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Parallaxe : Humeurs et réflexions

Parallaxe : Humeurs et réflexions

Par Dopamine Blog créé le 28/12/09 Mis à jour le 04/12/16 à 10h04

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Critiques Jeux


Blog Game Over

La critique du messie est publiée depuis quelques jours et voici ce cela a donné sur Rue89.

Le jeu de tous les superlatifs est enfin là. "Grand Theft Auto V" aura cristallisé l'attention des joueurs pendant des mois et celle des médias au moment de sa sortie. Polémique, parce que l'on y incarne des hors-la-loi.

Mais une fois qu'on lui retire son côté sulfureux, que reste-t-il ? Un (très) bon jeu qui va directement se ranger dans les classiques du jeu vidéo.

 

Un terrain de jeu immense

A chaque nouveau "GTA", c'est un peu la même histoire. On s'étonne de la surface de jeu proposée. C'est une constante chez Rockstar North (l'éditeur et développeur). La ville de Los Santos (reproduction assumée de Los Angeles) et ses environs sont énormes.

Mais ce qui frappe surtout ici, c'est la profondeur de champ. Montez sur les hauteurs de Vinewood (Hollywood) et vous pourrez embrasser non seulement la ville dans son entier, mais aussi un désert entouré de montagnes. Les virées en hélicoptère ou en avion sont à ce titre particulièrement impressionnantes.

Virée en hélicoptère montrant la profondeur de champ (Rockstar Games)

 C'est donc un nouveau pallier technique que Rockstar a franchi. Certes, il y a toujours des défauts. Certaines textures apparaissent parfois en retard et les effets de flou cachent toujours un peu la misère. Mais le rendu général est superbe. Les personnages, en revanche, sont toujours aussi carrés et patauds. Un choix peut-être voulu pour éviter de rendre la chose trop réaliste et garder un côté décalé façon jeu vidéo

Mais le plus important, c'est d'apprécier la diversité du décor. Quartiers chics, studios de cinéma, zones industrielles, aéroportuaires, plages de sable fin, jetée avec parc d'attraction, désert, marina, fonds sous-marins, montagnes... Autant de lieux ouvrant des possibilités, elles aussi, immenses.

 

Des dizaines d'activités

Avec un tel terrain de jeu, il y a des dizaines d'activités proposées pour perdre son temps dans Los Santos. Le simple fait de se promener est parfois assez divertissant. Ici, une poursuite de police s'engage. En la suivant par curiosité, la voiture des contrevenants finit par s'encastrer dans un poteau. Une fusillade s'ensuit, blessés, morts, explosions... Une ambulance arrive sur les lieux, les pompiers viennent éteindre un feu.

Vous préférez l'ambiance huppée des terrains de golf ? Pas de problème, vous pouvez faire une petite ballade sur le 9 trous avec une simulation basique, mais divertissante de ce sport. Envie de bouger un peu plus ? Il y a des terrains de tennis un peu partout, des parcours de vélo, du triathlon, du sport extrême (parachute, base jumping). Et je pourrai continuer à mettre trois petits points à la fin de chaque phrase.

Une partie de golf dans "GTA V" (Rockstar Games)

Plus scénarisées, les missions des allumés de Los Santos proposent des activités souvent déjantées. Quels seront les effets de ce joint proposé par un adepte de la légalisation du cannabis ? Quels seront les effets sur la Bourse de l'assassinat du PDG de cette entreprise ? Car oui, on peut aussi jouer en Bourse, gérer son compte en banque, acheter des propriétés et des commerces.

La colonne vertébrale du jeu reste cependant son histoire principale. Découpée en 77 missions, elle raconte trois vie et trois destins de malfrats.

 

Trois destins, trois façons de jouer

Il y a tout d'abord Franklin, petite frappe des quartiers qui récupère des voitures vendues à crédit par un concessionnaire véreux. Lui est plutôt spécialisé dans la conduite et possède une compétence qui ralentit le temps lorsqu'il est au volant. Elle n'est pas infinie (une jauge limite son usage), mais elle lui permet de prendre des virages à toute vitesse ou d'éviter facilement le trafic.

Ensuite, il y a la rencontre avec Michael, repenti du grand banditisme et des casses spectaculaires. En cheville avec un agent du FIB (un pastiche du FBI bien sûr) véreux, il vit avec sa famille après avoir changé d'identité. Une famille qui explose avec une femme adultère, un fils idiot et une fille qui rêve de percer au cinéma ou à la télévision, quitte à faire du porno.

La spécialité de Michael, c'est de faire les bons choix, de choisir le bon angle et la bonne équipe pour des casses. Il ne vas pas tarder à remettre ses compétences à l'épreuve. Lui aussi dispose d'un système de ralentissement du temps dans les phases de fusillades.

Les trois personnages principaux de "GTA V" (Rockstar Games)

Trevor est le dernier des personnages que le joueur peut contrôler. C'est aussi le plus déjanté. Pilote formé dans l'armée, il est réformé juste avant sa titularisation en raison de troubles psychiatriques. Complètement psychotique, imprévisible, il est accro à la violence et gère un laboratoire de méthamphétamines dans le désert au milieu des péquenots. Sa spécialité à lui, ce sont les combats à l'arme à feu avec la capacité d'encaisser les coups en ne perdant que très peu de vie. C'est un peu le « Hulk » de la bande.

A tout moment du jeu, il sera possible de changer de personnage, afin de développer son histoire personnelle et de le découvrir un peu plus. Ces transitions sont réalisées avec un effet de zoom /dézoom assez réussi, pour masquer le temps de chargement. Ces ellipses évitent au joueur de s'ennuyer, en brisant la linéarité des scénarios plus conventionnels.

Pour les missions les plus importantes, les trois personnages sont réunis et il faudra en changer en pleine action.

Par exemple, passer de celui qui se trouve embusqué avec un fusil à lunette à l'autre, en train de poser une charge explosive. Puis aller placer un véhicule au bon endroit pour prévoir la fuite de toute l'équipe. La mécanique est assez bien huilée, ce procédé narratif est déjà bien exploité dans les séries américaines les plus populaires.

 

Une satire de la société américaine

"GTA V" joue en permanence entre son côté décalé et un certain réalisme. La ville fourmille de détails, mais les voitures se comportent toujours comme si elles étaient en carton. Les gens réagissent de façon plus naturelle (ils s'enfuient devant un événement dangereux), mais sont modélisés comme des poupées. Rockstar reste toujours sur cette frontière ténue entre réalisme et satire.

Cela permet d'avoir un propos résolument critique envers la société en général et la société américaine en particulier. Facebook, Apple, les banquiers, les politiques, les geeks, la téléréalité, la police : tout le monde en prend pour son grade, que cela soit dans les dialogues ou dans l'action.

Le cambriolage d'une bijouterie (Rockstar Games)

 

Ceci dit, le jeu reste interdit aux moins de 18 ans à cause de scènes et de situations qui semblent avoir été mises là précisément pour garder son label « sulfureux » et polémique. Torture et bars à hôtesses à l'appui.

 

Buzz surfait

Le jeu n'aurait pas été moins bon en jouant du côté des « gentils », ou en laissant le choix au joueur comme dans « Red Dead Redemption ». Certes, c'est un peu la marque de fabrique d'un "GTA", mais cela aurait été une surprise plus grande et probablement plus intéressante que de faire une version « plus » de tout ce qui caractérise la licence depuis ses débuts.

D'une certaine manière, "GTA" souffre du buzz et de la polémique qui l'ont entouré. Pour ceux qui l'attendaient comme le messie, il va forcément décevoir et révéler ses défauts (une fin en queue de poisson notamment). Pour tous les autres qui ont aidé Rockstar à engranger un milliard en quelques jours à peine, il reste un excellent jeu qu'il faut avoir essayé si l'on est un joueur assidu, non réfractaire au style « monde ouvert » et « bacs à sable ».

Voir aussi

Jeux : 
Grand Theft Auto V
Sociétés : 
Rockstar Games
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Commentaires

Édito

La parallaxe est l'’incidence du changement de position de l'’observateur sur l’'observation d'’un objet. En d'autres termes, la parallaxe est l'impact (ou l'effet) de changement de position de l'observateur sur un objet observé. 

 

Quoi de plus approprié pour vous parler de jeux vidéo que de titrer ce Blog Parallaxe ?

 

Pour ceux qui commencent à être des vieux clous du jeu vidéo (je ne suis pas aussi décrépi qu'AHL tout de même), la parallaxe c'était aussi le fait d'afficher plusieurs scrollings à des vitesses différentes dans le décor de fond d'un jeu. Cela donnait une impression de mouvement, de vitesse et surtout de profondeur. On s'extasiait devant le nombre de scrollings parallaxes qu'il pouvait y avoir (vive Thunderforce et autres shootings mythiques).

 

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