Gaming & Business

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Par Siddharta Chidoshi Blog créé le 26/04/11 Mis à jour le 03/03/16 à 09h32

Industrie du Jeu Vidéo

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Nintendo

Nintendo a écoulé (en sell-in?) 3.61 millions d'unités de la 3DS au 31 mars dernier. Un démarrage satisfaisant, mais en dessous des objectifs du constructeur. Pourquoi, dès la deuxième semaine, la nouvelle portable a-t-elle marqué le pas dans les échoppes? Pourquoi la sauce Nintendogs ne prend-elle pas, cette fois-ci? Satoru Iwata, conscient de ce démarrage un tantinet poussif, semble considérer que les fonctionnalités de la 3DS (relief, street pass, réalité augmentée) n'ont pas été bien "comprises" par les consommateurs. Mais s'agit-il vraiment du noeud du problème? Si de nombreux facteurs ont pu constituer un frein à l'achat (faiblesse du line-up, design du produit, 3D mal perçue ou comprise, "concurrence" des Pokémon, packaging des jeux, autonomie, communication), le prix de la 3DS est d'ores et déjà à placer sur le banc des accusés, Un air de déjà vu?

Nintendo, comme Sony avec la PlayStation 2 dans les années 2000, sort d'une période incroyablement prolifique, durant laquelle la DS s'est imposée comme la console portable la plus vendue de l'histoire. Pour la relève de cette poule aux oeufs d'or, le constructeur a fait le pari de monter en gamme. La DS avait été lancée à 149€? La 3DS serait proposée à 100€ de plus (+66%). La PS2 avait été lancée à 3000 francs (450€)? La PS3 inonderait le marché à 600€ (+33%). Avec les résultats que l'on connaît. Un positionnement élitiste qui découragea jusqu'aux fidèles de la marque, et marqua un coup d'arrêt dans la croissance de Sony sur le marché vidéoludique. Peut-on considérer qu'à l'instar de son confrère japonais, Nintendo a pêché par orgueil, en croyant dur comme fer que son public serait au rendez-vous quel que soit le prix à payer?

Intrinsèquement, 249€, ou plutôt 219€, n'est pas un prix exagérément élevé, si on se souvient des tarifs initiaux de la PSP, et si on considère que la 3DS constitue un des tous premiers produits grand public à proposer de la 3D sans lunettes. Il le devient si on le compare à l'historique tarifaire de la marque sur le marché des portables, de même qu'au coût de production supposé de la plateforme. Il le devient, si on réalise qu'une 3DS est plus chère qu'une Wii et qu'une Xbox 360. Il le devient dans un contexte économique peu favorable, où le prix influe plus encore que de coutume sur la décision d'achat.

Sachant qu'il n'est pas dans l'habitude de Nintendo de baisser ses prix, et surtout si vite, ce sont surtout les marges des revendeurs qui vont fondre comme la neige au soleil à court terme. La firme au plombier va probablement adapter son discours, et espérer que les sorties des OOT, Kid Icarus et autres Mario Kart amorcent une dynamique positive, et permettent à la machine de trouver ses marques. Pas forcément évident, quand on sait que la DS et la PSP sont encore bien vivantes sur le marché, que les smartphones ont un appétit vidéoludique de plus en plus vorace, et que la NGP pointe le bout de son nez. C'est là tout le défi qui attend le leader de cette génération.

 

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Édito

Business et jeu ne s'opposent pas. Un éditeur, quel qu'il soit, joue sa survie sur la réussite de ses jeux. Les bénéfices qu'il génère, ce sont les jeux qu'il produira demain. De multiples mécanismes et décisions favorisent le succès ou l'échec d'un jeu (qualité, timing de sortie, marketing, choix de la plateforme, du genre...), et c'est précisément ce dont il sera question dans ce blog. Je reviendrai sur l'actu du secteur, le quotidien stratégique et financier des éditeurs/constructeurs, mais aussi sur certains coups de coeur qui rythment ma vie de joueur. Bonne lecture à tous!

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