Une fois n’est pas coutume, mes impressions ci-dessous ne se rapportent pas à un seul jeu, Gears of War 3 que je viens de finir, mais bien à toute la trilogie qui est peut-être le plus beau symbole de la Xbox360. Attention, texte bourré de spoilers non balisés, je déconseille donc à ceux qui n’auraient pas encore parcouru les champs de bataille de Sera de poursuivre la lecture.
Oui, je crois que Gears of War mérite d’être traité comme une œuvre dans son ensemble, sans dissocier l’un ou l’autre de ses jeux. Mine de rien, il est rare d’avoir une trilogie aussi régulière dans la qualité (Metroid Prime l’avait fait). Pas un épisode décevant, pas un épisode largement au-dessus des autres. Une aventure violente et sanglante, une belle montée en puissance au fil des chapitres, une histoire qui semblait très « cliché » au départ mais qui a su développer sa propre identité, un gameplay aux petits oignons qui a imposé un nouveau standard dans le système de couverture : un délicieux cocktail qui fait de Gears of War une épopée magistrale.
Des émotions dites-vous ? Dans un jeu si « bourrin » ?
Je n’aurais jamais cru en faisant connaissance avec Marcus et Dom il y a près de 4 ans (j’ai découvert le jeu assez tard), que les deux compères réussiraient quelques années plus tard à m’arracher des larmes. Deux gros balaises, à la gâchette facile et à la réplique bien sentie, accompagnés de leurs acolytes tout aussi fins et délicats dans la répartie et l’étripage de Locustes. Seulement voilà, on s’y attache à ces bonhommes. Petit à petit, Epic a insufflé un caractère émouvant à ses héros, par le biais de scènes parfois dramatiques. Le passé mystérieux de Marcus sous-entendu dans GOW1, son affinité avec Anya à la fin de GOW2, la mort de Maria et le désarroi de Dom, les petites attentions de Baird pour Samantha dans GOW3, le retour d’Adam Fénix… Et l’apothéose : la mort de Dom, « magnifiée » par une mise en scène superbe, une musique pleine d’émotions et de symboles (Madworld accompagnait le premier trailer de GOW1…), Marcus perdant ses moyens face à la mort de son frère d’armes : j’en avais gros sur la patate et j’ai laissé parler mes glandes lacrymales.
C’est là que j’ai réalisé qu’inconsciemment, le travail de fond effectué depuis le premier opus avait porté ses fruits : sans que je ne m’en rende vraiment compte, les personnages m’étaient devenus très familiers.
De l’action ? Dans un jeu si émouvant ?
N’oublions pas le credo principal de la série… c’est un TPS. Et qui dit TPS dit fusillades et sulfateuses à gogo !! Et pour le coup, GOW nous a toujours gâtés en pétoires. Puissantes, originales, destructrices, rapides, elles sont surtout très équilibrées et chacune d’elles trouve à un moment ou à un autre, son utilité dans une situation. Combien de jeux proposant un arsenal fourni se voient reprocher que seules deux ou trois armes sont utilisées du début à la fin de l’aventure ? Là encore, je suis admiratif du travail accompli par les développeurs. On ne le constate pas tout de suite, c’est du 3e ou 4e plan, ça passe tout seul sans qu’on y prête vraiment attention, mais finalement, on se sert de tout ce qui nous passe sous la main ! Y compris lors des escarmouches en multi-joueurs (mais je reviendrai sur le multi un peu plus bas..).
Et il fallait bien ça pour se jeter à corps perdu dans la plus belle guerre du monde. Cette formule était le titre du test de GOW2 écrit par Angel. Et je la trouve tellement appropriée, tellement adaptée que cela aurait pu être le titre de la série toute entière. Cette impression de vivre un conflit grand format, de se battre pour le salut de l’humanité est un sentiment fort, que j’ai ressenti plusieurs fois en jouant. Même si GOW1 semblait être plus un « conflit localisé », la démesure des environnements et des batailles a donné une dimension épique et dramatique à la série dans les épisodes suivants. Qui ne se souvient pas de cette mémorable scène d’introduction de GOW2, avec le discours de Prescott, arguant ses troupes à aller faire la peau des locustes (et cette musique !!) ? Ou de cette tuerie à dos de Brumak et la chute de Jacinto ? Et, c’est encore tout frais dans ma tête, il y a aussi l’escalade finale de GOW3 avec ces barges Locustes qui hurlent dans le ciel, les catapultes qui écrasent les hélicos CGU les uns après les autres et au milieu, nos héros la tronçonneuse à la main et le sang des ennemis dégoulinant sur leurs armures… Epique je vous dis !
Alors c’est ça le jeu en ligne ?
Je n’avais jamais eu l’occasion de jouer en réseau avant la Xbox360. Naturellement, c’est avec GOW1 que j’ai décidé de franchir le pas. Et je suis bien évidemment devenu accro… Je ne vais pas m’étaler en long et en large sur les qualités du jeu qui sont évidemment sublimées dans ce mode, mais nom de dieu quel pied !! Parfois tactiques, parfois très violentes et bordéliques, les batailles en multi sont toujours jouissives. Dans ce mode aussi, Epic a petit à petit apporté des modifications bienvenues, intégrées naturellement et qui font de GOW3 aujourd’hui l’expérience ultime !! Du 4vs4 de GOW1, au 5vs5 des suites, du mode horde de GOW2 au mode horde 2.0 et le mode bestial de GOW3, que de bonnes idées qui ont sans cesse amélioré le plaisir de jeu. J’occulte volontairement les défauts de GOW2 sur le mode en ligne car je reste persuadé que sans ces problèmes de lags, le multi aurait été tout aussi intense que sur les deux autres.
La série Gears of War vient donc d’entrer, par un pas de géant, dans mon panthéon des jeux vidéo. Je garderai un souvenir merveilleux de tous ces Reavers, Theron, Brumak (mes préférés !), Boomers, et autres Wretches que j’ai croisé durant cette longue campagne guerrière. Et je continuerai à prendre un plaisir coupable à me faire abattre par des head-shots bien placés en mode multi. Si je devais exprimer un regret, un seul, ce serait de ne pas avoir eu le fin mot de l’histoire à propos de la Reine Myrrah… une humaine ? à la tête des larves ? mais bordel, pourquoi ?? Mais si aujourd’hui on m’annonçait qu’un 4e épisode était en route, je ne suis pas sûr que je m’en réjouirais. La boucle est bouclée, l’histoire a eu sa fin.. une belle fin, une fin qui se suffit à elle-même. C’est avec un pincement au cœur qu’on laisse Marcus et sa bande mais un nouvel opus risquerait de gâcher une trilogie au destin parfait.
Le mot de la fin ? Je pense que je vais le laisser à Anya et Marcus…
« Qu’est qu’il nous reste maintenant ? »
« Demain. Il nous reste demain. »
Et demain, il y aura encore plein de bons jeux qui pourront nous faire oublier l’amertume d’avoir refermé les portes de Sera.
Lapino, féru qu'il est, a maintes fois tenté d'ouvrir des débats, de lancer des sujets, de partager ses souvenirs de jeux avec ses copains lapins.
Mais il s'est vite aperçu que toutes ces tentatives étaient vaines. Pas de répondant, pas d'argumentaires enflammés, pas de partage nostalgique. Il a pris conscience du fossé qui sépare le gamer passionné du joueur occasionnel.
Alors, il a mis de côté ses réserves et sa timidité, et il s'est lancé dans la création d'un blog. Pour lui d'abord. Mais aussi pour ceux que cela pourrait intéresser. Et il semble avoir trouvé un vivier d'autres fanatiques...
Communauté de Gameblog.... je vous offre des costumes de lapin, une place au chaud dans mon terrier et des carottes en quantité. A vous de faire le reste et d'écrire lorsqu'un article vous inspire.