Manarrak

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Par Manarak Blog créé le 12/03/11 Mis à jour le 30/03/14 à 17h04

Comme toute vérité, ma vérité est la bonne. Alors ouvrez grand vos gueules et mangez ma vérité.
Amour. Bisous.

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Introduction

Lorsque que l'on parle de voyeurisme, on attache souvent une connotation sexuelle et perverse à celui-ci, cependant le voyeurisme ne l'est pas forcément. Le voyeurisme, qui sera le thème de ce développement, est celui que l'on retrouve par exemple dans « fenêtre sur cour » de Hitchcock, un voyeurisme qui pousse seulement les gens à s'immiscer dans la vie privée des autres, qui les pousse à vouloir voir ou entendre.

Nous allons analyser plusieurs films qui traitent de ce thème et voir comment il   est utilisé, comment il est mis en scène. Nous traiterons premièrement de point de vue du voyeur, pour ensuite voir le point de vue du « vu »

1.Le point de vue du voyeur.

_BLOW UP de Michelangelo Antonioni (1966)

L'histoire  : un jeune photographe de mode célèbre et cynique du nom de Thomas se rend dans un parc où un couple s'embrassant attire son attention, il les prend alors en photo à leur insu avant que la femme ne s'en aperçoive et vienne lui réclamer la pellicule allant jusqu'à venir chez lui à cette fin. Thomas lui donne alors une autre pellicule. Après avoir développé les photos il s'aperçoit alors que sur les photos innocentes qu'il avait prises à lieu une scène de meurtre mettant en jeu un autre personnage. Il retourne alors dans le parc et trouve le cadavre de l'homme qu'il avait en photo. En revenant à son atelier, il s'aperçoit que tous ces négatifs ont été dérobés ainsi que les photos qu'il avait développées précédemment. De retour au parc, le corps a disparu.

_voyeurisme (utilisation et traitement) :

La scène de voyeurisme apparaît lorsque Thomas photographie le couple dans le parc. Il a alors l'attitude typique d'un voyeur. Il se cache derrière les arbres pour les prendre en photo.

                      
 

Le film est tourné du point de vue du voyeur, en effet, on observe un certain nombre de champ/contre-champ qui ne montre que le voyeur. C'est-à-dire qu'il est quasiment toujours présent à l'image, en dehors de cela on observe seulement des plans subjectifs montrant ce que voit Thomas. De plus, les plans subjectifs montre le couple toujours loin, il n'y a aucun plan resserré sur les 2 personnages, ce qui montre bien que le spectateur est aussi le voyeur, on a le désir de s'approcher toujours plus pour mieux voir. Les premiers plans rapprochés sur le couple apparaissent avec le développement des négatifs plus loin dans le film.

Le voyeurisme et ses conséquences (la découverte d'un meurtre) a eu pour effet sur le personnage de le sortir de sa vie confortable et superficielle, cette expérience le déstabilise totalement, il se retrouve face à une réalité qu'il ne peut maîtriser et qui le dépasse alors qu'il était toujours dominant dans ses relations. C'est une quasi expérience initiatique pour lui , qui lui montre la réalité en face.

 

FENETRE SUR COUR_de Alfred Hitchcock (1954)  

L'histoire : Jeff est un jeune homme coincé dans une chaise roulante à la suite d'un accident. Pour s'occuper il décide d'observer ces différents voisins, une nuit il croit être témoin de la scène de meurtre d'une de ces voisines par son mari. Avec l'aide de son infirmière et d'une amie,  il cherche à en savoir plus et finit par avoir confirmation de ce qu'il pensait, le mari comprenant ce qui se passe tente de se débarrasser de lui mais il échoue et est arrêté.

 

 

_Voyeurisme (utilisation et traitement) :

Jeff est un véritable voyeur mais loin du pervers, à la base il regarde ses voisins par pur plaisir de s'immiscer dans leurs vies privées. Il est cependant à la base une sorte de voyeur car il est photographe. Hitchcock a d'ailleurs pris soin de créer un véritable kaléidoscope de la société américaine parmi les voisins de Jeff, afin de rendre ce voyeurisme encore plus intéressant, de plus le lieu étant un ensemble d'appartement donnant sur une cour commune se prête particulièrement aux regards intrusifs entre voisins.

 

 Le film est bien sur tourné du point de vue du voyeur et le spectateur s'identifie aisément à lui. Après cette fameuse nuit, son désir (et celui du spectateur) de voir est décuplé car s'ajoute un mystère.

Le désir de voir se matérialise par le zoom de son appareil photo qu'il utilise pour se rapprocher toujours plus de cet homme qui l'obsède.

Dans ce film, le voyeurisme permet à Jeff de s'affirmer dans sa position de célibataire en effet il est devant un certain nombre de configuration de couple  ( le jeune couple, la fille célibataire harcelée, et le couple en « fin de course » qui est celui de l'intrigue). Le film a lieu à un moment charnière de sa vie, Jeff doit choisir entre sa vie libre de reporter et une relation amoureuse « rangée ». Tandis que ce qu'il voit le confirme sur sa position de célibataire, le voyeurisme, le désir de résoudre le mystère le rapproche de son amie qui devient implicitement sa fiancée.

 

UNE  AUTRE FEMME_de Woody Allen (1988)  

                           

histoire : Marion est une femme intelligente de cinquante ans qui a toujours mené sa vie de manière droite et assez rigide. C'est lors de l'écriture d'un de ses livres dans un studio qui lui sert de bureau qu'elle surprend la conversation d'une jeune femme déprimée avec son psychiatre, elle va se mettre a écouter quotidiennement ces conversations et elles vont remettre sa vie en question.                       

                    

_voyeurisme (utilisation et traitement) : Bien qu'au début, Marion se refuse à toute violation de l'intimité des clients du cabinet, à l'écoute des récits déchirants de cette femme, elle prend pitié de celle-ci et ne peut s'empêcher d'y prêter oreille. Preuve de l'envie grandissante d'écouter cette femme, lorsqu'elle rêve elle s'imagine rentrant dans le cabinet et écoutant tout en la regardant cette femme qui l'intrigue (on retrouve une situation analogue dans le film que nous avons réalisé). Le voyeurisme de Marion va complètement bouleverser sa vie, elle va revoir à travers le récit de la femme qu'elle écoute des passages de sa propre vie. Ce voyeurisme va lui permettre de remettre en question sa vie et sa manière de l'aborder au quotidien. Le voyeurisme est ici « libérateur ».

 

2.LE POINT DE VUE DU « VU »

CACHE de Michael Haneke (2005)

_histoire :  Georges Laurent est animateur d'une émission littéraire, lui, sa femme et son fils Pierrot reçoivent plusieurs fois des cassettes vidéos montrant des enregistrements vidéos de leur maison. Les soupçons se tournent vers Majid, enfant recueilli par les parents de Georges lorsqu'il était petit et qu'il a fait envoyer en foyer ; puis vers son fils. Finalement, Majid se suicide et le mystère de l'expéditeur des cassettes n'est pas résolu.

 

Voyeurisme (utilisation et traitement)  : Le couple et leur fils sont victimes de ce voyeurisme qui ne cherche qu'à les déstabiliser, en effet ils ne savent en aucun cas par qui ni pourquoi ils sont observés. L'auteur de ceci semble vouloir les amener à trouver qui il est et pourquoi il envoie ces vidéos. Le voyeurisme et le voyeur sont bien sûr matérialisés  par les cassettes envoyées, elles constituent des plans fixes principalement, qui montrent les différents lieux de sa vie ainsi que la résidence de Majid. Le fait d'être victime de ce voyeurisme amène le père à voir ressurgir un passé qu'il avait oublié et à se remettre en question sur son attitude égoïste durant enfance et à l'injustice qu'elle a entraîné. Contrairement à d'habitude, ici le voyeur ne cherche pas à satisfaire un désir de voir mais uniquement à faire savoir qu'il voit et donc créer le malaise.


THE TRUMAN SHOW de Peter Weir (1998)

histoire : Truman Burbank est un jeune homme vivant depuis son enfance sur l'île de Seahaven. Il vit avec sa femme Merly, et passe souvent du temps avec son meilleur ami de toujours : Marlon. Jusqu'au jour où Truman se rend compte que sa vie est en fait un show télévisuel monté de toute pièce depuis sa naissance. Il va donc tenter de se sortir de cette situation, et de vivre sa vie librement.                               

 

_voyeurisme (utilisation et traitement) : Dans ce film, Truman est la seule victime du voyeurisme télévisuel, et les voyeurs constituent toutes les personnes qui regardent l'émission. Le film est tourné principalement du point de vue de Truman malgré le fait que l'on comprenne avant lui que sa vie est artificiel, et que beaucoup de plans du films sont décrits comme ceux vu par les voyeurs, c'est-à-dire ceux filmés par les multiples caméras qui dévoilent en direct l'intégralité de sa vie. Le voyeurisme est ici commercial, cela s'appuie sur le fait que le voyeurisme habite chacun d'entre nous, on retrouve ici les mêmes ingrédients que dans les reality shows, le public est curieux  des sentiments, des faiblesses d'un individu ,qui peuvent être observés en direct et donc présenté comme  un spectacle institutionnalisé donc déculpabilisant.

                         

CONCLUSION

Peu évoqué dans la littérature cinématographique, le voyeurisme est donc pourtant bien présent, et constitue même le sujet de nombreux films , dont ceux évoqués précédemment ne sont qu'un échantillon qui m'a semblé représentatif. Mais le cinéma n'est il pas lui-même un art fondé sur le voyeurisme. En effet, il relate la vie ou une fraction de vie d'une ou plusieurs personnes et nous prenons plaisir à entrer dans cette intimité, sans sentiments de culpabilité. Comme l'a dit Hitchcock « Mais, ne sommes-nous pas tous des voyeurs ? ».

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Commentaires

Édito

 

« C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde.  »

 Boris Vian

Je suis quelqu'un d'innovent, j'ai une chaine Youtube. Venez me voir...je fais de la merde :D

J'ai un twitter que j'utilise pas aussi. Voilà bonne journée.

Bisous. Bonheur.

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