La narration dans le jeu vidéo

La narration dans le jeu vidéo

Par Leon9000 Blog créé le 15/09/11 Mis à jour le 03/02/15 à 18h43

Bienvenue sur ce blog explorant le vaste monde de l'écriture interactive. Dans mes articles, je me focaliserais principalement sur la narration et l'émotion véhiculées par les œuvres présentées, qu'elles proviennent du cinéma, des jeux vidéos ou d'autres médias. Je vous souhaite une bonne visite!

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Cinéma (Cinéma)

 

A la manière du mésestimé Guerre des Mondes de Spielberg, Godzilla prend le parti aussi audacieux que casse gueule de délaisser le gigantisme de ses créatures pour adopter le point de vue plus intimiste des pauvres humains aux pieds de ses dieux vengeurs. Originalité déjà symptomatique dans Monsters, expérimentation intéressante mais tournant rapidement à vide, Gareth Edwards s'efforce à nouveau de montrer le plus souvent possible les ravages démesurés des monstres à travers le regard des humains spectateurs quitte à frustrer par moment les attentes du public en manque d'action. Une intention louable appuyée brillamment par une mise en scène redoublant d'inventivité mais dont la portée émotionnelle se retrouve hélas rapidement limitée par un récit devenant au fur et à mesure de sa progression proprement calamiteux. Dans son incapacité croissante à gérer la multitude de ses personnages, l'intrigue n'est en effet jamais capable de reproduire sur le plan narratif la tension apocalyptique que le cinéaste s'efforce de faire apparaître sur le plan visuel. Le cadre est pourtant déjà en place avec ces magnifiques ambiances bibliques mais rien n'y fait, l'écriture patine de plus en plus et fait basculer l'action vers un spectacle convenu et formaté là où la réalisation voudrait y apporter une nouvelle sensibilité.

Entre les militaires qui ô surprise vont faire des conneries et empirer la situation, des scientifiques à l'air toujours très concerné murmurant "My God Unbelievable" et la sempiternelle blonde en danger implorant son mari de rentrer au plus vite car "tu comprends chéri je suis pas assez forte pour prendre une voiture et m'enfuir avec mon gosse même quand trois monstres géants se dirigent vers la ville" aucun cliché n'est épargné au spectateur, le tout acheminant vers un final tellement grotesque qu'on le croirait sorti du navet de Roland Emmerich. Et en parallèle de tout cela où sont les victimes sauvagement tuées dans l'affrontement des monstres? Où sont les familles déchirées, tétanisées par leur impuissance devant les catastrophes naturelles? Où est le stupéfiant amoncellement de cadavres qui était mis en avant dés le premier trailer du film? Aucun de ces éléments n'est présent dans le produit final dont l'ambition initiale semble finalement n'être qu'une vaste supercherie au profit d'un résultat bien plus traditionnel. Un constat bien amer surtout en considérant que même le décevant Pacific Rim de Guillermo Del Toro, à l'ambition pourtant plus décomplexée, parvenait davantage à montrer le chaos terrifiant de ces Kaiju à travers une scène d'enfance traumatisante.

Paradoxalement, la meilleure partie du film se retrouve ainsi être la première, celle où le monstre donnant son titre à l’½uvre y est absent, car c'est le seul moment où le récit ne vulgarise pas son propos et reste focalisé sur sa dimension humaine, à travers la relation touchante entre un fils fuyant désespérément son passé et un père ne pouvant y renoncer, le tout mené par un Bryan Cranston à nouveau brillant. Pour le reste, l'ingéniosité de la mise en scène parvient à assurer une immersion suffisamment importante pour ne pas être totalement dégouté par le récit, parvenant même à véhiculer plusieurs moments de bravoure dans son final dont une scène de parachutage à faire bander tous les cinéphiles. Mais il est toujours frustrant de voir autant de talent cinématographique gâché au service d'un produit bien trop formaté pour rendre justice au potentiel de son cinéaste. Godzilla n'est finalement rien de plus qu'un bel exercice visuel mais dont l'absence d'émotion et de consistance narrative laisse le sentiment amer d'un pétard mouillé.

Voir aussi

Jeux : 
Godzilla : Unleashed
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Commentaires

Babouille
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Babouille
Je ne dirai pas mieux. J'ai vraiment le même sentiment. On peut juste rajouter que le marketing biaise un peu l'aventure. Je ne m'attendais pas à ce genre de film. Du moins après la première partie, j'ai été désabusé. Pour autant, c'est un bon divertissement. Merci aux plans larges léchés.
Noiraude
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Noiraude
Aaaah Monsters, quel pied. Rien que pour ça, j'irai voir ce Godzilla, justement. Mais en sachant d'ores et déjà qu'un tel talent ne peut s'accommoder du fonctionnement des majors hollywoodiennes....
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
HA MAIS C'EST GARETH EDWARDS QUI A FILME CE GODZILLA ? ! Ha mince, j'aurais préféré ne jamais l'apprendre, tiens. J'avais adoré Monsters, j'en resterais donc là, en espérant secrètement (c'est mal, je sais) que ce film se plante et que le réal' retourne au ciné indépendant.
Rust
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Rust
L'humanisation participe pas du discours global du film donc même s'il y a des scènes paraissant humaines, elles ne le sont pas.
Rust
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Rust
Je sors ma critique dans pas longtemsp, qu'on en discute. Et puis les monstres sont pas tant humanisés.
Leon9000
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Leon9000
Bah l'écriture des monstres ne m'a pas beaucoup surpris car ayant déjà vu Monsters, je m'attendais à ce qu'il y ait cette humanisation. C'est un effort louable certes (que ne faisait pas Pacific Rim ce qui était surprenant de la part de Del Toro) mais qui ne rattrape pas toutes les lacunes du récit en parallèle pour ma part. Après le pétard mouillé est vraiment le sentiment que j'ai eu en sortant du film car j'étais surtout frustré de voir tant de potentiel gâché, ce qui des fois est plus énervant que juste voir un blockbuster banal et idiot, là il y avait du talent derrière la caméra mais il n'a pas été bien exploité.
Rust
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Rust
"l'écriture patine de plus en plus et fait basculer l'action vers un spectacle convenu et formaté là où la réalisation voudrait y apporter une nouvelle sensibilité." Je reprendrais juste ce passage, parce que certes l'écriture des humains est moyenne mais le traitement est loin d'être dans ce qui se fait de pire. D'autant plus que l'écriture des monstres est excellente et que le film dans l'ensemble est bon, vraiment. Autant il souffre de carrences narratives et de problèmes de rythme, autant le qualifier de pétard mouillé me semble bien trop sévère.

Édito

Un cinéphile, un gamer qui partage depuis longtemps sa passion à travers le net et arrive maintenant sur Gameblog. Outre mes critiques traditionnelles, vous trouverez dans la rubrique "articles principaux" des écrits de réflexion, ceux m'ayant demandé le plus de temps. Dans le soucis d'accorder plus de lisibilité aux articles (étant l'essence même d'un Blog) j'ai décidé de ne poster que mes vidéotests les plus importants dans ces pages.

Les liens ci dessous vous permettront de retrouver mes autres activités sur Internet, mes vidéotests et mes anciens articles sur mon premier Blog. Je vous souhaite une bonne visite sur ce site!

 

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