Indianagilles et les chroniques d'un gamer ni trop jeune, ni trop vieux

Indianagilles et les chroniques d'un gamer ni trop jeune, ni trop vieux

Par Indianagilles Blog créé le 05/01/11 Mis à jour le 25/02/17 à 17h26

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Retro Tests (Jeu vidéo)

 

  

Ce test a été réalisé pour le troisième numéro du magazine Zero Yen (Tout le Japon pour pas un rond).

 

Lorsqu’on pense à la console Neo-Geo, celle qu’on appelait jadis la Rolls Royce des consoles, deux choses viennent à l’esprit. La première, le prix prohibitif de ses  jeux, aussi grand que la taille de ses cartouches. La seconde, c’est la baston. Si Street Fighter régnait en maître, l’éditeur SNK fut le seul à pouvoir supporter la comparaison. Après avoir tâtonné sur des titres comme Fatal Fury ou Art of Fighting, une nouvelle école sera instaurée avec la série des King of Fighters (dont l’excellent 13eme épisode vient juste de sortir). Pourtant… 

 

L’apolcalypse maintenant

Dans Nam 1975, le joueur incarne un vétéran du Vietnam que l’on rappelle pour exécuter une mission ultra secrète. Comme vous l’avez brillamment deviné, nous sommes en 1975, soit à la fin de la terrible guerre du Vietnam. Les troupes américaines se retirent et notre héros torturé se demande pour quel raison il doit revenir mettre les pieds dans ce fichu merdier. La réponse est simple, soldat : le Docteur R. Muckly, ancien scientifique à la solde des USA, vient d’être kidnappé et il est retenu au nord du pays. Voilà toutes les infos que l’état major peut divulguer. Le reste est Top Secret. Maintenant rompez et allez me chercher un café. Avec deux sucres.

 

Les deux caballeros

Le titre de SNK s’inspire du jeu Cabal, glorieux hit de l’arcade signé Taito en 1988. Impossible de nier la parenté tant l’apparence et le système de jeu y font irrémédiablement penser. Mais deux ans plus tard, SNK ne s’est pas contenté de faire un bête copié/collé, Nam 1975 allant bien au-delà de son pas si vieil ancêtre.

Désolé... J'ai pété.

 

Au premier regard, la formule ne semble pas tellement chamboulée : on dirige un béret vert (tout vert) au nom de code Silver, qui dézingue des ennemis à tout va. Ses seules armes ? Son fusil d’assaut et quelques grenades.Soldats, tanks, hélicos, sous-marins… rien ne lui résiste, Rambo à côté c’est de la pisse de chat. Comme dans Cabal, on y voit le personnage qu’on déplace simultanément avec le viseur de son arme. Et comme dans Cabal, on peut y jouer à deux. Car si Rambo avait le Colonel, notre soldat a lui un béret vert… euh bleu au nom de code… euh Brown. Avec son uniforme bien flashy, au moins, les ennemis le prendront pour cible. Après tout, ça sert aussi à ça les amis.

Mais alors quelle différence avec le titre de Taito ? C’est simple : cette fois il ne s’agit pas de niveaux à écrans fixes mais de niveaux à scrolling horizontaux. La progression s’avère ainsi bien plus variée et le gameplay bien plus intéressant.

 

Voyage au bout de l’enfer

Si nos G.I. débarquent au sud du pays, ils ne leur faudra pas plus de six niveaux pour remonter jusqu’à la base secrète des mécréants ayant kidnappé le vieux Docteur. A propos de ce dernier, il semble avoir un lien de parenté avec le célèbre Docteur Robotnik de la saga Sonic… Le jeu se boucle donc en une petite heure maxi, ce qui semble un peu court comme ça mais n’oubliez pas que l’on est dans un jeu d’arcade. Puis, encore faut-il en voir le bout…  Car comme tout jeu d’Arcade qui se respecte, la difficulté est au rendez-vous. Cela dit, avec un peu d’entraînement, on s’améliore rapidement et le jeu s’avère loin d’être insurmontable.

Le moins que l’on puisse dire c’est que SNK a tout fait pour nous dépayser. Aucun niveau ne ressemble à un autre. Dans le premier, notre soldat traversera une forêt en voguant sur une péniche. Dans le second, il lui faudra traverser une ville en ruine. Le niveau trois, sans doute le plus original, se déroulera dans les airs, à bord d’un avion cargo. Le quatrième sera plus terre-à-terre bien qu’il s’agira de traverser cette fois un aéroport ennemi. Le cinquième niveau conduira notre soldat dans une usine chimique. Quant au dernier, ce sera une nouvelle randonnée en forêt mais cette fois à pieds et au clair de lune.

Viens me le dire de profil si tu l'oses !

 

Chaque tableau se terminera sur un inévitable boss de fin, surarmé et pas content. Sur ce point aussi, la variété est de mise. De chaires ou de métal, nos adversaires  ne sont pas là pour rigoler. Mais ce n’est pas tout ! Une alerte pourra se déclencher aléatoirement entre les niveaux, forçant notre soldat à affronter un boss supplémentaire ! Au mieux, il permettra d’améliorer son score. Au pire, de faire perdre quelques précieuses vies. A la guerre comme à la guerre, comme on dit.

Il faut savoir que le boss final est un peu spécial. Notre soldat écolo ne disposera que de son crédit en cours afin de le battre. Il faut espérer y arriver avec le plus de vies possible car sinon c’est le Game Over direct et l’on est bon pour tout recommencer à zéro ! Voilà pour une bonne pression supplémentaire et c’est pas une Heineken…

Un uniforme complètement métallique

Le gameplay, à la fois simple et rudement bien calibré, rend les parties rapidement jouissives à souhait. Seuls trois boutons sont utilisés. Ne croyez pas que le quatrième a déserté, c’est juste qu’il n’en fallait pas plus pour exterminer nos adversaires. Le premier permet de mitrailler à tout va, le second de balancer de bonnes grosses grenades et le troisième a un double usage puisqu’il permet à la fois de courir mais aussi de faire de superbes roulades salvatrices.

Si le fusil d’assaut propose des munitions illimitées, les grenades elles sont en nombre limitées. Fort heureusement, on peut en récupérer en tirant sur nos vils adversaires. Parfois, ces derniers laisseront même  tomber des items encore plus intéressants telles qu’une mitraillette lourde, un lance-flamme ou même un lance-roquettes. Ces engins de mort remplaceront temporairement notre arme principale mais cette fois les munitions seront limitées. Ben oui, on est au Vietnam ici, pas au club Med. C’est pas la fête du slip non plus. Pfff…

Toi, t'es pas du genre à faire la vaisselle.

 

Si vous êtes sages, il y aura peut-être même quelques grenades à fragmentation, bien pratiques pour faire voler en éclat des ennemis bien dispersés. Et pour palier à la solitude du soldat, vous aurez même la possibilité de libérer une belle petite blonde en jupe moulante qui vous prêtera main forte en tirant aléatoirement de droite à gauche. Elle est blonde aussi, faut pas trop lui en demander. D’ailleurs, que vient foutre une blonde au Vietnam ? Encore une qui sait pas lire une carte routière.

Au pire, les ennemis ne lâcheront que quelques points bonus. Ne les négligez pas, ils vous permettront d’obtenir des vies supplémentaires et ça c’est chouette. Puis le scoring reste quand même l’objectif suprême d’un jeu d’Arcade. Quitte à entrer dans le High Score aux côtés du célèbre joueur « AAA » autant faire ça avec brio. Avec brio ? C’est une expression.

Quelle est donc la différence entre le bon et le mauvais soldat ? Le mauvais soldat ne sait que tirer sur tout ce qui bouge. Il aime ça en plus le bougre. Son kiff à lui c’est les pleurs, les cris, le sang… Après tout, pour d’autres c’est Yvette Horneur. A chacun ses valeurs. Le bon soldat lui, sait également esquiver les tirs de ses adversaires. C’est là que le troisième bouton entre en jeu. La course est bien pratique pour rendre honneur au célèbre « courage fuyons ». Mais elle ne pourra sauver la vie de notre héros s’il se prend une bonne bastos orange dans la caboche. La roulade par-contre, c’est bien connu, permettra non seulement d’esquiver les balles, mais aussi de s’en manger quelques-unes sans mourir ! Attention néanmoins car contrairement à la course, une fois la roulade lancée, on ne peut l’interrompre instantanément. La maîtrise de cette technique requiert donc un timing très précis tant elle rend notre soldat vulnérable lors de sa réception. Le c½ur du gameplay est là et c’est cette fameuse maîtrise du troisième bouton qui vous différenciera du trouffion de base.

 

Rambobine

Si ce Nam 1975 n’est pas techniquement le jeu le plus impressionnant de la Neo-Geo, il n’en est pas moins visuellement fort séduisant. Coloré à souhait et bourré de petits détails, le jeu a très bien vieilli et se laisse regarder sans déplaisir. On appréciera également les écrans de transitions, la plupart inspirés de plans de films de guerre comme Apocalypse Now et Full Metal Jacket. De plus la narration du jeu est composée de voix digitalisées en anglais, ce qui était très rare pour l’époque. Bien que parfois surjouées, elles sont plutôt réussies et participe grandement à l’atmosphère. Les musiques elles enfoncent le clou et s’avèrent inoubliables. Mention spéciale pour celle de l’incroyable troisième niveau qui aura marqué plus d’un joueur.

J'ai glissé chef !

 

Au final, Nam 1975 est un ovni dans la ludothèque de la Neo-Geo et en ce qui me concerne l’un de ses tous meilleurs titres. S’il est court, son immense rejouabilité et la possibilité d’y jouer à deux  en décuple sa durée de vie. Et si ce titre est méconnu, c’est avant tout car il n’a été adapté sur aucune autre machine de salon que la ruineuse Neo-Geo à l’exception de la Neo-Geo CD, bien des années plus tard. Aujourd’hui, ces deux versions se vendent à un prix très raisonnable. Tout chanceux qui possède l’une des machines de SNK se doit de le posséder et surtout d’y jouer de toute urgence.

Malheureusement, le titre ne connut aucune suite et bien peu de jeux s’en inspirèrent. Mêmes les pourtant très bons Blood Bros et Pirates, se contentèrent de cloner Cabal, en y changeant juste l’univers mais sans y apporter de véritable valeur ajoutée. Nam 1975, en ayant grandement amélioré son illustre modèle devint de ce fait, et peut-être aussi faute de descendant véritable, le meilleur fleuron du genre.

T'aurais pas joué dans un Kubrick, toi ?

 

Voir aussi

Jeux : 
NAM-1975, NAM-1975 (NeoGeo)
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