Où
suis-je ?
Dans ta conscience
tourmentée.

C’est quoi
ces ectoplasmes…
Des âmes punies par ta vengeance aveugle qui
picorent les restes de ton angélisme.
…qui
trainent comme des sales rats.
Ils sont tes erreurs,
V.

Je me rappelle
être retourné à la planque après la punition du petit jeune …So me faisait la
gueule…s’installa entre nous un silence de mort qu’aurait apprécié un gardien
de cimetière. Nous nous sommes couchés comme deux étrangers…C’est ça, je
dors…Quel rêve de merde ! Depuis quand je ne rêve plus de nous, mon
amour ?
Tu continues à ignorer les questions que tu
dois te poser. .. Tu as oublié qui tu es vraiment.
Putain, qui est l’impoli qui s’invite dans mes pensées sans
ma permission ? Attends que je te trouve, ça va barder !

C’est ça V, cours me rejoindre, tu as tant
de choses à comprendre.
Toi, tu n’as
pas compris que je ne voulais pas t’entendre !
*Bruit de fracas de porte*

Eh, je te connais toi ! Pas la première fois que je te
croise.

Nous te surveillons
V !

Nous ?
Qui nous? Qui es-tu ?
Tu es en mission V, mais pas celle que tu crois,
pas ta vengeance personnelle. Tu es en mission pour le Seigneur.
Je ris. Ah
non pitié, pas de ça ici !
Ris autant que tu veux, mais n’as-tu pas
remarqué que tu « t’humainisais » ?
Humai…
quoi ?
Tu ne peux nier
devenir de plus en plus faible, saigner, cicatriser moins vite, souffrir plus,
accentuer ton émotivité, perte de ton passé…

Euh…
… tout ça, tu le dois à ton amour pour
Hermeline.
L’amour me
ferait du mal ?
L'amour n’est
qu’un fardeau d’humain. Là-haut, la conception de ce que tu appelles l’amour
est une ivresse spirituelle, une harmonie des âmes. Pour les humains, l’amour a
ses limites. Il est galvaudé, ce n’est même plus une croyance forte, juste des
maux qui les persécutent, des mots qui s’envolent, des actes vite oubliés. Ils
disent aimer, mais ne font pas le sacrifice nécessaire de le mener à son
paroxysme… par peur !
Eh ! Ne
me mets pas dans le même sac que les autres. Mon amour pour Hermeline, est un
sacrifice quotidien, un châtiment suprême.
Ton baratin ne convainc que toi. Tu ne sais
déjà plus à quel saint te vouer…Tu es dans un tourment d’homme.
Ne me juge
pas, coupe affreuse ! Dis-moi, de quelle mission tu parlais tout à
l’heure ?
Tu fais partie des Anges Vengeurs, armée
secrète du Seigneur pour exécuter son courroux. Dans les croyances, les
religions des hommes, vos actes peuvent passer pour ceux du Malin. La Vengeance
n’est pas bonne V, mais le Seigneur vous utilise pour faire un mal pour un
bien, comme dit l’expression.
Je commence
à me souvenir…
En t’amourachant d’une humaine, tu as perdu petit
à petit les souvenirs et pouvoirs de ton statut d’Ange, mais tu as encore des
restes…cependant, aucune excuse ! Tu as tué encore un innocent !
Les cobras
sont innocents ?
Tu es un exécuteur V, soumis à des ordres. Ta
vengeance pour ta quête personnelle doit cesser !
Rien ne me fera renoncer à Hermeline, tu m’entends !

Alors, prépare-toi à voir
le ciel tomber sur ta tête.

Elle a disparu, sans dire au revoir, qu’elle
impolitesse !
Je me précipite vers mon…collègue ?

Toi là-haut, arrête de m’observer comme un paparazzi !

... et affranchi moi davantage !
Cette manie de disparaître…

…en pleine conversation, m’énerve. Allez au diable !

Aaaaah… j’ai chaud ! Je respire fort. Les douleurs de
mon corps résonnent dans ma chair. Mes mains tremblent. Je me sens…épuisé !
Des bribes de rêves se confondent dans mon esprit… Impossible
d’en faire le tri, de trouver une logique… la femme noire… « Humainiser »…Ange
Vengeur…des innocents…

Tout se confond… qui suis-je vraiment ?
Je me calme avant d’aller rejoindre So, assise sur le canapé.
Elle fixe la télévision d’un air sévère, sans détourner son regard à mon approche.

« Bravo V, ta bêtise fait la une du
journal ! » dit-elle irascible.
- Tu
t’énerves à cause de lui ? Merde, il nous a balancé, je n’allais pas lui
serrer la main !


- Tu n’as
aucune preuve V !
- Des deux
appartements où il est entré, j’ai dû m’enfuir. Appelle ça une coïncidence si
tu veux, mais c’est du concret pour moi !
- Tu
sous-estimes les moyens des Cobras pour remonter jusqu’à toi, V.
- Moué...
enfin, tout ça n’explique pas pourquoi tu le défends !
- Je défends son innocence…me dit-elle, toujours sans me
regarder.

- J’ai
jamais dit que j’étais un ange… l’erreur est humaine !
Pourquoi ai-je l’impression de mentir…
- V, il n’y
a pas que ça, tu vas avoir la police sur le dos.
- La
police ? Je croyais qu’à Home City, la police ne servait à rien ?
- Contre les
Cobras, oui ! Surtout que les Cobras cachent leurs cadavres. Mais, la
police va devoir rendre des comptes pour l’opinion publique. Ils chercheront un
coupable. J’espère que tu as été discret.
- So, je
n’ai peur que d’une chose...
- Que le ciel te tombe sur la tête ?
Cette phrase… me dit quelque chose… la femme
noire a formulé un laïus dans le genre…
-… Non, de
perdre celle que j’aime !
« Je vais prendre ma douche. » dis-je

Dix minutes
plus tard, j’en sors frais comme un gardon.

Je préviens So, qui n’a pas bougé d’un iota, que je sors
faire du sport.

Elle
m’ignore totalement. Ah , les femmes...

La salle de
sport. Un endroit où les mecs se défoulent,
sans enquiquineuses.
Deux heures
plus tard…
- Te voilà enfin ! J’étais sur le point de partir au
mariage sans toi…Je vois que tu étais sérieux, tu vas habiller à un mariage,
comme à tes vengeances.

- J’y vais ni
pour me marier, ni pour draguer les filles célibataires, So.
Le mariage
se passe dans une petite église moderne. Tout ce que je déteste. Pas de pierres millénaires imprégnées de
lamentations et de prières, absences de vitraux, de froideur lugubre, d’écho
persistant.
Je me suis placé au fond, pour mieux observer. So est assise
devant moi. Un membre du Cobra est aussi du mariage, il regarde So.

Tant qu’il ne fait que la contempler, ce que je peux
comprendre, je ne vais pas réagir.

Il semble
envoyer un message à quelqu’un… Je souhaite que cela ne nous concerne pas. C’est
pas le moment pour les complications. J’ai beau ne pas avoir de remords quand
j’ôte une vie, gâcher un mariage, c’est sacrilège !
Les amoureux viennent de se dire oui, pour la vie ou
six mois!

Les
félicitations fussent de toutes parts, même So joue le jeu. J’observe amusé, sans
perdre de vue l’homme debout sur l’estrade, derrière le pupitre : le prêtre
William.
La sono a démarré. Invités et mariés se lâchent sans
vergogne sur la piste. Je rejoins So, qui s’y meut, avant qu’un célibataire en
chasse ne vienne s’en approcher. Le Cobra a mis les voiles, je remarque.

- Alors So,
émue par ce mariage ?
- Oui…
- Heureux
d’avoir pu assister à ce mariage avec toi So…
- Ne me fais
pas assister à ton enterrement V.
- Ni au tien
So.
- Faut bien
que je te quitte un jour…
- Dis pas de
bêtise !
- Quand tu
auras retrouvé Hermeline, c’’est ce destin qui m’attend.
C’est à ce moment précis que choisit le prêtre pour
s’éclipser.

- Désolé So,
le devoir m’appelle !
- Ok…
Je suis le prêtre William jusqu’au cimetière. La nuit a jeté
son voile lugubre. Tapis dans l’ombre comme La Mort, j’attends l’heure arriver.

Je le tiens !

Il ne m’a opposé aucune résistance. Je le soumets à mon
interrogatoire.

- Mon Père,
les voies du seigneur m’ont mené jusqu’à toi.
- Mon fils,
il existe d’autres moyens pour s’entretenir en privé avec un serviteur de Dieu,
que la violence.
- Sans doute
mon Père, mais je suis un homme de principe, pas de protocole.
- Tu parais égaré
mon fils, je pardonne tes manières, et je suis prêt à entendre ton cœur.
- J’suis pas
là pour une confession mon Père, quant à mon cœur, sa peine porte le nom
d’Hermeline… l’objet de notre entretien.
- Hermeline…
Maréchaux ? Quelle folie vous pousse à la rechercher ? Il y a une fille
à Home City dont il ne faut pas s’éprendre, c’est justement elle.
- Je veux
juste savoir où elle est.
- Mon fils,
il serait plus raisonnable que vous compreniez d’abord qui elle est.
- Je crois
avoir passé assez de temps avec elle, pour le savoir mon Père.
- Ah, c’est vous le… Je connais Hermeline depuis sa
plus tendre enfance, je l’ai baptisée… je célébrerai son mariage un jour… Vous
ignorez tout de sa famille, pour ne pas la craindre. Nous la craignons tous.
Alors, Hermeline aurait vécu son enfance à
Home City … ça explique sa réticence à y retourner, suite à notre
séparation.
- Qui sont
ces terribles Maréchaux, qui font trembler un homme de foi ?
- Si les
hommes et tout ce qui nous entourent sont à Dieu, Home City est à ces diables
de Maréchaux.
La
tête des Cobras a un nom… Quel nom aurait pu être pire que celui de mon amour…
- Pardonnez-moi mon Père, parce que je vais pécher. Amen.

Innocent, résonne dans mon esprit.
Après toutes
ces révélations, j’ai besoin de me retrouver avec la seule chose qui peut me
consoler : une bière !
Au bar Sully, où So et moi étions allés quelques jours plus
tôt, j’étais tranquille, j’étais pénard, accoudé au comptoir…

… à siffler une bonne bière, en noyant mon désespoir…

…quand une
jolie fille s’approche de moi, les yeux rougis par les larmes, et me
dit : « T’es mignon ! »
Ainsi débute
notre conversation, où elle m’explique qu’elle a fait six heures de train pour
revoir son chéri. Mais ce salaud, je la cite, « se tapait une
connasse quand elle est arrivée par surprise à son studio. »
- Bienvenue
au club des mauvaises surprises, jolie ! dis-je. Mais, désolé, je ne suis
pas une épaule où te lamenter.
- Je peux
boire avec toi ? elle insiste.
C’est ainsi,
l’alcool aidant, que j’en apprends plus sur son histoire. Etudiante en
communication, elle avait rencontré son mec par internet, y’a deux ans. A cause
de la distance, ils ne se voyaient que pendant
les vacances. Une relation difficile, mais elle l’aimait, tenait le coup. Dans
un an, fin de leurs études, ils prévoyaient de s’installer ensemble.
« Mais ce connard a tout gâché ! » je la cite, sans les pleures.
-A ce
demander, si l’amour peut survivre aux manques, dis-je.
- Tu y
connais quelque chose à l’amour, toi ?
- Disons
qu’on croit savoir à quoi s’en tenir, qu’on se sent protégé et invincible sous
le bouclier de l’amour, mais un rien peut faire voler en éclat notre coeur.
- Oui…Je le
hais maintenant !
- C’est
peut-être un peu extrême comme sentiment, non ?
- Moins que
ma réaction !
- Ah ?
- Faut que je te raconte, elle dit euphorique. Mais, une
information au journal télévisé l’interpelle.

Sujet sur le petit jeune assassiné… Décidément, ça me
poursuit toute la journée.

- C’est pas possible ! elle s’écrie.
-
Hein ? Ne me dis pas que c’est ton chéri ?
- Non, tsst, juste que ça me révolte qu’on puisse tuer les
gens comme ça, gratuitement.

- C’est
peut-être pas gratuitement, comme tu le penses, jolie.
- Arrête avec tes jolies, je m’appelle Marilya,
et toi d’ailleurs ? Et puis, franchement, le type qui a fait ça, quelque
soit sa motivation, c’est un lâche…non ?
- Euh… il ne
faut pas juger une histoire sans la connaître dans son ensemble, jol…Marylia.
Je m’appelle V.
- V ? C’est
nul comme nom…ah je comprends, c’est le diminutif de…Victor ?
- Euh…oué,
si tu veux !
J’en ris
comme un damné, ça l’entraine.
Les heures ont passé comme les verres se sont vidés, nous
étions éméchés…Je suis pas du tout capable de faire une longue route pour
rentrer. C’est alors qu’elle me dit : « V… Victor, je suis
descendu à l’hôtel tout près, tu viens ? »

Euh…
A suivre…
Idée
originale/scénario/ mise en scène: VengeanceFR
Prise de
vue/photographie : VengeanceFR, Sorrow
Retouches
photos : Sorrow
Dans les
rôles de :
V :
VengeanceFR
So :
Sorrow
Femme noire :
Sennaprost
Ange Vengeur
du rêve : Punisher
Image de la
TV: Dje
Les mariés :
Jeronimo et Vanille
Le prêtre
William : Espace
Jolie/
Marilya : Marilya
Merci à tous
pour votre participation, aux figurants du mariage qui se découvriront sur Home
City.
Merci à tous
mes lecteurs, à ceux qui me soutiennent, m’encouragent, m’aident d’une façon ou
d’une autre.