Système double

Édito

Ancien pilote sur Elite 2 : Frontiers , la sortie de l'opus Dangerous m'a permis de reprendre le manche et de partir à la découverte des 400 milliards de système du jeu. 

Récits de mes aventures,  astuces, screenshots ... le but de ce blog est de présenter ce monde incroyable d'une façon un peu plus "artistique" que la moyenne afin de guider les nouveaux, de fédérer les anciens et pourquoi pas, de donner envie aux néophytes de se lancer dans cette aventure épique!

Accrochez vos ceintures, éteignez vos mégots. Le commandant vous souhaite un vol agréable sur son blog!  

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Système double

Par Furysan Blog créé le 23/01/15 Mis à jour le 26/01/15 à 11h37

Entre 2 sauts hyperspatiaux, petites chroniques rigolotes d'un voyageur de l'espace indécis mais motivé ...

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"Et là, nous avons le commutateur de répartition de puissance, bien pratique en cas de mauvaise rencontre!"

Son sourire m'exaspérait. Son ton condescendant aussi. Qu'est-ce qu'il croyait ce jeune imbécile?!? A l'entendre me faire le portrait de sa brouette spatiale, j'étais une espèce de débile profond qui n'aurait jamais quitté le plancher des vaches. Pourtant, bien des années auparavant, je m'étais déjà usé les fesses sur les sièges moelleux d'un Imperial Clipper et à l'époque, tous les  équipement new-gen qu'il me présentait n'existaient pas. Le système FSD? inconnu au bataillon, je maîtrisais l'écoulement du temps, par 10.000 si je le voulais ... Les lasers guidés? on avait pas besoin d'aide à la visée pour blaster du Viper de contrebandier! Les patelles?!? Mais de quoi ce jeune freluquet au sourire ultra blanc me parlait-il?!? 

"Pour chaque appareil acheté chez Stan's LHS 3447 used ships, une formation rapide vous est dispensée pour que vous ne vous désintégriez pas à la mointre comète ... Nous aimons que nos clients reviennent nous voir!"

Si j'avais pu lui faire avaler son râtelier, je l'aurai fait. Mais mon casier judiciaire avait apparemment été effacé par erreur quelques jours auparavant, un coup de bol monstrueux, et je ne comptais pas y rajouter de lignes trop rapidement. Oh, il n'était pas comparable à celui de l'homme politique moyen par exemple, mais j'avais eu quelques soucis ici et là et je ne tenais pas à faire trop de vague avant d'avoir une puissance de feu nécessaire pour riposter ... ou un moteur décent pour ne plus laisser voir que mes réacteurs.

Et puis après tout, pourquoi ne pas en profiter? Mes réflexes étaient rouillés et je pourrai apprendre 2 ou 3 trucs bien utiles en vol.
Il me précéda dans son bureau, , ouvrit la porte juste à droite en entrant et je me retrouvai face à face avec un simulateur sentant bon la transpiration des anciens client de Stan et le tabac froid. Au vu des composants formant la bête, les frères Wright aurait très bien pu y avoir testé leur avion en bois et en ficelle avant de s'élancer. 

"Installez vous, je vais rentrer les coordonnées de votre futur Sidewinder afin que vous ne soyez pas trop surpris quand vous aurez la joie de vous élancer vers les étoiles à bord de VOTRE propre vaisseau!"

A l'en croire, j'avais acquis le dernier monstre hurlant de chez Gutamaya alors que tout ce qui différenciait mon esquif d'une poubelle était l'odeur, moins musquée dans cette dernière.

"Voilààààà, détendez vous pendant que je pose le casque ... Impeccable! On dirait qu'il a été fait pour vous"

"Vous essayez également de me vendre votre simulateur ou je suis trop suspicieux?"

Son rire me sembla faux.

"Nous en avons besoin, monsieur. Selon les lois de ce système, chaque concessionnaire doit pouvoir proposer ce genre de prestation. Encore un ou deux réglages ... paaaaaardon ... et hop! Alors, que voyez vous?" 

Si les spécificités purement techniques de la simulation étaient en rapport avec celles du véritable appareil, Il en était tout autrement avec l'aspect purement visuel. Bois de rose sauvages des plaines de Lave, cuir de buffle d'Arcturus ... Un luxe inouï pour tromper les acheteurs encore indécis j'imagine. J'entendis Stan donner les instructions :

" ... sur votre gauche. Il vous permettra notamment d'ouvrir votre carte galactique ou de sélectionner une destination. Devant vous, le HUD. Seuls les très grands débutant ignorent que ... "

Je me trouvais en terrain connu. Les HUDs n'avaient pas beaucoup changé pendant ma retraite. Le panneau holographique de droite quand à lui résumait les différentes relations établies avec les différentes factions ainsi qu'un rapide récapitulatif des différents sous-système du vaisseau. 

"Vous poussez maintenant décoller et effectuer quelques manoeuvres. N'hésitez pas à y aller franchement, il n'y aura pas de tôle froissée! Hahaha" Le rire de Stan était au moins aussi gras que ses rares cheveux. 

La bouse virtuelle s'éleva lentement, aussi gracieusement qu'une pierre lancée par un lanceur de poids bourré à l'alcool de poisson local, Je tentais tant bien que mal de gérer le roulis, le tangage et l'assiette  tout en prenant en compte la poussée des moteur. L'instinct revint assez vite et je pus alors virevolter habilement dans l'espace virtuel. Tellement habilement que les bases du combat ne furent qu'une formalité une fois la configuration idéale trouvée. Même l'appontage, cette manoeuvre maudite qui s'apparentait à garer le Titanic dans une boîte à chaussure  ne fût qu'une formalité. J'étais devenu subitement plus doué. Ou alors les stations étaient plus vastes qu'à mon époque. A moins que la simulation de Stan ne fût plus permissive que la réalité.

Je raccrochais le casque en m'époussetant les cheveux, craignant de tomber sur un cafard local ou pire. Le temps de fignoler les dernières formalités, le stagiaire me fit le plein et ce fut avec un soulagement certain que je prenais congé.

Décidément, mon sidewinder faisait pitié à voir. Sa couleur défraîchie rivalisait avec un équipement de base qui ne devait effrayer que les moineaux les moins téméraires. Avec son aérodynamisme semblable à celui du cube moyen, même le vide cosmique risquait d'opposer une résistance, foulant au pied les lois de la physique la plus élémentaire rien que pour se payer ma fiole.  Mais je devais faire avec et c'est en espérant que personne ne me verrait monter dans un tel engin que je me glissais dans le siège déchiré ... et orange. Je mis le contact, activant mon générateur qui alimentait l'interface de communication. Je  pressai une touche déjà collante et j'accédais enfin aux services en ligne de la station orbitale, direction le tableau d'affichage. J'étais sûr d'y trouver une mission qui me permettrait de gonfler un peu ma bourse bien peu fournie. 1000 crédits en tout et pour tout. Stan vendait peut-être des veaux, mais il les vendait chers.   

"On recherche un coursier! 2500 crédits pour délivrer un document confidentiel!" L'annonce me sauta aux yeux pour plusieurs raisons. Pas d'espace en soute nécessaire, pas de long voyage périlleux dans un système anarchique ou les vaisseaux poubelles comme le mien servait de hors d'oeuvre à des hordes de pirates désoeuvrés ... Bingo. 

Je pris une collation en attendant mon contact quai 42. 42, comme la réponse ultime, celle qui n'avait pas de question selon les textes anciens. Je vis apparaître un petit bonhomme suspicieux, manifestement inquiet de se retrouver dans le même hanger avec mon monstre surarmé, prêt à défier tout les vaisseaux amiraux de l'empire, de la fédération et de l'alliance réunis. 

"Mais, vous êtes sûr que votre ... euh ... vaisseau va tenir jusque là-bas?!? Ce document est rès important pour nous et je ne voudrais pas que ..."

"Ne vous en faites pas, mon p'tit père! Ce bijou a déjà traversé les vents solaires de Beta Hydri sans frémir. Il ne ressemble à rien, mais il en a dans le ventre!"

J'aurai pu filer des cours sur l'art d'embobiner le crétin moyen à Stan sur ce coup là

"Oui, on est au moins d'accord là-dessus, il ne ressemble à rien! Ecoutez, je ..."

Je ne lui laissais pas le temps de finir sa phrase de toute façon désobligeante et je lui pris son enveloppe des mains.

"Bon, c'est pas tout ça mais il ne va pas se livrer tout seul! Je suis parti!"

Je l'entendais encore vitupérer alors que mon cockpit se refermait dans un grincement inquiétant. Au moins l'isolation était bonne, car je ne vis plus qu'une masse gesticulant furieusement, la bouche grande ouverte sur des insultes que mes chastes oreilles n'auraient pas apprécié.  Un employé de la station vint tirer mon commanditaire par le bras pour l'empêcher de disparaître dans la chaleur des réacteur. 

"Commander, vous êtes autorisé à décoller"

Je poussais la manette des propulseurs horizontaux, me la pétant un peu pour rassurer mon nouvel ami. Une fois à bonne hauteur, je poussais les gazs à fond, toujours de façon très prétentieuse. Enfin, autant qu'une accélération pût être prétentieuse. Une collison évitée de justesse plus tard, je me propulsais hors de la station pour commencer mes aventures postales.  

 

 

 

 

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