Pensées bordéliques

Par Kyalie Blog créé le 22/07/11 Mis à jour le 27/08/14 à 20h10

Des trucs, des bidules, tournés jeu vidéo, écologie, politique, en vrac.

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(Jeu vidéo)

J'ai toujours été mal à l'aise, dans le meilleur des cas indifférente, devant ce que j'appelle "les scènes de cul", dans les films ou les séries. Le terme n'est pas anodin : j'avais bien l'impression qu'on me montrait "des gens qui font l'amour" juste pour me montrer un enchevêtrement de chair.
Enfin quoi, à quoi il s'attend le réalisateur ? A ce que je m'identifie ? Que je sois émue ? Excitée ?

Dans le jeu vidéo, on entend tout le monde appeler à corps et à cris du sexe mature. L'immaturité serait là représentée par des jeux comme God of War où une partie de jambes en l'air devient bel et bien une partie de jeu (QTE) ou dans GTA où on ne montre le sexe que dans ses aspects "marchands" (prostitution, strip-tease).
En face, on aurait un combo Heavy Rain/Beyond two souls où le sexe y serait traité comme "l'acte de deux personnes qui s'aiment".

 

L'intérêt narratif


Ainsi, la question du sexe peut être abordée de différentes façons. Premièrement donc, le sexe peut être sans sentiment, purement une affaire de recherche de plaisir, d'assouvissement de pulsions. La tendresse y est bien accessoire.
Deuxième cas, le sexe comme acte amoureux. Le problème c'est que c'est l'acte le plus intime qui soit, qui demande de la subtilité. Il y a mille façons de faire l'amour, et elles peuvent facilement paraître en décalage avec la vision que le spectateur en a.
 
On ne va pas se mentir, ni God of War ni GTA n'ont la moindre volonté de montrer la beauté des relations humaines ; le premier est une série viriliste s'assumant à 300%, le second une série qui parodie avec un cynisme de haute volée la mentalité qui règnerait sur la côte Ouest des USA : course à la célébrité, à l'argent, à la drogue et donc au cul.
Du côté de Quantic Dream, les deux essais que j'ai cités tombent court ; la relation Madison/Ethan paraît plus que forcée étant donné l'état de nerfs de notre cher père de famille, et Ryan nous étant difficilement présenté comme autre chose qu'un connard, on a bien du mal à s'identifier à Jodie ; d'ailleurs dans ma partie, ça s'est fini avant même d'avoir commencé, avec ce cher monsieur se barrant sans un mot, quand Jodie tombe en larmes en réalisant à quel point Aiden sera toujours omniprésent dans tous les aspects de sa vie.

Et quand bien même on arriverait à croire à ces histoires d'amour, la scène de cul ne serait-elle pas tout simplement redondante d'un point de vue narratif ? Car s'il y a bien amour, ce n'est pas en mettant en scène des gens faire l'amour qu'on le montre, c'est dans des gestes de tendresse, des rapprochements. A partir du moment où ce travail est fait, quelle peut bien être l'utilité narrative d'une scène de sexe ? Que raconte-t-elle en soi que n'a pas raconté un baiser ?

Et d'un point de vue extérieur, sans les perceptions et ressentis qui vont avec, quelle émotion peut bien créer un acte sexuel à part, lorsqu'il ne paraît pas bêtement banal, l'excitation - ou le malaise ?

Car malgré tout, le sexe en lui-même peut bel et bien être vecteur narratif, mais en usant d'un autre point de vue. C'est le troisième cas : l'aspect sombre, primitif, irréfléchi, irréfréné des pulsions sexuelles.

Dans sa forme la plus évidente, ça prend la forme du viol ou tentative de viol, subie par le personnage ; là, on pense tous à la polémique Lara Croft, ou bien à Jodie qui échappe de peu à ce sort dans Beyond: two souls. Mais clairement ce n'est pas l'exemple le plus intéressant : le méchant est méchant, c'est un vil queutard, il en prend plein la gueule en retour, il est puni, point.
Winter Voices traite quant à lui du traumatisme laissé par le viol de manière très poussée (quitte à s'y perdre lui-même), mais on reste dans la problématique du sexe subi, forcé, du crime ignoble.

Si Silent Hill 2 a une démarche similaire concernant Angela, abusée par son père, le cas de James Sunderland est plus inhabituel ; il est partagé entre Mary l'épouse à la fois chérie et détestée du fait de sa déchéance physique qui la rend très agressive, intouchable dans les deux cas et son alter ego fantasmé, la très sensuelle Maria. Celle-ci est régulièrement punie de cette sensualité en étant tuée à répétition (empalée, battue), par le répugnant Pyramid Head, incarnation des pulsions sexuelles de James et qui provoque à la fois fascination et dégoût, comme si la moindre pensée de désir sexuel à l'égard de Mary/Maria était taboue, profanatoire, du fait de sa maladie.

La question du joueur acteur


Mais même lorsqu'il est traité de façon à peu près mature (avec plus ou moins de succès), le sexe dans le jeu vidéo reste relégué à la partie "scénario", dissocié du gameplay. C'est bien souvent une cut-scene, une partie de non-jeu.
Là où il est possible de commettre un véritable génocide in-game voire de s'adonner au sadisme, il est quasiment impossible de s'adonner aux joies du sexe : la violence ça passe, mais le bout de nichon non.
On aime à comparer ces deux aspects, comme si ce n'était qu'une question de gravité : participer un meurtre devrait être bien plus problématique que de montrer de la chair, ah ces Amerloques puritains !

De mon point de vue la comparaison est plus complexe que ça, car la notion d'acteur, de joueur, a son importance.
Le meurtre, c'est quelque chose que peu d'entre nous connaîtrons dans leur vie, qu'il s'agisse de le subir ou de le faire subir, là où, sauf malchance, n'importe qui fera l'amour dans sa vie. La mort et donc le meurtre sont quelque chose qui reste résolument virtuel, quasiment du domaine de l'imaginaire, surtout lorsqu'il s'agit de sa propre mort.
Or le sexe c'est quelque chose d'intime, c'est un choix personnel, où on est sujet et non objet, on ne subit pas ce qui est fait au corps on participe, la mort paraît éloignée alors que le sexe est ce qu'il y a de plus proche de nous.
Il y a de multiples raisons de tuer quelqu'un, parce qu'on n'a pas le choix, par vengeance, par autodéfense, pour défendre quelqu'un ou éliminer un grand danger. Bref, si on tue c'est généralement pour neutraliser un danger.
Et pour en revenir au fait que la mort est décidément doublement virtuelle, c'est qu'en général, tuer dans un jeu vidéo, c'est avant tout éliminer un obstacle, voire battre un concurrent : c'est le côté ludique qui prime sur la représentation.

Ainsi d'un point de vue purement ludique, le sexe paraît difficile à traiter autrement que du point de vue "amoureux", si on insiste à parler de maturité. Jouable, contrôlable, il signifie a priori devoir montrer les choses aussi absolue, donc crûment, que lorsqu'on tue un ennemi.
Car il va sans dire qu'il serait très mal perçu de pouvoir incarner un violeur, dixit le tristement célèbre Rapelay. Et bien sûr, le sexe comme simple partie de jambes en l'air est déjà présent dans GTA et God of War, scènes qui se voient attribuées le qualificatif d'immature. Car il paraît très difficile d'impliquer le joueur sans que ça tourne au sextoy, tel qu'on a pu le voir récemment avec des jeux comme ceux du studio ThriXXX (qui donne la trique, hinhinhin), qui avait fait parler de lui pour son utilisation de Kinect.
Mais s'il ne doit s'agir que de sexe amoureux, cela signifie le traiter en tant qu'acte intime, donc avec une certaine subtilité. Rendre la chose jouable, c'est supposer pouvoir échouer, devoir suivre les règles du jeu telles que définies par le game designer et sa vision de la chose, et ça crée forcément un décalage qui peut rapidement tourner au ridicule ou au gênant, dans tous les cas briser l'aspect romantique, intimiste et spontané de la chose.
Comment intégrer le sexe dans un ensemble de règles du jeu, de mécanismes, sans le rendre vulgaire ?


Pour résumer, on peut donc dire que le sexe est quelque chose de difficile à rendre jouable dans un jeu vidéo de manière "mature", et que sa dimension très personnelle le rend plus complexe à manipuler que la notion de violence physique ou de meurtre, et qu'il semble de toute manière avoir un intérêt narratif limité sauf dans sa dimension la plus sombre, selon l'idée où on n'en fait pas un simple prolongement de l'attirance amoureuse.
Alors pourquoi ne pas laisser le sexe comme quelque chose de suggéré, afin de ne pas risquer de s'embourber dans une représentation fade et trop crue, qui risquerait d'amoindrir ce que peut bien ressentir le joueur ? Laisser la chose à l'imagination personnelle du joueur n'est-elle pas la meilleure façon de traiter du sujet de façon mature ?

Il y a peut-être une autre piste, celle engagée par Catherine, qui offre malheureusement une vision du couple assez caricaturale, venant un peu ternir cet essai...

Dans tous les cas, je me rends tout à fait compte que ce billet sur le sujet est très partial, et pour cause les tentatives de défricher ce secteur sont au final peu nombreuses et cela rend l'analyse d'autant plus difficile. Je serais heureuse de vous voir étayer le sujet avec des contre-exemples, et des pistes éventuelles.

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Commentaires

Waldotarie
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Waldotarie

Les enjeux : sauver sa relation sexuelle
Les difficultés : Ne pas vexer la fille et faire preuve de subtilité
Les risques : Choper un enfant

B)

 

Pourquoi tout de suite la fille ? :evil:

 

Mais clairement, un réal intelligent (et très doué) pourrait interroger notre relation au sexe, voire nos limites et nos tabous.

 

Et toux ces jeux qui racontent des histoires d'amours sans même évoquer la relation sexuelle me paraissent clairement incomplet, voir à côté de la plaque. On a généralement une ellipse et hop ! la fille est super contente et vous vous êtes rapprochés. Sauf que tout le monde sait très bien que ça ne marche pas comme ça, automatiquement bien, qu'il y a parfois des ratés. Ce qui est intéressant, c'est que c'est aussi eux qui peuvent cimenter le couple, selon les réactions des protagonistes... Mais qui arrivera un jour à rendre ça palpable sur une oeuvre cinématographique/vidéoludique ?

Pedrof
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Pedrof

:lol:

Zinzolin
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Zinzolin

Quels sont les enjeux d'une relation sexuelle A ? Quelles sont les difficultés du protagoniste B pour les atteindre ?


Les enjeux : sauver sa relation sexuelle
Les difficultés : Ne pas vexer la fille et faire preuve de subtilité
Les risques : Choper un enfant

B)
Pedrof
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Pedrof

Jouer le sexe dans un jeu vidéo ? Je ne vois pas comment ça pourrait être intéressant. Dans un niveau de jeu vidéo, par principe, il doit y avoir un enjeu. Quels sont les enjeux d'une relation sexuelle A ? Quelles sont les difficultés du protagoniste B pour les atteindre ? Comment transcrire cela de manière pertinente à travers un challenge qui se résout en une combinaison de boutons à la manette ?

Le problème me semble largement insoluble, ou alors il faudrait un génie pour en faire quelque chose d'intéressant.

Tu parles de l'intérêt de la représentation du sexe en général, au-delà du baiser. Je ne suis pas d'accord sur le fait qu'il ne peut pas y en avoir, puisqu'une relation intime a énormément justement "d'intérêts narratifs" (c'est moche à dire mais c'est comme ça). Comment les personnes se touchent, comment elles se rapprochent, les mouvements qui commencent qui ne se terminent pas, les tentatives de se synchroniser, les ratés, etc. Si un réalisateur de série ou film voulait vraiment s'attaquer au sujet de la relation sexuelle, il aurait du matériau.

Mais la plupart du temps, ça ne semble pas intéresser les réalisateurs cet aspect-là du sexe et du coup on se retrouve avec des scènes "illustratives" qui sonnent clichés et sans intérêt, venant renforcer les a priori déjà bien installés sur ce que c'est que l'amour physique.

Dans le cas où ça ne les intéresse pas, autant faire une ellipse élégante car au mieux ce sera hors-sujet, au pire ce sera gênant. Dans la saison 3 de The Killing les héros font l'amour mais on ne voit pas l'acte, parce que c'est pas le sujet et que le réalisateur a le bon goût de ne pas dérailler. On voit le baiser, on voit la fougue du rapprochement, et on se retrouve le matin avec l'héroïne qui se lève, nue (et pour le coup je trouve ça important quand même - mais elle est de dos ce qui va très bien et suffit).

Kyalie
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Kyalie

Bon, je viens de voir ce que Druuna. Je ne vous remercie pas xD

J'aurais peut-être dû mettre un flag "NSFW" XD
Zinzolin
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Zinzolin
Je connais pas Druuna...

J'avais pas vu ta réponse sinon. Je pensais vaguement à Alice Retour au Pays de la Folie quand j'ai écrit ce paragraphe. Alice, atteinte de folie, voyage dans son psyché qui est le pays des merveilles et butent des monstres. Sauf que dans la vrai vie, c'est une fille qui fait le ménage dans des quartiers sordides et les métaphores sexuelles ne sont jamais loin. Au début, du jeu il y a même quelqu'un qui lui demande dans la rue, dans la réalité, si elle pouvait le soulager quelques minutes...

Y a une idée qu'elle se sent dominée dans la réalité, accablé par les hommes, tandis qu'elle est toute puissante au sein de son esprit.

Bon, je viens de voir ce que Druuna. Je ne vous remercie pas xD
Kyalie
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Kyalie
Luciole> Ouaip, c'est ce que je dis dans un de mes commentaires, un pote m'en ayant parlé après avoir lu mon billet.
Luciole
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Luciole
Dans Fallout 2 tu peux te prostituer, prostituer ta copine, tourner du porno (à condition de maxer ton endurance, et ça te bloque l'aide d'une famille de la mafia à cause de la femme du boss), coucher avec la femme et la fille d'un autre chef de famille mafia afin de piller des coffres une fois qu'elles sont fatiguées (quelque soit ton sexe).
Waldotarie
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Waldotarie

Je connais aussi Druuna. :ninja:

 

(:bave:)

 

@Strife : oui, j'imagine bien que d'autres ont dû y penser, mais cela demanderait un gros travail pour être bien réalisé, aucune chance de trouver un éditeur assez ambitieux actuellement...

Je pense qu'au delà d'un aspect "plaisir" facile à vendre, on peut aussi interroger la signification personnelle de l'acte sexuel, ses tabous, voire ses limites propres avec ce type de jeu. Une drôle d'idée, mais résolument mature pour le coup !

Strife
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Strife
@Kyalie: Je connais Druuna :ninja:

@Waldo: En effet, au sein d'un jeu assumé érotique/pornographique il y'a plus de marge pour développer le gameplay et la signification de l'acte sexuel. D'ailleurs sans aller dans une réfléxion aussi poussée que ce que tu évoques, certains eroge ne s'en tirent pas trop mal (la grande majorité semble toutefois particulièrement gratinée niveau mauvais goût) .

Dans le JDR il me semble que Xenogears traitait la chose de façon intéressante. J'ai moi-même en tête un synopsis de jeu avec quelques persos assez ambigüs sur le plan sexuel (au service de la narration), j'imagine que d'autres créateurs de jeux doivent en avoir dans leurs cartons mais bon, je ne pense pas qu'on en verra beaucoup soutenus par des éditeurs :/
Kyalie
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Kyalie

Les scènes de sexe "amoureuses" au cinéma, c'est un peu comme le vieux jump-scare moisi du film d'horreur, c'est une solution de facilité qui véhicule rien.

A la différence que sur moi, le jump-scare, ça marche à chaque fois XD
(Ah non, pas dans Silent Hill Revelation 3D, ils ont même réussi à se foirer là-dessus :genre: )

 

Par contre, dans tes pistes de réflexion, tu as oublié la prostitution. Vous allez trouver ma proposition glauque, mais imaginons un jeu (même orienté action/fantasy/sci-fi) où on contrôle une héroïne qui fait des trucs d'héroïnes de jeu vidéo (buter des monstres par exemple) et qui a besoin d'argent pour ses équipements. Pourquoi ne pas donner aux joueurs différents moyens de récolter de l'argent, tout en lui offrant la possibilité de se prostituer ? Évidemment, ça pourrait être une forme de rémunération, mais au départ le joueur le fait uniquement par nécessité et non parce qu'il y aurait une scène sexy à la clé.

Tu veux nous refaire Druuna ? :P Quoi, personne connaît Druuna...? >.>

Il serait tout à fait possible de faire la même chose avec un gars (puisque la prostitution masculine existe également), ça t'éviterait d'avoir Sarkeesian/Mar_Lard aux fesses.

Cela dit, j'ai du mal à imaginer un tel jeu ; quelqu'un qui aurait les moyens de buter des monstres ou des gens, pourrait tout aussi bien buter des gens pour leur voler leur argent plutôt que de passé à l'acte (façon Monster le film). Y a une idée de domination/soumission que je n'arrive pas à imaginer comme fonctionnant, hors JDR/bac à sable (un pote me dit qu'on peut se faire violer et/ou prostituer son/sa conjoint(e) dans Fallout).

Waldotarie
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Waldotarie
Ouaip, très intéressant comme sujet cet article.
Représenter l'acte sexuel dans un jeu vidéo est évidemment extrêmement difficile, de part la complexité même de la nature de l'acte. C'est quelque chose de trop intime, de trop changeant (même au sein d'une relation unique, la nature de l'acte sexuel évolue, selon les humeurs, le degré d'attachement, de connaissance de l'autre et de ses envies, de la forme physique,...). Du coup, le jeu vidéo fait comme le cinéma, montre juste rapidement l'existence d'une relation sexuelle, sans vraiment s'attarder sur sa forme et ce qu'elle raconte (et c'est pour ça que c'est souvent pourri, ça ne raconte rien, c'est gratuit et inutile...).

Je partage assez l'avis de Black là-dessus d'ailleurs. C'est aussi souvent avec des plans rapprochés sur les visages des acteurs, sans se concentrer sur les corps que ces scènes sont les plus réussies, parce qu'elles racontent des regards, de la tendresse, de la passion, et pas juste deux corps nus, cliniquement froids.

Après, pour le jeu vidéo, la seule manière qui me paraîtrait vraiment intéressante ludiquement, comme ça, rapidement, ce serait de l'intégrer complètement dans un jeu de drague. C'est à dire, de créer des choix avec des QTE à la Heavy Rain, qui influent à la fois sur la suite de l'acte (plutôt sensuel, centré sur le plaisir de l'autre, violent, égoïste, passionné, dominant/dominé, tendre ?...), et bien évidemment sur la suite de la relation. Avec une évolution du/de la partenaire au fil du temps et des actes.
Ce serait partiellement pornographique évidemment, et très compliqué à mettre en place... Mais bon, si on ne peut représenter l'évolution de la relation, des sentiments, de l'intimité entre les protagonistes, je ne vois pas l'intérêt. -_-
BlackLabel
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BlackLabel
Les scènes de sexe "amoureuses" au cinéma, c'est un peu comme le vieux jump-scare moisi du film d'horreur, c'est une solution de facilité qui véhicule rien.

Dans le film de Woody Allen Match Point, on voit rien, ça dure pas longtemps, et c'est extrêmement torride. Là ça véhicule quelque chose, et y'a pas de chair pour détourner l'attention du spectateur (car à mon avis le corps a tendance à détourner le spectateur du film, on focalise sur le corps de l'acteur ou l'actrice, et non pas à celui du personnage).

Super article en tout cas.
Luciole
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Luciole

Je vois que je ne suis pas le seul à estimer qu'une relation amoureuse ne doit pas nécessairement passer par un acte sexuel pour être correctement représentée. Malheureusement le sexe fait vendre, en plus de faire "adulte". Que ce soit devant un film ou un jeu vidéo, chaque fois que j'en vois, j'ai l'impression de pouvoir lire le même cahier des charges. Au final c'est tellement forcé et hors-sujet que ça me donne l'impression que l'attirance n'était que physique.

Shepard qui couche à trois reprises juste avant l'assaut final, et qui en plus trompe sa copine sans aucun remord dans ME2 (juste une phrase dans le 3 et c'est réglé, on n'en parlera plus jamais), ce n'est plus une relation amoureuse à mes yeux, c'est juste qu'il voulait s'envoyer en l'air une dernière fois, au cas où.

Pour moi rien que sortir de cette vision du sexe serait une belle avancée. J'aime beaucoup ta réflexion néanmoins ; je n'avais jamais poussé la mienne, estimant qu'il serait temps plus tard, quand la façon dont l'industrie utilise le sexe aurait changé.

Kyalie
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Kyalie

Dans le côté sombre tu peux rajouter les relations sexuelles exutoires à une certaine violence. Le bon vieux hatefuck reste quelque chose qui illustre assez bien la relation que peuvent avoir deux personnages. La mécanique dominant/dominé de certains couples s'avère de plus avoir un potentiel ludique certain.

J'avais tout à fait ça en 3e point du "sexe sombre", mais j'avais aucun exemple en tête dans le jeu vidéo donc j'en ai pas parlé au final.

Strife
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Strife
Dans le côté sombre tu peux rajouter les relations sexuelles exutoires à une certaine violence. Le bon vieux hatefuck reste quelque chose qui illustre assez bien la relation que peuvent avoir deux personnages. La mécanique dominant/dominé de certains couples s'avère de plus avoir un potentiel ludique certain.

Ensuite je pense que la maturité, c'est de ne pas avoir peur de traiter un sujet, sans pour autant se sentir obligé d'être démonstratif. En bref, se poser en adulte qui s'adresse à d'autres adultes quand on écrit son scénar. Et là vient le problème de la démographie supposée du public, entre autres.

Enfin, je te rejoins sur le constat de la non-nécessité de montrer l'acte sexuel pour développer une relation amoureuse entre les personnages, l'amour c'est tellement plus qu'une partie de jambes en l'air -_-
Zinzolin
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Zinzolin
J'aime beaucoup comment tu justifies que le meurtre est plus approprié/facile à mettre en jeu que l'acte sexuel. Je n'y avais jamais vraiment pensé sous cet angle, je trouve ça assez fin.

Par contre, dans tes pistes de réflexion, tu as oublié la prostitution. Vous allez trouver ma proposition glauque, mais imaginons un jeu (même orienté action/fantasy/sci-fi) où on contrôle une héroïne qui fait des trucs d'héroïnes de jeu vidéo (buter des monstres par exemple) et qui a besoin d'argent pour ses équipements. Pourquoi ne pas donner aux joueurs différents moyens de récolter de l'argent, tout en lui offrant la possibilité de se prostituer ? Évidemment, ça pourrait être une forme de rémunération, mais au départ le joueur le fait uniquement par nécessité et non parce qu'il y aurait une scène sexy à la clé.

En tant qu'acte amoureux après, je ne sais pas. Je pense que je serais plutôt de ton avis, que ça reste suggéré.
hiko
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hiko
Pour apporter de l'eau à ton moulin (NON il n'y a aucun sous-entendu dans cette phrase :D)
The witcher continue à s'enfoncer dans le côté obscur du jeu mature avec un personnage principal collectionneur et prédateur

Du côté des contre-exemples, je n'en ai malheureusement pas en tête. A croire qu'entre romance idyllique et sexe indécent il n'y a pas de demi-mesure.

Édito

Bonjour, bonjour !

Bon, pour l'instant, je ne sais pas trop ce que je vais faire de ce blog, ça se fera vraiment au feeling, sur à peu près tout et n'importe quoi qui suscite mon intérêt, principalement tout ce qui est tourné vers le jeu vidéo et l'écologie (quoi, "on peut pas être écolo en étant geek" ?).

Y aura ptêt' du cinéma, de la politique, de la musique, que des trucs funs quoi !

Voilà, voilà...

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