Gaming & Business

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Par Siddharta Chidoshi Blog créé le 26/04/11 Mis à jour le 03/03/16 à 09h32

Industrie du Jeu Vidéo

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Catégorie : Multi

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Multi (Jeu vidéo)

En projetant dernièrement mes pensées vers le futur GTA VI, j’ai réfléchi aux différentes alternatives qui s’offraient à Rockstar North pour choisir la localité du jeu. J’évoque le futur, mais il est évident que ce fameux lieu classé secret défense a déjà été choisi depuis belle lurette. Quand bien même, rêvons un peu.

► Après nous avoir offert une somptueuse adaptation de New York dans le IV, puis de Los Angeles dans le V, il paraîtrait naturel que le studio écossais nous fasse revenir à San Francisco, cité déjà entrevue à petite échelle dans San Andreas. Offrant notamment la perspective d’un fabuleux terrain de jeu grâce à sa topographie, elle est une candidate de choix. Classique mais efficace. Il est bon de noter que l'hypothèse pourrait aussi s'appliquer à Las Vegas/Venturas, paradis du jeu et des excès, du bain béni pour la série. 

 

Retour à San Fierro ?

 

► À moins que, pour rompre avec cette ambiance sea sex and sun propre à la Californie, Rockstar ne revienne sur la cote Est à Miami, à la Vice City. De nombreux fans de GTA ont particulièrement aimé l’ambiance de cet opus, et la ville est désormais ancrée encore un peu plus dans l’inconscient collectif grâce au succès des Experts (*ajuste ses lunettes comme Horatio*).

► La troisième possibilité est que les développeurs aient de nouveau la folie des grandeurs, et pondent un San Andreas de nouvelle génération. À savoir créer un mini-état abritant plusieurs villes emblématiques, plusieurs ambiances et climats. Ubisoft a dernièrement prouvé avec The Crew qu’élaborer une map gigantesque et relativement fidèle des USA ne relevait aucunement de l’utopie. Je me suis personnellement senti un peu à l’étroit sur la map de GTA V, et espère que cette fois, Rockstar verra plus grand.

 

La map de GTA V, pas mal mais peut (beaucoup) mieux faire

 

► Reste que certains vieux routards de GTA en ont assez de la sempiternelle rengaine américaine, et aimeraient peut-être que Rockstar s’en affranchisse enfin. Et dans ma tête, une ville incarnerait à la perfection ce besoin de rupture, de renouveau et d’évasion. Tokyo. Tout joueur ayant été un tant soit peu imprégné de la culture japonaise, et nous sommes tellement nombreux, éprouve une fascination bien légitime pour la capitale nippone. Cette immense métropole lumineuse et hypnotique qui ne dort jamais, possède bien des attraits. Nous sommes en 2016, et c'est une aberration pure et simple qu’aucun véritable open-world n’ait encore tenté d’exploiter le potentiel vidéoludique monstrueux de cette fourmilière humaine.

Là où des titres comme Yakuza, Jet Set Radio ou Shenmue nous ont offert de très très bons moments de jeu vidéo en terre japonaise, les mastodontes occidentaux à vocation urbaine que sont GTA et Assassin’s Creed ne s’y sont pas encore risqués. Imaginez pourtant le plaisir que serait un GTA nous immergeant dans Tokyo et sa périphérie, avec moult véhicules, une histoire bien barrée à base de yakuzas, des référencess multiples à l'imagerie populaire si riche de l'archipel, un cocktail détonnant de violence et d'impertinence, et surtout, beaucoup de liberté. Certes, on ne peut pas dire que la criminalité au Japon soit aussi "explosive" et démonstrative qu'elle ne l'est aux Etats-Unis, mais l'imagination des frères Houser n'en est pas à son premier défi. 

 

Les Yakuza restranscrivent déjà à merveille l'ambiance Tokyoïte... mais ce n'est pas du GTA.

  

L’appel de l’Asie n’est d'ailleurs pas chose nouvelle, un titre en particulier s’est déjà engouffré dans la brèche, l’excellent Sleeping Dogs et sa map Hong-Kongaise. Un jeu qui, comme rarement avant lui, a fait souffler un vent de fraicheur dans le petit monde des GTA-likes "réalistes", en nous faisant goûter à une autre culture, en nous déconnectant profondément de l'occident. Là où GTA recycle inlassablement, avec brio certes, ses racines américaines. Quitte à en devenir prévisible.

Et vous, quels sont vos désirs pour GTA VI ?                                                    

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Multi (Jeu vidéo)

 

Assassin’s Creed et moi, c’est une histoire d’amour qui débuta, comme beaucoup, en 2007. Le hype du premier épisode m’avait alors pris tout entier dans ses filets, mais il n’en comptait pas moins d’innombrables qualités : un jeu qui donnait enfin la mesure de cette next-gen balbutiante: immense, ambitieux. Un héros classe et mystérieux, une intrigue Matrixienne à double époque savoureuse. Une véritable claque, un diamant brut, mal taillé certes, mais qui brillait de tous ses feux. Ubisoft avait-il prévu que le succès serait à ce point au rendez-vous ? Que cette licence deviendrait la clé de voute de sa réussite ?

Fort de cet excellent départ, l’avènement d'Assassin’s Creed était en marche. Après une année de pause, et ce sera la seule, les studios de Montréal accouchent de LA suite, l’épisode sublime, le chef d’oeuvre de la série. De Florence et Venise, beaucoup gardent encore un souvenir ému, tant l’aventure fut belle. Tant le background d’Ezio fut bien posé. La méta-histoire prenait son envol, la cohérence de la franchise s’épaississait. Aucun doute, on se trouvait face à une future (ou déjà !) grande série, de celles qui font l’histoire du jeu vidéo, avec un grand H.

Très vite, Assassin’s Creed devient la licence on fire du catalogue de son géniteur, la cash-machine qui permet de compenser le déclin avéré de Prince of Persia et Splinter Cell, les ex gloires-maison. Les joueurs ne s’en rendent pas encore compte, mais la série est déjà prisonnière des impératifs économiques d’Ubisoft, entreprise qui flambe au beau milieu de cette gen déboussolante. Les budgets de développement explosent, les jeux prennent des allures de grosses productions hollywoodiennes, et ceux qui, comme les japonais, ratent le coche, se voient immédiatement sanctionnés.

Voilà  une saga parfaitement en phase avec son époque et sa génération. Les joueurs adhèrent, les ventes décollent. Et pas question pour la firme de Montreuil de laisser reposer une seconde fois sa poule aux oeufs d’or. On ne saura jamais si Call of Duty, devenu depuis Modern Warfare cette machine de guerre annuelle insolemment pavée d’or, a servi d’exemple à Ubisoft. Mais les centaines de millions d’euros générés par Assassin’s Creed allaient devoir tomber chaque année, c’était décidé. Se succèdent alors Brotherhood et Revelations, qui achèvent la trilogie Ezio de belle manière. Cela dit, ils n’égalent en rien le second opus, et le très imparfait Revelations laisse déjà entrevoir quelques signes d’usure. Il faut dire qu’entretemps, Patrice Désilets, l’âme créative de la série, a quitté le navire. Cela se ressentira puissance mille.

 

Celui par qui le malheur arrive

 

À ce moment-là, la saga avait déjà cruellement besoin d’un break. Il n’arrivera pas. Au contraire, Ubisoft voit encore plus vite, plus grand, et accouche en 2012 de l’épisode de tous les records. Un blockbuster à la carrure de géant, amorçant un virage que tous espéraient être du meilleur cru. La désillusion sera à la hauteur des attentes. Non seulement Assassin’s Creed III affiche un niveau de finition défaillant, mais son scénario prend une tournure inquiétante, brouillonne. Comme si les bases posées par les trois premiers épisodes avaient explosé en plein vol, et que les scénaristes, pressés par le temps, ne savaient plus vraiment quelle direction prendre. Les joueurs, eux, ne se posent pas tant de questions. Ils se sont jetés comme des morts de faim sur cet opus over-hypé, qui écrase les ventes de son aîné. Le chiffre d’affaires d’Ubisoft poursuit sa marche en avant, et c’est en grande partie à Assassin’s Creed, dont le succès éclipse même celui de Just Dance et Far Cry, qu’il le doit. Chez Ubi, AC devient ce joyau qui passe entre toutes les mains, celui qu’on sort en toute occasion car il est vu de loin, et dont il faut exhiber l’éclat par peur de retomber dans l’anonymat.

Assassin’s Creed IV vient confirmer, malgré sa réputation faussement flatteuse, que la série s’est perdue. La méta-histoire, son âme et point de départ, est jetée aux orties. On gave le joueur déboussolé de marqueurs et d’objectifs jusqu’à l’indigestion, comme pour lui faire perdre de vue une trame principale devenue accessoire. Black Flag est en réalité pirate-land ; et AC devient un manège de parc d’attractions, celui qu’on se sent obligé de refaire chaque année par nostalgie, mais sur lequel on éprouve de moins en moins de sensations. Il faut dire qu’Ubisoft ne fait guère d’efforts pour repenser sa formule, se contentant bien souvent de changer le décor, et pas plus. Ceux pour qui l’illusion fonctionne encore sont toujours là un an plus tard à grimper et synchroniser sur les toits de Paris. Ils sont toujours là pour admirer ce premier opus taillé pour la next-gen. Qu’importe qu’il eut fallu peut-être un an de plus aux développeurs pour rendre leur copie, Unity sort en temps et en heure, ou presque. Accompagné d’une myriade d’imperfections techniques qui feront le buzz du mois de novembre 2014, et la colère de nombreux joueurs. Deux épisodes (en comptant Rogue) sans génie, une constante peu glorieuse pour une franchise qui tutoya l’excellence. La machine en surchauffe est grippée, mais pourtant Ubisoft ne lui accorde aucun répit. À peine Unity sorti, le leak de son successeur dévoile au grand jour qu’un nouvel épisode, déjà bien avancé, sortira un an plus tard. Une marche forcée en somme. Jusqu’à la mort ?

Que reste-t-il de nos amours ? Combien de temps encore cette routine durera-t-elle, avant que la séparation n’intervienne ?  Est-il possible de relancer indéfiniment une saga qui se parodie à ce point elle-même ? Vous l’aurez compris, malgré tout l’attachement que je lui porte, j’ai presque définitivement décroché d’Assassin’s Creed. Et j’en viens à espérer que beaucoup d’autres fassent de même, qu’un désastre commercial se produise, histoire qu’on laisse enfin cette épopée à bout de souffle reposer quelques années. Un traitement de faveur qui semble-t-il n’est pas prêt de lui être accordée. Pas encore.

 

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Sans réelle surprise, tant le timing paraissait serré (moins de deux d'intervalle avec le deuxième opus) et inapproprié (The Elder Scrolls V, Uncharted 3 et Call of Duty 8 sont attendus pour novembre), la sortie de Mass Effect 3 a été repoussée au premier trimestre calendaire 2012.

"L'équipe de développement est pleinement concentrée à s'assurer que Mass Effect 3 soit le plus gros, le plus audacieux et le meilleur jeu de la série, et qu'il dépasse les attentes de chacun", a expliqué le producteur exécutif Casey Hudson. La date de sortie définitive du space opera vidéoludique sera annoncée dans quelques mois.

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Édito

Business et jeu ne s'opposent pas. Un éditeur, quel qu'il soit, joue sa survie sur la réussite de ses jeux. Les bénéfices qu'il génère, ce sont les jeux qu'il produira demain. De multiples mécanismes et décisions favorisent le succès ou l'échec d'un jeu (qualité, timing de sortie, marketing, choix de la plateforme, du genre...), et c'est précisément ce dont il sera question dans ce blog. Je reviendrai sur l'actu du secteur, le quotidien stratégique et financier des éditeurs/constructeurs, mais aussi sur certains coups de coeur qui rythment ma vie de joueur. Bonne lecture à tous!

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