Intrigue

Par Snake_in_a_box Blog créé le 14/12/10 Mis à jour le 03/09/17 à 15h55

Look up at The Sky...
There must be a fantasy.

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Catégorie : BD/Mangas

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BD/Mangas (BD-Manga-Comics)
Vingt tomes, dont les derniers seront nés dans la douleur, auront été nécessaires pour achever ce qui est sans doute le moins connu des spin-off  des Chevaliers du Zodiaque.
 
"Saint Seiya G: Les Origines des Chevaliers du Zodiaque" nous transporte plusieurs années avant les événements de Saint Seiya et recentre son intrigue autour des Chevaliers d'Or, les vrais, ceux qui sont douze, et à qui le Sanctuaire fournit le gîte et le couvert dans des temples grecs (fournis avec des thermes individuelles) .
 
Alors que le Chevalier des Gémeaux vient d'usurper la place de Grand Pope et après sa tentative d'assassinat ratée contre Athéna, Saint Seiya G prend le parti de suivre le destin de Aiolia, tout jeune Chevalier du Lion, alors que son grand-frêre Aioros (du Sagittaire) vient d'être exécuté par Shura (du Capricorne, suivez un peu) en tant que traitre au Sanctuaire.
C'est donc dans ce contexte de division que va surgir une nouvelle menace pour l'humanité. Les Titans , divinités chthoniennes du Panthéon sont mystérieusement libérées du Tartare, bien décidés à se venger de ces présomptueux Olympiens (en exterminant les humains au passage) qui les avaient défait lors de la Titanomachie .
 
L'intrigue se centre autour d'un Aiolia rebelle, fongueux comme le Lion qu'il incarne et en proie au doute. Il sera le protagoniste principal de cette aventure.
Frère d'un traitre, il endure le mépris de ses pairs et le déshonneur d'une telle parenté. Chevalier d'Or malgré tout avec toutes les responsabilités que cela implique, il s'acquite de ses missions avec distance et le manga le verra grandir au travers des épreuves. Tous les ingrédients sont donc en place pour un mélange détonnant entre affrontements cosmiques et personnages que l'on espère plus creusés.
 
Et malheureusement, nous sommes loin du chef d'oeuvre que l'on pouvait légitimement attendre, de la promesse d'un renouveau salutaire qui ferait de Saint Seiya une série à la hauteur de ses ambitions.
 
L'Episode G est l'histoire d'un gachis donc, entre la pléthore de bonnes idées graphiques et les errements d'un homme qui ne sait pas quoi faire de son récit, entre la lourde tâche de se tenir à un cahier des charges inamovible (Overture a tenter de dire fuck à ce dernier, bien mal lui en a pris), d'insérer ce même récit au sein d'un univers plus incohérent qu'un programme de Présidentielles et d'apporter sa patte propre en plus de faire accepter son style graphique si particulier.
 
Tout Saint Seiya G  joue sur une balance qui oscille entre équilibre et déséquilibre en permanence.  Que ce soit sur le dessin, l'histoire, la couleur et les thèmes abordés, nous aurons toujours en face de nous une oeuvre qui va parfaitement réussir quelque chose et rater absolument l'autre facette. Si l'histoire sera réussie, elle sera racontée n'importe comment. Si le dessin réinterprète avec brio l'oeuvre de Kurumada, elle va aussi présenter des personnages aussi mal gaulés qu'un fanart fait à l'âge de huit ans...
Il est donc temps d'analyser et de présenter tous ces déséquilibres qui font de Saint Seiya G une oeuvre si singulière dans le mauvais sens du terme.
 
J'ai tout à fait conscience que les scans que je vais mettre ici vont heurter les yeux de certains. J'e sais que c'est assez souvent très moche, mais je vous demande, chers amis, de ne pas vous focaliser sur ça. oui, je suis au courant, son style ne plait pas à grand monde. Essayons de voir un peu plus loin que cela...
 
Dessin et armures.
Et oui, la première chose qui fâche avec Saint Seiya G, c'est son dessin. Le style de Megumu Okada est vraiment très particulier et n'est pas propre à Saint Seiya d'ailleurs. Les autres mangas de l'auteur, comme  Shadow Skill reprennent aussi les mêmes habitudes graphiques.
Le style de Okada se démarque (pas dans le bon sens)  par des personnages extrèmement longilignes avec des visages où l'exagération des yeux  très prononcée fait ressembler ses personnages a des protagonistes de shojo.
De cette finesse on remarque aussi des gros problèmes de proportions où non seulement les yeux sont hyper écartés dans le visage mais où aussi les personnages ne semblent pas faire la même taille d'une case à l'autre.
Le genre de truc assez emmerdant pour la cohérence...
 
 
 Si la chose peut se justifier par la volonté de faire passer un message et de lui donner une concrétisation graphique (pour renforcer un effet nekketsu), la chose va trop loin et peut même rebuter entièrement un lecteur.
Si on ajoute à cela des positions impossibles, des angles impossibles et des articulations impossibles dans les combats, on comprend alors que le gars possède son style, sur lequel il ne fait aucune concession et qui lui permet de faire passer une dynamique avant de faire passer la logique et la cohérence. Chose que l'on connait aussi avec Kohta Hirano et Hellsing par exemple.
 
Mais la vraie force du dessin de Okada, c'est sa réinterprétation des armures d'or.
Si là encore elles ne font pas l'unanimité, je suis pour ma part admiratif de son travail de réinterprétation qui repense les armures, éléments si emblématiques de l'oeuvre, pour leur donner l'assise et le rôle qu'elles méritent.
 
Si Kurumada présentait des armures de bronze ridicules, qu'on a refaites dans l'anime. Il nous a aussi donné des armures d'or qui avait pour elles le souci de la cohérence avec leur sujet (toutes les armures représentent avec précision la constellation à laquelle elles sont liés).
Cependant, la foutraquerie graphique de Kurumada montrait les armures d'or comme des sortes de tenues, de collants de super héros plus que comme des armures de Chevaliers. Si la chose peut se concevoir dans les faits: on parle de Saints  et de Cloths  dans l'oeuvre de base, Okada va lui revenir à une acception plus classique des armures et les repenser comme telles.
 
Par son sens du détail, il va s'acharner à faire de chaque armure d'or une véritable pièce d'orfèvrerie, où les gravures, les gemmes et les ciselures auront une importance pour donner un vrai standing aux armures d'or et surtout leur place d'armures d'élite dans la mythologie des Chevaliers du Zodiaque.
 
 
 En respectant les modèles de base, il va leur apporter une valeur ajoutée en sublimant ce design originel et en donnant du relief à l'armure, voyez comment dans l'armure de Mü ci-dessus il va travailler l'aspect "plates", jouant légèrement sur les ombres pour donner un "corps" tangible à l'armure qui se pense désormais comme telle.
 
Dans le manga même, on peut voir avec l'image ci-dessous, l'envie de présenter l'armure dans toute sa complexité, avec l'arrivée de cette dernière sur le corps d'Aiolia, pièce par pièce. La richesse des détails démontre un travail exceptionnel, minutieux qui prouve à mon sens un amour de l'univers de base que l'on veut sauver et sublimer tant son potentiel est énorme.
 
 
 

Totalement libre sur les armures des Titans qu'il invente, il laissera libre cours à son imagination en proposant des designs plus improbables les uns que les autres.
Prouvant là la nécessité qu'il y a canaliser Megumu Okada, qui part vite dans des exagérations dommageables à la lecture de son oeuvre.  (ouvrez un Saint Seiya G à l'occase, et vous verrez...) mais qui peut aussi proposer des designs sobres et plus en adéquation avec l'idée que l'ont peut se faire d'armures divines.
 
 
 
 
 
 
 
Histoire et dialogues.
Le plus gros problème de SSG au-delà de son dessin auquel on peut s'habituer à force, est le crétinisme complet de ses dialogues...
Je ne peux pas vous scanner les planches françaises, qui essayent de sauver le délire avec la traduction, mais on a de la redondance de nekketsu  poussée à son paroxysme  au point qu'on ne lit parfois pas deux lignes intelligentes en 10 pages.
J'exagère à peine.
Entre les commentaires sur les combats, longs et verbeux, on se répète à l'envie sur l'impossible miracle que seuls les humains sont capables d'accomplir si ils croient très très fort en leur capacités et leur cosmos.
Cette morale sur la volonté et l'envie de protéger les gens qu'on aime prend quelque chose comme, et la je n'exégère pas, 75 % du manga. C'est positivement affreux, surtout que le phrasé choisi est assez "soutenu". Certes, Saint Seiya G  fait dialoguer des dieux et justifie la préciosité des mots choisis, mais la chose serait mieux passée si ils tenaient des propos intéressants.
 
Dans le même temps pourtant, le scénario de SSG a tout pour lui.
Si Kurumada se torche avec la mythologie qui lui sert de prête-noms, Okada lui tient à en faire une assise solide, une base à travers de laquelle il cherche une cohérence.
Ne pouvant s'attacher aux Dieux olympiens qui sont du domaine de Saint Seiya. Il va aller piocher dans la Titanomachie et les dieux primordiaux de la Grêce antique. 
 
Avec ce terrain inexploré, Okada a plus de liberté pour poser son récit mais ne va jamais vraiment s'en servir. L'oeuvre a en effet connu de nombreuses interruptions de plusieurs mois et trouve aujourd'hui une conclusion très abrégée  qui abandonne sur le chemin de très nombreux personnages (la moitié de ceux que vous voyez à l'image ci-dessus notamment).
Les Titans, dont on esquisse un destin tragique avec en filigrane l'arrivée d'Hadès, sont des êtres maudits car sortis du Tartare pour être sacrifiés.
Si Hypérion l'un des Titans va bénéficier d'un combat très long et épique, qui explique mieux leur tragédie cosmique (ils sont sacrifiés par Ponthos, autre dieu primordial grec) on ne saura rien au final de ses autres comparses pour arriver en catastrophe sur le réveil de Cronos, vrai bad guy de cet épisode G. 
 
Liquidé en deux  volumes, là où un combat intermédiaire en prenait un entier tome, on sent l'oeuvre achevée dans la douleur et à mon grand regret, tant Megumu Okada en a sous le crayon. Mais peut-être aurait-il tout à gagner en prenant avec lui un scénariste qui lui dirait quoi faire et surtout quand calmer ces ardeurs narratives.
 
Bouffée par un propos nekketsu (alors qu'elle arrive à faire plus que ça dixit la partie suivante de cet exposé)  jusqu'a l'écoeurement. Saint Seiya G ne décolle jamais vraiment malgré une envie de bien faire.
C'est triste car on sent son auteur vraiment impliqué dans la mythologie grecque, qui cherche à donner une trame, un treillis cohérent basé sur la mythologieà son oeuvre.
 
Tout cela laisse seulement entrevoir, si on imagine un mélange improbables des énergies de Kurumada, Okada et  Teshirogi (Lost Canvas), à quel point Saint Seiya  peut aller loin en manga. Chose qu'a fait entrevoir la Toei avec la série anime et le chapitre Asgard  notamment.
 
L'éloignement du nekketsu et le rapprochement vers le comics.
 Comme je l'ai explicité dans la précédente partie, les dialogues de Saint Seiya G sont extrèmements crétins. Cette redondance qui était déjà à la base gênante dans l'oeuvre de base est d'autant plus incompréhensible ici car les dialogues sont plus nombreux.
Si le nekketsu  classique et dans tout ce qu'il peut avoir de plus débile se retrouve dans Saint Seiya G  en permanence au point de vous en rendre malade, il n'en reste pas moins que le spin-off des Chevaliers du Zodiaque  va réussir à s'échapper ponctuellement de cette caricature pour éclairer d'un jour nouveau certains personnages et l'univers de Saint Seiya.
 
Vous venez de lire dans le titre que je parle de rapprochement avec le comics et c'est dès le premier chapitre du premier volume que ce rapprochement intervient.

Si Superman a pour habitude de sauver son prochain en usant de ses capacités surhumaines, il semble dans Saint Seiya G  que la chose soit l'apanage des Chevaliers.
En effet,  ce premier volume nous plonge directement dans l'incident nucléaire de Three Miles Island, incident réel si il en est, qui a eut lieu en 1979 dans l'Etat de Pennsylvanie.
 
Alors que la situation sur place devient incontrolable, les autorités américaines sont court-circuités par un ordre direct du Sanctuaire qui fait intervenir Aiolia habillé normalement pour une fois et pas en tenue greque moyen-ageuse comme à son habitude...
 La chose est triviale mais a son importance, car le premier contact avec ce Chevalier d'Or bien connu de Saint Seiya  ressemble donc à celui d'un super-héros de comics, où infiltré en civil parmi le commun des mortels, il dissimule son identité et ses réelles capacités.
Alors que la série de Kurumada ne nous présente quasiment jamais les Chevaliers d'Athéna dans un contexte banal de vie quotidienne (à 2-3 exceptions prêt, contraitement à la série télé par exemple, qui est plus prolixe sur le sujet), Saint Seiya G  tiens à montrer à plusieurs reprises des Chevaliers d'Or appelés de par le monde pour régler des problèmes mystérieux où des créatures mythologiques sont impliquées:  une Gorgone qui terrorise la région par-ci, des enlèvements mystérieux d'adolescents (liés à la légende du Minotaure)  par-là...
Il s'agit pour Megumu Okada de donner une tangibilité "réaliste" à la mission sacrée des Chevaliers d'Athéna, où par la défense de l'humanité, ils se rapprochent plus des X-Men, par exemple. 
 Si Saint Seiya  se focalise sur les problèmes internes au Sanctuaire et aux Dieux avec affrontemens cosmiques à la clef, Saint Seiya G  donne 90% de son récit à de tels developpements, (le manga a pour sujet principal le combat contre le Titan Cronos), mais les 10% restant forment des a-cotés tout à fait appréciables car ils creusent la vie des Chevaliers d'Or, montrent le coeur de leur mission de défense de l'humanité, celle toujours esquissé, mais jamais montrée par Kurumada.
Par conséquent, si le manga plonge la tête la première dans le nekketsu classique, a grands renforts de techniques secrètes qui-ne-marchent-pas-deux-fois-Chevaliers  et de je-me-battrai-pour-l'humanité-et-la-paix-et-l'amour . Il s'offre, et c'est une première à mon sens, des respirations où les Chevaliers d'Or ne sont pas en danger, car ce sont des adversaires mineurs qu'ils combattent mais où ils peuvent démontrer que la mission de base créée par Kurumada n'est pas vide de sens comme l'auteur originel de Saint Seiya  l'avait fait...
Un bon point pour Okada qui sauve non seulement une partie de l'univers de Saint Seiya, mais qui arrive aussi à le faire lorgner du coté des comics pour donner de l'ampleur à des personnages qui se limitent dans Saint Seiya à être des méchants un peu cons qui ne servent à rien.
 
Okada va aussi  s'attacher dans Saint Seiya G  à montrer un Aiolia en proie au doute et par la même, à creuser l'idée de responsabilité des Chevaliers, faisant du cosmos et de leur armure un poids qui pousse à réfléchir à sa condition.
Dans le tome 8, on peut voir cette image d'Aiolia encore jeune enfant qui doit subir les quolibets de ses pairs à cause de la prétendue traitrise de son frère.
 
Alors que les médisances entendues lui donne envie de casser des figures, il prend conscience que la force que lui donne le Cosmos conduirait non pas à punir la méchanceté, mais bien à tuer les médisants, chose incompatible avec son devoir de Chevalier.
Le cosmos prend ici la forme, et c'est une première, d'une sorte de malédiction un peu comme les mutations des X-Men. Le Cosmos est un don, qui condamne ses possesseurs à donner leur vie à Athéna, même si comme Aiolia dans cet exemple, ils n'ont pas envie de servir un Sanctuaire qui a pris un membre de leur famille...  
De même, un nouveau personnage, le serviteur d'Aiolia, Galan, est un ancien apprenti Chevalier dont l'incapacité à maîtriser le cosmos lui a coûté un bras et un ½il. Le Cosmos n'est donc pas un cadeau, une facilité. Si l'entrainement semble donner la maîtrise de cette capacité dans Saint Seiya, ce n'est pas le cas pour les Chevaliers d'Or qui semblent être des élus et qui donc subissent un destin qui ne leur correspond pas forcément...
Et cet aspect là apporterait d'ailleurs beaucoup à Saint Seiya si il avait été creusé ...
 
L'armure, elle, donne une valeur symbolique et une preuve graphique à cette terrible responsabilité. Reprenez l'image ci-dessus et voyez comment dans le regard d'Aiolia l'armure d'or du Lion, une armure intégrale, enserre l'enfant. Elle se pose comme une sorte de prison, de carcan. Il semble même la regarder avec tristesse et regret. 
Élu par une déesse qui lui  a pris sa seule famille, il ne peut même pas se défendre contre les rumeurs dont il est objet, tenu par un serment qu'il subit et qu'il voudrait renier.
Aiolia est d'ailleurs fréquemment considéré dans le manga comme un Chevalier d'Or renégat, tant on se méfie de son sang de traître et de son envie de vengeance. 
 
A la fois victimes d'un destin qu'ils n'ont pas choisi, bénis par une déesse qui leur donne la force des dieux, les Chevaliers d'Or s'éloignent subtilement et trop peu souvent d'un Seiya qui  prend des coups avec contentement pour mieux se relever ensuite. Si dans Saint Seiya G  les choses se passent aussi comme cela, on apprécie cependant les appartés riches en sens qui apportent un regard nouveau sur les Chevaliers du Zodiaque, celui à mon sens de la maturité.
 
Couleur et noir & blanc..
 
L'un des principaux reproches que l'on fait, et à raison, à Saint Seiya G, c'est son dessin. Si la chose fut déjà expliquée plus haut, et témoigne du style très particulier de son auteur, je veux ici faire plus spécifiquement référence à la clarté (ou son absence plutôt)  des planches.
Ces dernières sont en effet bordéliques au possible.
Déjà que le style de dessin fait la part belle aux designs étirés et aux angles impossibles, on constate qu'en plus l'abondance de particules, le foisonnement de détails n'arrange pas la lisibilité de la chose.
Ce qui frappe aussi c'est le choix des nuances de gris qui abouti à une absence de contraste totale entre les personnages. Tout dans ce manga est gris clair / gris foncé, à un tel point que les combats deviennent difficiles à suivre, et déjà  qu'ils sont statiques (c'est du Saint Seiya), voilà qu'en plus on ne voit même pas qui place les coups.
 
Mais le plus terrible dans ce triste état de fait, c'est que la cause de ce dessin foutraque est d'une stupidité abyssale et n'est pas vraiment la faute du dessinateur.
Il se trouve qu'en fait, Megumu Okada travaille beaucoup sur ordinateur.
Oui. Pour le Japon, faire de la BD au PC, visiblement  c'est un truc de dingue...
Le bonhomme travaille à l'occidentale avec de la bonne tablette graphique des familles.
Il faut savoir que la colorisation est très rare dans le manga. Sortis de quelques planches introductives, un mangaka n'a pas a maitriser les pinceaux: le dessin demande plutôt une maitrise du découpage pour les trames et de la plume pour le dessin. Si vous ajoutez à cela une armée d'assistants pour faire les arrières-plans (parfois copiés dans des livres d'arrières-plans) ou les persos secondaires, vous voyez que nous sommes bien loin d'un Jean-Luc Masbou en France qui fait toutes ses planches seul et à la gouache...
 
Il y a donc au Japon une sorte de séparation entre l'illustrateur et le dessinateur de manga, là où la frontière est beaucoup moins claire en occident (regardez  le travail d'Olivier Ledroit par exemple, ou même Papayou sur Gameblog, qui dessine en BD tout en ayant fait de la DA de jeu vidéo...)
Pour cette désaffection de la couleur, voyez notamment les premières planches de chaque tome de Billy Bat, de Naoki Urasawa. En couleurs, elles sont absolument ignobles.  Teintes fades pour un rendu que l'on veut rendre réaliste, elles ne font que diluer le trait pourtant plein de force de Urasawa.
Pareil pour les illustrations couleurs de Berserk de Kentaro Miura. Ce dernier parvient par une technique de traits fins, aériens à jouer sur la densité de noir pour donner des dégradés de gris impressionnants. Dès qu'on passe à la couleur, ce trait perd sa puissance car le contraste du trait de base est liquidé par le pigment...
 
Le manga de la vieille garde donc refuse la couleur, car le modèle éditorial ne prévoit pas d'imprimer de la sorte. Or il se trouve que quand un auteur comme Megumu Okada, travaille à la couleur et sait se servir d'un PC, les contraintes de l'édition l'obligent à remiser sa tablette graphique pour revenir à des méthodes de production habituelles !
La chose se démontre aisément. Chaque Saint Seiya débute par huit pages couleurs, avec à chaque fois  quatre pages  dédiés à une fresque montrant le plus souvent une attaque spéciale de Chevalier ou une scène importante de la mythologie de Saint Seiya
 
Je vous laisse juger du travail accompli.
 
 
Voilà, donc le personnage est lisible, les couleurs des armures jouant réellement sur le contraste rend les personnages identifiables, et si comme à son habitude Okada a la main lourde sur les particules en suspension (ca lui vient du visionnage de l'anime je pense)  la chose garde plus de lisibilité que l'intérieur du manga, dont je vous livre un exemple.
 
 
Et donc on ne bite rien à ce qui se  passe...
 
Maintenant rendez-vous compte que tout le manga aurait pu être comme dans la première image, entièrement en couleurs, et qu'au final on se paye la bouillie que vous voyez au-dessus pendant vingt tomes.
 
Et tout ça pourquoi? Parce que le manga est sclérosé dans des habitudes, dans des modèles d'imprimerie qui ne semble donner aucune chance à l'innovation et à la nouveauté.
On aurait pu donner à Okada la chance de faire un manga entièrement en couleur et fait à la tablette comme la plupart des BD et des comics aujourd'hui.  
On aurait pu aussi,  pour Saint Seiya G, donner la possiblité de changer de format (le style de Okada convient plus à un format comics ou A4) et de le publier en couleur. La BD franco-belge avec les tirages de tête est habituée au format inhabituel par exemple, ce n'est donc pas du domaien de l'imposible...
La chose aurait pu donner plus de clarté à l'oeuvre et je pense que l'accueil du public aurait d'ailleurs été différent...
 
Et vous savez ce qui est le plus beau?
C'est que Masami Kurumada, lui, sur son seul nom, va réussi à obtenir une publication entièrement en couleur. Oui, madame.
Saint Seiya Next Dimension est entièrement fait et imprimé  en couleur (ça avait d'ailleurs un peu gueulé au Japon parmi les auteurs) .
Alors vous voulez savoir ce que c'est une planche de Next Dimension? Voilà:
 Donc on compare à nouveau: On permet l'impression en couleur de ça.
 
Quand on refuse l'impression en couleur de ça.
(pour info, cette image est un extrait du combat de Saga alors qu'il réussi à triompher temporairement  de son alter-ego maléfique. Voir le Chevalier des Gémeaux autrement que sous la facette du "méchant" creuse un personnage interessant à peine esquissé dans Saint Seiya . Et Okada nous livre en plus un des combats les plus épique jamais vu dans les Chevaliers du Zodiaque. (Tome 8))
 
Et après ne venez pas me dire qu'il n'y a pas un problème quelque part...
 
Se servant uniquement du prête-nom de Kurumada, on bloque l'avancée artistique du manga (en général) pour donner les opportunités à un homme notoiremment incapable de dessiner, tandis que les jeunes talents ou ceuxq ui ont d'autres façons de travailler, avec leurs défauts il est vrai, sont obligés de subir des contraintes d'un autre âge et les empêchent de donner la pleine mesure de leur talent.
Et se sont ces contraintes qui alourdissent de manière injuste les griefs qui touchent durement Saint Seiya G.
 
 Il y a donc derrière la lecture de Saint Seiya G,  un affreux sentiment d'injustice.
Si il est vrai que le manga est bouffé par des défauts rédhibitoires qui peuvent vraiment rebuter, il n'en reste pas moins une oeuvre sans concessions dans le sens où son auteur s'accomode de contraintes stupides pour se tenir à sa vision de l'oeuvre, ce qui se respecte.
Saint Seiya c'était l'histoire d'un dessinateur, incapable notoire, à qui le destin a refilé l'une des meilleurs idées de manga possible.
Saint Seiya G  c'est l'histoire d'un homme qui n'a pas les épaules nécessaires pour ressusciter Saint Seiya mais qui possède une vraie compréhension de l'univers, une envie de bien faire et qui semble en comprendre toutes les faiblesses.
 
A cause de tout cela, Saint Seiya G  ne laissera pas, je pense, un souvenir impérissable. La chose me laisse une impression mitigée. D'un coté c'est logique, les défauts sont trop nombreux pour être pardonnables. De l'autre, il y une vraie richesse de l'oeuvre avec de bonnes idées mal exploités, et surtout un univers bancal qui empêche de compléter une  mythologie qui a pourtant tout pour elle.
Dois-je vous conseiller de le lire? Non.
J'aurai bien d'autre mangas à proposer avant d'infliger Saint Seiya G. Mais j'espère cependant vous avoir aidé à vous y intéresser.
Il a cependant une place spéciale pour moi, mal fichu, bancal, il n'en reste pas moins que je lui témoigne pour toute cette bonne volonté une affection sans bornes.
 
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BD/Mangas (BD-Manga-Comics)


Au nombre de mes mangas préférés je compte Hellsing de Kohta Hirano. Ayant déjà une prédisposition à bien kiffer ma race les histoires de vampires qui charclent à tout va, je ne pouvais qu'être intéressé par le destin d'Alucard, vampire invulnérable et totipotent (au sens biologique du terme) qui se retrouve soumis et contraint de servir l'organisation Hellsing dans sa lutte contre les créatures de la nuit.

Si le premier anime reste de bonne qualité, il s'éloigne cependant du manga qui est à mon sens une méga-putain de réussite. Kohta Hirano nous livre avec Hellsing une oeuvre complètement barrée, qui va à mille à l'heure, et surtout totalement décomplexée et donc jubilatoire.
Plus que le manga en lui-même, c'est vraiment un coup de coeur pour son mangaka qui assume totalement le coté WTF de ses personnages. Créant des héros et des side-kicks charismatiques poseurs au possible, il redéfinit selon moi l'epicness en manga n'hésitant pas à verser dans les insultes les plus barrés, les situations crades et l'encre qui couvre des pages figurant des hectolitres de sang.


Son trait épais et très affirmé déforme les corps et les proportions pour juste renforcer un effet, un combat, une mort. C'est ce même trait qui donne dans Hellsing un dynamisme ahurissant dans les planches avec des traits de vitesse qui ne semblent pas issues de trames, éloignant vraiment son oeuvre de mangas du même style mais beaucoup plus formaté (Berserk par exemple).
SI je parle autant de l'auteur (pour parler d'un autre manga en plus!), c'est qu'au fil de la lecture de Hellsing, on découvre Hirano. Ce dernier à l'habitude de finir ses tomes dans des postfaces complètement hallucinantes où il nous chante des chansons (oui, à l'écrit), où il fait des commentaires sur des shows télé qu'il a vu, et où il nous balance des caricatures faites à l'arrache avec des commentaires et des références plus WTF les uns que les autres.
Lire Hellsing et ses à-cotés, c'est lire l'oeuvre d'un insoumis, d'un mélange barré d'un otaku-punk qui, sans doute par flemmardise (il s'est qualifié lui-même d'assistant médiocre et paresseux), nous met des titres de chapitres pioché dans sa ludothèque. Ainsi retrouve-t-on Castlevania ou Final Fantasy en titre alors que cela n'a rien à voir avec le chapitre en cours. Quand on le lit, il donne le sentiment de se foutre de tout, ne cherchant aucune consensualité dans son propos. C'est un archétype de l'autiste que peut être un otaku. Il semble nous dire en permanence: "Je fais ce que je veux, vous aimez tant mieux, vous n'aimez pas tant pis... Et je m'en branle en fait."

En ayant cette image du bonhomme, j'ai été vraiment surpris de découvrir au détour d'un rayon le tome 2 de Drifters son dernier manga. Ne me demandez pas comment j'ai pu louper le tome 1. Bref.

Drifters commence en suivant le destin de Toyohisa Shimazu, un samouraï qui participe à la bataille de Sekihagara en 1600. Bataille historique si il en est car elle marque la fin de l'ère Sengoku et le début de l'ère Edo.

Alors que ce dernier se sacrifie pour donner à son oncle la possibilité de fuir, Toyohisa se retrouve projeté devant un guichet administratif (?). Mais il n'aura pas le temps de demander ce qu'il fait là car il est transporté immédiatement dans un autre monde.
Blessé et quasi mourant de sa bataille à Sekihagara, il est recueilli et soigné par deux autres personnages historiques japonais, Nobunaga Oda et Nasu no Yoichi.

 

Nasu                                               Toyohisa. Oda, vous pouvez le voir en couv' du tome 2.

Tous issues de trois époques différentes, ne parlant pas la langue de ce nouveau monde, ils aideront un village d'elfes victime de l'oppression des humains.
Une magicienne locale, Olmine, leur expliquera qu'ils sont des Drifters, des guerriers issus d'un autre monde, "invoqué" pour faire pencher la guerre contre le "Roi Noir" qui possède lui-même ses propres Drifters appelés "Parias".

Le Roi Noir. Vous excuserez le chapitre qui doit être en italien si ne ne m'abuse.

C'est donc dans un univers très proche de la fantasy de Tolkien et de Lodoss (présence d'elfes, d'humains, de nains et de hobbits) que vont se retrouver des guerriers historiques mûs par leurs instincts guerriers sur un échiquier cosmique.
Drifters propose et proposera des duels complétement WTF, dans un espèce de cross-over historique total, avec pour les Drifters nos trois japonais mais aussi Scipion l'Africain et Hannibal dans les rôles de stratège.
Les Parias du Roi Noir, eux se composent de Jeanne d'Arc, transfigurée en pyromane foldingue traumatisée par son bûcher, de Gilles de Rais, d'Anastasia Romanov et de Raspoutine.

Notre Jeanne nationale version badass.

Outre la dimension épique des batailles que préfigure le manga, les personnages ne sont pas en reste et on sens vraiment une oeuvre plus mûre chez Hirano, où chaque personnage, conscient de son importance historique, comprend qu'il est là pour faire ce qu'il fait de mieux: La guerre. Oda est parfait et jubile en tant que stratège militaire et politique, manipulateur de foules et de ses compagnons quand il s'agit de remporter les victoires. Toyohisa est attachant et un peu creepy en chien fou obnubilé par les décapitations et les têtes coupées mais mû par une réelle soif de justice. Des personnages mieux écrits, mais toujours très "mythologiques" et archétypaux (un peu à la Jodorowsky en fait) ce qui renforce un coté shonen vraiment pas dégueu. On peut presque dire que Drifters et Hellsing d'ailleurs, sont plus que des Seinen mais des Shonen pour adultes.

Je vous ai expliquer que Hirano a une manie de placer des références dans ces titres où ses post-faces et Drifters n'est pas en reste. Beaucoup de chapitres sont des titres de chansons dont on se plait à croire qu'ils étaient écoutés pendant que le manga était dessiné. C'est donc un véritable play-list à découvrir en parallèle du manga, avec Marylin Manson, Eastern Youth,  ou du Persona 3 (et d'autres trucs beaucoup moins écoutables ^^)
En outre, le traducteur de Tonkam fait vraiment, de ce que j'en comprends, un excellent travail en agrémentant les références historiques (compréhensibles pour un japonais) de notes de bas de pages pour nous les rendre accessibles.Drifter devient alors au même titre que Shogun 2: Total War un portail sur l'histoire japonaise.

Au final, Drifters est une oeuvre plus mûre, moins folle que Hellsing mais mieux construite avec un univers plus cohérent aussi bien dans la forme que le fond.
Dans la forme car le dessin est moins bordélique, plus délimité avec des décors plus fournis et surtout une vision heroic-fantasy à la japonaise (le coté Lodoss qui ressort) bien rendu.
Dans le fond car le postulat de départ est marrant (un cross-over historique, du Tolkien passé au Tarantino) mais en filigrane apparait une intrigue plus large, une sorte de duel cosmique qui semble sous-tendre une meilleure écriture où du moins une histoire réfléchie (Hellsing, c'était du portnawak).

Bon, bilan: Est-ce que je dois vous en conseiller la lecture? Oui et non en fait. C'est pas un chef d'oeuvre intemporel que l'on présente comme un Miyazaki, avec des phrases toutes faites pleines de petites étoiles et de poésie (genre une critique de Ico, m'voyez? :p). Drifter est un manga viscéral, il ne prend pas aux tripes, non. Mais viscéral dans le sens où c'est d'instinct que l'on sens que ca va nous plaire ou pas.
Si cette critique vous a donnée envie de vous y intéresser, tant mieux, c'était surtout pour moi l'occasion de parler d'un mangaka que j'apprécie beaucoup et que je met au même niveau (même si il est moins connu) que Kentaro Miura, Takeshi Obata ou Yukito Kishiro.

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BD/Mangas (BD-Manga-Comics)

Aujourd'hui, le travail de libraire ressemble furieusement à un Tetris anxiogène où il faut réussir à placer une chute continue de nouveautés dans les rayonnages, pour en faire de jolies lignes qui partiront au pilon une fois la ligne complète.
Mais votre libraire favori trouvera toujours cinq minutes pour absorber un maximum de ces arrivages et vous proposer, au détour d'un petit carton amical, la BD qui sort du lot, celle qui faut lire pour en sortir grandi sur tous les plans.

Je vais donc vous parler des deux BD édités en France d'un auteur que j'ai découvert récemment, Jason Shiga. Auteur de BD américain, il est diplômé de mathématiques à Berkeley. C'est cet esprit logique qu'il exprime dans ses BD dont je vais parler au travers des deux albums qui sont sortis en France.

FLEEP.

Dans cette catégorie de BD que le professionnel averti nous a conseillé (à moi et ma chérie), il y a un petit OVNI qui s'appelle FLEEP.

Déjà le format interpelle: Couverture souple, noire et format à l'italienne (un demi A4, la planche fait 2 lignes). Le bouquin ne paye pas de mine par son épaisseur mais l'enthousiasme du vendeur fait le reste. Ma chérie se spécialisant dans tout ce qui est BD zarb expérimentales, c'est elle qui l'achète (merci mon amour, pour ma part je concentre mes efforts et mes deniers sur la partie mainstream de la BD) (et je la cite car si j'oublie je vais me faire incendier dans ces colonnes).

FLEEP raconte l'histoire d'un homme qui rentre dans une cabine téléphonique. Pour une raison indéterminé (au début du bouquin) il va s'évanouir et se réveiller dans cette même cabine.
Sauf qu'entre-temps, la cabine téléphonique entière est recouverte de béton...
Il s'ensuit alors un huis-clos où notre héros doit tout redécouvrir, son évanouissement l'ayant rendu amnésique.
Que fait-il dans cette cabine? Pourquoi y'a t-il du béton autour? Pourquoi est-ce que les inscriptions autour de lui ont changé de langue? Et plus important encore, comment se sortir d'une cabine téléphonique entièrement recouverte de béton?
Notre personnage va alors se livrer à un exercice de déduction froid et méthodique exceptionnel digne d'un Sherlock Holmes (le vrai, pas ce pantin métrosexuel à effets spéciaux voyants interprété par Benedict Cumberbatch) et démontrer une débrouillardise à faire pâlir un MacGyver.

La sensation de huis-clos est bien rendue, chaque planche se compose de 6 cases rigoureusement identiques dont rien ne dépasse, effet se cumulant bien sûr avec l'unité de lieu et le perpétuel monologue du personnage principal. La BD est à lire pour triper à mort sur ce one-shot diablement efficace, speed, dont on veux voir le dénouement le plus vite possible.
Le style de Shiga est minimaliste mais parfaitement expressif. Des personnages caricaturés, ronds, simples comme les décors tout en noirs, blancs et nuances de gris, mais à la lecture, vous comprendrez je pense qu'il ne faut pas s'attacher au dessin qui n'est que le support du propos.


Si je vous ai donné envie de lire cette BD, on la trouve au éditions Cambourakis, mais si vous maitrisez très bien l'anglais, son auteur a mis la BD en ligne sur son site Internet.

FLEEP


Bookhunter.

Sa deuxième BD se nomme Bookhunter et change radicalement de style.



Fini le huis-clos, et place à l'action trépidante, avec un pitch de départ WTF. Bookhunter se déroule en 1973 et raconte une enquête de l'agent spécial Bay, un flic de bibliothèque chargé de retrouver et d'arrêter par n'importe quels moyens les voleurs de livre.
Si vous ne rendez pas votre bouquin à la biblio municipale, c'est Bay qui viendra le chercher et avec le SWAT!

Après une intro musclée, Bay devra enquêter au coeur de la bibliothèque d'Oakland en Californie: Une Bible de 1838 inestimable aurait été remplacée par un faux.
Epaulé par une équipe d'experts digne de CSI, et ayant a sa disposition tous les moyens possibles, Bay et ses agents vont livrer une enquête réellement passionnante dans ce milieu austère que sont les coulisses d'une bibliothèque municipale.

Toujours avec ce sens de la déduction et de l'enquête froide et méthodique que l'on retrouve dans FLEEP, Shiga nous fait sur-kiffer une fois de plus avec ce pitch un peu dingue, son intrigue policière bien menée et des scènes d'action excellentes avec toujours ce style archi-simple mais soutenue par un cadrage cinématographique bien dynamique. Ce cadre délirant permet de présenter toutes les subtilités de l'organisation d'une bibliothèque et parler de l'histoire du livre, de l'art de la reliure et de la contre-façon de livres rares et de rendre la chose vraiment intéressantes.
Si vous aimez cette BD, vous ne verez plus les bibliothèques comme avant.



Là encore, la BD est en ligne sur le site, mais je recommande vraiment de la lire en VO que si on est parfaitement bilingue. La complexité des termes employés rend possible la compréhension immédiate du propos mais c'est dans toute cette technicité, beaucoup plus compréhensible en VF, que l'on trouve tout le sel de l'enquête, ce qui en décuple d'autant le plaisir que j'ai eu à lire cette BD.

BOOKHUNTER

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BD/Mangas (BD-Manga-Comics)

Mois important pour les lecteurs de BD jap'.
Plus précisément, quatre jours à ne pas rater, à savoir le 1er, 14, 15 et le 20 avril.

Le 1er avril chez Kana.

Avec les créateurs de DeathNote qui reviennent pour le sixième tome de Bakuman.

Les péripéties très instructives de deux jeunes qui veulent percer dans le manga. Par moments un peu trop grandiloquent (faire des tonnes d'epicness quand on pose une trame, c'est limite), il n'en reste pas moins que c'est un manga qui explique vraiment le quotidien d'un mangaka. Le tout avec deux perso principaux excellents tant au design que sur la psychologie.


Le 14 avec deux sorties chez Kurokawa.

La première est vitale, puisqu'il s'agit de l'avant-dernier tome de Full Metal Alchemist!



Vingt-sept tomes pour conclure la série (qui a commencé en France le 08/09/2005... Déja?) et deux animés. Le premier (qui m'a fait découvrir la série sur Canal +, et qui a une VF excellente, c'est important de le souligner) part dans une autre direction et offre une fin qui lui est propre, il se conclu avec l'OAV Conqueror of Shambala.

Le manga prend lui une autre direction avec plus de personnages secondaires. Le second anime, reboot de la série, suit la chronologie du manga. Cet anime est terminé et semble suivre la fin du manga. ANIME QUE JE N'AI PAS VU! Merci d'éviter les spoils, je me garde la fin avec le manga...


L'autre sortie importante de ce jour est le 17ème tome de Saint Seiya: Lost Canvas.

Les sorties s'enchainent à un rythme impressionnant (tous les 2 mois, si je calcule bien), donc bravo à Kurokawa.

Préquelle à nos Chevaliers du Zodiaque, Lost Canvas décrit le combat contre Hadès lors de la précédente guerre. Mlle Shiori TESHIROGI est au dessin, et c'est très bien! On abandonne le trait merdique de Kurumada (désolé).

Des persos beaucoup plus classes et des nouvelles têtes qui complètent la liste de chevaliers et d'armures. Surtout, on reste dans une dynamique shonen, tout en abandonnant (ou édulcorant) la redondance de la narration propre à cette série (les combats sont moins stéréotypés, ouf).
Un meilleur travail sur la mythologie, même si il est difficile d'effacer les contradictions et autres bizarreries propres à la série.
Du tout bon que le fan de CDZ ne manquera pas d'acheter.

Le lendemain, on retourne chez Kana pour...

 

Le créateur de Monster (que vous avez forcément lu) nous pose la suite de sa vision d'Astro. En reprenant l'épisode d'Astro "Le robot le plus fort du monde". On se retrouve avec une subtile enquête où un robot policier (petit clin d'oeil à Asimov) doit élucider les meurtres de robots fameux et très puissants.

Touours nickel au dessin, souvent triste, un excellent manga qui a gagné le prix intergénération à Angoulème.

Une petite semaine plus tard, deux sorties chez Glénat.

La première est le 34ème tome de Berserk.



Si vous ne connaissez pas, vous allez me faire le plaisir de combler cette lacune de suite.
La série avait été stoppé chez Glénat pendant quelques mois, le temps au Japon de prendre de l'avance, je pense.
Depuis pas mal de tomes, Kentaro MIURA abandonne l'aspect ultra-violent de son oeuvre pour se lancer dans une direction plus fantasy. Guts n'est plus seul, un véritable parti d'aventurier l'accompagne et sa quête de vengeance passe au second plan.
Les derniers tomes sont un peu en deçà de ce que l'on peut attendre de MIURA, mais j'ai bon espoir pour qu'il redresse la barre assez rapidement, surtout quand l'action va s'intensifier.


La deuxième sortie est le tome 14 de Gunnm Last Order.



Nouvelle série qui n'en ai pas réellement une puisque Last Order est la suite directe de Gunnm. Pour bien suivre il faut oublier le dernier chapitre du dernier tome de la série classique pour enchainer avec le premier tome de Last Order.
Le dessin est plus "lisse", mais ce n'est pas désagréable. Ce manga a surtout un grand intérêt pour moi car il développe le background de Gunnm, excellent univers de SF comme on en fait plus, c'est à dire un mélange subtil de fantasme et de rigueur scientifique.

Beaucoup de sorties de licences connues donc, et surtout six séries que je vous recommande chaudement si vous ne les avez pas.

Bonne lecture.

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Édito

L'actualité trépidante du jeu vidéo oblige à la plus grande prudence.
Le but de ce blog est donc de proposer à tous les joueurs en quête de la vérité des news de qualité, vérifiées et objectives.
Mais la rigueur de ces articles n'empêche pas néanmoins d'exposer des avis affutés et des critiques constructives qui ne manqueront pas d'élargir l'esprit des gameblogueurs ouverts aux thèses les plus audacieuses.

Si ce blog reste un oasis d'où jailli une source intarrissable de savoir, il n'en reste pas moins un havre accueillant où les sens seront nourris d'illustrations de qualité, bien que portés plutôt sur un look en particulier.

Quand l'actualité (toujours trépidante, rappelons-le) me laissera quelque latitude, je parlerai aussi d'animation et de sujets autrement plus graves comme... Euh... Le jeu vidéo, tiens. Ou les mechas.... (c'est important les mechas, vu les  films de merde qui sortent en ce moment...)

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