
L.A. Noire (2011) est un jeu réalisé par Bredan McNamara, développé par la Team Bondi (a ne pas confondre avec la Team Soho) édité par Rockstar Games. Testé sur une version Xbox 360.
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LOS ANGELES 1947 (L'ambiance)
Pour commencer, l'ambiance est définitivement le point fort de ce L.A Noire. Beaucoup de gens jouent avant tout aux jeux vidéo pour appuyer sur des boutons, le plus souvent possible. J'ai l'impression que plus on appuie sur des trucs, plus c'est sensé être interactif. Le skill, les réflexes tout ça....Moi, j'en m'en fiche un peu. C'est vraiment l’immersion et la simulation d'un monde cohérent qui me fascine dans ce média. Bien sûr, l'interactivité est primordiale, mais je joue aux jeux vidéo pour voyager, pas pour m'occuper necessairement les pouces.

Incarner un type qui n'a rien a voir avec moi, dans un univers complètement différent.Et le temps d'une session de jeu, y croire bêtement. Je rêve de me promener dans l’Angleterre victorienne, dans le japon féodal ou même dans les univers de cinéma : Blade Runner, Hill Valley...Je suis un peu un touriste video-ludique, qui aime penser que la console est un peu un moyen de s’évader, pour devenir un un détective, un cowboy ou capitaine de vaisseau. Encore faut-il que l'ambiance et l'interactivité liés aux possibilités (plus qu'aux boutons) soient la.

LA noire réussi complétement ce point : recréer un Los Angeles des années pre 1950, qui nous fait plonger dans le passé, avec des références aux films, aux affaires et aux personnalités de l'époque. Le travail sur les décors et les costumes est vraiment admirable. De même, les développeurs n’ont pas cherchés à censurer la période, en la rendant plus acceptable, plus propre ou plus morale. Il y a du cynisme, de la xénophobie, du tabac a outrance et du whisky. Du scénes de crimes sanglantes, mais sans voyeurisme gratuit. Un coté un peu sale, quelque chose qui rappelle d'ailleurs la série Mad Men que j'aime beaucoup (qui se déroule pourtant 10 ans plus tard) On peu aussi citer les différents modèles de voitures d'époque, l'excellence des personnages et des dialogues, et vraiment beaucoup de petits détails qui rentent le monde simulé de LA Noire vraiment crédible. Tout a beau être virtuel, une partie de moi se laisse bluffer.

LIFE ON MARS (L'histoire, le gameplay)
Vous incarnez donc Cole Phelps, ancien héros de la guerre 39-45 (et non pas la guerre du Viêtnam, comme j'ai pu lire sur je ne sais combiens de tests !) devenu en 1947, policier dans la cité des anges. En réalité, au début du jeu, on ne ne sait pas grand chose de lui, ainsi, des flashs back viendrons régulièrement surgir pendant le mode scénario pour vous révéler son passé lors de la guerre. Au début du jeu vous êtes un simple flic, et l'histoire vous amènera a monter en grade a travers 4 brigades : la circulation, la criminelle, les mœurs et les incendies criminels. Vous changerez ainsi régulièrement de commissariats, de partenaires et de lieux géographiques. Les affaires sont variés, et vous amènent à côtoyer toutes sortes de personnages, des vedettes de cinéma, des vendeurs de légumes, des garagistes, des chefs de la pègre... (et quelques bons gros tarés) Mais le tout reste très fluide et très cohérent, très réaliste. En fil rouge, quelques grandes affaires comme le Dalhia Noir...

Le gameplay en lui même est très simple. Vous arrivez sur la scène de crime, et vous devez fouillez les lieux en examinant tout ce que vous pourrez trouver, façon F.R.E.E de Shenmue. Il y a bien sûr des faux indices dans le décors. Par défaut, une petite musique vous aide dans votre traque. Vous pouvez bien sûr la désactiver, c'est même fortement conseillé. J'ai vu beaucoup de joueurs se plaindre de la facilité du jeu. Enlevez les aides et vous verrez un peu ! Il y a également quelques fusillades, des mini puzzles, des courses poursuites, et évidement les interrogatoires...Mais j'apprécie vraiment le fait que les développeurs se sont creusés la cervelle pour proposer un gameplay qui ne soit pas du shoot/du hack d’ennemis. Même les gunfights ont plutôt une échelle réaliste (contrairement a un Uncharted par exemple)

On peut réellement rater certaines affaires, en oubliant des indices, en interrogeant mal les suspects ou en privilégiant un lieu d'enquête avant un autre. A la fin de chaque mission, une note vous est attribuée, et c'est la que devrait se situer le sentiment d’échec. Je ne comprendrais jamais les nostalgiques du mot Game Over. Bien sur on pourra trouver le gameplay un peu redondant a la longue...mais quel jeu ne l'ai pas ?
LIE TO ME (Les interrogatoires, la réalisation)
Ce qui avait bluffé tout le monde lors des premiers trailers, c'était bien l'animation faciale des personnages complétement incroyables. Et avec le jeu final entre les mains, c'est toujours le cas, la claque est belle. Uncanny Valley ? J'm'en tamponne l'oreille avec une babouche, j'ai trouvé ça sympa et bien fait, sans aucun malaise. Même si l'on sent quand même parfois le décalage corps/visages dénoncé par ce brave David Cage, sinon c'est du jamais vu en temps réel. C'est pas tellement la modélisation, mais vraiment tout le visage qui se déforme de façon très crédible, et pas du tout aussi rigide que dans les autres jeux (Je pense a Alan Wake, ou Heavy Rain)

De plus l'utilisation de véritables acteurs/actrices (Aaron Staton, John Noble, Sean Mc Gowan, Erika Heynatz ...) des personnages principaux jusqu'aux figurants, donne un vrai cachet au jeu. Bon il faudrait vraiment faire un effort sur la modélisation des cheveux maintenant ! Le reste de la réalisation graphique est de très haute volée. Malgré la présence d'aliasing dans la rue, les intérieurs n'ont rien a envier aux scènes d'Heavy Rain, les personnages sont très réussis...Rien à dire coté réalisation

Là ou je porte un petit bémol, c'est vraiment sur le déroulement des interrogatoires qui repose beaucoup sur les animations faciales. Certains sur Gameblog ont trouvés que le jeu des acteurs était trop surjoué...mais honnêtement, je me suis souvent planté en beauté. Pourtant je connais un peu les réflexes qu'ont les gens quand ils mentent (merci à Tim Roth) mais vraiment, plusieurs fois je me suis raté, ou alors, c'était le gameplay qui était en cause. Notamment la différence entre le doute et le mensonge...Je sais bien, le mensonge c'est quand on a une preuve ok...mais des fois j'avais une preuve qui me paraissait tenir la route, et en fait, non. Le doute devrait être plus nuancé...il arrive que Cole accuse violemment un type alors que j'ai juste un doute quoi ! Résultat, je me suis souvent beaucoup planté sur les interrogatoires.
BOULEVARD DE LA MORT (L'aspect monde ouvert)
La ville, le monde ouvert. C'est un peu le défaut et la force de L.A Noire. Je vous explique, dans un GTA par exemple, la carte est généralement adaptée pour le jeu : Liberty City n'est pas New York, c'est une version compressé de la ville, une sorte de best-of optimisé. Pareil pour The Saboteur ou même Asssassin's Creed. Dans le but de proposer au joueurs, a chaque coin de rue, quelque chose d’intéressant, un saut à prendre, un tunnel a emprunter, un bâtiment a visiter.

Pour L.A Noire, l'optique est différente puisqu'il s'agit de réaliser une copie carbone de la ville, à un moment donnée de son histoire. Et, une vrai ville de la vraie vie n'est pas toujours amusante ! Ainsi la ville est grande, trop grande. Il y a de la redondance de données, et le tout semble un peu impersonnel, un peu mort. Toutes ces lignes droites, ces carrefours...Cette ville sous forme de quadrillages. Ce n'est pas très sexy a visiter. Les développeurs ont cachés des choses dans la ville, pour faire de quêtes secondaires, mais c'est peine perdue : la ville est trop grande, impossible à réaliser sans solution. Alors quel intérêt ? La plupart du temps, on préféra se faire conduite plutôt que de se taper 10 minutes de trajet en ligne droite. Et les courses poursuites -qui s'inscrivent dans le mode historie du jeu- sont molles et très scriptés. Voir ratés, la voiture pris en traque semble généralement propulsée par le script, plus que par son propre moteur !

D'un autre coté, le fait que la ville soit immense et réaliste renforce le coté «petite fourmi» dans une ville en mouvement, ville qui sera de toute façon impossible de maitriser. L'aventure est linéaire, et la ville sert de décor au jeu. On évolue dans celle-ci, mais on la survolera simplement. On est moins dans le jeu vidéo, et plus dans le coté voyage temporel. Vous me suivez ?
L.A. Noire n'est pas un GTA Like.
MAD WOMEN (Sans rousses, l'enquête est moins folle)

Si le casting du jeu est vraiment impressionnant, j'ai constaté que deux actrices rousses apparaissaient dans le jeu, et ça c'est un bon point. Il s'agit de Julie Mc Niven (Enquête : Le Gazier) et Erin Chambers (Enquête DLC : La cité sans voiles) Elles ont notamment travaillés sur des séries tels que Mad Men, CSI, Stargate Atlantis / Universe...
CSI : L.A. (Conclusion)

Au final, qu'est ce qu 'il ressort de ce L.A. Noire ? Un excellent jeu tout simplement. Moi qui adore les jeux d'enquête, je me désole de voir chaque année des minables adaptations de la série Les Experts. Alors que le potentiel est juste énorme ! Bien sur, L.A Noire n'est pas exempts de défauts: c'est un titre un brin répétitif, avec un monde ouvert pas super utile, et des interrogatoires parfois brouillons, mais dans l'ensemble le pari est réussi. Pour saluer l'ambiance, le scénario et la prise de risque générale du gameplay, je lui accorde 4/5
Ma note: 4/5

28/07/2011, 20:43
29/07/2011, 08:44