Come Into My Web

Par Drizztelfnoir Blog créé le 16/02/12 Mis à jour le 20/02/12 à 16h54

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Il y a encore quelques années, le jeu vidéo était un marché de niche, il n'intéressait qu'une minorité et les autres n'y prêtaient pas attention, voyant en lui un média violent / immature réservé aux débiles, et j'exagère à peine. Aujourd'hui les choses ont un peu évolué, le jeu vidéo génère maintenant des millions et des millions de dollars chaque année, dépassant parfois le cinéma et la musique. Alors on du coup on s'y intéresse davantage, mais encore avec des idées reçues pas toujours justifiées. Tour d'horizon...

Le fameux : « C'était mieux avant »
Souvenez vous, il y a quelques années, à l'époque où le web commençait à démarrer, où les smartphones n'existaient pas (Le Nokia 3210 mec !) et où on ne twittait pas. Une époque où on recevait nos Joypad / Console + et autres magazines tous les mois, une époque où on aurait vendu notre mère pour une démo jouable d'un jeu attendu, une époque ou on était pas bombardé de trailers et donc pas spoilé, une époque aujourd'hui révolue. J'étais alors au collège - lycée, la salle d'informatique était le seul moyen de visiter les premiers sites de jeux encore bien maigres à l'époque. J'achetai quelques jeux par an et encore, je revendais des fois mes anciens jeux pour m'en payer des nouveaux. Il faut dire que le rythme de sortie était bien moins dense qu'aujourd'hui, on avait quoi, allez une dizaine de gros jeux par an, et encore je vois large. L'achat d'un jeu était d'ailleurs un rituel, j'allais au Player Game ou au Vidéo Game, boutiques tenues par des vrais passionnés, aux antipodes d'aujourd'hui où les Micromania et Game sont tenus par des vendeurs de gaufres, des gens qui n'y connaissent pas grand-chose, et qui cherche plus à vous entuber en vous refilant les invendus qu'à vraiment vous renseigner, sans parler des fois où on leur apprend des choses...Je me souviens de mon achat de Soul Reaver sur Playstation, je suis arrivé à l'ouverture du magasin et j'y suis resté bien 2 heures, discutant avec le vendeur et les autres geeks, et essayant aussi le jeu que le vendeur avait mis sur sa grosse cathodique du magasin. Une bien belle époque pleine de souvenirs. Une époque réservée à une niche de joueurs, et où le média n'était pas ou peu reconnu. Il faut dire que les millions de jeux vendus, comme l'est aujourd'hui World Of Warcraft ou Call Of Duty, n'était à l'époque que du rêve et de la pure fabulation. On était entre nous, dénigrés par les autres qui nous prenaient pour des débiles mais on s'en foutait, après tout c'est une passion comme les autres. A titre tout à fait personnel, je préfère jouer que m'abrutir devant les émissions de télé réalité, et ça, et bien c'est intemporel...

 

Coconfort évolue en Papillusion !
Et aujourd'hui qu'en est il ? Le web est une place centrale dans le jeu vidéo, et les smartphones 3G multitouch ont remplacés les Nokia 3210 bicolore, les scoops et autres leaks sont lâchés sur Twitter et Youtube. Les Gamekult, Gameblog et autres ont remplacés les Joypad et Console + qui sont en voie d'extinction, les démos sont données en priorité aux abonnés Gold et Psn + et un jour sans 50 images et 10 trailers est limite impossible, gâchant au passage ce plaisir de la découverte. Je travaille désormais, j'achète largement plus de 10 jeux par an sans revendre mes anciens et des gros jeux ils en sort une dizaine, par trimestre, et encore je vois petit. L'achat est devenue une simple formalité, on va sur Amazon et autres Zavvi, et c'est livré en quelques jours à la maison. Les Player Game et Vidéos Game ont fermé, laissant la place à 3-4 Micromania et Game, tenus par des incompétents. Je me souviens de mon achat de The Witcher 2 sur Pc, je suis allé sur Zavvi et j'ai passé commande en 2 minutes et j'ai été livré en 2 semaines. Je suis sarcastique, mais je le fais exprès. Et de toute façon, sommes nous vraiment à plaindre ? Comme dans tous les domaines, c'est lorsque que le grand public débarque qu'on commence a regretter l'ancienne époque, où on était entre passionnés. Prenez un forum par exemple, au début c'est cool on arrive, y'a 20 inscrits, tous le monde se connaît et à son rôle, tout le monde participe et échange, l'admin est en fait super cool et on se voit plusieurs fois par an avec toute la communauté. Puis le petit forum devient connu, une vague de nouveaux inscrits débarque et là tout change. Des modos sont nommés pour éviter le bordel, l'admin est submergé de mp et autres mails d'insultes de gens qui ne prennent pas la peine de lire la petite page de règles et la bonne ambiance laisse la place aux tensions. Le jeu vidéo n'y échappe pas. Les nouveaux joueurs sont arrivés, l'industrie a donc énormément grossie, et pas toujours en bien. Globalement, et on ne peut le nier, la qualité globale des jeux est chaque année en hausse, et le nombre de jeux qui sortent chaque année est juste hallucinant. La où le bât blesse toutefois, c'est que les gens viennent sur ce créneau non par passion, mais parce qu'il y a de l'argent à se faire, et à vrai dire, c'est tout à fait légitime. Les prises de risques, je veux dire par là des gens qui osent des choses plutôt que de nous servir les mêmes licences chaque année, sont une goute d'eau dans un océan de suites à répétition. Il y a aussi beaucoup de jeunes joueurs, qui ne demandent pas plus que leur jeu de foot et leur shooter annuel dans lequel ils sauvent la planète en tirant tout droit, sur tout ce qui bouge. Alors pourquoi les éditeurs prendraient ils des risques alors qu'ils vendent des millions de Fifa et de Call Of Duty. Mais heureusement dans le lot, il y a toujours des développeurs qui arrivent à faire de l'argent en créant des univers et des personnages passionnants, des gameplays profond et novateurs et qui font que aujourd'hui, le jeu vidéo est un média sans nul autre pareil où le joueur n'est pas seulement spectateur et où les créateurs peuvent vraiment se lâcher. De toute façon, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe avec tous ces jeux qui, certes n'innovent pas ou peu, mais proposent tout de même un cahier des charges bien souvent dans le haut du panier, et nous font passer de super moments. Y'a encore des bouses, mais souvenez vous de l'ère Playstation 1 et 2, souvenez vous des 360, Paris Marseille Racing et autre De Sang Froid, donc finalement on est pas si mal loti. Internet quand à lui, à certes tué la presse spécialisée et nous inonde d'infos, mais pouvons nous seulement nous en passer ? Il n'y a qu'à voir lorsque j'ai eut une coupure d'internet d'une semaine l'année dernière, bah j'étais un peu comme un con sans mes infos. Le jeu vidéo et ce qui l'entoure a donc beaucoup changé, mais de mon humble avis, même si je regrette quelques trucs d'avant comme les magasins spécialisés, globalement je suis vraiment satisfait de cette évolution, même si y'a encore des trucs qui m'énervent, comme ce qui vient...

T'as le sourcil qui part en couille ? C'est la faute du jeu vidéo !
En parlant de Call Of Duty, il est fort à parier que sa sortie sera abordée sur TF1, chose qui n'existait pas il y a quelques années. Ce qui est bien avec le jeu vidéo, c'est qu'il a plusieurs utilités. Un étudiant débarque dans un collège et arrosent la foule avec des uzis, c'est de la faute du jeu vidéo, car on a retrouvé GTA 4 dans sa chambre. Des mecs font une course avec leur bagnoles tunées et provoquent un crash, c'est de la faute du jeu vidéo car ils jouaient à Burnout et Need For Speed. Et quoi de mieux pour illustrer ses propos que de citer des jeux supers connus comme GTA, Need For Speed ou Call Of Duty, que les parents ont acheté à leur gamins à Noël dernier.Lequel ? On s'en fout, ce qui compte c'est le nom. On est d'ailleurs bien contents de boucler la fin de notre journal télévisé d'une journée faible en actualité, par la sortie du nouveau Gta ou Call Of Duty, et là encore le nom on s'en fout, après tout ce n'est qu'un Meuporg ou un Morpeug de plus. On constate aussi que les émissions dédiées au jeu vidéo n'ont pas leur place sur les grandes chaînes, laissant l'exercice aux chaînes câblées. A côté de ça les émissions à la con genre Carré Vip, curieusement on en bouffe à la pelle. Mais le plus beau, c'est lorsqu'une personnalité politique s'en mêle. Je ne peux que citer Madame Nadine Morano, qui en plus vit pas très loin de chez moi. Cette brave mère de famille qui officie en tant que député de notre beau pays, a ainsi qualifié GTA IV de jeu "violent", "amoral" et "potentiellement addictif" pour ne citer que ça. En effet elle a, à de nombreuses reprises, donné son humble avis sur des jeux plus ou moins, voir carrément pas, en rapport avec l'actualité. S'il est vrai que ce jeu, GTA4, n'est pas à mettre en toutes les mains, et qu'au passage une norme de classification existe (la norme PEGI) comme pour la télévision, il est amusant de constater que lors d'une photo publiée dans Paris Match dans un sujet qui n'avait rien à voir, on voie celle qui défonçait et condamnait le jeu gratuitement quelques jours auparavant, y jouer avec ses enfants, dont sa fille de 13 ans. Le jeu vidéo est donc, encore aujourd'hui et en dépit de sa place dans l'industrie mondiale, souvent la cible d'incompréhensions et d'attaques pas toujours fondées, quand ce n'est carrément pas le bouc émissaire de l'actualité. C'est aussi navrant de voir les gens qui n'y connaissent rien en parler, jusqu'à se demander pourquoi ils le font, et ainsi se couvrir de ridicule, comme la fameuse histoire du Meuporg, et ce sur la grande chaîne nationale qui plus est. Que voulez vous, il fallait montrer l'exemple.

Mais qui est l'exemple ?
Pas la France, faut pas déconner. Même si on veut jouer au gros bonnet, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a rien compris. L'industrie du jeu vidéo pèse aujourd'hui des millions de dollars, et nous au lieu d'aider, de garder nos jeunes talents et nos studios qui créés ces jeux qui rapportent, et bien on les laissent se barrer à l'étranger, et ça, c'est un peu notre marque de fabrique, puisqu'on officie dans d'autres domaines que le jeu vidéo. Le Canada lui, a créé des mesures fiscales pour aider les studios de développement, résultat, la majorité des gros jeux d'aujourd'hui sont développés las bas ou aux USA, et forcément, c'est là qu'il y a du boulot. On a certes quelques studios comme Quantic Dream et Ubisoft Montpellier, mais c'est pour le premier une boîte qui ne fait pas que du jeu vidéo et pour le deuxième une filiale, le gros du développement des jeux étant basé, comme par hasard, à Montréal. Cette fuite de nos ressources, est une fois de plus à incomber au syndrome des gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Un jeu vidéo a beau être en 2010 le média qui s'est vendu le plus en Angleterre avec le rouleau compresseur Call Of Duty Black Ops et ses quelques 3 266 298 ventes (!!!), devançant un certain film Avatar qui a attiré 3 001 769 visiteurs, il faut croire que ça n'intéresse pas notre gouvernement.Surtout qu'en plus de ça, le prix d'une place de ciné est de10€ et le prix d'un jeu 60€. Mais voilà, les mauvaises langues diront que c'est un exemple isolé, l'occasion pour moi de leur rappeler que dans cette étude, sur 40 médias répertoriés, il y a quand même 9 jeux, soit presque un quart. Mais ils devaient être en bas du classement se disent ils ! Et bien non, jugez plutôt : Call Of Duty premier, Fifa 11 troisième, Just Dance neuvième, Red Dead Redemption seizième, Wii Fit Plus vint et unième, Just Dance 2 vint deuxième, Assassin's Creed Brotherhood vint quatrième, Wii Sports Resort vingt huitième et Halo Reach trente quatrième. De même, le jeu vidéo en France en 2010, c'est quand même un chiffre d'affaires de 4 milliard d'euros...

La barrière de la langue
Donc le jeu vidéo est en forte croissance et a le vent en poupe, c'est très bien, j'en suis le premier ravi. Mais il faut aussi souligner tout en tas de choses assez inadmissible pour un tel média, le plus gros soucis à mon sens étant les problèmes liés à la langue. De nous jours quand on achète un bluray, et bien on a le film bien sûr, sa version Dvd (ça j'avoue ne pas comprendre l'intérêt, mais là n'est pas le sujet), et généralement des bonus comme des making of et autres. Et surtout, on peut choisir de regarder son film en Russe sous titré en Polonais si ça nous chante. De plus en plus, un jeu vidéo facturé 60€ en moyenne, soit 3 fois le prix d'un bluray, ne contient souvent pas la version originale, ou si la Vo est présente, et bien les sous titres n'y sont pas. Il faut savoir que le geek, sur l'ensemble de la population, est souvent le plus réceptif à ce « détail », et ça, les éditeurs ne l'ont pas compris. Pour prendre un exemple récent, le grand Deus Ex Human Revolution, et bien la version française ne contient que la version française. Y'a pas mort d'hommes vous allez me dire. Mais pourquoi nous imposer la VF, quand celle-ci n'est pas bien synchronisée avec les dialogues, alors qu'il y a largement la place pour mettre les voix anglaises, et que les gens demandent la Vo sous titrée. Sur les blurays, y'a pas besoin de demander, c'est d'office dessus. Sur Pc, il faut bidouiller pour avoir la Vo sous titrée, car il y a la version française, la version anglaise sous titrée anglais, la version allemande sous titrée allemand ect. Les fichiers sont là, mais pour une raison qui me dépasse, on ne peut choisir des sous titres différents de la langue. Si bien que sur Pc, ce sont les fans qui bidouillent pour avoir ce qui devrait être présent de base. Sur console le problème est différent car y'a pas de solution. Sur certains jeux on peut mettre sa console en anglais pour avoir la Vo, mais là encore il faut se contenter de sous titres anglais. Super... L'autre gros soucis du média, bien que ça concerne que le Pc, ce sont ses satanés DRM, des protections censées empêcher le piratage. J'achète mes jeux sur Pc, et bien pour là encore prendre un exemple concret avec From Dust, je suis bien con. Pourquoi ? Et bien un mec qui pirate le jeu, et donc ne le paye pas, et bien il joue dans de meilleures conditions. Il n'a pas de démarrage super long car il faut passer par le portail Ubisoft, il n'a pas son jeu qui plante dès que la connexion internet est rompue (avec perte de la progression et pas de sauvegarde, sinon ça serait pas drôle), et il n'a pas de synchronisation avec les serveurs en fin de partie qui dure une plombe. Ces jeux, ils sont piratés des fois même avant la sortie officielle, et ils le seront toujours. Même si je n'encourage pas ces pratiques, il m'est arrivé de pirater un jeu alors que je l'avais acheté, parce que j'en avais raz le bol des protections qui me pourrissaient mes parties. Le consommateur paye donc son jeu, et en plus il se coltine des protections qui nuisent à l'expérience de jeu tout en n'endiguant pas le piratage. Certains éditeurs l'ont bien compris et ne mettent plus de DRM sur leurs jeux, comme The Witcher 2 sortit très récemment. Il faut savoir que ces protections sont très chères pour l'éditeur, et à en voir certains forums et sites qui proposent systématiquement ces jeux en téléchargement, démunis de leur protection, et bien ça n'a pas l'air d'être très efficace. Pour finir la dessus, il faut aussi souligner que ces DRM ne permettent dans certains cas que 3 ou 5 installations du jeu, avant de le rendre bonnement et simplement inutilisable. On paye donc son jeu et on en est même pas propriétaire. Le pirate lui, et bien il peut l'installer autant de fois qu'il le veut, et même le prêter à ses amis. Non vraiment, chapeau les mecs !

N'en déplaise à certains, le jeu vidéo est aujourd'hui un pilier de l'entertainment, au même titre que la télévision, la littérature, la musique et le cinéma. Même si beaucoup de choses ont changé et que finalement le média est plus reconnu qu'avant, le jeu vidéo est toujours la cible facile de certains médias et hommes politiques, qui n'ont pas encore réalisé à quel point il pourrait leur être profitable, s'ils daignaient y prêter un peu plus attention. Certains pays l'ont bien compris et en tirent aujourd'hui les bénéfices, pendant que d'autres préfèrent en faire leur bouc émissaire favori. Comme on dit, il faut de tout pour faire un monde...

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Aujourd'hui en 2011, quel jeu un minimum attendu n'a pas son édition collector ou ses Dlc ? Pas beaucoup. Ces pratiques aujourd'hui courantes sont elles toujours pertinentes et vraiment intéressantes pour le joueur ? Véritable business à part entière, ces pratiques sont devenues aujourd'hui presque aussi importantes que les jeux eux-mêmes, à tel point qu'on ne négocie plus l'exclusivité des jeux mais des Dlc, qu'on fait des éditions collector et des dlc des outils à buzz, et que c'est surtout un moyen de gagner plus d'argent, quitte à prendre le joueur pour un pigeon...

Commençons par les éditions collector. Joueur depuis un bon nombre d'années, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu mon Devil May Cry en édition collector, pas plus que mon Ridge Racer, et encore moins mon Sonic The Hedgehog. Je prends exprès des exemples significatifs, mais pour les plus jeunes il s'agit de 3 jeux de génération de consoles différentes. Les premières éditions collector sur le Vieux Continent sont apparues à l'ère Playstation 2, avec des timides versions limitées comprenant des packages spéciaux, bien souvent de simples boîtes en métal. C'était le cas pour Métal Gear Solid 3 Snake Eater par exemple ou encore pour Ico, avec une boîte cartonnée avec quelques illustrations. Il est aussi important de souligner qu'à l'époque, cela ne coûtait pas un centime de plus au joueur, ces versions limitées étaient réservées au premiers acquéreurs des jeux, et ça valait le même prix que les versions standards. Et à l'époque, tous les fanboys bavaient devant les éditions spéciales japonaises, qui comprenaient goodies en pagailles ou carrément l'incarnation du rêve, en la personne de Steel Batallion, un jeu de mécha qui était livré dans une boîte rectangulaire de plusieurs kilos, comprenant juste un gigantesque plateau de commande avec des boutons partout, pour manier son mécha comme les vrais dans les mangas. Malheureusement ces objets de rêve ne restaient que des rêves, du fait de l'import difficile car les consoles étaient zonées, et les prix pratiqués étaient tellement abusifs en boutique spécialisée qu'il fallait donner ses organes pour espérer les avoir. Nostalgie quand tu nous tient.


L'art de vendre du rêve

Les éditions collector dites payantes, je veux dire par là qu'elles coûtent plus chers que le jeu standard, sont donc apparues sur cette génération de consoles. J'ai le souvenir de Assassin's Creed premier du nom, avec une magnifique figurine d'Altaïr à un prix de 80€ de mémoire, soit 10€ de plus que le jeu. Ayant acheté cette version, il faut avouer que sur ce coup là on s'est pas vraiment fichu de nous, puisque la figurine est d'assez bonne qualité. Si on regarde les prix des figurines de comics / films et autres, ce n'est certainement pas le même niveau de finition, mais pour 10€ ça restait un bel objet. Si dans Assassin's Creed la qualité a toujours été au rendez vous, ce n'est pas le cas de Bioshock et de sa figurine Protecteur en métal aussi bien finie qu'un space marine de Warhammer peint par ma soeur de 11 ans. Comment oublier Metal Gear Solid 4 et son Solid Snake de10 centimètres qui ferait passer un Gi Joe pour une oeuvre d'art. Facturé à chaque fois 10€ de plus, on ne peut qualifier autrement ces éditions qu'escroqueries. Mais bien évidemment, les éditeurs ont été plus loin, et l'un des pionniers et le pire à mon sens, qui aura un paragraphe rien que pour lui, c'est le roi Capcom, qui a eut la lumineuse idée de créer des bonus virtuels, qu'on retrouve en jeu. La pratique s'est ensuite généralisée et c'est souvent que l'édition collector comporte comme bonus une boîte en métal, mais aussi et surtout des bonus en jeu. Ca peut aller de pouvoirs en plus pour le héros d'Infamous, des flingues en or pour le multijoueurs de Gears Of War 2, des niveaux bonus pour Assassin's Creed. Les exemples ne manquent pas et j'avoue ne pas adhérer au concept du « j'enlève une partie du jeu pour en faire un bonus de l'édition collector ». Mais ne crachons pas dans la soupe, il y a quand même des gens qui font des collectors assez classes, justifiant leur prix et faisant surtout plaisirs aux fans en les prenant pas pour des pigeons. Comment ne pas citer l'édition collector de Gta 4, comprenant un sac de transport, et un coffre métallique comme dans les banques, comprenant le jeu, sa bande originale et des artworks. Plus récemment Catherine, avec des goodies à la con mais forcément indispensables, dans l'esprit typiquement japonais, The Witcher 2 sur Pc...

 Bienvenue à la farandole des prix !

Depuis un peu moins de 2 ans, c'est l'escalade. Alors qu'il y a 2-3 ans, pour 80€ on avait Assassin's Creed et sa magnifique figurine de30 centimètres, en 2011 pour 80€ on a Dead Space 2 avec sa bande originale, des objets en jeu bonus et une ridicule réplique du cutter plasma, avec une finition qui ferait presque de l'ombre aux jouets pour enfants Playskool. Aujourd'hui il n'est pas rare de croiser des éditions collector à 120€ et plus, le summum ayant été atteint par Gran Turismo 5 et sa Signature Edition à 180€ ( !!!), qui comprenait une réplique en métal dela Mercedes SLSAMG en 1:43, un portefeuille en cuir, une clé USB, un porte-clés, un livre passant en revue les voitures et circuits du jeu, un magazine de 200 pages "Apex" avec des conseils de pilotage ainsi que 11 voitures supplémentaires en jeu. Si ça reste un contenu assez dense et globalement de qualité, les infos glanées ici et là par les acheteurs disent que ça ne valait certainement pas plus du double du prix du jeu. De toute façon la collector c'est dépassé, car on a bien souvent 3 éditions des jeux voir plus. Il y a la version de base, la version sodomie à 80€ comprenant en général une boîte en métal et 2-3 conneries, et la version dite ultime, alias le fist fucking au gant de boxe, à 120€ et plus. Que de vulgarité me direz vous, mais est-ce faux ? Le but de ces éditions est simple, faire de l'argent, on met donc des contenus virtuels qui coûtent rien, une bande originale bien souvent à télécharger, une figurine au rabais, et on facture au prix fort, histoire d'engranger un maximum. Le tour de force des éditeurs, c'est de faire une joli photo en étalant la marchandise sur un fond noir classieux, histoire de montrer qu'il y en a dans la boîte. Imparable. De l'époque des boîtes métal qui récompensaient ceux qui achetaient leur jeu en premier (c'était gratuit) on est passé au contenu finalement payant qui récompensent les pigeons. C'est sûr, les temps changent...

C'est l'histoire d'un cheval qui voulait une armure...

Rien que d'en parler me remémore les sujets brûlants sur les forums à l'époque, le premier Dlc, à savoir la mythique armure pour cheval dans The Elder Scroll IV : Oblivion. Pour 1.99$, on pouvait acquérir ce magnifique objet d'une classe absolue, pour faire le kéké sur son cheval. Le pire c'est que Bethesda avait remis le couvert 2-3 fois avec une Tour et des quêtes à la con, ce qui n'avait pas manqué d'occasionner une levée de bouclier, et un piratage en règle sur Pc. C'était en 2006, et 5 ans plus tard, le mois que l'on puisse dire, c'est que les choses ont empiré...

... et d'un pigeon qui avait une cb. 

En 2011, le jeu qui n'a pas de Dlc, c'est un jeu qui se vend pas, et encore. Tous les prétextes sont bons, à tous les prix. Packs de cartes, packs de chansons, armes et armures bonus, nivaux bonus, packs de voitures, packs de circuits et j'en passe. Tout est bon pour essayer de nous faire sortir la cb, et certains éditeurs n'hésitent pas à jouer sur un personnage apprécié des fans pour pondre un niveau à la con et ainsi récupérer quelques deniers. Electronic Arts est par exemple très friand des Dlc « pour vous simplifier la vie », en proposant de débloquer l'intégralité des voitures d'un jeu de caisses pour faciliter ainsi la progression du joueur par exemple. On notera aussi pas mal de ventes d'objets aux caractéristiques avantageuses à un prix qui l'est moins. Les Dlc ont ainsi pris une place importante dans l'industrie au fur et à mesure des années, avec des annonces de Dlc avant même la sortie du jeu, avec des sorties des fois si proches de la sortie des jeux qu'on peut légitimement penser que ces contenus sont enlevés du jeu de base pour être vendu séparément, surtout quand un niveau bonus pèse 100 Ko, ce qui en clair veut dire « le contenu est sur le disque mais si tu le veux sors la cb ! » .

Tout comme il y a les bons et les mauvais chasseurs, il y a les bons et les mauvais Dlc. Il y a Rockstar, presque l'exception sur console, qui nous sort des Dlc de qualité. Les 2 extensions de Gta 4 par exemple, vendu 20€ chacune nous propose une nouvelle histoire, des nouveaux persos et quelques nouveautés. Ca dure une dizaine d'heure y'a pas d'arnaque. Red Dead Redemption pareil. La Noire, les enquêtes bonus sont vendues 3€ l'unité, mais ce sont des vraies affaires, parfois meilleure que certaines du jeu de base. A côté de ça on à l'épilogue de Prince Of Persia pour 10€  qui se torche en 1 heure, une histoire annexe de Dead Space 2 où on bourrine à la chaîne du nécromorphe dans un couloir pendant une petite demi heure, 3 pauvres cartes de Bulletstorm pour 10€ et j'en passe. Sur Pc, pas mal d'éditeurs, du fait qu'ils n'ont pas de royalties à verser à Sony et Microsoft, offrent souvent un suivi exemplaire de leur jeu, comme Valve, Blizzard ou encore Relic, avec des cartes et des niveaux bonus gratuits, et ce même 1 an après la sortie du jeu. De toute façon sur Pc c'est tellement facile de pirater les Dlc que les éditeurs s'y risquent moins, y'a une justice tout de même...

Le Roi de la colline

Je l'avais promis au début de l'article, place maintenant au roi incontesté des dlc et autres versions améliorées, j'ai nommé le roi Capcom. Capcom a compris une chose simple : il y a des pigeons, alors il faut les nourrir. Et plus les années passent plus l'éditeur va loin. On commence avec Resident Evil 5, un jeu qui en a déçu plus d'un, mais qui a surtout été le précurseur du contenu sur le disque en Dlc. Le mode versus du jeu, et bien il était sur le disque, mais il était vendu en Dlc. Il fallait donc payer pour pouvoir y jouer, y'avait même des trophées et des succès. Capcom, ils sont comme ça, ils aiment aller en profondeur. Ca a bien marché alors pour Street Fighter 4, et bien ils ont sortis des costumes alternatifs pour les personnages, pas tous du meilleur goût. Mais pourquoi vendre tous les costumes en 1 pack alors qu'on peut faire des packs de 4-5 persos, en mettant  3 moches 2 beaux, pour la modique somme de 3€ ? Je vous le demande. Là encore les pigeons ont du roucouler haut et fort, puisque l'éditeur a sortit une édition Super de Street Fighter 4, 1 an après, qui n'intégrait pas les costumes ( !!!), bah oui il fallait pas brusquer ceux qui les avaient achetés. Mais pour les récompenser, et bien de nouveaux costumes ont fait leur apparition, toujours par pack de 4-5 costumes, toujours à 3€. Et comme il y avait de nouveaux persos, il y avait plus de packs, et donc plus d'argent à se faire. C'est imparable. Pour Dead Rising 2, les modes de jeux en dlc c'est fait, les costumes en dlc c'est fait. Capcom se devait d'innover, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont réussi. 1 mois avant la sortie du jeu est sortit Case 0, un Dlc proposant ni plus ni moins qu'une démo du jeu final, une sorte de prologue, avec un niveau dans la cambrousse avec 2/3 armes pour faire joujou, vendu quand même 5€ pour à peine 1 heure de jeu. Résultat la meilleure vente de Dlc de 2010 (hormis les maps packs de Call Of Duty bien entendu), avec pas moins de 330 000 ventes en 1 semaine, et facilement le triple écoulé au final. Fort de ce succès, Capcom a remis le couvert en vendant l'épilogue du jeu, avec le héros de Dead Rising 1 pour vendre du rêve, et là encore le succès a été au rendez vous. Plus récemment, Février 2011, sortie de Marvel Vs Capcom 3. Bon là Capcom y va franchement et avec virilité, on passe les préliminaires et on y va à sec, avec du verre pilé. 2 personnages en Dlc, dont Jill Valentine, histoire de tirer sur la corde fanboys. Tarif 5€ l'unité allez hop. Malheureusement pour l'éditeur, un certain tsunami viendra quelques peu atténuer leur actualité, mais ça se vendra, comme toujours. Et comme pour donner le bouquet final à cet article, Capcom me gratifie de leur nouvelle spéciale, à savoir Ultimate Marvel Vs Capcom 3, sortie prévue à peine 8 mois après Marvel vs Capcom 3, avec 10 persos en plus, un rééquilibrage plus que nécessaire et des nouveaux stages. Alors là forcément dans les 10, on se dit que il y aura les  2 déjà en Dlc. Et bien.... Non. Dans le cul la balayette, avec le manche, l'étiquette et le prix qui va avec.

Alors on peut ainsi épiloguer et s'énerver pendant longtemps, mais les vrais coupables ce sont ceux qui achètent. Vous pensez bien que si ça se vendait pas, bah les éditeurs n'en proposeraient plus. C'est l'implacable loi de l'offre et la demande. Et des pigeons on en connaît tous. J'ai pour ma part un beau spécimen dans mon entourage, qui roucoule sévère et qui a le trou de balle en choux fleur si vous me permettez l'expression lol. Et y'a rien à faire, on a beau vanner, vanner, le pigeon finit toujours par roucouler. Pour ma part j'avoue être grand fan de Dead Rising 2 ou de Assassin' Creed pour ne citer qu'eux, c'est pas pour ça que j'achète tous ces dlc honteux, même si j'aimerai bien revoir Franck West oula Damede Forli, mais à 5-6€ le dlc je préfère m'en passer, il manquerai plus que je paye pour me faire enc... Vous m'avez compris !

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Édito

Dans la vraie vie je m’appelle Mickaël, je suis né en 1983 et je suis Comptable. Tombé dans la marmite Jeux Vidéos étant petit, mon attrait et ma passion pour ce média n’ont fait que grandir. J’ai commencé avec la Master System puis la MegaDrive, mais j’ai aussi eut en ma possession la Super Nes, la N64, la Playstation, la Dreamcast, La Playstation2, la Xboxet bien sûr les consoles actuelles, la Xbox 360, la Ps3 et un bon Pc. Pas trop attiré par les portables, je n’y joue qu’en vacances hors de chez moi. Je me considère comme un gros joueur, c’est pourquoi une formule comme celle de Gamoniac m’a rapidement conquis, mais vu que j’aime bien avoir ma petite ludothèque et que je ne revends pas mes jeux, je n’achète que les jeux qui m’ont vraiment marqué. Enfin, grand amateur de Succès et surtout de Trophées, je suis du genre à aller au bout des jeux, mêmes s’il faut parfois passer par de grands moments de rage et de frustration pour décrocher le petit bruit magique. Je refuse toutefois de m’infliger les bouses aux succès / trophées faciles comme Hannah Montana, Tempête de Boulette Géante et consorts juste pour augmenter ma collection. Je joue avant tout pour le plaisir, la chasse est donc un plus qui me fait passer plus de temps sur mes jeux.

Pour me contacter :

Mail : drizztelfnoir@gmail.com

Voici aussi mes Gamertag et Psn : (toute demande vierge et / ou non écrite en bon français sera ignoré, précisez l’objet de votre ajout)

Gamertag : Drizzt elf noir

Psn : Drizzt_elf_noir

Retrouvez aussi l'ensemble de mes articles sur http://drizztelfnoir.wordpress.com

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