Le Dojo de Kenji

Le Dojo de Kenji

Par Kenji Seang Blog créé le 20/06/12 Mis à jour le 16/12/17 à 13h35

Du pixels, du polygones... saupoudrés de tout comme de rien !
Classic Gaming, critiques écrites et vidéos, Trivia, etc.

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Catégorie : Japanimation-Manga

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Japanimation-Manga (BD-Manga-Comics)

Pas très friand de salons japanim (que je qualifierais de : bruyant, bourré de monde, qui suinte le marketing et le merchandising sauvage), je me déplace uniquement quand la présence d'un invité suscite mon intérêt. Ce fut par exemple le cas pour mes interviews de Yu Suzuki que j'ai menées pour Shenmue Master, ou pour les conférences de Michel Ancel et Christophe Heral (etc.).

En ce mi-mars 2015, le salon Made in Asia qui se tient chaque année à Bruxelles accueillait Hiroshi NAGAHAMA (réalisateur de l'animé Mushishi)et Yoshihiko UMAKOSHI (chara-designer du même animé Mushishi et, entres autres, de l'anime Berserk de 1997). Grand fan de la série Mushishi, il n'en fallu pas plus pour me motiver à me déplacer pour assister à la conférence des invités sus-cités et obtenir si possible une petite dédicace au passage.

De gauche à droite : Umikoshi (chara-designer), la traductrice, Nagahama (réalisateur) et la productrice.

La conférence en elle-même partait d'une bonne idée : diffuser sur grand écran un épisode de la saison 2 avec les commentaires du réalisateur en live. Dans les faits, peu de choses ont été dites (parfois de longs moments de visionnage pur), et ce qui a été timidement évoqué n'était pas forcément des plus intéressants (mise en lumière des scènes à l'animation impressionnante dessinées à la main, le doublage de tel sifflement a été exécuté par le réalisateur lui-même etc.). L'après diffusion a été prise en mains par la productrice de la série (oui, c'est étonnant !) qui a mené une petite interview avec des questions dont la pertinence me laisse circonspect ("Etait-ce compliqué de dessiner Ginko, le héros principal ?"). A mon plus grand regret, l'assistance n'a pas eu droit à la parole (dommage, j'aurais bien aimé pouvoir poser une question).

Le point culminant de la conférence a été pour moi le mini-trailer du film prévu pour ce début d'été 2015 qui relatera la fin du manga. Les visuels sont exclusifs, montrés ici pour la première fois dans le monde, et c'est toujours sympathique d'être aux premières loges. Très belle présentation au recours de fondus manga papier -> animation des plus réussis (et on remarque bien là que Yoshihiko UMAKOSHI a bel et bien respecté parfaitement le design de l'auteur du manga).

Pour conclure sur la conférence, mise à part la surprise des images exclusives, je dois bien avouer que ça manquait cruellement de fond. Mushishi mérite tellement que l'on s'y attarde que j'ai certainement trop attendu de cette rencontre, d'où la légère déception transcrite dans ces lignes. La conférence m'a même plutôt semblé répondre au simple souhait de faire connaître la série au public européen (d'où la présence de la productrice ?). Hum, quoiqu'il en soit, je suis critique, mais ce fut tout de même un plaisir de voir et d'entendre le réalisateur Nagahama et le chara-designer Umakoshi (tout timide, il n'a pas dit grand chose) parler de leur oeuvre (et même la productrice était sympathique).

La mini galerie consacrée à Mushishi présentait au public des documents du studio d'animation Artland (株式会社アートランド) qui s'est occupé de la série. L'occasion de zieuter quelques feuillets distribués à l'ensemble du staff (surtout des planches de chara-design détaillées), quelques Ekonte (絵コンテ sorte de storyboard plus précis) ainsi que de somptueuses planches clés pour cellulo. Pas de quoi jubiler mais cela reste très appréciable. 

Je ne rate pas une miette du dessin de l'artiste, concentré et méticuleux, qui gratifie mon coffret par un coup de crayon précis et maîtrisé.

Direction la file pour les dédicaces. Très accessible (Mushishi étant une série malheureusement peu connue en Europe), c'est sans mal que j'ai pu obtenir une magnifique dédicace sur l'intérieur de mon coffret bluray de la série. Le réalisateur Nagahama est vraiment avenant avec une réelle considération pour la personne qu'il a devant lui. Des regards plein de tendresse, des sourires à la sincérité touchante, de l'application dans son coup de crayon, et plein de générosité (en plus de l'autographe, il m'a fait un jolie dessin de Ginko agrémenté de Mushishi).

Appliqué et généreux envers son public, Nagahama l'était tellement que j'ai dû attendre prés de 2 heures, le temps de mon tour après la signature d'une trentaine de personnes seulement (et c'est rare, d'ordinaire, c'est signatures industrielles à la chaîne avec à peine un regard).

Désormais, j'ai un coffret Bluray de la série Mushishi d'une grande valeur sentimentale. Elle ira troner dans ma vitrine consacrée à la japanimation. Hélas, je n'ai pas pu faire faire signer un artwork de l'anime Berserk de 1997 par Umikoshi (j'apprécie énormément l'adaptation du design de Miura qu'il a fourni dessus), celui-ci étant bien plus sollicité à cause de son travail sur la série Saint Seiya Omega.Tant pis, ma priorité était avant tout de parvenir à acquérir une signature du réalisateur de Mushishi, une série écologiste et humaniste à la fois, riche en émotions subtiles, que j'affectionne énormément.

Vous l'aurez compris, le salon a été marqué par le sceau Mushishi et je ne regrette pas ma visite. Cependant, je constate que ce genre de convention se transforme de plus en plus en antre commercial du merchandising en défaveur d'une programmation solide et variée. C'est regrettable et cela me conforte dans l'idée de ne faire l'effort de me déplacer (faut se farcir l'organisation du voyage) qu'en présence d'invités illustres à mes yeux.

Umikoshi que j'apprécie essentiellement pour son travail sur l'anime Berserk de 1997 (très belle réinterprétation du design de Miura sur les personnages de Casca et Griffith) ainsi que pour son excellente transcription du trait de Urushibara (l'auteur du manga papier) dans l'anime Mushishi. Hélas, je n'ai pas pu le rencontrer, il a été sollicité par trop de monde pour son implication dans le chara-design de la série Saint Seiya Omega snif.

PS : Petite liste de déconvenues qui m'ont fait halluciner. Impossible d'obtenir un plan papier des différents stands (en "rupture de stock" à 11h30, merci les errements dans la foule !!!), aucun membre du staff pour nous guider / renseigner (il faut les débaucher de leur stand, quand il y en a un pas trop occupé !) et une propreté qui se dégrade d'heure en heure sans qu'aucun n'y prête attention (argh !). Et déçu par la programmation (le réalisateur et le chara-designer de Mushishi étant les seuls invités japonais "prestigieux"). Bref, il y a clairement des progrès à faire au niveau organisationnel.

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Japanimation-Manga (Cinéma)

Après les Chrono-Test qui s'attardent sur mes ressentis à propos de jeux vidéo (en tous genres et de toutes époques), voici le 1er billet Chrono-Critique qui s'attardera sur des films. Précisons qu'il s'agira ici majoritairement de films d'animation japonais ou, plus rarement, de cinéma asiatique (mes domaines de prédilection).

L'annonce du film live eut lieu en 2011 mais ce sont les deux OAV de 2012 qui ont véritablement relancé la carrière de Kenshin au Japon.

Après 10 ans de léthargie (depuis les fabuleuses OAV Tsuioku et Sensou HEN), la série Kenshin a connu un soubresaut avec la révélation en 2011 qu'un film live était en préparation. Mais c'est avec la sortie de nouvelles OAV sur l'arc Kyoto (Rurouni Kenshin : New Kyoto Arc OAV) en 2012 que les fans ont eu quelque chose à se mettre sous la dent. S'en est suivi une inéluctable vague de produits dérivés (je retiendrais uniquement les statues G.E.M. Series de MegaHouse : Kenshin, Saito, Shishio). Sans nouvelle, l'ombre du film live planait toujours, et moi le premier, dubitatif devant l'idée elle-même et les premières fuites sur le casting, n'accueillis pas l'idée avec beaucoup d'enthousiasme mais qu'importe. Et ce n'est pas la vue des premiers trailers un peu plus tard qui fit changer mon terne ressentiment. 

Véritable succès au box-office japonais en 2013, j'ai appris il y a peu qu'un 2e et 3e film étaient sortis au Japon en août et septembre de cette année 2014 et qu'ils bénéficiaient d'un budget conséquent (traduisant pas mal de crédit accordé au 1er film). Bon, plutôt que de rester sur un préjugé qui me taquine, pourquoi ne pas me faire un avis sur cette adaptation histoire de rire... ou pleurer.

Le film s'attarde sur les 2 premiers tomes du manga... autrement dit pas les meilleurs. Cela dit, les scénaristes (en coopération avec Nobuhiro Watsuki, l'auteur du manga) ont su tirer ce qu'il y avait de mieux dans l'histoire du sabreur roux à la cicatrice : le passé sombre du héros, ses tourments, la rencontre avec Kaoru, les incidents avec Jinei etc. Les thèmes les plus intéressants du manga ont été également traités avec beaucoup de tact comme la réflexion sur l'Art du sabre qui a perdu de son sens sous l'ère Meiji (qui se veut paisible, moderne et tournée vers l'Occident), réflexion parfaitement incarnée par l'idéologie fantasque de l'école Kamiya Kasshin de Kaoru confrontée à la vision traditionaliste de Jinei (et Saitô).

Scène très réussie où l'idéaliste Kenshin tue pour la première fois un chef du gouvernement ainsi que sa garde. Difficile de ne pas la comparer à l'exceptionnelle même scène dans les OAV Tsuioku Hen.

Du côté du scénario, on est donc sur une très bonne adaptation, reprenant les meilleurs enjeux narratifs et thématiques du manga. Elle se permet même des petits remaniements/ajouts plus que bienvenues qui densifient d'une bien belle manière l'univers de l'oeuvre originale (ex: le fameux kimono pourpre de Kenshin serait en fait celui que Kaoru gardait de son défunt père, l'intrusion de Saito dans toutes les ficelles de l'histoire qui donne lieu à des dialogues bien sentis et engendre même une scène monumentale totalement inédite où il teste Kenshin).

Je regrette toutefois l'emphase sur Kanryu Takeda qui ne m'a jamais passionné (je trouve le personnage caricatural du mec pourri engendré par l'ère Meiji), ou encore le manque de profondeur de l'histoire de Megumi (qui a un gros potentiel sur le papier). Quelques changements et ellipses malvenus sont à relever comme ceux effectués sur le personnage de Sagara Sannosuke, totalement raté dans le film. C'est bien simple, il a été dépouillé de toute sa substance et c'est fort dommage. Fini l'ex-membre du Sekihôtai meurtri par la mort de son mentor et trahi par l'ancien camp de Kenshin, place au simple bagarreur au bon coeur complètement plat.

Ci-dessus, l'exemple de la scène inédite extrêmement bienvenue durant laquelle Hajime Saito titille la détermination de Kenshin à renier son ancien lui.

Au niveau du casting (point extrêmement sensible dans les adaptations d'oeuvres papiers), je dois franchement avouer que j'ai été fort surpris sur la qualité des choix. En premier lieu, Kenshin transpire la crédibilité (très bonne prestation au sabre) et l'acteur a su capturer la personnalité si délicate et torturé à la fois du personnage. Jamais dans le surjeu imbuvable, ni dans le tapage de poses pas naturelles et encore moins dans les manières forcées, l'acteur incarne selon moi à merveille Kenshin et j'en suis premier étonné (j'étais pas bien sur les 1er trailers ^^).

Je citerais également sur le podium la performance de Jinei, vraiment excellent dans son rôle de psychopathe nostalgique du passé emporté dans sa folie meurtrière. Tout le reste du casting est bon voir très bon, sauf bien évidemment Sannosuke qui en plus d'avoir été saccagé au niveau de son background ne correspond pas beaucoup au surpuissant combattant svelte et élancé du manga (et pire, j'ai trouvé le jeu d'acteur de l'espièglerie complètement forcé, à la limite de l'insupportable).

Jinei, en plus d'être fidèle au design original, joue parfaitement le rôle du personnage perdu dans sa folie meurtrière. LE méchant du film (Takeda n'est qu'un clown).  

Niveau mise en scène, c'est du propre. Les plans sont beaux, bien composés, souvent prolongés sauf en combats où ils sont beaucoup plus dynamiques, presque un peu trop d'ailleurs (pour moi, nul besoin de 1000 plans pour un combat si la performance martiale des acteurs est bonne). Hors rixes de sabres, ces plans fixes (souvent agrémentés de doux travellings) dotent le film d'une esthétique picturale assez marquée et j'ai apprécié ce côté posé qui distille une ambiance assez flegmatique teintée de mélancolie (l'humour du manga ayant été totalement éludé ici, à raison).

La crainte principale que j'avais portait sur les chorégraphies de combat : eh bien elles s'avèrent très réussies : toujours lisibles, et à 98% réalistes, la technique Hiten Mitsurugi Ryu de Kenshin est crédible à l'écran avec de beaux mouvements, des enchaînements prenants et une vitesse bien rendue qu'il s'agisse des combats en duel ou contre plusieurs adversaires. En contrepartie, les massacres de Jinei sont saisissants : pas de demi-mesure, ça tranche en un coup, c'est vif, violent, réaliste. Très bonne balance entre la surpuissance romanesque du style esthétisant de Kenshin et la sanglante réalité crue de l'Art du sabre

Après visionnage du film, je dois bien avouer que mes présomptions étaient au final assez peu justifiées. Kenshin le Film évite les pièges dans lesquels sont tombés bien des adaptations de manga en évitant farouchement le fan-service creux et cela fait plaisir à voir. D'une part, la qualité de réécriture du scénario et des dialogues fait que cela ajoute une véritable plus-value pour les fans du matériau original. La psychologie torturée de Kenshin est retranscrite avec retenue et les thèmes les plus intéressants du manga ont été traités avec grand soin. D'autre part, la réalisation solide et la représentation de l'action qui sonne étonnamment juste pour un style de combat si burlesque sur papier font que c'est parfaitement regardable pour le manant (et jouissif pour les autres). Une bonne surprise que je conseille avant tout aux fans de Kenshin qui trouveront ici une transposition tout aussi plaisante que profondément intéressante.

PS : Mais QUE FONT LES EDITEURS français ? Cela fait des plombes que l'on attend une sortie bluray des OAV New Kyoto Arc de 2012 et aucune nouvelle du film live... que font-ils, à quoi pensent-ils ? La fanbase de l'oeuvre originale est assez présente en France, cette lenteur, que dis-je ce mutisme est parfaitement injustifié en 2014. Et plus le temps passe, plus ces productions perdent de leur potentiel commercial (les fans auront vite fait de se procurer les bluray japonais ou américains, voire de se tourner vers des méthodes "alternatives").

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Japanimation-Manga

Suite à mon billet sur les films Berserk (films, éditions Dybex, coffret bluray de la série TV), on m'a demandé quelques renseignements sur les artbooks que j'évoquais. L'occasion de vous en parler plus en détails car ils valent le coup d'oeil.

Alors tout d'abord, il faut savoir qu'il y en a eu deux pour l'ensemble des 3 films. L'un étant consacré aux personnages tandis que l'autre s'attarde plutôt sur les décors et les environnements. Ensuite, pour ceux que cela intéresserait, sachez qu'ils sont vendus au Japon pour 3000 yens pièce.

L'artbook sur les personnages (224 pages, format 19*26 cm dépliable) regorge de travaux divers et variés qui ont servi aux équipes du studio STUDIO4°C pour la réalisation des cellulos et frames d'animation. Au programme : plaquettes de personnages visibles sous tous les angles, toutes leurs expressions dépeintes avec précision (le moindre détail y est souligné car les dessinateurs/animateurs avaient besoin de visualiser les personnages sous toutes leurs coutures/formes). Une grosse partie du livre (100 pages) est consacré naturellement à Guts/Casca/Griffith mais l'intégralité des personnages annexes y est.

Pas mal d'artworks promotionnels très réussis agrémentent d'une bien belle manière la fin du livre aux cotés des affiches de cinéma, publicités et autres pamphlets.

Sur les planches fournies au staff du studio, tout y est : les annotations, les traits de proportions, les gribouillages, les ombrages etc, conférant au tout un aspect "brut" ma foi fort appréciable.

La qualité du papier est très bon, je regrette juste son aspect un poil trop lisse/plastique/brillant (je préfère les artbooks sur papier au grain extra fin, de densité type canson). La qualité d'impression est superbe et restitue toutes les traces / altérations du papier originel.

A noter qu'en fin du livre, il y a également de nombreux artworks cultes de Miura de l'époque "Age d'Or" qui ont été réinterprétés avec le design des films. Ces planches sont passionnantes pour qui a gravé en mémoire les artworks originaux d'époque... simplement splendides.

J'ai particulièrement apprécié les découpages plan par plan (type storyboard) pour les scènes les plus importantes (la longue et terrible mort d'Adonis, le baiser Guts/Casca etc.). De quoi voir plein de choses et de nuances d'expressions qui n'apparaissent pas forcément dans le déroulement animé de l'oeuvre.

Vraiment un bel ouvrage, qui regorge de choses passionnantes pour les yeux qui s'en donneront le peine. Il me semble néanmoins qu'il est préférable d'être très réceptif aux personnages de Berserk (et leur morphologie, expressivité, vêtements/armures) pour le considérer à sa juste valeur. Bien sûr, apprécier le design des films est un pré requis indispensable (pour ma part, je trouve le design sublime).

Pour le faire un peu plus rapidement, l'artbook consacré au background (191 pages, même format 19*26 cm dépliable) présente tous les décors visibles dans les films. Personnellement, je les trouve terriblement beaux avec cette attention inouie portée sur les détails, la finesse de leur étalonnage/colorimétrie/ombrage et la délicatesse de leur composition.

Une grande partie du livre nous présente donc ces décors, dans leur formes finalisées. J'apprécie le fait que les dessins qui ont permis leur élaboration soient présents dans la 2ème partie de l'ouvrage. (Alerte SPOIL film 3 jusqu'à la fin du paragraphe) Plus étrangement, toute la fin du livre s'étend sur la scène de l'éclipse, et plus précisément sur le design des infectes apôtres (des personnages pour moi). On y retrouve donc toutes sortes de plaquettes sur les bestioles insecto-humanoides ayant pris part à l'"évènement sacrificiel".

Il est intéressant de souligner que l'ensemble des bouquins semblent proposer tout ce qui était présenté lors de l'exposition Berserk ouverte à la sortie du 3ème film au Japon (bien sûr dans leurs versions originales ici) et au sein de laquelle il était possible de se procurer les lithographies sur toile gros grain.

Encore une fois, j'estime que ces livres s'adressent aux fans de Berserk purs et durs ET aux non-réticents à l'interprétation graphique (fabuleuse) du studio STUDIO4°C. Ce genre de fans pour lesquels le moindre petit détail mérite que l'on s'y attarde pourront ainsi, je pense, pleinement savourer l'ensemble de l'oeuvre Berserk dans son entièreté. Pour finir, je dirais que je regrette juste le manque de texte. C'est simple, rien ne nous est proposé de ce côté là et c'est fort dommage ! J'aurais aimé apprendre quelques anecdotes sur la production des films, lire un entretien avec Miura (STUDIO4°C et Miura ont travaillé en très étroite collaboration, tout devait être validé) ou toute autre chose de ce genre qui faisait la force du premier artbook Berserk.

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Japanimation-Manga (BD-Manga-Comics)

Suite au visionnage des 2 premiers films Berserk, j'ai eu l'envie de partager un peu mes impressions, en tant que grand fan de Berserk (manga papier), mais aussi d'animation japonaise en général. L'occasion de revenir également sur les coffrets bluray de Dybex sur lesquels il y a beaucoup à dire. 

Concernant les films à proprement parler, je vais faire court... bizarrement. Autant le dire de suite, ils m'ont pleinement satisfait (alors que je partais avec d'énormes aprioris). En tant que fan du manga, on se croirait presque devant une succession de scènes cultes, transposées en animé. Le fan qui a l'immensité du background de l'oeuvre encrée dans son esprit y trouvera un jolie plateau de fan-service, et c'est précisément en cette qualité que j'ai apprécié les films.

Alors OUI, de nombreux passages ont été éludés (comment pourrait-il en être autrement vu le format d'adaptation), les enjeux scénaristiques ayant été recentré sur le trio Guts/Griffith/Casca. OUI, les incrustations CG (Computer Graphic) ne sont pas toujours heureuses (je trouve que cela marche fabuleusement bien pour les éléments annexes/armures feat visages en animation traditionnelle, mais que c'est raté lorsque les visages ont été modélisé en 3d avec aplats de textures 2d).

Mais mince, j'y ai souvent retrouvé le découpage (au plan prés) du manga papier, une action qui se dote de chorégraphies exaltantes, d'une dynamique servie par une mise en scène qui décoiffe, de très beaux décors, de très beaux personnages (j'aime l'adaptation réalisée sur les design) et surtout les scènes cultes de mon manga favoris. Objectivement, en tant que films, c'est très mal construit et j'aurais quelques appréhensions à faire découvrir Berserk à un  proche avec ces films.

 Au niveau de l'édition, le coffret bluray de chez Dybex est une petite honte. Un mini Design Book qui n'a aucun intérêt pour qui a importé les artbooks japonais, une réplique en plastique échelle 1/2 de la Beherit et un dvd de bonus. Parlons en de ce dernier, tiens. Moi qui suis friand de contenu bonus sur l'environnement d'une oeuvre, le dvd bonus a su me faire craquer. Mais une fois inséré dans le lecteur, je suis tombé de haut. En effet, nous n'avons droit qu'à l'interview des doubleurs français... What ?! Seriously ?! Déjà que moi et les doublages vf, ça fait deux (VO powaaa, quelque soit la langue), en visionnant ces "bonus" crachés impunément à ma figure (désolé, c'est ainsi que je l'ai vécu), j'ai compris pourquoi je ne supportais pas les doublages français de dessin animé.

Je cite le directeur de doublage des films Berserk :

"(Dans l'animation japonaise), on est dans quelque chose de relativement réaliste, mais on force quand même un peu le trait parce que c'est du dessin. C'est plus proche du live (que le cartoon), mais on force un petit peu le trait parce que les traits sont forcés (...) parce que quand même, les caractères sont un peu plus marqués que évidemment dans les films live."

Je cite la doubleuse de Casca : 

"Je dirais que le jeu est un petit peu plus... comment dire... large, expressif. C'est le vrai sentiment, mais on va l'élargir un peu ce sentiment... toujours, dans le dessin animé. C'est une énergie plus forte, faut mettre un peu plus d'intensité pour remplir les personnages."

Alors loin de moi l'idée de remettre en cause les qualités de comédien des intervenants mais quand j'entends grosso modo que "comme c'est un dessin animé, il FAUT surjouer", je pleure sur l'état de ce secteur en France, là où au Japon, le doublage est une institution respectée, faisant l'objet de tous les soins (avec présence assidue / directives du corps créatif de l'oeuvre, et des seiyuus sans surenchère au ton juste, subtil, profond).

Le coffret bluray du deuxième film s'en sort un peu mieux avec ses 2 Design Book (l'un consacré aux décors, l'autre aux personnages, même si ça n'a toujours aucun intérêt pour qui possède les vrais et beaux artbooks), son livret Guide Officiel plutôt bien foutu et son porte-clé cache-misère. Encore une fois, la présence d'un "dvd bonus" fait plus office de supercherie éhontée que de véritable contenu bonus mais se démarque néanmoins de son prédécesseur avec une interview du réalisateur des films (au sein d'une convention espagnole, lol). Je ne sais pas, avec la licence d'exploitation des films, je serais allé au Japon moi, j'aurais rapporté des archives intéressantes du STUDIO4°C (vu déjà tout ce qu'ils ont diffusé gratuitement sur le net), de belles et inédites interviews... Bref, il semblerait que Dybex ait purement et simplement succombé à la facilité.

En un mot et pour vous le dire très clairement, ces coffrets bluray n'ont pour eux que leur packaging soigné (boite carton rigide).

 J'en profite pour vous parler rapidement de l'édition bluray de la série animée de 1997. La re-masterisation étant fabuleuse, c'était une occasion de me la refaire.
Pas mal de craintes car je ne l'ai pas regardé depuis 4/5 ans mais en fait non, il me fait toujours le même effet et ses qualités demeurent intactes.

Quelques arguments (non-exhaustifs) :
-Le dessin crayonné a beau être statique sur les bords, je le trouve plein de charme (en bluray en plus, on voit super bien les coups de crayon sur les décors, l'application de la peinture etc., un vrai régal).
-Le design des personnages s'éloigne quelque peu de celui du manga mais ce n'est pas forcément un mal dans la mesure où je le trouve juste magnifique (certains plans m'ont foutu des frissons) : une bien belle réinterprétation (et c'est Miura lui-même qui a adapté son trait pour le support animé).
-Le scénario explore A FOND les enjeux psychologiques et c'est pour ça aussi que c'est très bon (contrairement aux films plutôt orientés "spectacle" en misant beaucoup sur la forme).
-Sans oublier les musiques incroyables de Susumu Hirasawa !

Alors certes, l'animation n'est pas de première fraicheur (ça a vieillit et même à l'époque, ce n'était pas ce qui se faisait de mieux) mais le charme cellulo / dessin papier + design réinterprété qui vaut le détour + BO marquante à vie + ambiance qui sait se distiller de manière posée et réfléchie + une bien meilleure transposition des enjeux scénaristiques et émotionnels = bon anime pour les fans (ou non initiés) de Berserk.

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