La narration dans le jeu vidéo

La narration dans le jeu vidéo

Par Leon9000 Blog créé le 15/09/11 Mis à jour le 03/02/15 à 18h43

Bienvenue sur ce blog explorant le vaste monde de l'écriture interactive. Dans mes articles, je me focaliserais principalement sur la narration et l'émotion véhiculées par les œuvres présentées, qu'elles proviennent du cinéma, des jeux vidéos ou d'autres médias. Je vous souhaite une bonne visite!

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Catégorie : Séries

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  Il est facile d'avoir un regard négatif sur Battlestar Galactica. Un récit débutant par une métaphore biblique lourdingue, mettant au premier plan Gaius Baltar personnage excentrique à l'interprétation et l'écriture hasardeuse, le tout enrobé d'un manque de moyens explicite que la série tente grossièrement de camoufler par des éclairages excessifs, bref la fabrication de Galactica n'est pas à la hauteur de la qualité quotidienne des séries télévisées américaines depuis leur regain qualitatif. A la manière des personnages obligés de mettre leurs préjugés de côté pour percer à jour les machines à l'apparence humaine, le spectateur devra lui même faire preuve de patience pour apprécier une série qui contrairement à nombre de ses semblables ne cessera de gagner en qualité plutôt que s'amoindrir.

  Quelle est la réussite de Battlestar Galactica? Une oeuvre qui retrouve la dimension épique de StarWars, qu'elle associe à la brutalité de Terminator, des questionnements identitaires de Blade Runner et bien plus encore. Car l'audace créatrice de la série est bien trop grande pour être limitée au space opera. Renouvelant en permanence son approche, le récit n'hésite pas à subtilement déstabiliser le spectateur non pas avec un enchainement excessif de cliffangers ou de décès de personnages principaux mais en variant inlassablement le regard sur cet univers sans pourtant jamais rendre l'ensemble incohérent. En témoigne l'exceptionnelle variété de protagonistes apportant chacun une sensibilité particulière à l'environnement qui les entoure tout en renforçant la collectivité générale des personnages.

  Qu'est ce que Battlestar Galactica? Une série télévisée dont la qualité narrative ne cesse de s'enrichir parallèlement à une mise en scène de plus en plus ingénieuse. Une intrigue audacieuse, procurant autant de divertissement épique que de réflexion pertinente sans jamais devenir prétentieuse. Un récit qui nous emmène aux frontières de l'univers pour mieux retrouver notre simple humanité. Tout simplement derrière son apparence à première vue grossière, ce que la science fiction a de mieux à offrir.

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Jeux : 
Battlestar Galactica Online
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  Avant d'être la série télévisée qui nous intéresse aujourd'hui, The Walking Dead est avant tout un formidable comic scénarisé par le talentueux Robert Kirkman. Il est pourtant bien difficile de se démarquer dans l'univers maintes fois exploité des morts vivants, néanmoins The Walking Dead pouvait compter sur la qualité de son écriture pour s'imposer comme une nouvelle référence du genre. Comme tous les bons récits de zombies, le principal intérêt de l'intrigue ne vient pas des cadavres ambulants mais des survivants humains qui vont être confrontés à leur propre part de monstruosité en développant leur instinct de survie. Profitant pleinement de sa longévité, le récit prend le temps de dépeindre la déshumanisation progressive mais inexorable de son héros au fur et à mesure que l'espoir de retrouver une civilisation décente s'estompe. Et si The Walking Dead n'échappe pas à des excès de violence condamnables, le réalisme du comic est remarquable, les personnages sont véritablement humains et imparfaits, la crédibilité de leurs sentiments renforçant ainsi l'implication émotionnelle du lecteur. La série refusant de basculer dans la facilité avec des ellipses temporelles, le récit suivra en permanence l'évolution de Rick et ses compagnons accentuant d'autant plus l'immersion du lecteur et parvenant à maintenir au bout d'une quinzaine de volumes, une intensité émotionnelle toujours aussi vivace.

  Car si le réalisme de Walking Dead constitue la grande qualité du comic, il trouve directement écho avec un autre de ses composants : sa dimension dramatique. Robert Kirkman n'est pas un scénariste peureux et n'hésitera pas à faire évoluer son intrigue de manière imprévue et douloureuse remettant constamment le lecteur face à la cruauté de cet univers. Le sort impitoyable réservé aux protagonistes est d'autant plus marquant vis à vis du réalisme du récit et de notre proximité avec ces personnages. The Walking Dead en devient presque une lecture éprouvante aux rebondissements les plus percutants qu'aient offert les comics américains durant ces dernières années.

 

Le premier volume de la série transposé dans la saison 1 de l'adaptation télévisée fut dessiné par Tony Moore. Le style visuel y était assez cartoon mais accentuait efficacement les sentiments des personnages. Dés le tome 2, le dessinateur Charlie Adlard le remplacera, son style plus sobre et épuré étant davantage approprié avec le thème abordé. Si au fil du temps certains dessins paraissent un peu simplistes, la mise en scène demeure d'une grande créativité. Enfin signalons que l'intégralité du comic est en noir et blanc renforçant la désolation de cet univers.

 

  Bref le matériau originel est de qualité et de part sa longévité et son développement des personnages le comic se prêtait bien plus à une adaptation télévisée que cinématographique. Tous les éléments étaient réunis pour transposer efficacement le comic. En premier lieu la série, initiée par Frank Darabond (le réalisateur des Evadés, la Ligne Verte et surtout The Mist,), s'est donnée les moyens de retranscrire les évènements de la bande dessinée dans leur démesure. Le budget est clairement à la hauteur pour dépeindre une apocalypse de morts vivants, à commencer par le maquillage extraordinaire dont bénéficient les zombies d'autant que la série a le mérite de ne pas édulcorer sa violence. Le casting est alléchant et si la miss Prison Break énerve un peu, les interprètes demeurent globalement convaincants, principalement l'acteur principal Andrew Lincolm qui n'hésite pas à accentuer les tourments de son personnage. Enfin, la bande sonore n'est pas délaissée et la plupart des morceaux employés sont tout à fait en adéquation avec un univers de morts vivants. Une seule question subsiste alors : pourquoi en dépit de ses qualités The Walking Dead demeure une adaptation si mitigée ?

  La réponse est malheureusement d'une simplicité énervante : la narration. Au bout de deux saisons, les scénaristes n'ont pas toujours pas choisi la voie qu'ils devaient prendre : l'émancipation vis à vis du comic en mettant en avant l'originalité de la série ou au contraire rester fidèle au matériau d'origine. Ce dilemme qui pourrait sembler anodin est pourtant au coeur du problème de Walking Dead qui tente un mélange maladroit et contreproductif entre les comics et sa propre originalité. Cette incertitude permanente dans la narration se traduit ainsi par des intrigues inédites et dispensables, des longueurs inutiles et des scènes de remplissage tellement explicites qu'elles en sont indigestes. Le rythme de la série se veut beaucoup plus lent et moins intense que celui du comic, ce choix pourrait être louable si l'intrigue ne dégageait pas un sentiment lassant de stagnation comme si la série avait peur de faire évoluer son histoire, ne sachant pas dans quelle direction aller. D'autant plus qu'avec une quinzaine de volumes déjà parus, le comic est largement suffisamment avancé pour que la série n'ait aucune crainte de le rattraper.

  Et malheureusement ce compromis inadapté a des conséquences de plus en plus dramatiques pour la qualité de la série au fur et à mesure de son évolution. Délaissant la conclusion dramatique du premier volume des comics, la première saison préféra s'achever sur un élément inédit mais maladroit et totalement inadapté à ce stade du récit. La conclusion du premier volume arrivera finalement dans la deuxième saison mais avec une narration encore tellement vacillante qu'elle fait perdre toute la dimension poignante et tragique du rebondissement originel.

 

Le réalisateur Frank Darabond quitta la production de la série durant la saison 2, sa volonté individuelle ayant du mal à coincider avec l'immense mécanisme d'une série télévisée. Ce départ ne fit qu'aggraver l'incertitude permanente de la série entraînant même de regrettables évolutions narratives.

  En somme, The Walking Dead constitue un joli gâchis et prouve que la meilleure volonté du monde et des moyens conséquents ne peuvent être suffisants si en toile de fond la narration est aussi creuse et indécise dans son propos. Le comic lui demeure largement supérieur et pertinent alors que la série avait pourtant tous les atouts pour le surpasser. Seule la qualité de sa réalisation et de son casting offrent encore un divertissement honorable mais si la série ne se réveille pas dans la troisième saison en décidant enfin de la marche narrative à suivre, il est bien possible qu'elle en perde définitivement tout intérêt.

 

Pour finir, la critique sur l'adaptation en jeu vidéo toujours en cours.

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   N'ayons pas peur des mots, Game Of Thrones a crée le plus grand engouement autour d'un programme télévisuel vu depuis Lost. Des passionnés de séries aux geeks ordinaires en passant par de simples individus, nous avons tous dans notre entourage des proches suivant Game Of Thrones avec assiduité et ne manquant jamais de sortir tout fier un « Winter is coming » ou « Les Lannister payent toujours leurs dettes ». Évidemment la richesse du roman originel de George Martin et le soin de l'adaptation sur lequel nous reviendrons plus tard pourraient suffire à expliquer un tel succès. Néanmoins un enthousiasme aussi vif et persistant des spectateurs témoigne également des attentes qu'avait le public de trouver un programme télévisuel de qualité dans un genre qui ferait davantage travailler son imaginaire que les univers contemporains habituels des séries télévisées. Poursuivant leur montée en puissance, les séries télévisées américaines osent maintenant investir massivement dans des genres jusque là délaissés ou vulgarisés, HBO aura eu le mérite de prendre l'initiative de se lancer dans un projet aussi imposant en conciliant le désir d'évasion du public et le réalisme revendiqué par la chaine.

 

  Le choix de transposer l'univers imaginé par George Martin était judicieux tant le concept du roman se prêtait à une adaptation télévisée. Dans cet univers médiéval fictif, la magie a en effet pratiquement disparue à tel point que la plupart des individus rejettent son existence et si des éléments surnaturels refont petit à petit leurs apparitions, ils ne servent que de toile de fond à une intrigue focalisée sur les complots et les trahisons où des intervenants multiples s'affrontent pour le pouvoir dans un monde d'une grande densité. L'absence de magie se révèle tout à fait appropriée pour une série télévisée car il est bien plus facile de crédibiliser un univers médiéval imaginaire qu'un royaume d'heroic fantasy. De surcroit le réalisme et la représentation désabusée de cet univers allant à contrecourant des stéréotypes de chevalerie et d'honneur sont tout à fait en cohésion avec la marque d'HBO, la chaine ayant prouvé à travers ces séries historiques qu'elle n'avait pas peur de se salir les mains.

  Toutefois si l'oeuvre de Martin offrait un support adéquat pour une adaptation télévisée, il ne faut pas atténuer le mérite de la série qui est parvenue à retranscrire efficacement cet univers malgré sa démesure. Si les budgets limités d'une série télévisée ne permettent pas de transposer les décors dans leur véritable immensité, la réalisation se rattrape sur le soin apporté aux ambiances des couleurs chaudes et menaçantes accompagnant les Lannister au froid impitoyable du nord. Cela pourrait paraître anodin mais le détail des costumes et armures des personnages est également assez remarquable tandis que des effets spéciaux convaincants accompagnent les quelques éléments surnaturels du récit. Mais c'est bien à travers ces personnages que la série parvient le mieux à présenter son univers mettant en évidence le casting exceptionnel dont a bénéficié la série. S'il est au départ assez laborieux de ne pas se perdre avec la multitude des protagonistes et le background étoffé de l'univers, la narration parvient néanmoins à présenter l'intrigue de manière assez limpide et trouve un compromis adéquat entre la longévité du roman de Martin et le rythme soutenu des séries télévisées modernes avec les cliffangers que cela implique. De surcroit, fidèle à la réputation d'HBO, la violence et la cruauté de ce moyen âge fictif ne sont guère édulcorés.

 

  Mais si cette absence d'édulcoration est une qualité de la série, paradoxalement elle en devient également un défaut dans la mesure où Game Of Thrones verse dans l'excès. Certainement dans un besoin d'assurer sa rentabilité, la série n'hésite pas à basculer dans une certaine facilité et s'enferme parfois dans le schéma classique des séries HBO : sexe, violence et complots. Si cette facilité ne disparaît malheureusement jamais de la série, elle n'empêche pas d'apprécier à sa juste valeur l'univers présenté et de suivre avec intérêt l'évolution imprévisible de l'intrigue, l'enrichissement permanent de l'univers avec ces nouveaux lieux et personnages ou la complexité des protagonistes principaux qui ne cessent de gagner en intérêt.

  Alors non Game Of Thrones n'est pas la meilleure série du siècle, bien d'autres sont plus inspirées dans leur mise en scène et versent avec moins de facilité dans le sexe et la violence pour capter le public. Néanmoins le Trône de Fer porte la marque d'une série de qualité dans la mesure où l'impatience de suivre son évolution ne fait que grandir au fur et à mesure des épisodes. La première saison ne semble pas forcément alléchante avec son intrigue qui stagne et un background qui parait confus, mais la narration parvient au bout du compte à imposer au spectateur un univers d'une densité remarquable au fil d'une histoire gagnant en intensité tout en rejetant en permanence tout manichéisme. Et c'est en se rendant compte à quel point nous retrouvons avec plaisir ces personnages attachants ou détestables que la réussite de Game Of Thrones peut se mesurer et en l'occurrence lorsque je me suis rendu compte qu'il ne faudrait attendre que jusqu'en Septembre pour découvrir la troisième saison et qu'un grand sourire a immédiatement suivi en réaction, c'était largement suffisant pour prouver que la série est captivante, malgré ses lacunes. « Winter is coming », oh merde moi aussi je m'y mets.

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Même si l'univers de Star Wars continue à m'émerveiller et que je dois résister de toutes mes forces à l'attrait du côté obscur de The Old Republic, la série animée The Clone Wars m'a depuis longtemps laissé indifférent. Au delà du style visuel qui prête à débat, un mélange assez maladroit entre le style des animés américains et l'esthétique beaucoup plus à la mode des mangas, la première véritable série animée Star Wars aura été une déception par son inégalité et le manque de cohésion de son propos. L'atmosphère de la série n'est jamais clairement définie, alternant un humour enfantin destiné aux plus jeunes avec une violence visuelle et une noirceur surprenantes pour un jeune public. De surcroît, l'intérêt des épisodes varie d'un extrême à l'autre, dans la mesure où la série est constituée d'une succession d'arcs narratifs sans véritables rapports les uns avec les autres, The Clone Wars propose le meilleur comme le pire en terme de qualité, qu'il s'agisse de la mise en scène, de la créativité du design ou de la pertinence des intrigues. Enfin en ayant choisi de prendre comme cadre d'action la Guerre des Clones et surtout de placer les héros des films au premier plan, The Clone Wars est limité par son obligation de respecter l'intrigue des films et n'aura jamais vraiment oser s'émanciper de l'univers originel et développer sa propre personnalité. Du moins jusqu'à aujourd'hui...

Alors que la troisième saison avait témoignée d'un essoufflement créatif certain et d'un désintérêt d'une partie des fans, je m'étais moi même écarté de cette série ne suivant son actualité que d'un oeil discret et tombant presque par hasard sur le dernier arc narratif de la quatrième saison. Et la réconciliation est venue. Composée pour la première fois de quatre épisodes, l'arc d'Umbara met en scène la difficile conquête d'une planète inconnue par l'armée républicaine. Lorsque le commandant Anakin Skywalker est rappelé sur Coruscant, son bataillon est pris en charge par le général Krell, héros de la Guerre des Clones mais commandant impitoyable et cruel. Au fur et à mesure que le conflit s'intensifie, la tension montre entre les clones et leur commandant Jedi qui rejette leur humanité et ne voit en eux que des pions de guerre.

 

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Inutile de tergiverser, l'arc d'Umbara représente ce que Clone Wars aurait dû être si la série avait osée suivre sa propre voie. Pour la première fois, les scénaristes osent une totale émancipation du modèle cinématographique et offrent de l'originalité au spectateur, le sentiment de surprise et de découverte qui faisait tant défaut à la série est enfin présent. Cela commence dés l'esthétique de la planète qui servira de cadre d'action aux quatre épisodes tranchant avec les planètes habituelles de Star Wars. Avec ses tonalités sombres parsemées de couleurs vives et affichant une nature distordue, ce décor n'aurait pas été déplacé sur des albums d'Heavy Metal. L'armée de clones n'affronte pas ici les droides playmobils issues de la seconde trilogie cinématographique mais une armée inconnue aux capacités imprévisibles. L'atmosphère heroic fantasy omniprésente dans Star Wars y est également renforcée avec le design des véhicules ennemis évoquant des monstres mythologiques.

Le départ d'Anakin dés le premier épisode laisse enfin la parole à des personnages inédits, qui outre la nouvelle personnalité qu'ils apportent peuvent également mourir, rendant l'affrontement plus éprouvant. Le conflit assume d'ailleurs sa violence dés le début, il n'est pas question ici d'enfantillages ou d'adoucir les combats, les affrontements s'enchainent à un rythme effréné et surprennent par leur violence visuelle mais surtout morale, la série montrant enfin la lassitude des clones et le caractère impitoyable de la guerre. Les clones formeront d'ailleurs le véritable centre de cet arc qui n'aura pas pour but narratif de montrer la victoire de la République mais de s'intéresser à l'humanité des soldats. En effet, en s'opposant à la volonté de leur commandant Jedi intransigeant, les clones mettent en avant leur personnalité et font valoir pour la première fois leur arbre arbitre. Le propos est magnifiquement illustré dans une scène émouvante où des dizaines de clones retirent leurs masques et se regardent mutuellement comme s'ils découvraient enfin les hommes derrière les soldats.

 

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Bien sûr, cette humanisation des clones est assez incohérente avec le portrait impitoyable dépeint dans les films, il est difficile d'imaginer que ces mêmes hommes qui revendiquent leur identité seront les soldats qui abattront sans hésiter leurs camarades Jedi lors de l'Ordre 66. La démarche permet néanmoins de ressentir une meilleure empathie avec les protagonistes, la série réussissant même un certain tour de force dans la mesure où les héros partagent le même visage et la même voix mais arrivent pourtant à dégager une personnalité et un attachement individuel. Et puisqu'il est question de personnalité, difficile de ne pas mentionner celle du général Krell, personnage crée spécialement pour la série et qui apparaît clairement comme le plus surprenant.

La série s'est enfin autorisée à développer une intrigue sur quatre épisodes formant un ensemble cohérent où l'impatience de découvrir la suite est enfin palpable. Visiblement conscient de l'ambition narrative de cet arc, l'équipe d'animation s'est surpassée et a également amenée la série vers une nouvelle maturité visuelle, la mise en scène témoignant d'une inspiration inépuisable. Que dire pour conclure après tant d'éloges ? S'il fallait porter sur cet arc un regard cynique alors la conclusion serait que la guerre d'Umbara témoigne du gachis de The Clone Wars. Même en prenant pour contexte la guerre des Clones avec les limites que le cadre impose, cette série animée aurait pu se révéler beaucoup plus pertinente si elle avait oser mettre en scène un groupe de personnages inédits qui auraient apporter de la nouveauté et une incertitude sur leur sort. En ayant pris la voie de la facilité avec l'exploitation des personnages des films mais également des comics et romans associés à l'univers Star Wars, The Clone Wars s'était limité dans sa créativité dés le départ. Pourtant il est gênant de dénigrer complètement la série quand elle témoigne d'une telle créativité et audace comme ce fut le cas avec cet arc. Faut t-il y voir le signe que l'équipe de Dave Filoni a enfin compris les erreurs du passé ? Ou bien n'était ce qu'un exemple flamboyant de ce que Clone Wars aurait pu donner mais ne signifie pas une amélioration de la série ?

 

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The Clone Wars est de toute façon plus proche de sa conclusion que de son commencement, il est peut être trop tard pour que la série change sur le long terme. Il aura en tout cas été appréciable que la série puisse offrir à Star Wars la qualité que la saga mérite en dépit de ses lacunes quotidiennes. Un spectacle d'un tel niveau, on en redemanderait inlassablement et si vous faites également partis des personnes déçues par cette série animée, accordez lui une seconde chance pour cet arc car il en vaut la peine. Parole de clone.

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The Batman

 

Cette nouvelle série est lancée en prévision du succès du film Batman Begins. A l'image de l'oeuvre de Christopher Nolan, la série animée sera un nouveau départ pour l'univers de Batman animé et rompt complètement la chronologie établie dans les précédentes séries, Bruce Timm ne participant pas également à leur conception.

Le design est grandement sujet à débat et témoigne de la tentation de nombreuses séries animées américaines, comme Starwars The Clone Wars, de mélanger le style des comics books à l'esthétique beaucoup plus populaire des mangas. Le mélange est malheureusement souvent indigeste et parfois à la limite du ridicule même si l'animation demeure de qualité. Néanmoins c'est surtout dans le récit que The Batman déçoit tellement les histoires sont réservées à un jeune public.

 

 

 

 

Dés le générique, quelque chose ne va pas...
 

Non seulement les intrigues sont enfantines mais accumulent de surcroît des dialogues ridicules faisant succéder des jeux de mots de bas étage et des blagues tellement mauvaises qu'elles auraient eu leur place dans le Batman et Robin de Joel Schumacher. L'univers de Gotham dans sa globalité a été remis au goût du jour pour plaire au jeune public, donnant même à Batman une allure plus jeune.

Les pressions commerciales sont également plus présentes que jamais, le Justicier dispose ainsi d'une panoplie de gadgets plus abracadabrantesques les uns que les autres qui ne semblent apparaître que pour concurrencer le marché des Transformers. La série a néanmoins durer 65 épisodes, il est donc logique de penser qu'elle a trouvée écho auprès du jeune public. Peut être que la série sera l'équivalent pour cette jeune génération du Batman TAS de notre jeunesse mais il est difficile de ne pas regretter le temps où la maturité et la subtilité des intrigues n'étaient pas indissociable de leur divertissement grand public.

 

 

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Adrien Antoine, nouvelle voix récurrente de Batman

 

La plus grande satisfaction de cette série animée réside finalement dans sa version française, alors que la VO opérait un changement total de casting étant donné le nouveau départ de la série, la VF rappelle de nombreux comédiens déjà présents depuis Batman TAS de 92 ! On retrouve ainsi avec plaisir, Jacques Ciron, Pierre Hatet ou encore Philippe Peythieu. La VF est également l'occasion d'imposer le comédien Adrien Antoine (voix fr de Sam Worthington) comme nouvelle voix récurrente du chevalier noir qu'il incarnera dans chacune de ses apparitions, qu'il s'agisse des séries, les films ou les jeux vidéos.

 

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Batman l'Alliance des Héros

 

La logique des producteurs Warner est un mystère plus grand que le Triangle des Bermudes. Après avoir voulu conquérir un nouveau jeune public avec la modernisation exacerbée de The Batman, la nouvelle série animée met cette fois ci en scène le Batman des années 60 et se veut aussi kitch et grotesque que la série avec Adam West. Les défauts déjà énoncés pour The Batman sont ici plus présents que jamais, le ton baignant dans une ambiance de cartoon ridicule. Batman n'y est ici qu'un simple relai pour accompagner de multiples super héros de l'univers DC (et les figurines qui vont avec) et l'ensemble est tellement décalé et ridicule qu'il pourrait être un cauchemar de fan...

 

 

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DC Universe Animated Movies

 

Alors que les séries Batman s'enfoncent dans la médiocrité, Bruce Timm penche son attention vers les films directement destinés au marché de la vidéo. Malgré sa participation, les films n'entretiennent pas de relation avec la chronologie des anciennes séries animées Batman et sont avant tout des adaptations de comics books illustres. Deux crossovers entre Batman et Superman ont ainsi été réalisés mais ne méritent pas forcément grand intérêt pour les fans du Justicier de Gotham dans la mesure où les récits se focalisent surtout sur son amitié avec Superman et que comme dans Justice League Unlimited la multitude de personnages secondaires, au charisme douteux, nuit à l'intrigue et au portrait des deux héros emblématiques de DC.

 

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Under The Red Hood

L'adaptation de ce comic culte met en scène le retour du second Robin présumé mort, Jason Todd, en tant que nouveau criminel décidant de mener la justice à sa manière en combattant le feu par le feu. Le design du film est assez étrange, presque à mi chemin entre la modernisation de The Batman et l'esthétique de Batman TAS, l'animation reste de qualité malgré l'utilisation d'images de synthèse comme c'est trop souvent le cas dans le secteur actuel de l'animation.

Le film ne cache pas sa nature bien longtemps en présentant dés sa séquence d'introduction Jason Todd battu à mort par le Joker à coup de pied de biche (décidément ce costume porte la poisse). Le récit sera ainsi sombre et violent même si les scènes d'action sont souvent trop édulcorées et partent dans une démesure maladroite loin de la dimension plus réaliste des anciennes séries. L'intrigue abordera de plein fouet des thématiques chères à l'univers de Batman, la remise en cause de son combat contre le crime, la tentation de dépasser ses limites morales et si le récit trouvera forcément écho auprès des fans de Batman, il reste quelque peu difficile d'accès pour ceux n'ayant que peu de connaissance de l'univers de Gotham ou n'ayant jamais vu les comics. Batman Under The Red Hood demeure malgré tout la meilleure performance de Batman dans le domaine de l'animation depuis la fin de Batman Beyond et mérite rien que pour cela votre attention.

 

 

 


  Trailer de Batman Year One, prochain film d'animation DC

Sachez que le succès du film a visiblement poussé Bruce Timm et son équipe à réitérer le concept puisque ce sont les adaptations des comics mythologiques de Batman : Year One et Dark Knight Returns de Frank Miller qui sont désormais prévues. Si la perspective de voir des aventures cultes du chevalier noir être transposées du papier à l'animation est réjouissante, il ne faut néanmoins pas se cacher que cela relève grandement de la facilité en misant systématiquement sur des valeurs sures tandis que les séries animées Batman originales ont du mal à convaincre. Le potentiel d'adaptations de comics books en films d'animation étant de surcroit inépuisable, l'avenir dira si tel le cinéma Hollywoodien actuel, l'univers de Batman animé se focalisera sur des adaptations ou sur des prises de risques plus importantes.

 

 

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Conclusion

 

A la conclusion de ce dossier Batman un constant s'impose. Sur presque deux décennies, le super héros Batman a été une icône incontournable des productions destinées à la jeunesse. Plutôt que de se contenter d'être une simple transposition des comics ou films déjà existants, les séries ont réussi à se réapproprier cet univers déjà existant pour se forger leur propre mythologie et leurs aventures mémorables. Les personnages de ces séries sont tellement devenus emblématiques qu'ils ont réussi à s'imposer dans l'imaginaire collectif face à leurs alter ego de papier. Les intrigues crées par Bruce Timm, Paul Dini et toute l'équipe de production marquent encore les esprits et forcent toujours le respect par l'intelligence et l'ingéniosité de leur conception. En ayant fait l'effort de ne pas s'adresser exclusivement au jeune public et prenant le risque d'inclure une maturité dans les rebondissements et le traitement de l'intrigue, les aventures de Batman traversent les âges et demeurent vivaces dans le coeur d'une génération qui grandit désormais avec.

La simplification et la facilité opérées par les dernières séries animées Batman sont peut être le meilleur témoin de la baisse de qualité, souvent reprochée, des productions destinées à la jeunesse, la nouvelle génération étant bien moins chanceuse que la notre en matière de dessins animés. Certes ne jouons pas les blasés quelques productions demeurent sympathiques comme Martin Mystère ou Valerian et Laureline mais elles ont du mal à rivaliser avecBatman TAS, les mystèrieuses citées d'Or, les aventures de Tintin, Ulysse 31 ou encore DBZ, Olive et Tom ou nos Chevaliers du Zodiaque. Bruce Timm a toujours avoué que lui et son équipe ne songeaient pas spécialement au contenu proposé pour le jeune public mais avant tout à créer des histoires qui leur feraient plaisir eux mêmes (d'où les conflits récurrents avec la production). Peut être serait t-il temps que les dessins animés osent adopter à nouveau cette même philosophie, quoiqu'il en soit les nostalgiques ont toujours de quoi se consoler en revisionnant les dessins animés d'autrefois dont ses séries Batman méritent amplement votre intérêt par la nouvelle interprétation que vous leur donnerez avec votre regard adulte.

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Séries (Séries TV)

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Batman la relève

Cette nouvelle série d'animation est un défi de taille lancé par l'équipe de Bruce Timm : s'émanciper totalement de l'univers Batman déjà existant en inventant une nouvelle mythologie explorant un Gotham futuriste. L'intérêt de ce procédé est multiple : tout en restant dans un univers connu du grand public, le choix d'un nouveau cadre temporel permet à l'équipe de développer sa créativité tant dans les intrigues que l'univers. Sur le plan mercantile, le contexte du futur inclut également des technologies avancées qui permettent désormais à Batman de voler, se rendre invisible, d'avoir un nouvel éventail de gadgets modernes permettant d'offrir des affrontements beaucoup plus spectaculaires qu'auparavant pour attirer le jeune spectateur, même si en contrepartie la dimension « réaliste » et humaine du héros se trouve affaiblie.

 

 

 

 

Dés le générique, le ton est donné : le Gotham du futur sera sale, tourmenté, parfois glauque et à la limite du cyberpunk. La série impose sa maturité notamment dans le portrait pathétique qu'il dresse de Bruce Wayne. L'ancien Batman est un homme solitaire et cynique livrant un regard désabusé et amer sur son rôle de super héros, le personnage partageant de fortes ressemblances avec le portrait dépeint dans le comic Batman The Dark Knight Returns de Frank Miller. La première scène de la série le dépeint d'ailleurs aux bouts de ses forces et forcer d'utiliser une arme à feu pour se défendre, brisant ainsi son ultime tabou et l'obligeant à tomber le masque.

Le nouveau héros, Terry McGinnis incarne de son côté un Batman plus léger, frimeur et décomplexé offrant un duo dynamique et contrasté avec Bruce Wayne. Si Richard Darbois ne remplit désormais plus le rôle de Batman, la VF de Batman Beyond n'en demeure pas moins une réussite grâce aux deux comédiens Patrick Messe et Didier Cherbuy qui rendent leurs personnages crédibles et attachants.

En dépit d'un design toujours aussi simpliste, les bases posées par Batman Beyond sont alléchantes et offrent à l'équipe d'animation un océan de possibilités. Malheureusement, c'est dans cette émancipation que Batman Beyond aura du mal à assurer la relève (je sais je sais) . Bruce Timm et son équipe avaient jusqu'alors l'immense background des comics Batman à exploiter à leur manière mais ils doivent à présent en inventer un nouveau et cela ne se fait pas sans complication. Les nouveaux adversaires de Batman manqueront ainsi de charisme et de consistance, l'univers de ce Batman Beyond ne sera jamais aussi étoffé que celui du véritable Batman et la série ne parviendra pas à exploiter pleinement son potentiel.

 

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Le plus grand intérêt de Batman Beyond résidera finalement dans le portrait désabusé et étonnamment sinistre de la vieillesse de son héros emblématique ainsi que de ses anciens adversaires (tel l'émouvant épisode dédié à Mr Freeze), le dessin animé demeure néanmoins louable pour son atmosphère renouant davantage avec la noirceur, l'audace de son concept et l'amertume omniprésente du récit.

 

 

Batman Beyond le Retour du Joker

 

Bruce Timm s'était gardé une belle carte en main pour ce film en mettant en scène le retour du plus célèbre et redoutable ennemi de Batman. Le film ne parle pas tant de la lutte contre ce Joker revenu d'entre les morts que de l'affirmation de Terry McGinnis en tant que nouveau Batman, surpassant les anciens alliés que Bruce aura côtoyé. Si l'ensemble du film est assez conventionnel, l'intérêt du récit réside avant tout dans les révélations faites sur l'histoire du deuxième Robin jusqu'ici totalement absent de la série (ne cherchez pas à savoir ce qu'est devenu Nightwing, cela restera un mystère) . L'explication de ce mystère trouvera sa résolution dans l'une des scènes les plus magistrales de tout l'univers Batman animé et qui constitue de loin le plus grand intérêt du film.

 

 

 

 

ATTENTION SPOILERS

 

Batman et Batgirl se rendent à l'asile d'Arkham où le Joker y retient le jeune Robin. Dés le début, la scène est symbolique : le célèbre asile a été fermé et n'est désormais plus qu'un vestige du passé, témoignant déjà de la future tournure des évènements. La mise en scène de la séquence est d'une incroyable ingéniosité. Batman retrouve en premier lieu le Joker et Harley Quinn qui lui présentent une parodie de show télévisé, les deux protagonistes menant leur rôle de parents avec brio jusqu'à basculer dans l'horreur avec la révélation de leur enfant : le jeune Robin, torturé et défiguré jusqu'à devenir une réplique enfant du Joker gesticulant des rires étouffés ressemblant à une complainte. Fou de rage, le Justicier poursuit le Joker qui le conduit alors dans une salle de cinéma où sur grand écran, la torture du jeune Robin lui est révélée alors que le Joker assis dans le rôle du projectionniste lui révèle avec une cruauté implacable que le jeune héros lui a révélé sous la souffrance son identité secrète.

S'en suit une violente confrontation au cours de laquelle la série osera jusqu'à briser son ultime tabou en montrant une mort explicite à l'écran. La censure sera bien évidemment passée par là dans la version française avec la suppression des scènes les plus violentes allant jusqu'à proposer une scène alternative pour le dénouement. Cette séquence constitue la véritable fin symbolique de l'histoire de Batman s'achevant dans l'amertume et la douleur. Par sa folie, son ambiguïté, l'excellence de sa mise en scène et de sa narration ainsi que sa dimension symbolique, cette scène a traumatisé de nombreux jeunes spectateurs et demeure gravé dans l'histoire de Batman animé.

 

 

Justice League

 

 


 

L'intro de Justice League sponsorisée par Mickael Bay et Roland Emmerich

 

Les derniers épisodes deBatman Beyond montraient Terry McGinnis rejoindre la Ligue des Justiciers du futur mené par un Superman du troisième âge. Il n'en fallait pas plus pour faire la transition vers une série basée sur cette équipe de super héros. Batman y fait ainsi parti des sept membres fondateurs et si le récit n'est pas focalisé sur ses aventures, le Justicier de Gotham demeure un membre important de la Ligue malgré son absence de super pouvoirs qui blessera souvent son orgueil.

La Ligue des Justiciers est un feuilleton principalement focalisé sur l'action et donc grandement dédié à un jeune public, témoignant malgré tout de la maitrise de Bruce Timm et son équipe dans les aventures dynamiques et les scènes d'action spectaculaires. Une certaine maturité subsiste néanmoins comme le statut des super héros régulièrement remis en cause, les tensions croissantes avec le pouvoir politique (forcément avec Lex Luthor en Président, ça n'aide pas) ou encore les multiples allusions sexuelles que se lancent les personnages. La VF des deux premières saisons est de qualité malgré la présence d'une voix de « transition » pour Batman.

 

 

 

Justice League Unlimited

 

 

 


Idem 

 

Les nouvelles saisons de la nouvelle Ligue des Justiciers décident de voir les choses en grand en passant des septs membres fondateurs à une quarantaine de super héros dont certains marquent leur première apparition en animation. Malheureusement, cette multiplicité de protagonistes dont beaucoup manquent grandement de charisme et d'intérêt nuit grandement aux intrigues, la série s'éparpille trop entre ces nombreux personnages et limite son public aux amateurs de comics et de fan service. Notons également une version française baclée qui ne fait guère honneur à ses illustres prédecesseurs, le doublage étant réalisé rapidemment pour diffuser les épisodes le plus tôt possible.

C'est pourtant dans ces saisons que Bruce Timm concluera l'histoire de Superman et de Batman qu'il n'avait pas eu l'occasion de mettre en scène dans ses précédentes séries : Superman trouvera ainsi sa rédemption auprès des hommes et Terry McGinnis se révèlera être le clone de Bruce Wayne. Cette dernière idée, quelque peu tirée par les cheveux, sera néanmoins l'occasion de voir une relation Père/Fils s'installer entre les deux personnages et voir le Batman du futur prendre définitivement la succession de son prédécesseur. 

 

 

 


 

Vous avez sous les yeux la véritable conclusion de l'histoire de Batman dans l'univers de Bruce Timm. La scène finale reprend le thème culte de Batman TAS en le modernisant et se veut un clin d'oeil au premier épisode de 1992.

 

 

Pour finir une petite anecdote amusante concernant les dernières saisons de Justice League : le Bat Embargo. Derrière ce nom étrange se cache la décision de la Warner de ne plus faire apparaître aucun personnage de l'univers Batman dans la Ligue des Justiciers (à part Batman lui même) afin de ne pas créer la confusion avec les personnages de The Batman dont la production avait déjà commencée (une peur assez ridicule vu les différences graphiques entre les deux séries) . Si Justice League avait déjà mis en scène quelques personnages tels le Joker ou Alfred, Batman sera le seul représentant de son univers dans Justice League Unlimited, Robin, Batgirl ou Nightwing ne rejoindront ainsi jamais la quarantaine de super héros de la série, ce qui fait un peu tâche pour une série estampillée DC.

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Séries (Séries TV)
 

Une ville au ciel rouge est traversée de rayons lumineux. Dans l'ombre, deux silhouettes inquiétantes sont en mouvement. Soudain une formidable explosion retentit et les deux malfrats s'échappent, leur méfait accompli. Aussitôt, un véhicule évoquant une chauve souris s'élance dans la nuit. Les deux bandits échappant à la police se réfugient sur le toit d'un immeuble mais ont la stupeur de faire face à un homme enveloppé dans le noir...

Ces images et celle du Justicier révélé brièvement par un éclair transperçant le ciel ont fascinés d'innombrables enfants à travers le monde, devenu la génération dite Batman TAS ayant découvert l'univers de ce héros torturé avec les séries d'animation qui ont émerveillé le quotidien de leur jeunesse. Pourtant au delà de la nostalgie et des souvenirs de l'enfance, le respect porté à cette série d'animation est tout à fait mérité tant celle ci s'impose encore comme l'un des dessins animés les plus intelligents et maitrisés que l'animation américaine ait pu offrir.

 

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Batman TAS

 

La création de la série a débutée en 1992 suite au succès rencontré par le premier Batman de Tim Burton dont le dessin animé partagera plusieurs similitudes visuelles. Dés les premiers épisodes, Batman TAS impose une patte esthétique remarquable et d'une qualité rare pour une série d'animation. La particularité de l'atmosphère est de mélanger une ambiance gothique et fantastique à celle d'un polar noir très forcément influencé par le cinéma Hollywoodien des années 60. Des personnages extravagants et à l'apparence monstrueuse côtoient ainsi des affaires de drogue, de corruption et de banditisme. Le design est extrêmement soigné que ce soit celui des personnages ou des décors aux contours déformés et inquiétants. Mais la plus grande réussite de Batman TAS demeure indéniablement dans la subtilité et la maturité de sa narration.

Dès le départ, son créateur Bruce Timm souhaitait élever l'intérêt des séries d'animation en proposant un contenu à la fois intéressant pour le jeune public et les adultes. Batman TAS parvient ainsi à trouver un équilibre quasi miraculeux entre la maturité de son intrigue et les péripéties divertissantes de son héros ténébreux de telle sorte que derrière la mémoire de l'enfance, une toute nouvelle dimension narrative s'offre avec un regard adulte. Cette maturité se traduit principalement dans le traitement des adversaires de Batman dont beaucoup d'entre eux, comme Mr Freeze, Double Face ou Gueule d'Argile sont davantage des victimes que des bourreaux, le spectateur éprouvant plus de compassion que de peur à leur égard. Le personnage de Batman est également ingénieusement exploité,la série n'hésite en effet pas à montrer les défauts de son héros comme ses accès de colère, sa froideur et ses répliques cinglantes mais surtout ses failles en le montrant en proie au doute et au désespoir. 

Cet équilibre entre noirceur et divertissant était néanmoins bien difficile à tenir sur les 85 épisodes qui composent la série et celle ci tend parfois davantage d'un côté ou de l'autre. La dimension commerciale du dessin animé rattrape quelque fois la volonté de Bruce Timm et son équipe et des éléments imposés par les producteurs pour des buts mercantiles viennent gêner les intrigues. Ainsi la production exige queRobin, personnage plus jeune et auquel les enfants s'identifient davantage, soit présent à chaque épisode dans la dernière partie de la série, la série étant dés lors renommé Batman Robin Adventures.

   

 

 

 

Le nouveau générique de Batman TAS pour marquer la présence de Robin à chaque nouvel épisode
 


Le protagoniste est malheureusement mal exploité et souvent un boulet aux intrigues, hormis le splendide double épisode consacré à son histoire. Le Bat Signal est également imposé pour devenir une icône de la série, le problème est que l'appareil implique une coopération entre Batman et la police, alors que le Justicier est clairement désigné comme un hors la loi dans les premiers épisodes de la série (et aurait du rester comme tel dans l'idée de Bruce Timm). Mais si certains épisodes tendent davantage vers un jeune public (étonnamment, principalement ceux mettant en scène le Joker), d'autres témoignent au contraire d'une violence inattendue (bien que toujours suggérée) et quasiment invraisemblable pour les dessins animés d'aujourd'hui.

Pourtant malgré ses quelques écarts, Batman TAS demeure encore aujourd'hui l'une des séries animées les plus remarquables jamais crées, d'une créativité et subtilité incroyables pour un dessin animé, une série magnifique que l'on se surprend à admirer autant enfant qu'adulte mais pour des raisons bien différentes et c'est là tout le génie et la réussite de ce grand dessin animé.

Il serait criminel d'écrire un article sur Batman TAS sans consacrer un chapitre à son atmosphère sonore. Les compositions musicales principalement crées par Shirley Walker sont absolument superbes mais c'est également dans le domaine du doublage que la série force le respect. Pour la VO, retenez les noms de Andrea Romano grande dame du doublage américain qui supervisera les voix d'un grand nombre de séries animées Batman et ceux de Kevin Conroy et Mark Hamill (le Luke Skywalker intergalactique) qui tiendront le rôle de Batman et du Joker dans toutes les séries crées par Bruce Timm. Néanmoins, à mes yeux Batman TAS sera toujours indissociable de son admirable version française qui demeure encore aujourd'hui une référence en matière de VF réussie.

 

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Photo de Richard Darbois, encore la meilleure voix francaise de Batman à ce jour

 

Citons Richard Darbois, l'un des comédiens de doublage les plus prolifiques et doués de sa génération, qui prête sa voix à Batman (l'une de ses meilleures interprétations avec Buzz l'Eclair et le Génie d'Alladin), Jacques Ciron qui incarnera avec brio le majordome Alfred dans quasiment toutes les séries animées Batman, Pierre Hatet (voix de Doc dans Retour vers le Futur) qui confère au Joker une folie démentielle ou encore Philippe Peythieu (voix de Homer Simpson et Danny de Vito) pour le Pingouin. 

 

 

 

 


  Le thème de Batman Mask of The Phantasm, vous pouvez déjà juger de la qualité de la bande son. 

 

 

Avant de basculer sur la prochaine série animée Batman, un petit détour s'impose vers le film Batman The Mask Of The Phantom. Le long métrage est un complément indispensable et grandiose à la série Batman TAS, elle y dépeint les premiers pas de Bruce Wayne en tant que Batman ainsi que son plus grand défi. Si l'animation ne change pas trop de ce que la série nous avait habituée (Bruce Timm avouera être déçu du résultat ayant été pressé par la production), le film se distingue surtout par sa qualité d'écriture. Jamais l'intelligence du récit de Batman TAS n'aura autant brillé qu'avec ce film, l'écriture des dialogues est excellente, le récit parfaitement maitrisé offrant de nombreux sens cachés et pour finir les compositions musicales et les doublages sont les meilleurs de toute cette période animée. Cette histoire d'amour et de vengeance tragique particulièrement mature réunit tous les meilleurs éléments de Batman TAS et s'impose comme l'un des meilleurs films jamais crées autour de Batman (films live y compris).

 

 

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The New Batman Adventures

 

 

Afin de comprendre l'évolution de cette nouvelle série animée comparer à celle de 92, il est important de remarquer qu'entre les deux séries, Bruce Timm et son équipe se sont attaqués à Superman TAS. Bien que disposant toujours d'une certaine ambiguïté et noirceur (notamment dans son dénouement étonnamment pessimiste) , cette série Superman consacrait bien plus de place à l'action que celle de Batman et arborait un design beaucoup plus simplifié. Cette série a indéniablement porté son influence sur la nouvelle série animée de Batman crée en 1997, les deux super héros feront d'ailleurs l'objet d'un cross over durant trois épisodes.

 

L'équipe d'animation décide de marquer une différence avec l'ancienne série de 92 pour éviter la confusion du spectateur et partir sur un nouveau style graphique. Le design est ainsi beaucoup plus épuré et simpliste que dans Batman TAS, ce qui de l'aveu de Bruce Timm facilite grandement l'animation. Malheureusement cette évolution graphique entraine une grande perte d'ambiance pour la série et témoigne d'une tendance à la facilité opérée durant les nouvelles aventures de Batman. Ce choix de la facilité se répercute également sur le plan narratif, la série devient beaucoup plus accessible qu'auparavant, consacrant une plus grande partie à l'action et mettant en scène un Robin carrément enfant pour faciliter l'identification du jeune public.

 

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Pourtant derrière cette apparence décevante, la série ne manque pas d'atouts et offre à nouveau des scénarios d'une étonnante maturité. Il est important de comprendre que toutes les séries Batman sous la direction de Bruce Timm ont une chronologie entre elles, celle ci se déroule deux ans après la série Batman de 92 et suscite la curiosité des spectateurs sur les évènements survenus entre temps comme le sort de l'ancien Robin devenu Nightwing. Mais il y a surtout ses épisodes d'une folie scénaristique surprenante comme Règlement de Comptes où Batman est traqué par le Commisaire Gordon, l'épisode Legendes du Chevalier Noir rendant hommage aux différentes incarnations de Batman à travers le temps ou encore Amour fou, un épisode étonnamment violent sur la romance entre le Joker et Harley Quinn.

 

La série ne durera que 24 épisodes et témoigne des divisions qu'elle a crée entre les fans, certains préférant la dissocier totalement de l'ancienne série malgré la chronologie officielle. The New Batman Adventures n'est pourtant pas dénué d'intérêt malgré sa simplification et son basculement dans la facilité ne serait ce que pour ces quelques épisodes d'une audace surprenante. A visionner de préférence après la série Batman TAS

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Édito

Un cinéphile, un gamer qui partage depuis longtemps sa passion à travers le net et arrive maintenant sur Gameblog. Outre mes critiques traditionnelles, vous trouverez dans la rubrique "articles principaux" des écrits de réflexion, ceux m'ayant demandé le plus de temps. Dans le soucis d'accorder plus de lisibilité aux articles (étant l'essence même d'un Blog) j'ai décidé de ne poster que mes vidéotests les plus importants dans ces pages.

Les liens ci dessous vous permettront de retrouver mes autres activités sur Internet, mes vidéotests et mes anciens articles sur mon premier Blog. Je vous souhaite une bonne visite sur ce site!

 

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