Nouveau chapitre de réflexions foireuses sur le jeu vidéo.
De la relation entre Walker Texas Ranger et les beat'em all: Quand Chuck Norris tatane par paquet de douze.
Que faut-il faire de son dimanche après-midi? Regarder Drucker? Jouer aux abrutissants jeux vidéos?
Malheureux, si vous faites ça, Chuck Norris pourrait en concevoir de l'humeur!
Tous les enfants sages, toutes les mères pieuses et tous les pasteurs méthodistes ne rateraient Walker Texas Ranger pour rien au monde.
Mélange de NRA, de lutte anti-drogue avec du karaté et d'apparitions divines, Walker Texas Ranger est la série la plus Républicaine du monde. Elle qui milite sans vergogne pour la peine de mort, elle montre que les communautés sont plus heureuse quand elles ne sont pas mélangées et que les homosexuels n'existent pas, elle abuse de la country et des fêtes de charité où plein d'enfants blonds et joyeux gambadent dans des ranchs...
Dans Walker, il n'y a que le bien et le mal, aucune possibilité d'être ambigu, ou de se racheter. Et pour illustrer cela, voici les paroles du générique.
In the Eyes of the Ranger, the unsuspecting stranger,
Had better know the truth of wrong from right.
'Cause the eyes of the Ranger are upon you, any wrong you do he's gonna see.
When you're in Texas, look behind you, 'cause thats where the Ranger's gonna be.
Traduction française :
Dans les Yeux du Ranger, l'étranger crédule,
Ferait mieux de savoir la vérité du mal et du bien.
Parce que les yeux du Ranger sont pointés sur vous, chaque erreur faite il le verra.
Quand vous êtes au Texas, regardez derrière vous, car ce sera là que le Ranger se trouvera.
Vu sous cet angle, la démagogie véhiculée par la série a de quoi effrayer. Cependant, il ne faut pas oublier que le héros est Chuck Norris, le même Chuck Norris qui capable de sortir ce genre de répliques http://www.nanarland.com/play_ilsontdit.php?aud=16 . Vous ajoutez à cela toute la surpuissance karaté d’un ex-champion du monde, et vous tenez l'une des séries télé les plus nanar du monde, au 20ème degré involontaire
Maintenant, quel est le rapport avec le jeu vidéo?
J’y viens.
Fan des tatanes de Chuck, je n’ai pas pu m’empêcher de noter une chose. J’ai soudainement compris que Walker Texas Ranger n’était en fait qu’un beat’em all des années 90. Cela se voit par les personnages et par le déroulement des épisodes
Please select a character.
Le casting des héros de Walker rappelle très fortement celui d’un Street of Rage. Pourtant au premier abord quand on regarde Walker et Trivette, on a du mal à voir la similitude avec ce style de jeu vidéos. Cependant, leur égalité en combat n’est pas sans rappeler le premier Street Fighter. Ainsi Walker et Trivette ne sont-ils pas nos Ruy et Ken? Deux perso égaux mais que l’on distingue par la couleur… Quand je vous dit que c'est hyper-Républicain, Walker…
Mais soyons plus pertinent. Vers la fin de la série, deux side-kicks sont rajoutés a ce duo de choc. Il s’agit de Francis Gage et de Sydney Cooke. Nous avons là quatre personnages, qui rappelle les rosters de Street of Rage. Comparons:
Voici une capture du choix de perso dans un Street Of Rage
Quatre perso alignés, une seule femme. On constate aussi quand jouant sur la couleur de peau, on permet de différencier les personnages.
Maintenant photo de Walker: (la conne qui est barrée ne compte pas, hein…)
Vous voyez? Quatre perso là encore, et c'est les photos sont quasi identiques! Avec un tel "casting tatanes", Walker se rapproche très fortement d’un beat’em all. (Je suis encore épaté de voir qu'ils sont rangés dans le même ordre!)
La similitude n’est pas que plastique, elle joue même sur le style de combat des personnages, exactement comme dans un Streets of Rage.
Dans un beat’em all, chaque perso à ses coups et ses techniques propres afin d’apporter de la diversité dans le gameplay. Walker Texas Ranger joue dans le même registre, et au fil des épisodes, on constate que chaque perso a un style de combat propre.
Chuck reste bien sûr le maitre incontesté du karaté, et à ce titre, son coup spécial reste bien sûr son fameux ushiro mawashi geri, le coup de pied retourné qui explose n’importe quel méchant. Il est le perso de base, celui que les débutants prennent car il assure toujours (et comme c’est Chuck, il ne perd jamais). C'est un peu Axel dans Streets of rage
Trivette a un attitude plus boxeur. Souvent opposé à des badass overbuildé, il use plus de techniques de corps à corps.
Sydney est la Blaze du groupe: très rapide, aérienne, elle use de techniques virevoltantes.
Gage, enfin, plus massif que les autres, reçoit aussi plus de coups. Résistant, il nous montre des attaques poings/pieds assez lourdes. C'est l'équivalent de Max dans Streets of Rage.
Voici une vidéo qui illustre parfaitement tout cela.
Cela crève les yeux: Chaque perso, face à son propre boss, déploie son style, typique d’un beat’em all de borne d’arcade.
Et puis des noms comme Walker/Trivette/Sydney/Gage, ça sonne pas mal pour un beat'em all 16 bits...
1.Bar/ 2.Rue/ 3.Hangar/ 4.Villa/ 5.Boss
Passons maintenant à la réalisation des épisodes qui colle parfaitement à nos bons vieux jeux de Megadrive/Supernes
Les méchants dans Walker obéissent à des poncifs typiquement Républicains. Chaque méchant est sectorisé suivant son origine. Ainsi, Walker affronte tour à tour des piliers de bar, des red necks, des bikers, des chinois, des latinos ou des paramilitaires.
Quel rapport avec le beat'em all?
J'ai lu dans un article de lecteur de Gameblog (pardon, j'ai pas la référence), que le bon gamedesign, c'est celui où l'on reconnait instantanément ses ennemis. Avec une identité graphique forte, on sait d'un coup d'oeil qu'un ennemi est plus costaud qu'un autre ou qu'il faut une technique spéciale pur le vaincre. Rien ne saurait être plus vrai dans le jeu vidéo et dans Walker.
Notre série fait exactement la même chose. On obéit à une hiérarchie, que dis-je, un rituel digne d'un Sentaï.
Un épisode respecte les règles suivantes: Phase d’enquête dans un bar, où des piliers de bar se mettent à se jeter sur Walker. Exactement comme le niveau 1 de Streets of rage 2: le pilier de bar, c'est l'ennemi de base de Walker, pas costaud, il s'en débarrasse avec un combo simple.
Puis viens l'enquête dans un hangar glauque où l'on trouve soit des Bikers, soit des Red Necks, plus difficile à battre et souvent costaud. C'est la deuxième catégorie d'ennemis. Ils ressemblent à ces ennemis qui sont des mid-boss dans les premiers niveau, puis que l'on prend par paquet de quinze au niveau 20.
Cette vidéo est la parfaite illustration de l'enquête dans des hangars, avec des mid-boss Red Neck.
Viens ensuite l'attaque de la tanière du méchant: C'est la troisième phase. Ici on rencontre, l'ultime catégorie, il s'agit soit des Triades chinoises, des Cartel sud-américains ou des para-militaires fachos.
Les Chinois savent bien sûr faire du kung-fu, c'est logique, on est dans WTR. Plus difficile à battre, ils existent aussi dans tout bon beat'em all. En effet, il y a toujours quelques ninja bondissants difficiles à saisir. (cf Double Dragon). D'ailleurs, ils se trouvent souvent dans des niveaux aux inspirations de temple chinois. Walker fait pareil, mais c'est soit un restaurant, soit la villa d'un riche trafiquant des Triades.
Les Sud-américains, eux, utilisent souvent des couteaux et compensent l'absence d'art martial millénaire par de l'armement.
Enfin, le para-militaire, c'est la bête noire de Walker, car ils maîtrisent à la fois le corps à corps et les armes.
Il y a dans Walker Texas Ranger la montée en puissance des ennemis. On commence toujours par des sbires qui se battent facilement, puis on passe à la catégorie plus résistante, jusqu'au boss de fin.
Le beat'em all fonctionne de la même manière, au fur et à mesure des niveaux, les ennemis deviennent plus nombreux, plus coriaces par l'augmentation des HP et bénéficient d'armement.
Maintenant, pour rester sur les ennemis et les niveaux, il est intéressant de noter que même la mise en scène des combats est similaire entre Walker et les beat'em all.
Regardez cette vidéo:
Vous aurez noté que l'on respecte les codes du beat'em all à 100%! Les personnages entrent dans le niveau, les ennemis jaillissent d'un porte (on nen sait même pas pourquoi) comme c'est le cas ici. Il s'agit en plus de piliers de bar, l'ennemi de base.
Le cadre est identique. Walker n'hésite pas aussi à user des éléments du décor, ici une poubelle, chose que l'on retrouve aussi dans Streets of Rage avec les mêmes objets. A savoir les tables et les poubelles.
Pour ce qui est des décors et des niveaux, là encore le parallèle est flagrant. Phase d'enquête dans un bar (premier niveau), puis souvent un combat dans la rue, enchaîné avec un combat dans un hangar, le tout se finissant dans le repaire du méchant, avec baston générale et affrontement entre Walker et le boss de fin qui accepte toujours de se battre à mains nues... Ce genre de progression étant typiquement celle de Streets of Rage ou de Double Dragon.
Une autre particularité de nombreux de beat’em all est celle de fournir des objets épars pour permettre au joueur de s’en saisir et d’améliorer le panel de coups. Barre, épée, couteau et même dynamite. De nouveau, Chuck Norris reprend ce code. Pour illustrer, petite vidéo:
Notez comment à 2:18, Chuck prend une barre de fer pour se défendre, nous sommes là en plein Double Dragon. Encore une flagrante similitude avec les jeux vidéos. Chuck en profite d'ailleurs pour user de son coup spécial, le ushiro mawashi geri, qui tatane son adversaire.
Et évidemment, tout au bout de la villa luxueuse du trafiquant de drogue, se terre le funeste boss de fin. Il cherche toujours à défaire Walker au corps à corps mais même si notre Ranger irlando-cherokee se prend quelque baffes, il finira toujours par triompher, comme dans tout bon jeu vidéo qui se respecte. De même, il est intéressant de noter comment Walker utilise la force pour faire respecter, sans jamais avoir recours à des commissions rogatoires ou à des mandats... Bel exemple de self-justice, qui est aussi l'un des propos de Streets of Rage...
J'espère vous avoir démontré que Walker Texas Ranger reprend en fait tout ses codes du beat'em all, et cela quasiment s'en rien y toucher. Là où les développeurs bataillent pour adapter des films d'action en jeu vidéo, ils pourraient regarder du coté d'une série où tout est déjà prêt pour un jeu...
Néanmoins, ce qui me fait le plus rire, c'est que Chuck Norris est un fervent Républicain, ces mêmes Républicains qui sont les premiers, lors de meetings surchauffés, à vouloir bannir les jeux vidéos avec la Bible et la Croix. Encore une fois, si le jeu vidéo véhicule la violence, je note qu'une série aussi pure et bien pensante que Walker reproduit exactement les mêmes caractéristiques de violence.
Et enfin n'oublions pas qui est Chuck Norris en concluant que...
-Chuck Norris ne se mouille pas, c'est l'eau qui se Chuck Norris.
-Dans une pièce normale, il y a en moyenne 1242 objets avec lesquels Chuck Norris peut vous tuer, en incluant la pièce elle même.
-Chuck Norris sait parler le braille.
-Chuck Norris peut encercler ses ennemis. Tout seul.
-Chuck Norris a fini Super Mario Bros sans sauter.
-Chuck Norris aime la vie. Une chance pour elle.
-Un aigle peut lire un journal à 1400 mètres de distance. Chuck Norris peut tourner la page.
-Parmi les accessoires du couteau suisse de Chuck Norris, il y a Mac Gyver.
-Chuck Norris a finit Pokemon sans AUCUN pokemon. Chuck Norris n'a besoin de personne.
-Si Chuck Norris se prend une balle, c'est la balle qui meurt.
J'ai bien aimé l'article, mais on va dire que ce genre de structure de beat'em all, c'est commun à tous les films d'arts martiaux de merde ! D'abord des sbires qui giclent avec une baffe, puis à la fin le boss qui prend 32 coups de poing sans saigner !
Oui bien sur, mais je trouve que pour cette série là, ca marche mieux.
Un épisode suit presque la totalité d'un streets of rage, et le coup des persos qui sont presque jumeaux, c'est pas mal quand meme...
Mais j'ai un édito dis-donc... Et je ne m'en sers même pas. C'te honte. Allez, on répare ça vite fait.
Ce blog, baptisé Intrigue en hommage à Final Fantasy IX, sera, tu t'en doute un petit peu, toi gamebloggeur, lecteur (je t'aime déjà), l'endroit où je parle de ce qui me passe par la tête. Ainsi, on y trouve quelques chroniques sur des animes, des mangas (mais quelle originalité). De temps en temps on y parle jeu vidéo (chose encore plus gue-din).
Cependant, cet espace personnel essaye de se démarquer avec quelques séries d'articles spécifiques. Ayant un vif intérêt pour le mechadesign et les bidules avec des boulons, j'essaye de joindre ce goût avec mes articles sur les "Armes emblématiques du jeu vidéo" où je tente de présenter les differents gameplay mettant en scène des armes (jeux ô combien nombreux) en les mettant en relation avec le fonctionnement réel de ces armes. Tout aussi technique est ma série d'articles sur les "Mechadesigns" où il est question d'analyser les designs de divers animes et de juger leur pertinence, leur orignalité.
Plusieurs autres articles parlent de ésotérisme/symbolisme et de jeu vidéo, le reste étant un melting-pot de trouvailles d'Internet, d'images sympatoches et d'articles écrit sur des coups de têtes.
Enfin, ma série d'articles principale, "Quelques gothic lolitas" est une ode à cette mode venue du Japon et qui, par son esthétique, sa recherche fait tellement plus pour le bon goût et la sophistication que les bottes blanches à talon portées sur un jean slim (avec plein de cellulite dans le slim^^.)
Sur ce...
Bienvenue. Entrez de votre plein gré et laissez ici un peu de la joie que vous apportez... (Bram Stocker. Dr acula)
07/02/2011, 11:36
07/02/2011, 11:40
Un épisode suit presque la totalité d'un streets of rage, et le coup des persos qui sont presque jumeaux, c'est pas mal quand meme...