Rubric-à-brac

Par KanyeEast Blog créé le 27/10/16 Mis à jour le 07/12/17 à 20h53

Quelqu'un comme vous, mais en moins drôle.
Cookie 2016 /o/

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Catégorie : Cochon d'Indé

  
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Cochon d'Indé (Jeu vidéo)

Avis rédigé en écoutant Brigitte Bardot - Harley Davidson et la discographie de Johnny Halliday sur vinyles d'époque. Parce qu'on est fan, où on ne l'est pas.

 

Edgar Trott fonçait à 250 km/h sur l’autoroute au guidon de sa puissante moto. Obsédé par la prime de 15 millions de dollars à qui ramènerait le corps sans vie du Motard Assassin, il doublait gaiement les voitures roulant lentement. “Oh merde !” fut sa dernière pensée quand d’un coup de latte vicieux, je l’ai envoyé s’écraser sur un mur, comme un moustique embrasse le pare-brise d'une bagnole à grande vitesse sur l'A1.



 

 

 

On regrette tous une licence oubliée au fond d'une prison humide par son développeur. 
Ian Fisch ne déroge pas à la règle, et pour lui, c'est Road Rash, jeu de course moto où l'on foutait des torgnoles dans la gueule du petit connard qui nous disputait la place de leader.
Le coquin en a même fait un post de blog en 2009 pour expliquer pourquoi EA (encore !) devait relacher le pauvre captif pour en faire une version au goût du jour.
Sauf que le sieur Ian Fisch est accessoirement développeur, et vu qu'EA n'avait pas l'air décidé à sortir un nouvel épisode de sa franchise, il s'est mis en tête de faire sa suite spirituelle, lui-même, de ses petits doigts boudinés.
Et armé d'une équipe aussi, parce que tout seul, le temps est long.

Et voila comment 8 ans plus tard, après du kickstarter, de l'alpha, de l'absence de nouvelles du projet pendant plus d'un an, et de l'early access, déboule Road Redemption.

Toi, l’amateur de simulations de deux roues, qui as faim d’avaler des kilomètres d’asphalte en soignant au mieux sa trajectoire, ce qui suit ne t’intéressera pas. 

Ici, on est en présence d’un truc qui sent la bière et la transpi, à la conduite arcade de la calandre jusqu’à l’embrayage. Ici, on est sur un titre qui propose en une partie de 20 minutes d’éliminer plus de mecs que sur un épisode d'Uncharted.
Point de réglages, d’aspiration, ou autres joyeusetés qu’affectionnent les passionnés qui se lèvent en pleine nuit pour mater un GP Moto de l’autre côté du globe. On est là pour la vitesse, des mandales et des bagnoles qui tombent du ciel !

 


Avant de poursuivre, point crucial sur l'histoire : il n'y en a pas. Ou si peu.
Un mec nommé Assassin (!) a buté un chef motard, du coup une guerre des gangs sur l'autoroute se profile. A toi, joueur, d'éviter que les choses dégénèrent en l'éliminant. Et empocher l'argent de sa prime aussi, parce que 15 millions de dollars, ça ne se refuse pas.
Vous ne trouvez pas ça logique ? Moi non plus mais on s'en fout.

Fils non reconnu à la mairie de Road Rash, Road Redemption tient de son géniteur officieux ses parcours remplis des descendants de Gunther, Natasha, Syd et compagnie, qui veulent eux aussi choper la prime, et dont il conviendra de se débarrasser si l’on souhaite rester en vie.

Pour ce faire, les développeurs ont mignonnement mis à disposition  une arme contondante et une autre tranchante dans les mains du nouveau venu. Leur utilisation est simple : un bouton pour frapper à gauche, un autre pour frapper à droite. A ça s’ajoutent le bouton de parade, et un autre pour filer des coups de bottes qui envoient valdinguer dans le décor. Au fil des tracés, on ramasse des armes à feu ou des explosifs sur la route pour varier les possibilités de latter la face de son prochain, dans la joie et la bonne humeur. Et surprise, pour moi qui ai toutes les peines du monde à viser en pilotant, Road Redemption se montre très amical : les ennemis ont la délicate attention de calibrer leur vitesse sur la notre pour éviter de trop frapper ou tirer dans le vide. Comme dans son ancêtre spirituel, le plaisir régressif de taper sur tout ce qui bouge en zigzaguant à toute allure est au rendez-vous.

Chaque fils de l’anarchie (ou poulet, comme dans Chips, pas ceux du KFC) occis est récompensé par de la nitro pour aller plus vite, un peu de soins et du fric à dépenser entre chaque étape pour booster ses armes, ses compétences, refaire le plein en nitro et vie, tout ça dans le but d’éviter le fatal Game Over faisant repartir à zéro.

Enfin, pas tout à fait à zéro.

 

Car Road Redemption est issu d'une union adultérine avec Rogue Legacy. De Rogue Legacy, il tient son système de progression par l’échec : si la mort fait perdre les objets ramassés, les compétences achetées et son argent, le joueur peut (est quasi forcé d’) utiliser l’expérience glanée au cours de la partie afin d’obtenir des boosts permanents. Ce qui fait qu’au bout d’un moment, l’on se retrouve plus ou moins obligé de venir à bout du challenge pour peu que l’on ne soit pas manchot. Du coup, si les premières chevauchées sont ardues, le jeu tend à se simplifier par la suite.


 

Malgré le fun de ses joutes à mort, si vous espérez un titre où jouer en non-stop pendant des heures, passez votre chemin. Road Redemption se savoure en jouant à petites doses, à moins d’être avec ses potes et de brûler la gomme sur écran splitté ou en ligne.

La faute à des niveaux qui se ressemblent tous entre eux, avec des portions à l’intérieur copiées-collées en leur sein. Il m’a semblé voir les mêmes routes d'un tracé à l'autre, avec comme seul changement le décor.
Déclarés coupables également les 5 types de missions à remplir sous peine de voir sa barre de vie maximale amputée de 25%. Seuls les niveaux avec chutes de bagnoles du ciel, le parcours sur les toits de gratte-ciels ou la course finale en bonus apportent un peu de variété.
D'ailleurs sur cette dernière course, je m'attends à ce que Nintendo tique un peu et dégaine son armada d'avocats, à moins d'une certaine tolérance.
On se retrouve au final à cogner sur les alliés, les flics et les punks sans discernement, quelle que soit la mission à réussir.

La musique aussi n’est pas étrangère. Répétitive à en devenir abruti, il vaut mieux couper la bande-son et se coller sa propre playlist dans les oreilles.

Dernier reproche qui rejoint un point abordé plus haut : je n'aime pas être pris pour un con. Quand je lance un run, et que je vois un écran de chargement qui me dit que le jeu génère plein de trucs aléatoires, ce serait bien d'être vrai, entièrement. En l'état, ce qui est aléatoire, ce sont les missions de chaque stage, et le nom de tout ce qui va prendre des coups dans la bouche, hormis les boss de zone.

Pour contrebalancer la lassitude qui pourrait s'installer aussi rapidement qu'une épidémie de gastro en hiver, il est possible de débloquer au fil de nos succès différents chauffards apportant des petites nuances dans la manière de les jouer. Untel aura moins de vie, mais plus de boost et gagnera plus de thunes et d'expérience, un autre ne gagnera des bonus qu'en décapitant ses adversaires ou encore un coureur obligé d'utiliser son capital nitro infini sous peine de perdre de la vie.

Malgré les défauts bien relous évoqués, Road Redemption trouvera sa place au coeur d’une soirée de jeux entre amis pour bien rire en s’insultant. Ou chez qui ne consomme pas de masse ses titres.
Et puis il a meilleure mine que ce truc infâme qui a un an de retard, tout droit sorti des bouches de l'Enfer et manufacturé par les mecs qui essaient de faire un Attack on Titan version médiéval occidental.

A télécharger sur le store Humble ou Steam.

 

 

Je fonçais à 250 km/h sur l’autoroute, au guidon de ma puissante moto. Obsédé par le Motard Assassin devant moi, je l’alignais avec mon fusil pour lui coller une bonne décharge de chevrotine dans les miches. La dernière chose qui m’est passé par la tête fut la poutre métallique sur le bas côté, après avoir pris un coup de latte bien vicieux.

 

 

 

 

 

 

 Images et vidéos, hormis Brigitte tirés du site officiel.
http://www.roadredemption.com/

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Cochon d'Indé (Jeu vidéo)

Genre: Point’n’click sous Vichy

Sortie : 09 novembre 2016

Disponible sur Linux, Mac, Windows.

 

 

Comme Orwell, avec qui il se retrouve vendu en bundle sur la plateforme de téléchargement de Valve (conjointement à This War of Mine ) ou Paper, Please, Beholder veut faire réfléchir sur les choix que l’on peut prendre en vivant dans une nation totalitaire.

Je me suis jeté sur lui après l’avoir repéré début novembre grâce à sa bande-annonce. Direction artistique qui m’a plu avec ses personnages en noir et blanc sur un décor cradingue, et un univers dystopique à base de régime fasciste comme je les aime. J’ai dit banco.

Dans Beholder, le joueur incarne Carl Stein, citoyen lambda (mais quand même sous très grosses doses de caféine parce que le mec ne dort jamais), nouvellement affecté au gardiennage d’un immeuble par le gouvernement. Etat totalitaire oblige, le bon Carl se voit légèrement poussé à veiller au bien être de ses habitants, enfin plutôt à espionner leurs actions.

 

 

Le ministère de la surveillance du peuple (ou quel que soit son nom) ordonne de temps en temps de trouver des preuves du comportement répréhensible d’un locataire de l’immeuble. Pour ce faire, il nous incite à pénétrer pendant son absence chez lui pour fouiller ses meubles et installer dans le plafonnier des caméras cachées. Une fois les éléments trouvés, un coup de bigophone à un fonctionnaire, un petit coup de délation avec les bons chefs d'accusation (sous peine de se faire taper sur les doigts et récolter une amende) et le délinquant se retrouve escorté derrière les barreaux par des molosses.

 

 

Comme l’on est dans un jeu qui cherche à faire réfléchir, on se rend compte que dénoncer telle personne par acte de vengeance ou telle autre personne juste parce que l’on suit les ordres, ce n’est pas forcément très éthique. Sauf que tout cela est amené trop lourdement, comme par exemple le voisin qui effraie toute la famille de Carl.

J’aurais pu y passer un bon petit moment, à regarder tout ce joli petit monde vaquant à ses occupations pendant que je faisais le collabo. Malheureusement le jeu est plombé par une traduction Google Trads sous acide, des choix aux conséquences un chouïa abusés (aidés par la traduction justement) et une famille absolument CASSE-COUILLES qui a tout le temps besoin de tout et n’importe quoi (mais pourquoi me prendre le chou pour un bonbon au chocolat, sérieusement), et qui m’a fait sortir de l’histoire à plusieurs reprises.

 

 

Comme le petit resto japonais en bas dans ta rue et chez qui tu vas prendre des brochettes, ça part d’un bon sentiment, il y a les ingrédients pour faire un bon truc, mais l’exécution est ratée et tu grailles un plat insipide.

 

+ DA mêlant choupi et cradingue.

+ Idée de départ (faire des choix dans un régime totalitaire)

 

- Le Stein-gate (AHA) : Famille du héros qui donne des envies de meurtre.

- Maladroit dans le récit.

- Traduction française immonde, peut-être que cela changera dans le futur.

- Celui qui s’attend à voir un tyrannoeil sera déçu.

 

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Cochon d'Indé (Jeu vidéo)

(Si vous avez déjà lu ce petit pavé, allez jusqu'au bonus stage à la fin)

 

Genre: Street of Rage digitalisé avec de la fesse, du zombie et de l’alien.

Sortie : 15 septembre 1996. Hein ? En 2016, t’es sûr ? Putain, 20 ans.

Disponible sur Windows, c’est sûr… Le reste on ne sait pas trop.

Jouable jusqu'à 4 vicelards en local. Enfin en théorie, je n'ai pas osé infligé ça à d'autres.

 

 

 

Aujourd'hui, c'est le jour le plus déprimant de l'année. Pas moi qui le dis, mais de très sérieux anglais. La cause au temps de luminosité, au larfeuille vide, à ta bonne résolution d'arrêter de fumer / faire du sport partie en couilles depuis le 2 janvier.

Mais grâce à moi, et contre un chèque avec plein de chiffres avant la virgule, ou une bière, tu vas retrouver la joie de vivre, faire revenir ta femme, guérir ton cancer. Action garantie dans les 3 mois, sinon remboursé. 

Alors parlons peu, parlons nichons.

 

 

 

Il était une fois, dans la lointaine contrée d’Australie, un mec multi-tâches qui s’appelait Andrew Thatcher. L’homme aimait photographier des filles plus ou moins habillées, pratiquer des arts martiaux inconnus au bataillon ou faire des films avec un budget inexistant. Mais le gars ne s’arrête pas à ça : il est également développeur de jeux-vidéo. Et dans le jeu dont je vais vous parler aujourd’hui, il mixe tous ses dons pour répandre la bonne parole dans l’univers. à base de tabassages d’aliens !

 

Le pitch est aussi simple que Kev Adams : des aliens fâchés de ne pas avoir d’aussi belles femelles sur leur planète qu’en Australie se décident à envahir la terre des kangourous, kidnapper et asservir les femmes tout en zombifiant les hommes. Aucune idée de ce qu’ils font des animaux. Ptete qu’ils  ̶l̶e̶s̶ ̶b̶a̶i̶… leur font des câlins la nuit.

Un beau jour, ou peut-être une nuit, une stripgirl se révolte comme Spartacus avec plus de boobz, et se dit que ce serait bien de casser de l’alien sexiste tout en libérant quelques-unes de ses collègues. Simple que je disais. Et funky.

 

Et pour sauver ses copines délurées et débarrasser la Terre de la menace d’un autre monde, notre danseuse à oilpé va ainsi se lancer dans les coins les plus mal famés de Sydney pour déboîter du punk zombie et de la travailleuse du sexe.

Ça se joue comme dans un Street of Rage : on se déplace latéralement et en profondeur, colle des beignes et des coups de talons, saute, et comme dans un jeu de baston, on peut parer et balancer des coups spéciaux.

Certains mouvements comme la parade, inutile, ou les ultras nécessitent de la mana. Mana qui jaillit tel un geyser des ennemis à chaque coup porté. Chaque ultra des 5 meufs, dont 3 à débloquer au fil de l’aventure, est une occasion pour elle de se foutre à poil et de nous montrer sa spécialité comme le ping pong show pour la fille asiatisante. Classe et absolument sans cliché.

Comme dans un bon jeu d’arcade des années 80/90, de courtes scènes amènent un peu de variété dans ce monde de brutes : du tir au pigeon à la Operation Wolf ou des courses poursuite pétées en moto, à cause d’une hitbox qui joue à cache-cache.



 

Mes yeux ont été gâtés, car on se retrouve dans de la 2D cradingue, avec des décors qui bavent et des persos digitalisés à qui il manque beaucoup d’images dans leurs animations.

Dès que l’écran se peuple un peu trop, c’est le bordel sans nom. J’ai perdu de nombreuses fois ma nana au milieu de la forêt de nibards et pire encore, quand on ramasse le power-up lâché par les golgoths, le moindre ennemi tué vient percuter l’écran, planquant toute l’action derrière son cadavre d’enfoiré.

Je ne m’étendrai pas sur la musique et les effets sonores. Je fais assez de cauchemars comme ça.

 

Bad Ass Babes a quelques défauts majeurs. Le premier est son gros problème de hitbox. Combien de coups dans le vide alors que j’étais sur l’adversaire. Combien de coups pris dans la gueule alors que je voyais l’ennemi absolument pas sur la même largeur. Ce souci se retrouve surtout sur les gros connards au marteau qui viennent nous les hacher menues. Les phases à moto sont donc logiquement une horreur, ‘fin faut le jouer pour comprendre.

Ensuite, les personnages digitalisés, ce n’était pas une bonne idée déjà il y a 20 ans. ACCLAIM nous en a fait bouffer avec les premiers Mortal Kombat et Batman Forever. Aujourd’hui, c’est toujours d’une laideur sans nom.

Puis, je n’ai jamais réussi à configurer mon putain de pad, et jouer au clavier, c’est nul.

Enfin, c’est trop court et avec une difficulté dosée de manière chelou. Tu te retrouves avec des boss qui sont impossibles à battre avec des coups normaux et qu’en plus te balancent des marrons imparables. Il est moins casse-couilles de mourir pour avoir sa jauge de mana remplie et balancer la sauce sur les connards intouchables .

Et malgré ces défauts qui en font une belle daube, je regarde ce jeu avec des yeux d’amoureux transi. Tellement mauvais qu’il en devient bon, ce con.

Si vous avez l’amour du nanar, sautez dessus quand il sera en promo, parce qu’à 10 boules, faut pas déconner non plus.

 

Les + : Les défauts de ses qualités (ou l’inverse)

Les - : Les qualités de ses défauts (ou l’inverse)

 

Verdict : X = 5*2 paires de loches + 5*2 paires de miches


Et si jamais vous êtes soudainement pris d’une frénésie d’amour pour le dev’, Andrew Thatcher, foncez sur son site pro où vous aurez le loisir de mater ses métrages sublimes (JE VEUX UNE VF) et anciens beat'em all.

Et accessoirement mater des femmes à poil. Avec des poils.

 

BONUS STAGE !!!! J'avais oublié de vous mettre le trailer pour vous donner une idée de comment ça bouge.

 

Et du coup je suis tombé sur un trailer Live Action publié après écriture du post il y a 3 semaines. Andrew Thatcher est vraiment mon héros.

Amusez-vous bien :wub:

 

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Cochon d'Indé (Jeu vidéo)

Genre: Simulateur des RG du turfu.

Sortie : 20 octobre 2016

Disponible sur Windows.

 

                                       

 

En France, on aime bien faire comme aux U.S.A. Faire de la musique qui tâche, pratiquer des sports aux règles incompréhensibles, manger de la bouffe rapide pas si bonne que ça. Plus récemment, on s’est dit dans les rangs de l’Assemblée Nationale que ce serait quand même cool de surveiller en masse les citoyens français, avec l’aide des FAI ou de fausses antennes relais, par exemple.

Pour le bien de la Nation. 

 

 

Big Glandeur is surveilling you

 

Avril 2017. Sélectionné parmi des milliers de candidats, sûrement grâce à mes capacités intellectuelles proches du néant, me voilà fraîchement recruté par la Nation afin d'être le premier à tester un nouveau logiciel de surveillance des télécommunications, Orwell. Ça en jette sur le papier, mais en fait cela ne consiste en théorie qu’à flâner sur Facebook et les quotidiens en ligne. Un boulot pépouze en somme. Enfin presque parce qu’il fallait qu’un emmerdeur fasse sauter une bombe sur une place de la capitale, mettant, d’abord, la pression du côté de la sécurité nationale, et, par une subtile décharge de travail de tous mes n+, sur moi. Bon, peut-être qu'une grosse affaire comme ça sera éventuellement l’occasion de monter les échelons assez vite.

Symes, mon superviseur m'explique comment utiliser le logiciel pour retrouver le commanditaire de cet attentat : éplucher les coupures de presse, profils Facebook, etc; repérer les bouts de textes stabilotés (les data-chunks) en bleu contenant des informations sur une personne surveillée et faire un glisser-déposer sur la fiche de la personne à qui l’information correspond afin que des analystes puissent l’exploiter. Plus simple qu’une partie de démineur, je devrais m’en sortir.

Ah, d’accord. Symes me dit que savoir que le suspect aime les chats n’est pas une information importante, et que je ne devrais pas faire perdre leur temps à tous ces gens sérieux qui bossent vraiment. Ma promotion viendra peut-être plus lentement qu'espéré.

 
 

 

Dans la dèche à Bonton

 

 

Dans ce visual novel, l’on suit d’un point de vue d’observateur 5 jours de la vie de jeunes adultes, anciens membres d’un groupe activiste opposé à la multiplication des caméras façon Levallois-Perret. Des jeunes que j’ai eu envie de baffer les uns après les autres. Non pas que leurs personnages soient mal écrits, je les ai trouvés justes, logiques dans leurs réactions et leurs postures. J’ai été tour à tour attendri puis énervé par chaque protagoniste.

Par le biais d’Orwell, les liens unissant les différents protagonistes se dévoilent peu à peu, nuancent les personnalités, font naître le doute chez le joueur/surveillant. Les jours défilant, la liste des suspects s’allonge. Le bien-fondé de notre surveillance aussi.

  

C’est une chose assez remarquable dans le jeu des teutons d’Osmotic Sutdio à mon sens : j’ai commencé assez vite ressentir un certain malaise à fouiner dans la vie de gens, même virtuels. Par moment, je me suis demandé s’il était juste de transmettre certaines informations. Certaines décisions ou absences de décision m’ont fait me sentir minable.

Les 5 jours au service de la Nation poussent à réfléchir sur les conséquences de nos actions, et dans un spectre plus large, sur les possibilités de la surveillance de masse dans notre vie de tous les jours.

Si le premier épisode est plutôt calme, la tension et le rythme montent au fur et à mesure pour atteindre une cinquième partie où, même sans chronomètre sous le nez, l'urgence est ressentie, et les choix que l'on regrette affluent.

 

 

 

George Ou bien ? (© Vincent Lagaf, 2016)

 

 

D'un côté, le jeu jouit d’une direction artistique plus que sympathique, que ce soit dans l’esthétique de l’interface austère et aseptisée du logiciel ou dans les “photos” - au visuel qui me font penser aux polygones de Flashback - des protagonistes.

D’un autre, je n’ai pas été pas emballé par les musiques pseudo-angoissantes qui forcent un peu le trait. Les “Attention, ici une révélation” ou autres “Maintenant tu dois être triste.”, ça ne passe déjà pas dans les productions de Quantic Dream, ici aussi c'est un gros non.

Aujourd’hui, cela n'a plus d'importance mais je trouve que le rythme de sortie des épisodes n’était pas adapté au contexte du jeu. Se déroulant sur 5 jours qui se suivent, ce qui est logique avec l’urgence de la situation de l’histoire, la sortie hebdomadaire n’était pas forcément pertinente d’un point de vue story-telling.

Les joueurs pourront être freinés dans leur envie de l’essayer car pour l’heure, il n’est disponible que dans la langue de Donald Trump. Mais pour ceux à qui l’anglais ne fait pas peur, préparez-vous à quelques heures d’espionnage de vies privées.

 

 

 

 

+ L’histoire, prenante et d’actualité

+ La galerie de personnages

+ Le graphic design

+ L’épisode 5

 
 

- Le sound design en deça

- Pour voir la conséquence des choix alternatifs, il faut recommencer à zéro.

- L’absence de traduction

 

Verdict : 13888/1984

 

Et comme vous avez été sages, voici le trailer rigolo d'Orwell.

Saurez-vous trouver toutes les références ?

Un cadeau de Noël surprise à gagner.

 

 

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Cochon d'Indé (Jeu vidéo)

Genre: Histoire Visuelle (j’adore ce terme) / Dating Simulator aviaire

Sortie : 04 septembre 2014 (sur Steam, sinon encore avant)

Disponible sur Linux, Mac, Windows.

 
 
 
 
 

Si comme moi, il vous arrive de vous mettre sur votre ordinateur et d’errer au hasard de l’interoueb, vous vous êtes sûrement retrouvés à regarder d’étranges vidéos complotistes dans un recoin obscur de YouTube, ou à jouer à des jeux en flash chelous sur des sites russes. C’est comme ça que l’on peut apprendre que le monde est dirigé en scred par des hommes animaux ou que l’on se retrouve à jouer à des jeux de simulation de drague de lycéennes japonaises.

De la même façon, un jour sur Steam, tu tombes sur Hatoful Boyfriend. Tu lis 2/3 avis de mecs qui écrivent n’avoir jamais autant pleuré que devant un jeu. Tu regardes les screenshots du jeu, parce qu’il te semble avoir vu des oiseaux. Et tu te rends compte que les gus parlaient d’un dating simulator avec des oiseaux. Oui.

 

 

Pigeon, oiseau à la robe grise…

 

Et me voilà, quelques minutes plus tard dans l’uniforme de schoolgirl d’Hisoko Tosaka, 2e année au lycée de St PigeoNation, une école par les pigeons et pour les pigeons. J’ai découvert que mon meilleur ami s’appelait Ryouta, pigeon bisset de par sa noble naissance, fait la connaissance de mon nouveau prof principal (une caille narcoleptique) et de mes nouveaux camarades à plumes.

 

“Qu’est-ce que je fous là ?” que je me suis dit. “Pourquoi ai-je pété mon PEL pour ça ?”. Petite créature innocente et apeurée que j’étais.

Bah, vu qu’il me restait encore 1h50 avant de pouvoir me faire rembourser par Steam, j’ai poursuivi un peu mon exploration dans l’étrange.

Le temps passe, je finis mon année scolaire et j’arrive à pécho un oiseau. Et je souris. C’était assez drôle cette histoire, mais qu’est-ce qui se serait passé si j’avais voulu me faire celui-ci plutôt ?

Et là les amis, c’est trop tard. It’s a trap comme dirait l’amiral Ackbar. J’ai enchaîné les histoires.

 

 

Les Ailes de l’Enfer

 

Je me suis fait piéger. Hatoful Boyfriend m’a appâté avec son plumage débile totalement nippon, puis il m’a foutu dans la cage de son histoire tantôt farfelue, tantôt triste à en chialer comme le mec du best cry ever. Et j’ai enchaîné les histoires, flirté avec plus de volatiles que ce que l’on pourrait trouver chez Truffaut, jusqu’à ce qu’au début d’une nouvelle partie, le choix d’honorer une vieille promesse me soit proposé.

Et là mes poussins, l’histoire s’en envolé dans une nouvelle dimension.

J’ai suivi mon année de cours comme d’habitude, jusqu’à ce qu’un événement survienne. Fini les choix pour se farcir du poulet. A partir de là, on rentre dans une partie thriller où toutes les interrogations que l’on se posait pendant les parties de dragouille vont trouver une réponse, avec nombre de retournements de situation à la japonaise en cours de route.

 

 

 

Moins de polygones = plus d’émotion

 
 
Hato Moa, mangaka et au développement du titre, a réussi à me faire avoir de l’empathie pour ses zoziaux détourés sous paint, tellement que j’en ai sorti la plume de mon clavier pour partager la découverte. Mon amour pour tout cet univers n’était pas gagné d’avance, vu le choc du premier contact avec le ridicule de ce que l’on a devant les yeux. Mais peut-être que c’est finalement le décalage entre les oiseaux et le sérieux des situations, peut-être était-ce la brochette de dinde du midi à la cantine, toujours est-il que ça a marché sur moi. M’y serais-je plus passionné si les personnages avaient été humains ?  

Si vous n’avez pas peur de la grippe du poulet et que vous n’êtes pas allergiques aux jeux où vous ne ferez pas grand chose sauf cliquer pour faire défiler des lignes de textes, foncez. Il se pourrait même que vous regardiez d’un autre oeil ces foutus pigeons qui ont pourri votre pare-brise.

Puis d’façon, un pigeon, c’est plus con qu’un dauphin, mais ça vole.

 

+L(es)’histoire(s)

+Des personnages attachants

+J’ai eu les larmes aux yeux

+Le pudding

 

-C’est une Histoire Visuelle, ne plaira pas à tous

-J’ai eu les larmes aux yeux

-Les retournements de situation à l’intérieur des retournements de situations en seconde partie.

 

Verdict : 8 sur l’échelle d’Howard the Duck

 

 

 
Aucun animal n'a été blessé au cours de l'écriture de tout ceci.
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Cochon d'Indé (Jeu vidéo)

Genre: plate-forme shooter sous amphétamines

Sortie : 12 octobre 2016

Disponible sur Linux, Mac, Windows.

 
 
 
 

 

 

Quand j’étais petit, mon livre préféré était Histoires au Téléphone de Gianni Rodari, un recueil de nouvelles. Une était sur un gamin tête en l’air qui perdait une à une les parties de son corps. Imaginez mon bonheur quand j’ai vu le trailer d’un plateformer avec ce principe.

 

GoNNER d’organes

Sally <3GoNNER est certes un plateformer, mais il raconte une histoire sans vous parler. Pas de textes, pas de voix, à peine deux images balancées du héros Ikk et sa copine Sally la baleine. Et rien pour vous dire comment jouer.

 

  

 

Lors de la première partie, on se retrouve au milieu de nulle part sans explications avec un corps sans tête. Puis, on trouve une caboche, une pétoire et un sac à dos, l’attirail pour aller botter des culs mignons tout pleins. Et surtout pour aller se faire botter le cul.

Parce que vous allez mourir dans GoNNER. A cause des ennemis par trouzaines, des trous, de votre incompétence, et la fâcheuse tendance du héros à perdre la tête au moindre dégât, sachant que se faire toucher sans sa tête équivaut à une mort immédiate. Un charmant programme.

Mais on apprend vite de ses passages à la case cimetière. Comment attirer les fourbes qui nous en veulent, le maniement des flingues, caboches et sacs à disposition ou les rebonds sur les tronches pour enchaîner les combos et engranger des glyphes.

Les glyphes sont un peu le GoNNER de la guerre, ce sont les yourodollars du jeu. Avec eux, on peut s’acheter des vies, des munitions ou changer son barda avant d’affronter un boss. Comme écrit avant, ils se ramassent en combotant les ennemis. Un glyphe apparaît tous les 5 abattus, avec un délai d’environ 3 secondes maximum pour blesser ou tuer un autre adversaire.

 

Mélodie du GoNNER

 

C’est là que le jeu prend tout son intérêt : pour augmenter ses chances de survie, il faut prendre des risques, poussant à s’améliorer à chaque partie. Pour ceux qui chercheront à choper le high-score, il faut savoir que chaque glyphe en notre possession est un multiplicateur de points. Du coup, on se lance dans une optimisation entre bobines, vaporisateurs et bourses pour mieux repartir au combat dans la joie et la bonne humeur.

Bonne humeur augmentée par une bien jolie direction artistique où, malgré la dominante noire (ou blanche), le peu de couleurs à l’écran pétouille de partout pour le plaisir des yeux. Les oreilles ne sont pas en reste avec des “bliip” “brudululu” et autres “bouloupouloup” choupinous et une OST de Joar Renolen qui tabasse.

GoNNER n’est que du bonheur au cours de ses 4 niveaux générés aléatoirement, évitant le par coeur lassant. Pour le défi, on se frottera au challenge quotidien avec son parcours imposé histoire de se rappeler que dans le monde, il y a des tarés.

Et qu’il est gratifiant après tant de jeux où l’on est pris par la main, orienté dans tous les sens, de n’avoir aucune explication. Il est bon de voir un jeu où le joueur n’est pas pris pour un idiot.

Si je devais chercher la petite bête pour lui trouver des défauts, je dirais bien que le titre peut sembler injuste parfois, lorsque l’on perd la tête au milieu d’ennemis nous serrant autant que lors d’un pogo, on ne comprend que difficilement ce qui se passe.

 

GoNNER est mon coup de coeur de l’automne et le développeur, Mattias “Ditto” Dittrich semble décidé à s’occuper de son bébé, et de nous, pendant encore quelques temps, vu les ajouts fréquents qu’il y apporte depuis la sortie. Et ça me donne envie d’y retourner.

 

                                                     
 
 

+ Une direction artistique (graphismes et audio) sublime

+ Une maniabilité nickel

+ La variété des items pour varier son style de jeu

+ Sally : <3 avec les mains

 

J’aime pas

- L’action fouillie à l’écran quand ça pète de partout.

- Mes mains, parfois

 

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