Gaming & Business

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Par Siddharta Chidoshi Blog créé le 26/04/11 Mis à jour le 03/03/16 à 09h32

Industrie du Jeu Vidéo

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Catégorie : Nintendo

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Nintendo (Jeu vidéo)

 

La Wii U est plus que jamais en souffrance, et la 3DS entame la dernière ligne droite de son cycle de vie, et pourtant les deux plateformes font l’objet depuis l’an dernier d’une attention renouvelée. Pas forcément de la part du client lambda hélas, mais des spéculateurs aux dents longues... 

Tout a commencé avec cet Amiibo Samus Aran, dont le défaut de fabrication pour le moins insolite a causé une envolée des prix sur les sites d’enchères. Très rare, très cher, jusque-là rien d'illogique. Ce buzz salvateur a non seulement donné une exposition supplémentaire aux jolies figurines NFC de Nintendo, mais aussi attiré l’attention de collectionneurs, dont certains on le sait n'ont pas les intentions les plus louables: spéculer sur la passion des fans. Depuis, la course aux Amiibo ne cesse de croître, et les ruptures de stock s’enchaînent. Pourtant du stock il y en a. Mais pas dans les boutiques bien évidemment, sur les sites de revente. Un amiibo d'Harmonie à 15¤ ? 100¤ sur Le Bon Coin. Meta Knight ? 60¤. La très souple Coach Wii Fit ? 50¤. En quelques semaines, les prix ont doublé, triplé, quintuplé. Pas sûr qu'à ces tarifs de la honte les opportunistes parviennent à écouler leur marchandise, mais la collectionite aigue de certains fans les poussent à être peu regardants sur le nombre de piécettes à sortir... Vous en connaissez, vous en faites peut-être même partie. 

Plus récemment, cette vague spéculative a touché la très convoitée New 3DS Majora's Mask, rapidement en rupture généralisée. Et pour cause, certains acheteurs n'ont pas hésité à en réserver plusieurs, afin de planifier une petite revente à forte valeur ajoutée (imaginez-les avec ce rire). Si quelques revendeurs US ont senti la filouterie organisée, et bloqué les précommandes à un exemplaire par personne, chez beaucoup d'autres, le mal était fait. Les fans de Zelda souhaitant simplement une console pour y jouer ? Espérons qu'ils aient été prévoyants, car sinon il faudra payer cher. Sur Amazon, autour de 350¤, mais quelques uns n'ont pas hésité à demander plus de deux fois le prix de départ, grisés par la forte demande autour de ce modèle. Rare, Collector, ces termes font perdre la tête. 

Troisième cas, les coques New 3DS. Le coup de génie de Nintendo de permettre enfin la customisation de ses consoles a été très favorablement accueilli par les fans, d'autant que le système est pratique et relativement peu coûteux. Peu coûteux ? Si vous avez pris soin de précommander le modèle de vos rêves, ou que celui-ci n'est pas trop demandé. Sinon, croyez bien qu'il va vous falloir sortir la table de multiplication. De nouveaux modèles ont rapidement été annoncés, et là encore, les vautours se sont agglutinés. Ainsi, les deux nouvelles coverplates Zelda sont en rupture permanente sur Amazon, et regardez bien les prix des petits malins qui sont parvenus à s'en procurer en vue de les revendre: 47 à 55¤. Plus de trois fois le prix de départ. Gageons que la superbe coque Xenoblade subira bientôt le même sort, donc si vous espérez mettre la mimine dessus, placez votre souris dans les starting blocks, les revendeurs à la petite semaine sont déjà sur la ligne de départ. Et quand le précieux sera épuisé, c'est avec eux qu'il vous faudra traiter. 

Du côté de Nintendo, on prend visiblement un malin plaisir à ne pas inonder les boutiques, histoire d'alimenter les convoitises. Beaucoup de modèles, en faible, voire très faible quantité. Qu'importe qu'une économie parallèle soit en train de gangréner le marché, l'offre doit rester inférieure à la demande, et c'est à vous de vous adapter. Donc si un Amiibo ou une coverplate vous fait rêver, vous savez quoi faire. Etre parmi les premiers à l'ajouter à votre panier, ou bien partir à la course aux enchères. Chères.    

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Souvenez-vous, Mario Kart 8 et Super Smash Bros. devaient sauver la Wii U. Comme prédit, il n’en a rien été. Si la console de salon a connu un net regain de forme depuis le printemps, elle n’a pas réussi, deux ans après sa mise sur le marché, à dépasser les 10 millions d’unités installées (à confirmer une fois décembre passé). Ce total famélique, qui n’a à priori aucune chance d’exploser à court terme, interroge sur l’inertie de Nintendo, et son incapacité à fournir des solutions de rupture pour sortir la Wii U du marasme. En voici quelques-unes:

 

  • Achever rapidement la bête blessée et sortir une nouvelle console à l’horizon 2016, plus en phase avec les aspirations des joueurs, et un peu plus au niveau techniquement. Cette hypothèse, à laquelle une compagnie aussi stable et conservatrice que Nintendo n’a que peu de chances d’adhérer, a fait l’objet d’un précédent article. Probabilité : 5%.
  • Baisser drastiquement le prix sans toucher à la mablette. Cette solution apparaît des plus improbables au vu des comptes de Nintendo, qui ne doit en ce moment son salut qu’à la 3DS. Et outre sa marge de manoeuvre limitée, la firme n'a jamais vraiment été une adepte des baisses de tarifs. Probabilité : 10%.
  • Imiter l’initiative de Microsoft, qui s’est défait du boulet Kinect pour baisser le prix de la Xbox One, avec succès. Le Wii U gamepad est un échec, n’intéresse ni les joueurs ni les développeurs, et pèse sur les coûts de production. Au lieu de miser encore et toujours sur des bundles, à Nintendo de sortir un pack « nu », 100 ¤ moins cher, pour repositionner la machine comme une console abordable et accessible à tous, avec des titres familiaux et conviviaux. Qu’importe que cela signifie renier l’essence-même de la Wii U, cette solution est la plus viable économiquement et la plus logique à court terme. Or, Nintendo est une entreprise orgueilleuse, et Iwata pas très adepte du pragmatisme anglo-saxon. Qui plus est, on a récemment pu voir que le prochain Zelda, sans surprise, exploiterait le Gamepad. Nintendo soutient contre vents et marée sa technologie gimmic. Probabilité : 20%.
  • Sortir un modèle light plus attractif (meilleur design, mablette moins massive, meilleur disque dur, prix moins élevé). C’est tout à fait envisageable, et cette solution relancerait certainement les ventes à court terme. Cela dit, les problèmes de fond de la plateforme (concept et hardware boîteux, pas assez de jeux, aucun soutien des tiers) n’en seraient pas résolus pour autant. Probabilité : 30%.
  • Espérer un miraculeux décollage en continuant de miser sur les valeurs sûres maison. Star Fox, Zelda, etc…, dont on sait qu’elles ne réalisent plus de gros chiffres de vente, et sont de moins en moins incitatives à l’achat. C’est hélas la position officielle de la compagnie, et celle de la plupart des fans. Probabilité : 80%.

 

Et vous, quelles sont vos solutions ?

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Nintendo (Jeu vidéo)

 

Pas besoin de boule de cristal pour prédire un avenir sombre, très sombre à la Wii U. L'arrivée d'un Mario Kart ou d'un Smash Bros. ne changera rien à l'affaire, la console de salon est condamnée. Boudée jusque par les fans de Nintendo eux-mêmes, délaissée par les éditeurs tiers, elle n'a pratiquement aucune chance de redresser la barre, surtout face à une concurrence qui fourbit ses armes pour faire pleuvoir les hits à l'horizon 2015. Ce n'est pas une opinion pessimiste, simplement une analyse froide et objective de la situation, du marché, des forces et faiblesses de la console.

Quelles issues possibles dès lors ? La firme de Satoru Iwata pourrait s'acharner, baisser le prix, sortir un énième Zelda, croire au miracle d'un décollage à la 3DS (or la situation de la portable était différente en tous points). Mais cela n'a que peu de chances d'arriver, et Nintendo ne ferait que se débattre dans un sable mouvant, et gaspiller ses ressources pour écoper l'eau d'un Titanic aux flancs éventrés. 

Le salut de Nintendo réside dans une rupture, et ce n'est que d'une nouvelle console de salon qu'elle peut venir. En premier lieu, et c'est le point le plus important, une console de salon dont le hardware serait pensé pour rivaliser avec celui de la One et de la PS4. Pas pour rentrer dans une logique de course à la puissance, ni de standardisation. Simplement pour permettre à la console de bénéficier de toutes les grosses licences qui font le bonheur des joueurs du monde entier. Pour sortir la firme de son isolement, et lui donner les armes pour lutter. Les fans de Nintendo aussi ont le droit à du Final Fantasy, du Elder Scrolls ou du GTA. Les fans de Nintendo aussi méritent les derniers bijoux indé. Depuis trop longtemps, Nintendo n'écoute plus ce que veulent les joueurs, et n'en fait qu'à sa tête en tentant des expérimentations hardware plus ou moins hasardeuses. 

 

Mario Kart sauveur de la Wii U ? Non, plutôt son principal problème. 

 

Certes, l'innovation demeure l'ADN de la marque. Mais elle s'est lourdement trompée en pariant sur un pad tactile et sur du gameplay asymétrique, qui n'intéressent absolument personne. Dès lors, il faut chercher ailleurs, envisager d'autres solutions, faire table rase. La réalité virtuelle ? Sony a emboîté le pas à l'Oculus, pourquoi ne pas également s'engouffrer dans ce qui s'annonce comme la prochaine grosse révolution du jeu vidéo ? Pourquoi ne pas se retrousser les manches et proposer, enfin, une plateforme de jeu en ligne digne de ce nom ? Pourquoi ne pas oser la création de nouvelles licences, pour surprendre son public comme autrefois ?

Nintendo doit s'aligner sur les standards de son époque, plutôt que de réfléchir seul dans son coin à comment divertir le petit Victor, tata Louise ou pépé Denis. La compagnie japonaise doit se replacer au coeur de l'industrie et des débats, réintégrer l'E3, changer son mode de communication. Assez du politiquement correct et de ces Nintendo Direct cheapos qui ne parlent qu'aux fans les plus absolus de la marque. C'est toute une stratégie planplan et éculée que la firme de Kyoto doit redéfinir pour retrouver un élan salvateur. Car pendant que le monde et les joueurs avancent, Nintendo reste dans sa bulle à plancher sur le nouveau Mario Kart. Et on sait tous que cela ne peut plus continuer ainsi. 

 

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La Wii U sera vendue à perte. Cette annonce officielle de Satoru Iwata a sans doute constitué pour lui un véritable crève-coeur, tant sa compagnie ne nous a guère habitués à dévier de ses sacro-saints objectifs de rentabilité. Pour que Nintendo déroge à ses principes, pour que Nintendo vienne à baisser ses prix, c'est que le marché et ses lois économiques sans pitié l'y contraignent, comme avec l'incroyable erreur d'appréciation sur le prix de lancement de la 3DS, qui conduisit à un repositionnement en mode "alerte rouge" dans les mois qui suivirent.

Nintendo a retenu la leçon, ravalé son orgueil, et compris qu'en des temps économiques troublés, rares sont les firmes comme Apple à pouvoir proposer des prix quelque peu déconnectés de la réalité. Si Iwata et ses comparses ont longtemps surfé sur le hype de la Wii pour conserver des marges confortables, ils doivent désormais composer avec le coût de production élevé de la Wii U, gonflé par une mablette dont beaucoup se demandent si elle ne représenterait pas une épée de Damoclès, au lieu du relais de croissance espéré.

 

La rentabilité de Nintendo remercie déjà la mablette

 

Car même en écoulant son nouveau produit-phare à perte, il n'est pas du tout certain que la firme au plombier connaisse un succès analogue à celui de la Wii. Pas forcément parce que la Wii U en elle-même risque de ne pas susciter autant d'intérêt que son aïeule autrefois. Pas parce que les éditeurs tiers, une fois de plus, semblent marcher vers la nouvelle machine de BigN à reculons, logiquement échaudés de s'être, hormis Ubisoft, cassés les dents sur la Wii. Pas non plus parce que la concurrence nouvelle des géants du tactile et leurs applis à prix sacrifiés pourraient s'avérer une solution de repli facile pour des consommateurs sans le sou.

Mais parce que même avec ce prix de lancement "à perte" de 300/350$/€, la Wii U se trouve être la console de salon la plus chère de l'histoire de Nintendo (hors inflation). Et que le (grand) public de cette marque ne raisonne pas comme celui de Sony ou Microsoft. L'accessibilité des NES, Super Nintendo et autres Nintendo 64 a toujours été une des conditions sine qua non de leur succès. La Wii, dont le prix pouvait déjà prêter à discussion en 2006, doit son salut à l'innovation majeure et au second souffle qu'elle a apporté au petit monde du jeu vidéo. Nintendo espère sans doute reproduire ce schéma vertueux avec la Wii U, mais dispose cette fois d'une marge de manoeuvre extrêmement réduite, dans un contexte économique peu reluisant en Occident. Il faudra que la sauce prenne; mais à n'importe quel prix?

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Pour reprendre ce blog en douceur, pas de news industrie cette fois (une fois n'est pas coutume), mais un billet purement personnel, lié à un coup de coeur que j'aimerais partager. Avez-vous eu, dans votre vie de gamers invétérés, de nombreuses fois l'occasion de vous émerveiller devant un jeu? D'écarquiller les yeux, de pousser un "wow" de circonstance, d'y repenser avec le sourire une fois sous votre couette? Ça m'est arrivé dernièrement, avec Xenoblade Chronicles.

Sans être un féru de JRPG, je connais assez bien le genre, et me suis essayé à de nombreuses séries, Final Fantasy bien sûr, mais aussi Dragon Quest, Tales Of, Grandia, Breath of Fire, Star Ocean, et quelques autres. Mon dernier gros coup de coeur de cette catégorie, et qui demeure toujours aujourd'hui un de mes jeux préférés, remonte à une dizaine d'années avec le sublime Skies of Arcadia d'Overworks. Depuis, j'ai navigué entre déceptions et indifférence, aucun titre ne parvenant à me faire "rêver" de nouveau. Jusqu'à aujourd'hui.

Pour bien comprendre ce qu'est Xenoblade, il faut imaginer des mondes connectés les uns aux autres, et dans lesquels on voyage plus ou moins librement, à la manière de Final Fantasy XII. Le système de combat y est en temps réel également. On croise des ennemis visibles à l'écran, et on a le choix d'engager le combat ou non, sauf si l'adversaire vient de lui-même se frotter à vous. Les mécaniques de jeu de Xenoblade sont bien huilées, et le titre de Monolith Soft comporte quelques idées très intéressantes, comme un sociogramme qui recense tous les personnages rencontrés, et les liens qui les unissent (un jeu qui vit avec son temps, dirons-nous!). De même, lorsqu'on meurt, on conserve systématiquement l'expérience et les objets accumulés, si bien que le joueur n'est jamais pénalisé de ses prises de risques, face à des ennemis trop forts pour lui.

Avec un gameplay bien construit, un système de combat dynamique mais pas forcément très tactique, et une histoire relativement "classique", d'où Xenoblade tire-t-il toute sa magie? Essentiellement de l'univers que l'on traverse, cette étrange ascension sur Bionis, Titan depuis longtemps "éteint", et qui recèle de mondes et peuplades en tous genres adossés à ses reliefs. Moi qui pensais ne jamais prendre un jour de claque graphique sur Wii, ce RPG m'a prouvé qu'il était possible d'accomplir des miracles, pour peu que la direction artistique soit à la hauteur. L'est-elle? Oui, à des niveaux vertigineux, everestiques! Variés, détaillés, vivants, sublimés par un travail des couleurs sidérant, les mondes de Xenoblade sont une incroyable démonstration de savoir-faire technique et artistique. Baladez-vous dans les plaines de Gaur, le village frontière ou la mer d'Eryth, et vous comprendrez ce que dépaysement et émerveillement veulent dire. Ce que gigantisme, aussi, veut dire, tant ces décors de "carte postale" s'étendent à perte de vue, vous laissant perdu et éperdu, rêveur aussi. Le cycle jour/nuit aidant, Shulk et sa clique verront défiler de majestueux couchers de soleil, des nuits emplies d'étoiles filantes, des ciels plus bleus que la mer elle-même. Tout en rencontrant d'innombrables espèces, animales ou végétales, de même que des peuples aux destins entrecroisés. Je vous assure que la voix des petits nopons vaut la peine d'être écoutée!

 

 

La découverte des plaines de Gaur, un moment rare

 

 

Les musiques, dont certaines ont été composées par Yoko Shimomura de Kingdom Hearts, sont absolument somptueuses, et présentes en deux versions (nuit et jour); inutile de vous dire que le plaisir de l'exploration n'en est que plus grand. Le jeu récompense d'ailleurs les plus curieux, en conférant de l'XP lors d'intéressantes découvertes (grotte secrète, promontoire isolé...). Pour apprécier Xenoblade à sa juste valeur, il ne faut pas être trop pressé, mais avoir le goût de flâner, de prendre chaque sentier, de dominer tous les points de vue. Comme dans Skies of Arcadia ou un certain Wind Waker, Xenoblade fait voyager, invite à la contemplation. De ce point de vue, il représente l'anti-FFXIII, gavé de couloirs, cinématiques et scènes surjouées. Il représente aussi la preuve "vivante" qu'un hardware peu puissant, mais bien exploité, peu aisément terrasser un autre plus en jambes. Croyez-le ou non, Xenoblade est parfois si beau (spoil), si majestueux, qu'on en vient à se demander s'il n'est pas lui-même d'origine divine! Mais aucun hasard là-dedans, la splendeur graphique de Baten Kaitos venant à nous rappeler que Monolith Soft est un orfèvre du genre. Non, le jeu vidéo japonais n'est pas mort, et ne demande qu'à s'exprimer pour capter nos petits yeux gavés de HD next-gen.

Il me vient d'autant plus l'envie de parler de ce soft qu'il ne réalisera à coup sûr qu'un dixième des ventes des mastodontes du marché, ce qui pourrait représenter une injustice aux yeux de certains. Pourtant, voilà bien un titre qui n'est pas "calibré" pour le succès de masse, comme d'autres avant lui (Shenmue, Okami, ICO...), et qui soudera ses quelques milliers de fans d'un lien indéfectible. Je pourrai vous en parler encore longtemps, mais vais simplement conclure en vous conseillant au plus haut point de jouer à Xenoblade tant que c'est encore possible (il sera un jour introuvable), de vous jeter dessus comme un mort de faim, mais d'en apprécier les saveurs sans excès, en les savourant. Dans le cas où vous n'ayez pas de Wii, faites-vous en prêter une, voire achetez-en une. Si vos finances vous le permettent, faites-le uniquement pour lui, car il n'est pas ici question de jeu ordinaire, mais d'un bijou, d'un ovni, dont les quelques défauts sont noyés dans un océan de ravissement. Après 20 ans de joutes vidéoludiques, après avoir mordu dans tant d'expériences jusqu'à en devenir blasé, on peut donc encore ressentir cela? Merci Nintendo.

 

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Comme on l'a vu précédemment, Nintendo se trouve actuellement dans une phase de transition entre deux générations de machines, celles du duo Wii/DS, qui lui a assuré une fortune considérable, et celle de la doublette 3DS/Wii U, sensée faire sa fortune future. Il est donc logique que les résultats de la marque se trouvent pénalisés à court terme. Or, ce passage de témoin est bien plus difficile à négocier que prévu, en raison du retard à l'allumage de la 3DS. 710 000 unités de la portable seulement ont trouvé preneurs d'avril à juin, soit à peine 250 000 par marché majeur (Japon, USA, Europe). Bien que la période ne s'y prête pas vraiment, Nintendo aurait dû en vendre près de quatre fois plus.

 

 

Excès de confiance et mauvaise stratégie de lancement. La 3DS va coûter cher à Nintendo

 

 

Dès lors, on comprend mieux pourquoi la firme de Kyoto a pris la décision d'une baisse de prix de cette ampleur, s'exposant du même coup à une plongée vertigineuse de ses marges (la 3DS sera d'ailleurs vendue à perte). Sur ce premier trimestre fiscal, les revenus du groupe japonais ont chuté de moitié en rythme annuel, à 93.92 milliards de yens (847 millions d'euros), pour une perte de 25.5 milliards (230 millions d'euros), sensiblement équivalente à celle du T1 2010/11. La 3DS, qui devait être le principal relais de croissance de l'industrie en 2011, a été largement supplantée par la Wii (1.56 million d'unités écoulées) et la DS (1.44 million), lesquelles sont pourtant à court de forme.

Du côté des jeux, le constat est sensiblement similaire, avec seulement 4.53 millions de titres 3DS écoulés, contre 12.1 millions de jeux DS, et 13.4 millions de jeux Wii. Fort de ces mauvais résultats, Nintendo a revu de 82% à la baisse ses prévisions de bénéfices annuels, à 20 milliards de yens (180 millions d'euros). Satoru Iwata a d'ores et déjà annoncé assumer la pleine responsabilité du mauvais démarrage de la 3DS, et diminuera sa rémunération de 50%. La valorisation boursière de Nintendo a quant à elle fondu de 20% en quelques heures, faisant (virtuellement) perdre à l'ex-CEO Hiroshi Yamauchi, actionnaire de la compagnie à hauteur de 10%, près d'un demi-milliard de dollars. 

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Les quelques habitués de ce blog connaissent le refrain. Le handicap majeur de la 3DS, et l'erreur stratégique grossière commise par Nintendo au moment de mettre en place le positionnement de sa machine, fut le prix. Depuis son lancement, la portable n'a eu de cesse de décevoir les attentes du groupe japonais, et d'inquiéter les observateurs. La sortie d'Ocarina of Time 3D, et de quelques titres tiers non dénués d'intérêt, n'a quasiment rien changé à ce désamour du grand public pour la plateforme.

La firme de Kyoto a donc décidé de réagir rapidement, et officialise une baisse drastique et inattendue du prix de la 3DS. Aux États-Unis, le tarif passera à compter du 12 août de 249$ à... 169$! Au Japon, il passera de 25 000 à 15 000 yens. En Europe, les nouveaux tarifs officiels n'ont pas été communiqués, mais l'effort devrait être similaire.

On notera qu'une compensation est prévue pour les early adopters, qui pourront télécharger plusieurs jeux gratuitement sur la boutique numérique dédiée. Il est extrêmement rare que Nintendo baisse ses prix aussi rapidement dans un cycle de vie; un volte-face qui témoigne de l'urgence de la situation, mais aussi de la détermination de l'entreprise à relancer la plateforme avant le crucial dernier trimestre, et l'arrivée de la Vita. Enfin, la 3DS devient une console attractive.

 

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Ironie du sort, se pourrait-il que le principal argument de vente et avantage concurrentiel de la 3DS se soit mué en frein à l'achat auprès du grand public? Après plusieurs mois de commercialisation, la nouvelle portable de Nintendo ne décolle toujours pas dans les échoppes mondiales, du moins pas dans les proportions que le constructeur avait envisagées. Au-delà du problème du prix, que la firme au plombier ne semble pas vouloir prendre en considération, la question de la 3D revient avec insistance.

Dans une récente allocution auprès des actionnaires de l'entreprise, Satoru Iwata a expliqué que la perception de la 3D, et du soi-disant "danger" qu'elle pourrait représenter pour la vue, sont en grande partie responsables, avec un line-up pas assez étoffé, de la mauvaise implantation initiale de la machine. "Ce ne sont pas nos yeux mais notre cerceau qui nous fait ressentir les images stéréoscopiques", insiste l'intéressé, ajoutant que le principe de précaution appliqué auprès des enfants de moins de six ans ne doit pas pour autant les empêcher de jouer à la 3DS, puisque l'effet 3D peut-être désactivé, voire bloqué par un système de contrôle parental.

C'est en se sens, continue Satoru Iwata, que Nintendo va s'efforcer de faire évoluer son message, afin de tordre le cou aux idées reçues. "En communiquant largement sur ces deux points, je pense que nous serons en mesure de dissiper les rumeurs nuisibles, telles que 'Vous ne pouvez acheter ceci ou jouer à cela parce que ce n'est pas bon pour vos yeux'". Étrange revirement que d'imaginer qu'après avoir diffusé des spots TV mettant en scène des joueurs émerveillés par l'effet 3D, Nintendo va désormais montrer qu'il est possible de couper celui-ci...

 

 

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D'après le président de Nintendo of America, les deux facteurs qui auraient pu constituer un frein à l'achat d'une 3DS ont été résolus, ou sont en passe de l'être. "Quand nous avons commencé à parler aux consommateurs qui étaient au courant ou intéressés (sous-entendu par la machine), mais ne l'avaient pas encore acheté, ils nous ont dit deux choses: en premier lieu, j'ai besoin d'une grosse franchise Nintendo pour passer à l'achat. La seconde chose est que j'ai besoin que le réseau soit en place. J'ai besoin d'expériences connectées pour en être", a déclaré le dirigeant au site Kotaku, lors de l'E3.

À court terme, l'arrivée d'Ocarina of Time et de Star Fox constitue une première réponse. L'ouverture de la boutique en ligne et du navigateur web de la 3DS, puis du service de vidéos 3D et de Netflix cet été (du moins aux États-Unis) en est une autre. "Mon sentiment, Stephen, est qu'avec les ajustements que nous avons fait, nous allons être de retour avec un élan solide pour la 3DS", ajoute Fils-Aime.

Curieusement, lorsque l'on consulte le top 20 des raisons pour lesquelles les consommateurs n'ont pas encore franchi le pas de la 3DS, le problème des jeux n'apparaît qu'en cinquième position, et celui du "réseau" n'y figure même pas (à ceci près qu'il s'agit d'un sondage administré auprès de japonais, dont les attentes peuvent être différentes). Il sera intéressant d'observer l'évolution des ventes de la portable au cours des prochaines semaines, afin de savoir si Nintendo a vraiment apporté les réponses que les consommateurs indécis attendaient.

 

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La présentation maladroite de la Wii U n'a semble-t-il pas plus convaincu (du moins dans l'immédiat) les joueurs que les investisseurs. A la suite de la révélation par Nintendo de sa nouvelle console de salon à Los Angeles, l'action du groupe s'est effondrée à la bourse de Tokyo, perdant 7.5% à 16 610 yens.

L'analyste Yusuke Tsunoda explique que les attentes étaient grandes autour de ce nouveau hardware, et qu'il n'y a finalement "rien eu de plus que ce qui avait déjà été rapporté". Durement affectée par les catastrophes naturelles survenues au Japon, puis de mauvais résultats financiers, la valorisation boursière de Nintendo a touché un plus bas depuis cinq ans.

 

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Édito

Business et jeu ne s'opposent pas. Un éditeur, quel qu'il soit, joue sa survie sur la réussite de ses jeux. Les bénéfices qu'il génère, ce sont les jeux qu'il produira demain. De multiples mécanismes et décisions favorisent le succès ou l'échec d'un jeu (qualité, timing de sortie, marketing, choix de la plateforme, du genre...), et c'est précisément ce dont il sera question dans ce blog. Je reviendrai sur l'actu du secteur, le quotidien stratégique et financier des éditeurs/constructeurs, mais aussi sur certains coups de coeur qui rythment ma vie de joueur. Bonne lecture à tous!

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