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Insert Coin (Jeu vidéo)

The Black Fly (1991)
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Avant d'aborder le cas de G-Darius il est important de revenir sur ses origines qui prennent racine dans Metal Black. Pour la petite histoire ce shmup aurait du être le troisième opus de la saga Darius mais pour une obscure raison le développement pris une toute autre tournure en raison de l'ambiance particulièrement sombre de ce nouveau titre. Cependant le jeu a conservé des traces de cette illustre parenté.

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Contrairement à beaucoup de shmup du début des 90's fonctionnant sur la base des traditionnels P-up, Metal Black opte pour un système d'armement original. Pour augmenter progressivement sa puissance il faut ramasser des molécules voguant dans les niveaux. Dés que la barre est remplie à hauteur de 15% le joueur à la possibilité de sacrifier cette puissance pour lancer un laser dont la taille est proportionnelle aux taux de remplissage de la jauge. A compter de 95% et au-delà s'offrent deux choix :

  • En appuyant d'une seule pression sur le deuxième bouton le vaisseau enclenche une smart bomb ou plutôt une série de faisceaux électriques qui couvrent la totalité de l'écran. A mesure que la jauge s'amenuise ces faisceaux se rejoignent pour reformer un laser.
  • En appuyant et en maintenant le deuxième bouton le vaisseau déclenche un immense laser l'englobant, offrant de fait une protection éphémère qui se réduit à mesure que chute votre énergie.


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Ces deux possibilités offertes au joueur doivent être utilisées à des moments clés afin de traverser les passages les plus corsés. Les développeurs ont eu la bonne idée d'offrir la même possibilité aux boss aboutissant ainsi des joutes dantetesques et épiques sur fonds d'effets pyrotechniques qui explosent littéralement l'écran et la rétine du joueur. Ce système « deux armes en une » ainsi que les batailles de laser vont constituer l'une des premières pierres à l'édifice G-Darius.


Visionnerz (1994)
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Au milieu des 90's sort finalement Darius Gaiden qui vous invite de nouveau à défourailler de la poiscaille spatiale. Ce jeu reprend un certain nombre d'effets graphiques de Metal Black notamment l'aspect psychédélique des décors appuyés par des distorsions et coloris chatoyant conservant l'ambiance complètement «space» de la suite non officielle de Darius II.

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Ce nouvel épisode abandonne le format grandiloquent de ces aînés pour revenir à un affichage traditionnel. S'il est vrai que l'on perd en immersion Taito va offrir l'épisode qui restera dans toute les mémoires porté par des graphismes somptueux et une bande son épique. La prise en main s'avère on ne peut plus simple se limitant au classique combo blaster/smart bomb et un système de scoring minimaliste. D'ailleurs la maniabilité a été complètement revue car le Silver Hawk devient enfin une véritable bête de course. Ce qui ressort globalement de ce titre est que Taito a voulu fluidifier l'action en rompant avec les codes de la seconde moitié des 80's pour offrir le titre qui a donné ses lettres de noblesses à la saga.

Mais revenons sur quelques points qui auront des conséquences trois ans plus tard :

  • Black Hole Bomb : Classique au possible cette smart bomb impressionne par sa puissance, car non seulement elle nettoie la totalité de l'écran des ennemis mais dure longtemps offrant ainsi un petit temps de répit. Le point le plus intéressant reste l'invincibilité qu'elle procure au point de pouvoir superposer le sprite du S.Hawk à celui des ennemis.
  • Les boss : Dans Darius I & II ils ne disposaient que d'un ou deux patterns qui se répétaient indéfiniment mais ceux-ci étaient suffisamment vicieux pour foutre la pression au joueur. A compter de Darius Gaiden les boss proposent une myriade de pattern qui évoluent à mesure que les combats se prolongent devenant par moment de véritables marathons ou votre endurance est mise à rude épreuve. De plus c'est à partir de cet opus qu'ils gagnent en prestance grâce aux petits effets de mise en scène qui leur fait gagner en charisme et apportent une classe certaine aux affrontements.


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  • Les mid-boss : Ils apparaissent initialement à compter de Darius II et viennent se poser comme de simples obstacles en cours de niveau. Darius Gaiden se veut un peu plus original dans le sens ou il est possible de les capturer. Pour ce faire vous devez faire sauter le cristal situé au dessus de leur tête et les capturer. A ce moment l'unité bascule de votre côté et vient vous appuyer. Le joueur n'a aucun contrôle sur le mid-boss, mis à part pour quelques uns en effectuant une manipulation spéciale qui permet d'enclencher une attaque secondaire bien plus puissante. Au bout d'un certain temps il finit par s'autodétruire.


Mais ce dernier élément ne s'avère nullement une pièce maitresse, qui hormis en terme de points bonus, n'apporte finalement pas grand-chose au jeu. Cependant ce point qui ne fut qu'esquissé dans Darius Gaiden va devenir la pierre angulaire du système de G-Darius.


Gigantic Ship (1997)
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Dans la seconde moitié des 90's alors qu'ils se complexifient et se radicalisent, les shmups commencent à être relégués au second plan. C'est durant cette période de basculement ou le danmaku émerge que G-Darius voit le jour. Si une partie de la production continue à opter pour la 2D, G-Darius se veut dans l'air du temps et bascule en 3D. Taito s'y était déjà essayé avec succès en 1996 sur Raystorm, donnant ainsi une excellente suite au non moins fabuleux Rayforce. De fait la boîte n'en est pas à son premier coup d'essai et a su se montrer capable de maîtriser cet outil de façon optimale.

Mais contrairement à Raystorm, G-Darius contraste radicalement avec le reste de la saga Darius et surtout avec l'opus Gaiden qui reste à ce jour le plus cité. Quel est l'objet de ce relatif oubli ? S'il est difficile de connaître le succès du titre au japon, il est intéressant de revenir sur les commentaires qu'il a suscité dans la scène rétro française à l'aube des années 2000. Globalement, Il en ressort un désamour certain lié au passage à la 3D (graphismes taillés à la serpe) ainsi qu'un rejet lié au changement de ton niveau musical (les musiques ne ressemblent à rien). De plus même si le portage PSX est correct, il est incapable de reproduire le feeling de l'arcade à cause d'un framerate poussif qui brise tout le jeu de mise en scène. Or c'est sur ce point que le jeu excelle mais forcément si tout tombe à l'eau on ne finit plus que par s'attarder sur, il est vrai, une réalisation bien loin de la finesse d'une bonne vieille 2D. Mais personne n'a jamais nié le génie des scènes lors des affrontements ou halluciné sur la taille gigantesque des boss sur vitaminés qui surprennent par leur vivacité et la grande variété de situations qu'ils proposent.

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La dernière rupture se ressent surtout lors de la prise en main qui s'avère bien moins aisée que précédemment. Et pourtant ce nouveau système n'est autre que la fusion d'éléments de gameplay issus de Metal Black et Darius Gaiden :

  • Capture ball : Entrevues dans Darius Gaiden, le système de capture devient la base du gameplay de G-Darius. Pour ce faire le joueur dispose initialement d'un stock de trois capture ball qu'il pourra augmenter en ramassant un P-up de couleur violette. Contrairement à l'opus précédent il est possible de capturer tous type d'ennemis, sauf les unités soudés au sol, afin de bénéficier soit d'un appui ou d'une protection supplémentaire. Les mid-boss font aussi parti des unités capturables qui tout comme dans Darius Gaiden bénéficient d'une attaque secondaire. Toutefois toutes les unités sont vulnérables et ne peuvent pas indéfiniment encaisser les tirs.

 

  • Laser & Bomb : Comme pour Metal Black le joueur a la possibilité de sacrifier à tout moment son unité de support pour activer par exemple un laser qui fera le ménage à l'écran, les boss bénéficiant aussi de cette aptitude, soit de lancer une bombe qui couvrira une ¼ de l'écran offrant un bref moment d'invulnérabilité au Silver Hawk.


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Si au premier abord tout cela peut sembler simple, la principale difficulté va justement consister à bien gérer ces atouts et en tirer profit aux moments propices car dans G-Darius la moindre erreur se paie très chère. C'est surtout cette brusque montée en difficulté qui empêchera les joueurs de pousser plus loin l'expérience. Et ce ne sont là que des retours sur la version PSX, car le titre s'est vu porté en 2005 sur PS2 (Taito Legends II) permettant de gouter, ô joie, au jeu dans sa version d'origine. Et autant vous dire que le choc fut on ne peut plus brutal tant tout va très vite, trop même au point de faire dire à certains que le titre est infaisable.

Il faut dire que G-Darius s'est souvent vu invariablement casé dans les shmups postmodernes, à savoir que cet opus se rapprocherait des manics shooters. Effectivement le portage PSX souffrant d'un évident manque de fluidité, le déluge de tirs et d'ennemis devient immédiatement prévisible laissant croire au joueur qu'il navigue aisément dans le flot de pattern. Et ce au point de pouvoir presque faire abstraction du gameplay. La conversion PS2 tend à confirmer l'idée que G-Darius se rapproche plus d'un shmup old-school, dans le sens ou une partie se doit d'être un perfect run et que l'improvisation n'a guère lieu d'être. Pas d'improvisation car il est impossible, même pour un très bon joueur, d'esquiver l'avalanche de tirs et de tenir face au rythme endiablé des stages et des boss. Les vidéos du portage PSX circulant sur le net montrent des joueurs capables de naviguer dans des motifs qui sont tout bonnement impossible à esquiver sur la version arcade. Son apparente difficulté incite dés lors à jouer de façon méthodique en mettant à contribution le système de capture ball, obligeant le joueur à utiliser judicieusement tous les éléments mis à sa disposition afin de se sortir de situations périlleuses.


L'héritage G-Darius


En 2003 sort sur Naomi et Dreamcast un shmup du nom de Border Down, développé par G-Rev et dont les mécaniques de gameplay sont dans la lignée de Metal Black et G-Darius. Pas étonnant puisque les membres fondateurs de cette boîte sont des ex-employés ayant quitté Taito et qui bossèrent entre autres sur ces deux derniers titres. Darius burst débarque en 2009 sur psp et reprend lui aussi quelques éléments de son grand frère notamment le laser et le système de multiplicateur qui toutefois diffèrent quelques peu ainsi que les batailles de laser face aux boss. Mais tous ces points ont été simplifiés au maximum afin de rendre ce titre accessible à tout profil de joueur. Récemment Darius Burst AC EX Phase 2, portage arcade du jeu psp, met à disposition du joueur une vaste gamme de vaisseaux à la façon d'un R-Type Final. On y retrouve un certains Genesis Silver Hawk. Pourquoi ce nom ? G pour G-Darius, Genesis du nom de l'une des zones finale du jeu et genèse car il s'agit du Silver Hawk originel dans la chronologie officielle. Si ses énormes lasers sont toujours de la partie, il est accompagné de petites options qui adoptent trois configurations hérités de certaines unités alliées de G-Darius.

Ce qui débuta en 1991 continue près de vingtaine d'années plus tard, au jour ou j'écris, à laisser des traces dans la galaxie du shmup. Espérons que l'aventure continue...

 

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Commentaires

lerebours
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lerebours
Content que tu apprécies. Ce shmup pourtant fabuleux est l'oublié de la saga et demeure dans l'ombre de Darius Gaiden, jeu qui au demeurant mérite son statut de titre culte et que j'apprécie tout autant.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Sacré dossier (et sacré boulot de passionné !) !
Le seul Darius auquel j'ai pu jouer, c'est Darius + sur Nec, et ça reste de sacrés bons souvenirs.
Mais alors, la difficulté, argl !

Lerebours

Par lerebours Blog créé le 09/01/12 Mis à jour le 06/09/15 à 14h44

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