Pensées bordéliques

Par Kyalie Blog créé le 22/07/11 Mis à jour le 27/08/14 à 20h10

Des trucs, des bidules, tournés jeu vidéo, écologie, politique, en vrac.

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Catégorie : Politécolomique

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Politécolomique (Jeu vidéo)

 

La nouvelle traduction d'FF7 faite par le dénommé Acro sortant bientôt, c'est l'occasion pour moi de revenir sur ce qui fait de Final Fantasy VII l'un des plus grands jeux jamais sortis (j'en fais un peu trop là non ?)...
Oubliez la mini-jupe de Tifa ou le regard de Sephiroth à travers les flammes, oubliez One winged angel ou le thème d'Aeris, oubliez le système de matéria ou le Gold saucer - je ne parlerai pas de la forme.
Mais haters comme fanboys, oubliez aussi la fameuse relation Cloud/Sephiroth : ce n'est pas ce qui fait le coeur d'FF7 à mon sens.

Ce qui fait d'FF7 un jeu exceptionnel, ce sont les thèmes qu'il aborde et surtout à quel point, 15 ans plus tard, ils sont encore d'actualité (voire même plus que jamais - pour autant je ne jouerai pas la carte du "c'est des visionnaires!!!"). Et quand bien même le jeu est bel et bien imprégné avant tout d'une sensibilité et de références japonaises (Wutaï, les yakuzas, les love hotel, etc...), ils restent parfaitement valables pour l'ensemble de la planète.

Du coup, cet article sera essentiellement consacré aux parallèles que l'on peut dresser entre le monde d'FF7 et le nôtre.

 

I - Gouvernement

Il faut se le dire : dans les faits, la façon dont nous sommes gouvernés n'a pas fondamentalement changé, les rapports de force ont muté, se sont déplacés, mais demeurent.
Prenons le cas de la France, telle qu'elle était avant la Révolution Française.

Il y avait le clergé, garant du culte, celui du catholicisme. 
La noblesse, censée traditionnellement protéger le peuple des ennemis, lui permettant de vivre, et passant son temps à chercher à obtenir des faveurs du roi, en l'échange de son soutien.
Il y a le Roi (et son gouvernement dans une moindre mesure), qui décide au nom du peuple, sous l'oeil attentif du clergé et dans le respect du catholicisme.
Tout cela appuyé dans les faits sur l'exploitation du Tiers-état, dépossédé de ses terres, qui trouve tout cela bien normal, tant que tout va bien et qu'il n'y a pas famine.

De nos jours, on pourrait tracer un portrait très analogue (ça reste grossier bien sûr).
Il y a la Bourse, la haute finance, prônant le libre-marché et la libre circulation des biens. Il y a les très grandes entreprises qui font vivre le peuple et leurs lobbys qui tentent en permanence de tirer la couverture à eux en cherchant à obtenir les faveurs des élus.
Il y a donc nos élus et le gouvernement qui décident au nom du peuple, tout en croyant dur comme fer au libre-marché.
Tout cela appuyé sur l'exploitation du Tiers-Monde, dépossédé de ses ressources (terres agricoles, ressources pétrolières) au profit de multinationales, lequel ne peut qu'en vouloir à ses politiciens d'être incapables de voir au-delà de leur intérêt personnel.

Dans FF7, la chose s'est encore plus déséquilibrée.
La Shinra fait vivre le peuple et est garante du culte du Mako, énergie formidable, et a supplanté le gouvernement, elle tient donc le rôle de clergé, de noblesse et officieusement de gouvernement.
En effet, au travers du jeu, on rencontrera quelques rares maires, et le maire de Midgar nous fera très vite part de son aigreur à se retrouver pire que pantin, carrément mis au placard.
Lequel rêvera également de mako, énergie clé du pouvoir, à l'image des terres et autres ressources énergétiques citées plus haut.

Le tout appuyé sur la soumission (forcée) des provinciaux et des habitants des Taudis.

A noter que cette fusion des pouvoirs n'est plus autant fiction qu'il y paraît ; en 2010, Wikileaks a mis à jour que Shell avait des employés jusque dans le gouvernement nigérian (chose amusante : c'était dans le cadre d'une discussion concernant les rebelles du nord, avec l'armée américaine, dont l'employée de Shell se méfiait car elle ne la trouvait pas fiable et avait peur de fuites...) et il n'est plus un secret que les grandes banques (Goldman Sachs, JP Morgan) ont leurs pions dans tous les gouvernements européens.

 

II - Shinra

Mais penchons-nous d'un peu plus près sur les exactions commises par cette noble entreprise qu'est la Shinra.

On parlait plus haut de la Shinra et de sa relation au peuple : la Shinra donne du travail et fait vivre le peuple. Il y a bien évidemment la tour Shinra, avec ses simples employés de bureau, clairement inconscients des agissements de leur employeur (ou qui peut-être n'ont pas tellement le choix ? il faut bien vivre !).
Et il y a bien sûr l'énergie Mako, véritable révolution énergétique, encensée par une femme de Kalm.

La Shinra a un monopole absolu sur cette énergie, et ne laissera aucun gisement lui échapper : elle est omniprésente et omnipotente.
Si Yuffie nous donne un aperçu des rapports entre Wutaï et la Shinra et que Crisis Core rend bel et bien la chose claire, on a aussi un aperçu de l'invasion menée par la Shinra au travers d'une veuve de soldat, Elmyra (la mère adoptive d'Aeris), qui a perdu son mari parti à la guerre pour les intérêts d'une multinationale énergétique.

On peut même pousser le parallèle avec une célèbre affaire, en expliquant que la Shinra ne voulait que le bien de Wutai, cherchant à lui apporter le confort d'une énergie moderne. Un apport de civilisation, quoi.
Ce qu'ils avaient déjà fait avec Corel : abandonnez donc vos techniques traditionnelles pour une technique plus efficace, vous gagnerez en confort et en niveau de vie.
On voit ce que ça a donné pour ces agriculteurs indiens et les formidables semences proposées par Monsanto...

Mais évidemment, il ne faut pas que la vérité se sache, la Shinra a donc la main mise sur les médias et la justice ; il suffit de voir sa section d'élite, le Soldat, avec ce héros à sa tête qu'est Sephiroth, faisant rêver de gloire guerrière petits et grands - un peu à l'image des soldats de la Liberté américains.

Ces Soldats qui protègent les habitants de la Planète des monstres mais également de ces terroristes que représentent Avalanche, que les médias ont tôt fait de rendre responsable de la chute de la plaque du secteur 7.
Sans rentrer une quelconque théorie conspirationniste concernant un événement très similaire s'étant déroulé un 11 septembre, on peut néanmoins évoquer le cas Greenpeace (on reste dans la défense de la Planète), perçue comme une organisation terroriste au Japon, aux USA et depuis récemment au Canada.

Avalanche dont on ne parle qu'à peine du procès avant de retrouver une Tifa attachée dans une chambre à gaz sous l'oeil de toutes les caméras ; comment ne pas parler de cette image de Julian Assange, tête de Wikileaks, à la fenêtre de l'ambassade de l'Equateur à Londres, accusé de viol en Suède, et dont les principaux médias ne doutent pas de la culpabilité, même sans procès (il serait bon de noter que le dossier de l'accusation, famélique, avait été abandonné une première fois) ?

Au-delà de guerres « justes » ou d'accords connus du grand public, la Shinra agit également, et le plus souvent, dans l'ombre.

Lorsqu'une explosion se produit au réacteur de Corel, la Shinra accuse les habitants. On ne sait pas dans quelle mesure c'est vrai, mais on ne voit pas non plus quelle raison la Shinra aurait de détruire Corel (faire des économies en devant plus prendre en charge les habitants d'une petite ville ?). Le fait est qu'après avoir employé la manière douce, la Shinra se décide à employer la manière forte afin d'occuper les terres.
Depuis 23 ans les Indiens du mouvement Xingu vivo par sempre s'opposent à la construction du barrage de Belo Monte. Officiellement, le gouvernement leur a promis une relocalisation ; officieusement, les tribus se sont régulièrement retrouvées au prise avec les milices privées de Norte Energia, qui leur ont pris de force le village San Antonio, désormais part du chantier.
Et tout récemment, il semblerait Monsanto s'est offert les services de la plus grande compagnie de mercenaires du monde... [1]

Et puisqu'on parle de milice privée, la Shinra a également la sienne, en plus de son armée officielle dont fait partie le Soldat : les Turks. Dont le rôle est d'éliminer tout ce qui est gênant ; c'est censé être le rôle de Cissnei dans Crisis Core vis-à-vis de Zack qui, en tant que soldat qui en savait trop, rappelle, encore une fois, l'affaire Wikileaks et le cas de Bradley Manning, emprisonné depuis juillet 2010 (et inculpé uniquement en février 2012) dans des conditions proches de la torture, pour avoir transmis à Wikileaks les fameux documents classés secret défense. Au 30 juillet 2013, il encourt 136 ans de prison.
Et bien sûr, depuis quelques mois, on peut suivre les tribulations d'Edward Snowden, ex-employé de la CIA et de la NSA ayant dénoncé le programme PRISM.

Et même si dans ce cas, Bradley Manning peut être qualifié de traître à sa patrie, les USA ont de nombreuses fois su maltraiter leurs propres soldats, en dehors bien sûr de les envoyer au front pour des causes douteuses : tests de radioactivité après la seconde guerre mondiale, test de psychotropes pendant la guerre froides pour créer de « super soldats »... but assumé de la Shinra avec les injections de Mako aux membres du Soldat et plus encore avec Hojo et ses injections de cellules d'extraterrestre à un foetus humain et à moult bestioles. Sachant que le mélange mako/cellules de Jenova à haute dose peut provoquer des mutations et transformer en monstres (tels qu'on en voit dans le réacteur du mont Nibel), on pense tout de suite à l'énergie atomique ou au cas de la vache folle, provoqué par une alimentation contre-nature du bétail.

Qu'il s'agisse du nucléaire militaire (méga matéria) ou civil, le mako se veut clairement son jumeau ; aujourd'hui, au lendemain de l'incident de Fukushima, on ne peut qu'être frappé par le cas du réacteur de Gongaga, même si évidemment inspiré de Tchernobyl. D'ailleurs, les réacteurs mako émettent également des déchets, probablement à l'origine des monstres qui peuplent le monde d'FF7.

 

III - Le reste du monde

Laissons désormais l'entité de la Shinra de côté et intéressons-nous aux gens, des gens qui comme tout le monde souhaitent oublier leur vie morne et s'évader un peu.

Place au Gold Saucer !
Il y a bien évidemment le côté casino, de cette croyance que tout le monde peut gagner et devenir riche grâce entre aux paris sur courses de chocobo. D'ailleurs, le principe de gagner sa liberté, et devenir riche et célèbre en participant à une course n'a-t-il pas un petit côté télé-réalité ?

Au-delà du parc d'attractions, on peut aussi penser à Costal Del Sol, ville côtière qui vit clairement de son tourisme, là où Wutaï a dû s'y plier pour survivre suite à sa défaite. Combien de paradis terrestres connaissons-nous dans ce cas, rabaissés à devoir vendre leur culture à des touristes sous forme de bibelots ?

Et parlons également du Honey Bee Inn, hôtel ou bordel de luxe, on ne sait plus très bien, très sélect, accueillant de hautes fortunes peut-être même le Président Shinra himself (j'ai toujours pensé que c'était lui le roi qu'on apercevait par une serrure du Honey Bee inn, mais la traduction est tellement foireuse que rien n'est moins sûr). Dans tous les cas, en fouinant un peu, on apprend que dans une des scènes supprimées c'est Palmer qui s'avèrerait être un client régulier. Comment ne pas sourire jaune en pensant à ces Républicains qui après leur congrès préchi-précha (4min12) allant se délasser dans les clubs de strip-tease de Tampa (Floride) ?


En réalité, il ne faudrait pas lire Président ici, mais M. le directeur...
mais je ne voulais pas foutre ce paragraphe à la poubelle !

D'ailleurs, Don Cornéo est l'incarnation même du mafioso à la tête d'un réseau de prostitution, avec ses tickets d'entrée à la Shinra ; tout comme Dio ou Dayne, il se veut un pouvoir plus ou moins alternatif, au moins subversif, par rapport à la Shinra, qui paraît les tolérer tant qu'ils ne font pas trop entendre parler d'eux mais s'en débarrassent dès lors qu'ils indisposent. Un parallèle flagrant : le cas de Ben Laden et ses troupes, soutenus par la CIA pour combattre l'URSS, puis encore tolérés malgré deux attaques contre les USA en 92.

A l'abri des regards, caché sous cette immense parc d'attractions, on trouve également ce qui reste de Corel, l'ancienne ville avalée par le désert et devenue prison où on jette les gens sans procès tandis que l'autre, tout comme les taudis de Midgar, a l'allure de bidonvilles.
Et c'est je dirais à peu près le cas de n'importe quelle ville de pays en développement : de magnifiques baraques entourées de hauts murs et au-delà desquels les gens couchent dans les ordures le tout baignant dans un contexte où il n'y a plus aucune loi.


Heureusement, tout n'est pas si sombre même lorsqu'on n'est pas dans les petits billets de la Shinra. 
Les plus pacifistes arrivent à conserver un mode de vie traditionnel avec leurs croyances, proche de la nature, tel que Cosmo Canyon, et qui cherche à éduquer avant tout.
Il y a également la résistance armée avec Avalanche (la Résistance dirais-je même), ou Fort Condor qui cherche à protéger l'écosystème d'une espèce rare (comme peuvent l'être les forêts mexicaines qui accueillent les monarques chaque année).
Comme parallèle, on peut penser à la résistance opposée au projet de nouvel aéroport de Notre-Dame des Landes, projet surtout poussé par l'intérêt privé de Vinci, et qui contrarierait allègrement les lois sur la gestion de l'eau.

Car, et c'est là l'aspect le plus évident d'FF7, l'environnement est en danger.
Si l'énergie qu'exploite la Shinra ne pollue pas au 1er sens du terme, elle extraie directement la vie de la Planète, allant forer profondément pour extraire l'énergie.
Et ce, jusque dans des zones hostiles, extrêmement riches en énergie, j'ai nommé le Cratère Nord - Shell ayant été stoppé récemment dans son exploitation de l'arctique, riche en énergies fossiles.

Les zones hostiles étant bien souvent les derniers sanctuaires de la faune sauvage on n'hésite pas à la sacrifier si cela permet d'exploiter de nouvelles ressources ; je parlais du Fort Condor plus haut, lequel a besoin de l'énergie du réacteur pour le bon développement de son oeuf, se trouvant donc entre la Shinra et la méga-matéria.
Dans la vraie vie, il s'agit de chasser les orangs-outans des palmeraies qui prennent de plus en plus sur la forêt en Indonésie ou bien ce qu'on appelle le plan Nord, qui signifierait l'exploitation de mines, de pétrole, de forêts et de gaz à l'extrême nord du Québec, ce qui ne saurait être bon pour les populations existantes.

Et si on peut douter de la part de l'activité humaine dans le changement climatique, il est certain que l'activité humaine n'arrange pas les choses ; c'est clairement le message d'FF7 lorsqu'on parle des Armes, Armes qui sont tout simplement l'incarnation des catastrophes naturelles qui nous frappent et invoquées pour annihiler toute activité humaine qui pourrait causer du tort à la planète. De nouveau, on peut penser à Fukushima, réacteur construit dans une zone extrêmement instable et ayant condamné du même coup tout une région pour des décennies, si ce n'est des siècles. Rappelons-nous également le cas du barrage de Vajont en Italie qui, lorsqu'il céda, provoqua un mégatsunami, une vague de 200m de haut noyant toute la vallée.



Et enfin, aspect le plus important, la rivière de la vie, la théorie Gaïa, que l'on retrouve également nominativement dans le film Final Fantasy: The Spirits Within, comme quoi tous les êtres sont interdépendants, que la mort de l'un permet la naissance d'un autre, dans un cycle fermé et que les réacteurs Mako perturbent, tout comme l'activité de l'Homme déséquilibre la présence de CO2 dans l'atmosphère, pourtant indispensable à rendre la planète viable.

Car comme toute chose, c'est l'équilibre qui compte, et un trop plein d'énergie mako empoisonne les êtres qui y sont confrontés, tout comme la radioactivité est quelque chose de totalement naturel mais à laquelle l'exposition à des doses trop importantes provoquent des maladies extrêmement graves.

 

Conclusion


Aujourd'hui, il est presque devenu honteux de dire que FF7 est son jeu voire son FF préféré ; c'est la marque des fanboys sans culture, des fana de Nomura, et d'aucun fera preuve de bien meilleur goût en lui préférant FF6. On voit souvent le jeu résumé à ses personnages, à l'affrontement d'un bishônen fifils à sa maman, et d'un émo à la coiffure décolorée, flanqué d'une bimbo énamourachée comme dans une peinture à la Boris Vallejo.
Car même Square s'y est laissé prendre et a oublié soi-même ce qui faisait la substantifique moëlle d'FF7 comme ils nous l'ont prouvé avec Advent Children : les Turks deviennent des personnages sympathiques, loufoques, qui auraient été un peu idiots auparavant et n'auraient pas eu conscience de leurs actes, alors que dans FF7, dans le meilleur des cas, ce sont ces exécutants froids et sans scrupule, aimables tant que vous n'avez pas un contrat sur votre tête ; Barret est fou de joie à l'idée de trouver du pétrole (à l'heure où on nettoie encore les dégâts de la marée noire de mai 2010 pour laquelle BP vient d'être condamnée...); et l'on reste obsédé par le duo ésotérique Sephiroth/Jenova, tout comme c'est le cas pour Crisis Core dont les délires de manipulations génétiques et de destinées grand-guignolesques côtoient les sommets.

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Mais dans FF7, ce sont les endroits que l'on traverse, les événements que l'on constate, qui nous parlent avant tout - et le passif des personnages n'est important que parce que de la même façon, ils représentent chacun l'une des problématiques du monde d'FF7, chacune des facettes du rapport entre l'hyper capitalisme et ses dérives face à l'écologie et la société en général, chose que je n'ai jamais vue aussi aboutie.
Car en réalité, Sephiroth n'est que l'incarnation des dérives de la Shinra, le point de non-retour qui a été atteint, le châtiment, tandis que Jenova incarne l'inconnu, cette science, cette arme, dont on use sans même en connaître tous les tenants et aboutissants (comme la bombe H dont on ignorait les effets à long terme).
Il  est d'ailleurs comique de constater les efforts désespérés de rendre le Cloud originel plus intéressant dans Before Crisis et The last order où on a droit au typiquement shônen "mais où trouve-t-il cette force ? / comment peut-il résister à cette attaque ? / mais quelle est cette lueur dans ces yeux ??"(alors même que Cloud n'a, à ce moment-là, pas été infusé dans du mako).

 

Square a tout simplement oublié qu'FF7 se voulait avant tout un reflet de notre monde, sous couvert d'un RPG japonais, avec ses clichés et ses poncifs, ses moments émouvants ou surréalistes, ses personnages charismatiques ou archétypaux - en un mot, un jeu.
Et il faut saluer le talent de ses concepteurs qui ont réussi à nous faire côtoyer de manière subtile, tous les aspects, les problématiques et toutes les classes d'une telle société, sans qu'ils nous soient jetés à la figure, sans qu'on se sente agressé en permanence à grands coups de lapalissades dans la face (kikoo Avatar).

Une fable avant tout, à la mise en scène tout en retenue, là où des jeux tapent dans un hyper réalisme froid et peu inspiré, en pale copie de notre monde, et en s'enorgueillissant de l'étiquette mature qu'ils s'appliquent à eux-mêmes.

Voir aussi :

 

Note :

[1] Attention, je parle là au conditionnel, car les seules sources trouvables sur Internet sont toutes très orientées politiquement ; pour autant, si vous entendez parler d'un hoax à ce sujet, c'est que les gens ne sont pas d'accord sur la formulation : certains parlent de Monsanto ayant acheté Blackwater alors qu'il faudrait parler de Monsanto engageant Blackwater... ce qui, quant aux conséquences, n'est pas bien différent.

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Politécolomique (Politique)

Ça devient surréaliste cette histoire.

Résumé : un flic et ancien marine est viré pour fausse accusation, ayant accusé sa collègue d'avoir kické un suspect plusieurs fois dans le ventre et la tête.

Il explique dans un (long) manifeste pourquoi il n'avait aucune chance de faire aboutir sa plainte, du fait du niveau de corruption et d'arrangements entre amis au sein de la police de Los Angeles (LAPD). Il en profite pour donner un petit tour d'horizon de la mentalité de ses collègues, comme par exemple le fait que certains ne pensent qu'aux heures supp' qu'ils vont pouvoir se faire payer lorsqu'ils rassurent les victimes d'un crime.

Cette histoire étant la goutte ayant fait débordé le vase : le mec a listé un sacré paquet de personnes qu'il a bien l'intention de descendre, ayant déjà tué plusieurs personnes, des proches (innocents) des flics qu'il considère comme pourris. Bref, il a l'intention de faire le ménage et a bien conscience qu'il y laissera sa peau. Le gars étant parfaitement athée, il n'est pas du tout dans un délire de guerre sainte ou de croisade.

A noter que de son long manifeste de 20 pages (que je me suis farci), les médias n'ont retenu que "je n'ai jamais pu avoir de famille alors je vais t'enlever la tienne", et qu'"il s'attaque aux lesbiennes", parce qu'il parle d'officiers femmes faisant preuve de misandrie (et non de féminisme, et c'est bien lui qui le précise) envers les hommes sous leurs ordres, sachant qu'il n'y a rien dans son pavé qui indique la moindre homophobie ou misogynie de sa part, bien au contraire : il salue Ellen Degeneres, présentatrice américaine célèbre en partie pour avoir publiquement révélé son homosexualité.

Aucune mention n'est faite de ce dont il accuse ses collègues, du niveau d'immoralité qu'il leur prête ou même de ses arguments pour étayer sa thèse d'un jugement pourri jusqu'à la moëlle et perdu d'avance.
Non : ça n'intéresserait pas les gens, ils n'ont qu'à se taper les 20 pages en anglais.

Tout ça pour dire : les flics en question sont tellement flippés qu'ils tirent sans sommation sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à ce type... ou à son véhicule : deux livreuses de journaux se sont faites tirer dessus.

http://latimesblogs.latimes.com/lanow/2013/02/torrance-shootings.html

Voilà le manifeste : http://youranonnews.tumblr.com/post/42506354980/heres-an-uncensored-copy-of-the-rogue-lapd-officers. Comme j'ai dit, c'est très long, mais ça vaut vraiment le coup de le lire parce que ses motivations ainsi que sa personnalité sont parfaitement claires.

 

Pour finir sur une note plus joyeuse, une phrase qui m'a fait sourire dans son manifeste :

"He stated as good Christians we are to turn the other cheek as Jesus did. Problem is, I'm not a fucking Christian and that old book, made of fiction and limited non-fiction, called the bible, never once stated Jesus was called a nigger."

"[Le principal] déclara qu'en bons chrétiens, il fallait tendre l'autre joue comme le fit Jesus. Le problème, c'est que je ne suis pas un foutu chrétien et que ce vieux bouquin, fait essentiellement de fiction et en dose limitée de réalité, qu'on nomme la Bible, ne fait jamais mention, ne fût-ce qu'une seule fois, du fait que Jesus se soit fait traiter de nègre."

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Politécolomique (Jeu vidéo)

Edit : Breaking news! A 6h de la deadline annoncée, le projet en est 14 420$ sur les 15 000 demandés ; finalement, le jeu verra peut-être bel et bien le jour...

Edit 2: Bon bah à 5h de la deadline, le jeu est effectivement financé grâce à 15 060$. Ça, c'est fait. Y a même une poupée !

 

Je poste pas mal de liens que je considère comme intéressants dans mes statuts, mais il est vrai que parfois ils auraient bien plus leur place en blog, pour plus de visibilité.

Du coup, je me suis dit que j'allais faire un petit article sur ma trouvaille du jour, qui évoque des sentiments un peu mitigés en moi.

Je me baladais comme il m'arrive parfois sur Kickstarter pour voir quels petits jeux indé mériteraient mon soutien.
Au cours des derniers jours, je suis tombée sur un petit RPG assez prometteur (au moins du point de vue artistique) du nom de Rainfall, et sur le projet de remake - et non portage !- pour 360, PC/Mac, Dreamcast de Pier Solar, ce RPG à la japonaise qui avait mis une dizaine d'années à être conçu pour la Megadrive. 

Et puis je suis tombée sur iBeg qui avec ses 24h restantes a toutes les chances de ne pas lever les fonds demandés.

 "Amuse-toi à vivre ma vie de clodo, toi qui as quand même claqué 600€ dans ton phone".

 

Ce qui saute aux yeux lorsqu'on aperçoit la vignette c'est le titre, dans la droite lignée des iBidules, symboles de l'hyperconsumérisme s'il en est (et d'un bon pouvoir d'achat à priori). Ce "I beg" qui, prononcé sans conviction, m'a tout de suite évoqué les mendiants de mon âge qui venaient frapper à la fenêtre de notre voiture lorsque je vivais à Lagos et que je finissais par essayer d'ignorer, non sans honte.

Et ensuite il y a cette image, au style graphique tout mignon. Et à partir de là, j'étais vraiment mal à l'aise parce que j'avais déjà une idée de ce en quoi concernait le projet. Mais j'ai cliqué, espérant que le jeu ne tombait pas dans les travers que j'imaginais.

On va mettre les choses au clair : il met les pieds dans le plat et jusqu'à la taille. En fait, l'intro commence bien, on voit le personnage perdre son boulot sous prétexte de "crise économique", se faire saisir ses meubles, et enfin se retrouver assis sur les escaliers d'un magasin. Le message est clair : n'importe qui peut se retrouver à la rue du jour au lendemain.

Et puis arrive la phase de gameplay, le coeur du jeu - un jeu de gestion. Un jeu de gestion avec statistiques à gérer, avec tactique à trouver, et un game over probablement. Bref, c'est l'fun comme on dit par chez moi. Sauf que le principe même d'être amusant me paraît parfaitement contradictoire avec l'objectif des créateurs.
Surtout dans la mesure où qui dit game over, dit forcément nouvelle partie... ce qui est par définition opposé à la vraie vie.
Ça dit aussi objectif à atteindre, ça dit fin de l'histoire, et là aussi on peut se poser des questions quant à ce qu'on veut véhiculer comme message : est-ce que réussir à retrouver un emploi et un toit, c'est vraiment le coeur du problème ? Est-ce qu'amener les gens à être plus charitables c'est vraiment ce qui va aider les SDF alors qu'une crise économique abstraite en remet autant à la rue et épargne ceux qui l'ont provoquée ? Qui dit qu'il ne retombera pas dans la misère, refaisant peut-être les mêmes erreurs (quand il en est la source !), comme celle de s'endetter - le principal levier d'action des grandes banques et de la crise actuelle ?

Et plus simplement encore est-ce qu'à la fin du jeu on ne se dirait pas "ben en fait c'est facile de sortir de la rue, et en plus c'est marrant" ?

 

 

Du coup, j'ai voulu voir les commentaires sur le sujet. Bizarrement, mais je m'y attendais, personne sur la page Kickstarter ne semblait partager mon scepticisme. Pour autant, j'y ai trouvé un commentaire renvoyer vers un article de Kotaku dans lequel le projet était cité et que je vous enjoins vivement à lire car il ne parle pas exclusivement d'iBeg et est 100 fois plus intéressant que le mien :)

Cet article partage effectivement mes doutes, et l'un des directeurs d'établissement d'accueil interrogé par la journaliste donne le mot de la fin : "Tout cet argent utilisé pour sponsoriser un jeu sur les SDF ? Si vous saviez tout ce qu'on pourrait faire avec cet argent..."

 

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Politécolomique (Politique)

Je pense qu'à l'heure qu'il est, vous avez à peu près tous du entendre parler de cet incident au McDo des Champs-Elysées (article lui-même adapté du blog de la victime, et repris dans la presse).

En résumé, un Canadien portant des lunettes spéciales, "vissées" sur sa tête, pour compenser sa perte de vue, s'est vu jeter à la porte avec sa famille par des employés de McDo ne voulant rien entendre et ce malgré les documents médicaux (qui ont été déchirés) présentés par l'homme.

Je crois que le plus étrange dans l'histoire, c'est qu'on a aucune idée du pourquoi de cette agression ; l'hypothèse principale, c'est que McDo a pris ces lunettes pour un appareil photo dissimulé, et ne voulait pas un nouveau scandale quant à l'hygiène de ses restaurants (et pour avoir bossé tout près pendant près de 2 ans, je sais à quel point le resto des Champs est peu sympathique).

Personnellement, cet incident ne m'étonne pas tant que ça tant il est connu que ces fast-food fonctionnent de façon quasi-mafieuse avec bidouilles et népotisme.

 

Mais ce n'est pas simplement pour répéter l'article que je ponde mon billet. Ce qu'il est intéressant de constater c'est à quel point cet incident a fait boule de neige ; la page Facebook de McDo s'est vu pourrir de liens menant vers l'article sus-cité et McDo a dû avoir la main lourde sur la censure.

Dans tous les cas, ils ont dû se fendre d'un communiqué pour rassurer leurs clients, et assurer qu'on enquêtait sur la chose.

 

Espérons qu'il y aura bel et bien suite... Du côté des internautes en tout cas, il semble qu'il y en aura : un événement Facebook s'est créé pour aller prendre des photos au McDo des Champs-Elysées à 12h30 ce vendredi.

Cela démontre en tout cas et encore une fois l'utilité des réseaux sociaux lorsqu'il s'agit d'attirer l'attention sur un événement choquant, et contrairement à ce que beaucoup disent lorsqu'ils prétendent que Facebook ne peut servir qu'au narcissisme et au voyeurisme.

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Politécolomique (Jeu vidéo)

...Voici ce que j'aurais répondu (rapport à http://www.gameblog.fr/blogs/poufy/p_68018_les-jeux-video-et-mohamed-merah-le-debat-chez-ruquier-marcus):

 

Je me dois de répondre car je travaille dans le jeu vidéo. Je suis graphiste 3D dans une boîte canadienne.
Pour autant, je ne suis pas une obsédée du jeu vidéo, j'étais peut-être très passionnée il y a quelques années, mais aujourd'hui je ne vois ça que comme un divertissement comme un autre, de la même façon que je jouerais au tennis ou lirait un roman historique.
De manière générale, je me contrefous des débats qui entourent le jeu vidéo tels que "Le jeu vidéo est-il un art ?" ou "le jeu vidéo rend-il violent ?", ce qui nous concerne ici, parce que je ne me sens pas vraiment abilitée à juger, et parce qu'en l'occurrence je ne me sens pas concernée.

Car j'ai d'autres centres d'intérêt que le jeu vidéo. En vrac, le tennis, la mythologie, l'écologie, la politique... et particulièrement la géopolitique. Parce que c'est ça le coeur de l'affaire Merah.

Même si étant au Québec, j'ai suivi de près l'affaire dans les médias ; deux théories se sont rapidement dégagées, l'une particulièrement française et l'autre préférée par les médias internationaux et particulièrement américains, pour les raisons qu'on devinera.
La première, et qui fit que le FN poussa des cris d'orfaie, c'était le néo-nazi antisémite qui adore Hitler et vote FN. A aucun moment je n'ai été partisane de cette théorie. Et à raison car c'est la deuxième, la théorie d'un acte anti-Israël, qui prévalut.

Donc ce type, Mohammed Merah, était pas mal extrême dans sa religion, matait des vidéos de prêcheurs anti-occidentaux et des images de guerre, a visité les 3/4 du Moyen-orient où il a probablement dégoté et son idéologie et ses armes, et vous vous nous parlez du fait qu'il jouait à des jeux vidéo ?
Si vous me permettez l'expression, what the fuck!?

Attaquez donc la religion, attaquez l'Islam que ce serait moins dérangeant (bien que très incorrect, car c'est bien le fondamentalisme le problème) et que vous seriez moins à côté de la plaque.
Il ne s'agit pas là de parler de la montée de la délinquance chez les adolescents qui est une affaire typiquement française ; Merah n'a pas passé son temps toute la journée devant une console, non, il a mis les pieds dans une zone géopolitique clé aujourd'hui, où se mêlent intérêts financiers et obstination idéologique, largement mâtinée d'extrêmisme religieux, des deux côtés.

D'ailleurs, s'il y avait quelque chose d'intelligent à dire sur le sujet par rapport aux jeux vidéo, c'est que ce type, qui était dans une logique de détestation absolu d'Israël et de l'Occident, son allié, dans son ensemble, se divertissait grâce aux jeux vidéo, produit exclusivement occidental, ce qui démontre une certaine hypocrisie de la démarche.

Et quelque part, il est bien plus ouvert au monde que vous l'êtes, car vous voyez la chose d'un angle extrêmement obtus, en croyant que ce qui se passe autre part qu'en France ne peut vous toucher, ne vous concerne pas.

 

Au fait, et ceci n'aurait pas été loin du point Godwin dont vous ignorez probablement le sens, mais c'est pas comme si tout ce dont j'ai parlé plus haut n'était pas du même acabit, vous avez oublié de dire que les responsables du 11 septembre (hors théorie du complot) jouaient probablement aux jeux vidéos...

 

 

Ah mince c'est vrai, Flight Simulator.

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Politécolomique (Politique)

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=271031

Une prof d'histoire vient se confier dans une émission type "parole à l'auditeur, on vous conseille".
Elle explique aux deux animateurs les problèmes qu'elle rencontre dans son collège vis-à-vis d'élèves refusant de dissimuler des signes religieux, et se demande si à faire respecter la laïcité elle ne stigmatise pas les élèves en question.

A première vue, on pourrait croire avoir affaire à deux animateurs extrêmement cultivés, intellos, qu'il s'agisse du générique qui nous introduit l'émission à grands coups de jeux de mots désuets sur fond de musique classique, ou en se fondant sur les intonations très précieuses ainsi que leur noms très franco-français (Philippe et Margarete de Beaulieu).

Eh ben je peux vous dire qu'on se marre devant ce ramassis d'ignorance crasse, à se demander si on est pas là face à un super fake.
Morceau choisi : 

"
Prof : J'ai eu des problèmes avec un élève de confession juive...
Margarete : Je vois, il est arrivé avec une calotte sur la tête ?
Prof : Euh "kippa", enfin non il n'avait pas la kippa il portait une étoile de David très voyante.
Margarete : Ah, et il a donc refusé de la découdre.
Prof (incrédule) : ... De la découdre...?
Margarete : Bah la découdre, de sa veste."

Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer. Et un final splendide : la laïcité c'est très bien, mais pas touche au petit Jésus !

 

...

Bon si ça peut vous rassurer, c'est en réalité un fake, du second degré à donf :D

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Politécolomique (Politique)

Elles auront beau crier au scandale, tout ce qu'on risque de retenir d'"outré" concernant les associations féministes et leur réaction face au conseil de l'RSF aux journalistes femmes de rester chez elles, c'est le qualificatif de "cruche" ; envoyer une femme couvrir la Révolution égyptienne, c'est aussi suicidaire que d'envoyer un noir couvrir un rassemblement du Ku Klux Klan ou une journaliste interviewer un DSK.

Faudrait peut-être pas oublier ce qu'a été la Révolution française, menée par nos illustres aïeux, au-delà du fait d'être porteuse de formidables idéaux ; elle a été avant tout un déchainement des passions, jolie expression voulant surtout signifier boucherie. Suffit de voir les sorts de Khadafi ou du malheureux tigre de Ben Ali pour se convaincre que c'est décidément pas un événement de bisounours.

Alors oui mieux vaut prévenir que guérir, surtout quand guérir - et c'est-à-dire en l'occurence punir les fauteurs - est impossible. Non, la presse française ne fait pas preuve de discrimination mais de prudence, (quand même hautement légitimée car il s'agit du 3e incident du genre) c'est bien en la Place Tahrir que tout se passe, que la dite discrimination sévit, et contre laquelle aucune loi, aucun juge français, ne pourra rien.

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Politécolomique (Politique)

Pour ceux qui avaient encore des illusions, c'est maintenant clair et net : les banques ne sont pas les victimes de leurs traders cherchant à amasser de l'argent, oublieux du fait que tous ensemble ils font s'écrouler leurs châteaux.

Non, elles savent parfaitement ce qu'elles font, qu'il y aura récession et elles l'espèrent de tout coeur. Preuve en images.


Rastani, le trader qui "priait" pour la... par asi

 

Je sais pas si certains s'y connaissent un peu, mais du coup j'ai une question : lorsqu'il dit "les économies de millions de gens vont partir en fumée", ce sont des économies placées ? Càd confiées délibérément à des banques pour qu'elles spéculent avec ? Est-ce que ça concerne le livret A, par exemple ? Est-ce que ça concerne également les emprunts qu'on a pu faire ?

Je sais que dans le doute, d'ici fin Octobre, période à laquelle je rentre en France je bouge tout ce que j'ai vers la NEF, qui est une banque coopérative qui investit dans le social, le local et l'écolo, et ne spécule pas en Bourse.
Je ne sais pas dans quelle mesure ça met mon argent à l'abri...

Au final, je suis assez terrifiée de ne rien connaître à un sujet qui peut décider de ma vie entière d'un claquement de doigt...

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Politécolomique (Politique)

Les attentats en Norvège du 22 juillet ont causé la mort de 99 personnes, aux dernières nouvelles ; 7 dans l'explosion d'une bombe à Oslo, 92 dans une fusillade pendant un rassemblement politique.

Anders Behring Breivik est considéré comme étant responsable des deux attaques, suspecté pour la 1ère, avéré pour la seconde.

Pour plus d'informations à son sujet, les médias se tournent assez logiquement vers son profil Facebook ; on y découvre un homme blond aux yeux bleus, bien bâti, aux goûts assez classiques voire parfois assez intellectuels : intéressé par la science politique, 'stock analysis' (que je suppose être le suivi de la et les paris en Bourse), admirateur de Winston Churchill etc, etc...

Mais comme vous pourrez le constater dans cet article, les médias retiendront surtout deux choses : amateur de chasse, et joueur régulier de Modern Warfare et World of Warcraft.

Mais au nom de quoi ?! Il y a aussi Caprica, Dexter, True Blood,300, Gladiateur, Le procès de Kafka, la musique classique, la trance, mais non ! Il faut absolument relever le fait qu'il aime des jeux vidéo particulièrement sujets à controverses.

Beaucoup d'entre vous ont pu constater que sur le sujet de la violence dans le jeu vidéo, je suis plus mitigée que la plupart des gamers qui assurent, craché juré, qu'elle est inoffensive. Ce qui m'inquiète c'est de faire un lien aussi évident, comme s'il n'avait que ça dans sa vie... Or son profil facebook démontre bien que non. Pourquoi ne pas accuser la musique classique de ne pas adoucir les moeurs ? Et Winston Churchill ? Ou tiens, son intérêt pour la finance ?

Je trouve ça véritablement honteux de la part de journalistes qui offrent là un profil incomplet et donc orienté de l'homme, trompant leur lecteur, l'incitant à s'en faire une idée de geek asocial à la pensée simpliste de tuer ou être tué, prétendument induite par le jeu vidéo.

Histoire de donner du grain à moudre à Nadine Morano et consorts...

 

Sources :

Cache de son profil Facebook désormais indisponible

Article sur le 20min

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Politécolomique (Cinéma)

 

Je m'excuse à l'avance si certaines réflexions peuvent paraître réductrices, naïves ou simplistes. Je n'ai aucune formation en sociologie, donc si certaines remarques vous paraissent grotesques par rapport à certains auteurs que vous avez pu lire, je m'en excuse d'avance, ça n'est que mon ressenti :)

 

Ah Avatar, le film de la décennie. Porté aux nues du fait de ses images de synthèse somptueuses et de ses décors enchanteurs.Descendu aussi, par les gens qui espéraient encore pouvoir trouver aujourd'hui un scénario innovant. Taxé d'être un mix entre Pocahontas et Zak & Crysta (en réalité, ce dernier a été rarement cité pourtant il en est encore plus proche).

Cela fait un certain moment que je me suis faite à l'idée de ne pas trouver de scénario véritablement original dans un film, Inception en étant peut-être une rare exception (qui s'avèrerait au dernières nouvelles piquer son concept d'une aventure de Picsou !). Aujourd'hui, on peut espérer d'un film qu'il ait une excellente ambiance et une certaine cohérence, et peu nombreux sont ceux qui auront critiqué Avatar sur ces points.

Pourtant, au delà du fait que son ambiance et ses décors ne m'ont pas faite voyager, c'est le message pseudo-écolo et anti-colonialisme qui m'aura débecté, simplificateur, extrêmement naïf (les gentils humains ne sont que l'exception qui confirme la règle).
En un mot, erroné. Et presque dangereux au vu du monde d'aujourd'hui.

 

Les Na'vi, peuple cheaté

Le rapport à la nature

L'humanité, j'ai nommé la Très Méchante, a une histoire beaucoup moins peace que celle qu'on peut imaginer des Na'vis. Elle a toujours fait face à une nature hostile : maladies, catastrophes naturelles, prédateurs, à ses débuts elle vivait en état de survie perpétuelle.
La lèpre ou la peste sont des maladies absolument terrifiantes visuellement. C'est super trash, et c'est loin d'être les plus impressionnantes !
C'est donc la peur de la souffrance qui dominaient, la recherche du confort élémentaire était tout ce qui importait ; cela a pu se faire grâce à un esprit de communauté développé au fur et à mesure (celui-là même qui fait dire des chiens qu'ils sont plus intelligents que les chats).
Cette cohésion a permis le progrès, nous apportant nourriture suffisante, et médecine. Ainsi, la notion de communauté nous a permis de dompter une nature tout sauf maternelle ; je ne pense pas que les humains trouvaient les oursons super-kawai à l'époque.

En effet, la notion de Mère Nature (dans le sens d'une puissance bienfaisante) n'a jamais été concrètement présente ; la nature ne permet certainement pas de miracle chamanique (sauf dans l'esprit de quelques illuminés ayant fumé trop de marijuana) et personne n'a la conviction d'une vie après la mort. Au delà de la peur de la souffrance, il y a la peur du néant, induit par la mort.
Dans un monde où la peur domine, on recherche la protection à tout prix ; l'Homme est dans une logique de progrès permanente : guérir toutes les maladies possibles, manger le plus possible, s'économiser physiquement le plus possible, et surtout oublier autant que possible les notions de souffrance et de mort.

 

De son côté le peuple na'vi fait face à une nature peu hostile : la soumission des prédateurs est aisée, le climat est paisible, la jungle est généreuse et on ne leur connaît pas de maladie.
Pourtant on parle bien de comparaison avec les indigènes d'Amérique ; quid des coulées de boue ou encore une fois de la lèpre (Gary Jennings, auteur du roman Azteca y prétendait que les Aztèques parlaient d'être mangé par les dieux) ?
A côté de ça, il y a une connexion psychique concrète avec Mère Nature ; on peut communiquer avec les animaux, les miracles existent bel et bien et sont immédiats, la foi religieuse est absolue.
Les Na'vis n'ont aucune raison d'avoir peur de la mort, ils sont choyés par la nature et ont tout confort, savent plus qu'ils ne croient d'où ils viennent et où ils vont. Ils n'ont pas besoin de progrès, car rien ne les pousse à se dépasser. N'est-ce pas complètement abusé ?

 

Le rapport à l'autre et à la communauté

Chez l'Homme donc, c'est la recherche perpétuelle du confort qui commande : le progrès a permis aux communautés de s'élargir, devenant énormes, trop énormes.
Trop de gens signifie une dilution du réseau social : on connaît beaucoup moins de personnes, proportionnellement, qu'avant ; connaître 1000 personnes sur une communauté de 2000 n'a rien à voir avec le fait de connaître 1000 personnes sur une communauté de 2 000 000.
Ceux qui sont en-dehors de notre cercle nous indiffèrent (on ne les connait pas) et le fait de devoir partager notre territoire avec de parfaits étrangers laisse la place à jalousie, envie et méfiance : c'est la peur de l'inconnu.
Cet accroissement de la population fait naître de nombreuses cultures différentes ; plus il y a de différences culturelles plus il y a d'incompréhension, source de conflit.
Et comme la peur de l'après-mort est toujours présente cela fait également naître des tas de théories différentes pour se rassurer : les religions. Et que se passe-t-il si quelqu'un met en doute votre croyance ? La peur qu'on vous dise que tout ça n'est un mensonge, engendre colère et haine et de là, la guerre.

 

A l'inverse, les Na'vis vivent en petites communautés : tout le monde se connaît, s'entraide, les liens sociaux sont forts et comme la nature est généreuse il n'y a ni guerre culturelle ni guerre de ressource, sans oublier que tout le monde se comprend grâce aux pouvoirs psychiques. N'est-ce pas merveilleux ?
Ça n'est surtout absolument pas crédible : comment expliquer qu'il y ait si peu d'individus ? Les femmes ne peuvent-elles porter qu'un enfant dans leur vie ? Si c'était le cas, la guerre chez les mâles pour pouvoir engendrer serait absolue.
Même Pocahontas ne tombe pas dans de tels travers : au tout début du film, le père et chef du village, revient vainqueur d'une guerre contre une autre tribu.
Il n'y a donc rien qui justifie des communautés si réduites, car rien qui régule leur population ; les morts violentes, dues à la maladie ou aux prédateurs, semblent être extrêmement rares. C'est une situation presque semblable à nos sociétés « civilisées », et encore ! Nous avons guerres et maladies et pourtant, notre nombre explose.
Et ce n'est pas le cas chez eux : ça n'est pas crédible.

 

Le rapport au spectateur occidental

L'apparence tout d'abord : les Na'vis sont bien évidemment des humanoïdes. Qui plus est, ils sont des expressions de visages lisibles et reconnaissables facilement, ils correspondent parfaitement à nos critères esthétiques (élancés et fins) avec un bonus : ils ont la peau bleue et étoilée comme une belle nuit d'été, et sont léonins - donc sensuels.
L'identification est très aisée : l'approche aurait été beaucoup plus intéressante s'ils avaient ressemblé aux crevettes de District 9, qui elles ont peur de la mort et agissent donc - logiquement - comme des humains. Tout de suite, l'histoire d'amour aurait semble un chouïa plus glauque.
Au passage, je n'ai pas été emballée par l'ambiance du film parce que j'avais un arrière-goût de déjà-vu : les Na'vis sont une copie conforme des ronsos d'FFX (ils sont même plus fins) et en termes de décors j'ai eu l'impression constante de me balader dans les forêt de Macalania et de Kilika, la première pour les fleurs qui brillent et la deuxième pour le côté tropical.

En termes culturels maintenant : c'est clair et net, les Na'vis empruntent beaucoup aux cultures africaines et amérindiennes. D'un point de vue occidental c'est exotique, ça plaît. Le problème étant qu'on est justement en plein dans le syndrome carte postale : les coutumes des Na'vis correspondent parfaitement aux critères occidentaux !
Quid du cannibalisme et du sacrifice humain chez les Aztèques ? Quid des mutilations corporelles ? (cicatrices de clan, excision). Ou, tout simplement, l'hygiène : font-ils leur toilette comme les chats ?

Grâce à un portrait totalement irréaliste, le spectateur a une fascination totale et absolue pour les Na'vis. Et c'est totalement cheaté.
Car le « discours » anti-colonialisme d'Avatar se base totalement sur cette perception d'un peuple parfait. Pourtant si aujourd'hui nous devions entrer en contact avec les Indiens de l'époque nous serions certainement horrifiés par les coutumes des Aztèques, et nous considèrerions la médecine des indiens d'Amérique avec un sourire amusé.
D'ailleurs, ils seraient sans doute ravis de se voir offrir des téléphones portables pour communiquer avec leurs guerriers partis chasser le bison. Et encore, sûrement auront-ils choisi de pratiquer l'élevage intensif plutôt que de mettre en danger leurs hommes. Ah, et la lèpre serait guérie grâce à nos antibiotiques.

Le fait que les Na'vis n'aient concrètement aucun problème dans leur vie fausse totalement la comparaison.

 

La dangereuse perception de l'écologie

A côté des Na'vis, les humains font figure de Grands Méchants de l'histoire.
Le message consiste en « Pandora est une simple source de revenus à leurs yeux » : les humains font le mal pour l'argent, le superflu et le plaisir, de façon consciente et volontaire. Ils détruisent la nature parce qu'ils le souhaitent.
On peut sans problème faire le raccourci « abat des arbres sur Pandora = pollution dans notre monde réel ».
Mais cette pollution, d'où vient-elle ? De nos activités, de notre confort. Que ferions-nous sans énergie ?
Et c'est bien une source d'énergie que recherche la Compagnie. Et c'est d'ailleurs cette énergie et technologie (issue du progrès) qui a permis de tourner Avatar. Pas d'énergie signifie pas de communication, pas de loisir, pas de nourriture facile d'accès, en somme pas de confort.
Cela entrainerait à la fois ennui (on ne pourrait plus se divertir) et inconfort. Et on retournerait au stade du « vivre pour survivre », à l'image des pays du tiers-monde.
Le deuxième discours consiste en « on peut vivre en harmonie avec la nature ». Tout ce que j'ai cité plus haut prouve purement et simplement que non ; l'esprit scientifique de Grace en aurait vite assez de la vie basique des Na'vis si elle avait dû y naître. Et encore !
Les Na'vis ont une nature « naturellement » généreuse (des travaux quotidiens pour la nourriture aisés) et faussement hostile. Ce « faussement hostile » étant ce qui donne l'impression d'aventure : on est en plein Hollywood, les personnages auxquels on tient ne peuvent pas mourir bêtement en s'étant faits croquer par un archéoptéryx. Chez les Na'vis, on joue aux jeux vidéo en permanence avec un max de réalisme ; demandez aux aborigènes s'ils font mumuse avec les crocos juste pour le fun.

Mais au-delà du côté très manichéen du rapport des hommes et des Na'vis à la nature, l'aspect plus inquiétant du discours écolo est d'associer écologie et combat armé.
Dans Avatar, on peut dire que le seul problème des Na'vis, c'est ce connard d'humain qui cherche à abattre leur belle forêt. En d'autre termes, il s'agit d'un ennemi à repousser, une fois pour toutes, et ensuite ils seront tranquilles à vivre leur vie de hippie.
On peut résumer la chose en si on se débarrasse des multinationales, on a la paix pour toujours et on va redevenir ami avec Mr Tigre. Oui c'est ridicule, l'écologie n'ayant rien d'un combat armé.
L'écologie passe par l'éducation par une discipline personnelle, des habitudes à prendre, contraignantes. Un travail de fond à long terme. C'est tout de suite moins fun.
Associer écologie et combat est aussi stupide que de prôner le piller au lieu de cultiver : on fait tout en une fois et on est tranquille pour toujours.
Le problème étant que dans l'écologie, l'ennemi, c'est soi-même. C'est la manie du gâchis, la recherche du plaisir et de la nouveauté qui fait consommer puis jeter.
Il suffit de voir Wall.e pour s'en convaincre : le générique de fin est d'ailleurs beaucoup plus représentatif de ce qu'est l'écologie et même la vie en général, chose qu'on a finie par oublier : c'est un travail de tous les instants si on ne veut pas être mené à la déchéance et à l'auto-destruction.

 

A la fin d'Avatar, on peut dire que les gens rentrent à la fois ravis et désabusés : ravis parce qu'ils ont voyagé, que c'était un super safari, parce que les gentils ont gagné.
Désabusés, car ils se retrouvent face à la réalité et commencent à ressentir de la nostalgie pour un Eden qui n'a jamais existé. Désabusés, car culpabilisés bêtement dans un rôle de gros méchant pollueur - quoique, ce n'est pas eux : ce sont les méchantes multinationales.
Et enfin parce qu'il rêvent d'une cause pour laquelle il suffit de se battre et mourir pour tout régler. Mais il suffit de voir la Révolution Française (ou les guerres civiles d'Afrique qu'on regarde d'un air atterré mais qui se font toujours pour un idéal) pour voir que ce n'est qu'une utopie, les happy end n'existant pas dans la vraie vie car il n'y a pas de 'end', pas de fin. Car il existe bien une cause à défendre mais elle n'est pas de ces causes pour lesquelles on se bat mais qu'on ne peut que régler à long terme et qui passe par une discipline personnelle et l'espoir que tout le monde fasse pareil. Et ce n'est certainement pas Avatar qui l'enseignera.

 

 

Références intéressantes qui peuvent traiter d'un sujet proche :

La route (film adapté du roman éponyme, John Hillcoat)

Le Soldat chamane (roman, Robin Hobb)

Azteca (roman, Gary Jennings)

Pocahontas, Tarzan (dessin animés, Disney)

Zak & Crysta (dessin animé, 20th century fox)

Final Fantasy X (jeu vidéo, Square Enix)

Wall.e (film, Pixar).

District 9 (film, Neill Blomkamp)

 

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Édito

Bonjour, bonjour !

Bon, pour l'instant, je ne sais pas trop ce que je vais faire de ce blog, ça se fera vraiment au feeling, sur à peu près tout et n'importe quoi qui suscite mon intérêt, principalement tout ce qui est tourné vers le jeu vidéo et l'écologie (quoi, "on peut pas être écolo en étant geek" ?).

Y aura ptêt' du cinéma, de la politique, de la musique, que des trucs funs quoi !

Voilà, voilà...

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