, une tribune au développeur (un blog VIP). Mais également, un habillage publicitaire aux couleurs de la production Quantic Dream qui vint recouvrir ces lieux numériques (fonds d'écran et petit origami dans le logo du site) ; des interviews fleuves de David Cage ainsi que des reportages dans les locaux du studio français ou encore un podcast entre David Cage et Eric Viennot.

 

Le jeu sorti, gameblog.fr offrit au dernier né de David Cage un test élogieux (5/5, le jeu parfait). Du coup, l'exposition précédente du jeu, sur ce même site, n'en devint que plus suspecte. Un lecteur de gameblog.fr, visiblement écoeuré par ce tapis rouge à peine voilé, proposa à l'époque, sur l'un des forums du site, un screen résumant cet emballage médiatique.

 

 


 

Certains parleront d'amour exposé. Certes, mais autant d'amour ressemble au final à un long et lent plan marketing. Un service pub dans lequel vient se fondre le test louangeur qui prend ainsi des accents de communiqué de presse et non plus de critique vidéoludique. Cette affaire nous rappelle forcément celle du site jeuxactu.com qui rehaussa la note de Timeshift, de 9 à 16, lorsque la campagne publicitaire du jeu vint recouvrir le site spécialisé. Affaire différente mais similaire sur plusieurs points.

 

IV) Conclusion

 

 

 

David Cage n'est pas un idiot, il nous montre simplement par sa réaction qu'il est le produit de son époque. Une époque où le critique est de plus en plus chahuté dans sa légitimité, de plus en plus remis en question dans son existence même. Un critique, c'est quelqu'un qui propose une réflexion, une vraie analyse, c'est un initié avant tout. Un homme qui déroule une argumentation. Dire des critiques négatives, surtout quand celles-ci proposent des nuances, des développements, une argumentation, bref l'envers du jugement de valeur simpliste, qu'elles proviennent d'attardés ou de gens à côté de la plaque, c'est nier la critique. Et, au passage, n'accepter que les louanges, lisses et suspectes, d'amis comme le site gameblog.fr. David Cage n'est pas Dieu, il peut s'être trompé, quelques erreurs sous les bonnes idées. Il serait temps de faire preuve d'un peu d'humilité, les critiques n'ont pas toujours raison mais de là à les prendre de haut...il  y a de la marge.

L'article d'origine : http://levelfive.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=167:reflexions-le-createur-et-la-critique&catid=35:reflexions&Itemid=29

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Commentaires

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En aucun cas je ne cherche à généraliser le cas de Cage et des critiques. Je me cite, "Même si l’affaire est ancienne, elle a le mérite, une fois analysée, de présenter les possibles rapports entre sites spécialisés et créateurs, entre ego et réalité.". C'est une tendance et non un fait absolu.

Je concède que l'analyse du test de Gameblog aurait été un test. Pour une prochaine révision, promis (car je précise que sur levelfive.fr un article est une réflexion et donc qu'il est sujet à des améliorations).

Je mets un bémol à ta vision de la subjectivité. Je me rapproche, pour ma part, de la philosophie de Kant. L'objectivité n'est peut-être pas possible mais il faut tendre vers cette dernière. Pour moi, le critique doit faire de même. En étant rompu à tel média, il peut tendre à l'objectivité en appliquant un vrai déroulé de sa réflexion. L'idée est de se rapprocher de l'objectivité, ce qui ne veut pas dire qu'on y arrive à tous les coups. Mais, pour revenir à la littérature, je peux te démontrer le génie de Céline dans son roman Voyage au bout de la nuit (travail stylistique, pessimisme en lien avec le XVIIème siècle, défense lucide des pauvres...). Tu peux ne pas apprécier le roman, c'est le goût de chacun, mais je reste convaincu qu'une critique qui tend vers l'objectivité peut avoir quelque stabilité. Le roman de Céline est riche, profond, stylisé; après, aimé ou non c'est une autre affaire. Maintenant, l'autre versant est possible. Il existe des critiques orientées et assumées. Pour poursuivre un peu la réflexion, on y revient, il faudrait déjà annoncer au préalable ce qu'on entend par critique.
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Le Gamer aux Mains Carrees
01/02/2012, 17:56
Je t'invite néanmoins à faire preuve du même esprit critique quand tu vas au cinéma ou quand tu lis une BD, qu'elle soit française, américaine ou japonaise. Si tu prends le temps et que tu t'appliques à être de bonne foi, tu verras que les fameuses incohérences dont tu parles, ils sont rares, très rares, ceux qui savent les éviter.


Je ne suis pas un maniaque ^^
L'avalanche de faux raccords chez Scorsese ne m'a jamais empêché d'aimer son cinéma, par exemple.

Mais justement, toi tu m'invites à être aussi critique envers le ciné, etc. C'est le contraire qui s'est passé pour moi. Je suis devenu aussi critique envers le jeu vidéo que je le suis déjà pour le reste. Avant quand je voyais des trucs débiles dans les jeux vidéo, je me disais juste "Bah, c'est du jeu vidéo...", comme beaucoup de monde. D'ailleurs je voyais pas le quart de ce que je vois aujourd'hui.

Maintenant c'est fini. Y'a trop de trucs mal pensés, trop de scénarios débiles aux incohérences flagrantes, trop de remplissage mesquin de la durée de vie, trop de gâchis en fait, pour que j'ai encore de l'indulgence. Autant le cinéma ou d'autres trucs malgré des déceptions je trouve toujours mon compte et j'en tire régulièrement de la satisfaction, autant le jeu vidéo c'est objectivement hyper décevant, pour l'apprécier j'aurais limite besoin d'une lobotomie.

Et les joueurs s'en rendent pas toujours compte parce qu'on a eu une mauvaise éducation dès l'enfance, parce que trouver une trousse de soin ou du poulet rôti au milieu de la rue c'était normal, se taper des doublages pourris aussi, parce que foutre des plumes partout dans un open-world c'est considéré comme du contenu. En fait on voit pas combien c'est débile, parce qu'on a rarement quelque chose d'intelligent pour comparer dans le même domaine.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
@Blacklabel :

Oui, j'avoue, c'est un procès d'intention, mais il ne serait pas si dramatique s'il n'était pas le reflet, hélas, d'une certaine réalité. Plus quelqu'un se sent "bien écrire" ou "bien penser" (qu'il ait raison ou non sur ces points), plus il va être tenté par le Côté Obscur. Il y en a plein les magazine chébrans sur la musique ou le ciné, alors pourquoi pas dans le domaine des jeux vidéos ?

Qui aime bien châtie bien, il paraît :) . Tu dois adorer les jeux vidéos, alors, parce que si je comprends ton point de vue, je te trouve dur quand même lorsque tu écris qu'aujourd'hui, les "Les jeux vidéo, majoritairement, c'est de la merde". On peut faire la chasse aux incohérences comme d'autres font la chasse aux faux raccords dans les films et bloquent sur les Nike de Boromir, mais si on va par-là, il n'y a pas grand chose qui trouvera grâce à nos yeux, parce que les créateurs restant des êtres humains, leurs créations ne sauraient être parfaites. Il faut donc, à mon sens, faire le tri entre les incohérences qui desservent l'œuvre et celles qui sont anecdotiques. Sans quoi il deviendrait impossible de regarder les six Star Wars qui en sortent de leur chapeau toutes les 4 minutes, ou de revisionner les Matrix qui sont encore plus bancals en la matière. Les spectateurs leur ont pardonné, pourtant (à l'opposé, Donjons et Dragons, je l'ai vu au ciné à l'époque et je peux le dire de toute la hauteur de celui qui a payé sa place : il est "objectivement" très très mauvais ! On n'y cherche pas les incohérences mais les cohérences).

Tu as raison de tirer la sonnette d'alarme, il ne faudrait pas que le niveau soit nivelé par le bas, mais je n'ai pas l'impression que ce soit le cas (ceci étant, je ne suis pas encore passé au Next Gen, alors). Par contre, les jeux me semblent plus ambitieux, et sont donc plus facilement susceptible de se rater partiellement ou complètement. C'est l'échange équivalent. Tout créateur n'est pas forcément à la hauteur de ses ambitions. David Cage en est un excellent exemple : je n'ai pas fait Heavy Rain, mais son Farhenheit, j'ai a-do-ré. Et pourtant, le scénario est grotesque, les personnages stéréotypés. Mais il apportait en même temps une expérience vraiment différente, qui fonctionnait du tonnerre. Alors oui, devoir m'infuser des compèts de basket inter-collègues ou accepter l'existence du "clan bidule", ça m'a demandé de l'indulgence, mais à côté de ça, je pense que le jeu la méritait. Autre coup de coeur : Fragile Dreams sur Wii. Au niveau mécanique de jeu, c'est basique, c'est parfois laborieux, il n'y a pas de réel challenge et le scénario "a des trous". Mais à côté de ça, je trouve l'oeuvre magnifique, et pour moi elle écrase la grande majorité des jeux présents, passés et à venir.
Parce qu'on ne retiendra pas tous les mêmes critères comme "pertinents", au moment d'analyser un jeu (ou autres). Ce n'est pas que les uns ont plus raison que d'autres, non. C'est juste qu'ils n'ont pas le même regard.
Je t'invite néanmoins à faire preuve du même esprit critique quand tu vas au cinéma ou quand tu lis une BD, qu'elle soit française, américaine ou japonaise. Si tu prends le temps et que tu t'appliques à être de bonne foi, tu verras que les fameuses incohérences dont tu parles, ils sont rares, très rares, ceux qui savent les éviter.
Le Gamer aux Mains Carrees
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@Levelfive :

Ces réponses, fines et bien écrites, m'ont beaucoup plus intéressé que l'article, même s'il a d'indéniables qualités formelles. David Cage, c'est une chose, les créateurs, c'en est une autre : on ne peut pas généraliser à partir de son seul cas. De la même façon qu'il aurait été de bon ton, comme d'autres l'ont fait remarquer, de présenter aussi une analyse du test de Gameblog, au lieu de se contenter d'évoquer d'éventuels à-côtés occultes. L'impression de partialité de l'ensemble nait de ces deux constats mis bout-à-bout, si bien que même après avoir lu tes explications, j'ai toujours autant de mal à "croire" en ton titre. Mais après, je peux comprendre qu'on veuille défendre les critiques ou que l'attitude "j'suis un artiiiisteeee vous pouveeez pas me comprendreeee" puisse donner envie de riposter. C'est humain. J'ose pour ma part espérer qu'il y a aussi beaucoup de créateurs qui ont un rapport à la critique plus "sain".
Pour le reste, je n'ajouterais rien au développement dans ta réponse car je suis tout à fait d'accord, jusque dans le très pertinent parallèle avec la critique littéraire d'antan et son rapport à nos grands auteurs (qui l'ont raillée aussi, souvent, en la mettant en scène dans leurs écrits et en la tournant en ridicule - avec pour le coup beaucoup plus de talent que David Cage :) ). Ce qui implique que oui, quand on creuse, on se rend compte que le débat est d'une envergure "autre", relevant de la philosophie à part entière, et mériterait d'être traitée ailleurs, sous d'autres formes. Du coup ton idée de "dossier" me paraît judicieuse aussi. Mais on ne pourrait pas faire l'impasse au préalable sur une "histoire de la critique à travers les siècles - et des rapports entretenu avec les auteurs" (ce serait passionnant, mais bonjour le boulot !).

Faire le tri, oui, c'est indispensable, mais on ne pourra le faire que subjectivement, tout comme le critique ne pourra faire son boulot que subjectivement aussi (si objectif qu'il se veuille puisqu'en art, l'objectivité devient déjà une forme de subjectivité). Et sans doute les critiques devraient-ils revendiquer ladite subjectivité de manière plus explicite, dans leurs papiers. Après tout, pourquoi la renier ? Elle a sa part de noblesse, non ?
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J'ajoute simplement que sur levelfive.fr nous écrivons des chroniques et non des tests. Le mot a son importance. Une chronique, c'est une analyse et une réflexion (sur un élément idéologique, esthétique...d'un jeu); un test, dans mon esprit, c'est le remplissage de cases : gameplay, graphismes...Un mix entre la communiqué de presse et le contrôle technique.
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Le Gamer aux Mains Carrees
30/01/2012, 17:19
Du coup, il faut critiquer ce que tout le monde va aimer, ça va faire branché, ça va faire rebelle. Il faut défendre ce que personne ne va aimer sous prétexte que tout le monde est passé à côté.


C'est un procès d'intention. Tu sais pas forcément ce que pense le critique. Surtout qu'au niveau du jeu vidéo, la vraie critique est quasi-inexistante, et que tu trouveras rarement un test vraiment pertinent sur Gamekult, Gameblog ou jeuxvideo.com.

Y'a plein d'articles de réflexion sur Gameblog, sur le fonctionnement des quêtes à base de "Ramasse deux cents plumes placées aléatoirement sur la carte", sur la difficulté, le système monétaire dans les jeux vidéo, qui soulignent sans forcément chercher à le faire combien les jeux sont majoritairement développés sans aucune vraie réflexion. Lis le test de Zyg sur Skyrim. Il met 3 étoiles, mais le nombre de trucs débiles qu'il souligne, et qu'on pardonnerait jamais dans une BD, un roman ou un film, ça vaudrait un -3 sans souci, ce serait, idéalement, le jeu le plus moqué, comme à l'époque on se moquait du film Donjons et Dragons.

Donc d'un côté t'as une critique conventionnelle et formatée du jeu vidéo. C'est beau + c'est fun + y'a des dialogues = BGE. Pas grave si au fond c'est complètement débile.

Puis y'en a quelques-uns qui commencent à se rendre compte qu'un jeu, ça peut être très facilement un peu plus que ça. Moi les soi-disant BGE et GOTY qui pleuvent chaque année si on en croit les tests professionnels, d'une je m'y retrouve quasi-jamais, de deux la plupart des défauts évidents, des carences, et des incohérences scénaristiques sont même pas évoqués dans les tests. On est tellement habitués à jouer à des jeux de merde que lorsque quelqu'un les critique tels qu'ils sont, les autres pensent qu'il cherche à se donner un genre. Non non. Les jeux vidéo, majoritairement, c'est de la merde.
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Quelques précisions par rapport aux commentaires.

Il ne s'agit pas de défendre les testeurs mais de présenter un rapport possible entre créateur et critique. Par cet exemple analysé (Que dit Cage ? Que disent les testeurs ? Les propos sont-ils réducteurs ? Idiots ?...), je pense que l'on peut montrer le rapport à la critique, plus généralement, que beaucoup de créatifs ont aujourd'hui. Autrement dit, un rapport méprisant qui n'est pas une réponse argumentée mais un jugement de valeur (alors qu'en face il y a, qu'on les partage ou non, pour le cas présent, des développements et non des attaques personnelles).

Maintenant, il faut aussi se questionner sur ce que l'on met derrière un critique. Cela peut aller d'un testeur de jeuxvideo.com à moi et, je dois l'avouer, il y a de grandes différences entre les deux. Le critique, noble, peut apporter des réflexions sur une œuvre, un média, et de ces critiques, justement, un échange peut se faire avec le créateur et de cet échange des œuvres. Je pense que le critique et le créateur sont un binôme indispensable. Mais je ne vais pas me lancer dans une telle discussion, surtout pas dans un commentaire car la question est longue est sinueuse. Il y a des différences entre les pays, pas la même culture de la critique en Allemagne et en France pour le cas de la littérature; des différences entres les médias (littérature, jeux vidéo...) et aussi au niveau des époques et des personnes. Un critique peut être un créateur. Dans la littérature française, actuellement, c'est souvent le cas.

Le vrai critique n'est pas n'importe qui. Avec Internet, par exemple, on a vu l'explosion de critiques du jeu vidéo. Mais il n'y a pas la même valeur entre un texte critique type test basique pré-rempli et une réflexion sur des thématiques, comprenant des analyses comparatives d'un média à l'autre, etc...Il n' y a pas LE critique mais DES critiques. Et sur Internet, il y a à prendre et à laisser.

"Est-ce qu'on ne peut pas comprendre qu'il soit agaçant, quand on a bossé pendant plusieurs années sur un projet, de se voir crucifié en une page par des individus qui, eux, on bossé une heure sur leur test ?", ta question m'intéresse car elle est, en substance, la même que posait Albert Camus au sujet des critiques littéraires. Tu vois que d'une certaine façon, le débat sur la légitimité du critique n'est pas récent. Encore une fois, tout dépend de la critique, le papier. Je pense qu'il faut faire le tri, et pour les critiques nobles ne pas les jeter d'un revers de la main sous prétexte qu'elles sont pondues plus rapidement que l’œuvre elle-même. Ce n'est pas le temps qui fait la qualité d'un livre ou d'un jeu, on juge sur pièce. Sur ce que contient tel roman ou tel jeu. Et de même, sur ce que contient telle critique.

J'en profite pour préciser quelques petits détails sur le fonctionnement du site. Je l'ai évoqué dans des éditos, je travaille actuellement à la création d'une catégorie "Dossiers". Il s'agit de regrouper, en fonction d'une même thématique, plusieurs articles se rapportant à un même sujet. On peut par exemple imaginer un dossier sur les critiques de jeux vidéo. Dedans, on y mettra cette réflexion (il s'agit bien d'une réflexion : analyse des propos de chacun, critique des propos de chacun, arguments plus généraux et ouverture de la réflexion sur le rapport actuel critique/créateur), mais aussi d'autres billets. Par exemple, pas encore en ligne, le "'demi-test" ou cette constatation critique des testeurs qui testent des jeux...non terminés. Ou encore, d'autres accointances entre les critiques et les éditeurs, etc...Il s'agit de présenter différentes facettes du sujet, complémentaires ou se contredisant (il est bon d'avoir sur certains éléments des points de vue différents...). Du coup, il ne faut pas prendre un élément comme une entité unique mais comme la partie d'un tout. Le site se structure petit à petit.

"Du coup, il faut critiquer ce que tout le monde va aimer, ça va faire branché, ça va faire rebelle. Il faut défendre ce que personne ne va aimer sous prétexte que tout le monde est passé à côté. Tout est bon, du moment qu'on brille, qu'on se donne le grand frisson de l'artiste accompli, du philosophe génial ou du Sherlock Holmes de l'analyse vidéoludique.
ça, franchement, ça me fatigue. Beaucoup. Hélas, ça se généralise de plus en plus.", encore une fois, comme je le disais plus haut, il faut faire le tri.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Une autre chose me gène, vis-à-vis de cet article (me voilà critique moi-même ! ;) ), c'est son titre mensonger.

On m'annonce une réflexion sur les rapports entre auteurs et critiques et finalement, je tombe sur "règlements de comptes avec David Cage" (parce que lui-même réglait ses comptes avec des sites qui eux-mêmes réglaient leurs comptes avec lui, à l'en croire) (sacré mic-mac, dont je me fiche carrément en tant que lecteur), avec une rapide conclusion à la fin pour essayer de lier les deux et de faire passer la pilule.

Je me suis donc fait berner.
J'en profite donc pour ajouter, en prolongement de ce que j'ai écrit plus haut, que là où les critiques proposent "une réflexion, une vraie analyse", fruits de quelques heures, voire jours (dans le meilleur des cas) de cogitation, le créateur, lui, en propose une, via son travail, de plusieurs années (souvent). Les choix qu'il fait, il les fait à dessein. On ne les trouvera pas forcément heureux ou adaptés, mais lui les a pensé en connaissance de cause malgré tout. Alors forcément, au moment où les deux se confrontent, on peut avoir envie d'envoyer sur les roses, je comprends ça.

Enfin bref, j'écris ça parce qu'à notre époque plus qu'à aucune autre, il me semble, les critiques finissent par se prendre pour des artistes, des créateurs : c'est moins les jeux (ou autres) qu'ils vont défendre ou enfoncer, mais leur réputation qu'ils vont polir à travers leurs lignes. Les jeux ne sont plus le but de la chose écrite, mais leur prétexte. "Tiens, sur ce jeu, je vais leur en mettre plein la vue". Du coup, il faut critiquer ce que tout le monde va aimer, ça va faire branché, ça va faire rebelle. Il faut défendre ce que personne ne va aimer sous prétexte que tout le monde est passé à côté. Tout est bon, du moment qu'on brille, qu'on se donne le grand frisson de l'artiste accompli, du philosophe génial ou du Sherlock Holmes de l'analyse vidéoludique.
ça, franchement, ça me fatigue. Beaucoup. Hélas, ça se généralise de plus en plus.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
L'article est intéressant, effectivement.

Maintenant, on peut reprocher aux critiques ce que les critiques eux-mêmes reprochent à David cage : ils veulent pouvoir "chahuter les auteurs dans leur légitimité" sans être eux-mêmes "chahutés dans la leur". Ce qui, en terme de discrédit, n'est hélas pas rien non plus. car la légitimité d'un critique sera toujours inférieure à celle d'un auteur : en effet, un critique ne peut exister sans auteurs à critiquer, là où un auteur peut tout à fait exister sans critiques pour lui chercher (ou pas) des poux sur le cailloux.

Celim écrit très justement : "tout créateur, face à la critique, devient ce qu'il n'est pas, c'est-à-dire critique. Il défend son oeuvre sans maîtriser forcément les mécanismes d'appréciations". Mais il ne faut pas perdre de vue que le critique lui-même, qu'il soit face à la critique ou non, se fait ce qu'il n'est pas : un critique. Parce qu'un critique, c'est tout et c'est rien, à la fois : une entité sans forme précise, un archétype fourre-tout que tout le monde peut prétendre épouser en premières noces. Parce que maîtrise-t-il plus les "mécanismes d'appréciations" qu'un auteur, le critique ? Bien sûr que non. Il ne fait que donner une opinion subjective parmi des milliers d'autres, en l'argumentant. Comme pourraient le faire les milliers d'autres en question s'ils s'en donnaient la peine.


Oui, David Cage aurait dû réagir plus classe et plus humble. Mais les critiques devraient l'être eux aussi plus souvent : avoir une opinion, savoir écrire correctement et argumenter, ce ne sont pas des choses sensationnelles non plus. C'est même à la portée du plus grand nombre. Ils ne sont pas Dieu non plus et peuvent se tromper pareillement. Ils serait bon qu'ils ne l'oublient pas. David Cage a essayé de faire un machin différent, il s'y est beaucoup investi et il a sans doute choppé le melon, mais est-ce qu'on ne peut pas comprendre qu'il soit agaçant, quand on a bossé pendant plusieurs années sur un projet, de se voir crucifié en une page par des individus qui, eux, on bossé une heure sur leur test ?
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seblecaribou
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seblecaribou
L'article est intéressant, mais pourquoi tu ne parles pas de la critique de gameblog. Tu te contentes de parler de ce qui te sembles être un plan marketing et tu ne parles pas du contenu du texte de Julo (je crois que c'est Julo qui l'a testé....ou JulienC) ce qui est bien dommage parce que c'est un peu ton propos avec cet article non?
BlackLabel
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BlackLabel
C'est surtout une question d'égo je pense, car les notes de jeuxvideo.com et Gamekult sont très loin d'être médiocres, elles sont au-dessus de la moyenne (15 ou 16 sur 20 sur jeuxvideo.com, c'est pas une note médiocre). Sa réaction est démesurée, mais en plus faut voir le niveau car il tombe direct dans l'attaque personnelle. Les gars seraient donc "passés à côté" de son oeuvre de génie, etc.

David Cage est imbuvable, à l'écouter parler il a inventé l'émotion et l'immersion dans le jeu vidéo. Mais s'il y avait une vraie critique de son jeu, reflet des impressions des joueurs, il y aurait de l'éloge oui, mais surtout beaucoup plus de critiques négatives, et loin d'être aussi nuancées que celle de Logan et Poischich.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Pas mal.
La position a ne pas oublier cependant : tout créateur, face à la critique, devient ce qu'il n'est pas, c'est-à-dire critique. Il défend son oeuvre sans maîtriser forcément les mécanismes d'appréciations. Et le "toi con" reste la défense la plus simple à mettre en place. Il m'est arrivé bien des fois d'envoyer se faire voir les lecteurs de mes textes, au prétexte délicieux qu'ils "ne comprenaient rien".

Ah, qu'il est profond le mystère de la foi.

Celim, inutile dans l'inutilité.
levelfive.fr
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levelfive.fr
Le blog de David Cage a tenu du 29 janvier au 1er mars. Temps de vie très court, à peine plus d'un mois.
Lapino
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Lapino
Super intéressant !

J'avais suivi "l'affaire" des tests puérils de très loin, ça permet de savoir exactement de quoi on parle. Merci pour ces éclaircissements.

Le paragraphe III est plus que troublant. Et même sans aller jusqu'à l'"accusation" pure et simple de plan marketing, on peut tout de même se poser des questions sur tout ce déballage à l'époque. Le plus "bizarre", restant, comme tu l'as précisé, l'apparition du blog VIP de Cage quelques semaines avant la sortie du jeu (et qui d'ailleurs a certainement été laissé à l'abandon depuis...)

On a eu droit a la même chose avec les développeurs de Deus Ex, mais pour le coup, c'est passé beaucoup plus facilement. Et je suis le premier à m'être passionné de leurs écrits, ça sentait moins l'esbrouffe.

Édito

Il est temps que l'on communique. Rédiger des articles c'est bien mais communiquer...c'est nécessaire. Du coup, nous investissons gameblog afin d'avoir un meilleur écho pour nos articles. Surtout que gameblog.fr semble être une bonne plateforme pour nos écrits, plus des analyses que des tests; des réflexions que des actus.

Merci à vous tous de prendre la peine de nous lire. N'hésitez pas également à venir sur le site officiel : www.levelfive.fr

 

 

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