Édito

Bienvenue à tous et à toutes !

Aujourd'hui je me lance et je créé mon blog !

Vous y trouverez tout ce qui remplit ma vie, sur des sujets divers et variés. Ce blog sera axé sur mes découvertes, mes expériences, et mes centres d'intérêts. En ce sens je vais essayer de diversifier au maximum les thèmes abordés : Vous aurez bien évidement droit à la dose syndicale de jeux vidéos, mais sans excès, ainsi que des thématiques moins courantes sur les blogs GB, comme la lecture, la BD, le sport, les animes, films et séries TV ou la musique, en espérant vous faire découvrir nombre de choses !

J'espère donc que chacun y trouvera son bonheur, et que vous aurez autant de plaisir à lire mes articles que j'en ai à les écrire !

Bonne lecture !

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Les Chroniques de Steph

Par bentley Blog créé le 26/09/10 Mis à jour le 23/10/10 à 00h24

Mes humeurs, mes découvertes, mes coups de coeur, et mes coups de gueule ! Voici ce que je vous propose sur mon blog !

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Cinéma

 

Titre : La Ligne Rouge

Réalisateur : Terrence Malick

Titre VO : The Thin Red Line

Année : 1998

Cet article dévoile tout ou partie du film. Malgré tout, La Ligne Rouge n'étant pas un film « à suspense », je ne vois pas de contre-indication à la lecture de cet article si vous n'avez pas vu le film. Au contraire, j'ose espérer qu'il vous donnera envie de le regarder.

Sorti en 1998, et éclipsé par Il faut sauver le soldat Ryan, La ligne rouge, (The thin red line en VO) de Terrence Malick est à première vue un film de guerre traitant de la campagne américaine dans le Pacifique. Mais en réalité, il est bien plus que cela. Là où Il faut sauver le soldat Ryan se « contente » de dépeindre le débarquement allié en Normandie, d'en mettre plein la vue et les oreilles, en enchaînant avec un rythme effréné des scènes d'une violence encore peu commune à l'époque (je pense à la scène du soldat qui ramasse ses tripes sur la plage),  La ligne rouge adopte une optique diamétralement opposée.

Si Il faut sauver le soldat Ryan s'ouvre sur la célèbre scène du débarquement, La ligne rouge s'ouvre sur des soldats US déserteurs jouant sur la plage avec des enfants polynésiens. Scène de rires et de jeux, qui surprennent quelque peu lors du premier visionnage, et ce d'autant plus que celle-ci est assez longue. C'est d'ailleurs un point important à noter. Terrence Malick aime prendre son temps pour montrer les choses.

Nous retrouvons donc le personnage « principal » (à vrai dire, il n'y a pas de véritable personnage principal dans ce film), dénommé Witt, trouffion de son état,  qui se fait pincer lui et ses potes, par une patrouille venue lui rappeler son devoir envers l'Oncle Sam. S'ensuit alors une discussion entre son sergent (campé par Sean Penn) et Witt, nous livrant ces paroles qui s'inscriront comme un leimotiv tout au long du film :

« - In this world... a man himself is nothing. And there ain't no world but this one.

- You're wrong there, Top. I seen another world. »

Le spectateur avide de sang et de larmes, comprend alors qu'il va passer une mauvaise soirée. L'autre, l'éclairé, celui qui s'accrochera, sera alors à même de saisir la substantifique moelle de cette oeuvre : l'émotion et la réflexion.

C'est au moyen de longs plans posés sur la faune et la flore de l'île de Guadalcanal, ou de ses indigènes, accompagnés de monologues , que le première piste de réflexion se dévoile : Qu'est-ce que l'homme au milieu de toute cette nature ? Que représente-t-il ? Il n'est rien, et sa propension à s'entretuer le montre : s'il venait à disparaître, cela n'affecterait pas l'ordre des choses. Cela nous pousse à nous demander : "si je suis capable de tuer mon prochain,  mérite-je de perdurer ?" Si le réalisateur a choisi de montrer un crocodile tapi dans la vase à l'affût comme toute première image du film ce n'est pas anodin.  « Finalement, la violence ne fait-elle pas partie intégrante de la nature ? ». « La nature est violente par essence, l'homme n'a rien inventé », semble répondre le reptile...

Et pourtant... ces tribus polynésiennes vivent en paix. Les enfants jouent avec des cailloux, se les échangent dans une ronde qui murmure : « n'aies pas peur de ton prochain, échange avec lui ! Cela vaut mieux que de le tuer  ». Plus loin, une colonne de soldats (apeurés par la menace japonaise invisible), croise un grand père indigène dans la forêt. Si ce dernier ne bronche pas, les soldats se retournent et le dévisagent avec un air disant : « Qui est cet homme étrange, calme au milieu de cette bataille, qui croise dix soldats sans éprouver la moindre crainte ? », alors que notre esprit occidental formaté par notre civilisation « dominante » nous crie que c'est ce grand-père qui devrait être effrayé devant ces  dieux de la mort venus sur son île !

Et la guerre me direz-vous ? Nous y arrivons. Mais d'abord, un peu d'histoire. En 1942, l'île de Guadalcanal voit s'affronter pas moins de 60 000 soldats US contre 30 000 soldats japonais pour la prise d'un terrain d'aviation stratégique.  Mais un obstacle se dresse entre la plage et le terrain d'aviation : une colline solidement défendue par un réseau de bunkers  qu'il faudra conquérir.  L'assaut de cette colline (et le premier coup de feu du film) ne commence qu'après 45 minutes de film, et dure pas moins de 45 autres minutes.  Autant dire que le spectateur, impatient d'en découdre après tant d'attente est retourné. L'assaut est dépeint de manière extrêmement précise, voire chirurgicale. Rien n'est exagéré, accéléré ou ellipsé, au point que l'on a l'impression de regarder un documentaire. L'assaut semble durer des heures, et on ressent toute la peur des soldats rongés par l'attente, accroupis dans leur talus, qui se demandent s'ils ne vont pas mourir de soif plutôt que d'être tués par une balle. Aux frappes d'artillerie succèdent les éclaireurs, et l'interminable chaîne de commandement. 

« - Two batteries of 105s.

- They won't make a dent. Over.

- No, but it bucks the men up. It'll look like the Japs are catching hell. »

 Et soudain, ça y est, il faut y aller. Ils se feront rapidement mettre en pièces : l'ennemi, invisible, les fauche à la mitrailleuse comme de vulgaires cibles à l'entrainement. Il semble armé d'une patience infinie, cet ennemi silencieux dont on ne connaît pas le visage. C'est à peine si l'on aperçoit ses doigts sur la gâchette, ou des silhouettes courant d'un bunker à l'autre. Les soldats japonais sont déshumanisés, renforçant le sentiment que ces soldats américains ne savent pas contre qui et pourquoi ils se battent. Ce n'est qu'une fois le bunker pris et l'armée japonaise en déroute, que ces soldats montreront leurs visages... et leur maigreur. Beaucoup se suicideront en l'honneur du Bushido. Mais d'autres se rendront. Ils seront aussitôt massacrés par les américains, qui ne se gêneront pas pour piller les cadavres et le camp : Ils y trouveront des photos, des lettres... l'ennemi si redoutable d'alors devient si fragile, si humain, qu'il en devient pathétique.

 « - Nobody wants that island... but you. How much do you want it?

- As much as I have to, sir. »

 Revenons à l'assaut : Le lieutenant colonel Storm joue sa carrière de militaire sur cette bataille, et n'a pas manqué d'assurer à ses supérieurs qu'il jettera dans la bataille autant de vies qu'il le faudra pour conquérir cette colline. Sous le charme de cette bataille où les tirs d'artillerie sonnent comme l'orchestre d'un opéra dramatique, Il en fait une description qui n'est pas sans rappeler celle de Candide et sa « boucherie héroïque »

 

« Rosy-fingered dawn. You're Greek, aren't you, Captain? D'you ever read Homer?

We read Homer at the Point. In Greek. »

 Storm, à l'appétit aiguisé de militaire en attente de prendre du galon depuis trop longtemps,aboie dans son téléphone de liaison mais se heurte à l'humanité de son capitaine, jusriste de profession. Prenant le contrepied des films de guerre habituels où le soldat se sacrifie sans hésiter (ou presque), nous assistons au refus pur et simple du capitaine Staros d'exécuter les ordres de son supérieur direct. Il lui rétorque, témoins à l'appui qu'il n'enverra pas des hommes qu'il a formé depuis deux ans au casse pipe, sans tenter une manoeuvre de contournement. Nous ne sommes alors plus sur un théatre de guerre, mais au tribunal, ce qui n'échappera pas à Storm.

 « Now, l know you're a goddamn lawyer! This is not a court of law ! »

 Finalement, la seule chose qui reste à ces hommes, la seule qui puisse les qualifier d'Hommes, c'est l'amour qu'ils portent au fond de leur coeur pour la femme aimée restée au pays, les enfants, ou la famille. Le soldat n'appartient pas au gouvernement américain, ce n'est pas une marionnette que l'on déplace comme un pion sur un échiquier, mais un être doté d'une âme et de sentiments :

 « Why should I be afraid to die ? I belong to you... »

 La ligne rouge n'est donc pas un film de guerre. C'est un film sur les hommes qui font la guerre. En ce sens il est magistral, quasiment unique en son genre (pas tant pour la critique de la guerre, que l'on retrouve dans nombre d'autres films)  mais par son approche. La musique, les dialogues, les plans, les couleurs, tout y est calibré à la perfection. Même le  rythme, qui paraît lent, n'a pas été choisi au hasard.  A vous de vous faire une idée.

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