L'antre d'Etrigane

L'antre d'Etrigane

Par Etrigane Blog créé le 16/08/10 Mis à jour le 08/09/10 à 08h12

Ajouter aux favoris
Signaler
Critique des jeux

Bayonetta est sorti en tout début d'année 2010, et on peut dire que ce jeu n'est pas passé inaperçu ! Il s'inscrit dans la lignée des jeux d'action frénétiques sur consoles, dans la droite lignée de Devil May Cry ou God of War. Développé par les petits génies audacieux de Platinum Games (à l'origine du gros délire qu'est MadWorld sur Wii), ce jeu d'action est époustouflant à bien des titres.

Nous y incarnons une sorcière amnésique restée endormie pendant 500 ans, et qui est traversée par des "flashs", des événements venus du passé qui semblent montrer que des choses pas nettes se sont produites pour elle. A peine revenue à elle, des hordes d'anges bien furieux lui tombent dessus et, instinctivement, elle va défourager sec pour les remettre à leur place. Autant le dire tout de suite, si l'histoire se suit avec plaisir et sans entraves, le scénario tient sur un timbre poste et n'est finalement qu'un gros prétexte à un gigantesque massacre sophistiqué. Autant dire aussi, tant qu'on y est, qu'on s'en fout éperdument étant donnée l'excellence du jeu. De plus, les différents ennemis, qu'ils viennent du Paradis ou des Enfers, sont tous aussi moches, violents, et brutaux. A ce titre, on peut même dire que certains anges ont carrément des sales trognes, ce qui m'a beaucoup amusé !


Les anges ne font pas dans la dentelle dans ce jeu, et la plupart sont même carrément monstrueux. Celui-ci est encore à peu près correct, mais bon, regardez les deux têtes de dragon qui l'encadrent et vous allez comprendre tout de suite que le machin n'est pas là pour rigoler !

Voilà donc notre sorcière pourchassée pour des raisons inconnues (de nous et d'elle, d'ailleurs), ce qui enveloppe le jeu d'une mince couche de mystère qu'on éclaircira progressivement, ce qui compose une trame de jeu à la fois classique et efficace. De toutes façons, autant être clair, ce n'est pas pour cela qu'on s'ntéresse à Bayonetta. Les efforts des développeurs ont porté essentiellement sur trois choses, et on peut dire qu'ils ne se sont pas foutus de nous :
- le charisme du personnage
- l'humour et le second (voire troisième, voire quatrième) degré permanents
- la grande technicité et richesse du gameplay.
Et sur tous ces points, le jeu est simplement brillant.

Bayonetta est un personnage outrancier à l'extrême. Divinement belle et sexy en diable, elle envoie dans les cordes avec fracas tous les héros body-buildés auxquels les développeurs nous ont habitué dans ce type de jeu. Elle prend des poses suggestives ou provocatrices, elle saute dans tous les sens, des gros plans avantageux mettent en évidence ses atouts physiques. Tout cela pourrait bien évidemment paraître franchement vulgaire^et de mauvais goût, mais les petits gars de chez Platinum ont réussi le miracle de rendre cet aspect tout simplement fun, grâce un sens de l'humour évident et débridé.


Oh la jolie paire de fesses ! Bayonetta ose tout, même ça, et le pire, c'est que le jeu est tellement drôle et second degré, qu'on ne peut que se réjouir du résultat !

Râleuse, désagréable, sûre d'elle, poseuse, Bayonetta joue la carte de la provoc à fond. En plein coeur des combat, il y a même une touche de la manette qui est consacrée au 'taunt" (=provocation), des poses provocatrices destinées aux adversaires à l'écran. Néanmoins, à travers une relation qui se construit doucement avec une petite fille, on comprendra au fur et à mesure que la belle sorcière cache également une autre personnalité, bien plus "humaine" et douce qu'on pourrait le croire.
L'aspect sensuel est pourtant bien présent, remarquablement mis en scène la plupart du temps (je pense notamment aux coups finish où ses cheveux l'entourent à toute vitesse, elle est nue en dessous, et les cheveux passent in extremis devant tous les endroits délicats !).


Provoc, provoc, et encore provoc. Dans ce jeu, pour récupérer de la santé, Bayonetta a dans son inventaire différents types de sucettes qu'elle suce lassivement. Je le disais, ce jeu ose tout, et c'est bien ça qui me plait !

Sur ces bases, platinum nous livre un jeu dont les scènes sont souvent hilarantes. Les répliques font mouche, la mise en scène est à tomber de rire, les personnages sont plus loufoques les uns que les autres. Franchement, c'est un grand vent de fraîcheur qui souffle sur le petit monde du jeu vidéo avec une personnage et une atmosphère pareils. Grâce à Bayonetta, on s'aperçoit qu'il y a peut-être finalement un peu trop de jeux qui se prennent énormément au sérieux, et c'est là une belle leçon que nous livre Platinum.

Mais là où les choses deviennent terribles, c'est que le jeu ajoute à cela des graphismes absolument magnifiques, avec des décors incroyables, résolument HD, et ce alors que l'action est frénétique et l'écran chargé d'ennemis parfois énormes. Le travail des développeurs est exemplaire. Et le gameplay est à l'avenant. Ce qui est fort avec Bayonetta, c'est que le joueur lambda pas trop skillé arrivera à s'en sortir en utilisant toujours un peu les mêmes coups ou en appuyant un peu sur n'importe quelle touche (à relativiser, certains endroits sont très durs et sans aucune technique, le game over est quasi assuré), mais le jeu propose aussi et surtout un gameplay de folie, d'une exigence radicale, qui peut faire tomber en pâmoison les joueurs les plus hardocre. La quantité de combos réalisables est simplement affolante, et les possibilités que cela offre en termes d'enchainements et de maîtrise du combat sont ahurissantes. Le jeu est technique, très technique même, et c'est un bonheur de faire  et refaire les missions pour se perfectionner et essayer de passer tous les niveaux en réussite "platine" (bon courage ^^').


Action non-stop, épuisante parfois, avec un gameplay tellement parfait que cela permet aux pro-gamers de passer des centaines d'heure à maîtriser le combat, rien que par la quantité délirante de combos disponibles.

Je n'ai pas pu résister, j'ai acheté une sorte de bible opur Bayonetta, le guide stratégique édition deluxe, qui est d'une épaisseur invraisemblable pour un jeu de cette nature, et qui a été magnifiquement réalisé par des cinglés qui ont cumulé plus de 4000 heures (vous avez bien lu) de jeu pour y parvenir. Le livre coûtait plus cher que mon exemplaire du jeu mais je m'en foutais royalement^^.


Le guide ultime de Bayonetta, une mine d'or pour comprendre les concepts les plus avancés et les plus complexes de ce jeu à deux facettes : à la fois simple d'accès et monstrueusement difficile si on veut vraiment le maîtriser.

Voilà, la messe est dite. Nous tenons là une véritable pépite, qui a même converti pas mal de joueurs qui n'aiment pas d'habitude ce type de jeu. Pour compléter mes remarques, j'ajouterai que la richesse du jeu ne réside pas que dans ses combos. Un allié de l'enfer vous aide également en vous vendant des tonnes de choses : coups spéciaux, objets magiques, matériel, nouvelles armes, etc. Le tout achetable avec les âmes des victimes qu'on terrasse. Ce jeu est énorme, il n'y a pas d'autres mots.

Pour conclure, je dirai que c'est tout simplement un plaisir pour un joueur comme moi de voir débarquer des OVNI pareils. Même si les bases du jeu sont connues (combos, action, âmes qui permettent de débloquer des nouvelles capacités, etc.), Platinum Games a réussi à pousser ce type de jeu dans ses tout derniers retranchements en ne visant qu'une seule chose : l'excellence.
Je m'incline, et je surveille désormais de très près les projets de ce studio pas tout à fait comme les autres.

Verdict : 10 / 10


Un personnage, un nom , un studio, un délire, que les vrais joueurs ne sont pas près d'oublier...

Voir aussi

Jeux : 
Bayonetta
Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Commentaires

Édito

Un vieux briscard du jeu vidéo se décide à déballer les placards pour proposer les tests de quelques 400 jeux. A cela s'ajouteront des billets d'humeur, des commentaires sur l'actualité du jeu vidéo. Bienvenus =)

Archives

Favoris