DriveClub en aura fait couler de l’essence. Initialement prévu pour le lancement de la PS4, la nouvelle exclusivité automobile de Sony a eu affaire à un report de presque une année afin d’être peaufiné par les britanniques d’Evolution Studio. Une grosse prise de risques qui a fait débat mais qui s’est avérée bénéfique avec une rude concurrence en cette fin d’année. Décryptage d’une nouvelle licence prometteuse par les pilotes chevronnés – ou pas – que nous sommes.

Il faut se le dire, cette fin d’année n’est pas de tout repos pour les amateurs de bolides. Entre Project Cars, Forza Horizon 2 sur Xbox, The Crew et DriveClub, il est assez difficile de choisir et surtout de se faire une idée précise de ce à quoi on doit s’attendre. De quoi fortement hésiter au point de crier inévitablement à la comparaison en pleine recherche de la meilleure monture. S’il est important d’en faire mention en ce début de test c’est parce qu’en réalité ces jeux font bien course à part, en terme de gameplay et/ou de possibilités. En effet, il est inutile de venir directement se demander où se situe DriveClub au milieu de ses « concurrents » car il ne s’agit ni d’un monde ouvert, ni d’une simulation à proprement parler, ni d’un jeu massivement multijoueur en ligne. DriveClub a ses idées et ses originalités qu’on va ici s’efforcer de vous décrire.

SOCIAL KILLER

Le concept de DriveClub est globalement la course aux points et à la sociabilité. Pour commencer en termes de contenu solo, le jeu possède une sorte de campagne qui est une multitude d’événements à réaliser aux quatre coins de la planète. Si les trois types d’épreuves disponibles semblent banals – à savoir course, contre-la-montre et dérapages – des petits ajouts très sympathiques viennent pimenter le tout. Déjà, plus de 200 étoiles sont à récolter tout au long de votre parcours et si cela peut être vu comme une vulgaire façon d’allonger la durée de vie, il faut avouer que ce gros challenge n’est pas de tout repos. Car retenez-le, dans DriveClub il ne suffit pas d’être 1er pour tout rafler, il faut gagner du Fame. Ce compteur de points actif durant toutes vos parties gonfle au fur et à mesure que vous réalisez des actions spécifiques et va du simple dépassement à la prise de risque dans un virage. Chose assez notable en pleine course, le jeu va vous proposer des petits défis qui consistent à battre vos amis ou des inconnus sur une distance donnée. Vitesse moyenne, suivi de trajectoire… On est vite tenté à un point où on pourrait y accorder trop d’importance et se faire dépasser en pleine action. La chasse aux étoiles a de quoi séduire sous l’envie de toujours vouloir faire mieux et est donc un système efficace. Il est cependant vrai qu’un brin de répétitivité peut s’installer sur le long terme malgré le changement de type de véhicule.

 

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Des petits défis sympathiques viennent rythmer vos épreuves

Mais vous l’aurez compris, l’aspect social est très mis en avant ici. Si on vous parlait des défis, ils ne sont en fait qu’une petite partie de la coquille. Oui DriveClub se savoure déjà assez bien en solo (rassurez-vous) mais le multijoueur constitue un passage obligatoire si l’on veut profiter au maximum de ce que la licence a à nous offrir. Attention cependant, multijoueur ne correspond pas forcément à batailles directes entre joueurs. Bien évidemment, cela est possible mais ces versus souffrent d’un certain manque de liberté car on est obligé de s’inscrire et participer à des événements prédéfinis. N’espérez pas non plus voir du multi local, une fonctionnalité qui se fait malheureusement de plus en plus rare dans un genre qui est pourtant taillé pour. Ainsi, c’est surtout le côté challenge qui se distingue dans le titre. Dites-vous qu’à chaque event terminé, vous aurez la possibilité d’envoyer instantanément un défi à vos camarades ou même au monde entier. Un record explosé sur un circuit ? Proposez aux autres pilotes de vous battre durant une période allant de 30 minutes à plusieurs jours. Ce système d’affrontements indirects bien ficelé permet donc de faire durer un peu plus l’action en s’impliquant à son rythme et à sa façon.

IN DA CLUB

Mais il est impossible de conclure ces explications autour de la conception de DriveClub sans parler des clubs. Le titre de la licence le mentionne déjà, le jeu veut amener le joueur à fonder son propre groupe en compagnie de 6 autres pilotes. Dès l’instant où ce dernier est activé, votre Fame se comptabilisera non seulement sur votre profil mais aussi celui de votre club. Cet aspect permet d’avoir un côté plus personnel car vous n’êtes pas seulement un simple conducteur mais membre d’une faction prête à en découdre. Qu’on se le dise, le but est avant tout de se sentir supérieur au monde mais cela augmente aussi l’idée de sociabilité avec des challenges exclusifs aux clubs. Augmenter l’expérience de son groupe sans forcément avoir à jouer, c’est pas beau ? Et puis il est tout à fait possible d’imposer sa patte identitaire en créant puis personnalisant son unique logo à afficher fièrement sur votre page et surtout votre voiture. Notez tout de même que de la couleur aux stickers, la personnalisation des bolides est plus que correcte mais reste assez limitée dans la mesure où vous ne pourrez pas modifier ou ajouter des pièces au véhicule.

 

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Personnaliser sa voiture aux couleurs de son clan pour le meilleur et pour le pire …

THEY SEE ME ROLLIN

Assez parlé du contenu, qu’en est-il de la prise en main ? Une question assez récurrente est de savoir si DriveClub se rapproche d’un Need for Speed ou d’un Gran Turismo… et bien les deux ! À défaut de se définir dans un genre précis, le jeu est un subtil mélange entre arcade et simulation. Même si le gameplay est certes plus typé pour l’accessibilité et les vitesses de folies, certaines exigences vous obligeront à bien calculer vos mouvements. Ne pensez donc pas, par exemple, passer éternellement des virages en raflant la barrière de sécurité tout le long car toute sortie de piste ou collision violente avec un décor/pilote ne fera que vous pénaliser. L’envie de donner du challenge aussi bien pour les débutants que les néophytes est appréciable mais difficile de cacher son extrême frustration dans certaines situations. Avoir sa vitesse bridée est compréhensible suite à une action violente mais on est amené à recevoir une punition décisive quand il s’agit de courses ultra-rapides où la moindre petite erreur se retrouve fatale. Surtout qu’on est confronté à une IA plutôt coriace mais légèrement injuste par moments car s’il peut être facile de doubler, il en est tout autant pour se faire rattraper (comment ça c’est la faute aux compétences médiocres du joueur ?). Mais outre ces défauts il est indéniable que les sensations sont bien présentes et même assez impressionnantes pour les véhicules les plus puissants. Rouler à 300km/h se révèle être bien jouissif et on s’amuse clairement. On ne peut cependant que conseiller la manette avant tout car la conduite au volant semble beaucoup trop complexe de ce que nous avons pu tester.

 

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Les tunnels à grande vitesse de ce genre sont jouissifs

WOW SUCH LIGHT VERY CLUB

Toutes les personnes critiquant DriveClub pour son grand retard n’ont pas du essayer les premières versions. Car pour l’avoir eu en main il y un an à l’occasion d’une preview de la PS4, la différence graphique est clairement troublante. DriveClub s’est drastiquement amélioré depuis et il est difficile d’en reprocher plus à Evolution Studios quand on voit le travail fourni, car même si la claque graphique n’est pas là, on est plongé dans un rendu beau et bien next-gen. Les circuits d’abord sont complètement exotiques avec la Norvège, l’Écosse, le Canada, le Chili et l’Inde. Les montagnes de glace ou de forêt sont assez splendides et changent des circuits réels (forcément) vides que l’on a dans les simulations. À cela s’ajoute un cycle jour/nuit extrêmement bien géré ainsi qu’une luminosité maîtrisée. Les rayons du soleil ou les phares des voitures sont criants de réalisme.

 

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Les effets de lumière sont sublimes

Pour les voitures, leur reproduction est fidèle mais il arrive de ne pas avoir l’impression que ces dernières soient complètement collées au sol. Ceci dit, les différents angles de caméra sont bien sympathiques avec surtout une vue cockpit superbe. Entendre la vitre se fracasser est toujours une petite sensation de réalisme supplémentaire plaisante au milieu d’une gestion des dégâts globalement assez sommaire. Les personnages aussi n’ont pas une modélisation de choix et si le public reste plus réactif que dans un Gran Turismo ou un MotoGP, leurs mouvements sont toujours aussi dignes de robots… Mais c’est un détail sans grande importance en pleine course. Ce qu’on devrait vraiment reprocher d’un point de vue graphique serait la présence de textures pas forcément lisses, d’aliasing et de l’apparition progressive de certains décors de temps en temps. Rien d’extrêmement gênant encore une fois mais ces faiblesses restent visibles.

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La modélisation des véhicules est fidèle mais les dégâts sont loin d’être réalistes

Parlons également un peu de son avec les moteurs qui sont pour le coup une réussite, du moins pour les Super et Hyper voitures, car le doute plane sur la crédibilité des modèles les moins importants. Ce qui assez jouissif est le changement vue extérieure/intérieure avec l’atténuation du moteur. Ce n’est pas nouveau mais ça reste assez excellent en pleine course pour s’y croire. Pour les musiques, elles sont de type électro et se marient à merveille avec l’action. Sans être obligatoires, elles apportent un petit plus pour ceux qui n’aime pas faire ce genre de jeu avec comme seul fond sonore la voiture.

Maintes fois prônée, la météo (pluie et neige) n’est malheureusement pas présente à l’heure où ces lignes sont écrites. Cet ajout est attendu dans une très prochaine mise à jour avec la fonction photo et replay. De ce qu’on a déjà pu voir, le rendu s’annonce bluffant. Il est juste un peu décevant de devoir attendre cette fonctionnalité au lancement, surtout après un tel report. Mais le studio semble vraiment impliqué et compte fournir du contenu – gratuit ou payant – jusqu’à Juin 2015, avec des nouvelles voitures, épreuves et circuits. On n’est donc finalement loin d’en avoir fini avec. D’autant plus qu’une application Android/iOS arrive au lancement pour suivre toute sa progression.

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Ce n’est que le début de la fête pour DriveClub !

COMPLETE EDITION VS PLAYSTATION PLUS EDITION

Avant de conclure ce test, il est important de revenir sur les différences entre l’édition complète/commerciale et celle du PlayStation Plus. Plusieurs fois confondues, les deux versions ont pourtant des distinctions très significatives. Pour être clair et concis, l’édition PlayStation Plus n’est qu’une démo de l’édition complète avec 1/5 pays, 11/55 circuits (ceux de l’Inde), 10/50 voitures de constructeurs différents, le tout sans mode carrière. Dites-vous donc que l’édition gratuite n’est qu’une mise en bouche, et même si le platine y est présent, il serait vraiment dommage de passer à côté de la version complète si vous appréciez le jeu, car le contenu le plus intéressant est sans surprise dans cette dernière.

 

VERDICT : 7,5/10

Centré sur un aspect social très sympathique et doté de bonnes idées, DriveClub est un jeu de course dépaysant et accessible qui se veut néanmoins frustrant par moments pour ses pénalités ou potentiellement son IA. La nouvelle licence est tout de même visuellement bien convaincante et clairement au dessus de ce à quoi on devait s’attendre au départ malgré des soucis techniques. Si on n’est pas prêt d’en finir avec les mises à jour à venir (ajoutant des fonctionnalités qu’on aurait déjà aimé avoir), on ne peut que vous conseiller de vous faire votre propre avis avec l’édition PlayStation Plus si vous êtes abonnés. Reste que ce genre de titres se fait encore rare sur nos consoles actuelles.

Si vous êtes intéressés, revisionnez notre livestream de 2 heures que nous avons effectué sur DriveClub à cette adresse.

7.5BON

Centré sur un aspect social très sympathique et doté de bonnes idées, DriveClub est un jeu de course dépaysant et accessible qui se veut néanmoins frustrant par moments pour ses pénalités ou potentiellement son IA. La nouvelle licence est tout de même visuellement bien convaincante et clairement au dessus de ce à quoi on devait s'attendre au départ malgré des soucis techniques. Si on n'est pas prêt d'en finir avec les mises à jour à venir (ajoutant des fonctionnalités qu'on aurait déjà aimé avoir), on ne peut que vous conseiller de vous faire votre propre avis avec l'édition PlayStation Plus si vous êtes abonnés. Reste que ce genre de titres se fait encore rare sur nos consoles actuelles.

  • GRAPHISMES8.5
     
  • GAMEPLAY7.5
     
  • SON ET MUSIQUE8
     
  • DURÉE DE VIE7.5
     
  • USER RATINGS (34 VOTES)6.5