Deux ou trois choses / À part

Par JLG Blog créé le 30/01/13 Mis à jour le 01/02/13 à 16h41

Informations et théorisation du jeu vidéo.

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Dossier

Partie supérieure.

La dualité chez Nintendo s'incarne de cette manière : une volonté de rupture des conventions du jeu vidéo matérialisées par ses systèmes interactifs, et un patrimoine de licences "historiques", traditionnelles. L'un devant porté l'autre, vice et versa.

Si Nintendo touche sommairement aux jeux vidéo avant, ce sont bien les Game & Watch qui marquent le début de l'ère Nintendo telle qu'on la connait, et qui forment le socle de l'identité/adn de la firme Japonaise. Cette base se résume à la dualité que constitue Nintendo, la conception de pair du hardware et du software. L'entreprise crée les machines qui feront tourner ses jeux, ensemble. Cette notion est très importante, car Nintendo gagne avant tout de l'argent sur ses propres jeux, et par conséquent s'avantage face aux éditeurs tiers, en créant un hardware pour ses jeux plus que pour ceux des autres. 

De cela naissent toutes les machines de Nintendo, qui créent l'expérience, qui crée la perception de la machine. Cette Nintendo "touch" prend un virage avec la Nintendo 64, qui dans un secteur voyant la concurrence sortir du bois (arrivé de la Playstation, ex-partenaire), effectue un replis sur soi-même en préférant croire en ses lectures vidéoludiques (pas de support CD, refus des temps de chargement...) plutôt qu'en celles de tierces parties. Un semi-échec commercial, néanmoins une machine incarnant le jouer ensemble, celle des mercredi après-midi entre amis, frères et soeurs. Nintendo c'est une histoire de famille (Famicom...), ou l'idée du groupe n'est jamais bien loin.

Le Gamecube tentera un rapprochement avec les idées des autres, essaya de rassembler l'héritage des trois premières consoles de salon, aux nouveaux champs ouverts par l'expérience Playstation. Au final un compromis qui a peiné à trouver son public, puisqu'à vouloir le meilleur des deux mondes, aucun ne fut meilleur. Le compromis, encore une histoire de dualité, et des compromis Nintendo en fait.

Le compromis qu'incarne le Gamecube, fait apparaitre une autre dualité chez Nintendo, celle du public

Le premier croit en la lecture du jeu video par Nintendo, au paradigme de la firme de Kyoto, lui donne sa préférence. Le deuxième, lui, a apprécié celle proposée par Sony avec sa Playstation, et réclame d'une certaine façon à Nintendo d'essayer, de la prendre en compte. Parce que nombre de joueurs aiment ces deux mondes, et rêvent en quelques sortes de les voir cohabiter sur une machine unique, pour des raisons financières surtout.

Avec sa Wii, Nintendo fera le choix de tourner le dos à cette idée, coupant de fait une lutte qui ne lui avait pas réussi face à la Playstation n°2. Iwata avait pris les commandes au moment du GameCube, console qu'il n'avait pas enfanté, et dont l'échec lui fit craindre le pire (Sega meurt...). Cette peur provoque un nouveau replis sur soi-même, et comme le nouveau DG sait que revenir à l'époque Super Nes est impossible, parce que le marché a changé et que les puissances adverses ne sont plus le fait d'artisan comme Sega, mais de Sony et Microsoft, il doit regarder ailleurs. Les dirigeants de chez Nintendo savent une chose, la Nintendo 64 ne les a pas mené au sommet, mais était profitable et occupait une place sur un marché sans trop de concurrence, le jouer ensemble.

Rien ne se perd, tout se transforme, Wii.

Avec la Wii, Nintendo n'a pas fait un pari contrairement aux idées reçues, mais a misé sur sa principale force, sa différence. Si le succès éclair qui a suivi n'était pas tant prévisible, Nintendo ne prenait guère de risques, en misant sur sa fanbase (avec un Zelda le jour de la sortie) et en tentant de capter un nouveau public à qui aucun fabricant ne s'adressait vraiment, l'Eye Toy jouant plutôt le rôle de l'excuse que du fondement. Quant à la proposition ludique mise en place pour ce faire, elle était très simple, et très Nintendo : l'immédiateté du gameplay, et le jouer ensemble.

Sans s'étaler sur cette console, puisque tout le monde la connait bien par sa proximité temporelle, quand Nintendo sort sa Wii, c'est avec plusieurs certitudes. L'interaction atypique proposée par sa console, exclue tout soutien des éditeurs-tiers dont les investissements ont été faits ailleurs. S'il est difficile pour un joueur de choisir entre l'expérience A et l'expérience B, il est possible d'avoir les deux. En somme Nintendo propose une nouvelle lecture à ce public qui ne lui est pas acquis, la combinatoire. C'est à dire faire rentrer une console Nintendo dans les foyers non pas à la place d'une Playstation, mais à coté.

Cette stratégie a fonctionné commercialement parlant, ainsi que ludiquement puisque cette combinatoire offrait le meilleur des deux mondes. Par contre par ce mouvement, Nintendo a créé une friction dans le paradigme jeu vidéo, qui a eu pour conséquence une dualité, le fameux Gamer ou Casual, puisque l'un exclu l'autre, et vice-versa, chacun cherche sa place. Nintendo, plutôt habitué aux univers colorés/mignons, se retrouve responsable d'une guerre et l'accepte mal parce qu'elle lui est dommageable en terme d'image, et marginalise la firme sur un crénau plus que de raison. Surtout, Nintendo voit une partie de son publique historique s'effrité, car en manque de certitudes quand à sa considéretations par les pontes de Kyoto.

Ce glissement que Nintendo a opèré, n'a pas été saisi de tous sur le moment, dans l'excitation générale. L'E3 2006, tout le monde ne parle que d'elle et se prend au jeu sur Wii Sports. De là naissent de nombreux fantasmes, et quand la console arrive sur le marché, c'est les joueurs des deux mondes qui se jettent dessus. Pourtant, la communication était faite sur Wii Sports ! Zelda pour meubler, et vendre. Mais c'était bien les Miis et le titre sportif qui catalysaient l'attention, aucune annonce de gros jeux traditionnels n'existaient, hormis le feu Redsteel (qui sentait le fake à plein nez). Nintendo le sait, ce n'est pas ce qui est prévu... La suite est connue de tous, Wii Music, Wii Fit. Les premières excuses arriveront à l'e3 2009.

La deuxième réaction sera encore plus tardive avec trois rpgs comme chant du cygne, mais on le sait déjà, la nouvelle console arrive. Ce sera, c'est, la Wii U. Une console née de cette friction, et qui se nourrie de dualité pour faire lien, jonction, et donc unité.

Le meilleur des deux mondes, comme le feu GameCube tenta d'incarner ? Non, plutôt un nouveau monde, du moins la réinvention d'un monde existant dans lequel la lutte des écrans a tout chamboulé. Smartphones et tablettes, Steam, les us et coutumes du jeu vidéo ont été secoués, l'attention s'est dispersée, les mondes se sont éparpillés.

Une nouvelle console, pour faire quoi ?

La sortie d'une console, c'est le lancement d'un nouveau cycle. Cycle dans lequel il est question de réinventer le média, le propulser toujours plus loin, en étendant les possibilités. Les cycles étaient technologiques avant tout, mais les choses ont changé, avec la décroissance amorcée par la Wii, la multiplication des supports de jeu, l'émergence au premier plan de nouvelles scènes type indie, un simple doublage de Bits ne suffit plus. Le hors jeu, les éco-systèmes, tout a été touchés, mutés.

Avec son U accolé à la marque Wii, Nintendo tente un tour de force, chose qu'il n'avait point fait depuis la NES, laisser exploser la bulle en ayant préparé son champ des possibles, prêt à récupérer et rénover ce qui en retombera. Cette bulle, c'est celle du jeu sur support non-dédié, c'est aussi celle du support trop dédié. C'est celle de la volatilité d'un grand public jamais aquis, celle d'une industrie en mal de créativité, préférant miser sur les idées qui fonctionnement commercialement, celle de la concentration des genres.

Ce champ, ce nouveau compromis que Nintendo essaie, est parfaitement incarné par son nom, -Wii U, qui s'il peut paraitre un peu faiblard d'un point de vue marketing, l'est beaucoup moins du coté de la métaphore.

Tout d'abord, sa consonance, We-You, tel un drapeau blanc, Nous et Vous comme entité, comme unité. Ce U promet l'Union dans l'Unique, c'est à dire la mixité de l'expérience servie par le savoir-faire de la firme : le jouer ensemble. Jusqu'ici, rien de très nouveau puisque traditionnellement présent chez Nintendo depuis ses débuts. Oui, mais la Wii U veut aussi réinventer le jouer ensemble, et la matérialisation de cet esprit se fait avec le Gamepad Wii U, dans la dualité encore.

Jouer sur sa télé en solo, mais avec une nouvelle nuance, celle d'avoir sa communauté entre les mains, puisqu'en deux pressions, du jeu le joueur passe au Miiverse et peut typiquement demander "que faire ici" aux communs, comme s'ils étaient assis dans le salon. Communauté avec laquelle le joueur peut partager son écran via une capture. 

Jouer sur l'écran du Gamepad Wii U, en supposant qu'un tiers profite de l'écran télé dans le même espace.

Jouer à plusieurs, en associant numéro soliste sur le Gamepad Wii U avec son propre gameplay, à d'autres joueurs partageant le téléviseur et un gameplay.

D'ensemble, il est aussi question des deux écrans (plus à l'avenir avec un second Gamepad Wii U, une 3DS...), qui jouent entre eux, pouvant s'affronter, coopérer. Plus qu'un U, Nintendo dessine un Y comme la jonction entre le jouer seul et le jouer à plusieurs, pour en faire le jouer ensemble. C'est l'expérience qu'il tente de mettre en place, et c'est une aube née sur la friction de la dualité des mondes. Des mondes, car la Wii U répond au conflit, à la bataille, pour en faire une arme de paix, l'Unité, avec un discours de cohabitation incarné par le partage de l'affiche entre Nintendo Land, ZombiU, Call of Duty...

Voilà ce qu'on peut dire sur la partie -vous l'aurez noté, théorique. Pour la pratique, son étude ne peut se faire que pertinemment qu'au bout de quelques années. Vous conviendrez que juger la Wii trois mois après sa sortie aurait été prématuré, de même pour la Playstation 3. Ainsi, l'étude se base sur cet instant T, donc jusqu'à fin janvier 2013.

Partie inférieure.

Dans la pratique donc, c'est ce qu'on nomme Line-up, catalogue, qui fait règle. Les jeux. Nintendo n'ayant pas donné beaucoup d'informations à ce niveau là, faire ce papier avant le Nintendo Direct de la semaine passée aurait été bien difficile, et moins perspicace. Qu'en est-il alors. La console est vendu en trois packs, un nu dont on a du mal à saisir son rôle, un contenant un recueil de mini-games sobrement appelé Nintendo Land, et un troisième donnant une place choix à une production tiers, ZombiU.

On a donc non pas un, mais deux ambassadeurs comme on aime à les nommer depuis Wii Sports. Le premier foncièrement grand public, est à mon sens l'héritier de Wii Play bien plus que de Wii Sports, puisque le premier vendeur de Wii donnait dans l'immédiateté d'un Super Mario Bros, quand le second faisait plus office de cabinet de recherche, d'expérimentation. Et c'est de ça dont il s'agit dans Nintendo Land, les expérimentations plus que l'expérience, à travers 12 mini-jeux s'éparpillant sans avoir la cohérence nécessaire pour en faire un bon jeu. Ici, c'est l'absence de l'héritage  Mario Party qui fait défaut.

Heureusement, le disque à le mérite de nous dévoiler des bribes du champ des possibles, et la puissance du cache-cache ludique Mario Chase par exemple encourage pour la suite. Mais ici on nous décrit l'horizon plus qu'on ne nous l'écrit, et quand cette chasse à l'homme s'appui sur les spécificités des terrains pour se jouer, comment se suffire de trois arènes ? D'autres absences, dans l'organisation de la partie par exemple. Une fois la répartition des manettes faites, et la partie écoulée, que se passe-t'il ? Rien. On aurait apprécié une mini-battle pour décider de qui reprendrait le gamepad, des choses. Nope, on repart de zéro, une nouvelle partie comme si elle était la première. Les différentes attractions sont bien trop éparses, et souffrent d'un manque d'unité flagrant, dont la grande place qui ne sert à rien en est le symbole, puisqu'on passe très vite au menu classique activable. Il y'aurait beaucoup à dire en se penchant sur chaque détails qui composent ce jeu livré avec la console, beaucoup trop.

Nintendo Land souffre de bien trop d'inconsistance et d'incohérence pour incarner la "killer-app", et c'est un échec, du moins un premier essai à revoir, puisque là où un Wii Sports, un Mario 64, incarnaient leurs machines, Nintendo Land en effleure simplement le potentiel.

Inhabituel, voir surprenant, l'autre ambassadeur vient d'un éditeur-tiers. Pourtant ZombiU est le meilleur ambassadeur de la Wii U, et à différents niveaux. Il est d'abord le fruit de cet Unique Union, enfanté par un développeur Français, édité par Ubisoft, et voulu par Nintendo "itself". Ce n'est pas un secret, le jeu d'Ubisoft Monptellier fut réalisé sous l'oeil lointain mais bienveillant du constructeur-éditeur nippon, et il est évident que ce nouveau rapport de Nintendo aux tiers, cette place au chaud qui leur est destinée, démontre une volonté.

Pour revenir au jeu, il joue à merveille le rôle d'ambassadeur, lui. Se servant du deuxième écran, tactile, comme d'un élément de gameplay à part entière, dans un jeu où il est avant tout question de survivre, donc liée à la gestion de son inventaire, de ses ressources, ZombiU répond à merveille à la jonction des deux mondes, intégrant dans un jeu de survie en vue subjective des intéractions propres au catalogue iOS/Android. La gestuelle, la proximité avec l'écran, dans une mécanique qui joue de la friction entre les écrans, entre lesquels vous devez jongler. Cette tension en ce milieu sert le jeu, créé la maladresse, la précipitation chez le joueur, et cet "entre" se nourri du meilleur des deux mondes, pour en dessiner un nouveau où le jeu intéragit sur le joueur. Il y'a une héritage Wii flagrant dans ce soft, celui de vouloir étendre l'expérience ludique dans notre espace réel, en nous mettant en situation. Regarder dans son sac, crocheter une serrure, se réalise en toute intimité avec le nouveau controller Nintendo, sous le regard de l'écran télévisé, et des PNJ qui le peuplent. En ça, le jeu d'Ubisoft est le meilleur ambassadeur de la Wii U, et Nintendo en est conscient. 

Evidemment, un catalogue se constitue de plus qu'un jeu ambassadeur, et à la sortie de la console plusieurs jeux mulitplateformes sont proposés. Batman, Assassins Creed 3, Darksiders 2... tous disponibles sur d'autres supports, tous des suites de séries nées sur d'autres supports. Quel est leur rôle ? Quel est leur place ? C'est encore difficilement décryptable, néanmoins peut y voir un test, un sondage de l'environnement Wii U afin d'engager ou non des nouveaux projets. Ces jeux représentent le monde que Nintendo souhaite englober dans son expérience, et c'est un glissement périlleux, tant les éditeurs tiers souffrent d'un manque de reconnaissance sur les supports Nintendo. Reste que si Nintendo réussi son tour de force, un Activision ne voudra pas manquer ça, et a donc tout intérêt à ce que son Call of Duty soit de la party, s'il y'a.

Et pour le lancement, ils sont là. Pas tous, certains dans des versions discutables, mais ils sont bien plus représentés que ne le sont les party games. Un soutien timide, sur un parc à développer, c'est un signe de bonne augure tout de même, et si pour l'instant peu de titres AAA semblent faire le chemin vers la Wii U, il n'est pas exclu que les prochains le feront. La question qui reste en suspend, c'est de savoir si les titres multiplateformes "next-gen" incorporent une version WiiU ou non. On pourrait dire qu'il n'y'a quasiment aucune chances, mais en parallèle nous sont présentés les nouveaux moteurs comme intergenerationnels (Watch Dogs, MGS GZ...). À voir donc, mais si les éditeurs proposent quelques uns de leurs titres multi sur Wii U, c'est un bon point pour la machine, qui derrière ses exclus formant le principal intérêt bénéficiera d'une posture moins isolée, et donc d'un attrait plus grand, car plus large en terme d'audience.

Ensuite, retour à l'exclusif, et au meilleur VRP de Nintendo, Mario dans une quatrième itération de NSBM, la bien nommée U, qui on va le voir pèche sur la lettre justement. En soi, un très bon Mario Bros, de nouveaux items bien sentis, aussi bien en terme d'accessibilité qu'en nouvelle lecture du run avec ce penchant aérien de l'horizontalité. Malheureusement, l'intégration de Miiverse semble bien sommaire, qui d'ailleurs n'inspire pas de commentaires autres que "tro dur", "tro bon". Le jeu vous propose de poster régulièrement, mais l'inspiration nous manque quand vient ce moment. La partie multijoueur est une copie carbone de l'opus Wii, et le mode Gamepad brille par sa pauvreté quand on le compare au futur Rayman Legends qui offre la possibilité d'interagir sur le terrain de jeu. Surtout souvenez-vous du portage de Mario 64 sur DS, qui proposait en parallèle des minis-jeux bien aditctifs. Diantre, où sont-ils ici ? À l'instar de ZombiU, pourquoi dans ce jeu de plateforme dont les qualités ne sont plus à prouver, Nintendo n'a t'il pas pensé intégrer le meilleur des deux mondes ? Nul besoin d'être gamedesigner pour simplement imaginer qu'une descente dans un tuyau vert, nous conduirait à l'exécution d'un mini-jeu sur l'écran tactile de notre Gamepad ?! Des friandises, disposées dans ces tableaux traditionnels de plateformer, malheureusement oubliées.

En deux jeux, Nintendo rate le coche, celui qui définirait le mieux cette jonction des mondes, celui qui honorait le qualificatif de "New", surtout de U. Pour la première fois, Nintendo échoue dans la mission de définir son hardware avec son software, mais tout n'est pas si noir, et les bonnes surprises de la firme viennent de là où l'on ne s'y attendait pas, une stratégie "second party" qui vise à financer et éditer de fait des jeux produits par des tierces. The Wonderful 101, un BTA atypique en 3D isométrique rétro. Bayonneta 2, suite d'un BTA au grand succès critique, Lego City dans un rôle de GTA-like dans l'univers du jouet danois, voir dernièrement l'annonce d'une collaboration entre deux maitres du jeux de rôle, Intelligent Sytem et Atlus. Tous exclusifs, rejoignant Mario et consorts. Et c'est surement là le meilleur mouvement de Nintendo dans sa stratégie de jonction, donner sa propre lecture de l'autre monde, en le commandant. La question est maintenant de savoir jusqu'où cette politique peut aller, c'est à dire est-ce que Nintendo se payera un GTA, un Battlefield... ???

Pour terminer sur le catalogue, notons Rayman Legends, encore exclusif à la Wii U, encore d'Ubisoft, encore ambassadeur du système, que ce soit par ses mécaniques tactiles, ou du mode challenge dont le Miiverse se nourrira. Pikmin3 sera foncièrement un jeu GC/Wii dans sa structure, et son report il le doit avant tout à une amélioration graphique réclamée, et un mode photo qui va de pair avec le "sharing" de réseau type Instagram, et la haute définition qui devra servir la finesse des environnements.

"X" le jeu de Monolith aura la lourde tâche de réussir à offrir la richesse et la cohérence d'un Xenoblade adoubé, et la puissance addictive d'un pan multijoueur dérivé de Monster-Hunter devant permettre un élargissement d'audience nécessaire. Puis Game&Wario qui tentera d'assurer l'héritage mini-games de WarioWare, et surtout de faire passer la déception Nintendo Land.

Enfin, le dernier trio dont on a connaissance, Mario Kart à qui incombera la tache de vendre à lui seul des consoles en fin d'année, et devrait se placer dans la lignée du n°7 de la 3DS, mais qui ne devrait pas marquer par une mise en lumière du Gamepad. Le prochain Mario 3D n'aura qu'un seul adversaire, ses frères Galaxy, et la façon d'y répondre peut prendre de nombreuses formes. Quant à Smash Bros, Sakurai devra donner un nouvel élan à sa série, en usant de pont avec la 3DS. Vaste challenge, dont on va se garder de prévoir quoi que ce soit.

L'eShop, boutique virtuelle, propose à l'heure actuelle peu de jeu, mais de qualité. On n'en fera pas le tour, mais la politique vis à vis des développeurs indépendants est saluée à droite et à gauche, ce qui laisse présager de belles surprises sur ce canal. Aussi, et cela rejoint la stratégie d'externalisation de la production Nintendo, la firme a signé un accord avec le middleware Unity Engine, pour une version optimisée Wii U. Si à cet instant ce n'est que du papier, Nintendo pourrait avec ce mouvement accéléré et facilité le développement de jeu pour sa Wii U, notamment des jeux eShop avec ce moteur très léger. Ici encore, on décrypte une action visant à aspirer un autre monde.

Un catalogue qui s'il est de qualité, manque encore de hauteur pour propulser le hardware innovant qu'est la Wii U. Des possibilités très intéressantes pas encore matérialisées, surtout dans les productions Nintendo. Pourtant la firme a dans son panier nombre de licences qu'on aimerait voir illustrer les spécificités de la console, on imagine une rts de la série War, une renaissance de Starfox, un nouvel opus de F-Zero, mais surtout une vague de jeu d'une nouvelle génération. En rentrant (enfin) dans l'ère HD, la firme peut composer des mondes virtuels plus réalistes, voir plus enivrants. Si ses capacités réelles sont encore peu perçues, la Wii U parait en capacité d'offrir autant qu'une Playstation 3, donc le charme d'un Journey, l'immensité d'un RDR, Skyrim. Et comme la DS, puis la Wii, ont offert une nouvelle gamme de jeu, la Wii U doit proposer sa gamme. Gamme à la jonction des mondes, à l'instar de ce que propose la 3DS. 

Avec sa Wii U, Nintendo est à un virage de son existence. Le jeu vidéo devenu protéïforme, la firme tente de le rassembler sur un support unique puisant dans les différents champs qui le constitue. Un pari, pas vraiment, une nécessité certainement, mais avec l'analyse des forces de ses trois derniers supports, et leurs réinventions qui donnent vie à la Wii U, le nouveau paradigme du jeu video chez Nintendo pourrait donner lieu à une entreprise très excitante sur un média à un tournant de son existence.

JLG. 

Les commentaires vous sont ouverts pour la discussion. Il est évident qu'après un dossier comme celui-ci, on évitera tout trolling, car le sujet est théorique et analytique, et non pas un jugement de valeur. Les futurs xBox et Playstation devant bientôt se présenter à nous, elles bénéficieront du même traitement, ouvert à discussion, toujours.

C'est aussi un premier article, dans un format pas encore maitrisé, n'hésitez donc pas à faire vos retours par MP quant à des points faibles, des coquilles... Merci.

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Commentaires

Warpzone
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Warpzone
Article intéressant, quoiqu'un peu long..

Tu ouvres beaucoup de pistes, mais celle qui m'a le plus interpellé est sans doute la difficulté des premiers jeux first party à digérer et rendre intelligible au plus grand nombre le concept de la Wii U. Tu le soulignes, là où Ubisoft sort 2 gros jeux, sans doute imparfaits, mais qui jouent ce rôle d'ambassadeurs, Nintendo piétone et ne donne que des bribes de "vision". Un coup l'interaction gamepad/écran, un coup de la réalité augmentée, un coup du jeu à distance....

Certes la console permet ces différents types d'interactions et de gameplays, mais il manque à Nintendo une synthèse accessible, si possible dans une licence de 1er plan (type Mario Kart par ex.).
JLG
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JLG
Puisque c'est sur le tapis, il m'apparait évident que la question "gamer" "casual" n'a pas de pertinence, et abaisse malheureusement trop souvent les questions liés au jeu vidéo à des enfantillages. Malheureusement, c'est une guerre entretenue par la presse spécialisée qui dans la démocratisation du média voit, ou plutôt croit voir, une baisse de son influence. Hors un nouveau joueur est potentiellement un "client" futur de cette même presse. Le plus ennuyeux reste que la question est liée à des valeurs quantitatives, que ce soit par le volume de jeux acquis, le volume d'heures consacrées... Et à la fin le jeu vidéo se voit toujours traité de manière mathématique, plus que de manière littéraire. Et cela donne lieu à des jugements que je considère absurde, par exemple la difficulté d'un jeu est abordée sous cette angle, plus elle serait élévée, mieux ce serait...

C'est un paradoxe complexe, avec d'un coté un succès qui a fait rentrer le média dans tous les foyers, et de l'autre une absence de considération des grands médias. Mais il faut bien voir que l'industrie est encore entre les mains de gens du passé, et que rare sont les nouvelles têtes. Il y'a un grand écart entre les réalités du jeu vidéo moderne, et les modèles de pensé des pontes du média, et il y'a là pour moi deux mondes qui ont du mal à communiquer. Ce sont deux mondes qui ne se comprennent pas, avec grossièrement d'un coté des joueurs élevés au game over, et pour qui il n'y a d'autres règles, et d'autres qui ne trouvent pas leurs comptes dans du challenge épicé. Le plus inquiétant, c'est que la presse spécialisée, dont le rôle devrait être celui de l'information, se trouve perdu dans une vision passéiste, et un modèle économique précaire parce que non ouvert sur l'extérieur. Dans ASI, certains regrettaient l'absence de budget publicité hors jeu vidéo, mais en même temps proposent des lignes éditoriales très fermées. J'imagine que pour un non initié, la première fois sur un site de jeu vidéo a de quoi foutre la frousse, tant cette communauté peut paraitre sur la défensive. Si tu découvres le jeu vidéo avec COD ou Wii Sports, tu te vois de suite associé à un pigeon, à un faux joueur (cf. ici même dans les commentaires on y trouve un "VRAI gamer", avec les majuscules...).

C'est la dualité du public... qui revendique très souvent ce long CV (encore le nombre), qui laisserait donc penser qu'il a un âge avancé, mais dont les réactions se cantonnent souvent à une bataille de cour de collège. On pourrait aussi faire une comparaison avec un système organisationnel noble vs tiers-état, et au final la Wii (Revolution de son nom de code...) qui a "simplement" voulu reconnaitre l'existence d'un grand public, son acceptation, a surtout été reprise et s'est trouvée transformée en "arme" renforçant le rejet de cette idée de grand public. La réalité c'est que le jeu vidéo est fondamentalement attaché au grand public, qui représente la majorité du business. Et au final Nintendo, dans sa quête de paix entre les deux mondes a du mal à équilibrer son discours, et c'est en partie de là que nait un peu l'incompréhension du la console. Son positionnement est flou, alors qu'en faite il devrait être limpide, la Wii U c'est tout simplement Nintendo Land et ZombiU, c'est les deux, ça s'adresse à toute la famille autant qu'à Kevin.


Quant à la confusion lors de son annonce, si moi j'avais compris de suite ce qu'on me présentait, Nintendo avait été mauvaise dans sa présentation en associant la présentation de la console avec trois jeux Wii (Wii Sports, Wii Fit et NSMB). Donc je comprends que certains aient vu un accessoire Wii. Pour moi Nintendo échoue dans sa communication depuis cet e3, que ce soit dans les timings, la clarté des messages... Pour preuve dernièrement, ce Nintendo Direct qui aurait eu plus de justesse qqs semaines avant noël, qu'en plein mois de janvier. Leurs maux actuels viennent de là, ils donnent sans cesses l'impression de réagir, plutôt que d'agir.
Yaz
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Yaz
Très bon article, même si dans mon cas j'avais déja fait cette analyse lors de la première présentation de la Wii U à l'E3 (en version plus simpliste je le reconnais).

Tenter de regrouper les genres, tracer un pont entre les deux cotés, est d'un point de vue marketing une très bonne idée.
En prenant compte d'un facteur de croissance au ralenti depuis ses quelques années, on serait tenté de croire que le budget "jeu vidéo" dans les foyers serait réduit drastiquement mais en fait c'est tout à fait l'inverse car c'est justement dans une période de recul de pouvoir d'achat que le consommateur change la donne dans son processus d'achat et fait un effort sur son budget. Le principe d'une console offrant une gamme de divertissement adapté à chaque membre de la famille va de pair avec l'augmentation d'achat de contenu (dans ce contexte on parle de jeu).

Les risques sont connus (financier pour la plupart). Certains parlent d'une communication hasardeuse voir erronée. Pour ma part j'ai tout de suite capté les possibilités du gamepad lors de sa présentation à l'E3 et j'ai été immédiatement conquis par les ouvertures du gameplay asymétrique mais également de l'option de s'affranchir de l'écran principale (j'ai bien dit l'option !). Mais dès lors le trailer lancé, je constaté de nombreuses réactions réfractaires du genre : "le gamepad est moche, on dirait un jouet en plastique" ou bien "est ce que c'est une nouvelle manette ? Oo". J'avoue encore aujourd'hui ne pas comprendre cette confusion de la part de certains qui me parait encore aujourd'hui tellement grosse et epic que je ne sais pas si je dois en rire ou pleurer.

Toujours est-il que je dois depuis des années sur internet et dans la vie de tous les jours de nombreux débats "gamer Vs. casual"... cela me fait bien rire !

Pour moi, toute cette pseudo guéguerre part d'un principe qui est la marginalisation du jeu vidéo et des "joueurs" d'une bonne partie des consommateurs ("geek", "nerd", "no-life", "malade", adjectif de votre préférence) qui depuis la démocratisation de l'industrie prend un malin plaisir à se "venger" et à se montrer plus tendance que la tendance elle-même.

Le terme "gamer" a été inventé par les non-joueurs pour dénigrer les joueurs qui ont à leur tour inventé le terme "casual" maintenant que le jeu vidéo est "cool" même chez mémé. Et depuis ca dure, ca dure, encore et encore...

En réalité cette guerre est stupide. La véritable question n'est pas de savoir qui est gamer et qui est casual mais plutôt : Qui est joueur et qui ne l'est pas pour ensuite entamer la seconde question : comment en profiter pleinement.
JLG
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JLG
@Ookaze encore,
Nintendo a développé ses propres canaux de communication, Nintendo Direct, Iwata Asks, effectivement en réponse à un traitement que la firme juge incorrect de la part de la presse spécialisée. Plus simplement, le glissement que Nintendo a fait avec sa Wii n'a jamais été intégré par la presse spécialisée, qui a par ailleurs participé à la création d'un climat hostile à Nintendo, plus par maladresse et incapacité à se remettre en question, que d'une volonté.
C'est pour moi une opération qui vise à dévaluer le statut de la presse, à se passer de son influence, mais de mon point de vue pas forcément en signe de punition, mais plutôt dans une optique de clairvoyance quand on connait la capacité parasitaire de l'information qu'on trouve sur un topic modèle et ses commentaires. Puis Youtube, donc Google, c'est le tenant de l'information-communication sur le Web, et comme les sites type Gameblog n'ont guère d'arguments à faire valoir, s'en passer n'est pas fou. L'unboxing d'Iwata peut d'ailleurs être perçu comme un doigt d'honneur.


Merci à tous pour vos interventions.
JLG
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JLG
@Iziz7r,
J'ai volontairement zappé les consoles portables hors G&W, sur lesquelles il y'aurait beaucoup de chose à dire, et d'enseignements à tirer, pour essayer de centrer au maximum le sujet.
Mais évidemment, il y'a des éléments qui enrichiraient le dossier, surtout que malgré leurs indépendances, elles sont chez Nintendo très liés au console de salon. La Wii U en tire beaucoup, notamment dans sa filiation au combo GameCube X GameBoy Advance, particulièrement sur l'aspect intime d'une console portable qu'on retrouve avec le gamepad en main. Je pense que dans un futur assez proche, on verra l'héritage "gameboy" se développer, comme on a pu le voir dans la vidéo au sujet de Wii U Party où le Gamepad s'affranchi totalement de la télévision. Et on reste encore dans l'application légère, inhérente au partygame si je puis me permettre.

@Ookaze,
L'emploi du terme combinatoire me parait juste, puisque qu'elle intègre la notion d'addition, et que le seul moyen de couvrir tous les champs ludiques passaient par cette combinaison Wii+PS3. Du moins jusqu'à l'arrivée de Move et Kinect.

@Ookaze, DemaH,
Quant à la prise de risque, je maintiens, elle était très faible puisque la Wii résulte surtout d'une lecture du marché pour son positionnement. Pas de place pour trois acteurs sur le même créneau, suite au double échec de Sega et du GameCube. Et d'autre part, l'optimisation des coûts de la Wii permet de gagner de l'argent quoi qu'il en soit. Les grosses dépenses le seront en campagne de communication intensive, dont on connait l'impact depuis les débuts de la publicité.
Si je pense que personne, même pas Nintendo, pouvait prévoir la success-story, je reste persuadé que la firme avait de nombreux indicateurs sous la main qui lui garantissait un succès minimum fort (40-50M).
Sony prenait bien plus de risques avec sa PS3 qui se présentait comme haut de gamme, là où les deux précédentes Playstation étaient beaucoup plus grand public.
JLG
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JLG
@Lespaul89
Je ne pense pas que Nintendo ait voulu faire une console d'appoint, mais plutôt une expérience qui ne rentre pas en concurrence directe avec la Playstation, et donc possiblement associable, en ce sens qu'avoir dans son salon une ps3 ne change pas grand chose quant à l'acquisition d'une Wii. Ce sont deux marchés dans le marché.

La Nintendo 64 avait des hits incontournables (Mario 64, Goldeneye…), le GameCube de très bons jeux, dont une bonne partie correspondent aux attentes de joueurs acquis à l'expérience Playstation. D'où pour une majorité des conversions PS2 au fil du temps. La console souffrait d'un problème de positionnement, d'image, un manque de charisme, d'identité.

La course à la puissance, au sens spécificités techniques, n'avait pas le sens qu'on lui donne aujourd'hui. La Super NES vantait son Mode7 plus que son processeur, le SuperFX1&2, la modélisation de Donkey Kong Country, jouaient la carte de la nouvelle expérience, et de 'l'unique déjà. La Nintendo 64 brillait par sa 3D… Le fond traité était celui d'éléments de jeu, de gamedesign. Aujourd'hui cette course est plutôt associée à la technique pure, donc à la résolution (1080p…), un peu à la physique, un tout petit peu à l'IA… C'est très inhérent aux visuels, plus qu'à une façon de jouer -gamedesign renouvelé.
Les évolutions techniques de la Wii, puis de la Wii U, se positionnent dans une démarche ludique, dans une nouvelle approche des éléments de jeu. Donc pas vraiment hors course de mon avis.

L'Eye Toy répond à l'attrait grand public de la PS2, au même titre que Buzz, Singstar… Mais foncièrement s'adressent à un public tiers, quand le principal l'était par GTA, PES… Avec la Wii, Nintendo considère le très grand public comme majoritaire, l'expérience est conçue dans cette direction, et les joueurs les plus chevronnés comme secondaire. C'est cette hiérarchie qui a dérangé nombre de joueur d'ailleurs, alors que dans les faits c'est bien le grand public qui représente le gros volume du marché. Par contre, même s'il est très difficile d'en parler avec certitudes, tant on manque de données démographiques sur le public Wii, je pense que les fondamentalement "non-joueurs", c'est à dire les grands-parents, les "mamans", à qui on a donné beaucoup d'écho médiatique, ne représente pas tant de volume parmis tous les joueurs Wii. Je les perçois comme tiers, à l'instar du public Eye Toy. Contrairement aux enfants et jeunes adultes qui sont de mon point de vue les porteurs du succès de la Wii. Mais bon je le répète, il manque de donnée pour avoir des certitudes.

Au sujet du prix, oui le pack basic permet le "à partir de 299", mais il rend surtout opaque l'offre, là où le pack unique de la Wii avait quelque chose de limpide (et accessible).

Pour les jeux tiers, j'ai beaucoup de doutes quant à leur adresse aux fans de la première heure. Je ne pense pas que les fans de Nintendo primaire ait beaucoup de sensibilité à leurs propositions, donc je les vois plutôt destiné à un public peu enclin avec les univers colorés de Nintendo.

Merci pour ton intervention.
Ookaze
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Ookaze
Comme c'est un peu lié au concept de dualité, j'en profite pour parler d'un point : le Nintendo Direct.
Nintendo a dû essuyer pas mal de déconvenues de la part de la presse spécialisée jeux vidéo avec la Wii, mais celle-ci a permis de prouver que la majorité du public de la Wii (appelons le "Casual") n'avait rien à faire des notes des journalistes et de leur cassage systématique, et il y avait souvent une énorme disparité entre les notes des joueurs et les notes des journalistes.
Bref, la presse spécialisée (pas les autres) leur a fait énormément de tort.
Nintendo a pu donc décider facilement d'outrepasser la presse spécialisée en toute confiance, avec ses Nintendo Direct.
La presse spécialisée a été punie, mais elle l'a bien cherché. Et on voit donc maintenant qu'ils tentent systématiquement de ce venger sur chaque Nintendo Direct, message qu'ils ne peuvent plus détourner et dont ils n'ont plus la primeur.
Icarus
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Icarus
Un très bon article ! Pour ma part, je l'ai lui en plusieurs fois ;)
DemaH
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DemaH
Rien à dire sur l'article, mais comme l'ami Ookaze, je pense que c'est faux d'affirmer que "Nintendo ne prenait guère de risques"..

Dans la position dans laquelle ils se trouvaient, c'était un énorme risque de sortie une console super faiblarde avec une nouvelle manière de jouer! Nintendo en était lui-même conscient en affirmant que la Wii avait pour mission de faire "à peine" mieux que le Gamecube pour ce qui est des ventes.

Et le nombre de fois qu'ils ont répétés que le succès de la Wii les a surpris, je pense donc que les choses sont claires...

Sinon, c'est un article très agréable à lire. Pas d'accord sur tout bien évidemment (une question de point de vue!).
Japman
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Japman
C'est emprunt d'une vraie réflexion, j'aime.
Ookaze
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Ookaze
Cet article est excellent, et résume bien pas mal de choses, même si je ne suis pas d'accord avec deux choses :
- Nintendo n'a pas pris de risque : bien sûr qu'ils en ont pris un, c'est facile de dire qu'ils n'en ont pas pris avec le recul. Mais je pense que c'est ressenti comme un non-risque car leur communication a été très bonne, et principalement car elle correspondait parfaitement au pedigree "arcade" (fun immédiat, compréhension très rapide, le test de la borne en magasin marchait immédiatement, comme un jeu d'arcade).
- Le terme combinatoire ne correspond pas, c'est plutôt de l'additionnel ou de l'empilement. La combinatoire impliquerait que l'une agit sur l'autre et vice-versa. Ca a été vrai de la Wii vers la PS3, mais pas du tout dans l'autre sens.

Sinon je suis globalement d'accord avec tout le reste, sauf un dernier point : Nintendo a bien communiqué sur le rassemblement des deux mondes, et c'était même à l'un des E3. Mais comme personne (enfin, surtout la partie gamer) n'a rien compris, ils ont dû penser que c'est cette partie rassemblement qui ne convenait pas à la partie "gamer". D'où le fait qu'ils soient très prudents. Ils doivent ménager le public américain, car trop le brusquer leur a porté préjudice auparavant. Ce même public leur reproche aussi des comportements qui ne sont pas de leur fait (le comportement des tiers occidentaux). Le public "gamer" ne réfléchissant pas vraiment (sinon il se demanderait pourquoi les tiers occidentaux n'ont pas supporté correctement la DS ou la 3DS), ils doivent les bichonner comme des enfants, c'est mon avis en tout cas, et il entre bien en corrélation avec les faits.
izis7r
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izis7r
magnifique! merci!
énorme analyse, cohérente et très très bien écrite.

je me permettrais d'ajouter quelques anecdotes supplémentaires, peu ou pas abordées.

tout d'abord, a part les game and watch, les consoles portables n'ont été abordées, elles font aussi fait le succès de la marque ( sauf le virtual boy bien sur)
il y a bien des analogies a faire entre les consoles de salon et leurs petites soeurs portables.
la première étant le coté "casual " du duo game boy et Tetris: jamais autant de personnes n'ayant jamais eu de pad dans les mains n'ont autant joué a une console de jeu, bien avant la wii...
Tetris était devenu le JEU pour des millions de nouveaux joueurs!

la DS, en rupture avec le Game Boy Advance, a amené une nouvelle manière de jouer, la visée et le toucher sur un écran...
ce système est la base du fonctionnement de la Wii avec la plus universelle des manettes: une télécommande.
la wii U n'est qu'une continuité du systeme DS, un écran tactile pour jouer et un écran plus grand pour regarder.

l'arrivée de Sony a la puissance financière démesurée, a perturbé le microcosme des fabricants de console de jeu.
le succès de la Playstation a contrecarré les plans de Nintendo (et de Sega) , ces deux derniers n'ont pas forcement les moyens financiers nécessaires pour proposer une nouvelle génération de consoles face a la future Playstation 2.
les coûts de R&D, de marketing sont trop élevés, Sega en fera les frais avec la fin prématurée de Dreamcast.

heureusement pour Nintendo, le groupe Matsushita, grand concurrent du groupe Sony, met la main au porte-monnaie et aide au développement du Gamecube. bien qu'arrivée tardivement par rapport a la Playstation 2, la console est performante et rentable mais a un gros défaut par rapport au système Playstation: la rétrocompatibilité.
ce sera le nouveau credo de Nintendo pour ses futures consoles...

plus tard, on retrouvera la dualité Matsushita / Sony avec la guerre de la HD entre les supports HD DVD / BluRay.
mais ce n'est plus l'affaire de Nintendo, qui ne fait que du jeu vidéo.
LesPaul89
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LesPaul89
très bonne analyse sur la Wii et aussi de la Wii U ainsi que de son avenir, mais je ne suis pas d'accord avec deux points que tu aborde:

1) Mettre la Wii à coté d'une Playstation - Nintendo étant une entreprise, il ne souhaite évidemment pas être considéré comme une console d'appoint mais bien comme la console que l'on doit retrouver dans n'importe quel salon.
Après la baisse des ventes de la GameCube comparé à la Nintendo 64 (dont d'ailleurs je ne comprend pas la raison, car je trouve que la GameCube à offert bien plus que la Nintendo 64), Nintendo à du revoir sa politique de communication et marketing.

La question principale était "Comment arrivez à vendre plus de console ?". Certains ont dit de continuer la course à la puissance, car beaucoup de gens oublient que les consoles de Nintendo ont toujours cherché la puissance (la NES, la Super Nes, avec la cassette de démonstration, la N64 qui passe direct à 64 bits et la GameCube).*

Mais Sony et Microsoft sont deux géants dans le monde multimédias en générale et qu'essayer de rivaliser avec eux dans la course à la puissance serait difficile.

Ils se sont dit que les gamers étaient d'abord intéressés par les jeux beau, qui pètent dans tous les sens et c'est alors qu'ils ont commencés à réfléchir à tout ceux qui ne jouaient pas, les jeunes enfants, certains parents et les grand-parents.

Dès lors, une nouvelle question se pose, "Comment arriver à séduire un public non initié à l'univers du jeu vidéo".
Des graphismes flamboyant avec des détails dans tous les sens est à exclure au risque de déstabiliser ces nouveaux consommateurs, qui n'arriveraient pas à comprendre les actions qu'ils doivent entreprendre.

A ce moment la, la course à la puissance n'est plus nécessaire pour Nintendo qui y voit un moyen de faire une pierre deux coups:
Éviter de dépenser des millions de dollar dans la R&D et la construction d'une console next-gen
Accaparer un nouveau public théoriquement plus important que les dit "gamers"

A ce moment, Nintendo a une solution sur la question de la concurrence mais aussi sur les capacités de la console.
Cela permet de très vite répondre la seconde une question, il faut inventer une nouvelle interaction entre le joueur et les jeux intuitif et rapide .
Et quoi de plus rapide lorsque l'on voit une balle que de taper dedans. Nintendo répond ainsi à la seconde question, ce qui donnera naissance aux "Casual gamers".

C'est pourquoi, je pense que la création de la Wii provient d'une réaction de crainte par rapport aux deux géants que sont Sony et Microsoft et que cela à ainsi poussé Nintendo à revoir sa définition du joueur et de interactivité entre l'homme et la machine. (je ne comprend pas aussi ton commentaire sur l'Eye Toy, c'est l'ancêtre du kinect et de la Wii puisqu'elle proposé de jouer avec son corps et ses mouvements. La seule erreur de Sony est d'avoir abandonner ce concept que Nintedo et Microsoft ont repris plsu tard).


2) C'est pas vraiment un désaccord, mais c'est lorsque tu parle de la Wii U et de son premier pack ainsi que des jeux Batman, AC3, Darksiders 2,...

En premier, ce pack à 299€ veut tout dire ! Nintendo est une entreprise, donc elle cherche à faire de l'argent, pour cela il lui faut vendre des produits ou des services et cela passe par une bonne campagne de communication et de marketing.

En vendant un pack à 299€, Nintendo peut ainsi déclarer haut et fort dans n'importe quel publicité vidéo, radio ou affiche
"La nouvelle console Next-Gen de Nintendo est disponible à moins de 300€ !"

C'est une campagne psychologique. Si on te dit 300€, tu pense à une barre qui se situe dans les 300€, mais 299, ça fait toujours parti des 200€.


Ensuite pour les jeux sortis sur PS3 et Xbox360 qui -1 an ou plus servent simplement à gonfler le line-up de lancement.
Ces jeux sont des valeurs sûrs et permet aux gens qui avaient une Wii de profiter des derniers jeux phares de l'année 2012 sur leurs nouvelles Wii U.

C'est aussi une bonne manière de faire revenir les fans de la premier heure de Nintendo ainsi que les éditeurs tiers qui auraient pu être déçu par la Wii et en même temps, de peut-être transformers les "casuals gamers" en "gamers".
mph82
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mph82
Excellent article très intéressant.
J'ai gare de voir ce que les prochains mois et années vont donner pour Nintendo.
Cinemax
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Cinemax
Si on commence à chercher qui est le vrai Gamer c'est de l'anti-débat au possible, ce qui serait dommage, surtout sur un article aussi bien construit.
Car, c'est bel et bien un bel article, passionnant que tu nous a pondu là, bravo et merci pour cette lecture très interessante.
Majora
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Majora

@devilgammers
Si tu étais un vraie gamer commence par jouer sur PC


Et passer à coté des zelda, mario, ico, resident evil, silent hill,...
Mais t'es fou toi!!!
koao
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koao
@devilgammers
Si tu étais un vraie gamer commence par jouer sur PC
amoraro
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amoraro
mmmmmmmmmmmmmmm
novacom
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novacom
Excellent article . Ça faisait longtemps qu'on avait pas eu d'article pareil...
devilgammers
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devilgammers
Moi, je me complique pas la vie (Wii U + PS4) les deux, c'est mieux ;) Un vrai GAMER => (et non pas ceux qui s’achètent une console pour jouer à fifa ou call of duty toute l'année, je précise...) ne se contente pas que d'une seule console à la maison ^^
Spooky54
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Spooky54
Très bon article. Ça mériterait d'être mis en avant par GB.
JLG
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JLG
"Le problème c'est cette impression que Nintendo n'a pas assumé d'avoir pris cette voie."

Oui. C'est l'impression que j'ai aussi. Surtout je ressens de la peur chez Nintendo, chacune de leurs déclarations essaient de rassurer un peu tout le monde, du coup il créé eux même l'incertitude au niveau de leur console. Sans tomber dans l'arrogance, ils ont quand même quelques raisons de se tenir droit, et de se montrer fier de leur Wii U.

J'évoquais la peur dans le dossier, et je pense que c'est une nouvelle constante pour Iwata & co après avoir foiré le lancement de la 3DS, et mis deux E3 et un ND cumulés pour dévoiler la Wii U. Ils sont inquiets, ont peur du four, et ça se ressent dans l'accueil timide réservé à la Wii U. S'excuser deux mois après le lancement, aïe.

"la com' s'est faite sur cette volonté de créer un véritable écosystème transpublique"
Je ne sais pas si ça se dit, mais ça se comprend :)
La communication de la Wii U est à coté de la plaque, parce que c'est celle de la Wii dans laquelle on remplace la Wiimote par le Gamepad. Or, si la télécommande était limpide, la complexité du Gamepad rend la chose incompréhensible.
Surtout, Nintendo s'essaye à une (re)conquête d'un public, mais axe sa communication sur un autre, alors que comme je l'analyse dans le dossier, la Wii U nait d'une friction entre ces deux publics. C'est sur ce "together" qu'il devrait miser, d'autant plus que Nintendo Land c'est quoi, si ce n'est la réunion des Miis et des licences traditionnelles de la firme ?

"c'est la volonté de Nintendo de sortir la machine le plus vite possible"
Oui, surtout une annonce précoce à l'E3 2011, qui scellait la fin de la Wii.

Quant à ton analogie avec la N64, je suis bien d'accord. D'ailleurs la politique/stratégie d'externalisation de la production répond aux productions Rareware de l'époque.
Malgré u tout, si la Wii U pouvait voir ces jeux marquants qu'à la N64, je pense que Nintendo signe direct...


Merci à vous pour la lecture et les retours.
JLG
DrWong
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DrWong
Article consistant. Le relirai tranquillement ce week-end.
Nimmegil
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Nimmegil
Bravo pour cette article, complet et construit et sans concession (pour la petite histoire je l'ai trouvé via google actu ^^). Je suis de ceux(celui?) qui trouve la voie emprunté par Nintendo, intéressante par sa recherche de nouveaux gameplay en permanence, et par la volonté de démocratiser le jeu vidéo, démocratisation converti en argent sonnant et trébuchant (faut pas se leurrer) mais qui je pense participe à "normalisation" du média (Il y aurait beaucoup a écrire la dessus et pas qu'en éloge). Le concept de la Wii U est très intéressant de par son ouverture transmedia et sa résistance a la course aux graphisme, une volonté comme tu l’écris de casser le chemin traditionnel en proposant une toute autre expérience, qui n'en est pas moins next-gen, next-gen non dans l'avancé technologique mais dans l'avancé de l’expérimentation (ton fameux "champ des possibles").

Le problème c'est cette impression que Nintendo n'a pas assumé d'avoir pris cette voie. De part le communication, qui a été très axé sur le dit "gamer" traditionnelle et le dit "casual" au lieu de communiquer avec audace sur le champ des possibles la firme de Kyoto a préféré jouer la sécurité déclarant qu'elle veut "re"conquérir le coeur du gamer, et de l'autre dire qu'il y aura quand même des jeux grand public. C'est un peu pour la métaphore comme si la communication avait été une Wii U mais sans gameplay asymétrique, les uns sur la TV les autres sur la gamepad, a aucun moment la com' s'est faite sur cette volonté de créer un véritable écosystème transpublique (sa se dit sa ?).
L'autre problème et c'est très symptomatique de la partie inférieur c'est la volonté de Nintendo de sortir la machine le plus vite possible, c'est la que tu sens la pression des actionnaires derrière, entre le line-up non calibré (voir ton article) et les les problèmes de mise a jour de la console, sans parler de l'impossibilité d'utiliser un second gamepad pour l'instant. . Nintendo à sortis sa machine trop vite et se retrouve aujourd'hui à s'excuser pour le peu de jeu a sortir d'ici mars et conseiller de faire la mise a jour avant d'offrir la console.
La possibilité de faire du profit a Noël a primé sur la solidité du concept (j'ai le souvenir d'une Ultra 64 qui n'a pas fait la même erreur en sortant en milieu d'année, communiquant agressivement qu'il valait mieux ne pas acheter de 32bits a noël). Le jeu vidéo avant d’être un média (un art ?) reste finalement qu'une industrie...et la démocratisation n'a pas arrangé les choses de ce point de vue la.
Nintendo n'a pas assumé jusqu'au bout son concept et c'est dommage...

J'adore ce que peut proposer la Wii U, j'aime ce coté expérimentale et le transmedia (J'adore le concept du MiiVerse), je n'ai pas la console uniquement pour des questions de pouvoir d'achat, avec ce lancement très moyen j'ai peur de voir la console devenir une seconde Nintendo 64, machine qui a posé les bases des jeux 3D et a la ludothèque légendaire (j'ai pas peur des mot, je ne dirais que: Mario 64 & Ocarina of Time) mais finalement boudé par la majorité du public pour des raisons "marketing" (C'est pas une critique ! Sony a eu une très bonne com' et a paru très sur de son "concept").

Voila désolé si c'est long et pompeux (et plein de fautes...), je ne suis en aucun cas un troll (je précise parce que je tape quand même sur Nintendo dans mon commentaire) mais j'ai déjà une impression de rendez-vous manqué avec cette Wii U et je le regrette, même si l'histoire récente du jeu vidéo nous a appris que rien est gravé dans le marbre :)

Édito

En avant propos il convient d'exposer quelques principes propre à Jean-Luc. Cinéphile et cinéaste, sociologue et artiste de son état, il est une, si ce n'est la, figure emblématique de la nouvelle vague, mouvement de jeunes cinéastes qui ont voulu, et réussi, à créer une relecture de leur média, s'échappant des patterns du "cinéma de papa".

Pour Jean-Luc, le cinéma c'est le cinématographe avant tout, c'est un langage, un modem, un cadre, des règles. Ici puisqu'il s'agit de jeux vidéo, il sera question de langue aussi, celle qui s'écrit à travers le gamedesign, le gameplay, surtout l'interaction puisqu'il est là le fondement. Aussi, les chroniques que vous trouverez sur ce blog auront une volonté analytique, une recherche, une théorisation du médium. Le jeu vidéo de papa, c'est à dire une vision établie sur les règles qui ont fait le jeu vidéo d'hier, sera aussi remis en cause. Parce qu'ici on va discuter imaginaire et futur.

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