Rubric-à-brac

Par KanyeEast Blog créé le 27/10/16 Mis à jour le 29/11/16 à 14h31

Quelqu'un comme vous, mais en moins drôle.

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Review (Jeu vidéo)

Genre: Simulateur des RG du turfu.

Sortie : 20 octobre 2016

Disponible sur Windows.

 

                                       

 

En France, on aime bien faire comme aux U.S.A. Faire de la musique qui tâche, pratiquer des sports aux règles incompréhensibles, manger de la bouffe rapide pas si bonne que ça. Plus récemment, on s’est dit dans les rangs de l’Assemblée Nationale que ce serait quand même cool de surveiller en masse les citoyens français, avec l’aide des FAI ou de fausses antennes relais, par exemple.

Pour le bien de la Nation.

 
 

 

Big Glandeur is surveilling you

 

 

Avril 2017. Sélectionné parmi des milliers de candidats, sûrement grâce à mes capacités intellectuelles proches du néant, me voilà fraîchement recruté par la Nation afin d'être le premier à tester un nouveau logiciel de surveillance des télécommunications, Orwell. Ça en jette sur le papier, mais en fait cela ne consiste en théorie qu’à flâner sur Facebook et les quotidiens en ligne. Un boulot pépouze en somme. Enfin presque parce qu’il fallait qu’un emmerdeur fasse sauter une bombe sur une place de la capitale, mettant, d’abord, la pression du côté de la sécurité nationale, et, par une subtile décharge de travail de tous mes n+, sur moi. Bon, peut-être qu'une grosse affaire comme ça sera éventuellement l’occasion de monter les échelons assez vite.

Symes, mon superviseur m'explique comment utiliser le logiciel pour retrouver le commanditaire de cet attentat : éplucher les coupures de presse, profils Facebook, etc; repérer les bouts de textes stabilotés (les data-chunks) en bleu contenant des informations sur une personne surveillée et faire un glisser-déposer sur la fiche de la personne à qui l’information correspond afin que des analystes puissent l’exploiter. Plus simple qu’une partie de démineur, je devrais m’en sortir.

Ah, d’accord. Symes me dit que savoir que le suspect aime les chats n’est pas une information importante, et que je ne devrais pas faire perdre leur temps à tous ces gens sérieux qui bossent vraiment. Ma promotion viendra peut-être plus lentement qu'espéré.

 
 

 

Dans la dèche à Bonton

 

 

Dans ce visual novel, l’on suit d’un point de vue d’observateur 5 jours de la vie de jeunes adultes, anciens membres d’un groupe activiste opposé à la multiplication des caméras façon Levallois-Perret. Des jeunes que j’ai eu envie de baffer les uns après les autres. Non pas que leurs personnages soient mal écrits, je les ai trouvés justes, logiques dans leurs réactions et leurs postures. J’ai été tour à tour attendri puis énervé par chaque protagoniste.

Par le biais d’Orwell, les liens unissant les différents protagonistes se dévoilent peu à peu, nuancent les personnalités, font naître le doute chez le joueur/surveillant. Les jours défilant, la liste des suspects s’allonge. Le bien-fondé de notre surveillance aussi.

 

 

C’est une chose assez remarquable dans le jeu des teutons d’Osmotic Sutdio à mon sens : j’ai commencé assez vite ressentir un certain malaise à fouiner dans la vie de gens, même virtuels. Par moment, je me suis demandé s’il était juste de transmettre certaines informations. Certaines décisions ou absences de décision m’ont fait me sentir minable.

Les 5 jours au service de la Nation poussent à réfléchir sur les conséquences de nos actions, et dans un spectre plus large, sur les possibilités de la surveillance de masse dans notre vie de tous les jours.

Si le premier épisode est plutôt calme, la tension et le rythme montent au fur et à mesure pour atteindre une cinquième partie où, même sans chronomètre sous le nez, l'urgence est ressentie, et les choix que l'on regrette affluent.

 

 

 

George Ou bien ? (© Vincent Lagaf, 2016)

 

 

D'un côté, le jeu jouit d’une direction artistique plus que sympathique, que ce soit dans l’esthétique de l’interface austère et aseptisée du logiciel ou dans les “photos” - au visuel qui me font penser aux polygones de Flashback - des protagonistes.

D’un autre, je n’ai pas été pas emballé par les musiques pseudo-angoissantes qui forcent un peu le trait. Les “Attention, ici une révélation” ou autres “Maintenant tu dois être triste.”, ça ne passe déjà pas dans les productions de Quantic Dream, ici aussi c'est un gros non.

Aujourd’hui, cela n'a plus d'importance mais je trouve que le rythme de sortie des épisodes n’était pas adapté au contexte du jeu. Se déroulant sur 5 jours qui se suivent, ce qui est logique avec l’urgence de la situation de l’histoire, la sortie hebdomadaire n’était pas forcément pertinente d’un point de vue story-telling.

Les joueurs pourront être freinés dans leur envie de l’essayer car pour l’heure, il n’est disponible que dans la langue de Donald Trump. Mais pour ceux à qui l’anglais ne fait pas peur, préparez-vous à quelques heures d’espionnage de vies privées.

 

 

 

 

+ L’histoire, prenante et d’actualité

+ La galerie de personnages

+ Le graphic design

+ L’épisode 5

 
 

- Le sound design en deça

- Pour voir la conséquence des choix alternatifs, il faut recommencer à zéro.

- L’absence de traduction

 

Verdict : 13888/1984

 

Et comme vous avez été sages, voici le trailer rigolo d'Orwell.

Saurez-vous trouver toutes les références ?

Un cadeau de Noël surprise à gagner.

 

 

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Commentaires

KanyeEast
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KanyeEast
Cimer mec, je verrai ça dès que j'aurai le temps de poser mon cul devant un ordinateur :)
Fachewachewa
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Fachewachewa
Petite critique sur la forme : c'est pas de ta faute, mais gameblog a du mal avec les images inscrustées dans le test, à gauche ça peut passer mais quand c'est à droite ça rend la lecture assez désagréable je trouve, du coup j'conseille plutot des images de la largeur du post (660px si j'me souviens bien) callées entre les paragraphes (surtout pour orwell, la version petite image est pas super claire)

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