Lerebours
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Insert Coin (Jeu vidéo)

En 2052 la terre subit de plein fouet la chute d'une pluie de météorites, mais sous cette façade se cache une ô combien surprenante invasion extraterrestre qui comme d'habitude va se finir dans un joyeux bain de sang avec divers boyaux et intestins sortis. Quelques savants fous animés d'une fureur vengeresse et assoiffés d'une terrible haine sanguinaire vont mettre au point le Black Fly dernier née des forces d'autodéfense terriennes ayant la capacité d'user des particules extraterrestre dénommées « Newalone ». C'est alors que vous survolez les décombres de Tokyo que débute votre épopée, peut être l'un des plus étrange voyage qu'offre Taito aux amateurs de shmup en 1991.



Sous ce titre de Metal Black se cache initialement le Darius III originel qui d'ailleurs en conserve de minimes traces comme en témoigne la présence de quelques poiscailles égarées. Cette ébauche pour une raison inconnue pris une tout autre tournure. Cependant ce qui frappe le joueur à l'époque est avant tout la prouesse technique. Le jeu utilise à foison des effets de distorsions, des scrollings parallaxes pour simuler une profondeur dans les décors ou du relief avec des zooms à gogos. Les ennemis ne sont pas en reste affichant ainsi des designs tout à la fois surprenants et affreux, horreurs mécaniques montées sur pattes nées de l'accouplement du fils de bâtard de la progéniture des cafards, de la mouche à merde et du pou volant de Lituanie. Combiner à cela une direction artistique oscillant entre voyage psychédélique ou trip de drogué en pleine phase d'overdose et vous obtenez un jeu complètement «space». C'est d'ailleurs l'un des charmes de ce shoot qui lui confère une aura et une identité unique dans son genre.

Les compositions sont comme d'habitude l'oeuvre de Zuntata et plus particulièrement de Yasuhisa Watanabe qui délivre une bande son mélancolique et triste sur les premier niveaux, mais qui gagne en rythme et en énergie à mesure que vous approchez de votre destination finale comme pour signifier que la fin du cauchemar est proche. Les thèmes les plus étranges sont rattachés au boss soulignant et mettant en exergue leurs looks répugnants.



Mais la bizarrerie du titre ne s'arrête pas uniquement à son visuel et ses thèmes, il touche aussi plus particulièrement sa prise en main. Traditionnellement ramasser un P-up augmente votre puissance alors qu'ici votre force reste constante quelque soit le nombre de « Newalone » que vous stockez. A vrai dire votre tir de base est même plus destructeur du fait d'une cadence supérieure, mais petite subtilité en accroissant votre force la taille du tir grossit ainsi que la hitbox plus épaisse que les salves visibles à l'écran. Cet élément oblige le joueur à privilégier le corps à corps notamment face à des ennemis dont les trajectoires imprévisibles et peu conventionnelles force à entrer au coeur de la bataille. Ici il faut à tout prix chercher le contact pour se sortir des nombreux pièges qui vous attendent au cours votre périlleuse aventure.



Toutefois le coeur du gameplay réside dans la jauge située au bas de l'écran qui vous indique votre niveau de charge pour l'arme secondaire à savoir le « burst ». Alimentée par les « Newalone » dés que la barre est remplie à hauteur de 15% vous avez à la possibilité de sacrifier cette puissance pour lancer un laser dont la taille est proportionnelle au taux de remplissage de la jauge. Cependant pour utiliser le burst à pleine puissance il faudra la charger à 100%, à ce moment elle se met à clignoter et alors s'offrent deux choix :

  • En appuyant d'une seule pression sur le bouton n°2 le vaisseau enclenche une smart bomb, en même temps qu'un cancel des tirs ennemis, ou plutôt une série de faisceaux électriques qui couvrent la totalité de l'écran. Petite inconvénient, cette attaque videra très rapidement votre barre d'énergie.
  • En appuyant et en maintenant le deuxième bouton le Black Fly déclenche un immense laser l'englobant, offrant de fait une protection éphémère qui se réduit à mesure que chute votre énergie.


Ces deux possibilités offertes au joueur doivent être utilisées à des moments clés afin de traverser les passages les plus corsés. Les développeurs ont eu la bonne idée d'offrir la même possibilité aux boss aboutissant ainsi des joutes dantetesques et épiques sur fonds d'effets pyrotechniques qui explosent littéralement l'écran et la rétine du joueur. A noter qu'à puissance équivalente les boss auront toujours le dessus lors de ces affrontements, à vous de faire le plein de « Newalone » en cours de bataille pour prendre le dessus. Lorsque les deux lasers s'entrechoquent, ils génèrent une boule de plasma qui en fonction de sa couleur vous indiquera qui a l'ascendant; si vous êtes dans le rouge attendez vous à morfler mais si elle devient bleu au revoir extraterrestre des mes deux. D'ailleurs lorsque qu'un boss passe de vie à trépas, on ne contente d'une banale explosion mais d'un véritable festival de couleurs qui ferait passer les déflagrations d'Ikaruga ou Gradius V pour des pétards mouillés.



Ce shoot'em'up n'est pas forcément un titre connu et pourtant il aura une influence considérable sur le développement de la future carte arcade de Taito sortie en 1993, le F3, dont nombre de jeux reprendront les effets introduits par Metal Black. On sent clairement qu'il a été monté à la va vite et qu'il a servi de laboratoire d'expériences pour les développeurs qui se sont bien lâchés en terme de délires visuels. Layer Section reprendra à son compte l'usage intensif de zooms ou de scrollings différentiels et Darius Gaiden sera en quelque la suite spirituelle de Metal Black. D'ailleurs ce titre à apporter beaucoup à la saga Darius puisque non seulement il l'inspirera aux niveaux des effets mais aussi pour le gameplay puisque G-Darius et Darius Burst récupéreront le « burst ». Selon certains fans chevronnés les événements de Metal Black s'inscriraient dans la même « timeline » que Darius II dont la ligne de front se trouve dans notre système solaire. Autre point amusant ce titre a pour surnom « Project Gun Frontier II », pourtant le titre original est un shmup à scrolling vertical très inspiré d'une OAV de Leiji Matsumoto ne partageant aucun point commun avec Metal Black si ce n'est le même staff. D'ailleurs petit aparté le premier Gun Frontier ayant tellement marqué un certain Shinobu Yagawa, ce dernier rendra hommage à ce titre avec Battle Garrega dont les mécaniques et le design général sont très similaires.

Indéniablement Metal Black est un titre marquant, certes qui a pris un coup de vieux, mais qui ne laisse pas indifférent puisqu'il annonce et préfigurera à l'aube des années 90 les grands shoot'em'up de Taito. Expérience, prototype et précurseur sont là les mots qui définissent le mieux cette étrange odyssée spatiale.

 

See you next time...


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Lerebours

Par lerebours Blog créé le 09/01/12 Mis à jour le 06/09/15 à 14h44

Shoot'em'up, What Else !

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