Manarrak

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Par Manarak Blog créé le 12/03/11 Mis à jour le 30/03/14 à 17h04

Comme toute vérité, ma vérité est la bonne. Alors ouvrez grand vos gueules et mangez ma vérité.
Amour. Bisous.

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Et oui ça ne plaira pas à tout le monde mais je me permets de publier mes petits écrits, ce n'est pas bien glorieux mais j'espère que ça vous plaira. J'ai écris cette nouvelle il ya déjà quelques mois et je tiens d'ailleurs à remercier le Mauve qui m'a aidé à trouver l'idée et à qui je fais plein de poutous si elle passe par là ,n'hésitez pas à donner votre avis :)

Edito du 4 Décembre : « TerraVérité »

  Aujourd'hui c'est mardi et comme chaque mardi soir un mélange de désespoir et de pitié me prend devant mon poste. Ce genre de sentiment où l'on regrette notre vie d'avant, où nous avions nos 300 chaînes. Oui sur ces 300 chaînes il y avait même pas cinq à garder mais avouer que c'était quand même mieux que cette seul et unique chaîne qui mélange tout ce qu'il avait plus de plus mauvais et d'autant plus le mardi soir. Et oui, vous le savez aussi bien que moi le mardi soir c'est « TerraVérité ». La seul émission de téléréalité mais aussi la seul qui est regardé par une très, trop grosse majorité. S'il y a bien une chose qui ne change pas chez les gens quand ils arrivent ici, c'est bien leur mauvais gout. C'est assez triste à dire mais même ici la téléréalité est ce qui marche le mieux et d'autant plus dans notre district2012 où la plupart des gens ont connu la folie des téléréalités de ces dernières années où chacune dépassait l'ancienne dans la nullité.

   Mais ne soyons pas mauvaise langue, notre téléréalité n'atteint pas leurs niveaux. Malgré tout ces défauts et son immoralité dont je me ferai un plaisir de parler ensuite, elle dispose de quelques jolis atouts  par rapport à celle d'autrefois et reste un pont avec notre vie d'avant. Ne faites mine de n'être pas toucher par cela chacun d'entre nous a déjà regardé cette émission pour essayer de se croire encore là-bas. D'autres bien sûr la regarde pour occuper leur éternité, malheureusement il y en a aussi quelques uns qui apprécie cette émission mais là je ne peux plus rien pour eux. Et nous avons tous l'espoir hypothétique d'apercevoir un descendant ou une connaissance pour les districts les plus jeunes.

   Je me rends compte que je n'ai pas présenté « TerraVérité » même si la presque totalité d'entre vous la connaisse, n'oublions pas que notre district n'aura fini sa construction que dans maintenant quelques semaines et qu'il y a encore de nouveaux arrivant chaque jour.

   Alors comment résumer « TerraVérité »...C'est tout simplement l'émission de téléréalité de la Terre. Alors oui, je le concède c'est assez difficile de l'imaginer mais c'est bien ça. Chaque mardi soir, elle se focalise sur la journée, la semaine d'un immeuble, d'une famille ou même parfois d'une seul personne n'importe où sur Terre et en fin d'émission le public décide si l'un d'eux doit partir. Je conçois que ça paraisse glauque ou inhumain de choisir de la vie d'un tel ou de son voisin de palier, on a tous eu cette impression au début, moi le premier, mais au final on s'est tous rendu à l'évidence, notre vie sur Terre n'est qu'une introduction à notre vie actuelle. J'ai eu énormément de mal et encore aujourd'hui et encore aujourd'hui à comprendre comment le conseil a put l'accepter, je sais bien qu'une éternité est dur à occuper, que la vie ici manque de rebondissement et clairement d'intérêt mais de la à jouer avec des vies. Enfin ici, on finit vite par s'habituer et à accepter tout. Et au final on ne fait pas que décider lequel d'eux ne mérite pas ça place dans ce monde où nous rêvons tous de retourner, « TerraVérité » permet aussi de réaliser le rêve d'un des candidats de la semaine. Mais après qu'est-ce que la vie sur Terre ? Une simple introduction à l'éternité, une introduction qui ne nous montre qu'une infime partie de l'étendue du monde et de ses possibilités.

   Même si au fond nous rêvons tous d'y retourner même un seul instant. La vie ici est d'un monotone affligeant, nous le savons mais personne n'a envie de changer les choses et puis à quoi bon profiter de chaque instant comme nous le faisions avant, alors que nous avons une éternité après celui-ci. Il y a quand même un minimum d'intérêt à être ici : la plupart des écrivains, comme ma petite personne même si j'en suis un bien piètre et ça malheureusement le temps n'y changera pas grand-chose, ont tous le loisir de finir leurs incomplètes ou d'en faire de nouvelles encore et encore. L'industrie du livre est la plus porteuse ici avec tous les écrivains qui s'y trouve et de très nombreuses perles de la littérature y ont été écrites comme Ici de Baudelaire qui reste encore aujourd'hui le plus reconnu des textes qui parle de notre vie actuelle.

   Mais je m'aperçois que je diverge de mon sujet du jour qu'est « TerraVérité » mais bon vous devez commencer à savoir que mes petits éditos, comme j'aime les appeler même si le terme approprié serait plutôt divagation ou pensée, ont une tendance à aller où mon esprit vogue. J'ai longuement étudié les archives pour faire cet édito et ce que j'y ai vue ma plutôt conforté dans l'idée que j'en ai et qu'elle pose un trop gros problème moral. « TerraVérité » est malheureusement responsable de beaucoup de mort inexpliqué. Sa création remonte à 1861 et en plus de 150 ans, elle a fait pas mal de dégâts  mais aussi de bonne chose. Le suicide d'Hitler a été voté unanimement, la mort de Staline a été aussi voté assez longtemps avant sa mort ils lui voulaient une mort lente, l'assassinat de Kennedy vient aussi de cette merveilleuse émission par un vote massif d'extrémistes et oui il y en n'a même ici. Toutes ces morts et encore beaucoup d'autres ont été voté.

  Il n'y a que moi qui a cette impression de s'être fait manipuler. Oui, je le concède certains de ses morts ont fait du bien à notre monde mais elles ont quand même causé de très nombreux troubles dans ce petit monde. Et ce n'est malheureusement pas tout. L'élection d'Hitler, les cheveux de Justin Biber ou le succès de Johnny Hallyday, ce sont tous des voeux que certaines personnes ont trouvé marrant et pour voir ce qui se passerait, les ont exaucés. Enfin regarder ce que ces voeux ont engendrés, ce n'est pas une preuve des dérives de cette émission ?

  Je sais bien que la vie sur Terre n'est qu'un avant-goût de ce qui nous attend ici, mais cette vie nous forge, crée notre caractère, notre façon de penser et si cette vie est manipulée, désorienté par nos choix se sont les nouvelles générations qui en pâtiront et avec leurs mentalités. Je ne demande pas à ce qu'on arrête « TerraVérité », c'est maintenant impossible nous y sommes devenu trop attaché, je demande juste que le conseil réglemente légèrement l'émission pour limiter notre manipulation sur leur vie.

  Il est 19h55, l'émission commence dans 5 minutes. S'il y a bien une chose de différent avec la télévision d'avant c'est bien la ponctualité ; enfin, j'ai appris il y a peu que ça allait changer. Et oui les gens sont tellement habitué au retard sur les télévisions qu'ils ont demandé à ce que ça change pour « faire plus vrai ». Ils nous avaient déjà fais le coup avec la publicité il y a quelques mois. Demander de la publicité... Moi aussi je m'ennui terriblement ici mais de là à demander de la publicité, surtout qu'elle n'a pas de raison d'être ici, on ne peut rien acheté enfin si mais tout est gratuit. La chaîne ne gagne pas d'argent puisqu'il n'y a pas d'argent ici.

Un monde sans argent.

  J'ai eu du mal à le concevoir au début, mais comme je dois le dire quatre fois par édito ici on finit par tout accepter. Le plus ridicule c'est que pour éviter une redondance des publicités de la Terre ils sont obligé de tourner de fausses publicités pour des faux produits. C'est assez ironique et assez triste de penser qu'avant on hurlait contre les pubs et maintenant on en réclame.

  Et ça commence. Dès le début on sent le mauvais goût de la chose avec un bon gros générique de show américain, je sais que c'est cliché de prendre le show américain comme exemple mais regardez un show et vous comprendrez, et puis que serait une mauvaise émission sans un mauvais animateur. Même ici, on n'échappe pas à ce genre de présentateur devant un décor violet qui n'a pas du être changé depuis les années 90, avec un sourire bien hypocrite mais qui n'arrive pas à la cheville de celui que nous servent chaque année les miss de chaque pays, les cheveux plaqués sur le crâne avec je ne sais combien de couches de laque et avec, bien sur, l'humour ravageur des animateurs d'émission qui sont à la culture ce que le rap est à la musique. Je ne vous ferai pas l'insulte de vous retranscrire le prompteur que lie le présentateur avec une condescendance toute naturelle à ce genre d'animateur, vous le résumer sera plus supportable si vous avez un minimum de bon sens.

  Comme chaque semaine, « TerraVérité » commence avec le résumé de l'intrusion dans la vie des pauvres innocent de la semaine passée et les choix du public. La semaine passée, nous avions eu droit à l'histoire sans aucune saveur de la séparation sois disant dramatique d'un couple de célébrité de la culture caniveau. Je m'aperçois que j'ai déjà oublié leurs noms : Mémoire sélective je pense. Leur séparation était au niveau d'un épisode d'Amour, Gloire et Beauté, soit la niaiserie à son paroxysme avec des personnes déphasées avec leur temps, qui pensent leurs problèmes au centre du monde mais malheureusement ce dernier est un défaut qui nous côtoie en grande majorité.

   Leur histoire, qui par certaines personnes de très mauvais goût a été qualifié de « drame », commençait joyeusement, tout allait bien dans le meilleur des mondes. Mais un jour, ô surprise, ô malheur, ô retournement, voilà qu'un paparazzi révèle que le mari a une relation avec une autre femme. Avouez que ça ressemble à un épisode d'Amour, Gloire et Beauté ou à un téléfilm français dans toute sa splendeur mais en remplaçant les célébrités par un avocat alcoolique et une femme au foyer dépressive. C'en est alors suivit larme, tristesse, procès, tout cela rythmé par des fausses pubs pour du faux surimi et finit par une chanson triste de la femme qui c'était mis à la musique pour « faire ressentir son malheur » et mon Dieu que ses paroles m'ont touchées par la justesse de leur choix, ornée par cette mélodie au piano, tout cela m'a rappelé ce moment que nous avons tous ressenti lors d'une séparation. Tout cela est ironique bien entendue. Cette chanson c'était plutôt trois minutes de « Oulala la vie c'est nul » « pourquoi j'ai été avec ce... » tout cela accompagné par une boite à rythme pour que l'on puisse appeler ça musique, en outre : c'est une musique d'aujourd'hui.

Le public a du être touché par les paroles, ils ont décidé de faire mourir le mari d'overdose. Et oui c'est aussi simple que ça. Cette mort me rappelle d'ailleurs, le constat dont je me suis rendu compte en farfouillant dans les archives de l'émission. Pour leur très grande majorité, les morts par overdose de célébrités ont été votées par le public et généralement pour des histoires aussi passionnantes que celle-ci.

Cette phase étant passée, l'histoire du jour pouvait commencer. L'animateur nous a bien introduit la chose :

« Je vous préviens, l'histoire d'aujourd'hui est tout aussi touchante et émouvante »

Quoi de mieux pour me motiver à regarder.

Un jeune homme qui devait être sur ses dix-sept/dix-huit ans, était allongé sur le rebord de sa fenêtre, le dos plaqué contre le mur et le regard perdu droit devant lui dans les ombres et les étoiles de la nuit. C'était le genre d'adolescent comme les autres, un sweat à capuche noir qui recouvrait un t-shirt blanc, il avait cette coupe de cheveux affreuse qu'ont maintenant une grosse majorité des jeunes de son âge. Personnellement cette mèche me rappelle étrangement celle qu'ont certaines personnes âgés qui essayent de cacher leur début de calvitie en ramenant tout leurs cheveux sur le front. Cette espèce d'immense mèche noire plaquée sur son front allait de droite à gauche et rejoignait son casque qui était posé sur ses oreilles. La faible musique était, avec la petite brise qui venait se frotter aux arbres, les seuls sons que l'on pouvait entendre.

La caméra tournait autour de lui et nous laissait découvrir ses yeux bleu teinté de gris mais surtout de rouge, quelques larmes roulaient sur son visage qui paraissait parfaitement calme. La musique s'accéléra. J'avais beaucoup de mal à percevoir les paroles mais ça paraissait plutôt être une chanson assez lente et triste. Ne faites pas une mine d'incompréhension, tout le monde à fait ça un jour : écouter une chanson triste alors que votre monde s'écroule autour de nous. Son visage se changea lorsque la musique s'accéléra, lui qui était neutre auparavant paru se resserrer comme si une lueur d'espoir était apparu dans sa noirceur. On tapa à la porte.

« Jacques ? »

Il ne réagissait pas, il n'entendait rien. On frappa à nouveau. Quelques instants et une femme d'une cinquante d'années avec des cheveux blond qui lui tombait légèrement en dessous des épaules et une mine inquiète, rentrât. Elle écarquilla les yeux lorsqu'elle le vit. Jacques se retourna.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? T'es fou ! Tu vas tomber ! Descends de là ! »

Il commença à descendre.

« Sors.. »

« Mais...Qu'est-ce qui... »

« Sors j'ai dis ! ». Son regard se glaça, celui de sa mère se ferma.

« Maman sors ! »

Sa mère lui fit dos, il referma la porte avec sa mère derrière, s'en suivi le lourd bruit de la clé qui ne devait pas être utilisé souvent. Il resta quelques instants devant la porte,  remit son casque en place, passa rapidement sa main sur son visage et alla s'allonger sur son lit. Il y resta un moment à regarder le plafond. Ce passage fut légèrement accéléré puis il se leva d'un coup, sauta sur sa chaise de bureau pris un stylo, une feuille, changea de musique sur son lecteur mp3. J'eu à peine le temps  voir ce qu'il allait écouter To the Moon SoundTrack. Mon anglais a trop souffert du temps pour savoir ce que ça signifiait mais à ce que j'ai pus entendre, c'était un morceau au piano. Il écrivit très vite, les mots filèrent mais je ne peux pas le certifier pour tout son texte étant donné que ce passage a été pour sa majorité  éclipsé, on ne vit que le résultat final.

C'était une lettre. Une lettre d'amour. Une déclaration. Je vous rassure tout de suite ce n'était pas trois pages de « ô je t'aime comme un fou, ô que mon amour est gros, gros comme une montagne, comme la plus grosse des montages ». Si vous êtes amoureux, n'écrivez pas ça par pitié.

« Je sais pas vraiment pourquoi j'écris ça,

La vie s'est toujours foutue de moi,

Je ne pense pas qu'elle s'arrêtera en si bon chemin.

Il y a quelques mois de cela,

Les aléas ont fait qu'un jour nous avons entamé la conversation,

Et de là une amitié s'est crée.

 

Un jour l'idée t'as pris de me parler de tes maux.

J'ai fais tout ce que j'ai pus pour les apaiser.

Ma compassion et  mon inquiétude grandissaient avec eux.

Mais il y a plus d'un mois de cela,

Forcé de constater que mes sentiments ne s'arrêtaient pas à une simple compassion,

J'ai été forcé de prendre une distance quelques temps.

 

Je ne voulais pas de cet amour.

L'amour m'a détruit déjà trop de fois.

Je ne veux plus sentir le sol s'effondrer sous mes pieds.

Je ne veux plus voir mon château de carte,

Que j'avais pris tant de temps à construire s'effondrer à nouveau.

Mais le coeur à ses raisons que la raison ne comprend pas dit-on.

 

Je sais bien que ma virilité à l'égale d'un hamster de poche,

Et ma légendaire timidité ne font pas de moi le plus attrayant des êtres.

Je sais bien que je fais pâle figure aux côtés du preux chevalier,

Qui trône en maitre en ton coeur.

Je ne sais que trop bien qu'il n'y a pas de place pour moi.

Que c'est peine perdu.

 

Mais à quoi bon avoir des rêves si on n'essaye même pas de les réaliser ? »

 

C'est à peu près tout ce don je me souviens hormis qu'il avait fini sa lettre par une musique : « A Little Bit Longer - Florent Dorin ». Ce qui m'a comblé de joie car comme vous le savez si vous me suivez depuis quelques temps, je suis un grand défenseur de l'apport de la musique dans la littérature. Enfin c'est vrai, maintenant on écoute de la musique tout le temps, en conduisant, en mangeant et beaucoup en lisant. Et la musique est partout de nos jours, dans les films ou les séries c'est devenu obligatoire, il y a même de la musique dans les publicités pour déodorants. Alors pourquoi la littérature ne pourrait pas être appuyée par la musique. Bien sur ça ne doit pas être une excuse pour écrire un étron mais l'appuyer d'une musique pour que ça passe mieux.

 

Et je m'aperçois que je diverge à nouveau. Jacques a rangé sa lettre dans une enveloppe, est resté planté devant un petit moment puis regarda son portable qui attendant depuis le début dans sa poche. Un portable noir tout ce qu'il y a plus de banal et au fond en blanc il affichait 2h04 et rien d'autre, aucun message. Il alla dans ses messages tout de même, il n'y avait que deux ou trois conversations et rouvrit celle qu'il entretenait avec Isaure. Il relut toute la conversation, passant certains passages qu'il connaissait trop et s'arrêtant à chaque fois sur ceux où elle le complimentait. Il sourit, s'apprêta à taper un message mais ne fit rien. Son portable fit un saut vers son lit, il rebondit et alla s'écraser sur le tas de livre qui ornait le bas de lit en un joli petit bruit de plat. Il fit le même bon que son portable, regarda le plafond quelques temps les mains derrière la tête et le noir pris place.

 

Arrivèrent alors les publicités.

On le retrouva après une bonne quinzaine de minutes de  publicités et dire que ça a été voté... Il était assis sur son lit, les yeux grands ouverts, ses cheveux encore mouillés lui coller encore plus qu'accoutumer au front, il regardait droit devant lui. On entendait des bruits qui venait du couloir.

 

« Jacques, tu es prêt ? »

 

« Ouais, ouais... »

Un silence

 

« J'aimerai qu'on reparle d'hier... »

 

Soupir. « Il n'y a rien à dire. »

 

« Je veux juste t'aider tu sais... »

 

« Oui mais j'ai pas besoin d'aide, merci ! »

Ah le ton condescendait des adolescents, j'ai beau commencer à me retrouver chez lui, si il y a un bien truc qui m'énerve c'est ce ton que certains prennent pour vous faire bien comprendre qu'ils se fichent éperdument de ce que vous pouvez leur dire : ils veulent être seul.

 

« Bon Jacky, t'arrête ton cinéma. Ta mère essaye juste de t'aider ! »

Il ouvrit grand ses yeux, son père ne devait pas souvent prendre part aux scènes de ménages familiales.

 

« Laissez-moi.. »

La porte commença à s'entrouvrir.  Son sac frappa la porte qui la fit revenir à sa position d'origine. Il serra son ventre d'une main et de l'autre se griffait cette dernière, il jeta un coup d'oeil à sa lettre qui attendait sagement sur son bureau, son étreinte se resserra. Il se pencha brutalement en avant fit les quelques mouvements habituels d'avant remise en liberté de renard puis éructa. Il se leva, prit les câbles qui étaient branchés à la multiprise en cascade qui trônait au pied de son lit, regarda un moment la lettre qui n'avait pas bougé et la mis dans son sac avec les câbles. Il attendit ensuite devant sa porte avec son sac  au bout du bras et toujours la main gauche crispée contre son ventre, pour être sur que le couloir était bien vide. Il sorti en trombe, traversant sa maison en courant, il croisa le regard de sa mère assise sur la chaise de la cuisine, la tête coincé entre ses mains. Il continua sa course dans le jeu d'ombre des lampadaires et des petits nuages de fumés qui rythmé le tout, au milieu des deux ou trois rues qui le séparait de son abribus.

 

Petite pause de fausses publicités pour de faux « détache-tout ».

 

  On le retrouva assis dans un bus comble, le casque et la main gauche en place et la main droite qui lui pinçait le dessous de la cuisse. Ce pincer ou se griffer quand on est stressé n'est pas forcément la meilleure technique, ça marche puisque il faut détourner son attention mais rien ne vaut la bonne vieille technique du : « un » j'expire, « deux » j'expire.

Rien de bien intéressant ensuite jusqu'à son arrivée dans les couloirs du lycée. Arrivé au bout d'un escalier, il se pencha sur le côté pour voir le couloir de gauche et son regard se fixa, avec la caméra, sur une jeune fille. Isaure. Elle avait de longs cheveux noirs légèrement bouclé aux pointes, des écouteurs coincés dans les oreilles, le regard perdu devant elle, la noirceur des durs matinées d'hiver empêchée d'en voir plus. Il la regarda quelques instants, tournât les talons, courut dans les escaliers, s'arrêta devant une poubelle y déposa un renard qui pouvait enfin vivre sa vie librement et il sortit.

  Jacques resta dehors adossé contre le mur de la porte d'entrée, puis se décida à rentrer un peu pressé par la sonnerie. Lorsqu'il revint au couloir, sa classe était déjà rentrée, il fit de même, croisa son regard l'espace de quelques instants, rallongés par un ralentit de très mauvais goût, ils se sourirent puis il prit place ni trop au fond ni trop à l'avant mais à côté de la fenêtre. Sa main serra son bras droit un moment, son souffle commença à se calmer, sa main lâcha prise.

 

  On le retrouvât vers 19-20h, la nuit avait déjà fait son entrée depuis longtemps, assis sur le banc d'un parc, le casque toujours en place, la tête pendouillant au dessus du banc, les bras accoudés au dossier du banc, le regard perdu dans les hauteurs des arbres, une cigarette au bec. Des nuages de fumées montaient au dessus de lui par moment. Il prit son portable. « 4 Appels en Absence : Maman ».Il le porta à son oreille :

«.... Oui maman ? .... Désolé de pas t'avoir prévenu plus tôt mais je rentre pas ce soir et puis les suivants non plus. » Il raccrocha, il paraissait fier de lui mais le tremblement de ses jambes lui fit passer ce sentiment. Il les serra contre lui et resta un moment ainsi à essayer de retrouver un peu de chaleur. Sa lettre attendait sur le dessus de son sac, son regard s'y déposa, ses mains firent de même.

Isaure Bottero

73, rue...

Je ne me souviens plus de la rue mais ça n'a pas grande importance. Il avait réussi à trouver l'adresse pendant l'ellipse.

 

  Nouvelle ellipse, son portable affichait à 21h37. Il était debout, le dos posé contre le mur d'une ruelle où il avait fait bien attention de ne pas être sous un lampadaire. Les petites allaient très vite, son étreinte était plus forte qu'au matin. Il fixait la maison qui était en face de lui et ai-je vraiment besoin de vous dire quelle maison était-ce ? D'un coup, je m'aperçois que je dis beaucoup de « d'un coup » ou de « un moment » depuis le début de ce résumé et pour cela je vous prie de m'excuser mais un résumé n'est pas la chose la plus facile à rythmer et il commence à se faire tard. D'un coup disais je, il partit retournant se perdre dans la ville.

 

   La suite de sa soirée a été pour sa plus grande majorité éclipsée, on ne vit que de courts extraits où il regardait son portable. À 22h20, il était retourné au parc avec ces fameux sandwichs en triangle qui n'ont comme seul goût le gras de leurs beurres. On le vit ensuite à différentes heures entrain de courir vers la maison 73 puis revenir à chaque fois sur ses pas.

La vitesse revint à la normal à minuit trente, il était revenu dans la rue, la lettre entre les mains. Il restait planté devant la boîte aux lettres.

Prit d'un coup de sang, la déposa

Puis regretta.

Essayant tant bien que mal de la rattraper.

Il perdit vite espoir de la récupérer.

Il partit encore une fois, fit quelques pas, s'arrêta.

Un renard fit un plat sur le trottoir comme beaucoup à ces heures tardives.

Il s'éloigna dans la rue sous une musique triste qui laissait à désirer. Le visage de l'animateur apparut, j'éteignis la télévision je n'avais aucune envie d'entendre ses commentaires.

 

   Je pense et j'espère aussi, que comme la plupart d'entre vous j'ai été plus qu'agréablement surpris par l'émission de cette semaine. Oui, l'histoire de Jacques n'a rien de bien marquant et ressemble à beaucoup d'autres mais sa façon d'être face à ses sentiments, l'impression qu'il donne de vouloir ressembler au troupeau pour passer inaperçu et son stressomètre toujours en positif, tout cela me plait bien et me rappelle mon ancienne vie. Certes l'émission de cette semaine ne va tuer personne, elle ne sert juste qu'à réaliser son rêve et oui pas d'histoire de libre arbitre ici, le public vote, ça se réalise.

 

   Comme vous le savez surement c'est mon avant dernier édito, je partirai ensuite pour une longue traversée de notre nouveau monde dans deux jours. Ma vie ici m'ennuie, trop monotone et puis ce monde infini autour de nous et toutes ces personnes que j'ai rêvé de rencontrer ou de revoir ne sont pas si loin. Mais comme d'habitude je vous invite à venir me voir si vous voulez discuter de mon point de vue mais il ne reste plus qu'une journée pour ça. Je suis au quartier Mars dans la rue 27 numéro 42 et bien sûr dans le district2012.

 

   Sur ceux je vous laisse comme d'habitude avec une musique : Le Café - Odelaf

Car c'est surement ce qui va plus me manquer là bas. Et puis comme c'est l'avant dernier je vous laisse une merveilleuse musique au piano : Dearly Beloved -Yoko Shimuro (Kingdom Hearts).

 
 
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Édito

 

« C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde.  »

 Boris Vian

Je suis quelqu'un d'innovent, j'ai une chaine Youtube. Venez me voir...je fais de la merde :D

J'ai un twitter que j'utilise pas aussi. Voilà bonne journée.

Bisous. Bonheur.

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