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Universal Pictures International France

Fast five? C'est quoi ça? A vue de titre ça annonce du film d'action survitaminé. Hein, quoi?! C'est le nouveau Fast and Furious! Encore ?! Mais ils vont en faire combien ? Cette question, devenue depuis récurrente, émaille chacune des sorties de chaque opus de cette célèbre saga d'action automobile initiée par Rob Cohen en 2001. Une récurrence qui échappe d'ailleurs à toute logique qualitative, ne voyez pas dans cette longue franchise le moindre indice d'une raison, proche ou éloignée, d'en faire différentes suites. Ce constat, un peu hypocrite, oublie tout de même l'essentiel : les gens y vont, et ça rapporte (bah quoi, on a jamais dit que c'était antinomique). Un décalage artistique devenu légion en ces temps de cinématographie capitaliste, où l'offre placardée régresse à la même vitesse que ses demandeurs incultes, dans ces conditions, pourquoi s'arrêter ? La preuve : j'y suis allé (gratuitement, mais quand même), sûrement attiré par la bonne impression que j'avais gardé du premier, dont ce 5e opus reforme une bonne partie du casting, auquel s'ajoute différents personnages aperçus tout au long de la saga.

Désormais dirigé par Justin Lin, réalisateur des 3e et 4e opus, la troupe de Vin Diesel (plutôt Shrek Diesel d'ailleurs, l'acteur ayant pris un peu de poids) continue là où s'était arrêté le 4e : en partance pour la prison. Mais, vite libérés, les compères s'exportent hors de toute extradition, direction : Brésil. Un changement d'environnement complet sujet à un exotisme bienvenu, au programme : plages, bikinis, favelas et courses poursuites en voitures, bien sûr. Ces dernières sont d'ailleurs moins présentes que d'habitude, elles ont moins l'importance « kéké-tuning » que possédaient les précédents opus. Non, ici il s'agit d'action, pure et dure, comme tout film de genre qui se respecte, ça bastonne, ça explose, ça vrombit, alors oui, on en prend plein la vue, mais tout ça, on l'a déjà vu mille fois. Car hormis les scènes d'introduction et de conclusion, très impressionnantes et efficaces (notamment la poursuite finale, avec le coffre fort), tout semble familier. La structure de narration est sans surprise, certaines longueurs se font même souvent sentir. Justin Lin est pris à son propre piège : à trop réussir ses scènes d'actions, le spectateur en devient dépendant. Certaines parties deviennent dès lors interminables et trop bavardes (pour quels dialogues..). Les codes du genre à leurs tours, sont éculés, et le coup du «montage» d'équipe avec : l'informaticien asiatique, le beau parleur black et la femme fatale, question originalité, on a déjà vu mieux.

Inégal donc, mais pas déplaisant, Fast and Furious 5 est loin d'être indispensable à la saga, on en retiendra seulement la scène finale, intense et explosive, ainsi que la participation toute en testostérone de « The Rock » Dwayne Johnson, dont l'affrontement avec Vin Diesel vaut son pesant d'action filmique. A part ça ? Ha oui, la fin annonce une suite. Quand on vous dit que tout est déjà vu...

Ma note pour ce film : 2,5 / 5

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Zach Galifianakis. Warner Bros. France

C'est l'histoire d'un succès surprise : Todd Phillips, honnête réalisateur de comédies US, produit Very Bad Trip, l'histoire de quatre potes enterrant la vie de garçon de l'un d'entre eux, la veille du grand mariage. Mais le lendemain, catastrophe, le futur marié a disparu, les souvenirs de la veille aussi. S'ensuit une longue virée dans les rues de L.A, à la poursuite des événements chronologiques de la vieille. Et là : miracle, sans tête d'affiche ni prétention aucune, Very Bad Trip devient le succès record de l'été 2009 et engrange près de 500 millions de dollars de recettes. Un triomphe inattendu qui en appelait forcément un autre, deux ans plus tard donc, voici sa suite.

Nouvelle histoire : Todd Phillips et la Warner, non content du succès du premier volet, décide d'en faire une suite, logique me direz vous, oui mais tout a changé depuis deux ans, ni les motivations, ni les prétentions, ni l'ambition de cette suite ne sont les mêmes. De plus, le trio d'inconnu ne l'est plus vraiment, Bradley Cooper est devenu une star, Zach Galifianakis (imprononçable) aussi. Todd Phillips et la Warner avait en tête, à l'époque, de réaliser un comédie originale, décalée, loufoque, mettant en scène de parfaits inconnus, le tout au sein d'un script ingénieux, tournant en dérision les dérives de l'alcool et ses conséquences. L'idée d'une suite renvoie donc à une certaine forme d'interrogation : Comment vont-ils poursuivre la franchise d'un film qui ne se base que sur son concept original ? La réponse ? Todd Phillips et la Warner l'ont trouvé depuis bien longtemps : refaire le même film !

Un choix prévisible (mais pas moins logique, malheureusement) qui fini de décevoir les derniers optimistes du projet. Very Bad Trip 2 est donc la copie conforme du premier, excepté l'environnement, délocalisé à Bangkok. Sinon c'est la même chose, l'histoire reprend les mêmes personnages et le scénario les mêmes mécanismes (à la différence près que c'est Stu, dorénavant, qui se marrie). Alors oui, on est content de retrouver la bande qu'on avait quitté il y a plus de deux ans, oui, certains gags sont drôles (la scène du travesti notamment) mais a part ça tout est réchauffé de A à Z. Le succès du premier résidait dans l'effet de surprise générale qu'offrait, entre autre, le script de Jon Lucas et Scott Moore, les révélations Cooper et Galifianakis ainsi que l'humour irrévérencieux achevait de faire de Very Bad Trip LA comédie de l'année 2009. En remélangeant les mêmes ingrédients la recette perd cette fois ci de toute sa saveur, ça se savoure toujours, mais l'arrière goût bâclé fait qu'on tire rapidement la langue.

Surfant sur son propre concept à succès, le cinéaste n'y a vu que l'appât du gain et la promesse d'une fidélité spectatorielle certaine. L'objectif financier évident donnera raison aux producteurs, moins à nous, spectateurs, plus attentifs (pas tous, malheureusement pour le cinéma, heureusement pour la Warner) à la qualité d'une telle fainéantise numérique. Bien que conscient d'une telle démarche, on ne pourra en critiquer la forme, prévisible, d'une telle machine à capitaliser. On en critiquera par contre ouvertement le fond, paresseux au possible, se limitant à calquer le schéma narratif du premier dont il n'en modifiera que le décor. Un foutage de gueule en bonne et dû forme dont on ne peut accepter l'idée qu'elle envoie au monde du cinéma : faites le minimum, ramasser le maximum.

Ma note pour ce film : 2/5                                                   


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Peut on rire de tout ? Cette question très subjective, toujours d'actualité aujourd'hui, sied comme un gant à tout ce qui a pu entourer la sortie du troisième film des Monty Python : La vie de Brian. Une question complexe auquel beaucoup répondront par la négative, pendant que d'autres lui choisiront la philosophie : « oui, mais pas avec tout le monde », une dernière remarque qui s'avéra être la plus représentatif de ce qui provoquera, à la fois le succès de La vie de Brian, que sa polémique. 1978, trois ans après le succès des Monty Python : Sacré Graal, la bande d'humoristes Britanniques réfléchit au futur contexte de leur prochain film. Il est tout trouvé : la religion. Un choix motivé par l'originalité du sujet autant que par l'audace et le culot que représente le traitement d'une telle institution.

Un risque assumé par une bande des Monty Python au complet : John Cleese et Terry Gilliam pour les plus connus, Terry Jones, Eric Idle, Graham Chapman et Michael Palin pour les autres. C'est dans ce contexte que se présente à nous La vie de Brian, gigantesque satire racontant la vie de Brian Cohen, un juif habitant la Judée, 33 ans après la mort de Jésus Christ, en plein joug Romain. Un postulat de base que vont s'amuser à exploiter la bande de caricaturistes Anglais avec un sens de la dérision et de l'iconoclastie à toute épreuve. Dans la vie de Brian tout le monde en prend pour son grade : lépreux, Romains, Juifs, messies, brocanteurs, chrétiens, tout est bon pour se moquer du fanatisme religieux et des dérives du messianisme.

Un ensemble parfaitement cohérent qui, non content d'être hilarant et corrosif, a le bonheur de mélanger rires et réflexions au sein d'un capharnaüm d'humour métaphysique absurde et insolent. Dans ce cas, difficile de se montrer plus perfectionniste, l'écriture des compères se montre à la hauteur de l'excellente réalisation des deux Terry (Jones et Gilliam), les deux acteurs/réalisateurs filment l'impressionnante galerie de personnages joués alternativement par les six acteurs avec malice et efficacité. Tous excellent dans leurs rôles respectifs, ça va du centurion Romain pointilleux sur l'écriture du latin à l'ex lépreux mécontent d'avoir vu Jésus le guérir de sa seule raison à mendier (haha), en passant par Brian (Graham Chapman) le messie malgré lui, puis par le brocanteur obsédé par le marchandage, même d'un objet qu'on lui donne gratuitement (haha!). Autant de gags à la secondes qui font mouche instantanément, La vie de Brian est un réel plaisir satirique d'une ambition et d'une impertinence rare. Pas étonnant donc, que de voir le tollé que provoqua la sortie de ce bijou de dérision théologique sur les différentes vierges effarouchées que pouvaient comporter les nombreuses communautés religieuses. Les Monty Pythons furent traités de blasphémateurs, de pêcheurs, de suppôts de Satan, des critiques vives et violentes qui empêchèrent même le film de sortir dans certains pays (en Italie et en Norvège notamment) et dans certaines contrées Américaines et Britanniques. Des condamnations évidemment injustes et sans fondements aucuns, car La vie de Brian n'a en aucune façon prétention à créer la polémique, le film s'applique davantage à l'empêcher par les rires et l'amusement qu'il provoque, même si c'est une comédie, il est vrai, saupoudrée d'une pointe de dénonciation et de moquerie, mais qui a dit que les clowns ne s'intéressaient pas au fond de ce dont ils se moquaient ?

Peut on donc rire de tout ? Ma réponse est indubitablement : oui, mais pas avec tout le monde, c'est une certitude, ce film en est la preuve. Car en s'attaquant au sacro-saint des sujets, les Monty Pythons frappent un grand coup dans le politiquement correct, la réaction qui leur sera offerte sera à la hauteur du génie dont il en est la cause : un chef d'oeuvre délirant, décalé, pertinent et intelligent, porté par une troupe d'acteurs au sommet de leurs créativités artistiques. Si on ne peut pas rire de tout avec tout le monde, avec eux si ! Profitons en.

 Ma note pour ce film : 5/5               
                        

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MES KRITIKS

Par nicolensois Blog créé le 21/06/11 Mis à jour le 13/07/11 à 20h36

Étant fan de cinéma je propose, après la vision de chaque film, une critique. Un point de vue évidemment personnel avec ce qu'il faut d'argumentation, de développement et d'objectivité ( du moins j'essaie ).
N'hésitez donc pas à réagir à mes critiques pour pouvoir en discuter, bonnes lectures.

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