°lGBauJN°
Humeurs - 7 Février 2011 @ 15h08 -
Signaler

Détourner du Patricia Kaas dans un titre de billet. Voilà qui disparait de ma longue liste des "Trucs Ignobles à Faire avant la Mort". Prochaine étape : cette idée d'un attelage de lapins nains tractant une Punto. J'envoie ça au service Recherche & Développement sur l'heure.

Dis moi lecteur, t'es plutôt esthète quand on vient à parler de jeux vidéo ? Je veux dire : la gueule du héros que tu incarnes joue-t-elle un rôle dans le plaisir que tu prends à le diriger ? En bref : t'es un gros poseur ou bieng ? C'est une question que je ne m'étais jamais trop posé jusqu'ici. En même temps c'était pas difficile de passer à côté du mindfuck : depuis quinze ans l'industrie nous arrose copieusement de protagonistes qui puent la classe. Avouons que les occasions d'incarner des Jean-Claude Convenant ou autres guignols mal mis ont été relativement rares.

Cloud, Squall, Snake, JC Denton et plus dernièrement John Marston : ouais, suffit de regarder mes gros coups de coeur de joueur pour comprendre que je suis une grosse whore nourrie aux poses de gosse-beaux. Et ça c'est moche, tu sais pourquoi ? Parce que plus le temps passe et plus les héros uniques laissent place à des faciès complètement modulables, des boules Play-Doh prêtes à accueillir nos créativités débridées. Finie donc, la belle époque où le seul jeu à t'enquiquiner avec un générateur de persos un peu serious c'était The Sims. A partir de là, deux écoles : d'un côté la sécurité, avec un générateur à base de presets (WoW, Fallout) de l'autre le véritable logiciel de terraforming facial, où  un curseur mal dosé t'affuble du menton de Grichka Bogdanov pour les 20 prochaines heures de jeu. Ce qui la fout un tout petit peu mal, l'air de rien.

Et bien figures-toi que j'en prends mon parti, moi, de cette dangereuse seconde option. Je viens de parcourir la galaxie en long/large/travers dans la peau d'une tête de con notoire… et j'ai aimé ça.


Non non les potes, dans ma réalité, le Commandant Shepard n'est pas tout à fait beau et fringant : il a surtout l'air d'avoir été embauché sur le Normandy pour remplir le quotas de simplets. Tout avait pourtant si bien commencé : dans l'éditeur de persos, mon gros Shep' avait tout de la gravure de mode doublée du Prix Nobel de Physique : belle gueule, l'air un peu bourru et sévère, je le voyais déjà atomiser le truand de l'espace, épargner l'orphelin et pécho la veuve (l'ordre est important). C'était sans compter sur la constance de Bioware lorsqu'il s'agit de l'interface de création : une fois in-game, c'est fifty-fifty entre "YATA" et "WHAAAAAAT ?".

J'avais eu droit à un "WHAAAAAAT ?" en commençant Dragon Age, heureusement rattrapé en modifiant ma sauvegarde via le SDK de Bioware… Oh eh, ça va hein : je suis pas timbré, je suis esthète, ok ? Esthète ! Bref. Quand j'ai réalisé que le Commandant Sheppard avait vraiment tout du Balayeur Sheppard, je me suis jeté sur Google à la recherche d'une issue à cet EMINENT problème. Et bin peau d'zob, nada, no can do comme disent les étatsuniens. Perdu dans l'espace avec l'idiot du village.

Quelque demi-douzaines d'heures de jeu plus tard, je voudrais te faire un bisous, Monsieur (Madame ?) Bioware. Alors soit, ton éditeur de persos pue un peu du bec, soit… Mais quand tu te retrouves les larmiches aux yeux, concerné par le destin d'un machin avec la gueule de mon Commandant Sheppard à moi, tu te dis qu'il y a magie noire quelque part. Tu comprends que t'à affaire à une qualité d'écriture de ouf'malade, tant dans l'univers installé que dans les dialogues et dans l'image que le jeu te "renvoie" de ton héros, au délà de son apparence. Tu réalises que le coup du culte du héros sur la base d'une coquille vide dans laquelle tu as collé tes choix, on te l'avait jamais fait.

En toute logique, j'ai embrayé sur Mass Effect 2 presque immédiatement. Puis vint le dilemme tant redouté : récupérer mon Sheppard ? ou me recréer un héros de toute pièce, libéré des affres du crétinisme ? J'ai du mettre environ 0.3 secondes à me décider.

Saute dans le cockpit mon beau débile, on va casser du xénomorphe !

L'amour rend aveugle, GG Bioware.


Tout est dans le sourcil. Tout.

COMMENTAIRES

°lGBauJN°

Par Gautoz | Blog créé le 21/01/10
Dernière modification le 25/03/11 @ 15h24

Les déviances adulescentes d'un type pas super bon en EPS, mais qui assure grave en baston de pouces. En clair : vous soufflez dans vos cartouches de Super NES ? Je sniffe dans les miennes. Voila voila.

Ce blog est une retranscription des billets publiés sur www.gautoz.com

Gameblog Premium
Archives
Afficher :
Favoris