Un Chat au Japon.

Un Chat au Japon.

Par Kaminos Blog créé le 09/02/10 Mis à jour le 26/11/15 à 02h54

Blog d'un chat gamer expatrié au Japon, qui bosse dans le jeu vidéo :)
C'était pas facile de faire comprendre aux douanes que je devais pas aller en quarantaine, mais j'ai réussi.

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Catégorie : JV


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JV (Jeu vidéo)

Je reçois de temps en temps un MP de demande de conseils quant au fait d’habiter au Japon, de travailler dans le jeu vidéo, et surtout de faire les deux en même temps.

 Je me suis donc dit qu’un petit article serait plus pratique pour tout le monde ! :)

Que cela soit clair : cet article représente mon expérience personnelle, ce que j’ai pu voir parmi mes amis et connaissances qui bossent dans le milieu, mais ne sont pas une vérité absolue. Surtout en ce qui concerne le développement, où je reste clairement un junior.

Si vous avez des questions, les commentaires sont là pour ça :)

 

 

Comment devenir développeur de jeux vidéo ?

Pour commencer, c’est une mauvaise question. Créer des jeux vidéo, cela veut tout et rien dire, et il y a tellement de carrières différentes dans cette industrie que le nombre de chemins possibles est infini. Si par créer des jeux vidéo vous entendez être en production et, objectivement, créer des éléments d’un jeu vidéo, alors, il y a pour commencer trois grosses possibilités. Être programmeur, designer ou artiste. Je ne vais pas forcément revenir dessus puisque tout le monde sait globalement quels sont ces métiers, mais le choix de programmeur est à mon avis le meilleur aujourd’hui si vous voulez trouver du travail rapidement, puisque l’industrie en manque.

C’est le choix que j’ai fait, personnellement.

Je ne connais pas les autres marchés, mais  au Japon, un programmeur de jeu vidéo trouve du travail en moins d’une semaine. Je le dis parce que je l’ai vécu et ai eu l’occasion d’en être témoin de nombreuses fois.

C’est aussi, dans le cas général, celui des trois métiers qui paie le plus. C’est aussi celui où vous aurez les plus grosses heures dans les phases critiques du projet. Mais je reviendrai dessus plus tard.

Concernant les formations, je ne détiens pas de vérité absolue, j’ai personnellement fait une école d’ingénieur informatique classique. J’ai tendance à penser que les écoles de jeu vidéo sont bien pour être designer (et encore, je pense que c’est vraiment un métier qui s’apprend en jouant et sur le tas), mais sans doute moins pour être programmeur.

D’autre part, on ne sait jamais à quoi ressemblera le marché demain, il bouge excessivement vite. Si vous vous verrouillez dans un domaine trop précis trop rapidement, si le marché du jeu vidéo se casse la tête, vous perdrez énormément de valeur. Avec une formation plus versatile, vous pourrez toujours changer d’industrie, vu que les ingénieurs logiciels sont indispensables dans toutes les industries du monde, dans tous les pays. C’est sans doute un des métiers les plus versatiles possibles, et c’est un avantage que je vous conseille de garder via une formation généraliste.

En ce qui concerne les diplômes, je dirais que leur utilité principale est leur nécessité pour obtenir un visa travail à l’étranger. Dans mon cas, pas de diplôme, pas de visa travail, et de nombreuses pays fonctionnent ainsi. 

Au-delà des compétences professionnelles pures, je pense qu’une personne ayant une bonne culture du jeu vidéo, des mécanismes, qui s’intéresse au média et à son évolution, sera un bien meilleur candidat qu’une personne qui ne s’y intéresse pas.

C’est indispensable pour les designers, et un gros plus pour un programmeur. Surtout quand un designer explique une mécanique, avoir en face de soit quelqu’un qui joue permet de gagner beaucoup de temps. Donc jouez (à tout, même aux genres que vous n’aimez pas !), lisez la presse.

Enfin, et le plus important, il n’y a aujourd’hui aucune excuse de ne pas être en train de créer des jeux vidéo si vous en avez vraiment l’envie.

Il y a suffisamment d’outils professionnels extrêmement puissants (Unity, Unreal, etc), de formations et d’aide en ligne, de plateformes de distributions (AppStore, Google Play, indies PS4/Xbox One, Steam, etc) pour vous permettre de créer votre jeu. C’est la meilleure des formations, et votre meilleure arme pour trouver un emploi rapidement. Mettre sur votre CV le nom de votre jeu et que la personne qui le lit puisse le télécharger directement, lire les reviews des joueurs sur sa qualité, ce sont de sérieux points de marqués.

 

Comment travailler au Japon ?

Comme dit précédemment, ayez un diplôme. Si vous n’en avez pas, tout n’est pas perdu mais vous partez avec un sérieux handicap. Vous pouvez arriver ici en working holiday et trouver une entreprise qui sponsorisera votre visa, mais c’est difficile. Vous pouvez aussi avoir un visa mariage. C’est en fait plutôt facile, je connais pas mal de personnes qui l’ont fait, mais personnellement, au-delà de toute considération sur le mariage et ses valeurs, je trouve qu’un visa travail obtenu par soi-même, c’est quand même infiniment plus classe.

 

Devez-vous parler Japonais ? C’est mieux, mais pas obligatoire. Vous aurez des barrières et des limites si vous ne parlez pas la langue, mais je connais plein de personnes qui parlent peu et mal Japonais et qui travaillent dans le jeu vidéo à Tokyo. Il y a beaucoup de boites étrangères implantées ici où la langue dominante est l’Anglais. Je ne vous ferai pas l’affront de répondre à la question “Dois-je parler Anglais ?”.

Cependant, parler Japonais est un vrai plus, voire une nécessité. Dans ma boite actuelle, qui est une entreprise japonaise, tout est en Japonais à 100%, et quelqu’un ne parlant et n’écrivant pas couramment le Japonais ne pourrait pas y travailler. C’est le cas d’énormément de studios.

La meilleure des réponses que je peux donc vous donner, c’est de commencer à l’apprendre tout de suite. S’il est effectivement ancré dans vos projets d’habiter au Japon un jour, cela vous servira forcément.

S’installer au Japon coûte cher, et pas mal de stress est à prévoir à l’arrivée, avec un déménagement, le visa, l’arrivée dans la nouvelle entreprise … J’ai cependant été très surpris de constater que la communauté française à Tokyo est adorable et aide les nouveaux. Au même titre qu’une fois installé, ce sera à vous d’aider les prochains arrivants. Bref, si vous m’envoyez un MP en me disant “je débarque la semaine prochaine j’ai nulle part où dormir”, peu de chances que je vous refuse, ou la plupart des Francais de Tokyo vous refusent, une cannette de bière et un coin de canapé :)

 

 

 Être développeur de jeux vidéo au Japon

Que cela soit clair : bosser dans le jeu vidéo c’est très différent d’être joueur. Tout n’est pas rose. Tout n’est pas noir non plus, loin de là, et j’aime mon métier. Mais faire le parallèle entre aimer les jeux vidéo et vouloir faire des jeux vidéo n’est pas aussi évident quand on est de l’autre côté de la barrière. C’est d’autant plus vrai au Japon.

Même si ce sont Final Fantasy et Metal Gear Solid qui ont bercé votre enfance, il y a peu de chances que vous puissiez travailler sur ces IP directement après être arrivé ici. Le Japon est un marché qui a fini sa transition vers le mobile, et il représente une écrasante majorité des emplois que vous trouverez ici.

Si l’idée de travailler sur des Free To Play ne vous fait pas envie, changez de métier, ou de pays.

Sachez cependant que les frontières entre le mobile et la console sont ténues. J’ai déjà eu des offres de studios pour bosser sur PlayStation, et si je reste actuellement sur mobile, c’est par choix.

Ce que je veux dire : si vous ne démordez pas de l’idée de vouloir faire de la console, vous en aurez rapidement la possibilité, même si votre porte d’entrée fut le mobile. Après, est-ce un choix de carrière intéressant ? C’est une autre question. 

J’entends tout et n’importe quoi concernant les conditions de travail au Japon. Personnellement, que ce soit à Gameloft ou à Kiteretsu, les conditions de travail sont excellentes, avec des heures flexibles, des bureaux classieux, de bons postes de travail, des coins cafets gratuits pour les employés, une bonne ambiance … Loin de l’univers délétère que certains font croire.

Après, oui, il y a des moments de “crunch”. Je pense que mon “record” personnel est une semaine à 107 heures. Mais cela reste exceptionnel. Le temps normal de travail est entre 40 et 50 heures par semaine. Les heures supplémentaires aux phases critiques des projets sont-elles quelque chose de normal ? Cela me conviendra-t-il dans 15 ans quand j’aurai femme et enfants ? C’est forcément compliqué de répondre par l’affirmative.

Ce que je peux dire cependant, c’est que les nuits à se prendre la tête dans l’équipe autour d’une pizza restent parmi les meilleurs souvenirs que j’ai. 

Combien gagne un développeur de jeux au Japon ? Ce que je vais dire est une moyenne. Au Japon, et pas que dans le jeu-vidéo, une partie non négligeable du salaire annuel est donné en primes, souvent au mois d’août et au mois de décembre. Ces primes représentent chacune entre un mois et trois mois de salaire, ce qui compte forcément beaucoup. En général, elles ne concernent que les seishain (CDI) et non pas les keiyakuin (CDD, ce qui très courant dans le jeu vidéo au Japon)

Les heures supplémentaires sont en général non payées, car inclues dans le contrat.

Un designer ou un artiste junior peuvent aller chercher dans les 4/5 millions de yen par an (je vous laisse faire la conversion en euro, sachant qu’en ce moment le yen est très faible, donc pas forcément représentatif du niveau de vie). Un programmeur junior sera davantage dans les 5/6 millions, primes non incluses, ce qui situe la paye bien au-dessus de la France, à catégorie équivalente. Des seniors peuvent parfaitement aller plus haut très rapidement, avec une moyenne a 8/10 millions sans les primes. Certaines grosses entreprises mobiles comme DeNA ou LINE n’hésitent pas donner des salaires à 15 millions (en gros 120 000 euro) à un senior compétent. Après, un bon lead designer ou producer, qui saura donner de l'identité à un jeu, gérer et unifier une équipe, gagnera encore plus qu'un bon programmeur. Mais on parle ici de deux ou trois personnes dans une équipe de 50.

Le jeu vidéo est mieux payé au Japon qu’en France, c’est une certitude. La couverture sociale y est moins bonne mais reste meilleure qu’aux Etats-Unis.

Au-delà du salaire, je pense qu’être développeur étranger au Japon est un plus, surtout si vous parlez bien Japonais. Beaucoup de grosses boites japonaises recrutent des étrangers en ce moment, je ne sais pas combien de temps durera ce momentum, mais c’est en tout cas une opportunité.

 

Voilà, j’espère avoir un peu débroussaillé les grosses questions. Si jamais vous avez des questions, posez-les moi en commentaires, et je me ferai un plaisir d’y répondre. J’espère que cet article aura été utile :)

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JV (Jeu vidéo)

Y a pas à dire, en ce moment, j'enchaine les jeux extraordinaires. Entre GTAV sur PS4, puis Majora's Mask que je suis en train de redécouvrir sur la New 3DS LL (le headtracking 3D, quelle tuerie !) et The Order : 1886 que je suis en train de savourer, 2015 commence sur les chapeaux de roues.

The Order justement, parlons-en.

Je lis plein de choses qui me remplissent de tristesse, ça et là, sur le net. Que parce qu'il se finit en quelques heures, et donc qu'il ne « mérite » pas ses 50/60 euro.

Je ne suis pas d'accord. Comme je vous l'avais déjà dit, je n'aime pas faire le rapport entre le prix d'accès à une oeuvre et sa durée. Et quand bien même : si The Order ne durait qu'une heure, si j'y éprouve plus de plaisir, que je voyage plus, que je suis plus baigné dans l'ambiance du jeu que dans un autre qui dure 40 heures, alors il « vaudra » plus pour moi.

Et puis de manière purement objective, je n'ai pas le temps. Deux ou trois soirées pour un jeu, c'est parfait.

Je lis aussi que le jeu est trop simple et dirigiste, trop proche du cinéma. En quoi serait-ce un mal ? En quoi, si c'est la vision de Ready at Dawn, le moyen par lequel ils veulent nous raconter leur histoire, cela serait-il une arnaque ?

Pourquoi tous les jeux devraient-ils suivre un modèle établi, ou ne règne que le gameplay ? Pourquoi ne pourrait-il pas y avoir des studios qui mettent en avant autre chose, comme l'immersion ou la narration ? 

The Order est à 100% un jeu vidéo. Je n'ai pas l'impression d'être devant un film quand j'y joue.

Et si oui, il y a des plans et des angles cinématographiques, je ne vois pas en quoi cela est une insulte au média. 

Mieux même : je joue en ce moment à Majora's Mask, qui est diamétralement opposé à The Order. 

Eh bien je me dis que je veux plus de jeux immersifs sur console de salon.

On atteint un niveau de qualité suffisant sur consoles portables et smartphones pour proposer des jeux « à gameplay » d'excellente qualité sur plateformes mobiles. Un jeu sur console de salon, c'est un plus grand écran, un canapé bien confortable, pourquoi pas un home cinema, une tasse de chocolat chaud et un chat assoupi sur les genoux. Et avec tout ça, oui, ce que je veux, c'est de l'immersion. Je veux voyager. Je veux rêver. Je veux ce que je ne peux pas avoir sur 3DS ou iPhone.

Oui, aujourd'hui, j'aimerais voir plus d'expériences immersives, dirigistes mais bien narrées, comme The Order, sur PS4 et Xbox One.

Surtout que ce que The Order fait, il le fait bien. Au-delà de la technique à tomber par terre, le jeu a une des plus belles directions artistiques dont j'aie pu être témoin. Et puis cette mise-en-scène. Cette narration. C'est à l'opposé d'un blockbuster. Tout est dans la finesse, dans la retenue. Pas besoin de grosses explosions. Pas d'ambiance badass à chaque cut scene.

Même dans sa grande violence, The Order fait preuve de retenue. On n'exhibe jamais, on montre sans censure, mais sans gros plans. Et en ça, il est plus mature que 99% des jeux de l'industrie. Tout est contrôlé, volontaire, bien fini. Et qu'est-ce que ça fait plaisir. 

Parce que rien au monde n'empêche d'aimer et Majora's Mask et The Order. Le jeu vidéo n'a pas qu'une définition. Et j'emmerde profondément ceux qui le pensent.

Sur ce, j'y retourne.

Voir aussi

Jeux : 
The Order : 1886 (PS4)
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JV (Jeu vidéo)

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Je n’ai jamais aimé Mario. Je fais partie des personnes qui cherchent avant tout dans le jeu vidéo une méthode unique de raconter une histoire. Si la narration est originale, bien ficelée, j’ai tendance à pardonner toutes les errances de Gameplay.

C’est pour cette raison que je n’éprouve rien pour le plombier, ce platformer par excellence, où l’histoire n’existe pour ainsi dire pas.

Exception faite du phénomène Pokémon quand j’étais enfant, c’est pour cette même raison que je ne comprends pas la plupart des licences Nintendo. Parce qu’elles misent sur le gameplay, l’essence même du jeu vidéo, plus que toute autre chose.

Du coup, je me dis que ça doit être quelque part entre la sortie de la GBA SP et la fin de vie de la Gamecube. Le moment où j’ai lâché Nintendo. Celui où j’ai continué à acheter les consoles et quelques jeux plus par acquis de conscience, plutôt que par amour pour ces artisans du jeu vidéo. Ces horlogers qui règlent chaque millimètre d’un jeu avant de le sortir. 

Comme beaucoup, je me disais que les jeux smartphones finiraient par manger les parts de marché de la firme de Kyoto, démontreraient rapidement leur mainmise sur les joueurs occasionnels et une bonne partie des enfants.

 

Et puis j’ai passé quelques jours avec NicoWav. Et puis j’ai regardé quelques Nintendo Direct. Et puis j’ai regardé mes collègues jouer à Mario Kart et Smash Bros pendant la pause midi. Et puis j’ai vu que Yôkai Watch est devenu un phénomène de société ici. Et puis j’ai vu que quand je sors avec ma 3DS, j’ai plusieurs dizaines de streetpass par jour. Et puis j’ai vu les chiffres de ventes de la WiiU s’améliorer. Et puis j’ai vu Nintendo regarder vers le futur avec la santé connectée.

Et puis je me suis dit que j’étais sans doute devenu un peu trop con, que j’avais oublié les milliers d’heures passées sur ma Gameboy Color plutôt que sur ma Playstation, à mettre une lampe torche sous les draps de mon lit pour continuer à faire gagner de l’expérience à mes Pokémons ou à avancer dans un donjon de Zelda.

Que j’avais oublié tout le bon temps passé à quatre sur Goldeneye ou Smash Bros 64 avec de la famille ou des amis. 

Ouais en fait, ce n’est pas Nintendo qui a changé, c’est moi. Et des gens avides d’expériences comme j’ai pu en avoir pendant des années avec Nintendo, il y en a encore des millions.

 

Go Nintendo.

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Sociétés : 
Nintendo
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JV (Jeu vidéo)

 J’ai acheté une PS4 il y a de cela deux semaines. Quelle belle machine.

Elle est classe, l’expérience y est fluide et intuitive, on se ballade entre les stores de différentes régions d’une seconde à l’autre … Tout y est beau et rapide. Cela sent encore un peu la peinture fraiche par endroits, mais c’est une machine qui me procure le même genre de ressenti qu’un produit Apple : l’expérience utilisateur est bien intégrée au hardware.

Je l’ai acquise avec Call of Duty Advanced Warfare et des collègues m’ont très gentiment offert GTAV histoire de faire les marioles ensemble online.

Et j’ai l’impression de bien mieux profiter de mon expérience sur ces jeux dans leur version PS4 que je ne pourrais dans leur version PS3. Et pas uniquement parce qu’ils sont plus beaux.

Cela est dû en partie à l’effet de nouveauté de la console, mais j’en profite plus parce que l’expérience PS4 est géniale : je lance mes téléchargements à distance avec l’appli iOS, je fais une partie de Call Of en remote play sur ma Vita, reliée à mon iPhone (merci Tokyo et sa 4G de malade !).

J’ai l’impression qu’elle intègre bien mieux le jeu vidéo à ma vie de tous les jours que d’autres consoles. Elle devient un foyer numérique, qui m’amène à déplacer l’icône de l’appli Playstation à côté de celle de Twitter et Facebook, comme si jouer au jeux étaient devenu une expérience sociale sur internet comme une autre.

 

En ça, je trouve que cette console est une des plus belles réussites d’un Sony dont je retrouve l’esprit qui m’avait tant fait rêver dans mes tendres années.

C’est d’autant plus intéressant que je joue bien moins qu’avant. C’est tout au plus une ou deux sessions de Call Of avant de me coucher, ou une soirée entre collègues sur GTA Online, plus passée à se raconter des anecdotes et à faire n’importe quoi dans Los Santos qu’à jouer « pour de vrai ».

Et pourtant, j’ai rarement autant aimé le jeu vidéo qu’aujourd’hui.

Et je me dis que justement, c’est parce que je joue moins.

Que je vais me contenter de quatre, cinq expériences vidéoludiques dans l’année, entre plusieurs livres, films, séries ou concerts.

Je pense que ce recul, cette baisse de régime, ce plaisir qui remplace une habitude, une consommation, me donne bien plus de satisfaction et de bonheur dans mon quotidien.

Pas besoin d’acheter de jeu à sa sortie. Pas besoin de gagner tel ou tel succès ou trophée. Pas besoin d’acheter d’édition collector, de précommander, de suivre tous les trailers et les Press Releases d’un titre pour l’apprécier.

Pas besoin non plus de partir en croisade contre tel éditeur ou tel journaliste parce que tel jeu est trop court, ou le patch correctif de celui-ci met trop de temps arriver.

Cela peut paraitre évident pour beaucoup, mais j’ai eu quelques années de ma vie où je pensais plus à « tenir le rythme des sorties » qu’à prendre du plaisir à jouer. 

L’achat de cette PS4, de même que la promesse que je me suis faite de « finir et apprécier un jeu le temps qu’il faut avant d’en commencer un autre » m’a mis dans une nouvelle dynamique face à mon loisir préféré, devenu depuis bientôt deux ans mon quotidien et mon métier.

 

Et rien que pour ça, cette machine est une merveille.

 

Une mission de Call of Duty pendant la cardio de la pause midi, le bonheur à l'état pur !

 

PS : et pour tous ceux qui se demandent ce que je fais à Gameloft depuis tout ce temps ... Encore un peu de patience :) J'ai très hâte de pouvoir en parler un peu plus !

Voir aussi

Jeux : 
Grand Theft Auto V, Call of Duty : Advanced Warfare
Plateformes : 
PS4
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JV (Jeu vidéo)

J’ai pu me rendre au Tokyo Game Show ce jeudi. L’occasion de me reconnecter un peu avec l’actualité new gen, mais aussi tester quelques gros jeux et accessoires.

J’ai aussi pu emprunter le boitier reflex d’un collègue (première fois que j’en utilisais un, d’ailleurs !), histoire de prendre quelques photos des hôtesses.  

 

Salon : 

J’ai trouvé le salon plus ramassé que les années passées. La débauche des années 2000 est définitivement passée, l’éclairage est moins tape-à-l’oeil, le bruit moins omniprésent. C’est pas plus mal, d’ailleurs.

Il y avait un joli stand indies, avec les potos de Swing Swing Submarine, notamment. Un autre grosse partie du salon était dédiée aux goodies, OST et autres produits dérivés. Enfin, et parce que c’est là quelque chose d’inévitable, et même majoritaire au Japon, de nombreux stands étaient dédiés au jeu mobile. 

J’ai trouvé le nombre de jeux consoles présentés relativement faible, mais le nombre fut vraiment contrebalancé par la qualité des jeux. C’est la première fois que je me suis vraiment dit qu’il faudrait bientôt que j’investisse dans une PS4. C’est pour vous dire. A vrai dire, même parmi les jeux PS4 que je n’ai pas pu tester, trois m’ont vraiment fait de l’oeil : MGS5, Final Fantasy XV et Yakuza 0.

Entre eux plus ceux dont je vous rapporte dans cet article de courtes impressions, les prochaines années risquent d’être excellentes … Sans même compter le prodigieux Morpheus.

Je pense que ce fut un bon salon. Et certainement la meilleure édition depuis 3 ou 4 ans. Pas dans la quantité dans la qualité. Le jeu Japonais est définitivement tout aussi vivant que différent : quelques grosses productions new gen qui promettent énormément, ainsi qu’un florilège de jeux iOS de qualité qui continuent à sortir en nombre sur la plateforme d’Apple. Me considérant comme un ancien core gamer, toujours friand d’expériences immersives mais n’ayant malheureusement plus beaucoup de temps à accorder aux jeux sur télévision, ce nouvel équilibre me parait excellent.

Bref, vivement le futur.

  

Jeux testés :

Bloodborne :

Le jeu est vraiment plus beau qu’avant. C’est la première fois que j’y jouais et fus agréablement surpris par la fluidité générale. L’ambiance très gothico-lovecraftienne fait des merveilles.

Le jeu m’a cependant paru plus facile qu’un Dark Souls, et clairement plus orienté action : je ne suis pas mort une fois de la démo.

 

Psycho Break (Evil Within) :

Au même titre que Blood Borne, je trouve qu’il y a un véritable gap graphique entre les vidéos de gameplay que j’ai pu voir jusqu’à aujourd’hui et le jeu entre mes mains. La résolution m’avait l’air bien plus haute que du 720p, le jeu était fluide et, étrangement, très coloré. Certaines animations et leurs enchainements font encore assez vieillottes, mais sur un jeu en développement, ce genre de désagréments est parfaitement normal. A suivre de très près, même si j’ai trouvé la violence du titre assez rebutante.

 

Resident Evil Revelations 2 :

J’ai testé le jeu sur PS4, et j’ai pourtant eu l’impression d’être face à un jeu WiiU. C’est laid, rigide, je n’ai pas eu peur une seule seconde et ai trouvé les mécaniques éculées. Je n’aime pas spécialement la série des Resident Evil, mais j’avais bien aimé l’épisode 3DS : pour le moment, je trouve que ce Revelations 2 ne lui arrive pas à la cheville.

 

Final Fantasy Type-0 :

Si techniquement, le jeu n’en impose pas vraiment, il est très coloré, très fluide, et j’aime beaucoup  la direction artistique. Tous les modèles des personnages ont été refaits depuis la version PSP (heureusement me direz-vous), et les attaques magiques sont super classes.

J’ai mis pas mal de temps à m’habituer au gameplay, puisque la version PSP est à un stick alors que celle-ci à deux. En gros, au lieu d’utiliser celui de droite pour la caméra, on l’utilise pour pour changer de cible. Assez déroutant, même si on s’y fait.

 

Dead or Alive 5 Last Round :

Le jeu contenait beaucoup des DLC payants de DOA5 Ultimate. Je n’ai pas eu l’impression qu’il y avait des costumes supplémentaires en dehors de ses derniers. A noter que Marie Rose et Nyotengu étaient toutes les deux jouables.

J’ai trouvé le jeu souvent plus laid que sa version PS3. Les environnements étaient vraiment baveux, les textures grossières.

Je n’ai pas vu de boost grpahique au niveau des personnages, si ce n’est un aliasing qui m’a semblé moins présent sur cette mouture.

Je ne vous cache pas qu’en tant que grand fan de la série, j’ai été extrêmement déçu.

 

 Morpheus :

J’ai passé beaucoup de temps sur Oculus (que ce sois le DK1 ou le DK2), mais ce fut la première fois que j’essayais Morpheus. J’ai pu essayer deux démos : une première dans un avion de chasse, avec en guise de manette tout l’attirail d’un vrai cockpit. Très impressionnant, d’autant plus que les touches « en vrai » correspondaient parfaitement à leur emplacement dans le jeu. L’immersion fut totale, et me confirme que la réalité virtuelle est non seulement le futur du jeu à la maison, mais aussi celui du jeu en salle d’arcade.

La deuxième fut celle avec où on descend dans l’océan, attaqué par un gros requin. Le fait d’avoir la Dualshock 4 en mains, avec son détecteur de mouvements intégré, ajoute énormément à l’immersion, et fait que je trouve le Morpheus très prometteur.

Pour le comparer au DK2 d’Oculus, je trouve que le casque en lui-même proposait une résolution et une qualité générale équivalente. Là où je pense que Morpheus prend l’avantage, c’est vraiment au niveau de la facilité de Morpheus, on le branche à la PS4, point. Là où Oculus est un accessoire PC, donc s’adressant à une niche (à voir comment cela évoluera avec Facebook), Morpheus me parait bien plus user friendly. Rajoutez à cela la Dualshock ou le PS Move pour la détection de mouvements, et pour peu que les développeurs suivent, je pense que Morpheus pourra avoir un avenir radieux aux côtés de la PlayStation 4.

 

Photos des hôtesses :

Et voilà les quelques photos des différentes hôtesses du salon. Passé le côté sexy, c’est vrai que c’est très agréable de prendre des photos avec un bon appareil, de personnes qui ont l’habitude et savent prendre la pose. Limite de quoi me donner envie de m’acheter un APN reflex moi aussi et de jouer les photographes dans de prochains salons !!

A apprécier en plein écran !! (cliquer ici si vous êtes sur un navigateur ne supportant pas flash)

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JV (Jeu vidéo)

 

Je n’aime pas trop refaire les anciens jeux, ou alors hors dans leur contexte d’origine. Par exemple les jeux PS1 que j’ai fait / refait ces dernières années, c’était sur PSP, puisque le petit écran et la portabilité de la console viennent compenser le poids des années.

 

Et voilà, plus de 4 mois (déjà ?! O_o) après sa sortie ici, j’ai bouclé Final Fantasy X HD sur Vita. Qu’est-ce que c’était bon.

J’attendais cette version HD, car Final Fantasy X fait partie de mes jeux marquants. C’est le premier jeu que j’ai précommandé. Et, à fortiori, le premier jeu que j’ai acheté « day-one », un mercredi après-midi après les cours, alors que j’étais en classe de … 5e ?! Pouah.

 

 

Ce portage HD était pour moi la possibilité d’enfin voir ce que le doublage japonais valait, une bonne excuse pour investir dans une PS Vita 2000 et surtout replonger dans Spira, monde qui m’avait vraiment marqué à l’époque.

 

Après la cinématique de fin, je me dis que fait ce remake m’a plus plu que le jeu original. Je passe le côté technique, excellent et le fait de pouvoir y jouer tranquillement dans un bain chaud.

 

Je n’ai plus le même regard sur le jeu vidéo aujourd’hui qu’il y a 10 ans, et ce qui m’a fichu une baffe cette fois-ci c’est l’équilibre parfait dans le game design du titre.

 

 Si je devais le définir en un oxymore, il s’agirait d’une générosité limitée.

 

Chaque élément est carré, du sphérier au système de combat, bien plus mathématique que dans les autres épisodes. 

 

Le tour par tour sans ATB allié aux patterns uniques des boss. 

 

Le pierre-papier-ciseaux à deux niveaux avec d’un côté l’élément de l’ennemi, de l’autre son type (cuirassé, rapide, machine, volant, etc). Mine de rien, ce système force à assigner un personnage par ennemi, au lieu d’un classique « tout le monde s’attaque au même mob et on passe au prochain ». C’est rare et oblige à utiliser l’intégralité des personnages de l’équipe. Donc de potentiellement s’y attacher.

 

Les minis jeux à chaque overdrive.

 

Le Blitzball.

 

Les répliques en combat prononcées une seule et unique fois par les personnages, à la première utilisation d’un nouveau skill ou nouvelle magie.

 

La justesse du rapport entre couloirs et histoire.

 

Oui, bien sûr, l’univers du jeu est rempli d’incohérences, avec des humains restant en apnée pendant des heures, des personnages se téléportant pendant les cut-scenes, des armes qui apparaissent entre deux frames.

Et oui, le jeu ne cherche jamais à l’expliquer. Mais justement, ses incohérneces, c’est sa force : on s’en fout, ou plutôt, on l’accepte. Contrat fort entre les développeurs, et les joueurs, et suspension of disbelief le plus marquant que je connaisse dans un jeu.

 

Car je pense sincèrement que ce qui fait l’attrait de Spira, c’est sa simplicité. La candeur avec laquelle le jeu met son scénario, ses villes, ses personnages en place. De manière manichéenne. Certes. Mais c’est grâce à cette simplicité qu’on peut vivre un univers de A à Z, et pas seulement se sentir passager dans celui-ci, comme c’est le cas dans la plupart des RPG.

 

J’aime les oeuvres qui tiennent debout par elles-mêmes. Qui se développent et se finissent dans un cadre défini d’avance. Et ma foi, je pense bien que Final Fantasy X est un des jeux qui le fait le plus intelligemment.

 

 

Donc bouffez-en.

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JV

 

Bioshock Infinite et The Last of Us, les deux jeux que j'attendais en ce début 2013. Bioshock est, avec le recul, une petite déception, faute à un gameplay qui vient casser le suspension of disbelief d'une ambiance titanesque.

The Last of Us, après mes six premières heures de succion assidue derrière mon écran, commence à me laisser la langue dans le même état. Et pour une raison similaire : un trop-plein de gameplay qui pue le hareng pas frais.

C'est marrant quand même, je n'ai pourtant pas l'impression que ces dieux vivants de Naughty Dog nous aient refaits la même gaffe qu'avec Uncharted 3 : les phases de gameplay ne sont pas là pour venir servir de cache-misère à un jeu qui n'a finalement qu'une profondeur en faux-semblant. Non : The Last of Us rentre clairement dans le top 3 des jeux les plus peaufinés de cette génération, à tous les niveaux. Graphiquement implacable, traitement sonore et doublages parfaits, introduction inoubliable ... Et pourtant, tout vient se tasser rapidement après une petite heure de jeu. L'émerveillement laisse place à la lassitude : « putain, cette phase de jeu, j'ai l'impression de l'avoir passée des centaines de fois ces dernières années ». En six heures, j'ai dû me faire cette réflexion une dizaine de fois.

 

Bien plus effroyable même : je me fais royalement chier en jouant à The Last of Us. Les seuls moments que j'apprécie sont les dialogues pendant les phases d'exploration, et la contemplation, bien méritée par les développeurs à chaque arrivée dans un nouvel environnement.

Mais dès qu'on entre en phase de « combat », la tension retombe. L'IA fait des siennes, et j'ai surtout la net impression de sempiternellement refaire les fausses phases d'infiltration du milliard de FPS / TPS de cette génération de consoles.

J'attends planqué derrière la commode du coin, j'appuie sur un bouton pour prendre à revers un garde qui fait semblant de ne pas me voir. Je me fais repérer, l'intégralité des ennemis de la zone me fonce dessus (foutant en l'air le level design par la même), je relance la partie pour éviter de faire la même erreur.

Et quand je réussis, je passe à l'arène suivante. Meh.

Alors je me dis que c'est peut être ça, finalement, The Last of Us : une pierre blanche dans le TPS, qui vient faire la synthèse d'une génération de jeux vidéo. Si tel est le cas, c'est sans doute le meilleur jeu de tous les temps, et remplit magistralement son rôle : pour peu que vous n'ayez pas fait plus d'une dizaine de jeux sur votre PS3, vous trouverez TLOU techniquement parfait, et vous aurez raison. Mais perso, je recherchais en ce jeu de la fraicheur : si côté ambiance et personnages, je suis servi, le game design en va tout autrement.

Je compte bien revenir plus en détails sur le jeu une fois terminé (parce qu'on va le finir, hein !), mais pour le moment, même si je comprends l'engouement autour du titre, je ne le partage pas.

Ou alors je me transforme en BlackLabel, et je vous en supplie, abattez-moi.

 

:(

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Jeux : 
The Last of Us
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JV

En attente de la fine équipe des gameblogueurs de mon coeur sur Skype, Hangout, Twitter and co !

Internet, c'est juste génial ! Partout dans le monde, mais tous au même endroit au même moment ! Une situation encore inimaginable il y a encore quelques années. C'est beau le 21 siècle ! (et oui, j'ai un plateau Pokémon, et oui, il pète la classe \o/ )

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