Le Blog de Lesgaudet
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C'est fou ce que l'on réfléchit quand on est en stage de radiologie et que les trous de planning sont fréquents! Du coup, pour passer le temps, on cogite et on écrit des conn..articles de blog à ne plus savoir qu'en faire. 

 
Donc en repensant à ce débat, on ne peut plus actuel, de l'entrée du jeu-vidéo dans le domaine des loisirs culturels et de sa légitimité en tant qu'art, je suis tombé sur un élément particulier au jeu, mais que je me suis amusé (oui j'ai une notion de l'amusement particulière) à confronter aux autres loisirs culturels comme le cinéma, la BD ou la musique.
 
Les nouveaux médias sont presque toujours nés d'une avancée technologique ou du moins en parallèle de celle-ci. L'imprimerie a permis de produire des livre en masse, l'apparition du support audio a apporté la musique dans toutes les chaumières puis dans tous les téléphones, le développement de l'appareil photo a donnée naissance à l'art de la photographie et les frères Lumière, qui avaient oublié d'être cons, nous ont apporté le cinéma.
Pour le jeu-vidéo, le lien avec la technologie est encore plus évident.
 
Mais vous connaissez le proverbe: On arrête pas le progrès! Et effectivement la technologie a continué d'évoluer, enrichissant les possibilités de création et repoussant les limites. Le cinéma parlant, l'impression en couleur, la radio, les lecteurs mp3, je ne vous fais pas la liste. 
 
Là où la réflexion devient intéressante (car oui elle le devient rassurez-vous) c'est quand on met en parallèle l'influence de l'avancée technologique sur ces domaines par rapport au jeu-vidéo. 
Il est fréquemment fait mention, dans les critiques de cinéma, de la beauté des effets spéciaux ou de la claque visuelle ressentie devant un Avatar ou un Titanic avant lui. Mais pour autant, je crois que jamais je n'ai lu une critique ne reposant que sur cet aspect, c'est toujours un élément secondaire voir tertiaire de l'argumentaire (allitération) d'un critique de cinéma. 
Pour les livres ou la musique c'est encore plus rare, et je crois qu'à part moi, personne n'aime un roman pour la qualité de son papier ou son type de reliure (je mets de côté les collectionneurs je parle de l'oeuvre artistique).
 
Quant au jeu-vidéo, c'est un peu différent. Avant qu'on n'ose même imaginer qu'il puisse être un art, les tests, car ce mot est important, se focalisaient principalement sur l'aspect technique d'un jeu, car c'est lui qui déterminait si le jeu était jouable et pouvait nous divertir. Tout allait bien à cette époque et les trolls et haters n'existaient pas encore. Personne pour dire que Uncharted 3 est techniquement dépassé.
Cette focalisation sur la technique résultait du fait que d'une année ou d'un mois à l'autre, les jeux évoluaient, et donc il était presque impossible de comparer sur le plan artistique ou esthétique, deux oeuvres faites avec des outils différents, donc offrant des possibilités différentes.
 
Mais avec le temps, l'avénement de la 3D, de la HD, il faut bien avouer que si le gap technologique peut encore s'observer, il n'a rien à voir avec le GAP entre un Zelda Link To The Past et Ocarina Of Time, ou entre un GTA II et III. Donc se focaliser uniquement sur la technique ne se justifie plus, il faut parler des qualités artistiques, ludiques, esthétiques d'un jeu.
 
Et du coup nos chers testeurs sont coincés entre ces deux aspects. Et les test (ou critiques) ont le cul entre deux chaise à devoir parler de deux côtés distincts avec une seule note et une seule conclusion. Il faudrait presque un test technique puis une critique ludique et esthétique à côté, pour pas risquer de virer dans la revue technique ou au contraire dans la tartine rhétorique.
 
Mais si on tourne le regard vers l'avenir tel Phoebe dans Charmed (ouille ça nous rajeunit pas ces références), il est difficile de savoir si l'évolution technologique va continuer à cette vitesse ou si nous allons atteindre un plateau comme les autres médias, permettant ainsi le développement d'une critique axée uniquement sur l'aspect ludo-artistique avec une ou deux référence technologique.
 
N'est-ce pas Michel Ancel que l'on entendait dire récemment qu'il fallait "s'extraire des problématiques technologiques pour laisser mieux s'exprimer la créativité"?
 
BON STOP, parce que ça commence à faire trop de mots tout ça, déjà que beaucoup de joueurs ne lisent pas les dialogues dans les jeux, pas sûr que quelqu'un lise ça en entier.
 
Donc je retourne à Mario's Picross, technologiquement c'est une claque..
 
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Comme l'explique bien Mlle Sherbatsky dans How I Met Your Mother (saison 7), pour qu'une relation fonctionne il faut deux choses: l'alchimie (chemistry en anglais) et le timing (timing en anglais). "But timing is a bitch..." ajoute-t-elle. 
Dans cet article je vais essayer de réflechir à l'importance de ces deux éléments dans l'appréciation que l'on a d'un jeu.
 
Cela nous est déjà arrivé à tous, pour ceux qui achètent régulièrement de nouveaux jeux (non pas vous les WoW players!) de se précipiter sur une nouvelle sortie qui rassemble tous les arguments pour nous plaire, soit un nouvel épisode d'une license soit LE jeu qu'on attendait et qu'il est impératif qu'on achète. 
Alors on court à la FNAC on saisit la boîte sans même regarder le reste du rayon et on file à la caisse avec l'assurance du mec (ou de la fille) qui sait ce qu'il veut. On rentre tout content chez nous, mais avec au fond de l'esprit un petit manque, un sentiment qui devrait être là mais qui ne l'est pas. Ce petit rien qui fait qu'on déballe le jeu dans le bus, ou qu'on n'enlève pas sa veste avant de mettre le CD/DVD/BluRay/Cartouche/carte perforée (bon la je remonte loin) dans la machine.
Alors on lance quand même le jeu et on entame l'aventure (ou le match, ne dénigrons pas les jeux de sport). Et comme dirait Jacques Legros dans Plein les Yeux: Et là, c'est le drame. 
On s'endort devant la cinématique d'intro, on se lasse du tutorial, on a simplement pas envie.
 
Pourtant tout est là pour qu'on passe un bon moment. Mais tout nous est pénible dans ce début de jeu. 
Mais pourquoi?
 
Ce n'est pas que le jeu est mauvais ou que le genre ne nous plaît plus, ce n'est pas qu'on a passé l'âge (le prochain qui me dit ça je l'empale sur un pad de 64), c'est juste que ce n'est pas le moment. Le timing n'est pas avec nous. car malgré tout, pour aimer un jeu, il faut être dans une période favorable. Et il faut bien l'avouer, il y a des période où tout nous motive, ou on aligne les dizaines d'heure sur un Pokémon alors qu'on est pas fan de la série habituellement, et il y a des fois où le nouveau Zelda nous tombe de mains (non je ne parle pas d'un rédacteur de Gameblog, je parle de moi). 
 
C'est tout le problème des loisirs culturels. Des oeuvres que l'on investit de qualités intrinsèques et donc, par définition, contenues dans l'oeuvre même et que l'on devrait pouvoir apprécier indépendamment du contexte. Seulement voilà, l'appréciation d'un jeu passant par les émotions, elle est aussi dépendante de celles-ci et donc dépendante de l'état émotionnel du joueur.
Comme lire, rêver ou rire, jouer est un verbe qui ne supporte pas l'impératif. On ne peut s'amuser sur commande.
 
Ce phénomène est valable pour tout produit culturel du livre au film, et on ne peut pas faire grand chose pour lutter contre. Si ce n'est accepter qu'il y a des moments pour tout et qu'il ne faut pas se forcer à finir un livre ou un jeu s'il nous tombe des mains, car il deviendrait définitivement un mauvais jeu pour nous car l'expérience qu'on en retire laissera un mauvais souvenir. Il vaut mieux attendre que vienne le jour où en tombant sur ce jeu dans votre bibliothèque, vous vous direz "tiens mais il a l'air vachement cool ce jeu pourquoi je l'ai pas fait à l'époque". Et là peut-être que le timing sera avec vous et que l'alchimie pourra prendre place.
 
Malheureusement les testeurs ne peuvent pas se le permettre. Ils doivent prendre du plaisir à date fixe, quoi qu'il arrive. Et inévitablement parfois ça colle pas. (mauvaise foi : ON) : Et c'est pour ça que je ne voudrais pas être testeur!
 
Il ne reste plus qu'à esperer que le timing soit avec nous le jour de la sortie d'un titre qui nous tient à coeur, et accepter que s'il n'y est pas, il faut remettre à plus tard. En clair faut se faire plaisir, un conseil dur à suivre pour des gamer qui veulent faire les jeux à leur sortie, mais gardons en tête que c'est un loisir et que si ça ressemble à une corvée ya une couille dans le potage.
 
En attendant je retourne jouer à Skyrim, en attendant de ressentir pour le nouveau Zelda l'envie réelle d'y jouer. Car en y jouant maintenant je lui mettrais peut-être moins de cinq étoiles et créerais de ce fait la troisième guerre mondiale.
 
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Cela fait maintenant quelques années que le jeu vidéo, avec l'apparition de nouveaux genres, la démocratisation de certaines consoles ou la marginalisation de certains styles, se crée des termes afin de catégoriser, de définir ces tendances ou ces genres pour que tout joueur puisse se positionner, ou positionner les autres, dans le spectre de plus en plus large des consommateurs de loisirs vidéo-ludiques.

Le débat maintes fois mené, que ce soit par des journalistes ou dans les forums, du jeu dit casual, n'aboutit jamais vraiment à une conclusion qui me convient. Et je me risquerais même à dire que c'est un faux débat.

Depuis quelques temps, le langage et la représentation collective du jeu vidéo s'est fractionnée, polarisée même en plusieurs camps distincts. Je vais en citer deux comme exemple, mais je voudrais surtout réfléchir sur la raison d'être des ces classifications et ce qu'elles nous disent sur le jeu-vidéo.

D'abord, pour en finir rapidement avec eux, prenons les joueurs dits hardcores. Je ne parle pas des joueurs pros qui, eux, ont encore un statut bien différent. Parlons simplement de ceux qui se disent hardcores gamers. Parce que soyons clair, j'ai envie de parler de ce que les gens disent  d'eux ou des autres et non de donner mon avis personnel sur ce qu'ils sont car l'analyse tomberait alors à l'eau pour n'être qu'un exposé de mon classement personnel des joueurs. Si l'on résume l'idée générale qui ressort de certaines discussions ou définitions du hardcore gamer, on trouve plusieurs caractéristiques récurrentes. 

- Le temps de jeu

- La tendance à jouer à des jeux réputés difficiles (Dark Souls dernièrement)

- la tendance à jouer à des jeux nécessitant un apprentissage important (Skyrim, Final Fantasy, Street Fighter)

- Mais une caractéristique qui se dessine en négatif peut être ajoutée : Le rejet des jeux dits casuals

Si l'on s'intéresse à ces caractéristiques, on voit rapidement que pour être hardcore gamer il faut s'investir. Ce n'est pas un statut que l'on peut s'attribuer à la légère. Ce qui peut paraître étonnant quand on parle d'un média qui contient le mot jeu dans son nom. 

Si l'on prend l'autre versant de la population on trouve les casuals gamers. De nouveau c'est une dénomination qui n'a pas plus de valeur qu'une autre pour définir une grande partie des joueur et, si l'on en tire quelques caractéristiques, on retrouve:

- Peu de temps de jeu

- Un tendance à jouer à des jeux faciles

- Une tendance à jouer à des jeux rapidement compréhensibles et amusants

- Une certaines ignorance du médium jeu-vidéo

Là encore ces caractéristiques ne sont pas ce que je pense mais ce que l'on entend.

Ce qui m'étonne d'abord quand je lis ces classifications et ces segmentations, c'est que contrairement à d'autres médias plus anciens (livre, cinéma, musique), dans le jeu-vidéo, on classe d'abord les joueurs plutôt que de s'intéresser à classer les jeux.

Car finalement pourquoi tellement se passionner dans l'établissement de classes de joueurs en fonction des jeux qui leur plaisent ou de la manière dont ils jouent?

Pour moi c'est sans doute la marque d'un média jeune encore en création, pas encore reconnu comme un loisir culturel à part entière par la population générale. Du coup, en absence de reconnaissance par la société (même si la situation s'améliore c'est indéniable) les joueurs cherchent la légitimité entre eux en créant des catégories auxquelles ils appartiennent ou non et ainsi se donnent un statut qui leur donne cette reconnaissance qu'ils n'ont pas en jouant simplement.

Dès lors, être joueur devient un statut à conquérir, que l'on peut refuser aisément à ceux qui, à tort ou à raison, considèrent tout ça comme... un jeu.

C'est de là que découle ce snobisme qui a été évoqué brièvement dans le podcast 200 et qui peut, cela se comprend, rebuter les nouveaux joueurs.

Là où je pense que ce débat est voué à disparaître, c'est qu'avec le temps, le jeu-vidéo s'impose comme un loisir culturel à part entière. Plus présent dans les médias généralistes, même si parfois c'est à son désavantage, reconnu de plus en plus par les réalisateurs de films (Spielberg, Peter Jackson, etc) la société finira par l'intégrer au panel des loisirs comme la BD en son temps ou le cinéma.

Cela n'aura alors plus de sens de se battre pour un statut de joueur chevronné ou de joueur indé ou hardcore ou que sais-je. Il y aura toujours les amateurs et les pros, les passionnés et les occasionnels, ceux qui aiment l'action ou les tarés de la stratégie. Mais il n'y aura plus de séparation si marquée entre les "légitimes" (oui je peux parler de jeu-vidéo puisque j'ai fini Xenoblade) et les "Ignorants" (C'est quoi un "RPG"?).

Alors on passera peut-être plus de temps à discuter des jeux et de leur qualité, sans se demander s'ils ciblent un public casual ou gamer. Car après tout on s'en fout de notre statut du moment qu'on prend du plaisir à jouer à un jeu.

Et oui Cut the Rope et Dark Souls sont deux supers jeux mais l'intérêt ne réside pas dans la discussion de ce que ça fait de moi de jouer à ces jeux. L'intérêt est de s'intéresser à ce qui fait que ces deux titres sont bons. Et là le débat peut faire rage sur l'importance du fun, de la difficulté, des tutoriaux, de l'humour ou au contraire de la tristesse dans un jeu.

Et ces débats apporteront réellement de la richesse au média en lui créant un cadre et peu à peu une grille de lecture permettant d'analyser les jeux un peu comme on le fait pour des films ou des livres.

Mais là encore il faut cesser de tomber dans le classement systématique casual/hardcore. Cela ne devrait pas rentrer en ligne de compte quand on parle de qualité. Petits flirts entre amis est casual et c'est une bouse par rapport à Batman Arkham City, mais je me suis plus amusé sur Saving Private Sheep sur iPhone que sur ICO qui me tombait parfois des mains. 

Incomparables me direz-vous? Mais pourquoi, comment et selon quels critères? Ça c'est vraiment passionnant. Mais savoir si devant un jeu punitif je donne tout mon (hard)coeur ou si je me cassse(ual), ça l'est moins.



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Voilà une petite histoire que j'ai écrit il n'y a pas si longtemps. Elle est courte et très inspirée de Stephen King. 

OGB

Vide


1.

Croire, croire en quelque chose la rend réelle à nos yeux. Nous croyons car nous espérons, mais la croyance peut aussi être d'une certitude implacable et c'est ce qui est le plus beau chez l'enfant.

«Quand je serai grand, je serai un super-héros !» cria l'enfant à sa mère alors qu'il sautillait en se tenant à la barre du bus. Simon, qui était assis en face, sourit et le flot de ses souvenirs revint en un coup. Juste à cause de la phrase prononcée par l'enfant, telle une phrase magique qui permettait de le renvoyer dans le passé.

Simon avait toujours voulu être un super-héros; enfant, il était fan de comics. Il connaissait chaque super-héros qui pouvait exister, qu'il soit fictif comme Superman ou réel comme ceux qui sauvent des vies, les docteurs, les pompiers ou juste de simples personnes lambdas capables de se dépasser pour aider leur prochain. Mais son super-héros préféré était Batman. Il le préférait car ce dernier n'avait pas de pouvoir, il n'était pas un extraterrestre comme Superman. C'était un homme, qui n'avait pas non plus été transformé grâce à une araignée radioactive. Simon avait souvent essayé d'être une sorte de Batman ; sans y arriver. En effet, il n'avait pas assez d'argent pour confectionner des gadgets extraordinaires et, comme tout enfant, il n'avait pas la patience nécessaire pour devenir un pro de karaté ou de tout autre sport de combat que pouvait pratiquer son héros de prédilection. Passé ses 20 ans, Simon alla à l'université, il sortit avec la fille qu'il trouvait la plus jolie et se maria finalement avec elle à 35 ans, sans qu'une quelconque pression parentale ait été exercée. C'était comme ça que ça devait se passer, pas de sauts sur les toits de la ville pour aller sauver des vies. Il avait rencontré sa femme de la plus simple des façons : ils étaient inscrits au même cours et un jour, lors d'un test, il vit qu'elle avait de la peine et la laissa copier sur sa feuille. Ils se sourirent et se revirent lors d'une soirée organisée par un ami, pour finalement passer ce temps à parler de ce qu'ils voudraient faire plus tard. Ils avaient peur de leur futur et s'embrassèrent pour l'oublier, pour se réconforter, pour se sentir et se fondre l'un dans l'autre. Simon était très amoureux et lorsqu'ils firent l'amour pour la première fois, tout se passa parfaitement bien. C'était comme ça que tout devait se passer; naissance, amour, mort.

Maintenant, Simon était dans ce bus qui allait le conduire à son travail. Il avait 40 ans et fut tiré de ses souvenirs par un klaxon de voiture.

 

 

2.

Le bus ouvrit ses portes. Simon se leva - c'était son arrêt - et descendit du bus. Son lieu de travail était à côté de l'arrêt.

Il était écrivain et pas super-héros. A 18 ans, quand l'impression de devenir adulte s'était glissée sous sa porte sous la forme d'un impôt, Simon s'était rendu compte qu'être un super-héros ne serait pas possible. Il allait devenir écrivain, après tout ce n'était pas si différent. Le héros est là pour changer le monde dans lequel il vit. L'artiste ou du moins l'écrivain était aussi là pour changer ce monde. Simon ne savait pas raconter des histoires, comme le faisait si bien son agent et ami Paul. Mais, il savait les écrire. Il avait tellement de choses dans sa tête qu'il devait trouver un moyen quelconque pour les exprimer. Pour Salvador Dali c'était la peinture, pour Freddie Mercury, le chant et pour Simon l'écriture. Il n'était pas une super star reconnue de tous, en revanche il avait tout de même une petite mais certaine renommée. Ses histoires parlaient souvent d'événements de sa vie qui l'avaient marqués : Son premier amour (sa femme), son accident de voiture ou encore le suicide de Paul. L'écriture était son exutoire, comme pour beaucoup d'écrivains.

Après qu'il eut salué Lucie, sa secrétaire, il alla dans son «vomissoire à idées». C'était comme ça qu'il l'appelait, c'était là qu'il écrivait. D'ordinaire, il mettait sa musique le plus fort possible et il n'avait plus qu'à mettre sur le papier le flot d'idées qui cascadait dans sa tête. Mais ce jour-là, il ne savait pas quoi écrire. Première fois ! Première page blanche ! Les idées ne venaient pas, elles restaient endormies dans un coin de sa tête. Pendant que la page le narguait de son blanc éclatant, il saisit la photo de sa femme sur son bureau. D'habitude, la regarder l'aidait à écrire. Elle avait toujours été une sorte de muse pour lui.

Quand il est entré à l'université pour la première fois, il l'avait tout de suite remarquée. Une fille pétillante, drôle et tellement belle. Bien sûre, il se doutait que ce n'était que son enveloppe physique. Pour lui, on naissait enveloppé, mais l'enveloppe que nous montrions aux autres cachait une lettre qu'il fallait lire pour vraiment connaître la personne. Parfois, la lettre en question était plutôt courte et assez simpliste, d'autres longues et horribles ou encore longues et belles. Lorsque Simon lut celle de la fille qui allait devenir sa femme, il découvrit une lettre encore plus magnifique que l'enveloppe qui la contenait, même si ça pouvait paraître impossible. Il l'aimait pour ce qu'elle montrait et ce qu'elle était. Avant de sortir ensemble, elle l'attirait à un tel point qu'il avait envie de lui sauter dessus dès qu'il la voyait, pas juste pour la pénétrer avec son sexe mais plutôt la pénétrer avec toute son âme. Rapprocher son âme de la sienne, pour qu'elles ne forment qu'une éclatante et infinie lumière de plaisir. Mais à chaque fois qu'il pensait tout lui avouer, il entendait cette mauvaise voix qui disait : «Jamais elle ne voudra de toi, tu es trop moche !». Cette voix qui venait d'un recoin de sa tête, le même recoin où ses rancoeurs et sa haine naissaient. Cette voix ne l'avait jamais aidé, elle le rabaissait tout le temps ou lui faisait faire de mauvaises choses. Simon l'appelait le «crissement», car elle produisait le même son que des ongles sur un tableau noir. Elle était sa part sombre. Pour Simon, chacun avait une part sombre et une part de lumière en soi. Nous sommes tous capables du pire comme du meilleur.

Quand Simon revint à l'instant présent, il n'avait toujours pas fait redémarrer sa cascade à idées et le «crissement» prenant la forme de la page blanche devant lui, lui criait : «Tu es bien dans la merde, tu vas perdre ton travail et te suicider ! Se suicider...tiens mais ça me rappelle un ami à toi !». «Ta gueule !» hurla Simon. Sa secrétaire vint lui demander si tout allait bien, Simon acquiesça et lui sourit le plus hypocritement possible. Tout n'allait pas bien et même si le «crissement» se trompait tout le temps, cette fois-ci il avait raison. Simon était bien dans la merde.

 

3.

Paul, l'ami de Simon ; s'était suicidé il y avait 3 ans. Il ne supportait plus sa vie, il voulait la changer, et la seule manière qu'il avait trouvée de le faire était de se supprimer avec une balle de 9 mm. . Il ne s'était pas manqué, la balle lui avait perforé la tête comme une vulgaire pastèque. Les hommes ne se loupent pas quand ils veulent en finir. Cette mort avait bien sûr brisé Simon : il ne comprenait pas, comme beaucoup, la raison de ce suicide. Il s'en voulait tellement qu'il se mit à boire et à fumer beaucoup. Il désirait se détruire, en quelque sorte. Détruire ce corps qui l'enveloppait avant que ce soit sa culpabilité qui le bouffe complètement de l'intérieur. Heureusement que sa femme était là. Elle était la seule bouée qui l'empêchait de sombrer : il était fils unique et avait perdu ses parents, très jeune. Nous perdons toujours les gens que nous aimons beaucoup trop tôt. Durant ces lourds moments, le « crissement » était toujours là. Mais, il n'y avait pas que ce dernier. Il y avait aussi une petite voix qui l'encourageait. Elle ressemblait à la voix de ses parents, de ses grands-parents, des gens qu'il avait perdus et qu'il aimait tant.

Finalement, il ressortit des tréfonds où l'avait envoyé la perte de Paul et en fit un livre ; pas pour l'argent, mais pour pouvoir mettre des mots sur son malheur. Mais maintenant Simon était face à une page vierge, perdu, sans idées. Il quitta son «vomissoire à idées» plus tôt que d'habitude, il ne pouvait plus rester là à regarder le vide. Il rentra chez lui et vit sa femme qui lui demanda tout de suite ce qui n'allait pas. Il répondit de nouveau hypocritement que tout allait bien. Elle ne le crut pas. Elle savait qu'il y avait un problème. Entre eux, ils avaient toujours eu une sorte de lien psychologique. Ce qui avait bien entendu contribué à faire durer leur mariage. Elle lui dit qu'elle devait partir en Australie pour un rôle (elle était actrice) mais qu'elle allait refuser pour rester avec lui. Il la força à partir et elle céda. Elle n'arrivait pas à lui dire non, même le soir où il l'avait embrassée pour la première fois, elle n'avait pas su lui dire non. Ils firent l'amour avec le peu d'énergie qui restait à Simon. Si écrire était fatigant, trouver quoi écrire l'était encore plus.

Le lendemain, elle partit pour l'Australie et il resta dans le lit toute la matinée. C'était samedi et il ne voulait pas se lever. Le «crissement» revint dans sa tête et lui dit : «Elle va te tromper !». Alors que la petite voix lui disait : «Elle t'aime.».

Il ne fit rien de la journée. Ce fut «une journée de glandu» comme  disait Paul. Mais pas dans le bon sens du terme. Il chercha les idées mais n'en trouva pas. Le soir, il n'arriva pas à dormir. Il ferma les yeux un moment et quand il les rouvrit, il vit une ombre au pied de son lit. Il voulu allumer la lumière mais l'interrupteur ne fonctionnait pas. Il regarda l'ombre, terrifié, sans pouvoir s'empêcher de lâcher un cri. L'ombre avait des yeux, mais le plus étrange était que ces mêmes yeux avaient des dents. A part cela, l'ombre n'avait pas vraiment de forme. Simon crut reconnaître un instant, Iorffe, le monstre des histoires que lui racontait son cousin quand il était petit. Le monstre était un humain à tête de pieuvre avec des pattes d'araignée. Il vivait dans les égouts et capturait les petits enfants s'ils tombaient dans la cuvette des toilettes. Même si cela avait l'air ridicule, Simon avait cru aux histoires de son cousin comme il avait cru à la petite souris ou au Père Noël, il n'avait que 7 ans et à l'instant présent, il était revenu à cet âge-là. Rien qu'en regardant l'ombre devant lui. Elle ne ressemblait pas seulement à Iorffe, elle était aussi le Père Fouettard, un vampire, un clown tiré d'un livre de Stephen King qui avait terrifié Simon ou encore le Joker. Enfin, Simon reconnu Paul. L'ombre lui dit un seul mot : «Vide.», puis elle disparut. Simon se mit à pleurer et pensa : «Elle a la voix du crissement.».

 

4.

Le dimanche, sa femme appela pour demander s'il allait mieux. Il lui assura que oui, qu'il avait juste attrapé un virus et que c'était ça qui l'avait rendu bizarre le vendredi. Elle ne tomba pas dans le panneau et voulut revenir à la maison. Simon la supplia de rester là où elle était. Quoi que soit l'ombre qu'il avait vue hier soir, il ne fallait en aucun cas que sa femme y soit mêlée. Elle accepta enfin à contre coeur. Simon passa sa journée à penser à l'ombre, aux formes qu'elle reflétait. C'était toutes ses peurs et tout ce qui n'allait pas dans sa vie.  Il repensa au clown de Stephen King. Dans le livre, ce clown était le mal à l'état pur. Mais il n'était qu'une enveloppe cachant une lettre qui ne pouvait être lue sans devenir fou ou en mourir. A la fin, le mal était battu par un groupe d'enfants devenus adultes, grâce à leur croyance et leur union. Les personnages devaient réapprendre à être enfants, à croire en des choses qui semblent ridicules aux adultes. Tout en restant unis. Après tout, c'est bien comme ça que l'on vainc les vampires, nous croyons totalement au fait qu'une croix chrétienne peut les détruire et ça marche. Tout comme les balles en argent pour les loups-garous. Nous croyons, donc nous réussissons. De toute évidence, si Simon voulait battre l'ombre, il allait devoir croire qu'il était réellement un super-héros.

Il allait peut-être frôler la mort ce soir-là, du moins si l'ombre était réelle. Mais comme il croyait en son existence, elle existait. Il avait déjà failli mourir étant petit. Il avait eu un accident de voiture et avait fait plusieurs tonneaux. Il ne fut absolument pas blessé physiquement mais intérieurement il fut complètement changé. Il comprit que la vie était courte pour tout le monde et qu'il pouvait mourir à tout moment. C'est d'ailleurs après ça qu'il alla à la fameuse fête et qu'il embrassa sa future femme pour la première fois, malgré le « crissement ».

Ce dimanche soir, avant de s'endormir, Simon prit dans son lit une feuille blanche et son stylo fétiche, celui qu'il avait toujours utilisé pour écrire les premières versions de ses histoires.

 

5.

Il se fit réveiller par l'ombre à 3 heures du matin. Elle semblait vide. Vide d'idées, vide de sens, vide de vie. Simon la regarda droit dans ce qui pour lui était des yeux et il se reconnut en elle. Le «crissement» qui émanait de l'ombre et non de sa tête lui dit : «Tu ne peux pas me détruire : je suis ce que tu es et je suis aussi vide que toi ! ». Une vague pensée de suicide vint en tête à Simon, mais il la rejeta aussitôt. Il prit son stylo et commença à écrire sur sa feuille. En écrivant, il pensa à ses parents. A son père, le jour où il lui avait dit pour la première fois : «Tu sais que tu as du talent.». A sa mère, quand elle le réveillait pour l'embrasser avant de partir au travail. A Paul et aux soirées passées avec lui à plaisanter sur tout et à dire n'importe quoi. Ces gens qu'il aimait tant mais qui n'étaient plus là physiquement. Il pensa à sa femme et à tout ce qui le poussait à vivre et à se rendre compte que le monde n'est pas si mal que ça. Enfin, Simon réunit la voix de sa pensée à la petite voix et lâcha son stylo. L'ombre avait disparu et on pouvait lire sur la feuille : «Simon réunit la voix de sa pensée à la petite voix et lâcha son stylo. L'ombre avait disparu.». Comme son idée avait marché, il en profita pour ajouter : «Simon regagna son inspiration.».

La semaine suivante, sa femme revint. Il lui expliqua que tout allait mieux et il l'embrassa comme il l'avait embrassé la première fois. Le soir, juste après avoir fait l'amour, Simon entendit un bruit. Il se leva et se rendit compte que c'était dans sa tête. Le «crissement» était encore là et disait : «C'est à la vie à la mort mon pote !». Simon sourit et se recoucha. Le «crissement» resterait dans sa tête toute sa vie, c'était comme ça, il suffisait juste de ne pas céder à ce qu'il disait. Simon avait retrouvé son inspiration, était-ce parce qu'il croyait à ce qu'il avait écrit sur sa feuille ou de la magie ? Il ne le saurait jamais. Avant de s'endormir, il eut juste le temps d'entendre ses parents disant : «Ne t'inquiète pas, tout ira bien chaton.». Ils l'avaient toujours appelé comme ça.

Fin

 

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Robert Pattinson, Reese Witherspoon et Christoph Waltz dans Water for Elephants de Francis Lawrence.

Show and elephant must go on : à propos de « Water for Elephants »

Un éléphant, une jolie blonde, un mari tortionnaire et un jeune homme paumé. Voilà les protagonistes de ce film sentimental et historique. En effet, ce dernier prend place durant la grande Dépression en Amérique. Un jeune étudiant en école de vétérinaire, joué par Robert Pattinson, va se retrouver à travailler dans un cirque après la mort tragique (ben oui c'est toujours tragique une mort !) de ses parents.

Le bémol est que ce jeune homme va tomber amoureux de la femme de son patron. Alors, si c'est déjà pas « cool » en soi, le patron est en plus une personne qui s'emporte vite, très vite et qui a souvent recours à la violence pour se faire entendre. Mais heureusement, le beau et pas si grand Robert Pattinson est là et est accompagné d'une amie très lourde, l'éléphant Rosie. D'ailleurs l'éléphant qui joue ce rôle est en fait un mâle, ne me demandez pas pourquoi ils ont pris un mâle pour incarner une femelle, je n'en sais rien. Cela n'empêche pas cet éléphant de s'être très bien entendu avec Pattinson durant le tournage, il le suivait partout car le jeune acteur avait constamment des cacahuètes dans ses poches !

Du côté de l'interprétation, l'éléphant est très bon, c'est bien simple on croirait vraiment que c'est un éléphant, enfin je veux dire, il joue bien quoi !  Pattinson est malheureusement trop lisse, son rôle de gentil ne possède presque aucune personnalité et il n'arrive donc pas vraiment à se détacher de son étiquette Twilight. A vrai dire, l'acteur qui est sensé jouer son personnage en plus vieux a plus de présence et de consistance. Reese Witherspoon, elle, est très jolie et très agile et c'est tout ce qu'on lui demande. Quant à Christoph Waltz, il fait peur et à la fois réjouit. Faut dire que ça fait plaisir de le revoir après son rôle de nazi dans Inglourious Basterds. D'ailleurs, il n'a pas vraiment changé, même s'il paraît plus humain, il reste le grand méchant de l'histoire. Pour ce qui est du titre : Water for Elephants, je le trouvais un peu pompeux. D'abord parce que l'éléphant en question n'ingurgite que du whisky durant tout le film et ensuite car on a l'impression qu'on veut nous vendre un film extrêmement métaphorique, alors que finalement on se retrouve devant un film sentimental qui ressemble à beaucoup d'autres que je ne citerai pas. J'ai été déçu de ne pas voir beaucoup de « Freaks » : ben oui dans les cirques à cette époque y avait presque que ça.

Pour la romance représentée (Pattinson et Witherspoon) elle n'est pas assez passionnelle à mon goût, on dirait que le réalisateur a peur de montrer de vraies et belles scènes de sexe ou des baisers plus fougueux. Au lieu de ça, on a droit à un Pattinson qui baisse son pantalon, une Witherspoon qui lève sa jupe et hop : coupure ! Mais ce n'est pas nouveau, le cinéma américain est souvent très pudique pour ce genre de choses. L'amour qui naît entre les deux protagonistes est plutôt cliché ; il la regarde, elle le regarde. Heureusement que Christoph Waltz est là pour changer un peu l'ambiance ! Malgré tout ça, il y a des scènes très poignantes. Le moment où Waltz  frappe le pauvre éléphant avec un crochet m'a presque fait verser une larme. Que voulez-vous, j'aime trop les animaux. Le film comporte néanmoins une très bonne réflexion sur l'illusion et la réalité.  Si la fin est trop Happy End à mon goût, nous ne pouvons qu'être émus par la perte de certains personnages en cours de route. Maintenant, je vais vous laisser, libre à vous décider d'aller voir ou non ce film, mais si vous y allez, laissez-vous impressionner par le show, même s'il n'est pas génialissime. Quant à moi, je vais essayer de faire céder mes parents pour avoir un éléphant, après tout, ils ont bien cédé pour les deux chiens et puis, il paraît que ça plaît aux filles !

OGB

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Le très beau Tomboy de Céline Sciamma.

Dans la famille Sciamma, je voudrais le garçon

C'est les mains tremblantes et la tête essorée de tous nos souvenirs d'enfance que nous ressortons de la projection du nouveau-né de Céline Sciamma. En effet, si le film traite d'un garçon manqué (Tomboy en anglais, merci l'ami internet), le thème important n'en reste pas moins l'enfance.

Laure, le garçon manqué en question, vient d'emménager dans le quartier et va faire croire à ses nouveaux amis qu'elle est un véritable (petit) garçon. Voilà pour le pitch ! Si ce dernier paraît un peu simpliste, il n'en est rien du film ! En effet, Céline Sciamma nous y montre de jeunes têtes blondes criantes de vérité. Les petits comme les grands sont très bien interprétés et paraissent d'un naturel tel qu'on les reconnaît tous. Les reconnaître ? Comment ça ? Mais oui, nous les avons tous déjà rencontrés dans notre enfance : le garçon manqué, le dur de la bande, la seule fille de notre groupe d'amis. Nous avons tous forcément passé nos vacances avec l'un d'eux.

La réalisatrice les capte si précisément que l'on a l'impression d'avoir affaire à un livre de Stephen King (ça). Le film aurait pu nous ennuyer fermement, mais grâce à ses personnages, nous ne pouvons qu'être un peu émus, nous nous rappelons nos vacances, nos amours et nos querelles. Nous nous attachons aux personnages. Surtout à Laure, qui n'est pas si bizarre que ça. Après tout, nous avons tous eu une période de doute sur nous- même. Que ce soit à l'entrée dans l'adolescence ou à un autre moment. Combien de filles s'amusaient avec des « action man » et côtoyaient plus de garçons que de filles ? Des tas ! C'est bien normal, notre corps n'a pas encore poussé et la fameuse différence entre les sexes n'est pas encore flagrante à cet âge-là (10 ans). Si le film semble traiter de quelque chose d'anodin, un vrai mal s'y cache. La haine de la différence : « T'es une fille alors tu joues pas au foot ! »

Alors si ici les enfants ne tabassent pas Laure lorsqu'ils apprennent son secret, le destin de cette dernière aurait été complètement changé s'ils avaient été plus vieux. La réalisatrice ayant déjà traité des adolescents avec Naissance des pieuvres. Attention, préparez-vous, nous arrivons au moment d'extrême philosophie de ma critique (ou pas). Prêts ? C'est (re)parti ! Dans Tomboy, Laure va essayer  plusieurs stratagèmes pour faire croire à sa masculinité, elle va se couper les cheveux, regarder comment se comportent ses amis du sexe opposé et les imiter. Là, nous parlons de mimétisme batésien.

Quésako ? Lorsqu'une espèce est en territoire ennemi, elle va adopter le comportement de ses prédateurs pour ne pas se faire remarquer et, mieux, s'intégrer. Laure, à un certain moment va aussi se fabriquer  un pénis en pâte à modeler, comme dans Friends! Vous ne vous rappelez pas ? Pas grave. Bref, Laure va donc se faire ce fameux pénis et après l'avoir utilisé pour la piscine, elle va le remettre dans la petite boîte où elle met d'habitude ses dents. Or, perdre ses dents, dans le monde des rêves, signifie une peur de la castration chez l'homme. Y a-t-il un lien ? Je vous laisse le choix, ces interprétations restent toutes très personnelles ! Mais si nous acceptons le lien, nous pouvons nous dire que Laure refuse de perdre sa virilité et devenir une femme ; en effet elle va tout faire pour rester virile. Après, peut-être que c'est parce qu'elle préfèrerait ressembler au modèle masculin de sa famille, son père, qui semble d'ailleurs la comprendre mieux que sa mère. Mais finalement, le film ne traite pas de « pourquoi vouloir devenir un garçon », mais plutôt de « comment devenir grand?» et se confronter au monde sous notre vrai jour. Laure s'est peut-être transformée en ce qu'elle n'était pas pour mieux s'intégrer dans ce nouvel habitat.

Le rouge et le bleu restent les couleurs importantes du film. Laure avait d'ailleurs demandé à sa mère que sa chambre soit peinte en bleu, couleur plus souvent utilisée pour peindre les chambres des jeunes garçons. De plus, elle apparaît souvent à l'image avec un short ou une culotte rouge, elle nous rappelle notre cher Mowgli du Livre de la jungle. Pour ce qui est de la partie technique, la caméra est toujours placée à la hauteur des enfants et cela permet de nous montrer le monde tel qu'ils le voient. Les flous et les nets sont souvent utilisés pour mettre des objets ou des personnes en évidence. La bande-son est très bonne, elle ne contient qu'une musique ! Mais, elle est vraiment bien! La réalisatrice préférait ne pas mettre trop de musique pour qu'il n'y ait pas de distance entre nous et les personnages. La chanson « Always » de Para One a donc été sélectionnée (introuvable sur internet !), ce groupe avait déjà fait la bande-son de l'autre film de Céline Sciamma (Naissance des pieuvres).

Pour finir, je peux dire que le film plaira, c'est sûr. Mais il ne faut pas y aller en pensant voir un film bourré d'action. Tomboy est un film intérieur, il nous ramène à nous-mêmes, à la personne que nous étions ; le but est de découvrir des personnages, les comprendre ou les détester. Bien qu'il soit presque impossible de les détester, ce ne sont pas encore des adolescents, ils n'ont pas de boutons d'acné, ils sont tous beaux. Ils ne font pas de crise et ne s'évanouissent pas dès qu'on leur parle de Justin Bieber... Ah! L'enfance! C'est bien quand même ! Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, vous pouvez reprendre une activité plutôt normale, quant à moi, je vais rappeler mes vieux amis d'enfance et aller construire un barrage, comme à la belle époque !

OGB

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Et maintenant le fameux True Grit des frères Coen!

« Mattie, je suis ton père ». A propos de True Grit, de Joel et Ethan Coen

Après le polar (No country for old men), la comédie (Burn after reading), le film de gangster (Miller's crossing) et le road movie (O'brother). C'est au tour du genre du western de susciter l'intérêt des deux fameux frères Coen. En effet, True Grit est l'adaptation d'un roman écrit par Charles Portis qui avait déjà été porté à l'écran par Henry Hathaway en 1969 (Cent dollars pour un shérif).

Film de western ? « Okay, j'vais chercher le pop corn et m'empiffrer pendant tout le film parce que de toute façon ça ne sera ni très intelligent, ni vraiment passionnant ! » Et non ! Car l'humour et la folle violence qui composent le style inimitable de nos chers frères en font un très bon film sans prétention. Pourtant, le film aurait pu être un pur fiasco, avec une histoire aussi simpliste : une jeune fille veut retrouver l'assassin de son père et fait appel à un marshal et à un Texas Ranger pour l'aider.

Mais comme nous le savons, le plus important dans un film n'est pas forcément l'histoire mais la manière dont elle nous est contée et là les frères Coen font mouche et rajoutent au western leur propre dimension qui n'est pas pour nous déplaire. Tout cela arrive aussi grâce à des acteurs fantastiques. Nous retrouvons notre cher Dude, revenu faire coucou après The Big Lebowski (Jeff bridges). Après George Clooney, Brad Pitt, j'en passe et des meilleurs, c'est au tour de Matt Damon de jouer un personnage qui est aux  antipodes de ses dernières prestations ! Un Texas Ranger plus ridicule qu'imposant mais tellement drôle ; la moustache lui va si bien. Bon, nous avons le Marshal Dude (Jeff Bridges) et le Texas Ranger (Matt Damon), il ne nous manque plus que la jeune fille ! Mattie Ross est jouée par la délicieuse Hailee Steinfeld. Et n'oublions pas non plus un autre habitué des frères Coen, Josh Brolin (No Country for Old Men) ! Dans cette oeuvre, les frères Coen jouent beaucoup sur la symbolique des éléments. Attention ! moment de philosophie extrême, vous êtes prêts ?...

C'est parti ! Les serpents (de la dernière partie du film) peuvent nous rappeler le péché originel, péché qui nous a mené à un monde aussi impitoyable que celui du western, pas de pomme dans ce monde, enfin si! Mattie lance bien une pomme sur un homme pour pouvoir rejoindre son marshal et son ranger qui ne veulent pas d'elle au début. La corde que les personnages se mettent au tour d'eux la nuit pour se protéger des serpents nous fait penser au cordon ombilical que notre père coupe à la naissance. La grotte, dans laquelle Mattie tombe, sera comme une renaissance pour la jeune fille, grotte chaude, humide et réconfortante. Mais, dangereuse si on y reste trop longtemps, (ben oui, y a des serpents !).

Enfin, la figure du père, le père mort, le père sauveur, qui sera là pour nous sortir de notre pétrin, ce père borgne, qui même saoul, tire plutôt bien. Mattie aura plusieurs pères dans cette histoire, plusieurs modèles à suivre ou à ne pas suivre. Elle n'aura pas besoin de faire de choix, mais juste de s'enrichir de tout ce qu'ils ont à lui apporter. Car en fait, c'est à ça que servent nos parents, ils nous élèvent, nous protègent et nous donnent finalement les clés pour (essayer) de survivre dans ce monde impitoyable.

Voilà, j'ai fini de vanter les mérites de ce film. Malgré tout, j'ai trouvé que la fin était vite envoyée et manquait d'émotion, nous sommes trop mis à distance et c'est bien dommage, car le sujet traité par le film nous regarde tous. Je vais maintenant prendre mon Colt, mon cheval, remercier mes parents et rentrer dans ce monde impitoyable. Mattie est une lonesome cowgirl et moi : I'm a poor lonesome cowboy.

OGB

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Pour la deuxième critique, c'est au tour des Extraordinaires aventures d'Adèle Blanc-Sec réalisé par Luc Besson!

 Une Indiana Jones Girl !

C'est ce que l'on s'écrie en jubilant lorsque le film commence. En effet, Les extraordinaires aventures d'Adèle Blanc-Sec nous fait plus penser à un Indiana Jones sauce Jurassic Park qu'à un bon vieux Tintin ! Si au début, on a du mal à rentrer dans l'histoire à cause de blagues un peu trop clichées, la suite par contre est beaucoup plus rythmée et drôle. Grâce à des actrices et à des acteurs incarnés, ainsi qu'à une momie et un pétrodactyle ( « Ptérodactyle ! me hurle le professeur Ménard » ), nous retrouvons l'univers de la bande dessinée de Jacques Tardi. Louise Bourgoin est belle et pétillante, fantastique quand elle envoie bouler un Ramsès 2 ressuscité! Elle incarne une Adèle Blanc-Sec comme on les aime, franche et directe, mais qui peut malgré tout nous émouvoir (Luc Besson a choisi de la rendre plus « tendre », peut-être pour attirer un plus grand public). Gilles Lellouche est très bon dans son rôle de policier (Caponi) paresseux et malchanceux. Jean-Paul Rouve ressemble plutôt bien au chasseur de ptérodactyle et réussit à nous faire sourire. Quant à Mathieu Amalric, que l'on voit peu et c'est bien dommage, il en viendrait presque à nous faire peur sous son aspect hideux d'ennemi juré. Au final, Luc Besson signe ici un bon et très joli divertissement qui ne nous fera pas réfléchir en profondeur mais qui passera aussi bien qu'un coup de blanc-sec...!

OGB

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Alors voilà étant donné que j'écris quelque fois des critiques pour la tribune des jeunes cinéphiles, je me suis dit, pourquoi ne pas toutes les poster sur ce blog! Donc voici des critiques de films plus ou moins récents! On commence avec Tetro réalisé par Francis Ford Coppola!

 

Une dimension de tragédie grecque

 Plutôt que de vous crier : « Ne va pas vers la lumière ! », comme on le faisait si bien dans Poltergeist, je vous ordonnerais : « Courez vers la lumière de vos salles obscures ! » (paradoxe !). En effet, « Tetro » est sombre, lumineux et puissant à la fois. Il ne vous émouvra pas jusqu'aux larmes mais presque. Les actrices et acteurs portent avec brio leur rôle : profond et réfléchi. Le jeu des ombres et des lumières est subtil et les prises de vue sont innovantes. Plusieurs formes d'art sont représentées, des plus belles manières qui soient et Coppola en viendrait même à nous faire aimer la danse classique...! Enfin, le film prend une dimension de tragédie grecque, vers la fin, avec un retournement de situation qui vous laissera sur le carreau (ou pas). Malgré un déroulement parfois un peu lent, c'est un pari réussi pour Francis Ford Coppola qui réalise ici un drame sur la famille et ses secrets. Les spectateurs sortiront donc de leur cinéma respectif en assurant : C'est Tetro beau!

OGB

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Voilà un artiste designer anglais qui mérite d'être connu.

En effet entre autres créations marrantes et décalées, il vient de publier sur le net une série de photomontages mélant les grands noms du jeu vidéo (Link, Donkey Kong, etc) à des photos réelles. Le résultat est pour le moins intéressant, et montre encore une fois que le jeu vidéo fait bel et bien partie de la culture contemporaine.

Son site:

http://www.aledlewis.com/

L'album photo en question:

Video Games vs Real Life

P.S.: Merci Henri pour l'info!

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Le Blog de Lesgaudet

Par chrisgaubla Blog créé le 04/08/10 Mis à jour le 24/08/12 à 13h41

Voici le Blog des frères Gaudet!

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Édito

Ici vont être publiées toutes les pensées, remarques, réflexions, intelligente ou stupides de ceux que l'on surnomme déjà les "Nouveaux Bogdanov", à savoir les célèbres frères Gaudet!

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