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Par levelfive.fr Blog créé le 21/12/10 Mis à jour le 22/08/13 à 10h31

A travers des chroniques, articles de fond ou reportages, nous nous efforçons d'aborder le jeu vidéo de façon intelligente. Sans pédanterie, avec humour ou le plus grand des sérieux.

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Réflexions

David Cage se présente comme le « développeur indépendant le plus cher du jeu vidéo » pour citer de mémoire un extrait de son intervention dans un podcast du site gameblog sur la narration et le jeu vidéo. Sans rentrer dans de tels détails, Cage est avant tout un développeur français, de par sa nationalité, dont le studio, Quantic Dreams, est installé à Paris. A la sortie de son premier jeu, The Nomad Soul, certains tests lui accolaient l'expression « french touch ». Comme pour Frédéric Raynal et Eric Chahi, une analyse s'impose.

 

 

The Nomad Soul

Le premier jeu du studio Quantic Dreams, d'abord appelé Omikron, se nomme The Nomad Soul. Jeu de science-fiction, l'univers dans lequel évolue le joueur est relativement non-identifiable. Un urbanisme effréné, des voitures volantes, des panneaux lumineux avec une écriture étrange, fictive, ressemblant aux idéogrammes chinois.Une vision de l'Occident courante dans la littérature de genre.

Au mieux, on pense reconnaître une sorte de Cinquième élément du fait de ses voitures volantes (le jeu sort trois ans après le film de Besson) ou encore une protubérance du film Blade Runner de par son ambiance glauque, ses ruelles sombres, ses néons baveux. Le quartier ethnique futuriste par excellence. D'un côté une production française reprenant les codes de la science fiction à l'américaine et de l'autre un film américain basé sur une nouvelle d'un auteur américain, Philip K. Dick. Rien de culturellement français dans cet univers parcouru par le joueur.

Du côté de la bande son, là encore, Cage va chercher du côté de la pop anglaise, du rock anglo-saxon, voire américain en conviant David Bowie et Reeves Gabrels à cet exercice. Autrement dit, une icône anglaise du rock, glam rock puis rock teinté d'un peu tous les courants par la suite (New Age, Variété internationale 80's...), et un guitariste américain. L'avatar de Bowie apparaît même dans le jeu. Il est possible de le voir donner un concert dans certains bars de la ville, le soir. Musicalement, là encore, le jeu s'oriente vers l'Ouest. Angleterre et États-Unis d'Amérique.


Quelques mots sur le personnage principal, Kay'l, ou plus précisément son intérieur. Lorsque le joueur se retrouve dans son appartement, il peut observer quelques éléments d'une esthétique asiatique. Comme on peut le voir dans cette vidéo, on distingue dans le mobilier : une rangée de bambous, un paravent...l'identité culturelle de cet intérieur reste majoritairement "asiatisant".

Dans le test du testeur Korniflex, sur le site jeuxvideo.com, on peut lire : « Graphiquement, on reconnaît tout de suite la French Touch dans les graphismes très "tendance". Les formes sont toujours design, les costumes ressemblent à du Jean-Paul Gaultier (donc très court pour les filles :). ». Au final, la "french touch" décrite reste relativement anecdotique. Le vêtement court n'étant pas l'apanage de Gaultier, et surtout la production de du styliste français est loin de véhiculer en grande pompe l'identité nationale. En utilisant l'expression, on « reconnaît tout de suite », Korniflex esquive joyeusement toute définition de ce courant si souvent cité mais tellement abstrait. Bref, un label plus qu'une réalité.


Fahrenheit

Avec sa deuxième production, le studio Quantic Dreams quitte le domaine de la science-fiction partiellement identifiable, d'un point de vue culturel, pour le fantastique beaucoup plus marqué, « identitairement » parlant. L'action se déroule, pour une grande partie, à New-York, aux États-Unis. On est, dès le départ, très loin d'un cadre spatial français. La suite de l'aventure confirmera cette première impression. Le joueur découvrant différents endroits de la ville américaine : parc, bar, quartier populaire....


Les personnages sont tous des Américains, très marqués par leur métier. On retrouve par exemple les fameux agents du FBI vus et revus dans de nombreuses séries à la télévision (FBI : Portés disparus...). Parfois, la psychologie des protagonistes vire au stéréotype. L'exemple le plus marquant reste le personnage du flic black, quasi caricature échappée d'un film de blaxploitation du style Coffy. Il aime la soul, affiche une dégaine à la Huggy les bons tuyaux et a du papier-peint très 70's. Même le stéréotype s'insère dans une culture populaire américaine.

Le scénario lui aussi est marqué d'un tropisme américain. Les influences sont nombreuses, véhiculées par des citations plus ou moins explicites, et viennent toutes d'Amérique du Nord. C'est aussi bien Matrix pour les combats aériens sur les toits de la ville, Seven pour l'aspect ésotérique de l'enquête policière, ou encore la série 24 heures chrono pour le découpage des images si caractéristique de la série de Jack Bauer.


De même, la force maléfique qui contrôle ces personnes qui tuent, le coeur de l'enquête, s'inspire d'un chamanisme aux couleurs des anciennes civilisations d'Amérique Latine plus que des légendes du Poitou ou de Normandie. A aucun moment le jeu ne cherche à s'inspirer, que ce soit pour le portrait de ses personnages, son scénario, son cadre spatial, de la culture française.

Heavy Rain

Dernière production en date, proche par bien des aspects de Fahrenheit, Heavy Rain joue là encore la carte de l'américanité. Le scénario est une fois de plus influencé par de nombreux films américains. Exemple explicite, 2001 l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, cinéaste américain. David Cage réutilise l'esthétique de la scène finale, cette chambre blanche, presque surréaliste, pour un passage de son jeu. Aucune référence, citation ou clin d'oeil à une quelconque production française. C'est le cinéma hollywoodien qui est évoqué et loué d'une certaine manière.


Les lieux rencontrés, même s'ils ne sont pas aussi explicitement marqués que dans Fahrenheit, semblent provenir directement des États-Unis ou plutôt de cet imaginaire populaire nourrie de cinéma et de séries télévisées. De la grande maison d'Ethan, issu de moult films hollywoodiens, l'American Way of life en poupe, à la ballade qui suit, et qui amène la disparition d'un fils, dans un centre commercial qui est loin de ressembler à un Auchan, l'aventure aligne une géographie exclusivement américaine.

On retrouve, comme dans Fahrenheit, des personnages stéréotypés comme l'agent du FBI et, petite innovation, un détective privé sorte de Philip Marlowe actuel (l'imperméable, la lassitude...). Une référence à une réalité américaine et à une littérature de genre, côté Amérique, les romans policiers de Raymond Chandler. Même dans ses personnages, Heavy Rain baigne dans la culture américaine.


Conclusion :

David Cage poursuit ses expérimentations sur la narration interactive et même si, d'un point de vue personnel, j'ai particulièrement aimé Heavy Rain autant que j'ai détesté Fahrenheit, je ne peux reconnaître en Cage qu'un créateur français dont l'oeuvre est totalement décentrée. Les États-Unis d'Amérique constituant le centre d'attraction premier. La tête tournée vers l'Ouest, et non vers nos régions, le responsable du studio Quantic Dreams confirme les récentes conclusions au sujet de la french touch de notre grand dossier. Plus une expression qu'une réalité.

Partie 1 de notre dossier et partie 2

L'article d'origine : http://levelfive.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=108:reflexions-french-touch-label-ou-realite-partie-3&catid=35:reflexions&Itemid=29

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Commentaires

levelfive.fr
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levelfive.fr
On va y arriver. Je ne sais pas encore l'ordre que je vais suivre mais il y a des gens comme Ancel par exemple qu'il ne faut pas oublier. Bref, d'autres auteurs à analyser avant un dossier qui prendra beaucoup de temps mais qui sera dense. Des surprises et de l'analyse.
OmegaBahamut
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OmegaBahamut
D.Cage est connu pour être quelqu'un à la culture très formaté, ultra geek / blockbuster donc l'analyse ne me choque pas. Par contre j'ai hâte de voir ton point de vue sur Benoit Sokal (Amerzone, Syberia etc.).

Édito

Il est temps que l'on communique. Rédiger des articles c'est bien mais communiquer...c'est nécessaire. Du coup, nous investissons gameblog afin d'avoir un meilleur écho pour nos articles. Surtout que gameblog.fr semble être une bonne plateforme pour nos écrits, plus des analyses que des tests; des réflexions que des actus.

Merci à vous tous de prendre la peine de nous lire. N'hésitez pas également à venir sur le site officiel : www.levelfive.fr

 

 

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