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Par Siddharta Chidoshi Blog créé le 26/04/11 Mis à jour le 03/03/16 à 09h32

Industrie du Jeu Vidéo

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Tout en étant convaincu que les ventes de Call of Duty, mis sous pression par une licence Battlefield conquérante, avaient atteint un pic (Black Ops 2 devrait confirmer cette tendance), il apparait aujourd'hui que le marché des FPS "miliaires" dans son ensemble semble promis au déclin. Le filon a livré ses plus grosses pépites, et tend aujourd'hui à se mettre au diapason d'une génération qui attend patiemment sa relève. Le nouveau Medal of Honor est d'ailleurs symptomatique de cette saturation du genre.

 

Warfighter, le shooter "militaire" de trop?

 

Très mal accueilli par la presse, comme son aîné il y a deux ans, il ne devrait pas accomplir de miracles dans les boutiques, et opposer une bien faible résistance à Black Ops 2. Ce dernier constitue une tentative intéressante de Treyarch de s'écarter des conflits contemporains, comme le premier opus, mais les joueurs Xbox 360, plus gros public de COD, pourraient aussi avoir la tête à Halo 4, dont on attend un retour (éventuellement) triomphant sur le plan critique. D'autres amateurs de FPS pourraient être tentés de patienter jusqu'à la sortie de Far Cry 3, même si le multi du FPS exotique d'Ubi ne sera, comme le second, pas vraiment un argument plaidant en sa faveur.

Il sera intéressant d'observer quelles vont être les intentions d'Activision et Infinity Ward l'an prochain. Sont-ils d'ores et déjà en train d'anticiper la perte d'intérêt du public pour les shooters militaires "modernes", ou comptent-ils malgré tout poursuivre l'arc Modern Warfare, persuadés que leur public les suivra contre vents et marées? De même, EA et DICE vont-ils jouer la sécurité en façonnant un Battlefield 4 dans la continuité du 3? Le basculement de génération, attendu pour 2013 du côté de la Xbox, permettra peut-être à de nouveaux genres d'émerger, tout en perturbant les plans des deux géants américains, et leurs franchises saisonnières réglées comme du papier à musique. Souhaitable? Avouons-le, ça commence un peu à sentir le renfermé.

 

 

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Le vent du succès tournerait-il enfin en faveur d'Electronic Arts? Dans le rouge ces dernières années, l'éditeur américain entame son exercice 2011/12 sur les chapeaux de roue, annonçant un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 23% à 999 millions de dollars, et un bénéfice net en progression de 130% à 221 millions de dollars. EA se revendique du premier rang mondial sur les marchés occidentaux au cours de la période, avec une part de marché flatteuse de 16%.

Parmi les best-seller maison, on notera les 15 millions d'exemplaires écoulés de FIFA 11, et les 9 millions de Battlefield: Bad Company 2. Crysis 2 cumule de son côté 3 millions de copies vendues, Portal 2 plus de 2 millions, tout comme Dragon Age II. Le CEO John Riccitiello se félicite d'un "nouveau trimestre solide", tant sur le plan des produits packagés que numériques. Les pré-commandes de Star Wars The Old Republic, et surtout de Battlefield 3, augurent par ailleurs d'une fin d'année prometteuse.

Le directeur financier Eric Brown estime l'entreprise "bien positionnée" pour atteindre un CA supérieur à 4 milliards de dollars d'ici le terme de l'année fiscale, un objectif nettement supérieur aux projections initiales. Bien évidemment, en cas de bonnes performances des deux titres précités, sur lesquels reposent bien des espoirs, les revenus du groupe pourraient allègrement s'envoler. Rappelons qu'EA s'est récemment porté acquéreur de PopCap pour la bagatelle de 750 millions de dollars.

 

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Electronic Arts
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Electronic Arts annonce s'être porté acquéreur de la firme PopCap pour la coquette somme de 750 millions de dollars (équivalente à celle déboursée par Disney pour absorber Playdom l'an dernier). C'est la seconde acquisition d'envergure pour EA sur le marché du social gaming, actuellement en plein boom, après celle de Playfish en 2009 (400 millions de dollars). L'éditeur américain, contrairement à son concurrent direct Activision Blizzard, croit dur comme fer en l'avènement du jeu vidéo sur réseaux sociaux et smartphones, et avance peu à peu ses pions pour étendre sa couverture sur ces segments porteurs, et développer ses activités numériques.

PopCap, éditeur à succès de Bejeweled, Peggle et Plants vs Zombies (entre autres), pèse une centaine de millions de dollars de revenus annuels, pour un effectif de 450 employés. "EA et PopCap constituent une association irrésistible", déclare le CEO du groupe de Redwood City, John Riccitiello. "Le  talent fantastique et les licences puissantes des studios de PopCap nous donneront un élan supplémentaire et accélèreront notre route vers des activités numériques d'un milliard de dollars. Le réseau mondial de studios et d'édition d'EA aidera PopCap à étendre rapidement ses activités à davantage d'appareils numériques, de pays et de canaux de distribution".

 

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Electronic Arts, PopCap Games
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S'éloignant encore un peu plus du marché des consoles, Disney Interactive a confirmé être entré dans un "processus de consultation" qui devrait conduire à la fermeture de son studio Black Rock, et au licenciement d'une quarantaine d'employés. Le développeur de Split Second: Velocity, qui était en attente d'un éventuel feu vert pour entamer la pleine production de son nouveau projet, avait déjà été amputé en mai dernier d'une grande partie de son effectif.

Le funeste destin de Black Rock rappelle étrangement celui de Bizarre Creations, fermé quelques mois après avoir accouché de l'excellent Blur. Un jeu de course sorti une semaine après... Split Second. À la nuance près que si Activision Blizzard a fermé Bizarre pour une pure question de rentabilité, Disney Interactive ne fait qu'appliquer froidement son plan de repositionnement vers le social gaming, sous la houlette de son président John Pleasants. Un virage stratégique qui l'a déjà conduit à fermer Propaganda Games.

 

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Black Rock Studio
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Le catalogue de jeux free-to-play d'EA Games pèse 17 millions d'utilisateurs, a dernièrement révélé le président du label américain Frank Gibeau, dont la compagnie "investit agressivement" sur ce type de marchés "low-cost". Le responsable assure que les titres FTP ne cannibalisent en rien les jeux classiques vendus en magasin ou en ligne, et espère qu'ils deviendront rapidement tout aussi rentables.

"En fait ils atteignent des marchés que nous ne couvrons pas actuellement", explique Frank Gibeau. "Avec Need for Speed World, la Russie et le Brésil sont respectivement numéro un et deux, l'Ukraine est également là. Je ne peux vendre des produits packagés sur ces territoires" (...) "C'est un moment vraiment excitant de notre point de vue car tout ne se passe plus uniquement sur consoles. Il y a les smartphones, les tablettes, le free-to-play, les navigateurs, le social-gaming".

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On connaît tous l'insatiable appétit de l'ex-Capcom Keiji Inafune pour ce qui est de critiquer l'industrie vidéoludique japonaise, en crise depuis la fin de la génération 128 bits. Souvent mal vu en son pays pour ses prises de position radicales, l'intéressé n'est plus le seul à constater les dégâts d'un secteur qui se cherche toujours une nouvelle direction. Kouji Taguchi de Square Enix a en effet déclaré via Twitter que sa compagnie a pu sauver la face grâce au rachat d'Eidos, mais que les jeux japonais ont subi un "déclin humiliant".

Il ajoute se demander "chaque jour de la semaine" (sous-entendu durant l'E3) "de quelle manière les jeux japonais vont revenir sur le devant de la scène". Nombreux sont les éditeurs de l'archipel à sous-traiter leur production, qu'il s'agisse de leurs propres franchises (DMC, Resident Evil: Operation Raccoon City, Ridge Racer: Unbounded, Silent Hill Downpour, Front Mission Evolved...), ou bien de créations originales (Enslaved, Alpha Protocol, The Conduit...), illustrant la perte croissante de compétitivité de la scène japonaise.

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Deux blockbusters, deux visions du first person shooter. Mais surtout, bien au-delà de la guerre virtuelle qui s'annonce sur nos consoles, c'est une guerre économique qui va opposer Electronic Arts à Activision Blizzard, pour s'adjuger la meilleure part d'un gateau de plusieurs milliards de dollars.

 

Modern Warfare a failli exploser en plein vol

Les deux géants mondiaux du secteur se rendent coup pour coup depuis quelques années, dans les boutiques, mais aussi en dehors. Difficile de ne pas voir en l'affaire Infinity Ward (licenciement/débauchage des directeurs Jason West et Vince Zampella, partis créer avec plusieurs de leurs collaborateurs Respawn Entertainment, sous l'égide d'EA) un des dérapages regrettables de cette concurrence exacerbée. L'officialisation récente de Modern Warfare 3 représente un petit miracle, tant le studio à l'origine de Call of Duty a été amputé l'an dernier de ses cadres historiques. Le développeur Infinity Ward tel qu'on le connaissait jusqu'à Modern Warfare 2 n'est plus. Certains diront que c'est un bien, d'autres considéreront que le risque de voir la franchise perdre en identité et en qualité n'a jamais été aussi grand.

Au même moment, le camp adverse respire la confiance et la sérénité. La licence Battlefield ne cesse de prendre de l'envergure, et sort grandie de deux épisodes Bad Company aux vertus ludiques solides, qui ont largement renforcé la réputation d'excellence de DICE en matière de multijoueur. Cette année, le studio suédois débarque avec un moteur remanié, et un solo plus spectaculaire que jamais, dont les séquences rythmées par les scripts et les explosions sont clairement inspirées de la concurrence. Qu'importe, Battlefield apparaît comme la seule licence à même de proposer une alternative crédible au mastodonte COD. Les Brink, Crysis 2, et autres Homefront ne font que de la figuration.

 

Rome ne s'est pas faite en un jour

Faut-il pour autant s'attendre à ce que Battlefield 3 prenne l'ascendant sur MW3 à l'automne prochain? C'est très improbable, au regard des forces en présence. Là où Call of Duty pèse chaque année environ 20 millions d'exemplaires écoulés, EA cherche laborieusement le déclic de la dizaine, et a un gouffre à combler. Bad Company 2 s'en est bien sorti au premier semestre 2010 (7 millions en cumul), mais c'est encore trop peu en comparaison du rouleau compresseur Black Ops, lancé quelques mois plus tard. On ne parlera même pas de Medal of Honor, qui n'avait aucune chance avant même sa sortie. 

 

BF3

Battlefield 3 et son Frostbite 2, un concurrent de poids pour Call of Duty

 

Si BF3 ne saurait prétendre à une position de leadership dès cette année, tous les ingrédients sont réunis pour qu'EA place la barre encore plus haut, vraisemblablement au-delà des 10 millions d'exemplaires. Une qualité (supposée) au rendez-vous, une campagne marketing que l'on devine colossale, un timing de sortie approprié (Battlefield 3 devrait sortir quelques semaines, voire quelques jours avant son concurrent, de manière à lui couper l'herbe sous le pied), et une dynamique positive pour la série...

 

COD, leader sous pression

En face, Call of Duty fait figure de grand favori. Les ventes de la licence sont au beau fixe et l'arc Modern Warfare est très apprécié des fans, qui attendent une conclusion en forme d'apothéose. Pourtant, tout ne sera peut-être pas aussi simple qu'il n'y paraît. Outre Battlefield 3, le nouvel épisode de COD va devoir faire face à une concurrence dantesque au cours de la période octobre/novembre. Même s'ils ne jouent pas sur le même marché, on pense bien sûr à Arkham City, Skyrim et Uncharted 3, sans compter un potentiel remake de Halo venant célébrer les dix ans de la saga.

En outre, on ne peut s'empêcher de penser qu'Activision Blizzard, et sa politique d'annualisation réglée comme du papier à musique, tire trop sur la corde depuis quelques temps. Le risque de lassitude existe bel et bien, et les fidèles d'une licence n'en sont pas pour autant aveugles. Il suffit d'ailleurs d'observer les réactions des joueurs sur les forums pour se rendre compte que l'enthousiasme entourant MW3 n'est pas aussi vif qu'au moment de l'annonce du deuxième épisode en 2009. Et sur un strict plan vidéoludique, les fans pardonneront-ils éternellement à Activision de recycler le même moteur et les mêmes routines de jeu depuis le quatrième épisode en 2007?

Tout annonce par conséquent une bataille plus indécise que par le passé, et dont l'issue devrait annoncer la couleur des années futures. Celle d'un Call of Duty plus que jamais archi-dominateur et hégémonique, ou bien d'un Call of Duty potentiellement sur le déclin, vulnérable aux assauts répétés de ses rivaux. Ce sera à nous d'en décider.

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Très favorablement accueilli par les critiques (mais pouvait-il en être autrement de la part d'un jeu estampillé Rockstar Games?), LA Noire a fait grimper l'action Take 2 de 7.75% hier. Les investisseurs ont salué la nouvelle démonstration qualitative de l'éditeur, qui a déjà remporté de nombreux suffrages l'an dernier avec BioShock 2 et Red Dead Redemption.

Coté au-dessus de 17$, le titre Take 2 est à un plus haut depuis trois ans. Attention toutefois, les moyennes Metacritic élevées du soft de la Team Bondi ne signifient pas pour autant que consommateurs mettront la main au porte-monnaie. La firme américaine espère pourtant que ce buzz positif rejaillira sur les ventes du blockbuster, comme pour RDR l'an dernier.

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Les chiffres sont parfois trompeurs. La holding SEGA Sammy confirme son redressement sur ces deux dernières années, en publiant un chiffre d'affaires stable (396.7 milliards de yens/3.42 milliards d'euros, +3.1%), mais surtout des bénéfices en forte hausse (41.5 milliards de yens/358 millions d'euros, +105%). Pourtant, les jeux vidéo sont à la peine, puisque la division "consumer" a vu ses ventes décliner de 26.5% à 89.5 milliards de yens/772 millions d'euros, et son bénéfice d'exploitation chuter de 69% à 1.9 milliard/16.4 millions d'euros.

Des ventes modérées en Occident, et le tsunami au Japon n'ont guère contribué à la réussite de la firme au hérisson, qui peine toujours à se reconstituer un catalogue de licences fortement rémunératrices. Car ce ne sont pas Vanquish (830 000 exemplaires vendus) et Shogun 2: Total War (600 000) qui vont exciter les ardeurs des comptables du groupe, pas plus que la performance tout juste satisfaisante de l'excellent Sonic Colors (2.1 millions). Cependant, pour le prochain exercice, SEGA lancera son nouveau Mario & Sonic aux Jeux Olympiques, franchise très populaire sur Wii, ainsi que le prometteur Sonic Generations, et s'attend de fait à écouler 23.2 millions de jeux (contre 18.7 pour la période 2010/11). 

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Sans surprise, Square Enix apparaît comme un des éditeurs ayant réalisé la plus mauvaise année 2010/11. Le groupe annonce un chiffre d'affaires en baisse de 34.8% à 125.27 milliards de yens (1.09 milliard d'euros), et surtout des pertes conséquentes de 12 milliards de yens (104.2 millions d'euros). Le "profit warning" envoyé la veille n'avait évidemment rien d'anodin.

Il est simple d'expliquer cette mauvaise passe, tant Square Enix a cumulé les impairs et autres déconvenues en 2010. Le plus important d'entre eux restera sans doute le lancement catastrophique de Final Fantasy XIV, très mal accueilli par les joueurs, et dont on se demande s'il parviendra un jour à prendre son envol. Les reports au prochain exercice de Deus Ex: Human Revolution et de la version PS3 de FFXIV ont également impacté négativement les résultats, de même que l'absence de sorties majeures en comparaison de l'année précédente (Final Fantasy XIII notamment).

Enfin, les catastrophes qui se sont abattues sur l'archipel ont certainement affecté la fin d'exercice (à hauteur de 600 millions de yens, estime l'entreprise). La firme de Yoichi Wada, qui devrait encore passer quelques mois difficiles, eu égard d'un line-up clairsemé, prévoit un rebond significatif à l'horizon 2012/13.

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Square Enix
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Édito

Business et jeu ne s'opposent pas. Un éditeur, quel qu'il soit, joue sa survie sur la réussite de ses jeux. Les bénéfices qu'il génère, ce sont les jeux qu'il produira demain. De multiples mécanismes et décisions favorisent le succès ou l'échec d'un jeu (qualité, timing de sortie, marketing, choix de la plateforme, du genre...), et c'est précisément ce dont il sera question dans ce blog. Je reviendrai sur l'actu du secteur, le quotidien stratégique et financier des éditeurs/constructeurs, mais aussi sur certains coups de coeur qui rythment ma vie de joueur. Bonne lecture à tous!

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