Gaming & Business

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Par Siddharta Chidoshi Blog créé le 26/04/11 Mis à jour le 03/03/16 à 09h32

Industrie du Jeu Vidéo

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Catégorie : Constructeurs

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Constructeurs (Jeu vidéo)

 

La PlayStation 4 écrase les charts, et les bases de son succès solidement ancrées, la tendance devrait encore s'accentuer. Développeurs, éditeurs, joueurs (quasiment) à ses pieds, l'hégémonie du début des années 2000 est à portée de main pour Sony, qui n'a plus qu'à confirmer. Pourtant, sa dernière-née est-elle la meilleure, propose-t-elle les meilleurs jeux  ? Ça ne saute pas vraiment aux yeux. Le constructeur japonais a simplement joué la sécurité, pendant que ses deux concurrents se tiraient une balle dans le pied.

Nintendo d’une part, en misant sur une fausse bonne idée (la mablette), en choisissant une nouvelle fois un hardware dépassé rendant les portages next-gen impossibles, et en se reposant, comme un moine s’enfermerait dans son monastère, sur son vivier de licence-maison, dont les fans eux-mêmes ont commencé à se détourner. Dans un précédent article, je vous expliquais que Mario Kart 8 ne sauverait en rien la Wii U. Aussi bon soit-il, il n’a effectivement pas fait de miracles, la console est vite redescendue de son petit nuage, et les Hyrule Warriors et autres Smash Bros produiront les mêmes effets. Un sursaut, avant la plongée. À ce rythme-là, la Wii U fera moins bien que la Game Cube, et Nintendo n’aura que ses yeux pour pleurer.

Microsoft d’autre part, qui avait creusé sa tombe avant-même la sortie de sa console, là encore en pariant plus que de raison sur une fausse bonne idée (Kinect), en multipliant les bourdes de communication et de stratégie (TV TV TV, DRM, console 100% connectée, Kinect obligatoire, prix de lancement, etc etc…), et en perdant de vue ce qui avait fait sa force au début de l’ère 360 : le jeu, les gamers, pour draguer avec sa technologie gimmick le grand public que Nintendo avait su (provisoirement) attirer dans ses filets. Un grand écart maladroit, et qui fait que Microsoft est aujourd’hui déboussolé, perdu entre sa vision de départ un peu perchée, et son virage violent à 180°.  

Quand la concurrence se saborde, la partie est déjà à moitié gagnée, mais encore faut-il la jouer fine. Ecouter son coeur de cible et ce que veulent les joueurs : une console sans fioritures, puissante mais accessible, des services utiles et dans l’air du temps. Tout en adoptant un ton rassurant et une communication de proximité, qui plaisent aux leaders d’opinion, à la presse, à l’industrie. Nintendo et Microsoft gesticulent, innovent pour innover, se complaisent dans leur orgueil de géants désarçonnés. Sony de son côté n’apporte pas grand chose de nouveau, mais fait en sorte que les joueurs se sentent comme à la maison.

Le marché des consoles de salon évolue, mais il n’en reste pas moins traditionnaliste. Les générations se succèdent, mais certaines habitudes perdurent. Les consoleux veulent du neuf avec du vieux : des expériences vidéoludiques innovantes et ennivrantes, mais sur des disques, avec une manette, sur un canapé, devant leur TV. En attendant que la réalité virtuelle et la dématérialisation forcée ne viennent peut-être bousculer ce schéma d’un autre temps, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Par le respect de ce simple adage, Sony est bien parti pour se mettre une nouvelle génération dans la poche. 

(ce billet reposant avant tout sur ma seule opinion, merci de rester calme et courtois dans vos éventuelles interventions)

 

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Constructeurs

Que faut-il retenir des conférences E3 de Microsoft, Sony et Nintendo? Quel constructeur a su le mieux tirer son épingle du jeu? Il n'est pas forcément aisé de répondre à ces questions, tant de prime abord, les trois géants du secteur ont déçu les observateurs. Petit retour sur ce pré-E3 qui a suscité beaucoup d'interrogations.

 

Microsoft: le grand écart continue.

Kinect a réussi son lancement. Le nouveau produit-phare de la marque se trouve dans le salon de quasiment un possesseur de Xbox 360 sur cinq. L'essentiel de la conférence de Microsoft était donc dédié au périphérique, l'objectif étant de légitimer ce dernier auprès de tous les publics. Contrat rempli, puisqu'entre des utilisations (plus ou moins) concrètes sur des productions "core" (Ghost Recon Future Solider, Mass Effect 3, Forza 4, Minecraft (!), les jeux d'EA Sports), des titres dédiés ambitieux (Fable The Journey, Kinect Star Wars, Ryse), des softs largement orientés famille et casual gaming (Kinect Disneyland Adventures, les Lapins Crétins, Dance Central 2...), et un Xbox Live de plus en plus optimisé pour une navigation vocale et gestuelle, Microsoft en avait clairement pour chacun.

Le coeur de cible de la console, par contre, n'avait pas grand chose à se mettre sous la dent, sous-entendu, s'il ne souhaite pas se jeter corps et âme dans l'expérience Kinect. Hormis un Gears of War 3 déjà bien connu, dont le ronron bien calibré de grosse production ne parvient plus guère à surprendre, et un Halo 4 hélas "fuité" un peu plus tôt, et qui semble encore loin d'une commercialisation, les gamers se consoleront peut-être davantage dans les bras des éditeurs. Cette apparente perte de vitesse de la 360 masque-t-elle en coulisses une avancée rapide de la gestation de la prochaine Xbox? Le mystère reste entier. 

 

 

Kinect, pilier des nouvelles ambitions de la Xbox 360

 

Sony: la Vita en plein Move

Après avoir abattu l'an dernier une grande partie de ses exclus gamers sur PS3 (GT5, God of War III, Heavy Rain...), que reste-t-il à Sony pour convaincre de la valeur de la plateforme, quelques semaines après le retentissant hack du PSN? Comme Microsoft, le constructeur a été contraint de masquer le manque de profondeur de son line-up (Uncharted 3, Resistance 3, Starhawk, Sly Cooper, mais pas de The Last Guardian) par des démos in-game de titres multi-plateforme, et quelques exclus intrigantes (Dust 514). Et comme Microsoft, Sony a consacré une grande part de sa conférence à pousser coûte que coûte son PS Move, annoncé compatible avec une tripotée de titres, dont certains inattendus (BioShock Infinite).

La Wiimote-killer avait aussi quelques softs dédiés (Medieval Moves), mais au-delà d'un air de déjà-vu, Wii oblige, le message avait un peu de mal à passer. Le PS Move est-il vraiment pris au sérieux par l'industrie, y compris par ses concepteurs eux-mêmes? La question perdure. Qu'on ne s'y trompe pas, Sony avait surtout la tête à la Vita, dont le lancement se précise. La course contre la montre est engagée, maintenant que la 3DS est sur le marché. Peu de surprises, encore une fois, mais un début de line-up se dessine: Uncharted: Golden Abyss, WipEout 2048, Modnation Racers, Ruin, Street Fighter X Tekken... Encore un peu maigre pour convaincre, mais les caractéristiques alléchantes de la machine, et son prix attractif ne manqueront pas de faire tourner quelques têtes, en attendant d'autres annonces plus "japonisantes" lors du TGS.

 

 

La PS Vita, comme la PSP à l'époque: bijou technologique, mais légitimité à construire

 

 

Nintendo: la "mablette" déconcerte

Rarement public aura été aussi incrédule qu'au moment de l'annonce et de la description, ô combien maladroites, de la Wii U. Après quelques heures de débrief, et une fois les premières applications testées, l'intérêt de la nouvelle console de salon du géant nippon apparaît un tantinet plus clair. Sans rompre avec la Wii, à son époque révolutionnaire, la firme au plombier se propose de surfer sur de nouvelles tendances (tablette tactile), tout en répondant à de nouveaux besoins: ceux d'un divertissement de salon modulable. Avec la Wii U, on perçoit toutes les interactions possibles entre le téléviseur et la manette, une sorte de double écran grandeur nature, et les perspectives de gameplay qui en résultent, un temps palpables avec le combo Game Cube/GBA.

Toutefois, comme pour la Wii au moment de son officialisation, de nombreuses questions restent en suspens, Nintendo prenant un malin plaisir à ne jamais trop en dévoiler, et la nouvelle machine va encore obliger les éditeurs à se décarcasser (en ont-ils seulement envie après leur douloureuse expérience de la Wii?) pour exploiter cette manière "alternative" de jouer. Qui plus est, on s'interroge lorsqu'on voit les jeux tiers annoncés, destinés à aiguiser l'appétit des gamers sceptiques, puisqu'une bonne partie d'entre eux sera disponible dès cette année chez la concurrence, alors que la Wii U, elle, ne sort qu'à la fin 2012... C'est tout le paradoxe de Nintendo. Toujours un temps d'avance, toujours un train de retard.

Du côté de la 3DS, les quelques jeux (re)présentés apparaissent convaincants (Luigi's Mansion 2, Mario Kart 3DS, Kid Icarus Uprising...), mais ne sauraient totalement masquer les inquiétudes qui entourent la machine. Si la 3DS a soulevé l'enthousiasme il y un an, elle n'est pas parvenue à transformer l'essai depuis. La confirmation, voilà ce qui manque à Nintendo pour entrer de plein pied dans cette nouvelle génération.

La Wii U, beaucoup de promesses, beaucoup de questions

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Après de nombreuses années de traversée du désert, la division PlayStation s'offre un peu d'air. Le département Produits et Services de l'entreprise, qui inclut les activités jeux vidéo, annonce un bénéfice d'exploitation de 435.5 millions de dollars, en forte hausse par rapport à l'an dernier (perte d'1.02 milliard de dollars). La lourde facture du PSN-gate, de l'ordre de 171 millions de dollars, impactera bien sûr l'année fiscale en cours. D'avril 2010 à mars 2011, Sony a écoulé 14.3 millions de PlayStation 3 (+10%), 147.9 millions de jeux PS3 (+27.9%), mais "seulement" 8 millions de PSP (-19.2%) et 6.4 millions de PS2 (- 12.4%).

La baisse des coûts de production de la PS3 n'est pas étrangère à ce retour à la rentabilité, qui a longtemps constitué un objectif prioritaire pour Kaz Hirai et ses équipes. Paradoxalement, l'entreprise dans son ensemble n'est pas sur la meilleure dynamique. Sony Corp affiche des pertes conséquentes de 3.14 milliards de dollars, six fois supérieures à celles du précédent exercice, pour un chiffre d'affaires en très léger recul (- 0.5%). De quoi, peut-être, accélérer l'inéluctable départ du CEO Howard Stringer. Au profit de Kazuo Hirai?

 

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Sony Computer Entertainment
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Pour faire oublier le scandale du PSN-gate, qui pourrait lui coûter très cher (plus de 24 millions de comptes seraient touchés), Sony va devoir relancer au plus vite une machine que l'on suppose grippée par la confiance, qu'il s'agisse des ventes sur le PlayStation Store, ou bien des ventes de PlayStation 3. C'est pourquoi certains analystes, à commencer par Colin Sebastian de Lazard Capital Markets, suggèrent qu'il serait de bon aloi de baisser le prix de la machine, par ailleurs distancée depuis quelques temps par la Xbox 360 aux États-Unis. Une sorte de gage de réconciliation, estime l'intéressé, et qui pourrait repositionner la PS3 à l'approche du second semestre.

Flirtant timidement avec la rentabilité, Sony ne dispose pas encore d'une marge de manoeuvre importante pour consentir à une baisse de tarif, et devra forcément surveiller les initiatives de ses concurrents avant de prendre une décision. Sur une bonne dynamique grâce à Kinect, Microsoft n'a aucune épée de Damoclès au-dessus de la tête et à moins d'être déterminé à enfoncer le clou, devrait laisser le prix de la Xbox 360 inchangé pour encore quelques mois. À l'inverse, Nintendo n'a plus vraiment le choix. Pour soutenir la dernière année/année et demie de la Wii, dont le line-up 2011 ne s'annonce pas des plus fournis, il faudra vraisemblablement en passer par une baisse de prix. Dès le mois prochain, ou bien au quatrième trimestre, période la plus favorable à la plateforme, devenue achat saisonnier par excellence.

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Édito

Business et jeu ne s'opposent pas. Un éditeur, quel qu'il soit, joue sa survie sur la réussite de ses jeux. Les bénéfices qu'il génère, ce sont les jeux qu'il produira demain. De multiples mécanismes et décisions favorisent le succès ou l'échec d'un jeu (qualité, timing de sortie, marketing, choix de la plateforme, du genre...), et c'est précisément ce dont il sera question dans ce blog. Je reviendrai sur l'actu du secteur, le quotidien stratégique et financier des éditeurs/constructeurs, mais aussi sur certains coups de coeur qui rythment ma vie de joueur. Bonne lecture à tous!

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