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Par levelfive.fr Blog créé le 21/12/10 Mis à jour le 22/08/13 à 10h31

A travers des chroniques, articles de fond ou reportages, nous nous efforçons d'aborder le jeu vidéo de façon intelligente. Sans pédanterie, avec humour ou le plus grand des sérieux.

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Chroniques

Clover, en quelques jeux, et quelques courtes années d'existence, a marqué le jeu vidéo d'une empreinte unique où la singularité et la bouffonerie sont toujours de la partie. Avant de nous proposer un Okami poétique, nos braves créateurs produisirent un jeu bien étrange dénommé God Hand. Beat them all archaïque sur pas mal de points mais hautement délirant et incorrect, un véritable ovni qu'il fallait analyser d'un peu plus près.

god, hand

Un jeu lumineux

I) Un gameplay, pourri, non progressif et sélectif

Certes, la caméra est mauvaise, les déplacements latéraux quasi impossibles (ou délicats), on pivote assez mal, pas de fluidité des mouvements etc...Au premier abord, le gameplay de God Hand semble attrocement archaïque et mal foutu. Seulement, malgré une rigidité constatée, il faut bien reconnaître que ce dernier cache de vrais trésors.

L'esquive rapide et intuitive avec le joystick droit de la manette, la gachette L1 pour faire un demi-tour et se retrouver face à son adversaire. C'est habile, facilement assimilable, même si ça coince quelques fois, mais va de pair avec l'idée de l'affrontement frontal. Mano à mano...poussant souvent l'exagération jusqu'au grotesque, volontaire.

Des coups spéciaux sont également disponibles. Des techniques apprises et déclenchées avec R2 si l'on a ramassé quelques orbes dans le niveau. L'occasion de faire la bomba, une frappe au sol puissante, un feu d'artifice de votre adversaire ou encore un écrasement brutal à base de piétinnements. N'oublions pas non plus le God Hand avec R1. Lorsque votre bras brille, après plusieurs coups bien placés, il est possible de laisser parler votre bras de rechange, étonnament mystique et puissant. A prendre également en compte, les objets à balancer comme des parapluies, des caisses; ou à utiliser comme des armées de mêlée (masses et compagnie); et pour terminer en beauté, la foule d'actions contextuelles dynamisant les combats comme le tabassage au sol, le cassage du cou genre massage à l'ancienne ou la fessée...

coup, couille

La classe

La force du gameplay surtout, c'est de ne pas proposer un catalogue dantesque aux combinaisons multiples, pénible à mémoriser (comme dans un Bayonetta par exemple). Ici c'est un peu comme aller au restaurant et choisir à la carte. Il faudra, nécessairement, faire son choix. Un choix drastique (6 coups au total). Bref, on teste, on sélectionne, on façonne intelligemment son personnage, on compose. Cette limitation oblige à l'assimilation des possibilités et à une intelligente organisation. Une idée simple mais efficace qui permet à n'importe qui de ne pas crouler sous les trops grandes possibilités d'un beat them all.

Audio

Même si le thème style western gentillet est agréable, il est tout de même répétitif. Par contre, on appréciera les quelques musiques volontairement horribles, à base de bruits de bouche (on dirait), lors de l'affrontement de certains boss. Bref, on s'amuse même si le tout manque de variété.

II) Une ambiance, entre la parodie et l'hommage 

Le jeu fait fortement référence au manga Hokuto no Ken, ou Ken le survivant chez nous. La ville du début, là où débarque notre héros, fait de baraquements sordides et de ruelles désertes rappelent ces villes quasi fantomatiques de la série. Des villes post-apocaliptiques par excellence. Le look des ennemis oscille entre le punk et le loubard kitsch. Au début car plus on avance et plus l'esthétique évolue. Du western spaghetti sauce manga, on dérive vers la SF kitsch japonaise genre robots de pacotille.

God Hand fait référence à ces univers par ces quelques éléments mais jamais de manière fluide, nette. Il s'agit à chaque fois de détourner, tordre, parodier. On trouve par exemple un boss intermédiaire qui n'est autre qu'un groupe de héros genre Bioman. Ils sont bêtes, vous chargent avant de se ramasser par terre et ont l'air attrocement ridicule. La citation est toujours perverse, elle est là pour constituer un univers hétéroclite facilement compréhensible et familier pour le gamer. Mais le pastiche n'est jamais loin, le côté sale gosse qui raye le tableau, fait une crasse avec le sourire en coin.

god, hand

Un peu de casse

Histoire

L'histoire en elle-même n'a rien d'exceptionnelle, des démons et un bras magique. On apprécie surtout l'univers dans lequel baigne notre héros, les situations comiques, l'outrance générale du soft et son mauvais goût assumé.

III) De l'absurde et du mauvais goût 

On trouve quelques exemples de mauvais goût dans les attaques de notre héros. Comme par exemple, donner un coup dans les couilles, enchaîner les fessées à la papa (l'adversaire sur vos cuisses, courbé, le postérieur comme une offrande). Les villageois rencontrés ont vécu également des situations étranges, souvent scabreuses. Dans le stage 2, une demoiselle dit que les méchants fraîchement terrassés lui embrassaient les fesses. Ou, référence à la saga crypto-gay Chô Aniki (shoot them up ultra vulgaire, bouffon et gay : des culturistes qui font office d'avions), les boss du stage 1, deux culturistes noirs et gays avec des plumes autour de la taille et des postures ultra féminisées genre Serrault dans La Cage aux folles, terminent ce tableau du bon goût.

On observera également quelques séquences drôlatiques, où l'absurde a pleinement sa place. Dans le stage 1, des vilains sbires poussent un chihuahua toxique à attaquer un villageois. Ce dernier mordu, vous devez poursuivre les malandrins assez rapidement pour récupérer l'antidote. Durant le stage 2, il faudra éteindre une mèche qui conduit à un buchet non pas entouré de flammes mais de dynamites.... Un villageois, forcément tremblant, implore votre aide. A force de piétinements, vous pourrez éteindre la fameuse flamme.

D'ailleurs, pour revenir aux chiens, le grand boss du stage 3, sorte de démone, peut vous transformer en chihuahua et vous mettre des coups de pied au cul. Elle vous attaque également à force de gros bisous, plus destructeurs qu'autre chose. Toujours durant le stage 3, on affronte comme petit boss, un gorille catcheur. Etonnement burlesque du héros, "You're not a human". Le combattant répond logiquement par un grognement.

gorille, god, hand

LE gorille

Bref, on comprend rapidement que l'absurde et le mauvais goût dominent cet univers étonnant que les petits gars de Clover nous proposent. Excès bouffons très nippons, mauvais goût débridé, on en redemande.

Durée de vie

Déjà qu'en easy, vous mettrez environ 10 heures pour terminer l'aventure, 10 heures sous tension, je n'imagine même pas en mode normal. Bref, un titre qui demande du début à la fin une concentration intense. Le plaisir reste globalement élevé du fait des situations comiques, de la lentre maîtrise du gameplay et de l'évolution de l'univers. Il n'empêche que, comme tout beat them all, on s'ennui un peu vers le dernier quart.

Mention

B+

Commentaire : God Hand accumule pas mal de défauts qui l'empêche d'être un hit. Du clipping un peu partout, des bugs graphiques, un level design pas toujours inspiré et un archaïsme du gameplay. Néanmoins, c'est en acceptant de s'immerger dans cet étrange soft qu'on découvre un univers incroyable, drôle, incorrect et quelques excellentes idées de gameplay. Un jeu qui ose tout ou presque, et ça on aime.

Chronique d'origine : http://levelfive.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=82:chronique-god-hand-ps2&catid=46:ps2&Itemid=28

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Merci à vous tous de prendre la peine de nous lire. N'hésitez pas également à venir sur le site officiel : www.levelfive.fr

 

 

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