Indianagilles et les chroniques d'un gamer ni trop jeune, ni trop vieux

Indianagilles et les chroniques d'un gamer ni trop jeune, ni trop vieux

Par Indianagilles Blog créé le 05/01/11 Mis à jour le 20/11/17 à 15h50

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Retro Tests (Jeu vidéo)


Lorsque The Secret of Monkey Island est sorti en 1990, bien peu auraient pensé qu'il deviendrait l'un des plus grand classiques de tous les temps et qu'il continuerait d'émerveiller les joueurs, plus de vingt ans après sa sortie. Afin de consolider le mythe, 4 suites lui emboitère le pas en 1992, 1997, 2000 et 2009. Et si l'on excepte le 4eme épisode, mi-figue mi-raisin, ce furent des réussites incontestables, apportant à chaque fois leur pierre à l'édifice Monkey Island.

Le début d'une grande aventure

Le jeu se déroule à la grande époque des flibustiers et nous propose d'incarner un personnage au nom aussi ridicule qu'imprononçable : Guybrush Threepwood. Ce jeune homme plein de fougue et à moitié crétin ne rêve que de devenir un pirate. Pour se faire, il se rend sur une île perdue au plus profond des Caraïbes, l'île de Mêlée, repaire des pires crapules vivant sur terre et surtout sur mer. Pour devenir pirate, pas besoin de faire de longues études puisqu'il suffit de passer trois épreuves. Mais alors que Guybrush se démène corps et âme pour atteindre son but, un monstrueux personnage nommé LeChuck trame d'effroyables desseins, un redoutable pirate dont la plus grande particularité est d'être... mort depuis bien longtemps. Manque de bol, il est tombé amoureux de la femme qui vous fait également tourner la tête, le Gouverneur de l'île de Mêlée, la belle et fougeuse Elaine Marley. C'est le début d'une grande aventure qui commence.

Monkey Island est un jeu "d'aventure", ce qu'on appelle communément aujourd'hui avec moins de glamour "un point and click". Ce type de jeux était à l'époque considéré comme de véritables blockbusters et aura fait le bonheur de tous les joueurs dans la première partie des années 90. L'éditeur Lucasarts, la boite de jeux-vidéo de George Lucas, était l'un des maîtres en la matière à cette superbe époque où les adaptations de Star Wars se comptaient encore sur les doigts de la main. C'était le bon temps comme dirait l'autre.

On retrouve ici la célèbre interface Scumm : on clique sur l'un des verbes en bas de l'écran (parler, prendre, tirer, pousser...) puis on clique sur l'écran du jeu lui-même. Pour donner un exemple tout bête : on clique sur le verbe « ouvrir » puis on clique sur une porte.

Le jeu est découpé en quatre parties assez inégales dans leur durée. La difficulté du jeu est plutôt bien équilibrée mais il faudra parfois faire preuve de ténacité devant certaines énigmes relativement tordues.

Le jeu datant de 1990, les graphismes sont forcément dépassés mais restent tout à fait dignes. On est quand même loin de l'austérité d'un Pac Man ou d'un Space Invader. Le tout reste joli à voir et seul les indécrottables assoiffés de technologies modernes y trouveront à redire. De plus, les décors entre chaque partie du jeu sont très variés : on passe d'une ville en pleine nuit à une forêt, un palais, un bateau, une île déserte en plein jour, une jungle, des cavernes... Plus on y joue, plus on trouve la direction artistique assez formidable en fait.

Vous voyez bien qu'il existe !

Le son et la musique font à leur tour dignement leur travail. Surtout la musique car les bruitages sont, comme souvent dans ce genre de jeu à l'époque, assez peu nombreux et minimalistes. A peine entend-t-on une porte qui s'ouvre, quelques grillons dans la forêt, une marmite qui boue... Par contre, de splendides mélodies vous accompagnent la plupart du temps et si vous jouez à la version CD, la version classique la plus répandue désormais, vous aurez droit à des pistes remastérisées. La musique d'introduction est, il faut l'avouer, toujours des plus marquantes. Elle sera d'ailleurs reprise dans toutes les suites en compagnie de certaines autres aux thèmes importants comme celle de LeChuck (c'est un peu « La Marche Impériale » de Monkey Island) ou encore celle de Stan, le vendeur de bateaux d'occases tout neufs. Si elles n'atteignent pas encore la qualité de celle du second opus ou encore la perfection de celle du troisième, elles font plus que dignement leur devoir et sauront mettre en valeur un jeu malheureusement muet. Car aucun dialogue ne fut doublé avant l'arrivé du 3eme épisode. Dommage de n'avoir pas profité un petit peu plus du support CD. Pour entendre enfin la voix de Guybrush parler durant les deux premiers épisodes, il faudra attendre la sortie 2009 et 2010, années où sont sorti les versions remasterisées. Dommage que les voix ne soit qu'en anglais et, à titre personnel je les trouve assez fades. Difficile d'oublier la merveilleuse VF de Monkey Island 3 avec notamment la voix de Paolo "Aladdin" Domingo sur Guybrush Threepwood.

Pas de quoi faire la tête

L'histoire du jeu est assez simple mais l'intérêt principal n'est pas vraiment son scénario. En  réalité, tout ceci serait bien ennuyeux si les personnages qui peuplent l'univers de Monkey Island n'étaient pas aussi drôles que décalés. Le jeu est une petite perle d'humour et les vrais fous rires ne manquent pas. Les dialogues et les situations sont uniques. Guybrush devra trouver un moyen de passer des caniches piranha venimeux, défier des pirates en combats d'insultes, se transformer en homme canon... Et comme notre héro ne peut pas mourir (à une exception près mais il faut vraiment le vouloir), le plus grand plaisir sera de faire le plus grand nombre de choses stupides, juste pour voir quelle sera la réaction des personnages.

Quand je vous disais que ce jeu était canon !

 

Plusieurs parties ne seront d'ailleurs pas de trop pour y déceler tous les secrets du jeu, et je ne fais pas seulement allusion à celui de l'île aux singes. Sans compter les nombreux anachronismes volontaires et les clins d’½il de l'univers Lucas parsemés par-ci par-là durant toute l'aventure.

The Secret of Monkey Island c' est de l'or en barre, un titre sacré et jouissif jusqu'à la dernière seconde. Ceux qui se laissent rebuter par son aspect technique obsolète manqueront tout simplement l'une des plus remarquables aventures de l'histoire du jeu. A moins de détester le genre ou d'être totalement allergique aux jeux vidéo (et encore, Monkey Island pourrait vous guérir de cette tare), il vous juste interdit de ne pas vous lancer dans un tel chef d’½uvre. Surtout que désormais, vous avez la possibilité d'y jouer plus facilement grâce aux remakes des deux premiers épisodes sortis sur PC, 360 et PS3. Ces versions n'ont sans doute pas tout à fait le charme des originaux mais elles permettent aux plus rebutés par l'aspect "vieillot" des originaux de s'y lancer plus facilement. D'autant plus que vous pourrez toujours repasser aux anciennes versions si vous le désirez (attention : les textes seront alors uniquement en anglais). Bref, partez vite à l'assaut de ce classique intemporel, vous ne le regretterez pas.

   

 

 

 

Grand fan devant l'éternel, j'ai écrit une adaptation en roman de ce premier épisode au début des années 2000. Cette adaptation n'est pas passée loin d'être publiée officiellement, ce qui aurait été un grand honneur pour moi. Je l'ai rendue publique il y a quelques années avec, j'en suis heureux, un joli succès critique. Nul n'est plus difficile à convaincre qu'un fan pur et dur, c'est dire si j'en suis heureux. Mais il est vrai aussi qu'il y a une dizaine d'années, les gens étaient sans doute moins critiques qu'aujourd'hui.

Vous pouvez retrouver cette adaptation et la télécharger ici : http://livres.abandonware-france.org/

N'hésitez pas à me laisser quelques messages ici pour me dire ce que vous en avez pensé.

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Commentaires

KingTeDdY
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KingTeDdY

C'est sûr qu'il ne devait pas voir ça tous les jours! :P

Indianagilles
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Indianagilles
Il n'y a d'ailleurs pas que le net qui est petit : bien des années plus tard, je travaillais dans ma boutique de jeu et un gars est venu m'en parler, ignorant que j'en étais l'auteur. Ce jour là, j'ai signé, un peu gêné, ma première et dernière dédicace. Mon collègue de travail a halluciné. :D
Indianagilles
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Indianagilles
Heureux de voir que quelqu'un s'en souvient encore ^^
KingTeDdY
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KingTeDdY
Ah donc c'est toi l'auteur de la novelisation! Internet est petit!

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