Intrigue

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Par Snake_in_a_box Blog créé le 14/12/10 Mis à jour le 18/10/16 à 17h43

Look up at The Sky...
There must be a fantasy.

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Artworks et Mechadesign (Geekerie)

Bon allez, juste au passage, rapidement...

Vous voulez savoir pourquoi faire un reboot Robocop ce n'est pas bien? Oui? Allez, regardez ça déjà.

 

C'est fait?
Bon...

Rassurez-moi, vous avez vu le Robocop de Verhoeven avant? Il vaut mieux pour comprendre où se trouve le problème.

Le souci avec ce nouveau Robocop, c'est que l'équipe qui est en charge de la production le fait par pur appât du gain en surfant sur la mode actuelle du blockbuster, et ce, par manque total de lucidité sur la nature du personnage et surtout de son univers.

Détroit, vrai personnage principal de Robocop.

Le propre de la science-fiction occidentale repose sur la projection possible de notre futur et c'est au coeur de cette porjection que va se cristalliser les craintes et les espoirs dans l'humanité en posant tout un tas d'interrogations sur la place de l'Homme, sa nature, l'évolution de la société... Bref, ce que vous voulez...

A ce titre, Robocop, film de 1987, est particulièrement symptomatique de la vision de la science-fiction de cette époque.

Les années 80 sont en effet une décennie charnière de la SF, puisque c'est pendant cette période que va s'imposer une contre-culture emprunte de pessimisme qui découle de la crise économique, de la crainte nouvelle du SIDA, de la banalisation des drogues dures, de la prise de conscience de la pollution (si vous vous souvenez, on était très "couche d'ozone" à cette époque, aujourd'hui on s'en fout pas mal, on est plus "réchauffement climatique"...)

En dépeignant un Détroit, ville très industrielle des Etats-Unis, comme repère d'une délinquance galopante et ultra-violente, Paul Verhoeven met l'accent sur les affres de la crise économique: chomâge, qui conduit à l'exclusion, à la misère et progressivement à la délinquance.
Avec en toile de fond la désindustrialisation (qui débute pendant cette période), Robocop met en scène l'OCP, conglomérat tout puissant et cynique, parfait reflet des sociétés des années 80 qui découvrent avec bonheur la délocalisation.

Cette avarice nouvelle, qui vise à licencier pour enrichir une minorité, trouve aussi un écho dans la situaiton de Détroit, où le recul des pouvoirs publics conduit l'administraion à se désengager des fonctions régaliennes (police, armée, justice) au profit des initiatives privés par le biais d'appel d'offres. Là encore, on peut faire un parrallèe avec l'Angleterre de Tatcher.

Dans son contexte, son univers, Verhoeven projette dans ce film les craintes d'une époque pour son avenir. Il observe en spectateur la société, ses errements et s'amuse à pousser le curseur à fond pour voir vers quoi nous allons. Sans proposer de solutions, sans faire de morale, le "Hollandais Violent" (j'adore ce surnom) nous montre juste le monde tel qu'il est  et là où il va aller si on continue de la sorte. Le tout bien sûr est emprunt d'une sorte de crainte millénariste. Si les années 50 nous présentaient une S-F propre, bénéfique, aux robots inoffensifs et aux automatisme bienveillants, le contexte des années 80 rappelle que cette horizon de l'an 2000 est bouché et que les jeunes optimistes de naguère sont devenu, pour les trentenaires actuels, les connards qui ont connu le plein emploi et les Trente Glorieuses, tandis que pour nous, on s'interroge sur un possible Creutzfeldt-Jakob à 70 ans...

La ville de Détroit est donc le résultat du processus de cette cristallisation S-F, qui devient le réceptacle de nos craintes actuelles. Les villes sont d'ailleurs souvent dans la science-fiction, le reflet de ces craintes et le socle parfait pour cette projection.

Or, ce que les réalisateurs n'ont à mon sens pas compris, c'est que ce rôle dévolu à la ville, comme "entité" extérieure et menaçante, a profondément été modifié vers le milieu des années 90 et l'est encore plus aujourd'hui.

Si auparavant la ville était lieu de peurs, de saletés, nous sommes obligés aujourd'hui de reconnaitre que les villes actuelles sont des lieux re-adaptés, réappropriés. SI Robocop se fait le porte-parole des villes où les périphériques ravagent la nature dans des tons gris goudrons/ciment, si la voiture est omniprésente pour se déplacer (les transports en commun étant pour les miséreux), aujourd'hui force est de constater que les villes sont reprises en main: Multiplication des zones piétonnes, nouveaux transports en commun, réappropiration des espaces verts... De moins en moins la voiture n'a droit de citer en ville.

Il en ressort que le rapport craintif et ambigu avec la ville est désormais largement battu en brêche dans l'inconscient collectif.
Le premier artisan de cette déconstruction mentale du mythe de la ville est d'ailleurs Neon Genesis Evangelion. Alors que la S-F japonaise avant l'habitude de montrer des villes-monstres tentaculaires et/ou détruites (GitS, BubbleGum Crisis, Akira, PatLabor), Evangelion va montrer la ville de Tokyo-3 comme une défense, un rempart contre une destruction imcompréhensible pour les humains. Lors d'une discussion avec Gendo Ikari, Fuyutsuki expliquera en quoi la ville est une projection de notre recherche de l'Eden perdu dans la Génèse. (y'a matière à faire un nouvel article rien que sur ce sujet d'ailleurs).
Le rôle de la ville, son image, a donc été modifiée au cours des deux dernières décennies. La réappropriation urbaine, le fait que les infrastructures urbaines nous permettent d'utiliser nos téléphones portables et Internet, tout cela concours a créer un écart, que dis-je, un gouffre insurmontable quand on veut adapter Robocop à notre époque.

Le film reposait sur la ville, sur Detroit, sur la saleté, sur une société qui se perd. Or, aujourd'hui, cette image là tend à disparaitre. Non pas que la misère n'existe plus, bien sûr, mais qu'elle est moins visible, éloignée, qu'elle prend de nouvelles formes. Si la vision d'un HLM nous donne de suite  une idée (vraie ou fausse) de ces habitants, voilà qu'aujourd'hui on démoli, on dynamite et on reconstruit avec des lotissements, des immeuibles bas...

Bref, faire Robocop en 2014 c'est lui enlever son terrain de jeux de prédilection, c'est lui retirer son cadre. C'est mettre un personnage qui n'est plus en phase avec notre époque. SI on veut faire un héros justicier, à la Robocop, il faut le recontextualiser par rapport à son temps et non pas rabacher un personnage d'un autre temps, d'une autre génération qui avait des attentes différentes.

 

L'évolution du design de Robocop: de la victime au super-héros.

Ce qui me conduit à commenter les quelques indices, pistes qui semblent ressortir de ce trailer, et qui nous amènera à examiner le mechadesign en détail, qui se revèle très symptomatique de la démarche de l'équipe du nouveau Robocop.

Le titre pose le débat.

Dans le film de Verhoeven, Robocop est une victime. A ce titre, il respecte le schéma classique de tous les héros cybernétisé. Ils le sont de manière involontaire, ils sont les victimes de ce profond changement et en souffrent même si ils ont acquis de nouvelles capacités qu'ils sauront mettre au service de leur cause.

Si le nouveau film semble respecter ce même schéma, on notera une foule de détails qui porte attente à la démarche première du cinéaste hollandais et par la même à l'esprit du personnage.

Souvenez-vous dans le premier Robocop, Murphy est quasiment mort. Par contrat, il a confié son corps à l'OCP qui a la possibilité de le modifier et de se l'approprier.
On retombe dejà dans un premier temps sur le cynisme décrit plus haut. L'OCP et ses cadres, sans égard pour la personne humaine arrache une dépouille à sa famille pour poursuivre un but égoïste de rentabilité.
Ensuite, lors de l'assemblage de Robocop, on a toute une scène où on "voit" à travers les yeux de Murphy. On assiste dasn ses yeux à son "éveil" (ou démarrage pour certains). A ce moment, les ingénieurs et le chef du projet regardent Murphy comme un objet dont on vérfie le fonctionnement. Murphy est chosifié et on est acteur de cette chosificaiton car nous nous trouvons mit dans la tête du policier.  Verhoeven nous invite à vivre par une caméra subjective cette angoissante robotisation forcée.

Elle prend un aspect encore plus grave quand on fixe le casque de Robocop sur son visage. Véritable masque de fer qui chosifie encore plus le personnage car on lui supprime la plus large partie de son identité. Le processus va plus loin quand  Bob Morton, interprété par Miguel Ferrer, va contre l'avis des ingénieurs qui demandaient a ce que l'on garde la seule main encore valide de Murphy. Il exige de remplacer toute la chair possible pour un maximum de métal et de mécanique

Cette réplique appui le propos qui fait de la cybernétisation de Robocop non plus une façon de sauver la vie d'un homme, mais bien de l'instrumentaliser, de le chosifier au maximum. Tout le symbole de ces années 80 où la fin du plein-emploi rend les personnes jetables et corvéables à merci se trouve là...

Ce n'est que très tard dans le film, alors que Murphy est blessé et que Lewis aura réussi à voir au-delà du métal que Robocop otera son casque. Scène forte, où il retire à la visseuse deux bouts de métal de sa tête pour afficher au final un visage humain. L'homme transparait malgré les souffrances, les changements forcés.
Si l'OCP avait tenté de le plier à sa volonté, de tuer ses rêves (au sens propre), de manipuler ses souvenirs, il s'avère qu'au final, l'humanité ne peut jamais être aliénée éternellement, que la conscience, "l'âme", trouve toujours une sortie, une échappatoire malgré les tortures.

Le nouveau Robocop, lui, en montrant surMurphy une main humaine, trahit l'esprit du personnage tel que je l'ai décrit plus haut. La cybernétisation de Murphy ressemble plus a de la charité, à une réparation, qu'a une réelle aliénation et chosification de l'homme, qui est le coeur même du propos du film à la base. SI le trailer semble révéler les problèmes de Murphy avec sa famille, nous avons au final un Robocop qui se souviens de qui il est, de ce qu'il a fait, de sa famille, là où le héros de base est tellement victimisé qu'il ne peut qu'a grand peine se souvenir de sa vie d'antan.

Si on rajoute à cela ce casque amovible qui révèle donc dès le départ le visage de Murphy, nous entrons là, par le biais du mechadesign dans une dynamique qui rappelle la démarche d'un super-héros qui revêt son costume avant de partir en mission.
A ce moment là, on observe de façon limpide la mutation qui transpose Robocop non plus dans la S-F "classique" mais dans les figures iconiques de super-héros.
A ce titre, on se réapproprie le héros pour lui faire un reboot dans la droite ligne de Batman Begins ou Man of Steel. Mais on risque de finir plus proche de Green Lantern, je crois...

Trêve de blagounette Ryan Reynoldesque. La démarche de mechadesign sur Robocop modifie en profondeur l'image de ce personnage, de son objectif, de l'écho qu'il essaye de renvoyer au spectateur.

Robocop est le symbole et la victime d'une société qui se perd, qui perd la valeur de l'humain, d'une société où on fait à

la télévision la publicité d'un coeur artificiel, où les informations distillent des horreurs dans l'indifférence générale.

Robocop n'est pas un redresseur de torts qui arrive sur une monture/moto.

Robocop est le cri d'un homme a qui on a arraché ce qui faisait de lui un humain, qui tente désespérement de reconquérir cette humanité détruite en se rebellant contre ses créateurs qui se sont pris pour Dieu. Robocop ne rend pas la Justice, cette justice de super-héros qui est absolue, transcendante et vraie. Il est un flic qui rend une justice humaine, qui essaye de se débattre pour recréer la société de droit et lutter contre l'état de nature.

 

Robocop a connu deux autres films (bon et mauvais), une série (mauvaise) et un dessin anime (dispensable mais sympa pour les gosses pas regardant).
Si la colère et la crainte devient si forte pour ce film, c'est qu'il essaye de rebooter un personnage iconique d'une époque et qu'il essaye de le déplacer dnas une nouvlele époque qui n'est pas la sienne. Toutes les autres oeuvres liées au personnage  gardaient la "patte" années 80, 90 au pire mais "pré-95
". A ce titre, on pouvait les tolérer même si on faisait du mal au personnage et à l'oeuvre de base.

Mais ce coup-ci, en se présentant comme un nouveau Robocop, avec un tel virage à 90°, on oublie une donnée importante. Oui, il peut être souhaitable et acceptable de faire des reboots mais pas quand les spectateurs de l'époque sont encore jeunes! Une figure iconique doit le rester et rester au temps auquel elle appartient.

SI il doit y avoir une réappropriation, elle ne doit pas être forcée et provoquée pour en faire de l'argent. Il faut d'abord qu'il y ait une vraie démarche d'assimilation pour pouvoir la recontextualiser et ensuite la représenter au public.

Le souci est que Robocop est très connoté par la S-F des années 80, à la différence de Terminator qui a réussi une transition vers les années 90 puis 2000 avec plus ou moins de succès.
Il est dangereux pour l'imaginaire de rabacher sans cesse les réussites d'antan, il est vital se présenter des figures nouvelles, jeunes, que la jeunesse actuelle pourra se réapproprier et ne pas donner aux gosses d'aujourd'hui que de la nostalgie par procuration de héros qui ne leur appartiennent pas.

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Commentaires

Sharn
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Sharn
Ne doit-on pas inscrire ce nouveau Robocop dans le mouvement de transhumanisme?
Critobulle
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Critobulle
Très bon article et comme chacun, je n'arrive pas à comprendre l'utilité de ce remake. Tu l'as dit très justement, Robocop s'inscrit dans une époque, dans un contexte qui était celui des années 80. Je crains que ce remake ne soit finalement qu'une version light, vidée de sa substance et de ce qui fait l'intérêt de Robocop : à savoir tout un fond anxiogène mais tellement bien illustré que même l'enfant que j'étais (j'avais quatre ans la première fois que j'ai vu ce film) parvenait à saisir que Murphy était plus complexe, plus à plaindre, qu'à admirer.

P.Y.T disait, très justement dans un statut de nem, que les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas ceux que nous avons été, et qu'Hollywood devrait plutôt faire fonctionner ses méninges pour créer de nouveaux héros qui seront autant de références à l'avenir que recycler ses anciennes gloires. C'est d'ailleurs pour cela que j'attendais tant Pacific Rim : un nouvel univers, un film qui, bien que nourri de références était supposer ouvrir une nouvelle voie (au final c'était une resucée d'ID4, mais que j'ai quand même trouvé sympa à défaut d'être bon)
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Il a l'air sympa, ce reboot d'Iron Man, mais je préfère quand même Robert Downey Junior.
Karas
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Karas
Voilà, je viens de trouver le point le plus dérangeant pour l'instant : son visage !!! Il se retrouve soufflé par une explosion, mais le staff médical parvient à lui redonner son visage de "bogoss" ?? C'est sûr que ça peut être traumatisant pour le public de voir une gueule cassée/cramée voir même d'affronter l'absence de sourcils sur un visage...

Pour l'instant, je le trouve trop humain et pas assez cyborg, d'où l'impression d'avoir affaire à un justicier qui enfile un costume, plutôt qu'à un mec enclavé dans un amalgame de mécanique et d'électronique.
seblecaribou
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seblecaribou
Je suis très d'accord sur la représentation du mécha et toute cette partie de l'analyse.
inFy
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inFy
Excellent article. Je ne suis pas un expert de Robocop (mais j'ai vu les films, je connais mes classiques).
Reste que ce fut agréable d'aller au-delà de ce que le film m'avait montré étant gosse.

merci ;)
winston
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winston
Un très bon article !
Par contre je rejoins RetroBob au sujet de Detroit. La ville est devenu le cauchemar dépeint dans Robocop (et dans la série). Ton argumentaire sur la ville tient debout, si tu l'applique à une ville moderne française. Pas du tout à une ville US (quartiers résidentiels bunkerisés, anciennes banlieues abandonnées qui deviennent repaire de dealer et/ou de SDF, centres villes/quartiers d'affaires dangereux après fermeture des bureaux.)
Par contre je te rejoins pleinement sur la vision de l'armure. :)
Dans le reboot, les US vont nous vendre leur super-soldier tant fantasmé depuis quelques années.
Karas
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Karas
La démarche lente de Robocop a toujours représenté à mes yeux l'implacabilité de la Justice made in Murphy/Robocop : "Courez tant que vous voulez et aussi loin que vous pourrez, mais de toute façon vous ne m'échapperez pas..."
Les vilains garçons subiront le châtiment de son Auto 9 qui est devenu aussi mythique que le .44 Magnum de Dirty Harry, la Winchester à canon scié de Josh Randallou le Wildey de Paul Kersey..
Image IPB
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
Merci d'avoir complété l'article comme il faut :japh:
chocolat
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chocolat
@Snake:
Oui, en fait, si je ne dis pas de bêtises, ça faisait parti d'un projet global, visant à remaker 3 grands film Verhoeven, Total Recall, Starship Troopers et Robocop!!
Pour ma part, j'étais plutôt heureux à l'annonce du remake de Starship, puisqu'il avait été mentionné le fait d'être vraiment proche du bouquin ( comme est censé l'être le nouveau Total Recall), et faisant apparaitre ce que Verhoeven n'avait pas pu faire à l'époque : Les Scaphandre Auto Propulsés :bave:

Et concernant, ce que tu as écrit, je suis d'accord avec toi, en voulant faire concis, j'ai l'impression de dire l'inverse!
L'un des gros problème de ce nouveau Robocop c'est que cette armure fait trop super Prothèse ou tenue de super héros comme tu le dis. Rien que voir Robocop sauter et ce trouver sur des poutrelles métalliques à 10m de haut... @_____@
L'ancienne, même si elle date des années 80; et tout ce que ça implique en terme de limitation technique, avait une vrai force évocatrice: La démarche très (trop) robotique et le son qui allait avec et qui a marqué tout une génération :bave: Et pourtant, là était tout l'efficacité de ce Cyborg, il est lent, mais d'une efficacité à tout épreuve, et cherchant toujours à respecter les 3 maximes de la Police: Serve, Protect, and defend. C'était la représentation de la justice dans ce qu'elle a de plus "simple" dans un monde qui en est dénué.
Et pourtant au cours du film, on se rend bien compte que ce Robot n'en est vraiment pas un, puisque comme le montre la scène de tir devant les pontes de la police et d l'OCP, Robocop (ou plutôt Murphy) refait tourner son revolver avant de le ranger. Ce qu'il normalement ne devrait pas faire, puisque ça n'est pas dans sa programmation, et ce qui étonne son ancienne coéquipière...
Rien que ça, à une force évocatrice bien plus importante et subtile que de voir un Murphy tentant d'étrangler son concepteur pour comprendre ce qui se passe.
C'est ça le problème de ce genre de Reboot, c'est de ne pas se rendre compte que ce genre de "Blockbuster" de l'époque n'était pas dénué de subtilité, et de sens.
Je veux bien laissé le bénéfice du doute à ce film. Peut être que le montage est fait pour un certain publique qui doit être facilement impressionnable par ce genre de chose... Mais comme me l'a malheureusement montre PR, subtilité, action et message de fond, ne font plus bon ménage aux cinéma Hollywoodien!
Karas
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Karas
La quête de l'identité est pour moi le thème central du film de Verhoeven. La problématique du cyborg et de son ghost est parfaitement posée et trouve sa résolution dans la dernière réplique lancée par Murphy.

Quand je vois dans la BA sa femme le toper pour qu'il aille parler à leur gamin, je me dis que le film semble déjà passer à côté du sujet et que ça va grave puer la guimauve....
Waldotarie
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Waldotarie
Ils auraient pu mettre des danseurs de tectonik à la place.. :genre:
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
Ca manque de punks, exactement! :yes:
RetroBob
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RetroBob
Et puis ça manque de punks!
Et le nouveau Robomachin a une tête de poupon.
Et puis.... oh j'arrête là.... ce film parait vraiment trop naze.....
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
@fremen: Je parles surtout en S-F "visuelle". Je n'ai pas assez de connaissances en romans pour me permettre de trancher sur ce sujet. Je te laisse faire tu en connais plus que moi.

@Waldo: Oui, je présuppose que je parle des centre-villes ceux qui ont maintenant des rues piétonnes et des tramway tous neufs avec du gazon... Après je parle bien d'une image, d'une représentation qui déplace le propos de la S-F pas de faire un lien direct avec la réalité.
Waldotarie
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Waldotarie
Les précurseurs de la problématique écologique apparaissent même avant les années 80 (voir par exemple "La Fin du rêve" de Philip Wylie, 1972), mais ils étaient tout de même à la marge par rapport à l'ensemble de la société.
Aujourd'hui, note société européenne semble tout de même dans son ensemble s'accorder à dire qu'il existe une réelle problématique écologique (ce qui n'est pas forcément le cas du reste du monde malheureusement...)
Waldotarie
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Waldotarie
Superbe article qui démontre toute la futilité de certains remakes, dont l'unique but est d'amasser des billets de banque sans aucune vision artistique ou même simple compréhension de l'oeuvre originale.

Je resterais plus mesuré sur la vision de la ville comme d'un refuge, en opposition à une ville dangereuse et sinistre.
Je pense plutôt que si les centre-villes sont indéniablement proprets, bien desservis, éclairés, et plutôt sécurisants (à l'inverse de la vision de cette époque donc) les banlieues offrent quand à elle un tout autre visage, que ce soit par le biais de grandes barres de HLM naturellement associées à l'insécurité (ce qui n'était pas encore vraiment le cas dans les années 80, rappelons tout de même que ces grands ensembles étaient un progrès social majeur des années 50 aux années 70, leur dégradation progressive ne posant vraiment problème que bien plus tard...) ou encore de pavillons qui s'étendent à l'identique sur des kilomètres, et créent un fort sentiment de vide et de malaise à la nuit tombée. (Une hérésie en terme d'infrastructures et d'entretien, qui pourrait aboutir à des quartiers fantômes dans les décennies à venir comme cela a pu arriver suite à la crise des subprimes... Avec un squattage des plus pauvres qui en découle ! Cette idée était déjà survolée par Simack dans "Demain les Chiens", et on peut tout aussi bien en retrouver l'évocation chez Arcade Fire)

On retrouve l'esprit inverse dans les scénarios catastrophes (films de zombies, postapocalyptiques..) où la mobilité facilité en banlieue offre une plus grande sécurité (relative) que coincé dans le centre. Mais cette dichotomie existe vraiment, et n'était à mon sens pas vraiment présente dans les années 80.
fremen73
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fremen73
Bon article mais je suis pas tout à fait d'accord sur tes datations de projections propres à la SF : la problématique écologique apparaît avant les années 80 (dans Dune par exemple-fin des années 60 il me semble ou encore dans "le troupeau aveugle" de John Brunner...et il y a probablement d'autres exemples que je ne connais pas). Et sur la "réappropriation" des villes, je ne suis pas sûr non plus d'être d'accord tant subsiste des zones de non-droit, en France et ailleurs...mais tu a répondu à ça dans ton précédent commentaire.
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
@Ijitu; Attention, je n'attaque pas la situation actuelle, ni ne la nie. Je ne suis pas aveugle, mais c'est juste que la perception de la ville dans la S-F et que la S-F a changé depuis 20 ans. Et que au lieu d'en faire le réceptacle de nos craintes futures, on a déplacer cette crainte pour la mettre sur les réseaux/Internet aujourd'hui ou a l'échelle du monde en spéculant sur l'aspect écologie. Je décris la transition d'une mode sur vers une autre. Je ne veux pas occulter une réalité sociale actuelle.

@choco: De quoi? Starship Troopers? J'avais pas lu... Non mais oh là, c'est fini les conneries?
ljitu
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ljitu
J'ai trouvé ton article très intéressant et je suis plutôt d'accord avec toi .
Même si tu parles des villes en général , si on revient sur le cas de détroit sa situation actuelle est assez proche de celle du film donc je trouve que le film robocop a toujours une certaine vision qui bien que dépassée en partie reste forte à notre époque.
Enfin pour le design de ce nouveau robocop on dirait plus iron man que robocop.
Il a l'air trop puissant dans le trailer alors que l'ancien était fort mais ça restait plus réaliste .
Snake_in_a_box
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Snake_in_a_box
@chocolat: Le design de base est bon, complètement. Mais on a de très bons illustrateurs, designers qui savent faire évoluer les designs en corrélation avec l'époque, l'esprit plus que la lettre que j'attaque.

@Retrobob: Pardon, cet article a été rushé ce matin, je me suis trompé, je voulais parler que de Robocop 3. Et la situation de Detroit même je ne l'a connais pas assez, ce savait que c'était la dêche mais pas la plus pauvre des E-U merci pour cette précision.
RetroBob
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RetroBob
Article très profond et intéressant que tu te dois de faire tourner dans toutes les boutiques mais je rajouterai trois choses:
-Oh putain! J'ai mal au cul.
Certes il est moins rigide, mais son cosplay en mousse n'est pas crédible pour un sou!
Ensuite la bande-annonce clipesque n'aide pas, mais ça parait typiquement calibré pour les états-unis avec toujours les mêmes dialogues niais et insipides....

-Je dois plus ou moins contredire l'avant-dernier paragraphe de ton premier acte dans le sens où Verhoeven était un visionnaire puisque le Detroit dépeint dans le premier film est à peu de chose près ce qu'il est devenu aujourd'hui: la ville la plus pauvre des Etats-Unis, au plus fort taux de chômage, aux plus grands nombres de buldings abandonnés, sans oubliez la délinquance.
A ce titre, nul besoin pour ce nouveau film d'être visionnaire, juste tourner dans la ville actuelle...

-Robocop 2 est une bonne suite (bien que légèrement inférieure) qui respecte les codes instaurés par Verhoeven.
chocolat
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chocolat
Et pourtant en terme de design pure, cette "armure" est un réussite ( à part la main, et le casque qui bouge).
Elle redonnait une jeunesse à l'ancienne tout en respectant ces codes.
Mais la main droite "humaine" et le casque à Swooosh Style ( vu sur le web, j'ai trouvé ça drôle) transforme l'ancien "cercueil ambulant" en super prothèse...
Et dire qu'ils ont prévu un remake de Starship Troopers en 2015... :wallbash:

Édito

L'actualité trépidante du jeu vidéo oblige à la plus grande prudence.
Le but de ce blog est donc de proposer à tous les joueurs en quête de la vérité des news de qualité, vérifiées et objectives.
Mais la rigueur de ces articles n'empêche pas néanmoins d'exposer des avis affutés et des critiques constructives qui ne manqueront pas d'élargir l'esprit des gameblogueurs ouverts aux thèses le splus audacieuses.

Si ce blog reste un oasis d'où jailli une source intarrissable de savoir, il n'en reste pas moins un havre accueillant où les sens seront nourris d'illustrations de qualité, bien que portés plutôt sur un look en particulier.

Quand l'actualité (toujours trépidante, rappelons-le) me laissera quelque latitude, je parlerai aussi d'animation et de sujets autrement plus graves comme... Euh... Le jeu vidéo, tiens. Ou les mechas.... (c'est important les mechas, vu les  films de merde qui sortent en ce moment...)

Sur ce...

Il faut pardonner à ses ennemis mais pas avant de les avoir vu pendus. (Heinrich Heine)

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