La Casa De Gounta

Par Gounta Blog créé le 13/12/09 Mis à jour le 06/05/10 à 11h07

A la découverte Poulpix.

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Contre-Expertise

Il n'est pas de tradition dans le monde des jeux vidéo qu'un hit en puissance annoncé doive forcément s'avérer être une déception. Et même si un moment de doute a obscurci l'horizon au bout des trois années de développement, il existe des jeux à la mesure de God Of War III qui décuplent le plaisir par le seul fait d'aller jusqu'au bout de ses prétentions, transcendant les attentes formulées jusqu'alors. Car si tout le monde attendait le jeu à un certain niveau, tous ont été bluffé de s'apercevoir que la réponses allaient bien au-delà de ce qu'ils avaient pu imaginer. Très loin de la révélation du premier épisode, c'est une consécration unanime qui loue les bienfaits d'une vengeance aveugle et implacable.

 

 

Lorsque nous nous tournons de côté de l'avis général des professionnels qui ont goûté au sang de l'Olympe, un seul adjectif revient en boucle : BRUTAL. La violence dégagée dans le jeu n'a d'égale que la fureur vengeresse de Kratos. Autant dire qu'elle en a pétrifié plus d'un à sa manette. Tout du moins c'est ce qu'il semblerait à lire leurs impressions. Il est très facile d'ailleurs de les imaginer prostrés dans leurs canapés, hésitant à se placer en position phoetale, face à l'imposante stature du spartiate. Et comment ne pas réagir de la sorte après avoir reçue une série de claques, démonstration, s'il en fallait, d'une maîtrise absolue de son sujet ? Tous, sans exception, ont été surpris de constater que ce dernier volet de la trilogie dépassait leurs rêves les plus fous. Et malgré le classicisme des bases propres à la série depuis le début, ces dernières représentent le ciment qui permet à l'édifice de prendre autant d'ampleur. Le gameplay, donc, n'est pas dénué d'améliorations, il se permet même de reprendre ponctuellement le principe d'autres jeux à son compte (Guitar Hero et Portal en tête). Agrémenté d'un arsenal et d'un éventail de combos bien fournis, il apporte même un peu de finesse dans ce monde de brutes. Ode à la magistrale réalisation, celle-ci aurait d'ailleurs eu beaucoup moins d'impact sans la présence régulière des Quick Time Events (abondants, mais intelligemment employés) qui renforcent le choc des situations et varient les combats. Portée par un rythme soutenu, les différentes phases proposées par le jeu défilent sans jamais surgir sans finesse à l'écran. Tout est d'une fluidité renversante dans des environnements immenses et variés. God of War III réussit le tour de force de s'accorder l'unanimité de la presse, là où les approximations des autres payaient le prix d'affinités divergeantes. D'une technicité sans faille, affichant des graphismes qui n'envient rien à un certain Uncharted 2 par moment selon eux, l'ensemble dégage un sentiment de puissance que ce soit sur le plan du travail fourni aussi bien que dans ce que propose le jeu en lui-même. Le titre prend des proportions qui tendent à littéralement le déifier, à la mesure de la bande sonore qui vous transporte au coeur du conflit. A tel point qu'il est très difficile de discuter les choix de l'équipe de développement, pointer la durée de vie du soft ne suffisant pas à dénigrer cette aventure hors-norme.

 

Il est d'autant plus impossible de ne pas être d'accord avec cette masse d'avis dithyrambiques que la saveur de cet opus est effectivement déliceusement impressionnante. Tellement qu'elle a certainement fait regretter aux impies d'avoir osé douter. Sur le principe, il est vrai que la maniabilité est identique à quelques détails près. Mais après tout, elle représente une partie du succès de la licence sans laquelle rien n'aurait été possible. De la même manière, quitte à se montrer tâtillon, le schémas de chute au plus bas pour mieux remonter suit également un modèle récurrent, qu'il s'agisse de pouvoirs ou bien de progression. Cela dit, rien de tout cela n'est capable d'entraver le plaisir de jouer à God Of War III. Cette sensation de s'adonner à des combats antiques épiques tant espérés trouve son accomplissement dans cette aventure finale sans retenue, sans tabous, sans limites. A titre d'exemple, l'aspect le plus impressionnant et le plus révélateur du niveau atteint par le jeu se reflète dans la texture et l'animation des écailles des gorgones. Ce qui peut sembler être un détail pour vous (mais pour nous qui veut dire beaucoup !) est l'élément le plus parlant pour illustrer la qualité en oeuvre dans ce jeu. D'autres vous parleront du grain de peau de Kratos, du gigantisme détaillé des boss, des dieux et des titans. Oui, ce sont d'autres exemples tout aussi parlant. Or, cette peau de serpent paraît tellement réelle à l'écran qu'elle vous transforme les yeux en soucoupes. De la même manière, l'impact de certains coups est tellement bien rendu que vous pourriez en arriver à vous attendre à voir trembler votre téléviseur. Nous parlons véritablement de grand art. Avec un peu moins d'exagération, il est très difficile de reprocher quoi que ce soit et tenir une position allant à l'encontre du courant à moins de détester le genre. D'ailleurs, la virtuosité est telle qu'elle met tout de suite en relief les pâles plagiats réalisés qui ont été tentés, preuve qu'il n'est pas donné à tout le monde d'atteindre les cimes de la perfection en empruntant des outils qui ne sont pas les siens. God of War III confirme, s'il était besoin de le faire, qu'ajourd'hui un jeu n'est plus uniquement une question de gameplay, mais que sa qualité transpire par l'imbrication de différents éléments qui servent la mise en scène, la réalisation. Il est révolu le temps, où de simples critères servaient à juger. Ce titre vous renvoie inexorablement à cette réalité, à cette vérité, même si vous en étiez conscient avant. C'est aussi sa force. Au même titre que d'autres projets ambitieux, il permet tout autant de faire basculer le jeu vidéo dans une nouvelle dimension.

 

God Of War III est à des années lumières de toute considération, de toute polémique, de tout choix cornélien. Il s'impose avec toute la subtilité de son héros. Il bénéficie d'un tel calibre, il met en oeuvre un tel niveau de finalisation qu'il ne laisse aucun choix possible à la critique. Abouti, mais également jouissif, il dégage une personnalité, une ambiance que peu de titres savent générer. Blockbuster dans toute sa splendeur, sans la descente aux enfers habituelles. Cela rend l'expérience encore plus incroyable que tout a été entrepris pour poursuivre la marge de progression. C'est à croire que la version démo si critiquée au premier abord a délibérément été diffusée en l'état pour susciter ce sentiment de déception avant de remettre une couche de sensationnalisme par dessus. Il faut véritablement s'être fait crever les yeux par Kratos lui-même pour ne pas reconnaître l'efficacité entreprise, laquelle ne tient peut-être pas du génie, mais, encore une fois, de la maîtrise.

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Édito

Un blog... Certes, certes. Mais pourquoi ? Sur un site comme Gameblog, les initiatives sur les thèmes fondamentaux que sont les jeux vidéo, le cinéma, la musique ou les mangas vont pleuvoir. Chacun voulant y aller de sa touche personnelle, parfois maladroite. Alors pourquoi ne montrerai-je pas aussi personnel et maladroit ? Et si la liberté des uns commence là où s'arrête celle des autres, c'est ici que prend effet ma juridiction. Il ne reste plus qu'à trouver une idée pour exploiter l'opportunité. Quoiqu'elle est dores et déjà toute trouvée. Voici donc une fenêtre ouverte sur le site que je développe. Je le crois original, détaché de toute concurrence dans sa manière d'approcher le sujet. Et, du coup, je me permets de penser qu'il a sa chance au milieu de tant de sobriété et de classicisme. Je vous présente donc Poulpix, un autre site sur les jeux vidéo (et pas sur la diffusion d'images et de vidéos holé-holé sur la reproduction des céphalopodes comme pourrait le laisser penser son nom). Bah oui, pas le choix, quoi.

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